Etienne Chouard : « On se fout de nous » avec le traité européen
Réunis en Congrès, les 907 députés et sénateurs doivent voter, ce lundi après-midi à Versailles, la révision de la Constitution préalable à la ratification du traité européen de Lisbonne. Promoteur du » Plan C » (écrire nous-mêmes une Constitution d'origine Citoyenne), Etienne Chouard, qui avait été l'un des animateurs du non pendant la campagne référendaire de 2005 sur la » Constitution européenne » , nous livre ici sa colère.
Ce qui se passe en France est consternant : les acteurs publics français -parlementaires, ministres, juges- violent sans vergogne le peuple qu'ils sont censés représenter, en lui imposant par voie parlementaire les institutions antidémocratiques qu'il vient de refuser expressément par référendum. On se fout de nous. Et quand la Constitution les gêne, ils la modifient. Eux-mêmes. Et sans référendum ! On se fout de nous.
Les médias complices
Ce viol est rendu possible sans déclencher de révolte grâce à la complicité active des soi-disant » sentinelles du peuple » : les journalistes, censés surveiller et dénoncer les abus de pouvoir, ne remplissent pas leur mission, pourtant vitale pour la démocratie, et dissimulent un coup d'Etat sous la chape de plomb d'un silence coupable. A la télévision, aucun débat, aucune mise en scène des conflits, aucune publicité donnée aux opinions dissidentes ; rien que des jeux, des variétés, des réclames et la chronique judiciaire des faits divers en guise d'information.On se fout de nous.
Le référendum de 2005 avait suscité dans le pays un vif débat qui a servi de révélateur pour des milliers de citoyens comme moi qui faisaient confiance à leurs représentants pour construire le rêve européen et défendre l'intérêt général. Ce révélateur de 2005 a montré une véritable trahison de nos élites qui, sous couvert de la construction européenne, depuis cinquante ans, vident la démocratie de toute réalité et s'affranchissent eux-mêmes de tout contrôle populaire. On se fout de nous. Cette révélation de 2005 est confirmée en 2008 par le viol caractérisé que constitue l'adoption par voie parlementaire du traité de Lisbonne, copie mal maquillée du Traité établissant une Constitution pour l'Europe.
Quelques horreurs supplémentaires
Ce n'est pas tout : j'ai découvert, depuis l'époque du référendum, quelques horreurs supplémentaires.
► En 2006, j'ai compris que le cœur nucléaire de nos impuissances était très probablement la création monétaire, incroyablement abandonnée aux banques privées par l'article 104 du Traité de Maastricht. Et ce hara-kiri monétaire qui est probablement une source importante de toutes nos impuissances politiques, au lieu d'être débattu tous les soirs à la télévision, n'est même pas connu des journalistes professionnels (pourtant, ce côté pro des journalistes de métier nous est souvent présenté comme un gage irremplaçable de compétence et d'honnêteté, une qualification nécessaire pour éviter les errances de l'amateurisme dangereux qui règne partout sur Internet). On se fout de nous.
► En 2007, une autre découverte confirme la direction que prenait mon analyse : l'éclairage précieux des années 30, fourni par les travaux d'Annie Lacroix-Riz, permet de prouver les intrigues gravissimes des industriels et des banquiers contre les institutions républicaines et contre la démocratie.
En un mot, nous n'en sortirons jamais si nous attendons que nos élus nous proposent eux-mêmes une solution : d'abord, ils sont trop dépendants de ceux qui rendent possible leur élection (via les médias subordonnés) et qui, de plus, sont juges et parties dans le processus constituant et ont un intérêt personnel à notre impuissance politique : nous devons donc prioritairement nous réapproprier le processus constituant pour remettre les élus sous contrôle et reprendre la maîtrise publique de la monnaie.
Le révélateur du débat de 2004-2005
Quand Fabius a dit qu'il allait voter non, à l'automne 2004, ça m'a interpellé, réveillé, et j'ai lu son livre, puis celui de Strauss-Kahn, qui était intéressant aussi mais qui parlait d'autre chose : DSK soulignait les avancées -incontestables- du TCE par rapport à la prison de Nice, mais sans répondre aux graves accusations de Fabius : illisibilité d'un texte interminable truffé de renvois et de chausse-trappes ; politique économique figée au plus haut niveau du droit ; politique monétaire anti-inflation condamnant l'Europe à un chômage de masse ; coopération renforcées quasiment interdites et révisions constitutionnelles quasiment impossibles, illégitimité de la Convention Giscard, etc.
Le dialogue de sourd (sans » s » ) commençait : les » ouiistes » ne voulaient déjà pas entendre que les avancées (réelles) sur lesquelles ils louchaient ne compensaient en rien les aspects objectivement épouvantables de ce texte supérieur. Ils n'ont d'ailleurs jamais répondu à ces reproches depuis : ils ont l'art de parler d'autre chose pour ne pas répondre point par point.
J'ai lu le TCE, attentivement, et cette lecture attentive m'a inquiété au plus haut point. J'ai réalisé que Fabius n'avait pas vu d'autres vices, plus graves encore : confusion des pouvoirs dans les mains des exécutifs sur des domaines importants et listés nulle part ( » actes non législatifs » et » procédures législatives spéciales » que j'appelle, moi, » lois sans Parlement » , c'est plus clair) ; étroite dépendance des juges pour leur carrière envers les exécutifs alors que leur pouvoir est immense ; totale impuissance des citoyens entre deux élections ; totale irresponsabilité politique de quasiment tous les acteurs ; révision constitutionnelle impossible avec les peuples mais faciles sans référendum ( » procédure chèque en blanc » , donc) ; etc.
Au passage, je souligne que, depuis, j'ai eu encore quelques surprises supplémentaires dans les institutions européennes : d'abord, l'immunité judiciaire à vie de tous les fonctionnaires européens, je dis bien » à vie » (je me demande bien ce que ces gens font de si grave pour avoir besoin d'une telle protection, unique au monde à ma connaissance).
Une incroyable découverte, en 2006
L'abandon aux banques privées de la création monétaire est sans doute la source principale de nos impuissances politiques, mais, surtout, j'ai découvert un fait majeur dont aucun journaliste ne parle jamais : l'abandon définitif, scellé au plus haut niveau du droit -sans débat public-, l'abandon par les Etats de la création monétaire, au profit exclusif des banques privées.
L'article 104 du Traité deMaastricht, qui devrait être notre ennemi prioritaire à tous, le symbole cardinal de la trahison de nos propres représentants, la source principale de notre impuissance politique maladive étant notre soumission financière, mais soumission voulue ! Telle un véritable sabordage monétaire.
Je ne sais pas comment les banques privées ont fait pour obtenir ce privilège extravagant de la part de (tous) nos gouvernants, mais je trouve cela profondément révoltant. Il faut lire Maurice Allais, -prix Nobel d'économie, un puits de science, un spécialiste de la monnaie et un courage impressionnant pour lutter de front à la fois contre les multinationales et contre les banques-, il faut lire Allais pour comprendre que les banques se comportent (parce qu'on les y autorise) comme des faux-monnayeurs et que cela nous ruine !
Cette affaire nous coûte en France environ 80 milliards d'euros par an, une paille… et depuis 1973, date où cette interdiction a commencé en France, par la volonté du banquier Pompidou assisté par Giscard, la dette publique n'a fait que croître au point d'asphyxier l'Etat et de menacer les services publics ; et le chômage suit la même pente que la dette ! Je suis sûr que ce chômage est lié à cette dette ; il me semble qu'on pourrait au moins en débattre.
Et c'est précisément cette ruine, et l'impuissance qui en découle, qui sont verrouillées au plus haut niveau par l'article 104 de Maastricht, sans débat. C'est difficile à repérer parce que l'article 104 ne dit pas » les États ne peuvent plus créer leur monnaie mais doivent désormais toujours l'emprunter auprès d'acteurs privés qui facturent aux Etats des intérêts ruineux sans aucun risque et sans autre travail que celui de surveiller les remboursements… »
Cette formulation honnête serait trop claire et déclencherait assurément une révolution. Non, ce que dit l'article 104, c'est » les Etats et autres autorités publiques ne pourront plus jamais emprunter auprès de leur Banque centrale » , ce qui est proprement incompréhensible pour le commun des mortels : pour comprendre ce que l'article 104 veut dire, il faut savoir que c'est comme ça que les États créent (créaient) de la monnaie, en empruntant auprès de leur Banque centrale (éventuellement sans jamais rembourser, c'est une modalité possible, mais surtout sans jamais payer aucun intérêt).
Et c'est ça qui est désormais interdit, sans débat, sans avouer l'enjeu, en refusant même d'en parler sérieusement, alors que ça nous coûte les yeux de la tête, de plus en plus chaque année par le jeu diabolique des intérêts composés… On en est rendu aujourd'hui à une dette qu'on n'arrive même plus à rembourser en capital car le paiement des seuls intérêts assèche toutes nos marges de manœuvre : les intérêts de la dette publique en France dépassent 40 milliards par an, 40000 millions chaque année !
Revenus sans cause versés sans contrepartie à des rentiers, sans nécessité. C'est une honte. Cette ruine programmée des Etats (et l'Etat, c'est nous tous, bien sûr) n'est pas une fatalité : c'est une volonté politique et cette volonté politique n'a rien à voir avec l'intérêt général. A l'évidence, elle pourrait changer. Attention à ne pas se tromper de débat : je ne dis pas qu'il faut créer plus de monnaie, il faut en créer autant, mais il faut que ce soit la banque centrale indépendante qui la crée, et pas les banques privées, ce qui va réorienter le revenu de l'intérêt vers les caisses publiques au lieu des caisses privées.
Je ne dis pas non plus qu'il faut que les gouvernements ou les parlements puissent créer la monnaie : c'est un organe indépendant n'ayant rien à espérer d'une élection qui doit avoir ce pouvoir, pour qu'il ne soit pas tenté d'abuser de la création monétaire par clientélisme démagogique. Il n'y a donc aucun risque d'inflation supplémentaire dans cette réappropriation publique de la monnaie ; il est simplement question de retirer aux banques privées une source considérable d'enrichissement sans cause, pour rendre cette ressource à la collectivité. C'est urgent.
En n'organisant aucun débat sur ce thème essentiel, on se fout de nous. Pour en finir avec ce résumé sur le hara-kiri monétaire de l'article 104, il n'est pas inutile de préciser que, quand on commence à lire la littérature sur le sujet, on découvre que les humains ont compris depuis longtemps qu'ils ont un problème avec la monnaie (et surtout avec ceux qui l'accumulent et qui font métier d'en gérer la rareté artificielle) et que nos aïeux ont mené des centaines d'expériences de monnaie » parallèles » ou » libres » (souvent » fondantes » pour dissuader l'accumulation confiscatoire), à travers le monde et les époques.
Alors, écoutez bien : on dirait (je le dis sans avoir encore de réelle certitude sur ce point, je lis beaucoup, je progresse, mais si nous avions des débats contradictoires et publics sur tous ces points, nous progresserions tous très vite ! ) que toutes ces expériences, toutes, à chaque fois que les hommes reprennent le contrôle de la création monétaire et rendent la monnaie suffisante dans une région, à chaque fois, le chômage et la misère disparaissent dans les mois qui suivent, l'activité générale reprend à vive allure. Ce n'est pas tout à fait inintéressant, n'est-ce pas ? Et inversement, chaque fois que la Banque centrale vient y mettre son nez, en interdisant cette monnaie libre abondante et en réimposant sa monnaie officielle (rare et chère), le chômage revient… Ça ne mérite pas un petit débat, ça ?
On pourrait au moins vérifier sérieusement et mener/publier des études approfondies, de nouvelles expériences, non ? A moins qu'il n'y ait quelqu'un qui ait un intérêt personnel puissant à ce que le chômage perdure… Parce que c'est formidable, le chômage, quand même, pour les industriels et les banquiers : ça rend docile, le chômage, et à tous points de vue, c'est bon pour les profits… Y aurait-il donc quelqu'un qui fasse passer cet intérêt puissant avant l'intérêt général ?
Là, je vois venir un de ces sagaces analystes qui n'ont qu'un argument, un seul, aussi léger que l'air : » Ouais, on connaît : encore un paranoïaque qui croit à la théorie du complot ! » Fin de la réflexion, les neurones du sagace ont fait leur boulot, y'a plus d'argument, circulez ! A l'évidence, cette » réflexion » est le degré zéro de l'argumentation. On se fout de qui ?
Une autre découverte importante, en 2007
On peut répondre à cette accusation de » paranoïa » (lancée commodément contre tous ceux qui analysent et dénoncent les intrigues des très riches pour conserver leurs privilèges) en signalant le travail considérable d'une historienne courageuse ; ce que prouve Annie Lacroix-Riz est important pour comprendre ce qui nous arrive : l'éclairage formidable des années 30 qui sert à prouver les intrigues déplorables des industriels et des banquiers contre les institutions républicaines.
Le lien entre nos institutions -malhonnêtes dès leur constitution, de façon à bien verrouiller l'impuissance politique des salariés- et les intrigues des banques privées -qui sont capables, pour nous asservir, de voler la création monétaire à la collectivité, et même, comme en 1940, de contraindre les représentants politiques à livrer le pays à des bourreaux qu'elles ont fait naître de toutes pièces dans les années 30-, est pour moi la découverte bouleversante de l'année 2007. On commence à avoir des preuves que le cauchemar des banquiers, c'est que les salariés (80% de la population active) échappent à leur emprise et luttent victorieusement pour augmenter leurs salaires…
C'est cette obsession viscérale des salaires chez les banquiers que démontre Annie Lacroix-Riz dans ce livre important qu'est » Le choix de la défaite » (et la vidéo l'accompagnant) : chacun peut y découvrir un sabordage historique de la République dont la preuve formelle apportée par l'historienne pour les années 30 met en lumière (et permet d'enfin comprendre) le même choix, le même sabordage (pour les mêmes raisons : tenir en cage les salaires), à travers la construction européenne ardemment voulue et imposée par des banquiers et des industriels, à commencer par Jean Monnet, idole des eurolâtres, mais qui sent le souffre…
Cauchemar de banquier : des salariés dotés d'institutions leur permettant de se défendre financièrement… une République, quoi… l'horreur absolue de tous les rentiers du monde… Dans la lumière crue des années 30 révélées depuis peu par Annie Lacroix-Riz, l'article 104 de Maastricht en particulier, mais également toutes les institutions de l'UE en général, se montrent sous leur vrai jour, un jour qui n'a pas grand-chose à voir avec l'intérêt général, semble-t-il : une arme décisive concédée aux plus riches pour affaiblir les Etats européens et asservir les peuples, une fausse démocratie imposée en douce pour le compte d'une oligarchie. Rien de neuf sous le soleil : on se fout de nous. Objectivement, avec les institutions de l'Union européenne voulue par les banquiers, nos suffrages ne comptent presque plus pour rien. Ils ont construit une démocratie factice, sans nous pendant cinquante ans, et même maintenant contre nous !
Confirmation en 2008 de ce que 2005 avait révélé
Le coup de force de la voie parlementaire montre au grand jour que nous sommes dans les mains d'une bande de voleurs violeurs : nous sommes en cleptocratie. Alors, que faire ?
Ils disent que le traité de Lisbonne n'est pas une Constitution, que c'est un simple traité, et que les gouvernements sont donc parfaitement habilités à signer les traités. Comment répondre à ces arguments ? Comment montrer que les gouvernements ne sont pas légitimes dans la construction européenne ?
Voilà mon angle d'attaque à moi : ce texte est un traité, à l'évidence, ET c'est aussi une Constitution, et c'est justement notre problème, le cœur de l'escroquerie, parce qu'on n'écrit évidemment pas une Constitution par voie de traité puisque, d'une part, nos représentants ne sont pas propriétaires de la souveraineté populaire qu'ils ne font qu'incarner temporairement et qu'ils ne peuvent absolument pas transmettre sans nous, sous peine de haute trahison, et d'autre part, ils sont à la fois juges et parties dans le processus constituant, ce qui les rend profondément suspects et illégitimes.
Les parlementaires les ministres et les juges sont évidemment en conflit d'intérêt quand ils se proclament » constituants » . Rousseau le redoutait et le présageait, mais déjà à Athènes, on avait vu le piège et on faisait écrire la Constitution par un étranger… Coïncidence ? Cette modalité antique a donné la seule vraie démocratie au monde où le peuple contrôlait vraiment quotidiennement les hommes qu'il plaçait au pouvoir.
C'est Goethe qui disait : » Tout a déjà été pensé ; l'important est d'y penser à nouveau. » Ce texte, comme les autres, est une Constitution de fait, indépendamment de l'étiquette que veulent bien lui coller ses auteurs (un fiole de poison n'est pas moins dangereuse quand on lui retire son étiquette) ; ce texte est une Constitution par la nature des règles qu'il porte, parce qu'il institue des organes producteurs de normes obligatoires et donc dangereuses (un Parlement, un gouvernement, des juges, une hiérarchie de normes, des procédures…).
Rappelons qu'une Constitution est un acte de défiance qui sert à protéger le peuple des abus de pouvoir (cf. Benjamin Constant, Montesquieu et tous les libéraux qui n'avaient qu'une idée en tête -et ils avaient bien raison, on le confirme aujourd'hui- pour protéger les libertés individuelles : c'était de limiter et d'affaiblir les pouvoirs, notamment en séparant les pouvoirs). Chaque citoyen devrait apprendre ça à l'école, et ne jamais l'oublier : une Constitution sert à affaiblir les pouvoirs, à les contrôler tous, notamment -mais pas seulement- en les séparant : diviser pour affaiblir.
Ce que j'affirme haut et fort, c'est qu'on n'écrit pas les Constitutions par voie de traité : les citoyens devraient refuser que les hommes au pouvoir écrivent eux-mêmes les règles du pouvoir. Ce n'est pas aux parlementaires ni aux ministres ni aux juges d'écrire ou de modifier la Constitution car ils ont un intérêt personnel à notre impuissance politique, ils sont à la fois juges et parties dans le processus constituant et ils trichent, naturellement.
La Constitution de fait qui fonde l'UE est donc profondément illégitime car elle résulte d'un abus de pouvoir. Solution : avant de séparer les pouvoirs constitués (législatif, exécutif, judiciaire, et j'ajoute médias d'information qu'une bonne Constitution devrait sûrement prendre en charge aujourd'hui) et pour rendre possible cette séparation des pouvoirs constitués, il faut, tout à fait prioritairement, séparer le pouvoir constituant des pouvoirs constitués, il faut que ce ne soit pas les mêmes hommes : il ne faut surtout pas que les constituants écrivent des règles pour eux-mêmes, la clef de nos malheurs est là. Par négligence, par indifférence, par paresse, par renoncement, nous laissons écrire la Constitution par les seuls hommes qui ne devraient surtout pas l'écrire…
Donc, pour que cesse enfin cet abus de pouvoir de nos élus qui s'arrogent le droit d'écrire et réviser eux-mêmes la Constitution, nous ne devons rien attendre des pouvoirs en place, qui ne feront rien, à l'évidence, dans un sens qui irait contre leur intérêt personnel : tous ces gens vont tout faire pour continuer à écrire et modifier les constitutions sans nous, en nous privant de l'essentiel, c'est-à-dire du référendum d'initiative populaire (l'institution la plus dangereuse pour eux). Non, c'est à nous et à nous seuls, et sans rien attendre de nos parlementaires, d'imposer un processus constituant honnête, sans eux.
Et un processus constituant honnête, c'est une Assemblée constituante, bien sûr, mais surtout pas élue comme d'habitude, parce que si ce sont les partis qui nous imposent leurs candidats -partis qui sont des machines à prendre et à garder le pouvoir, et qui sont donc des repaires d'hommes de pouvoir-, on va encore avoir des hommes de pouvoir qui écrivent les règles du pouvoir et on n'en sortira pas. Non, il faut que l'Assemblée constituante soit tirée au sort : en effet, TOUT VAUT MIEUX QUE LA SITUATION ACTUELLE, qui est la pire qui puisse être puisque des hommes écrivent des règles pour eux-mêmes, en ayant un intérêt personnel contraire à l'intérêt général.
C'est ça le cœur de toutes nos difficultés, et qui devrait surgir dans le débat public si nous avions davantage de bons journalistes, inquiéteurs des pouvoirs, sentinelles du peuple. C'est donc à nous de nous passer le mot, avant d'être assez nombreux pour finalement l'imposer : ce n'est pas aux hommes au pouvoir d'écrire les règles du pouvoir, on n'écrit pas les constitutions par voie de traité, il nous faut une Assemblée constituante tirée au sort et nous exigeons de valider son projet (ainsi que toute révision ultérieure) par référendum.
Clairement, on a encore du chemin à faire pour sortir de ce que j'appelle » la préhistoire de la démocratie » . Ce que Giscard lui-même, dans Le Monde du 26 octobre 2007, a affirmé de ce traité de Lisbonne devrait amener les 16 millions d'électeurs qui ont voté non à descendre dans la rue : c'est le même traité que le précédent, illisible, et s'il est compliqué, Giscard dit que c'est sciemment, pour rendre impossible le référendum, pour » faire avaler » le texte aux Français…
Giscard dit aussi que tout ce qui tenait à cœur aux Conventionnels en 2004 se retrouve dans le traité de Lisbonne, sauf que c'est dans un ordre différent. Ma conclusion est celle-ci : tout cela arrive parce que ceux qui écrivent les règles les écrivent pour eux-mêmes et qu'ils trichent. Ce que va faire le Congrès ce lundi est grave, et personne n'en sait rien. Décidément, on se fout de nous.
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De olh
12H23 | 04/02/2008 |
Personnellement, je considère tout partit dont un membre élu apportera sa voix au projet de révision de la constitution, comme engagé aux cotés du président de la République. Mon vote aux Cantonales et aux Municipale sera conditionné par cela.
à olh
De kawouede
12H28 | 04/02/2008 |
Allons plus loin : disons que tout parti dont un membre élu vote la révision de la Constitution qui permettrait justement le recours au référendum (voir analyses de Lipietz citées ci-dessous) est sarkoziste et ira en enfer ! Le CNRS m'avait habitué à plus de mesure.
à kawouede
De napakatbrax
12H33 | 04/02/2008 |
Réviser la constitution, c'est bien, mais imaginez qu'un pays refuse ce traité, on n'a pas l'air con !
Pour avoir une confirmation de ce que dit Etienne, mais, cette fois de la part des oui-oui-stes :
http://lesmots.freelatitude.net/referendum-traite-europeen-de-lisbonne-c…
à napakatbrax
De kawouede
16H18 | 04/02/2008 |
En fait ce qui m'a convaincu c'est la photo : comme elle accompagne bien le texte !
à napakatbrax
De Alice77
11H03 | 06/02/2008 |
Etienne Chouard bonjour,
J'ai l'impression que l'on nous bllade avec le Traité. Pour moi c'est l'arbre qui cache la forêt.
La Stratégie de Lisbonne est un programme sur 10 ans que la France et les autres Etats Européeens sont en train d'appliquer. Sauce Attali, sauce Grenelle etc.
Le but essentiel de l'Europe réelle telle qu'elle est décrite en tous ses projets et toutes ses actions est un redécoupage du territoire européens en régions tranfrontalières.
Il y a déjà un projet pilote (Pamina) (voir le site) de « coopération Strabourg Kelh/ Karlsruhre).
Il y a une interdiction de de saisir de ces cartes du site touteleurope, elles sont protégées, on se peut les reproduire (sauf impression et scannage et flics de Bruxelles au derrière. )
Les questions essentielles sont aussi :
La domination allemande, par l'intermédiaire de la Deustch Borse Bank qui sdétient Clearstream.
La domination allemande qui va s'emparer petit bout par petit bout de ces territoires perdus (Slovénie etc…)
C'est le Kosovo.
C'est le rapport des “missi dominici”, députés nationaux qui vont depuis quelques mois conseiller les Etats européeens quand à leur stratégie pour faire passer le Traité.
Par exemple il est conseillé à l'Espagne de faire une campagne “discrète”. Car seulement 42% ont voté à 76% oui.
L'ometa sur les cartes et le reconfiguration de l'europe en grosses régions transfrontalières est donc un crime, un délit, un déficit démocratique majeur.
Et cette omerta est révélatrice : si ce projet est vertueux, acceptable, désirable, démocratique, plaisant, comme une promesse de plaisir, pourquoi ne font-ils pas campagne là-dessus ?
S'ils cachent,(les politiques en général) ces informations, ces projets, c'est bien qu'il y a un souci énorme de voir les citoyens européens 1/ tomber dans les pommes, 2/ sortir dans les rues pour crier au scandale absolu.
Merci de bien vouloir répondre sur mon blog perline2007, où j'ai une compilations de textes analysant, critiquant, râlant contre cette Europe que l'on nous cache ( bien en évidence sur internet pourtant).
Enfin ddernier point : je vous indique que dès que je parle de cela sur Rue89, nul ne s'y intéresse !
J'ai porté plainte contre la ratification.
à kawouede
De SiDi
Kitten ! | 19H14 | 04/02/2008 |
Seuls deux partis parlementaires s'intéressent de donner aux Français le choix du référendum, sans décider eux-mêmes pour les autres : le PCF et Verts, au sein du GCR à l'Assemblée.
Ce sont ceux qui ont proposé une loi visant à obliger la ratification par voie de référendum d'un texte dont un texte similaire à été rejeté par référendum.
Je voterais donc PCF ou Verts. Et pour aucune autre liste, si ce n'est celle de mon coeur, qui n'est pas présente à l'Assemblée.
à SiDi
De Gotch
15306
ancien ouvrier de la banque | 10H26 | 05/02/2008 |
Vous parlez d'or. Malheureusement, le député de ma nouvelle circonscription (j'ai déménagé il y a moins d'un an), bien que Vert, s'est abstenu, ce qui revenait à voter oui à la modification de la Constitution française…. Il a donc dit non à un nouveau référendum…. à la différence de mon ancienne députée, Socialiste, qui a bel et bien dit non. Rien n'est simple, et tout se complique ! La somme des votes positifs ou nuls du PS dépasse un peu le vote non, mais pas de façon significative ! Il y a encore des députés, y compris socialistes, qui ont gardé une honnêteté de vote !
Cela n'empêchera pas la ratification de progresser…. hélas !
à SiDi
De tseaparis
17H36 | 06/02/2008 |
La plupart des élus Verts étaient pour la ratification du traité et l'ont indiqué lorsque l'on leur posait la question. Je n'ai pas encore vu le détail du vote oui, mais il doit s'en trouver.
Dans le cas présent s'abstenir revenait aussi à voter pour la ratification.. par défaut.
De MéKésKiPuDoncTan
13H11 | 04/02/2008 |
Je suis pro européen, pro états-unis d'Europe depuis au moins les campagnes de Marco Panella, et donc pour une constitution européenne. Mais ces idéaux sont aujourd'hui détournés en cherchant à inscrire dans le marbre des politiques qui n'ont pour but que de servir quelques uns qui cherchent à nous convaincre que leur intérêt se confond avec l'intérêt général. Des partis soit-disant démocrates produisent des argumentaires controuvés pour justifier la remise en cause de la légitimité du vote populaire qui est seul légitime en dernier ressort à définir ce qu'est l'intérêt général. Le PS remporte la palme de l'hypocrisie. Ces partis ont-ils toujours les représentants du peuple ? Respectent-ils le mandat qui ne leur est que confié ?
Le rêve états-unien de Sarkozy se concrétise peu à peu. Derrière le rideau de fumée people, et une agitation de Gnafron, il cherche depuis le départ à déplacer l'ensemble du spectre (aux deux sens du terme) politique à droite. Comme aux USA il ne doit rester que l'alternative entre deux droites (caractérisées par le népotisme et la ploutocratie, et une abstention qui transforme le suffrage en suffrage censitaire de fait). Il est en passe de réussir, au moins en partie, l'autre dimension de cet agenda caché est de diviser le peuple (pour mieux régner) par l'intermédiaire de la communautarisation, d'où la remise en cause de la laïcité. La constitution européenne vise a placer hors d'atteinte populaire la définition et la remise en cause des politiques économiques et sociales et donc d'installer durablement la droitisation anti-démocratique consubstantielle au libéralisme selon Sarkozy (ce qui est relativement drôle si on le compare aux interrogations grandissantes des économistes US qui se demandent si Marx n'avait pas finalement raison, cf. Les Echos du 4 fév. 2008, p. 17). Le résultat escompté est celui d'une remontée importante de l'abstention (propagande contre la gauche démocratique ou la droite souverainiste ; « mon vote ne sert à rien », « le peuple ne comprend rien », la méritocratie détournée devient une « savonnette à vilain » au service d'une oligarchie, etc.) ; la non comptabilisation des abstention permettant de conserver l'illusion de « majorités » confortables. Depuis la soi-disant chute du mur de Berlin, c'est retour à toute vitesse au XIXe siècle. Attendez vous aux mêmes résultats. Pourtant, après Versailles, il faudra faire la différence entre les vrais démocrates et les pseudo démocrates qu'on pourrait appeler les « Versaillais ». Pour ma part, je voterai toujours, mais ne voterai désormais que pour des partis qui se sont révélés authentiquement démocrates. Les temps vont être durs.
à MéKésKiPuDoncTan
De Zomenof
16H33 | 04/02/2008 |
Il faut quand même avouer que les francais sont des gens bizarres. SARKOZI n'a jamais caché qu'il passerait par l'assemblée nationale pour valider ce que les français avaient refusé. il a pourtant été élu !
Nous avions ensuite à voter pour les députés qui représentent le peuple et qui votent les Lois. Une majorité de bon français a voté UMP. DE GAULLE avait dit « les Français sont des veaux » il avaient bien raison.
à Zomenof
De Peureux anonyme
19H02 | 04/02/2008 |
Comment font les députés français pour représenter le Peuple ?
En ce qui me concerne, j'attends toujours que mon député demande aux citoyens de notre circonscription ce qu'ils pensent de ce « mini traité ».
Je crois qu'il en est de même dans une immense majorité de circonscriptions.
La soit disant « représentation du Peuple » par les députés actuels est donc une foutaise.
Le mode de désignation des députés, par élection, est probablement une des raisons fortes de ce triste état des choses. Ne devrait on pas lui préférer le tirage au sort ?
à Peureux anonyme
De SiDi
Kitten ! | 19H20 | 04/02/2008 |
C'est une dérive incontestable de la Démocratie. Du temps ancien de la naissance de notre première République (ou du temps de Jaurès, peut-être ? ), il me semble bien que chaque village élisait un maire, que les maires de chaque région (ou canton ? ) élisaient une personne pour les représenter à l'assemblée (le Congrès à l'époque ? Trous de mémoire, honte sur moi ! ). République Parlementaire : des élus qui DOIVENT représenter le peuple qui les a élu, et que chacun des membres du pays, d'où qu'il vienne, voie ainsi sa voix peser la même que celle du voisin. C'était un système. On l'a remplacé petit à petit, et De Gaulle le premier, bien que lui avait le mérité d'être bien plus intègre moralement que ceux qui l'ont suivi, par la nomination d'un chef suprême, qui dispose de cinq ans pour s'installer dans le système afin de pouvoir le parasiter jusqu'à sa mort. Confortable République Parasitaire…
à Zomenof
De kassis01
19H24 | 04/02/2008 |
Oui, c'est vrai pour l'UMP. Mais le PS avait l'occasion d'assumer son rôle de gardefou et de s'assurer que le processus d'acceptation du nouveau traité est démocratique. Le référendum était dans le programme de Ségolène, n'est-ce-pas ? Le PS est incapable d'assumer ses promesses.
Nous avons des hommes politiques qui ont peur du vote des gens qu'ils sont sensés représenter. Le peuple est trop stupide, il pourrait encore voter contre. Les élus préfèrent éviter de demander aux gens leur avis.
Il est à noter que les Néerlandais font de même. Qu'on ne s'étonne pas que le fossé entre les populations et leurs représentants continue de s'agrandir à la vitesse grand V. Pour preuve la dégringolade de P'tit Nicolas dans les sondages.
Partout en Europe, le mécontentement des populations augmente. Beaucoup de voix s'élève contre le manque de démocratie. On fonce dans le mur en klaxonant. Et, ça fait beaucoup de bruit.
à Zomenof
De benflasherbe
La musique est un bruit qui chante | 19H34 | 04/02/2008 |
Le fanatisme l'idolâtrie et la méconnaissance voire le désintérêt de nos concitoyens et le chacun pour soi, pour les causes d'intérêt générales, c'est çà qui a mis ce sinistre individu qui ne sera JAMAIS mon président au pouvoir ! ! ! !
Mais çà va couter très cher pour tout le monde ! ! !
Sauf les 2000 personnes assistés par 85 milliards d'euros de bouclier fiscal, parce que c'est ceux-là, les assistés, pas celles et ceux qui sont dans le besoin ! ! !
Allez ! ! ! Encore 4 ans et 3 mois et la facture finale ! ! !
Bing bling, je vous ai bien eu, qu'il pensera, le nabab ! ! ! !
à Zomenof
De yan
loin | 19H41 | 04/02/2008 |
il parlait à l'époque d'un mini-traité. Il est vrai, sans mentionner le nombre de pages…. 1300 ! ! !
à Zomenof
De Chad
22H40 | 04/02/2008 |
Sarkosy avait déclaré que ce serait un NOUVEAU traité et qu'il ne contiendrait que ce qui ferait consensus. Or, c'est le même traité que l'ancien qui nous est présenté (dixit Giscard). Sarkosy a donc menti (une fois encore) et on ne peut pas dire, comme beaucoup le font, que c'est en connaissance de cause que les Français ont voté pour lui.
à Zomenof
De Djob
03H40 | 05/02/2008 |
je pense que le P.S aurait fait pire : après avoir promis de respecter le choix du peuple il aurait fait la même chose que Sarko, d'ailleurs quel courage les socialistes ; ils sont prompts à interpeler Bling-Bling sur ses vacances mais quand il s'agit de faire respecter la démocratie pour laquelle tant de français ont perdu la vie on ne les entend pas beaucoup…Il est temps de ressortir les bonnets phrygiens compagnons !
à olh
De coincoin
pas sûr de mes goûts mais dégoût tr... | 13H53 | 04/02/2008 |
Tout partit d'un parti des non qui était un non-parti.
Parti de rien il y arriva, après force congratulations et embrassades les yeux en biais sur les électeurs.
Lesquels, en effet, sachant dire non ne surent ensuite ni à qui et ni à quoi dire oui pour qu'un plan B(comme Bidon) puisse ensuite faire régner la paix entre les non.
Tout est bien qui finit comme il peut (conf le Dir de Recherches du CNRS sur Voltaire).
à olh
De citoyensly
14H59 | 04/02/2008 |
je suis assez d accord avec ceci , la france s est engagée en 05 à demander l approbation du peuple francais quant a l avenir de l Europe. Décider de changer de strategie en oubliant ouvertement en 08 l avis des francais est un déni de démocratie !
sly de http://vigicitoyen.canalblog.com/
à olh
De jcb29arz
Retraité à Dijon (Bourgogne) | 22H43 | 04/02/2008 |
AIDONS LES IRLANDAIS A DIRE « NON »… LE COMBAT CONTINUE !
Sarkozy est un imposteur… un menteur… un illusionniste,
Dès les municipales et cantonales 2008 il faut lui signifier notre mépris, par un vote sanction…
VOTONS SYSTEMATIQUEMENT CONTRE LES LISTES UMP ET NOUVEAU CENTRE… MAIS AUSSI CONTRE TOUS CEUX QUI ONT DIT OUI A VERSAILLES AUJOURD'HUI !
Quelques préceptes sur la moralité politique… par ces citations de Charles de Gaulle :
Dont l'outrecuidant « descendant du gaullisme » Sarko 1er, n'en a cure, de se les appliquer à lui-même…
« Les hommes peuvent avoir des amis, pas les hommes d'Etat. »
« L'ambition individuelle est une passion enfantine. »
« Prenez invariablement la position la plus élevée, c'est généralement la moins encombrée. »
« Face aux grands périls, le salut n'est que dans la grandeur. »
« La politique la plus coûteuse, la plus ruineuse, c'est d'être petit … »
« La vie n'est pas le travail : travailler sans cesse rend fou. »
« La fin de l'espoir est le commencement de la mort. »
En conclusion…
« Les Français sont des veaux. »
« Il est temps de siffler la fin de la récréation. » (Toujours de Charles de Gaulle)
AU TRAVAIL ! ! !
LA COUPE EST PLEINE, L'ILLUSIONNISTE DEHORS ! OUST !
à olh
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 14H58 | 05/02/2008 |
Comment peut-on écrire « les 907 députés et sénateurs », alors qu'un poste de sénateur (au moins) est vacant et que deux députés n'ont été élus que la veille ?
Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/
à FabiendeMénilmontant
De tseaparis
17H49 | 06/02/2008 |
Il y a eu 893 votants au congrès le 4 février
dont :
741 votes exprimés
560 pour
181 contre
De kawouede
12H27 | 04/02/2008 |
Personnellement je crois qu'il est impossible de faire l'Europe autrement qu'avec des traités… et que le mélange des genres (entre constitution et traité), sur lequel a pu jouer Etienne Chouard durant la campagne de 2005 est inévitable.
Voir les analyses d'Alain Lipietz, par exemple ici
http://lipietz.net/spip.php ? article2163
à kawouede
De SiDi
Kitten ! | 19H25 | 04/02/2008 |
Je ne suis pas contre le gros du TCE. Je pense que l'Europe a besoin d'institutions (principalement judiciaires et sociales) fortes, solidaires, et indépendantes.
Indépendantes.
Je répète : indépendantes.
Ca veut dire quoi ? Ca veut dire que l'Europe ne doit pas être le terrain de jeu des néo-libéraux, qui l'ont construit dans l'optique néo-libérale, et ont changé un système économique en institution sans nous demander si nous étions d'accord avec la direction politique qu'elle nous imposait.
L'europe économique et l'europe institutionnelle doivent se développer chacune de leur côté.
Je lutterais toujours farouchement contre la première tant qu'elle sera ce qu'elle est. L'autre, je l'attends avec impatience.
De Propergol
à bord du Head Hunter | 12H39 | 04/02/2008 |
Ah oui Kawouede ? Parce que vu comment elle se fait sans les peuples, l'Europe, je préférerais qu'elle ne se fasse pas du tout.
Il n'y a pas d'inévitable. Sauf les guerres.
Il y a toujours le choix. Il faut juste le vouloir.
à Propergol
De kawouede
15H35 | 04/02/2008 |
A ma connaissance l'Europe nous a pour le moment préservé des guerres (sauf la Yougoslavie à nos portes). Je n'en dis pas plus je sens que ça me vaudra déjà d'être refermé…
à kawouede
De SiDi
Kitten ! | 19H26 | 04/02/2008 |
Pendant la guerre froide, aucune guerre n'a eu lieu aux USA ou en URSS.
L'europe fait la guerre dans les Balkans et en Afrique, contre l'URSS et les USA, justement. Et elle le cache bien. Mais aujourd'hui, les conflits militaires sont éclipsés par les conflits d'influence, et les systèmes financiers européens ne sont pas en reste.
De louise2
12H44 | 04/02/2008 |
A propos de l'« immunité vie des fonctionnaire, on me dit que le texte auquel vous renvoyez (http://europa.eu.int/eur-lex/fr/treaties/selected/livre506.html) est ainsi formulé : Sur le territoire de chacun des États membres et quelle que soit leur nationalité, les fonctionnaires et autres agents des Communautés : a) jouissent de l'immunité de juridiction pour les actes accomplis par eux, y compris leurs paroles et écrits, en leur qualité officielle, sous réserve de l'application des dispositions des traités relatives, d'une part, aux règles de la responsabilité des fonctionnaires et agents envers les Communautés et, d'autre part, à la compétence de la Cour pour statuer sur les litiges entre les Communautés et leurs fonctionnaires et autres agents. Ils continueront à bénéficier de cette immunité après la cessation de leurs fonctions,[…] Avez-vous idée des références de ces “dispositions des traités relatives, d'une part, aux règles de la responsabilité des fonctionnaires et agents envers les Communautés”, et/ou du contenu de ces “réserves” à l'imunité visée ?
Merci
De Salmuek
12H52 | 04/02/2008 |
Décidemment toujours aussi long et confus le père Chouard. Ca me rappelle une certaine constitution rejetée par référendum d'ailleurs.
La démocratie c'est aussi rendre accessible à tous les problèmes du monde. Je ne crois qu'avec de tels artiles on se fasse bien comprendre. En fait un tel texte s'argument à un argument d'autorité « je comprends rien mais Etienne Chouard lui il a l'air d'y avoir réfléchis vu la taille de son article et la complexité de ce qu'il raconte ».
Et pour finir, cher Etienne, par pitié cessez de parler à tord et à travers de choses que vous ne maitrisez pas. Vous progressez c'est vrai, mais il y a encore du chemin. En ce qui concerne mon domaine, votre analyse de la démocratie athénienne révèle une ignorance crace. C'est pas grave, il y a plein de sujet où je n'y connais rien. Simplement je n'en parle pas …
Depuis trois ans que vous avez débarqué sur la scène publique, je me demande si vous n'êtes pas payé par l'establishment pour décrédibiliser la contestation…
Cordialement
Samuel
à Salmuek
De kawouede
13H15 | 04/02/2008 |
Effectivement Salmuek, sur la démocratie athénienne c'est pas très fin ce qu'écrit Etienne Chouard.
A propos d'abus de pouvoir qui impose cette constitution : celle de la Ve République vaut-elle mieux ? Pensez-vous vraiment, monsieur Chouard, que les lois sont faites par le législateur en France ? Depuis 1958 (si mes souvenirs sont bons) 80% des lois sont d'origine… gouvernementale (l'exécutif donc). Aïe ! Forfaiture ! Dictature !
Oui, et pourtant le rêve de la séparation des pouvoirs pensé par Montesquieu (pensé oui, mais pas appliqué) n'a jamais été réalisé. Bienvenue dans le monde réel. Pour éviter les guerres, affronter le voisin russe puissant et liberticide, je suis pour l'Europe telle qu'elle se fait (avec la Turquie ce serait mieux)