Le journaliste Gwen Le Gouil commente pour Rue89 les images qu'il a pu ramener de ses neuf jours de détention, fin décembre.

En décembre dernier, le journaliste Gwen Le Gouil décide de se rendre en Somalie, pays en pleine guerre civile, livré au chaos, pour y réaliser un reportage sur le trafic de migrants vers la péninsule arabique. « Je voulais comprendre pourquoi des gens prennent le risque de mourir pour quitter leur pays », explique-t-il aujourd'hui.
Après avoir passé une dizaine de jours à Mogadiscio, il se rend dans la région « semi-autonome » du Puntland, plaque tournante de ce trafic, dans le nord-est du pays. Il doit y tourner une séquence sur la plage où embarquent les candidats à l'exil pour gagner ce qu'ils considèrent comme « l'eldorado », sur l'autre rive de la mer rouge.
Gwen Le Gouil veut recueillir le témoignage de ces migrants prêts à traverser la mer dans des barques de fortune pour échapper à la violence qui condamne leur pays. En arrivant sur la plage, il comprend vite que sa présence dérange :
Pour pouvoir réaliser son reportage, Gwen a dû payer les passeurs. Ils deviennent pourtant vite agressifs et lui ordonnent de le suivre. Cet instant marque le début de sa détention, comme il le raconte dans son documentaire « Somalie : partir ou mourir », diffusé samedi à 19h00 sur Arte :
Emmené dans les montagnes du sud de Bossasso, il ne sait pas, durant les premières 48 heures, quel sort lui réservent ses ravisseurs :
« Le plus dur, c'est de ne pas savoir. On ne parlait pas la même langue, on ne pouvait pas communiquer. Au bout du deuxième jour, j'ai vite compris qu'ils avaient tout intêret à me garder en bonne santé. Ils me considéraient comme une marchandise, contre laquelle ils voulaient obtenir une rançon. »
Personne à qui parler, rien à lire, à faire… Ces photos sont devenues, le temps de la détention, un « moyen de se raccrocher à quelque chose, pour occuper mon esprit et avoir un but chaque jour ». Il en passera neuf en captivité.


























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De barry
etudiant en economie | 02H57 | 02/02/2008 |
c'est dommage que l'Afrrique decline au moment oû le monde montre une autre face du developpement , l'afrique elle c'est la prise d'ottage , c'est la guerre , c'est le manque de democratie .
à barry
De cooper59
pour la decroissance ! | 10H07 | 02/02/2008 |
oh la la ce commentaire me fait mal a la tete , quand les pyromanes ( meme en herbe ) se plaignent qu'il y a trop d'incendies faut chercher les dolipranes ! ça c'est la palme d'or du mois sur rue 89 ! ça ressemble a une breve de comptoir aussi ! fulgurant ! ! !
à cooper59
De Intellectuel de Gauche
20H20 | 03/02/2008 |
Laisse-le s'exprimer. Et puis heureusement qu'il déplore les problèmes de l'Afrique. D'autres d'en réjouissent. De quel côté es-tu par hasard ?
De floriangers
07H22 | 02/02/2008 |
L'article est très intéressant, la vidéo et les photos le sont tout autant… Mais la question que je me pose : qu'est-ce qui a fait changer d'avis aux ravisseurs ? Et ne me situant pas en France (et donc ne pouvant avoir Arte), cette prise d'otage a-t-elle été médiatisée ou en existe-t-il couramment sans que l'opinion n'en soit informée ?
Merci à tous ceu qui pourront m'éclairer.
à floriangers
De Arnaud Aubron
77
Rue89 | 11H53 | 02/02/2008 |
On a peu parlé en France de cette prise d'otage, afin de ne pas compromettre les chances de libération rapide de Gwen Le Gouil, ce qui s'est avéré la bonne stratégie, étant donné qu'il a été libéré au bout de neuf jours.
à Arnaud Aubron
De Mon-Al
24219
Retraitée secteur fauché | 13H15 | 02/02/2008 |
En effet. Et ce fut la meilleure façon d'agir. Pour une fois, les médias ne se sont pas répandus et on ne peut que les en féliciter…C'est si rare.
De alain69
09H29 | 02/02/2008 |
Les images sont fortes, tout comme les textes.
Le problème est le même à la corne de l'Afrique qu'à l'ouest, seule la destination des réfugiés change.
L'Afrique est très malade, malade de la pauvreté, malade de la corruption, malade de l'absence du monde capitaliste pour organiser un réel co-développement.
La demande de rançon fait partie du paysage.
à alain69
De Ndjocka
irrégulier | 13H38 | 02/02/2008 |
D'aucuns pensent au contraire que l'Afrique est malade, non pas de l'absence du monde (« occidental », vouliez-vous dire ? ), mais au contraire de sa présence un peu trop « empressée ». Et intéressée.
Sans bien sûr méconnaître les ravages causés par les salopards du cru, caîd de quartiers, coupeurs de routes et autres bandits aux plus aux sommets des Etats…
à Ndjocka
De alaixih
01H02 | 03/02/2008 |
Je suis tout à fait d'accord avec ndjocka même si la formulation est un peu abrupte… Le capitalisme existe bien en afrique mais contrairement à ce que certains croient le capitalisme s'accommode très bien de la pauvreté de la corruption de la violation des droits de l'homme même si certains confondent la liberté d'entreprendre et la liberté tout court…C'est d'infrastructures et d'états solides et désintéressés qu'ont besoin ces pays d'afriques…. Le capitalisme là bas revient à lâcher un renard libre dans un poulailler libre…. ( Sur l'exploitation despays du tiers monde par les multinationales a lire « les veines ouvertes de l'amérique du sud “ )
Par ailleurs une rançon a très certainement été versée…. Même s'il ne faut pas le dire…. Combien aura coûté ce journaliste et à qui ?
Je ne sais que penser de ce journaliste des images étaient elles complètement indispensables ? Un bon reportage écrit n'aurait il pas été tout aussi intéressant et moins risqué ?
De cooper59
pour la decroissance ! | 10H12 | 02/02/2008 |
« absence du monde capitaliste “ hou la la ! je vous previens j'ai qu'une boite de dolipranes ! c'est un mini Davos ici ?
à cooper59
De bidule
10H44 | 02/02/2008 |
Ce reportage me laisse un sentiment de malaise
Se rendre volontairement dans un endroit d'extrême pauvreté ou des gens exercent du traffic humain et ne pas s'être douté avant même d'y aller qu'il y représenterait une marchandise de choix ? ? ? ?
Ce Monsieur Gween le Gouil a eu la chance de revenir avec surtout un reportage sur lui-même.
Que celui qui ne penserait pas, ne serait-ce qu'un court instant à une recherche de notoriété personnelle me jette la première pierre
Qu'en a t'il ramené concernant le sujet…RIEN .
à bidule
De Arnaud Aubron
77
Rue89 | 11H59 | 02/02/2008 |
Il me parait difficile de dire qu'il n'en a rien ramené avant de voir le film extrêmement émouvant qui sera diffusé ce samedi soir sur Arte. C'est le rôle des journalistes que d'alerter l'opinion publique sur les zones oubliées du monde. Gwen Le Gouil en a fréquentées beaucoup au cour de sa carrière. Il prend certes des risques, il en est conscient. Et bien sûr, il savait qu'il pourrait représenter une marchandise de choix en Somalie, comme en Afghanistan ou en Irak. Faut-il pour autant ne pas couvrir ces zones du monde ?
Quant la recherche de notoriété personnelle, je pense sincèrement que si vous le connaissiez (ce qui est mon cas vous l'aurez compris) vous changeriez très vite d'avis. Enfin, vous admettrez qu'il y a plus efficace pour sa notoriété personnelle que de risquer sa vie pour un reportage sur Arte.
à Arnaud Aubron
De Mon-Al
24219
Retraitée secteur fauché | 13H21 | 02/02/2008 |
Il existe des bons journalistes, qui font leur métier correctement. Certainement que Mr Le Gouil en fait partie. Il est nécessaire d'informer le public, et s'ils le font en risquant leur vie, c'est tout à leur honneur. Et en réponse au post précédent, la fierté d'avoir fait du beau boulot est, pour ces journalistes-là, préférable à une notoriété personnelle que beaucoup d'autres s'adjugent en faisant des reportages de caniveau…
à Arnaud Aubron
De Ndjocka
irrégulier | 13H42 | 02/02/2008 |
Si vous pouviez transmettre à ce monsieur mon salut, et mes remerciements…
à Arnaud Aubron
De bidule
17H37 | 04/02/2008 |
Vous connaissez Mr Gween le Gouil et donc je vous crois bien entendu .
Si cette idée de notoriété m'est venue à l'esprit, c'est que par contre dans cet exemple je trouvais et trouve toujours disproportionné le risque qu'il a encouru en regard des informations rapportées .
Aprés tout on savait déja ce qui se passait là-bas .
Fallait-il pour autant et à tous prix en ramener des images .
Pour moi c'est aussi le problème de l'image qui se pose .Nous sommes submergés d'images en provenance de toutes les tragédies au monde . En savons nous plus pour autant ? …je suis loin, mais trés ,trés loin d'en être persuadé .
Les images font appel à l'émotionnel et n'aident en rien à la compréhension .
Si je lis dans un quotidien qu'il se passe un génocide à tel ou tel endroit de la planète , je n'ai pas besoin alors d'images pour savoir ce qu'est un génocide.Je préfère l'information qui , celle là , m'expliquera les divers enjeux et autres éléments qui ont amené à ce génocide par exemple .
Il y a je trouve actuellement une fascination vis à vis de l'image dramatique qui va grandissante et qui n'amène à rien de plus Je crois même qu'elle peut occulter le fond .
à bidule
De Ndjocka
irrégulier | 13H41 | 02/02/2008 |
Vous avez raison. n'allons pas voir ce qui se passe sur ces littoraux, et dormons plutôt tranquilles…
De FdT
En pleine décroissance | 10H30 | 02/02/2008 |
Quand l'Afrique se réveillera le monde tremblera ! Et je vous garantie qu'ils nous ferons payer les tombereaux de mépris et d'insultes que nous leur avons verser sur la figure.
Nos démocraties occidentales sont à bout de souffle, et sans vouloir adopter des accents prophétiques je crains que nous sommes au début de la fin.
L'Inde, l'Iran, le Vénézuela, la Chine, la Russie et d'autres pays nous tournent le dos. Quand les conditions seront mûres ils metteront définitivement fin à notre hégémonie. Espérons seulement qu'ils fassent ça en douceur…
De cooper59
pour la decroissance ! | 10H49 | 02/02/2008 |
en tout cas ils vont pas prendre de gants , on est deja des nains economiques avec nos enormes deficits , on emprunte a ces pays qui eux ne savent pas comment investir leurs cash ! on est comme des vieux dandys desargentés et obligés d'emprunter du fric a l'epicier arabe ou chinois du coin ( celui qu'on meprisait hier encore ) pour boucler nos fins de mois ! pour le moment on fait encore illusion mais plus pour longtemps !
De Numerosix 14499
Prisonnier dans le village global | 11H04 | 02/02/2008 |
Un grand respect pour tous les journalistes qui travaillent ( et prennent des risques) pour ARTE , la seule chaine qui merite d » etre sauvée au milieu de cette bouillie de télé ..
De Malaelin
Tristestopics.fr | 13H06 | 02/02/2008 |
Pro jusqu'au bout. Bravo à Gwen Le Gouil.
De jac le rat
aventurier | 13H23 | 02/02/2008 |
Aventurier aussi. Pourquoi pas, si ça ne met pas la vie
des autres en danger, si ça n'entraîne pas de drames…
Mais qu'en sait-on ?
Cette aventure était très risquée. Il y a eu de la chance.
Kessel et bien d'autres ont choisi l'option du risque,
du danger,à la fois, je pense, pour l'information « humaniste »,
pour leur propre réalisation personnelle, pour leur
notoriété, oui, et pour l'aventure…
Des ingrédients qui peuvent parfois offrir une vision
juste du monde et des êtres, et de soi…
On peut aussi se brûler, et bien pire, brûler les autres.
De leeloo147
14H36 | 02/02/2008 |
Bravo au journaliste, quel courage
De cooper59
pour la decroissance ! | 14H39 | 02/02/2008 |
chapeau bas pour cet article et pour les journalistes consciencieux ! ça fait plaisir .
De diden
11H19 | 07/02/2008 |
Chapeau bas à ce Monsieur.