L'offre de 44,6 milliards de dollars de Microsoft sur Yahoo ! vendredi est déjà présentée comme le prélude à un Ragnarök technologique, la bataille décisive qui verra le vénérable fabricant de logiciels Microsoft s'attaquer au règne de Google sur le web. L'idée dominante étant qu'en tentant d'acquérir Yahoo ! , Microsoft espère lancer un défi au très profitable moteur de recherche de Google.
Google contre Microsoft+Yahoo ! (appelons le nouvel ensemble « Microsoft ! “) constituera effectivement un clash de géants, mais la bataille ne portera pas sur les moteurs de recherche. La force de Yahoo ! n'a jamais été dans la recherche, mais son rôle en tant que portail pour un certain nombre d'applications pour le web. En achetant Yahoo ! , Microsoft ne peut pas espérer détrôner le moteur de recherche de Google.
Mais la bonne nouvelle pour Microsoft est que la recherche n'est pas l'ultime frontière du web. La prochaine grande affaire du web concernera tout le reste, du partage de photos à l'agenda pratique, bref, tout ce que les gens font (et feront) sur internet. Et dans ce domaine, Microsoft est mieux placé que Google pour arriver en tête.
Alors que l'accès à l'internet se généralise, les utilisateurs d'ordinateurs utilisent de plus en plus le web pour des applications qui en étaient autrefois exclues. Dans un proche avenir, il sera plus efficace d'utiliser une application du type programme de traitement de texte en la prenant sur un réseau d'ordinateurs plutôt que de l'avoir sur son disque dur. Le concept est connu sous le nom de ‘cloud computing’, c'est-à-dire la mise en commun de ressources. Les documents seront créés et achevés sur un serveur plutôt que dans un PC, et les utilisateurs pourront accéder à leurs documents et à tout programme qu'ils souhaitent où qu'ils soient, à travers le réseau.
Yahoo ! , Google et Microsoft essayent tous les trois de mettre sur pied leur propre ‘nuage’ pour devenir les conservateurs digitaux de nos données. Yahoo ! a ainsi racheté le site de partage de photos Flickr, et le site de partage de ses marque-pages internet Del.icio.us, des signes qui montrent son ambition de devenir le ‘hub’ central de vos activités sur le web. Google s'est également aventuré au-delà de ses actvités de moteur de recherche. La page d'accueil personnalisée iGoogle permet de choisir à partir d'une liste d'applications. Google documents est un outil de traitement de texte qui offre une alternative à l'univers de Microsoft Office. Quant à Microsoft, elle a beaucoup insisté récemment sur Microsoft Live, ce qui en dit long sur son envie d'en découdre avec Google et de garder son emprise sur les utilisateurs alors que les applications commencent à migrer en ligne.
Alors que Google étend les mailles de son filet, sa principale activité, et de loin sa principale source de revenus, reste la recherche. Ce qui a commencé comme un modeste outil de recherche sur le web s'est étendu jusqu'aux bibliothèques, aux articles académiques ou aux blogs. Chaque fois que vous utilisez un de ces outils, ou que vous lisez un message sur la messagerie Gmail, Google gagne de l'argent en vous proposant des liens publicitaires basés sur le contenu que vous êtes en train de lire.
Yahoo ! , de son côté, a d'abord été un portail, avant de devenir accessoirement un moteur de recherche. Comme le note John Battelle, auteur d'un livre intitulé ‘The Search’, publié en 2005, Yahoo ! n'a pas démarré son moteur de recherche à partir de zéro. La société a d'abord conclu en 1995 un partenariat avec Open Text, puis est passée la même année sur AltaVista. Et en 2004, Yahoo avait encore des accords de licence technologique pour la recherche avec Google. Et alors que Google a encouragé les utilisateurs à élargir le champs de leurs recherches à d'autres domaines, Yahoo ! a tenté de séduire ceux qui n'étaient pas en train de chercher, ceux qui partagent des photos ou qui aiment la musique.
L'expérience de Yahoo ! en tant que portail, et la position de Microsoft en tant que fournisseur de logiciels hors-ligne, fournissent les ingrédients d'une puissante alternative à Google. Une étude récente (aux Etats-Unis, ndlr) montre que 6% seulement des utilisateurs ont testé des applications en ligne sur le réseau, et que les trois quarts des usagers en ignorent encore l'existence. Par comparaison, il existe des centaines de millions d'utilisateurs des logiciels de Microsoft Office. Et même si Google Documents a pris un meilleur départ sur le web, Microsoft reste le mieux placé pour remporter la course.
Le grand défi de Steve Ballmer et de ses collègues est de trouver le moyen d'être en position dominante en ligne comme ils le sont hors-ligne. ‘La menace de Google est énorme’, estime Johnathan Eunice, consultant technologique chez Illuminata. ‘Microsoft sait ce qu'il veut. Yahoo ! a la base d'utilisateurs, a construit un modèle économique en étant un endroit où vont les gens. En achetant Yahoo ! , Microsoft obtiendrait un espace permettant de faire revenir ses utilisateurs’.
Si Yahoo ! acceptait ce mariage, ce couple changerait la définition habituelle d'un ‘géant technologique’. Le moteur de recherche va certainement rester un immense business et une grande source de revenus. Mais il risque de devenir progressivement moins important que de savoir profiter de l'ensemble des activités sur le web. Pour battre Google, Microsoft doit évoluer de vendeur de produits emballés à fournisseur de produits flexibles (et peut-être vendus par abonnement).
Quel que soit le modèle économique, la prochaine étape de la domination du web sera donc de pouvoir contrôler les utilisateurs qui créent des documents, lisent leurs e-mails, partagent des photos, ou mettent à jour la liste des salariés d'une entreprise. Si Microsoft parvient à se transformer en Microsoft ! , Google, pour une fois, ne partira pas favori.
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De TARPON
14H13 | 02/02/2008 |
Yahoo ,Ebay sont des geants essouflés ,en panne de modele .Racheter ce type d'entreprise n'apporte rien ,elles sont condamnées à court terme .Google a jailli du neant ,il y a à peine cinq ans ,la leçon aurait du profiter à Microsoft ,notamment à Ballmer qui gere l'acquis mais est incapable de revolution.Consacrer 45 milliards à remplacer Ballmer aurait été une bien meilleure idee.
De Le Monolecte
blog.monolecte.fr | 14H20 | 02/02/2008 |
Google s'est rapproché du monde des Logiciels Libres, alors que Microsoft n'a eu de cesse de nous coller des batons dans les roues.
Franchement, si Microsoft avale Yahoo ! , je ferme tous les comptes que j'y ai (vu la politique de Microsoft en terme de respect des utilisateurs…) et je conseillerai à mes lecteurs d'en faire autant !
Maintenant, vive la concurrence libre et non faussée, comme ils disaient. J'avais mon compte à la SG : si elle passe dans les pattes d'une autre banque, il est probable que les frais d'usage ne seront plus les mêmes et que je doive chercher ailleurs.
Quant à mon mobile, il avait dans le ventre une carte Débitel… qui vient de se faire bouffer par SFR… que j'avais choisi d'éviter, tout comme mon premier mobile était chez CMC (qui se souvient d'eux) et s'est retrouvé chez Itinéris puis Orange : résultat des prix qui gonflent, des SAV pourraves et la recherche d'un concurrent alternatif moins naze… pour rien à l'arrivée.
Bref, la concurrence, au bout d'un moment, ça se résume à un oligopole quasi monopole, et rarement au profit du con-sommateur ou de la qualité de service.
à Le Monolecte
De jide
jide.romandie.com | 17H22 | 02/02/2008 |
Si la concurrence était le meilleur moyen de faire profiter le gugus moyen de services utiles de meilleurs qualité, à des prix compétitifs, il y a longtemps qu'elle serait interdite…
http://jide.romandie.com
De Yossi Van Cleef
17H25 | 02/02/2008 |
Je ne vois plus la différence entre google et microsoft, l'un est aussi dangereux que l'autre. L'utilisateur lambda croît toujours à l'image de virginité qu'entretient google, un rachat par google passe mieux qu'une opa de microsoft, on se dit intérieusement : le nouveau « petit » poucet va bousculer le géant microsoft. En fait l'image de microsoft des années 90 ( loi anti trust, procès) est toujours présente dans nos esprits et influent sur nos habitudes cyberiennes, par contre personne ne se soucie des rachats à gogo de google et de sa position ultra-dominante, car on a en tête l'image des 2 créateurs stanfordiens souriant ( et multimilliardaire) ainsi que le classement des entreprises US où il fait le meilleur travailler. Vigilance mes amis, tenez utiliser www.ixquick.com, au moins celui-là ne conserve pas l'historique de ses recherches.
à Yossi Van Cleef
De Tita
oiseau | 10H56 | 03/02/2008 |
Merci pour l'infos concernant www.ixquick.com. Je ne connaissais pas. je viens d'y jetter un oeil et je l'adopte sans plus tarder.
De Daniel R
Visiteur d'entreprise | 18H59 | 02/02/2008 |
Microsoft est une entreprise aux visées hégémoniques à l'image de son pays d'origine.
Toute sa politique commerciale se résume à rendre son système d'exploitation incontournable et quasi-obligatoire. Les programmes intégrés détruisent la concurrence et empêchent l'émergence de nouveaux talents.
A ce sujet, Microsoft a souvent été condamné aux USA et en Europe. L'entreprise aurait été démantelée sans les protections politiques que la fortune de Bill Gate lui ont attaché.
Des doutes existent sur les transferts de fichiers sans l'autorisation de leur propriétaire. Les machines tournent et communiquent régulièrement et directement avec des centraux Microsoft sous prétexte de mises à jour. A quoi et à qui servent les informations recueillies ?
Les ennemis de Microsoft sont principalement Linux et le modèle qu'il représente : les logiciels libres. Microsoft menace régulièrement Linux (système d'exploitation libre) d'un procès pour vols de codes. Un procès qu'il n'a toujours pas fait. Mais, il a tellement pillé les autres et il craint problablement qu'une expertise de ces codes lui soit défavorable.
Signe d'époque, Big Bill est reçu partout comme un chef d'état et ses paroles sont écoutées comme paroles d'évangiles.
Un nouveau messie est arrivé ! !
De Peureux anonyme
19H05 | 03/02/2008 |
On devrait publier le florilège des « fusions acquisitions » dans le High Tech.
Mis à part faire du fric pour les banques d'affaires, et peut être quelques dirigeants, on ne voit pas de résultats surtout si l'on compare la situation quelque temps après aux promesses initiales.
Rappelons quelques cas : AoL et Time Warner, France Telecom et Orange uk, Alcatel et Lucent, Ebay et Skype, Vivendi et Universal…
De Intellectuel de Gauche
19H17 | 03/02/2008 |
C'est de l'argent jeté par les fenêtres. Aucun avenir dans Yahoo (ni dans AOL ! ). Ils auraient mieux fait de racheter des petites entreprises prometteuses ou des start up d'intelligence artificielle, ça aurait été moins cher et ça leur aurait donnait de l'innovation s'ils sont si incapables d'innover à ce stade. Google doit se marrer en voyant cette alliance de losers.
De soleil vert
cool à toulouse | 23H06 | 03/02/2008 |
article autrement mieux que le minabe que j'ai lu dans libé
De soleil vert
cool à toulouse | 23H07 | 03/02/2008 |
article autrement mieux que le minabe que j'ai lu dans libé
De alexandre-villeneuve
www.referencement-blog.net | 16H04 | 05/02/2008 |
Bonjour à tous,
Le problème c'est que ces deux sociétés sont des bigs brothers en puissance.
Google est toujours en train de gagner du terrain sur le web, doit-on le laisser seul partir en tête et devenir ce qu'ils craignent « Don't be evil qu'ils disaient » ?
Ou préfère-t-on que « le vieux » se fasse une cure de rajeunissement pour devenir un réel concurrent ?
Le choix entre un quasi-monopole ou un duo-poles de frères ennemis.
De Ricard
10H33 | 07/02/2008 |
Bjr,
La véritable chose qui se passe est citée sur mon blog.
Après un tout petit peu de recherches, je me suis aperçu que si les géants voulaient s'unir, c'est qu'un autre, chinois celui-ci, allait débarquer.
http://ricard-burton.over-blog.com/
Avous y voir.
Ricard