Nicolas Sarkozy ou le libéralisme contrarié

A deux reprises cette semaine, Nicolas Sarkozy a montré que s’il y avait un terrain sur lequel il n’y aurait pas de rupture, c’est bien celui de l’intervention de l’Etat dans l’économie privée. En recevant à l’Elysée le sidérurgiste Lakshmi Mittal, le repreneur d’Arcelor, pour lui demander -c’est un geste exceptionnel!- de renoncer à des suppressions d’emploi en Moselle, puis en plongeant de plein pied dans l’affaire de la Société Générale, il se situe bel et bien dans la continuité d’un certain dirigisme à la française.

Tous ceux, notamment dans le monde anglosaxon, qui avaient cru voir en Nicolas Sarkozy le premier président français vraiment libéral depuis un quart de siècle, en seront donc pour leurs frais. Le président de la République est un libéral contrarié, qui n’hésite pas à recourir aux vieilles recettes du colbertisme hérité du XVIIe siècle, ou aux pratiques plus contemporaines du patriotisme économique.

Pendant la campagne électorale, le chef de l’Etat a tour à tour endossé des casquettes différentes: celle du réformateur libéral dont une France stagnante avait besoin, et celle du gaulliste plus traditionnel, protecteur des travailleurs menacés par la délocalisation, et même du pourfendeur des marchés anonymes. Au point de dérouter parfois certains de ses propres amis. Une fois à l’Elysée, Nicolas Sarkozy a mixé réformes libérales et interventionnisme, un mélange des genres finalement très français.

Dans l’affaire Mittal, Nicolas Sarkozy tente de faire écho à l’une de ses promesses de campagne: protéger les Français contre les délocalisations. Mais il n’avait jamais expliqué comment il s’y prendrait. Et pour cause: à part une tentative de convaincre l’industriel indien de renoncer à ses 600 supressions d’emploi sur le site de Gandrange, on voit mal de quelles armes il dispose. On est là dans l’incantation, qui peut limiter la casse, et qui s’imposait à quelques semaines des élections municipales.

Il en va autrement dans le dossier de la Société Générale, banque privée, certes, mais dont les éventuels prédateurs étrangers, même européens, doivent savoir que l’Etat français ne les laissera pas faire. Nul ne doute que le sort de cette « grande banque française » et qui doit le rester, comme l’a dit le premier ministre, se règlera en partie dans les bureaux de l’Elysée. Nicolas Sarkozy est un patriote économique décomplexé, qui n’hésitera pas à laisser à la porte les étrangers qui lorgnent sur la Société Générale. Il privilégiera, si nécessaire, une solution franco-française. Le Mecanno industriel et financier, il aime ça et il le revendique, comme lors du sauvetage d’Alstom quand il était à Bercy.

Ce n’est pas exactement sur ce programme qu’il s’était fait élire. Mais le président de la République a déjà une image en berne, comme le montrent les sondages, en raison de son incapacité à agir sur le pouvoir d’achat. Il aurait été politiquement incompréhensible qu’il ne tienne pas sa promesse d’être un Président protecteur -même si son image libérale doit en prendre un coup.

Pierre Haski

► Edito diffusé jeudi 31 janvier sur Europe1. Retrouvez l’édito de Pierre Haski tous les mardi et jeudi à 7h42 sur Europe1, et en podcast en cliquant ici.


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08H49 31/01/2008

Nicolas 1er libéral et dirigiste.
Nicolas 1er pompier et pyromane.
Pompier quand il dit privilégier une solution française pour la SG (qui n’est pas à vendre que je sache).
Pyromane quand il la déstabilise en réclamant la tête de BOUTON.
Ou est le libéralisme de Nicolas 1er ?
Quant à Monsieur Mittal, il fera bien ce qu’il voudra, ce n’est pas Nicolas 1er qui pourra l’empêcher. Il eut fallu pour cela traiter Arcelor comme Alstom en son temps.

 
12H38 31/01/2008

— chassez le naturel et il revient au galop—

Il serait temps de s’apercevoir, que notre pays est Colbertiste-bonapartiste. On a toujours vécu dans un pays dirigé par l’état (rois absolus). C’est comme cela.
On a beau singer les pays anglo-saxons, on n’y arrivera jamais. En plus on prend du retard.
Restons nous même et ne nous renions pas.
A singer, on a toujours l’air idiot et malhabile. On chante faux les hymnes du libéralisme.
Assumons notre génie étatique.

Il est idiot de mettre des talonnettes pour paraitre plus grand. Il faut s’assumer.

 
08H56 31/01/2008

une majorité de français sont profondément de droite, une droite de morale collaborationiste, vaguement raciste, plutôt antisémiste, profondément machiste, de type paranoïque narcissique et soupçonneuse, voire haineuse, parfaitement représentée à tous les échelons de l’échelle des revenus. mais ces mêmes français ne sont pas ultralibéraux, pour être ultra libéral, il faut en doublure une morale protestante rigide avec dieu dedans. ces mêmes français ne sauront sortir pas d’un capitalisme familial étroit, lieu même du soupçon de ce qui lui est extérieur. la droite française est toujours la plus bête du monde et elle va droit dans le mur du son, pilotée par un crétin habile qui n’a rien vu. chic!

 
19H37 31/01/2008

Analyse réjouissante (et, on espère, visionnaire pour la fin!). J’ajouterais que les efforts du nabot pour faire passer l’idée (libérale, sans discussion) que le pognon et les riches, c’était le nirvana, a eu exactement l’effet contraire, y compris dans son électorat. En France, on aime le blé comme tout le monde, mais depuis Louis XVI on sait qu’il vaut mieux pas trop l’étaler. Il a cru que les électeurs qui regardent « mais que font-t’ils de leur pognon » sur M6 allaient se rejouir de le voir crouler sous les Rolex; un tel manque de psychologie politique augure bien de la suite! 4 ans encore?

 
22H55 02/02/2008

Que de mots… Je passe sur l’entrée de la diatribe, où l’auteur délivre ses profondes intuitions du pays, nourries dont on ne sait quelles savantes études. Reste alors ce savoureux passage sur le protestantisme, où l’on devine des lectures de Weber. Mais si mal ruminées, si mal digérées… Un petit effort, « in girum » (imus nocte et consumimur igni), pour actualiser ta pensée.

 
Daniel R | Visiteur d'entreprise
09H24 31/01/2008

Le soi-disant libéralisme à l’anglo-saxonne n’est qu’une posture qui ne s’adresse qu’aux naïf.

Ce sont les multi-nationales et leurs gros actionnaires qui mènent le bal que ce soit en Europe ou en Amérique.

L’Etat US est intervenu à de multiples reprises sur les marchés, que ce soit indirectement (taxes sur les importations d’acier malgré les accords OMC durant le premier mandat de Bush par ex), soit directement (renflouement d’un fond d’investissement à la suite d’opérations désastreuses) et même par des guerres illégales.

N’oublions pas non plus les pressions politiques directes et vigoureuses lorsqu’il s’agit de vendre des armes ou des avions ou les dévaluations compétitives de la monnaie.

La Commission Européenne est composée de personnalité de divers pays et chacun surveille l’orthodoxie libérale de l’autre. C’est ce qui a conduit notamment au démentellement des services publics à la française et à l’abandon de la 3ème voie, entre communisme et capitalisme.

Le tragique de cette position absurde, est que nos emplois et nos technologie se délocalisent, que nos populations d’apauvrissent pendant que nos politiques s’abritent derrière des décisions extra-démocratiques pour avouer leur impuissance.

La solution serait à rechercher dans un développement séparé par zones économiques intégrées: Zone Europe, Zone amérique nord, Zone amérique sud, Zone Asie Pacifique, etc.. Chaque zone instaurerait des droits de douane en fonction de ses intérêts et des accords bilatéraux et protégerait les modèles socio-économiques choisis.

Le problème est que nos dirigeants politiques aux responsabilités ont tous été (dé)formés à la même école et qu’ils sont psychologiquement incapables d’une remise en cause du modèle dominant.

 
DidierB63 | Devant un écran
09H49 31/01/2008

Il m’est toujours difficile de comprendre comment un adepte déclaré du libéralisme économique peut avoir en même temps un comportement aussi gaulliste.

D’un coté un marché libre avec un état désengagé et de l’autre un interventionisme « patriotique ».

Mais notre président ne va pas se laisser arrêter par une contradiction supplémentaire.

Il faut simplement esperer que cela ne lui fera pas develloper des personnalités multiples, au sens psychiatrique du terme. :-)

 
10H41 31/01/2008

les situations politique ,économique des pays, sont elles encore du choix des dirigeants élus ? notre président apparait comme un patron de grande surface,chargé de vendre ,de faire acheter par le citoyen client toutes sortes de produit !mais est ce lui qui décide comment et combien vendre ?son pouvoir: la mise en scene, en rayon, les éclairages pour attirer le chaland vers la tete de gondole!pourvu qu sa brille!!!mais qui paye? et celui qui ne peut pas:ouste,sélection!commence à faire froid ces temps ci!!!

 
r_v
10H55 31/01/2008

Desole mais je le vois pas comme ca, il est liberal du fait de ses actions et « protectionniste » dans ses discours pour mieux berner son monde…mais bon son populisme n’est plus a demontrer!

 
11H00 31/01/2008

le triste anniversaire de la mort de l’abbé pierre :
un bilan du libéralisme!

libre belgique :

BERNARD DELATTRE

Mis en ligne le 31/01/2008 

La situation des SDF ne s’est pas améliorée, un an après le décès du leader d’Emmaüs. Le pouvoir est dépassé, les associations furieuses et l’opinion inquiète.
CORRESPONDANT PERMANENT à PARIS
Le coup de massue. Les représentants des associations d’aide aux sans-abri sont sortis comme sonnés de Matignon mardi, où s’est tenu un sommet consacré au mal-logement. Leur grise mine - leur « colère froide » même, dixit le charismatique leader des « Enfants de Don Quichotte », Augustin Legrand - contrastait avec leurs déclarations « satisfaites mais vigilantes » à l’issue de leur précédente venue à Matignon, en décembre. Le Premier ministre, François Fillon, avait alors promis de gros efforts budgétaires. Mardi, il a débloqué une enveloppe de 250 millions, alors que les associations demandaient plus d’un milliard.

« Personne ne doit être contraint de vivre dans la rue », a asséné le chef du gouvernement, qui a assuré que ce dossier faisait désormais figure de « grand chantier national ». L’Etat affirme avoir globalement rempli ses engagements de l’an dernier en matière de création de places d’hébergement, même si François Fillon a reconnu l’existence de « résistances » et d‘« obstacles ». Mais un an après le décès, en janvier 2007, de l’abbé Pierre, le fondateur d’Emmaüs, ce constat est loin de faire l’unanimité.

Les ONG contestent les dires du gouvernement et l’accusent de ne pas avoir tenu ses promesses. Au-delà d’une fastidieuse querelle de chiffres, le problème apparaît au moins autant qualitatif que quantitatif.

En effet, les places en centres d’urgence ont vu leur nombre augmenter, certes, mais, vu leur impopularité auprès des SDF (promiscuité, insécurité, obligation de les quitter chaque matin, etc.), ce sont plus des centres dits de relais ou de stabilisation (où l’on peut rester plusieurs nuits, par exemple) dont on a besoin. Or ceux-ci sont souvent occupés par d’autres déshérités (travailleurs ne gagnant pas assez pour se loger, demandeurs d’asile, etc.) ne trouvant pas place dans les structures qui leur sont destinées car celles-ci sont occupées par les centaines de milliers de Français en attente d’un logement social.

Du coup, selon un rapport officiel issu d’une conférence de consensus tenue fin novembre 2007, la France, en Europe, fait moins bien que « tous les Etats confrontés à cette difficulté d’une exclusion radicale, (qui eux) ont diminué très substantiellement leur population de sans-logis ». Mardi, Etienne Pinte, le député mandaté par Matignon pour travailler sur ce dossier, a d’ailleurs admis implicitement être dépassé : « On gère trente ans de retard en matière de logements : on ne peut pas inverser cette réalité d’un coup de baguette magique. »

Opposable mais très relatif

L’illustre bien le Droit au logement opposable (Dalo), ce mécanisme entré en vigueur le 1er janvier, qui permet théoriquement aux mal-logés (en situation régulière) de traîner l’Etat en justice si, au 1er décembre 2008, il ne leur a pas proposé un logement. Quelque 600 000 mal-logés sont éligibles à ce droit, mais celui-ci ne s’applique qu’à un parc préfectoral de… 60 000 logements. Et le gouvernement a reconnu que, probablement, les objectifs de ce Dalo ne seraient même pas respectés dans les temps.

L’opinion ne s’y trompe pas. Elle est critique : trois Français sur quatre (et 60 pc des sans-abri) jugent qu’en un an, la situation des SDF n’a pas changé, voire s’est dégradée. Et elle est inquiète : près d’un Français sur deux (47 pc) redoute de lui-même finir un jour à la rue.
 aire

 
11H26 31/01/2008

Ah! Ca ira, ca ira, ca ira!!!!

 
11H31 31/01/2008

NS est tout et le contraire de tout …
sondages en baisse et municipales en vue, il ne pouvait faire autrement qu’intervenir sur ces sujets économiques et financiers …sinon : »mais qu’est-ce qu’on aurait dit de moi,m’ame Châbot … »
nous commençons à bien le connaître, notre président, et ses tactiques deviennent évidentes car répétitives !!!

 
ThomasLefebvre | Rapatrié
14H52 31/01/2008

« Tous ceux, notamment dans le monde anglosaxon, qui avaient cru voir en Nicolas Sarkozy le premier président français vraiment libéral »

Euh, qui dans le monde anglosaxon (qu’en pense le monde teuton ou le monde celte au fait?) a veritablement pensé que Sarkozy était libéral? Le FT s’est moqué tres tot du ‘mercantilisme-protectioniste’ de Sarkozy, etc… Il n’y avait que la France pour voir Sarkozy libéral… Sarkozy est un conservateur francais classique: protectioniste et interventioniste. C’etait dans son programme.

« Nicolas Sarkozy est un patriote économique décomplexé, qui n’hésitera pas à laisser à la porte les étrangers qui lorgnent sur la Société Générale. »

Il ment. C’est illégal, cela contreviendrait au droit européen et aux regles de base de l’OMC.

 
FIL VERT | Directeur Financier
16H00 31/01/2008

Le titre de l’article n’est pas correct:ce n’est pas de libéralisme qu’il s’agit mais d’une politique de casse des valeurs fondamentales de notre société…
blog de Fil Vert
http://filvert.blog.lemonde.fr

 
chirouble | bordelique notoire
16H04 31/01/2008

Non mais de qui se fout on ?
Monsieur Sarkozy se dit défenseur des entreprises françaises ? Monsieur Sarkozy se dit protecteur…….s’étonne et s’offusque des marchés boursiers totalement fous ?

Qui a souhaité le mini traité européen ?
Et que dit ce mini traité ?
Un petit exemple au hasard pour qu’il arrête de nous prendre pour des cons (c’est bien les réunions entre potes anglais, allemands, Italiens…) pour réfléchir aux dérives boursières !!!

Article 56 du mini traité :

« Dans le cadre des dispositions du présent chapitre, toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les Etats membres et entre les Etats membres et les pays tiers sont interdites.

Dans le cadre des dispositions du présent chapitre, toutes les restrictions aux paiements entre les Etats membres et entre les Etats membres et les pays tiers sont interdites. »

Alors ras le bol ! Il se dit que les français sont trop cons pour comprendre, alors un petit couplet moins libéral, ce sera bien dans le tableau !

 
NicolasB | Collégien à Paris
19H32 31/01/2008

Monsieur Haski,

Ce que vous dites est bien vrai. Cette véritable rupture en Sarkozy ne semble plus aussi présente que lors de sa campagne présidentielle. Hélas, nous en sommes, à ce stade, aux vieilles méthodes politiques: plus particulièrement celles qui se mêlent du secteur privé.

La rencontre entre le Président d’Arcelor et Monsieur Sarkozy est probablement l’exemple le plus flagrant de cette rupture qui ne semble pas vraiment être si importante et considérable. La politique et le secteur privé ne se rencontrent pas dans leur travail. La politique gère un pays, une population. Une entreprise gère des employés qui travaillent pour des clients.

Mais ceci n’est pas le seul exemple. Il y a également la fusion GDF - Suez. Certes Gaz de France appartient à l’Etat. Mais est-ce quand même une raison que le Gouvernement se mêle des modalités de cette fusion?

Je pense que cette rupture tant promise par notre Président n’est pas celle qu’on attendait. C’est trop tôt pour juger. Mais cette rupture, d’ici quelques années, sera remise en cause par les médias et le peuple.

 
sevyniloc | ancien cadre supérieur de la fonction pu...
20H23 31/01/2008

Pour la plupart des gens, l’argent est un outil visant à faciliter les échanges.
Au lieu de troquer un bien ou un service contre un autre bien ou un autre service, ce qui exigerait une négociation permanente entre acheteur et vendeur, une livraison en nature et donc une certaine complexité, l’argent sert d’intermédiaire.
Ce rôle d’argent outil collectif a été progressivement dévié par le principe d’argent objet privé. L’argent pour l’argent.
C’est ainsi que les bourses ont vu leurs fonctionnements totalement pollués. Au lieu d’être un lieu où les entreprises trouvent des investisseurs pour se développer dans le cadre de leurs activités de production de biens ou de services, elles sont devenues un lieu où c’est l’argent qui est devenu le produit qui s’échange, se gagne ou se perd. Les banques sont également dans cette stratégie depuis longtemps. L’affaire de la société générale montre à l’évidence que les gains banquiers ne sont plus basées sur la progression économique des entreprises mais sur les jeux boursiers internationaux.
C’est ainsi que des entreprises ou des banques elles-mêmes peuvent se retrouver en grandes difficultés par ce seul jeu boursier même si leur compte d’exploitation est équilibré ou bénéficiaire. En fait, tout se joue comme si coexistait deux économies: la vraie qui crée des entreprises et du travail, la virtuelle, qui ne crée que de l’argent en vase clos.
On pourrait extrapoler le principe de Clémenceau, je crois, qui disait que «  la guerre était une chose trop sérieuse pour être laissée aux militaires » Aujourd’hui, on pourrait dire «  l’argent est une chose trop sérieuse pour être laissé aux seuls banquiers ».
Les rois, notamment Philippe le Bel avaient très bien anticipé cette situation, en spoliant régulièrement les banquiers lombards, juifs ou Templiers.
Le libéralisme absolu est un dogme aussi dangereux que l’était le communisme. Comme toujours c’est l’excès qui tue et c’est l’équilibre qui permet d’avancer.
Le rôle du politique est justement de réguler ces excès, de quelque nature qu’ils soient, y compris, si nécessaire, par la force lorsque les équilibres fondamentaux sont menacés.
La démonstration de Bush, qui injecte 145 milliards de dollars dans l’économie américaine, en est la preuve. C’est parce-que l’argent n’est qu’un outil que cette décision peut être prise. Elle ne le pourrait pas dans une définition d’objet privé. Les USA nous donne une petite leçon d’histoire dans cette affaire mais ont-ils raison dans l’emploi de ces fonds publics? C’est une autre question.
En Europe, je crois qu’il ne faut pas renvoyer l’anathème sur Trichet car il applique sa lettre de mission et ne peut la changer. Mais s’il apparaît si puissant, c’est surtout parce-que l’Europe politique est faible, trop faible. Certes, il ya une différence notable entre maintenir la stabilité de l’Euro et laisser les cours grimper en mettant en danger une partie importante de l’économie dans les transactions internationales, mais cela ne peut occulter le fond du problème qui est cette faiblesse politique de l’Europe. Où est l’Etat européen, nullepart, et surtout pas dans le traité de Lisbonne.
Je peux donc comprendre que l’on soit contre cette Europe bancale, illisible et lointaine. Le traité de Lisbonne est une sorte d’acte notarié entre Etats, pas un projet politique.
Les projets d’élargissements en cours: Turquie, Ukraine, peuvent apparaître comme que des fuites en avant pour éviter de répondre à cette question fondamentale de la vision politique d’un Etat européen responsable en matière de défense, de social, d’éducation, de santé comme un Etat normal. Ces projets d’élargissement ne résoudront rien en matière économique. Leurs coûts empêcheront d’investir dans les économies de l’avenir. La responsabilité politique se dissoudra encore plus dans une nébuleuse incertaine.

Bref, en économie comme dans d’autres domaines, il est temps que le politique démocratique, fort et respecté reprenne la main avant que les compagnies des Indes qui nous dirigent nous envoient dans le mur qu’en fait nous construisons nous-mêmes.

 
13H18 01/02/2008

L’ argent (ou la valeur) qui correspond à un bien, à un travail, à un service est beaucoup plus stable que la monnaie spéculative. Malheureusement, les errements de nos traders/banquiers peuvent entraîner de réels dégats sur la vie des sociétés, la vie des employés et les capacités de rebondir.
La fameuse taxe Tobin aurait peut-être permis de freiner celà, mais elle ne fait pas partie du language unique : « le marché doit tout réguler, vive la concurrence non faussée »
Vaste fumisterie !!!

 
Christobal Colon | Scandalisé à 999%
01H16 02/02/2008

Ce soir sur LCP/ Public Sénat, Attali parlait ( emission Conversations d’Avenir ) de, je cite, « gouvernement mondial » pour réguler la finance mondiale.

Selon lui les banques vont se faire manger par les assureurs.

La crise des subprimes, et plus localement en France l’affaire de la Société Générale, devient un argument politique. National, Européen, mondial.

Attention requise avant d’éventuelles grosses boulettes svp, ça sent légèrement l’embrouille capitalistique de haute-volée.

La présidence française de l’Europe, je ne la sents pas… du tout.

Simple point de vue.

 
00H54 03/02/2008

Le libéralisme n’est pas contrarié….!!

Pourquoi donc s’offusquer du rachat possible de la Société Générale par un concurrent ??
Nous sommes sur le point de signer (Malgré les résultats du référendum) le traité simplifié, qui instaure une société encore plus libérale !!
Il faut savoir ce que l’on veut !

Par ailleurs, même notre Ségolène se pâme devant le rapport Attali, qui est un ode au libéralisme !!
Il faut savoit de que l’on veut !!

Nous voulions Sarko… Nous l’avons !

Ce qu’il nous faut savoir est que l’organisateur du bal sont les multi natinales… Pas le président !!

Mais si nous avions eu Ségolène Royal, ou même DSK, je pense que nous aurions eu le même système économique.
Alors? Que faire maintenant ??
 -

 
22H25 03/02/2008

Je vais quand même pas me battre pour qu’il soit encore plus libéral.
je dois dire qu’il réclame ou pas la tête à bouton, je m’en contre fous….
et pis il faut le comprendre bling bling, il a peut-être un copain à placer….