L’annonce par la LCR de la création d’un nouveau parti anticapitaliste a souvent été accueillie dans les médias, particulièrement dans la presse de centre-gauche et de gauche, par une condescendance polie, une ironie un peu blasée ou même une folklorisation ridiculisante.
Ce cas souligne les difficultés pour les médias de rendre compte de l’émergence de nouvelles possibilités politiques dans un temps de maturation plus long que la brièveté d’"un événement" ou moins saisissable qu’"une personnalité". Pour penser ces difficultés, les figures qui attirent tant certains critiques des médias comme les journalistes eux-mêmes ("connivences" cachées, "propagande" ou "storytelling") se présentent comme des angles de vue trop superficiels. Car ils convergent avec les évidences de ceux-là mêmes qu’ils critiquent : surestimation de la cohésion volontaire des messages diffusés par les différentes élites, croyance au rôle moteur des intentions individuelles, illusion de la toute-puissance des émetteurs sur des récepteurs supposés amorphes.
Stéréotypes journalistiques
S’intéresser aux stéréotypes journalistiques (quête obsessionnelle d’un "nouveau" vite ringardisé, personnalisation, attention privilégiée à "l’événement", etc.), dont les stéréotypes spécifiques des journalistes politiques (concentration sur les jeux routiniers des appétits de pouvoir, des intérêts de carrière et du marketing au sein du milieu politique professionnalisé), comme aux mécanismes gouvernant le champ journalistique (pour Pierre Bourdieu : concurrence pour les scoops, "circulation circulaire de l’information" ou recherche d’audience) serait plus éclairant. Cela permettrait de mieux comprendre, par exemple, le désintérêt pour la petite alchimie, qui a été amorcée au sein de la LCR à partir de la campagne présidentielle de 2002, entre des générations, des expériences sociales et politiques, des itinéraires individuels diversifiés, et qui pourrait s’élargir.
Les aventuriers du post-trotskysme
Les habitudes journalistiques préfèrent réduire le processus à l’image médiatique d’Olivier Besancenot, qui n’en constitue qu’une composante. Par contre, les dirigeants de la LCR qui viennent de prendre le risque de lancer un processus inédit de constitution d’un nouveau parti, contre les inerties partisanes, le confort des vieilles recettes et les plaisirs régressifs des parcs à bébés gauchistes, demeureront pour la plupart dans l’ombre.
Ces aventuriers du post-trotskysme ont, entre autres, pour noms François Sabado, François Coustal, Jacqueline Guillotin, Samy Johsua ou Christine Poupin, pour les anciens, Pierre-François Grond, Guillaume Liégard, Sandra Demarcq, Basile Pot ou Fred Borras, pour les plus jeunes…
Bien que militant iconoclaste de la LCR, social-démocrate radical perturbé par la rencontre avec la tradition anarchiste, et donc assez éloigné de la culture trotskyste (voir notamment mon article "La LCR a-t-elle perdu la boussole?"), je ne peux que saluer ce courage politique "invisibilisé" par nos professionnels de la visibilité.
S’adresser à des centaines de milliers d’individus anonymes, pour la plupart non encore encartés, matière humaine plurielle et mouvante, cela sonne comme une faute de goût pour nos journalistes politiques. Ils préfèreraient qu’on s’adresse à des partis homologués, à des courants estampillés, à des leaders médiatisés, dans des repères politiciens stabilisés.
"Ce porte–parole de la minorité de la LCR, Christian Piquet, est quand même plus sérieux, il parle comme nous…", pourrait-on presque entendre. Et les apparatchiks, sans troupes mais point sans ressentiment, de "la gauche de gauche" en rajoutent dans la condamnation de l’inconvenance de l’initiative. Un pari osé sur l’incertain est alors peint en "archaïsme" et la vieille tambouille des combinaisons organisationnelles, qui a pourtant échoué à stabiliser une gauche radicale en France depuis une quinzaine d’années, prend les couleurs de "l’ouverture"…La quête journalistique du "nouveau" a alors plus à voir avec la répétition du même qu’avec la sensibilité à l’inconnu.
Les soixante-huitards médiatiques contre la révolte
Le caractère aveuglant de la lumière médiatique est renforcé par des aspects générationnels travaillant le monde journalistique. Les membres soixante-huitards de l’establishment médiatique, tout à la promotion narcissique de leur jeunesse "rebelle" dans la stigmatisation de leurs idéaux d’antan, ont du mal à admettre qu’on puisse encore faire de la révolte une valeur et de l’anticapitalisme un objectif politique. La génération des années 1980 a pu hériter, par ailleurs, d’un vague désabusement redoublé d’un "réalisme" appauvri, figeant le réel dans le donné.
Retrouver les vertus du journalisme
Pourtant le journalisme dispose, dans sa tradition, d’instruments pour résister à ces pentes sclérosantes : la passion de l’enquête, l’aventure du reportage à la Albert Londres…D’autres journalismes pourraient ainsi participer au décryptage de l’époque en train de se faire.
"L’époque, écrivait Maurice Merleau-Ponty, c’est notre temps traité sans respect, dans sa vérité insupportable, encore collé à nous, encore sensible au jugement humain qui le comprend et qui le change, interrogé, critiqué, interpellé, confus comme un visage que nous ne savons pas encore déchiffrer, mais comme un visage, aussi, gonflé de possibles". Et il ajoutait : "Quand on évite toute rencontre avec l’exubérance et le foisonnement du présent, on sauve plus facilement les schémas et les dogmes". Ceux des systèmes théoriques fermés ou des langues de bois politiques, mais aussi plus en plus des lieux communs médiatiques.
Le souffle du PS d’Epinay
Hier, dans une humeur collective encore teintée de gauchisme, alors que le souvenir de la SFIO déclinante faisait facilement s’esclaffer, Jean-François Bizot s’était lancé, contre ses propres préjugés, dans une enquête sur le nouveau PS d’Epinay de 1971. Il en a tiré une des traces les plus passionnantes des débuts de cette aventure humaine et politique, dans son livre Au parti des socialistes. Plongée libre dans les courants d’un grand parti (avec la collaboration de Léon Mercadet et Patrice Van Eersel, Grasset, 1975). C’est donc possible.
Quoi qu’il en soit, la jeune taupe anticapitaliste n’a pas nécessairement besoin des médias pour construire patiemment ses galeries souterraines dans les contradictions du vieux monde…









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Nous serons beaucoup à nous réjouir de l’apparition d’un nouveau parti à gauche.
Mais faudra t-il posséder son petit Bourdieu illustré pour comprendre ce qu’il s’y raconte?
contrairement à ce que nous assènent les producteurs de temps cerveau disponible et les politiciens incultes, il n’est pas honteux de baser ses analyses et ses réflexions sur un minimum de références intellectuelles… Bourdieu peut servir à ça, sans devenir un prophète pour autant. en démocratie c’est un devoir du citoyen de s’instruire et de se cultiver de façon à pouvoir participer aux travaux de la cité - c’est pourquoi la philosophie a été initialement programmée au lycée - quoique ce soit devenu par la suite. ce n’est pas élitiste, c’est une nécessité et il n’est pas si difficile de mettre son nez dans un bouquin de bourdieu, assister à une conférence ou mater ‘la sociologie est un sport de combat’ de Pierre Carles - une oeuvre de salut public .
à part ça il est réconfortant de voir enfin l’anticapitalisme revenir l’enjeu et non plus l’antilibéralisme - juste un mot à la mode et vide de sens.
Je ne sais pas si s’instruire est un devoir. En revanche être intelligible est plutôt utile.
Enfin libre à vous de penser que Bourdieu puisse faire partie du « minimum de références intellectuelles » pour « baser sa réflexion »: Bourdieu a dit tout et son contraire: je ne sais pas bien à quoi il peut être important dans une réflexion. Mais je sais que beaucoup le cite pour se donner l’air intelligent.
« Cela permettrait de mieux comprendre, par exemple, le désintérêt pour la petite alchimie, qui a été amorcée au sein de la LCR à partir de la campagne présidentielle de 2002, entre des générations, des expériences sociales et politiques, des itinéraires individuels diversifiés, et qui pourrait s’élargir. »
Quand je lis ça j’ai quand même envie de rire… si la dernière présidentielle a montré quoi que ce soit, c’est l’inexistence de cette alchimie !
Bon sur le fond je vais pas tirer sur l’ambulance, il est clair que comme beaucoup j’aimerais voir apparaitre un nouveau grand parti de la gauche, capable de fédérer au delà de la base LCR.
Maintenant désolé, mais à quoi ça rime en 2007 de se revendiquer encore communiste ou même anticapitaliste ?
Comment ne pas voir que le communisme est une théorie économique certes valide mais qui n’est justement qu’une théorie, tout comme l’ultralibéralisme, inapplicable parce que tout comme ce dernier elle présuppose un être humain parfait attaché au bien être du moindre de ses congénères avant le sien ?
A quoi ça rime en 2007 d’avoir plusieurs sensibilités communistes en France, dont plusieurs trotskystes, qui ne sont même pas d’accord entre eux ? Personne en dehors de ces partis n’y comprend quoi que ce soit.
Bref, un parti d’extrème gauche très bien, mais trainer ce vieux boulet communisme/anticapitalisme, tout le discours connoté à la poussière du style opposition systématique patron/travailleurs etc il faut vraiment s’en débarasser.
Bref, même si Besancenot se débrouille bien en règle générale, j’ai peu d’espoir dans ce qui s’annonce comme un enième changement de nom cosmétique sans trop d’avenir.
D’accord avec toi Tyb, si la gauche veut un jour retrouver le pouvoir ce n’est certainement pas avec un discours « anticapitaliste ». Même si en France il emeut encore quelques apparatchiks et jeunes en quète d’idéaux.
Le capitalisme c’est la propriété privé des moyens de production. Et par extension tout ce qui touche à la libre entreprise, sa propriété et à la fixation des prix par le marché (offre et demande).
Le système socialiste a cru à une époque ou la propriété privée était dans les mains d’un pourcentage infime des populations européennes, qu’il serait bon que la collectivité se les approprie et en partage équitablement les fruits. Très belle idée, c’est sur, mais dans les faits c’est une catastrophe (partout!).
Pour de nombreuses raisons dont la principale comme tu le dis si bien Tyb c’est que l’homme, ne donne le meilleur de lui même que quand il bosse pour lui, pour arrondir ses fins de mois, pour cultiver son jardin, agrandir sa maison, faire prospérer son business etc.
Bref, l’erreur de l’idéologie socialiste c’est qu’elle prend l’homme pour ce qu’il n’est pas: un être par essence charitable et soucieux d’égalité (alors qu’il n’a très majoritairement de cesse que de s’élever au dessus des autres). Donc à chaque fois qu’un gouvernement socialiste a pris le pouvoir et s’est mis en tête d’appliquer un tel programme et bien le pays est partie en déroute en quelques mois. Ceux qui ont de l’argent partent avec, et même si le système les retient et le leur pique, c’est rapidement la banqueroute. Et la banqueroute c’est synonyme de misère généralisée.
Je préfère un état capitaliste, qui reconnait la propriété privée, laisse libre dans certaines limites le marché, et ponctionne une part importante du gateau pour le redistribuer en priorité à ceux qui n’ont pas eu la chance de réussir dans un tel système et pour faire en sorte de diminuer sensiblement les inégalités de départ qu’il y a entre les hommes. C’est le meilleur des systèmes, il n’y a qu’à voir, nous n’avons jamais été aussi prospère, aussi vieux, aussi bien nourri, bien chauffé etc. Et il reste pourtant beaucoup à faire pour ceux qui souffrent mais ce n’est pas en abolissant ce système que l’on les aidera au contraire, c’est plutôt en le laissant prospérer dans un certains cadre légal et en tirant le meilleur partie.
L’état est la pour ça: redistribuer en partie cette richesse, et faire en sorte d’abaisser les inégalités au départ (l’ascenseur sociale comme on dit).
Je précise que ce que je critiquais dans mon message original ce n’était absolument pas le socialisme en tant qu’idéologie ou idéal, juste un certain recours de l’extrème gauche à un positionnement purement dogmatique totalement dépassé aujourd’hui et sans plus aucune prise sur le réel, et donc devenu illisible.
Mais effectivement, vouloir se passer aujourd’hui du capitalisme parait illusoire, je suis par contre pour un interventionnisme de l’état ou des institutions internationales beaucoup plus poussé et régulatoire.
Tyb,
Ton commentaire appelle plusieurs réactions.
Tout d’abord, « se revendiquer communiste ou même anticapitaliste », c’est pour beaucoup, au delà de la valeur historique associée à ses mots, une manière de se proclamer partie prenante d’une minorité non silencieuse opposée aux modes de gestion pratiquées par les gouvernements sociaux libéraux au pouvoir dans la plus part des pays industrialisés.
Ensuite, il ne faut pas négliger que, c’est justement le glissement du « communisme » vers l‘« anticapitalisme » qui permettra à ce nouveau parti de fédérer une part importante de l’électorat de gauche qui ne souhaitait pas rejoindre un mouvement trotskyste mais qui se reconnaîtra (si le pluralisme en est un fondement) dans ce nouveau mouvement.
Pour finir, la faiblesse des scores habituelles des partis d’extrême gauche leurs a permis d’une part d’éviter de se « bureaucratiser » comme c’est le cas pour les grands partis (PC inclus) et d’autre part et par voie de conséquence de permettre cette ouverture vers un nouveau mouvement sans, à priori, qu’il ne puisse s’agir d’un simple hold-up d’électeurs.
En guise de conclusion, après avoir précisé que je suis un jeune étudiant de 39 ans, je n’ai jamais eu le sentiment d’être « un être humain parfait » ni d’être « attaché au bien être du moindre de mes congénères avant le mien » mais je suis et je demeure attaché à mon bien être au même titre qu’à celui de l’ensemble de mes « congénères »…
NB - il y a des communistes poussiéreux mais Marx n’est pas un imbécile -
… ou comment espérer l’arrivée des extra-terrestres ? Depuis que l’homme pense son avenir et tente toutes les expériences, l’on n’a pas trouvé mieux qu’un enrichissement par initiative individuelle socialisé par la morale, le droit ou l’efficacité économique (c’est le capitalisme qui a inventé les lois antitrusts pour se contenir!). Et dès que l’on sort ce ce schéma, que le politique tient lieu de morale et d’économie, hop, on passe directement dans l’option « barbarie » comme l’a démontré Comte-Sponville. Et le charmant jeune-homme Besancenot en arrive à admirer le boucher Guevara comme son grand-père Badiou admirait le boucher Mao…
Bouh ! Qu’est ce vous etes tous serieux ( et ennuyeux) aujourd’ hui ..
Keep cool , le maitre Bourdieu est mort , les bouchers Guevara et Mao sont morts , l’ epicier Comte-Sponville fait sa caisse et le facteur fait du vélo ..
http://fr.youtube.com/watch?v=ZrbT9e42IHA
Beh, tu as raison et tu lèves le vrai lièvre : qui est politiquement capable de déclencher les forces de joie aujourd’hui ? Jeune, à l’époque du « péril jeune » de Klapish, je prétends que la joie était d’extrême-gauche, anar, pas fortunée mais avec l’illusion d’un monde meilleur. Aujourd’hui, à en lire les posts de rue 89, c’est aigreur à tous les étages et c’est la droite décomplexée qui s’invente des humours et des enthousiasmes. Olivier parle comme un livre, Ségolène râle comme une mégère, pendant que Nicolas bondit et Rachida rigole…
Ouais , merci cinghiale , t’as mis le doigt dessus .
Quand j’ entend Besancenot dire à longueur de télé people : La part travail/Capital a diminué en 20 ans et moi je ce que je demande c’est juste de revenir aux proportions de 1980 ..Hé ben meme si ce qu’ il dit est vrai ,et qu’ il a raison sur le fond, ca me desole d’ entendre ça d’ un » revolutionnaire » .
Ca ne marchera pas parce qu’ il va etre triste à mourir , leur nouveau mouvement , voila !
« triste à mourir »: est-ce le qualificatif le plus méchant que l’on puisse trouver aujourd’hui ? C’est possible, et cela aussi dit quelque chose sur notre époque.
Je suis de ceux qui pensent que sur le point suivant Daniel Cohn-Bendit a raison: Sarkozy veut « jouir sans entrave », et il le fait et donc reprend à son compte un des slogans de 68, tout en étant le fossoyeur de la solidarité. C’est-à-dire pour lui, et lui seul (plus exactement pour la petite caste d‘« amis » dont il est le serviteur zélé), mai 68, c’est bon. Mais pour le reste du peuple (c’est-à-dire nous-mêmes), il faut « travailler plus etc » et il faut « liquider l’héritage de 68 ». Si vous appréciez ce type d’arrogance joyeuse, libre à vous. Mais il ne faudra pas vous plaindre de fatalisme.
Pas étonnant que dans ces conditions, les discours de Bourdieu et d’autres paraissent « ennuyeux » et « tristes à mourir ». A l’heure où l’industrie pornographique contrôle la majorité des media, ce n’est pas assez sexy. Attention dans peu de temps, à ce rythme, si vous continuez de lire Bourdieu, on vous diagnostiquera asocial ou malade sexuel. Cela aussi c’est le politiquement correct. Les media sont chargés par les grands groupes de définir les paramètres du débat. Ce qui sort des marges (par eux définies) est appelé hors sujet, marginal, asocial. Mais nul ne vous force à accepter ces paramètres. Vous avez choisi de lire rue89 (même si pour ma part, il y a encore une trop grand proportion d’articles pipoles - qui sont les plus lus, je sais. Mais moi, je ne les lis pas et ne m’en porte pas plus mal.)
Pour ma part, je préfère l’austérité de Bourdieu, l’ironie de Chomsky et de quelques autres.
« supplique pour ne pas enterrer les questions sous des phrases de 7 »
» le charabia ne paie pas, seul le blabla paiera!
copie d’un mel envoyé par messagerie:
Coucou viviane
Si tu ouvres le lien tu verras sur la page, à droite de l’article,la mairie de Bagnolet reconnaissable à la tour des Mercuriales en arriere plan.
Mon école primaire était juste derrière et à cette époque je comprenais du 1er coup ce qu’expliquait M Reynaud mon instit ,militant du PCF.
Avec le professeur Corcuff c’est autre chose ; j’ai eu beau relire plusieurs fois certaines phrases ( c’est une nécessité absolue puisque chaque phrase comme chez Bourdieu et les shampoings en contient 3 en 1) j’en suis encore à me grater la tête, malgré le shampoing.
Ces phrases qu’ils faut relire pour détecter où est le sujet et où est le verbe (comme en allemand et comme me l’a appris M Reynaud) c’est sans doute cela que Bourdieu appelait « la pensée Tietmayer », non?
Les commentaires les plus perspicaces sur Rue 89 ont d’ailleurs bien vu qu’encore et toujours Bourdieu pointait chez Bonacorcuff.
Malheureusement parmi eux il ne s’est trouvé aucun traducteur du volacorpuk qui aurait daigné nous faire profiter de sa science.
Ah si M Reynaud était encore là, lui qui parlait tellement bien le jacduclos, il aurait pu nous éclairer!
biz
La question que pose l’éventualité d’un tel parti, c’est : pour faire quoi ?
Si je suis sympathisant de la Ligue (et, pourquoi pas, du parti à venir), c’est surtout parce que le PS a égaré quelque part entre 81 et aujourd’hui sa volonté transformatrice pour la remplacer par une ambition plus mesurée d’aménagement.
S’il faut se contenter de cela, on peut parfaitement considérer qu’une droite ferait aussi bien, voire mieux (je ne dis pas cette droite-là qu’on voit au pouvoir, mais pourquoi pas une droite façon Bayrou). Les différences entre le PS et le Modem excitent sans doute les entomologistes, mais pas moi.
Or ce qui me gêne sans doute le plus à la Ligue, c’est le refus de gouverner, au moins à l’échelon municipal, départemental ou régional, avec le PS. Quoi qu’on en dise, le PS est indispensable, au moins en l’état actuel des choses, à la gauche, et il n’est même pas certain qu’il serait souhaitable de pouvoir s’en passer. De même, un parti tel que celui qu’évoque Besancenot serait indispensable au PS, pour lui éviter les tentations par trop gestionnaires.
Une gauche qui ne veut pas transformer la société, ce n’est pas la gauche. Une gauche qui ne veut pas gouverner, ce n’est pas la gauche non plus. Si le parti en voie de construction sert à cela, alors banco. Sinon, il restera une coquille vide.
Par ailleurs, lorsque Besancenot évoque un parti révolutionnaire, encore faudrait-il s’entendre sur le sens du mot.
Au point où nous en sommes, la seule volonté de faire appliquer les lois existantes (par exemple, en matière de droit du travail) serait déjà révolutionnaire. Très souvent, la simple mise en conformité de notre société avec les lois qu’elle a votées et oublié d’appliquer serait déjà une transformation radicale.
Pas sûr qu’il soit besoin de sortir les fusils pour faire la révolution.
Par ailleurs, lorsque Besancenot évoque un parti révolutionnaire, encore faudrait-il s’entendre sur le sens du mot.
Il me semble bien avoir déjà entendu Besancenot prôner une révolution des idées et pas une révolte (il en rigolait même il me semble).
Par rapport aux autres interventions, je ne vois pas en quoi il n’y aurait pas la place pour un militantisme anti capitaliste ? Il est vrai que le système capitaliste est presque parfait, si on exclu: les sdf, les longues files des restos du coeur, les travailleurs pauvres, les personnes âgées pauvres et isolées, les banlieues abandonnées, les bénéficiaires du RMI, de la CMU, les mals soignées, les petits actionaires d’euro tunnel, l’environnement ….
Si j’ai bien compris Besancenot ne parle pas forcément de communisme ou de socialisme mais comme c’est dit dans l’article, d’une autre voie.
Enfin il propose de construire le parti, chacun peut donc y amener sa vision, je ne vois pas non plus en quoi c’est mal ?? (je n’y participe pas hein ;-) mais l’idée est séduisante je trouve ;-)
Hum, vu la langue de bois du futur leader de la gauche-de-la-gauche-anticapitaliste-et-anti-libérale on peut effectivement se demander ce qu’est un parti révolutionaire:
» apt_de_bxl : ce parti sera-t-il révolutionnaire ou réformiste ?
Naaba : Quelles concessions sont prêts à faire les partis d’extrême gauche pour voir leurs idées devenir un jour majoritaires ?
Olivier Besancenot : Ce ne sera pas un parti réformiste, donc révolutionnaire, mais révolutionnaire au sens contemporain du terme.
Ce parti ne sera pas hostile aux réformes concrètes, sur les salaires, la protection sociale ou le service public. Mais pour imposer ces réformes, il faudra changer de société à terme.
Il s’agit d’au moins chercher à réfléchir à quoi pourrait ressembler une autre société que la société capitaliste.
Les idées révolutionnaires sont décriées et jugées ringardes par une partie de la classe politique, elles sont pourtant beaucoup moins datées que le système capitaliste qui, aujourd’hui, est en crise.
Pour nous, la révolution n’est pas un dogme. Il ne s’agit pas de gagner abstraitement et idéologiquement une majorité de l’opinion sur un nouveau petit livre rouge. »
Euh, donc une réponse qui ne veut rien dire.
Euh, et quelle est l’alternative au capitalisme?
» Roneo : Quelle société envisages-tu sans capitalisme ?
sylvainbd : C’est quoi être anticapitaliste en 2008 ?
Olivier Besancenot : C’est regarder vers l’avenir. Moi, je ne suis pas anticapitaliste et révolutionnaire d’abord par nostalgie. Ce n’est pas d’abord au nom des glorieuses luttes du passé du mouvement ouvrier que je me réfère à l’anticapitalisme.
C’est d’abord parce que je regarde droit devant, et que je constate chaque jour un peu plus que l’économie de marché, c’est-à-dire le capitalisme, nous envoie contre le mur, nous, l’environnement, et qu’elle le fait de façon particulièrement violente lorsqu’on constate que le monde actuel est à feu et à sang. »
Encore une réponse qui ne veut rien dire.
» Marie : Quel est votre avis sur le récent cas de la Société générale ? Quels enseignements doit-on en tirer ?
Olivier Besancenot : L’enseignement, c’est de mettre fin à l’opacité en imposant un contrôle sur la comptabilité des banques, en mettant en place un service public bancaire, et en posant la nécessité à terme d’un service public bancaire européen. »
http://www.lemonde.fr/web/chat/0,46-0@2-823448,55-1004348,0.html
Ah, en fait le futur parti-anti-capitaliste-etc.. n’est pas contre le capitalisme banquaire. Juste contre son opacité. On ne s’accommoderait pas un peu avec le capitalisme financier, nan?
Ah, en fait le futur parti-anti-capitaliste-etc.. n’est pas contre le capitalisme banquaire. Juste contre son opacité. On ne s’accommoderait pas un peu avec le capitalisme financier, nan?
Non j’ai pas du tout lu ça désolé !! Etre anti capitaliste ce n’est pas être contre les banques (on dépasse la caricature de base là :-D)!! Eventuellement poser la question: est ce qu’une banque doit faire de sa présence sur les marchés financiers sont principal métier ? ça pourquoi pas.
Personnellement c’est un coffre fort auquel j’ai accès où que je sois mais je ne lui ai jamais demandé de jouer des milliards d’euros à la grande loterie du capitalisme flamboyant !!
Ah, et dans votre banque, vous y mettez-quoi? Votre…capital, nan?
Oui mais pas pour qu’il serve aux traders addict !!
Pour qu’il serve a quoi, a qui, comment?
Et bien il peut servir à faire des prêts (la banque prenant ses garanties pour qu’il ne soient pas risqués) aux particuliers ou aux entreprises, elle peut se payer, sur les prêts et en me demandant de l’argent pour les opérations (retrait, chèquier, etc…). Une banque quoi !! On y dépose son argent et la mutualisation de tous les dépôts permet d’aider au financement de particulier ou d’entreprise, qui devront reverser au pot commun avec des intérêts.
ça vous gène pas que la banque joue des milliards en spéculant sur la variation de taux d’indice boursier ??
Personnellement qu’un particulier bourré de thunes joue à ça, déjà ça m’interpelle, mais une banque !! j’ai du mal a accepter. Du coup je vois dans la proposition de Besancenot de service bancaire public, l’occasion d’avoir une banque, qui fasse de la banque uniquement (dépots, prêt,…), pas de l’assurance ou de la spéculation. Vu qu’il y a de plus en plus d’adepte du bas de laine, je pense que ce service public aurait du succès :-D (du rendement financier peut être pas, mais du succès).
« Et bien il peut servir à faire des prêts (la banque prenant ses garanties pour qu’il ne soient pas risqués) aux particuliers ou aux entreprises, elle peut se payer, sur les prêts et en me demandant de l’argent pour les opérations (retrait, chèquier, etc…). Une banque quoi !! On y dépose son argent et la mutualisation de tous les dépôts permet d’aider au financement de particulier ou d’entreprise, qui devront reverser au pot commun avec des intérêts. »
Faire de l’argent a partir de votre capital…ca s’appelle le capitalisme….nan?
Oui !! Besancenot est donc un dangereux capitaliste ;-)
(je pars pleurer doucement dans mon coin :-).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Capitalisme
Choisissez la définition qui vous convient ;-)
Donc l’anticapitalisme de Besancenot, c’est un conte pour les enfants, on est bien d’accord?
oui ;-)
alors que le libéralisme de sarko c’est tout à fait autre chose :-D beaucoup plus sérieux :-D
[édit] vu à la vigie ici même:
Sur son site « clic option », la banque (ndlt société générale) propose « 10 nouvelles façons de jouer en Bourse », à travers des produits dérivés sur actions.
Ah ouais c’est du sérieux les banques…
Je suis bien d’accord avec vous. Et je regrette même que la réflexion de la LCR en soit à: faut-il enlever ou conserver le mot « révolution »?
Je préférerais cent fois que ses membres se présentent aux municipales et aillent frotter leurs idées à la gestion quotidienne des deniers publics.
La LCR, si elle veut franchir un cap ne peut plus être qu’un petit parti contestaire et dogmatique.
J’ai peur, quand je lis le charabia de cet article, qu’on en soit loin.
RRRRHHHAAAAAA mais vous allez arrêter avec les caricatures de base !
Allez faire un petit tour ici:
http://www.lcr-rouge.org/
Vous y apprendrez que la LCR présente des listes, ex:
Toulouse : liste LCR/Motivé-e-s/Appel unitaire antilibéral (il y avait aussi des candidats aux législatives).
P’tain je suis pas militants LCR mais là vous abusez quand même.
Pour info, j’ai entendu Besancenot dire qu’il ne voulait pas gouverner avec les socialistes, verts ou communistes parcequ’il ne l’avaient pas convaincus lors de leur passage au gouvernement. ça me paraît clair, il estime qu’ils en ont pas fait assez (sur le volet social et anticapitaliste notament), ça ne veut rien dire d’autre il me semble (à part qu’il est pas prêt de gouverner :-D).
Ouais mais moi j’habite pas à Toulouse. Et ceux qui se présentent se sont d’abord les gars de Motivés qui n’ont pas attendus la LCR pour être actifs et se présenter aux scrutins.
Ailleurs il n’y a quasiment aucun LCR qui se présente avec une ambition concrète.
Vous avez le droit de penser que je caricature. Moi je le regrette. Juste parce que le seul parti dont je partage les opinions ne représentera pas ces opinions.
Ce qui amène à un constat paradoxal et une question: faut-il donner sa voix au premier tour à un parti qui n’en fera rien?
Si actuellement je sens politiquement orphelin c’est à cause de ça.
http://www.lcr-rouge.org/spip.php?rubrique116
(c’est la liste des villes où il y a des listes soutenues par la LCR ;-)
Après on ne peut pas leur reprocher de ne pas vouloir participer à des projets dont ils savent qu’ils iront à l’encontre de leurs idées, quand même!
Le PC paie cher cette subversion et les couleuvres a avaler n’ont pas été minces.
Ce qui amène à un constat paradoxal et une question: faut-il donner sa voix au premier tour à un parti qui n’en fera rien?
Ben ne leur donnez pas, si vous ne voulez pas que leurs idées avance. Par contre si vous leur donnez, ils pourront l’utiliser pour faire pression sur les listes politiquement « proches » et infléchir leur politique (vers la gauche donc).
Il y a des régions de toutes manières où les candidats de la gauche « traditionnelle » ne valent pas une voix de gauche… je ne vais surement pas repprocher à la LCR de ne pas s’allier avec eux.
J’ajoute que les MOTIVES qui s’associent à la LCR ce n’est pas anodin, ils doivent pas être si méchants et utopistes que ça.
Je soutiens à 200% les Motivés. Les Cherfi sont des gars bien (et les autres aussi, parce qu’il n’y a pas qu’eux tout de même!). La question n’est pas là.
Pour ma part je ne me pose pas la question en terme de couleuvres à avaler.
Je pense que contester sans se mettre à l’intérieur de la machine n’a pas beaucoup de sens.
C’est pour ça d’ailleurs que je trouve que les motivés sont des bons: à Toulouse, ils sont dans le concret. Ils mettent les mains dans le camboui.
Avec la logique de la LCR je vais devoir attendre la fin de chaque legislature pour avoir le droit à la parole avec mon petit bulletin. Je voterai pour eux. Mais ça ne me suffit pas.
J’ai bien compris qu’on est à peu près sur la même longueur d’onde, hein ;-)
Ce qui me gène c’est qu’on dise, la LCR ne s’implique pas alors que c’est faux. il y a des listes et des candidats, peut être pas assez mais ce n’est pas un grand parti non plus…
Je ne savais pas qu’ils s’étaient alliés avec les motivés (avant d’avoir vu sur leur site) mais c’est quand même preuve qu’il s’impliquent, il me semble. Il ne sont pas seulement dans le contestataire.
Pour Magib Cherfi (j’adore ;-)
Faut bien discuter le bout de gras, quand même! Hein?
Amicalement.
Pas de problème, au contraire ;-)
bonne continuation.
Si je peux me permettre de vous conseiller une lecture qui dépasse un peu l’affrontement capitalistes/anticapitalistes habituel, voici une petite liste :
- Libres Leçons de Braudel - F.X. Verschave,
- De la Françafrique à la Mafiafrique du même Verschave,
Et les productions de l’association « Biens Publics à l’echelle Mondiale »
http://bpem.survie-france.org/
Voila la preuve qu’une tribunne peut etre a la foi interressante, bien informee, intelligente et bien ecrite.
Apres la semaine derniere, je commencais a en douter.
Pour le reste je ne peut que me rejouir de la demarche de la LCR. C’est exactement ce dont la gauche a besoin.
« Pour penser ces difficultés, les figures qui attirent tant certains critiques des médias comme les journalistes eux-mêmes (« connivences » cachées, « propagande » ou « storytelling ») se présentent comme des angles de vue trop superficiels. Car ils convergent avec les évidences de ceux-là mêmes qu’ils critiquent : surestimation de la cohésion volontaire des messages diffusés par les différentes élites, croyance au rôle moteur des intentions individuelles, illusion de la toute-puissance des émetteurs sur des récepteurs supposés amorphes. »
Hum, hum, question efficacité de communication, va falloir encore procéder à quelques « dégraissages techniques » pour espérer se faire comprendre des « masses populaires » ;-) !
Je sais bien que Cohn-Bendit se définit comme « libéral-libertaire », ce qui est assez amusant, mais, M. Corcuff, votre formule chimique est encore plus hilarante : « social-démocrate radical perturbé par la rencontre avec la tradition anarchiste, et donc assez éloigné de la culture trotskyste ».
Encore un petit effort et vous deviendrez anarcho-capitaliste, on pourra trinquer ensemble à la santé de Nozick!
Je ne savais pas qu’il y avait tant de joyeux drilles à la LCR.
La lcr et le pc ont raté une occasion historique de rapprochement pour la présidentielle. Il faudra beaucoup de bagout à besancenot pour convaincre les citoyens qui avaient cru à une vraie volonté d’union qu’une autre façon de faire de la politique est possible. Malheureusement beaucoup pensent que la lcr veut capitaliser sur son score mirobolant en 2007 et prendre la tête d’un rassemblement des non encartés. C’est mal parti, mais on verra qui va se laisser berner encore une fois.
Les « médias » font partie de la machine gouvernementale, leur fonction est d’acclamer le pouvoir et l’acclamant de le faire exister. (C’est un résumé un peu brutal de la dernière thèse d’Agamben sur les « médias » et le gouvernement, et là, je trouve qu’il fait penser)
Besancenot sait bien cela, il le sent bien. Alors il a mis deux fers au feu
-sur son site, on voit bien qu’il cherche les feux des médias : chats, articles, interviews…Dans la même veine, je mettrais la « protestation » de M.Corcuff sur Rue 89. Comment attirer l’acclamation des médias qui font être le pouvoir?
-en même temps, il s’agit de rassembler « par le bas », une multitude de petits comités, atteindre la base, les égarés, les paumés de bonne volonté, les affamés de liberté et de changement.
C’est déjà plus interessant mais un peu contradictoire.( peut-être est-ce pour cela que Besancenot est venu « discrètement » dans les Bouches-du-Rhône: il vient « discrètement » mais on nous en informe très vite…)
Dire que la « popularité de Olivier Besancenot est le meilleur atout de la LCR » (et du nouveau parti?) c’est mal parti pour un « parti de classe et de masse ». La taupe doit passer à la télé, c’est inévitable!
A l’inverse de M.Corcuff, ce qui me soucie avec Besancenot c’est sa façon de jouer médiatiquement justement: il lance une image, il cherche à faire parler de lui et de « son » parti, il fait dans le performatif (il faut un parti à gauche,je le crée, donc il va exister et si les « médias » acclamaient -même pour critiquer -il existerait encore plus).
Pour le moment il n’y a pas grand chose: ils vont se compter aux municipales, Besancenot va éviter de se prendre une claque dans le 18ème à Paris en ne se présentant pas, tout cela est de la bonne politique classique.
Le plus interessant arrivera en juin, après le travail des vraies taupes (celles qui ne passent à la télé). On verra à quoi ressemblent « l’indépendance stratégique » par rapport aux autres partis de gauche,« la révolution au sens contemporain » et « le service public bancaire européen ».
Je suis tombé sur un texte, publié dans Marianne, qui portatit sur les élections municipales, et incluait un avis critique sur la droite comme la gauche mais aussi la gauche radicale :
« Du côté de la gauche radicale, l’héritière attitrée de mai 68 et du changement révolutionnaire, comme du côté de sa petite soeur altermondialiste, à défaut d’avoir pu révolutionner la société, elle révolutionne en boucle ses structures d’appareil partisan, dans une sorte de pureté et d’absolutisme doctrinaire qui ne convainc que ceux qui le sont déjà. On s’occupe comme on peu tout en se donnant l’illusion que ça change ou que ça va bouger. »
http://www.marianne2.fr/Quand-la-droite-nous-rejoue-mai-68_a83192.html
Il faut lire le texte en entier qui est un pur régal « libertaire » !
Mais que penser cher Corcuff de cet auteur critique, Valéry Rasplus, quand on sait qu’il tire sur votre position tout en ayant fait parti d’un numéro de ContreTemps où vous êtes avec Daniel Bensaïd, … et où en même temps on le retrouve avec Taguieff, … dans une confidentielle revue « Des Lois et des Hommes » (une revue de think thnak ?) ?
Ce n’est pas un peu le bordel dans vos rangs ?