Ce sont les fantômes des quartiers chauds de Lahore. Ils s'appellent Shallo, Sajjad, Irram… mais ici, on les appelle les she-male. Ils ont le corps des hommes, mais le cœur et les manières des femmes. Ce sont des prostitués. « Il y a les hommes, les femmes… et il y'a nous », résume Shallo, un she-male de 25 ans. L'histoire de ces prostitués est celle de marginaux, noyés dans un pays musulman dont la tendance religieuse se radicalise.
La nuit tombe sur la place centrale du vieux Lahore. L'appel du muezzin se perd dans le bruit de la circulation et la musique des boutiques bon marché. Entre les échoppes branlantes du parking à taxi, des hommes efféminés tiennent le pavé.
A leurs pieds, des tapis, des oreillers. On pourrait croire qu'il s'agit d'un lieu de prière. Mais la place appartient aux she-male, des hommes y massent des hommes, devant tout le monde. Certains dansent, pendant que d'autres s'éclipsent deux par deux à la recherche d'un coin tranquille. Il n'y a pas de femmes ici, les she-male les remplacent. Leur sexe vend, la place est bondée.
« La société est hypocrite »
Sur un trottoir, des she-male se sont regroupés, pour attirer les clients. Sajjad est l'un d'entre eux. Il a 23 ans et vit avec sa copine. Pourtant, pour 500 roupies (environ 10 dollars), il vend son corps à des hommes. Le seul moyen, pour cet orphelin, de nourrir ses cinq frères et sœurs. Il se prostitue depuis sept ans maintenant :
« La société est hypocrite. Les gens nous pointent du doigt, mais tous aiment se faire mettre. »
Irram, un she-male de 28 ans, sert le café dans un stand : « Tout le monde m'aime ici… » En effet, personne sur place ne semble étonné de la présence des prostitués, les she-male se mêlent aux conversations des badaux qui jouent aux cartes.
Les rapports sont souvent non protégés. Sajjad ne sait pas ce qu'il risque : « Je suis en bonne santé et je n'ai absolument pas peur des virus. »
Quelques kilomètres plus loin, même style de quartier, même propos. Shallo défit lui aussi la maladie. « Je ne sais rien des préservatifs », lance ce danseur travesti de 25 ans.
Le taux de prévalence parmi les prostitués est faible au Pakistan. Mais les chiffres sont faux, affirme le docteur Razaque, spécialiste de la prévention du sida :
« Le tabou qui entoure la question fausse les études. Les gens ont honte de venir se faire dépister, surtout les prostitués. »
« Les seigneurs tribaux du Nord ont tous un boy prépubère à leur côté »
Shallo ressemble à une femme. Ses manières, ses habits, jusqu'à sa voix. Mais il n'est pas opéré : « Pas besoin, j'ai un tout petit sexe. » Pour rencontrer Shallo, il faut s'enfoncer dans les boyaux tortueux et sales du quartier rouge de Lahore, le bazaar Hussein. Ici, tout se vend, de la drogue, des corps d'hommes, de femmes jusqu'aux enfants. Malgré la présence d'un poste de police au cœur du bazaar, la prostitution est ouverte. Devant les vitrines fumées des magasins, des femmes attendent leurs clients sur des chaises en plastique. Shallo, lui, reçoit ses clients dans son studio. Un mini bordel géré par son colocataire, un she-male lui aussi.

Né dans une famille musulmane, Shallo a toujours été efféminé. Ses parents ne le jugent donc pas, ils connaissent son mode de vie. Lorsqu'il évoque ses problèmes, il parle de sa difficulté à se nourrir, pas d'éventuelles discriminations, ni de persécutions. Il vit de ses passes et de ses danses sans se soucier des autres.
Bien que tabou, l'homosexualité n'est pas cachée à Lahore. La prostitution non plus. La capitale culturelle du Pakistan semble plus tolérante que les fourmillantes cités du nord. Pourtant, l'homosexualité est présente jusqu'aux zones tribales confie un journaliste du quotidien « The Post » :
« Les seigneurs tribaux du Nord ont tous un boy prépubère à leur côté. Il leur sert d'esclave sexuel… »
La loi prévoit pourtant une peine d'emprisonnement à vie pour les homosexuels. Un avocat nuance :
« Cette loi n'est pas vraiment appliquée car il faut des témoins. De plus, chacun fait ce qu'il veut dans le cadre privé. »
Dans un pays où le droit des femmes est bafoué, parfois à l'extrême, la société est curieusement tolérante envers ces hommes prostitués. L'homosexualité est pourtant interdite par l'Islam. Shallo, Sajjad, Irram et les she-male du vieux Lahore continuent néanmoins a travailler librement, avec pour seule menace, celle de la maladie.


























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De angie
23H59 | 30/01/2008 |
718 visites, et pas un commentaire ! ah, les tabous ont la vie dure ! la différence aussi ! mais vous savez, on a les mêmes en france , ils étaient même l'attraction touristique du bois de boulogne, il y a quelques années ! un peu plus blancs ou un peu plus brésiliens, ça passait mieux -et puis le pakistan ou l'inde c'est bien loin de chez nous ! bonne chance, Shallo,Irram et les autres, vous n'êtes pas nés sous la bonne étoile …
à angie
De ericj
00H37 | 31/01/2008 |
Je ne comprend pas votre réaction…
Pourquoi le nombre de commentaires devrait-il être proportionnel au nombre de visites ?
Le sujet est traité sobrement et appelle peu de commentaire…
La comparaison avec le « Bois de Boulogne » me parait mal venue. La situation, tant économique, religieuse ou culturelle des deux pays (Pakistan, France) n'est pas semblable, loin de là…
À se demander, même, à lire cet article, si la situation des « she-male » de Lahore n'est pas plus « safe » (sociétalement) que celle d'un travesti Européen à Paris ou à Berlin…
à ericj
De angie
01H41 | 31/01/2008 |
pardon, Eric ! ! ma réaction est juste un peu amère face à un monde qui n'accepte pas la différence-disons que vous voyez cela d'une façon globale(situation économique, culturelle,religieuse) et moi d'une façon individuelle(un homo,un travesti, un prostitué ressent le même rejet ou la même indifférence, qu'il soit d'ici ou d'ailleurs ! )mais bon,je peux me tromper .
à angie
De manju35
20H05 | 31/01/2008 |
BEN OUI ! ! ! TU TE TROMPES
à manju35
De angie
23H15 | 31/01/2008 |
je ne pense pas me tromper quand je dis que les tabous ont la vie dure et que le monde occidental rejette les différences-d'ailleurs je ne suis pas la seule : va voir les commentaires de Vincent Guillot(à partir de 10h57) ou de Survivant(16h01)-
ou bien dis-moi ce que toi tu en penses ?
à angie
De poincarré
09H39 | 01/02/2008 |
un avis trés objectif , loin de ce que l'on veut nous faire croire , (islam,situation economique ,..ect)
à angie
De manju35
20H05 | 31/01/2008 |
BEN OUI ! ! ! TU TE TROMPES
à angie
De Intellectuel de Gauche
15H49 | 31/01/2008 |
Les radicaux isalamistes, c'est faîtes comme je vous dis mais faîtes pas comme je fais. Quelle pitié…
« Pour rencontrer Shallo, il faut s'enfoncer dans les boyaux tortueux et sales »
Jeu de mots malsain.
De Mon-Al
roturière :-) | 00H16 | 31/01/2008 |
Et moi qui croyait, parce que je l'avais lu que l'homosexualité n'existait pas en pays d'islam ! ! ! Quelle naïve je suis donc et quand je lis « Les seigneurs tribaux du Nord ont tous un boy prépubère à leur côté », quelle surprise. Vraiment, merci Rue89 de nous informer…
Bien, je suis sérieuse : que peuvent donc faire les hommes célibataires, quand tous rapports même visuels sont interdits avec les femmes ? La réponse est simple. Les femmes sont taboues, ils reste les enfants et les homos (voire quelques chêvres)… mais attention, que tout ceci ne soit pas dit car on pourrait passer pour islamophobe ! ! !
De compte supprimé 24
| 02H24 | 31/01/2008 |
Au Pakistan on les appelle Hijra, en urdu ; l'ami Bruno Morandi, vieux compère fou d'Asie et fameux photographe, en a tiré quelques portraits, ici :
http://www.brunomorandi.com/site/francais/sommaire/intro_c.html
Et merci de nous avoir parlé d'autre chose que bombes et barbus farouches…
De Bmo
photographe trotter | 08H39 | 31/01/2008 |
Merci Cyprien, content d'avoir de tes nouvelles !
en fait le phénomène Hijra est un peu plus complexe que tel qu'il est décrit dans l'article.
Les scientifiques appellent les hommes et les femmes qui présentent un certain type d'anomalie sexuelle des pseudo-hermaphrodites qui se répartissent en deux groupes : le pseudo-hermaphrodite masculin est génétiquement un homme mais avec une apparence féminine et des organes génitaux externes féminins. Le pseudo-hermaphrodite féminin est chromosomiquement une femme dotée d'une apparence masculine avec des organes génitaux externes de type masculin. Ces cas sont extrêmement rares en Europe comme en Asie.
Au Pakistan ces personnes sont appelés Hijra ou Khusra. Les Hijra « authentiques » (qudrati) sont considérés comme ayant été touchés par Dieu et ont pour rôle de conjurer le mauvais sort. Leur occupation de base est de danser, de chanter, de rendre les gens heureux (khushr ha), de participer aux fêtes de mariage et de naissance.
Si un enfant, issu d'une famille pauvre, naît avec des déformations génitales, il sera tôt ou tard recruté par les Hijras qui seront très vite informés de cette anomalie et feront pression sur les parents pour leur confier cet enfant dès son plus jeune age.
Cependant l'énorme majorité des Hijras ne sont pas des pseudo-hermaphrodites mais des hommes qui ont été émasculés dans leur enfance ou leur adolescence. Certains d'entre eux suivent, depuis quelques années une hormonothérapie pour accentuer leur « féminité »…. Les Hijra vivent par groupe de 3 à 5 individus sous l'autorité d'un Guru appelé « mama ». En dehors de leurs rôles traditionnels une grande partie des Hijras vit de la prostitution. Les lieux de rencontre privilégiés étant les tombes des saints musulmans qui attirent une foule de fidèles lors des grandes fêtes annuelles qui commémorent l'anniversaire de leur mort. Des « discothèques » à ciel ouvert sont montées où se produisent sur des musiques de films 30 à 40 hijra.
Le phénomène n'est pas récent. Il existait des eunuques dans l« Inde hindoue mais cette institution a connu un développement extraordinaire avec l'arrivée des musulmans en Inde. Car les musulmans riches (souverains/nobles) qui pratiquaient le Purdah (voile, c.a.d. femmes cachées aux étrangers) devaient avoir de nombreux eunuques pour garder leurs vastes harems. D'autre part la pédérastie, bien qu'existant parmi les hindous, etait beaucoup plus répandue parmi les musulmans, arabes comme turcs.
Liens direct sur mon travail sur les Hijra du Pakistan http://www.brunomorandi.com/site/francais/carnet/hijra/index.html
Merci
De LeGardian
indépendant | 10H02 | 31/01/2008 |
La vision de l'homosexualité n'est pas la même entre l'orient et l'occident.
En orient, c'est un peu le monde à l'envers, la religion se vit en public et l'homosexualité en privé à l'inverse d'ici ; les rapports homosexuels masculins sont tolérés et courants dans le privé même pour les gens mariés, et n'est pas considéré comme homosexuel (au sens occidental) celui qui fait action de « pénètrer » (souvent le vocabulaire comporte deux mots distincts pour qualifier les « pénétrant » des « pénétrés » par exemple), d'une part et d'autre part le principal « blasphème » reste de ne pas vouloir fonder une famille ;
Par ailleurs, j'ai appris qu'en Iran par exemple, l'équivalent de la sécurité sociale locale rembourse intégralement, l'opération de changement de sexe, car ils considèrent que l'on peut très bien être une femme dans un corps d'homme(ou l'inverse) ; on dit que les autorités religieuses locales vont même parfois jusqu'à obliger certains homosexuels masculins à la pratiquer.
En fait, les hommes au comportement « féminin » sont une compagnie très appréciée et bien tolérée par les hommes (qui ne voient pas en eux, un concurrent potentiel), ils peuvent entrer dans toutes les maisons rester seul avec les femmes, danser dans les soirées de fêtes,…
On peut également signaler qu'au Maghreb et ce depuis l'antiquité jusqu'à nos jours, le tourisme « sexuel » venant de l'autre côté de la Mediterrannée et à destination des enfants pré-pubères perdure toujours (voire quelque uns de nos grands auteurs ou hommes politico-médiatique encore actifs aujourd'hui), donc gardons-nous avant de jeter la 1ère pierre.
Par rapport au Sida, quand bien même que les statistiques soient douteuses, il n'en reste pas moins que d'après l'OMS, la circoncision réduit de manière notable (+ de 50%) le risque de contamination, ceci explique peut être cela.
Très bon article.
à LeGardian
De goldsby
15H24 | 31/01/2008 |
arretez svp de faire de l Iran un pays tolerant vis a vis des homosexuels
l homosexualité est interdite en Iran et ceux qui se font arretes sont pendus ou enfermes dans des sacs et jetes du haut d une falaise , il y a des cas relatés tous les mois par les associations des droits de l homme
on peux aussi les obliger a changer de sexe comme ce que vous relatez
http://iran-human-rights.blogspot.com/2007_12_06_archive.html
à goldsby
De goldsby
15H48 | 31/01/2008 |
http://www.everyonegroup.com/EveryOne/MainPage/Entries/2008/1/26_Petitio…
http://www.tetu.com/rubrique/infos/infos_detail.php ? id_news=12299
à goldsby
De poincarré
09H53 | 01/02/2008 |
mais bon sang c'est pas possible d'être comme vous ! ! !
en occident , depuis combien de temps l'homosexualité est toléré ?
c'est très récent votre tolérance a deux sous , dont vous parlez comme si c'était quelque chose qui existe depuis la nuit des temps en France , alors épargner nous votre morale hypocrite.
De Vincent.Guillot
10H57 | 31/01/2008 |
Bmo (photographe trotter) 08H39 31/01/2008 dit : » Les scientifiques appellent les hommes et les femmes qui présentent un certain type d'anomalie sexuelle des pseudo-hermaphrodites qui se répartissent en deux groupes : le pseudo-hermaphrodite masculin est génétiquement un homme mais avec une apparence féminine et des organes génitaux externes féminins. Le pseudo-hermaphrodite féminin est chromosomiquement une femme dotée d'une apparence masculine avec des organes génitaux externes de type masculin. Ces cas sont extrêmement rares en Europe comme en Asie ».
Non nous ne sommes pas extrêmement rare, nous ne sommes pas des anomalies sexuelle !
Le mouvement intersexe existe depuis fort longtemps (comme en Inde, en océanie, dans les civilisations chamaniques) et s'organise en occident depuis la fin du XXème siécle.
En fait un enfant sur 2000 naît avec des organes génitaux atypiques mais fonctionnels. Ils sont simplement différents.
A ces 1/2000, il faut ajouter toutes les personnes qui pour quelque raison que ce soit ne sont ni mâles, ni femelles. Par exemple, les XXY (syndrome de Klinefelter) représentent une naissance sur 700. Certain se vivent en homme, d'autres en femme, et d'autres encore revendiquent l'intersexualité comme genre.
Il y a au delà des pseudo-hermaphrodites tout un archipel de personnes qui ne sont ni mâles ni femelles mais en aucun cas, hormis pour la société occidentale, illes ne sont des anomalies, des monstres, des handicapés.
Nous vivons bien dans nos corps, comme vous nous aimons nos organes génitaux, nous avons une sexualité. La seule différence est qu'ils ne sont pas conformes à la norme admise en occident, ce que nous payons extrêmement cher puisque nos corps sont systématiquement normalisés dans la petite enfance au moyen de chirurgie et d'hormones de synthèse sans savoir de quelle façon nous nous vivrons plus tard. De plus il s'agit de réelles mutilations puisque les organes de plaisir (clitoris jugé trop grand ou pénis trop petit) seront abîmés alors que les mêmes opérations pratiquées à la puberté permettent de conserver l'intégrité des organes si la personne souhaite cette normalisation.
Certains pays ont accepté notre différence comme la Suisse Romande qui ne pratique plus les normalisations chez les enfants intersexes. La Grande Bretagne qui a engagé un moratoire ou le canada anglophone qui depuis plus de 15 ans explique aux parents ce qu'est réellement l'intersexualité (non pas une anomalie mais une différence) et a vue le nombre de normalisations chuter depuis que cette pratique s'est développée.
Malheureusement, en France les choses bougent lentement, on continu à stigmatiser les enfants intersexes, à les mutiler, à ne proposer aux parents que la normalisation hormono-chirurgicale. En pratique, le choix du sexe d'assignation est lié à la capacité de fabriquer un pénis dont les fonctions seront le coït hétérosexuel (pénétrer un vagin) et la capacité à uriner debout (et seulement ces deux critères ! ). Si cela n'est pas possible, l'enfant sera assigné en fille. Une pseudo cavité vaginale sera créé, les organes de plaisir mutilés (clitoris supposé trop grand ou pénis supposé trop petit) et les parents devront dilater ce trou avec une sorte de gode pour qu'il ne se referme pas, ce qui est vécu comme un viol incestueux par bien des personnes. Si à la puberté supposée, la personne souhaite se vivre en femme, de nouvelles opérations seront nécessaires, sur des chairs cartonnées par les opérations antérieures, sans organes de plaisir, et elle devra se dilater ad vitam aeternam avec l'artefact du pénis (gode) qu'on lui a retiré à la naissance.
Par ailleurs, nombre d'intersexes persécutéEs dans leurs pays cherchent refuge en Europe et n'ont que la prostitution pour survivre, alors que de fait illes devraient avoir accès au statut de réfugié pour discrimination de genre dans le cadre de la convention de Genève, mais comme nous n'existons pas officiellement en Europe, ce statut leur est refusé.
Vincent Guillot
Fondateur du mouvement intersexe en Europe Francophone
A paraître sur la thématique intersexe : Nouvelles Questions Féministe en Mars 2008, premier recueil de témoignages et analyses sur l'intersexualité par des intersexes.
( http://www2.unil.ch/liege/nqf/index.html)
à Vincent.Guillot
De LeGardian
indépendant | 12H59 | 31/01/2008 |
Je suis allez voir le site, c'est passionnant ! ! ! (mais je n'ai pas vu de lien avec l'intersexualité si bien décrit dans votre post au demeurant très interessant).
Exemples parcourus sur le site :
des mises en relation entre anti-sexisme, anti-racisme et colonialisme,
l'étude des ressorts des flux migratoires féminins (d'origine hors UE),
le chômage féminin vu comme une double peine, les mouvements et autres approches des mouvements féministe dans le monde …
Je conseille à tout le monde d'allez y faire un tour, car l'approche du féminisme dans un brassage multi-originel vaut le détour et aere le débat (qui est trop souvent réducteur voire (ost)raciste sur le sujet en France, en tout cas je le perçois souvent comme tel).
à Vincent.Guillot
De Thi0u
Etudiant en Statistiques et Traitem... | 19H57 | 31/01/2008 |
Le fait de dire que des personnes ont un certain type d'anomalie sexuelle n'est pas là pour discriminer mais pour faire un constat de la chose.
Avec le syndrome de Klinefelter, il y apparemment une prédisposition génétique aux difficultés d'apprentissage pour les personnes de XXY et autres d'ailleurs. De plus il y a un risque de stérilité plus fort.
L'origine,d'après les infos que j'ai pu trouver, provient d'une « méiose des gamètes de ses parents, lorsque les chromosomes sexuels ne se répartissent pas normalement ».
Il y a donc anomalie génétique puisque l'individu possèdent alors 47 chromosomes au lieu de 46.
Ce n'est qu'un constat !
edit : m'interessant au sujet, je suis allé regardé le site de « www.intersexualite.org ».
J'ai trouvé dans la partie « Suis-je intersexué-e ? » des choses qui m'ont étonné avec cette question : - « Avez-vous des testicules non descendus ? » - puis cette affirmation - « Si vous avez répondu “oui” à une des questions ci-dessus, vous êtes intersexué-e. »
Je crois savoir que l'orchidopexie est utilisé pour ce genre de pathologie, qui doit permettre à l'individu de ne pas perdre sa fertilité et aussi permettre à celui-ci d'avoir de meilleur condition psychologique et esthétique.
Quel est le rapport de ces testicules non descendus avec l'intersexualisation ? je pense que j'ai pas du comprendre ce qu'était vraiment un « intersexué-e ». Si on pouvais m'éclairer, merci : c
à Thi0u
De Vincent.Guillot
20H01 | 31/01/2008 |
Bonsoir Thi0u ,
Pour vous comme pour les médecins, nous sommes des anomalies sexuelles comme l'étaient jusqu'en 1982 pour l'OMS les homosexuelLEs. Une fois de plus l'intersexualité n'est pas majoritairement d'origine génétique loin s'en faut. Etre intersexe c'est être néE dans un corps qui n'est pas pleinement mâle ou pleinement femelle tout simplement.
Pour nous, nous sommes normaux tout simplement au même titre que les mâles ou les femelles. Notre combat est le même que celui des féministes, des questions de genre, de sexe, de race et de classe : La reconnaissance de notre existence et le combat pour le droit à disposer de notre corps. En vertu de quoi en reprenant votre exemple est-il anormal d'avoir un X ou un Y de trop ? Ce n'est qu'une convention et comme toute convention celle-ci peut changer. Pour ce qui est du tableau clinique des XXY, la littérature est abondante mais ne prend jamais en compte la globalité de la communauté XXY, mais seulement ceulles qui ont été détectés et qui ont des problèmes. Or être klinefelter n'implique pas forcément la stérilité (j'ai des amiEs XXY pères sans aide médicale) et nombreusEs sont ceulles qui ont parfaitement réussi dans leur vie. Par ailleurs, 10% des mâles sont stériles et pour autant ont n'en fait pas des anormaux, de nombreux enfants ont des problèmes d'apprentissage et hormis Sarkosi nul ne pense à les stigmatiser (Nous sommes parmi les premiers signataires de pasdezérodeconduitepourlesenfantsdetroisans).
Est-ce que fondamentalement stigmatiser les intersexes en les taxant d'anomalie changera quelque chose à notre existence (hormis l'eugénisme qui est en marche en France puisque systématiquement les parents se voient proposer l'avortement thérapeutique lorsqu'il y a diagnostique anté-natal d'intersexualité) ? Certes pas ! Par contre, cela rend l'appropriation de l'enfant intersexe par la mère très problématique. Pourtant à l'aune des méthodes alternatives choisies en Suisse Romande ou au canada anglophone, rien qu'en présentant l'enfant comme différent mais pas handicapé/ raté/anormal, on voit que le comportement des parents change du tout au tout et que l'appropriation se passe comme pour les autres enfants.
En espérant vous avoir répondu et surtout vous avoir permis d'ébranler vos certitudes. Lisez Foucault au sujet du normal et du pathologique cela vous fera le plus grand bien !
Ps : La non descente des testicules est un indice d'intersexualité, elle est aussi le prétexte à la castration des intersexes. C'est par exemple mon cas puisque lors des opérations de normalisation le premier prétexte était de me faire descendre des testicules que je n'avais pas. Par contre on m'a stérilisé afin qu'un « homme » ne porte pas un enfant comme j'aurais pu (et aurait voulu) le faire.
Cordialement
à Vincent.Guillot
De Thi0u
Etudiant en Statistiques et Traitem... | 23H12 | 31/01/2008 |
Ahhhh, je vous remercie pour votre réponse et ces précisions.
Il me reste toutefois quelques questions et éclaircissement à faire ;
En effet l'homosexualité était considéré à tort comme une maladie mentale par l'OMS, ce dont je ne savais pas même si cela est plutôt récent. : c
Mais ce sont des choses qui n'ont rien à voir. Ce que les médecins et moi-même qualifions d'anomalie génétique sont des cas comme le syndrome de Klinefelter ou de Turner qui entrainent des différences caryotypique chez les individus. (à savoir un nombre de chromosomes différent comparé celui de l'espèce)
En quoi est-il anormal d'avoir un X ou un Y de trop ? une question sur la normalité (hum… ça me rappelle que j'aimais déjà pas la philosophie à l'époque, je laisserai d'autre s'en charger pour moi car sur ce sujet cela serait parler pour ne rien dire)
- Je dirais que l'humain au vue de son environnement, à pu classifier les espèces qui l'entoure de plusieurs façon. De ce fait il est apparu que certaines espèces étaient asexuées (micro-organismes) et d'autre sexuées (sans oubliez le cas de la parthénogénèse). Ce qui a justifié cette « binarité » de mâles/femelles.
Ensuite en étudiant les caryotypes, on a pu découvrir que les chromosomes sont en nombres variables selon les espèces et il s'est avéré que l'humain en possède 46 (sauf exceptions donc). Voilà donc d'où vient cette « normalité ».
Ce n'est pas une stigmatisation que je fais là, c'est juste que les personnes concernées par ces anomalies (et non pas tout les intersexués) doivent être conscient que leurs différences est dû à une anomalie génétique.
Maintenant la question de la prise en charge de ces personnes doit se faire de la bonne façon et il est clair que qualifier quelqu'un d'anormal ne se fait pas, il a juste quelques différences avec les autres, mais de toute façon nous sommes tous différents par nos apparences physiques (couleur de la peau, des yeux, des cheveux…), nos idées(sexuelles comme politiques), nos cultures (croyances ou non, etc…) et j'en passe.
Concernant le statut des intersexes, il est vrai qu'a l'heure actuel dans notre société il n'est pas possible d'être identifié alors à sa juste valeur si je comprend bien. Il faudrait donc toute une refonte de la société sur l'homme, la femme, et l'intersexe (pouvant être qualifié comme androgyne pour le recensement australien récemment)
A la fin vous parlez de votre cas, il y quelque chose qui m'échappe, vous dites : « me faire descendre des testicules que je n'avais pas » et « on m'a stérilisé afin qu'un “ homme ” ne porte pas un enfant comme j'aurais pu ».
- Sans testicules, un homme n'est pas fertile, puisque ce sont les testicules qui sont à l'origine des spermatozoïde. A moins que vous ne soyez une « femme » à qui on a pu faire une castration, vous n'avez pas été rendu infertile par des médecins, mais par « Mère nature » : /
L'intersexualité m'a aussi l'air d'être une question d'ordre psycologique et personel, tout comme l'hétérosexualité, l'homosexualité et la bisexualité .
Vous dites « c'est être néE dans un corps qui n'est pas pleinement mâle ou pleinement femelle tout simplement. » - Qu'est-ce qui à pu provoquer ces changements comparé au standard en vigueur ? Ce sont des facteurs d'ordre génétiques ou hormonales. Je ne vois pas qu'est-ce qui peut expliquer sinon le fait de naitre dans un corps qui n'est pas pleinement mâle ou femelle, si vous avez des exemples je suis toujours preneur.
Amicalement,
De survivant
12H55 | 31/01/2008 |
Votre commentaire est certes très interessant Vincent Guillot. Mais je pense que vous vous mélangez un peu les pinceaux sur le sujet. Il ne s'agit pas là d'intersexe ( plus couremment appelé hermaphrodite). Mais de travestis qui vendent leurs corps pour se nourrir. Rien de comparable avec une anomalie génétique.
à survivant
De Vincent.Guillot
13H44 | 31/01/2008 |
L'intersexualité est minoritairement d'origine génétique ! Je ne me mélange pas les pinceaux et n'ai pas dit que tous les travestis et transgenres sont des intersexes. pour autant nombreuSEs le sont, particulièrement chez les Ijhra et autres trav » du sous continent indien. Je répondais à la personne qui parlait des intersexe de façon stochastique.
Cordialement
à Vincent.Guillot
De Bmo
photographe trotter | 14H32 | 31/01/2008 |
J'ai beaucoup étudié le phénomène des Hijra et je ne suis absolument pas « stochastique », comme vous dite, en prétendant que les pseudo-hermaphrodite sont extrêmement rare puisque vous le confirmez en parlant de 0,0005% (1 pour 2000) des naissances !
à Bmo
De Vincent.Guillot
15H02 | 31/01/2008 |
Je ne prétend pas que les pseudo-herma sont rares, je dis que c'est réducteur en parlant d'intersexualité de la réduire aux pseudo-herma (et carrement stochastique de réduire les Hijras au pseudo-hermaphrodisme ou à la castration). Ce serait comme de ne parler que de la pomme de terre en utilisant le terme solanacé. Ils ne représentent qu'une par infime de la thématique intersexe (de plus les cas décrits dans l'article comme en général dans la littérature ne sont pas des pseudo-herma ! ). Une prévalence de 1/2000 n'est pas de toute façon considéré comme rare(l'inter sexualité n'entre pas en effet dans les maladies rares pour ceulles qui souhaitent que ce soit une maladie (les médecins)). Le problème sur le sujet intersexe reste que l'on veuille que ce soit rare, ce soit une anomalie alors qu'il n'en est rien. Bien sur si l'on saucissonne les cas d'intersexualité par syndrome, chacun est rare ou relativement rare (Le syndrome de Klinefelter représente une naissance sur 700, les hypospadias qui dans certaines formes sont des intersexuations représentent une naissance sur trois cent, etc). Mais lorsque l'on met bout à bout l'ensemble des personnes nées dans un corps qui pour quelque raison que ce soit n'est ni mâle ni femelle, ce n'est non seulement pas rare, mais en plus on ne peut plus dire qu'il s'agit d'une anomalie.
Cordialement
à Bmo
De Charliiie
bientot président | 23H06 | 31/01/2008 |
1/2000 ça fait O,05 %
De Bmo
photographe trotter | 13H31 | 31/01/2008 |
Désolé de vous contredire Survivant, mais c'est tout à fait le sujet, l'article n'est malheureusement pas suffisamment explicatif concernant ce qu'est réellement un « shemale » au Pakistan, il se contente d'une analyse rapide comme témoin sans se pencher plus en profondeur sur la culture pakistanaise, lire mon post plus haut
à Bmo
De survivant
14H38 | 31/01/2008 |
Votre commentaire « bmo » complète effectivement l'info et je ne l'avais pas remis en cause. Quant à vincent Guillot dont son commentaire je le redis est très interéssant puisqu'il traite les différences humaines notamment l'hermaphrodisme. L'homosexualité le travestissement ou bien encore le transgenre est pour le moins que l'on puisse dire un état d'esprit. Naître avec un corps d'homme ou de femme et ressentir le besoin de changer de sexe pour s'identifier à ce que l'on a toujours ressentit dès la connaissance de son identité sexuelle est une chose. L'hermaphrodisme vous laisse le choix entre trois identités sexuelles l'homme la femme ou bien encore la bisexualité mais vous en conviendrez que le fait de naître à la fois avec un sexe féminin et masculin est certe un équilibre entre son moi féminin et masculin mais aussi doit-être un duel assez difficile à départager les mieux placés pour en parler sont évidemment les personnes concernées. c'est pour cette raison que je n'avais pas trouvé de rapport entre le commentaire de vincent guillot et l'info. bien à vous.
De Vincent.Guillot
15H10 | 31/01/2008 |
« L'hermaphrodisme vous laisse le choix entre trois identités sexuelles l'homme la femme ou bien encore la bisexualité »
C'est bien plus varié que cela et pour ma part je n'entre dans aucune de ces catégories. Je ne suis ni homme ni femme et encore moins bi-sexuelLE. En fait je suis et reste moi, intersexe et fière de l'être, avec la chance de « surfer » sur le genre et les sexualités. Mono-sexuel, bi-sexuel je trouve pour ma part que c'est trop petit pour pouvoir m'épanouir, vivre pleinement. Pour rien au monde je souhaiterais être différentE !
à Vincent.Guillot
De pablico
19H13 | 31/01/2008 |
De survivant
15H25 | 31/01/2008 |
C'est bien ce qui fait toute la différence entre l'homosexualité et l'hermaphrodisme. Vous pouvez surfer sur le genre. Mais dites moi peut-être me trompe-je n'êtes-vous pas passer dernièrement à un débat tv qui relatait cette question ou les médecins auraient voulus cacher votre intersexualité que vous auriez révélé à vos parents à l'âge de 18 ans ?