C'est une découverte extraordinaire pour les amoureux de la photographie : des milliers de négatifs datant de la guerre d'Espagne, pris par le grand photographe Robert Capa, ont été miraculeusement découverts alors que tout le monde, à commencer par leur auteur, les pensait perdus à jamais depuis la deuxième guerre mondiale.
Selon le New York Times qui révèle l'affaire, les négatifs, entassés dans trois valises, ont été découverts au Mexique, dans les affaires d'un général et diplomate ayant servi sous Pancho Villa au Mexique ! Ce sont ses héritiers qui ont découvert le trésor et l'ont identifié, même s'ils n'ont pas la moindre idée de la manière dont les trois valises ont abouti entre les mains de leur aïeul.
Robert Capa avait abandonné ses négatifs dans son studio parisien lorsqu'il s'était enfui pour les Etats-Unis avant l'entrée des troupes allemandes. Il avait demandé à un ami photographe hongrois, Imre Weisz, de les mettre en sécurité, mais celui-ci fut arrêté et interné. Capa avait estimé que tout avait été détruit pendant la guerre et n'en avait plus entendu parler jusqu'à sa mort en 1954. Ce n'est qu'en 1995 que les premières informations sur ces étranges négatifs ont commencé à circuler, en provenance de Mexico, pour aboutir 12 ans plus tard à cette officialisation.
Les négatifs ont été remis au Centre international de la photographie (ICP), une institution newyorkaise fondée par Cornell Capa, le propre frère du photographe. « C'est le Graal du travail de Capa », s'est enthousiasmé dans le New York Times Brian Willis, le responsable artistique de l'ICP. D'autant qu'à côté des négatifs de Robert Capa, figuraient des photos prises par sa compagne Gerda Taro, et par David Seymour, alias « Chim », avec qui il devait fonder en 1947 l'agence Magnum.
Il ne semble toutefois pas que les valises contiennent les négatifs de la plus célèbre photo prise par Robert Capa pendant la guerre d'Espagne, celle du milicien républicain espagnol touché par balle sur une colline, qui avait initialement été publiée par le magazine français Vu. Une controverse a éclaté autour de cette photo, dont certains critiques affirment qu'elle a été mise en scène. La découverte des négatifs aurait permis de résoudre cette énigme historique. Quoi qu'il en soit, il faut s'attendre, grâce à ces négatifs, à un nouveau regard sur Capa et la guerre d'Espagne, période-clé dans la formation du photojournalisme moderne.




















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à compte supprimé 22
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 01H11 | 29/01/2008 |
PMB je vous fais la bise ! Merci !
De machiavel.
13H34 | 28/01/2008 |
Mais c'est véritablement de l'information ! Information qui enchantera les amoureux de la photo, les historiens, les archivistes et tous les autres curieux.
Une fois de plus, l'image du preneur d'image, du conteur d'histoires, peut rendre opaque la vérité du monde et des êtres.
Capa prend la place de témoin, Il ne suggère rien, n'affirme rien, il montre ce qu'il voit. Il nous disait : « Dans une guerre, il faut aimer ou détester. Il faut prendre position, sinon on ne supporte pas ce qui se passe. »
Alors bien sur que certaines de ses photographies sont plus ou moins militantes. Mais elles reflètent sont état d'esprit, sa sensibilité face à l'horreur et tout comme lui, je trouve que face à des événements comme la guerre on ne peut pas se montrer totalement impartial.
Oui Capa s'est engagé oui il avait un esprit militant mais ça n'enlève en rien la véracité de ses photos. Après soit on adhère ou non à son travail ….Et qui plus est , il ne s'est jamais prit pour un historien.
« Une esthétique sobre et lumineuse, plus loin que “l'énigme historique”,…Jouissive…, et de l'esthétique de la misère… »
A cela je répondrai encore par l'une de ses citations : » Si la photo n'est pas bonne, c'est que le photographe n'est pas assez près.
Résumer le travail de Capa à une question d'esthétisme… ! Il était tellement a l'opposé de ce que prétend jac le rat qu'a force de vouloir être au plus près de la vérité , il en est mort .Et si malgré tout , ses photos le sont ,c'est que s'était un artiste. On ne va pas reprocher à Victor Hugo d'avoir dépend la société française comme il l'a fait non ! …
« Je pensais, par exemple, à Lewis Hine,mort, dit-on, dans la misère.
Question de milieu, toujours…Et pas assez de gueule, sûrement
Exister comme on peut… »
Il ne s'agit pas ici de mettre en opposition l'œuvre de deux personnes.
Je ne savais pas que le talent était en adéquation avec le milieu social ! Mais bon…
De jac le rat
aventurier | 13H54 | 28/01/2008 |
D'accord.
De pablico
16H12 | 28/01/2008 |
Si on fait le bilan :
Voila ce qu'il reste de meurtres abominables, de récessions politiques et morales.
Les morts sont enterrés n'importe où dans des charniers oubliés.
Les survivants souffrent, et restent marqués à vie, même les « vainqueurs'.
Les “idéos” des “vainqueurs” sont balayés, l'église se vide, et elle est vue avec suspicion.
Tout cela , parce que des conservateurs n'ont pas voulu faire évoluer leurs idées en fonction du présent qui lui évolue.
il reste les photos du malheur.
A quoi cela à servi ? ?
Pas à la société, mais à quelques uns.
Merci les hommes, merci pour toutes les souffrances.
De hougevy.net
17H05 | 28/01/2008 |
Il n'y a pas qu'au Mexique qu'on trouve quantité de photos jusqu'ici inédites : le ministère espagnol de la Culture dispose d'un « stock » impressionnant de photos et pellicules dans ses archives. Depuis l'année dernière ( ! ), il en sort une sélection (un échantillon, tant le nombre total est impressionnant, qui tourne sous forme d'exposition : « Vivir bajo las bombas ».
J'ai eu l'occasion de la voir à la MATERNITE D'ELNE P.O. 66200, extraordinaire lieu de mémoire de l'exil, de « la retirada », là où Elisabeth Eidenbenz, jeune institutrice du « Secours suisse aux enfants victime de la guerre », informée des conditions des femmes enceintes et accouchant à même la plage d'Argelès, de Saint Cyprien ou du Barcarès, ouvrit une maternité (fermée en 44 par les occupants).
Cet été, si vous prenez vos vacances dans la région, en revenant de la plage, visitez « la maternité suisse d'Elne », un lieu de mémoire qui existe grâce à la détermination d'une association et surtout du maire d'Elne, M. Garcia.
De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 21H25 | 28/01/2008 |
(Allez, un dernier pour ce soir ! )
Capa, grand monsieur. Voici un texte que j'avais écrit après avoir revu, dans Télérama, une photo de femme tondue à la Libération. Pour merci, je l'avais envoyé par lettre à l'auteur de l'article sur cette photo. Sans rien demander. Comme presque toujours à Télérama, je n'ai reçu aucun mot, pas même une courte carte. Malotrus.
….
C'est une photo de Robert Capa. A la Libération, la foule poursuit une femme tondue portant son bébé. Vous croyez cette photo banale, mais lentement elle devient terrible. Parce qu'on sait maintenant que, au classement de la saloperie, beaucoup* parmi elles roulaient à l'arrière du peloton, que ces chasses à la femme adultère servirent d'exutoire à la lâcheté ordinaire de bien des Français ordinaires, beaux ouvriers de la onzième heure, voire collabos saisis par la hâte de détourner les regards : faute d'avoir résisté, il était trop tentant de se refaire une virginité en s'en prenant à celle qui avait perdu autant la sienne que ses protecteurs verts-de-gris.
Regardez cette foule joyeuse, des hommes, des femmes, des enfants tous souriants, même pas grimaçants, encore une fois ordinaires. Les hommes, pensent-ils qu'ils auraient bien aimé la prendre à leur compte, celle-là ; les femmes, pensent-elles qu'elles auraient bien aimé faire de même ; les enfants, pensent-ils que c'est ça la justice des adultes. Et celui qui l'accompagne, en uniforme : la protège-t-il de pire, ou gueule-t-il plus fort que les autres. Et elle, nue comme jamais malgré ses habits, madone sans sourire, sans autre regard qu'à son petit serré à pleins bras, avec on l'espère l'idée dans son crâne rasé que lui n'y est pour rien.
Ces ouvriers de la onzième heure, ont-ils un jour regretté d'avoir fait ça ?
Qu'est-elle devenue ?
Et l'enfant, avec ce sale paquet-cadeau pour affronter la vie ?
(On connaît hélas la réponse pour beaucoup : ce sont souvent eux qui payèrent le plus ce pour quoi ils étaient le moins.)
* Et certaines étaient belles : est-ce ça, aussi, qu'on leur faisait payer ? Pauvres membres illimitées et toujours renouvelées de la cohorte de celles qui paient tout à la place des mâles…
De caramel2012
21H14 | 29/01/2008 |
Merci à ce Grand Homme, qu'il à été, s'en ce souvenir, que sans lui, certaines vérités sont apparues^^
Merci pour l'image, l'information … Il en est mort^^