Kouchner au Rwanda, sur fond de bataille de notes confidentielles
La réconciliation franco-rwandaise passe-t-elle par une heure de vérité sur le génocide ? En se rendant samedi à Kigali, le ministre français des Affaires étrangères espérait certainement renouer les liens. Bernard Kouchner connaît bien le président Paul Kagamé. Les deux hommes ont beaucoup négocié entre avril et juillet 1994. Mais apparemment, les Rwandais ne veulent pas passer par pertes et profit les égarements de la politique militaire française.
Deux notes inédites vont-elles révéler la « responsabilité » de la France ?
Vendredi, l'Agence rwandaise d'information (ARI) publie une longue dépêche révélant le contenu de deux notes inédites des officiers français présents au Rwanda durant l'opération Amaryllis (évacuation des occidentaux, du 9 au 14 avril 1994). La première, signée le 19 avril du colonel Cussac et du lieutenant-colonel Maurin (respectivement Attaché de défense et chef de l'Assistance Militaire Technique) souligne ce qui s'est passé entre le 7 et le 8 avril :
« [Il y eut une] nuit très agitée, ponctuée de nombreux tirs au niveau du CND [Conseil national pour le développement, le parlement rwandais, ndlr] mais aussi dans toute la ville (exécutions des tutsi [sic] et des personnalités de l'opposition). »
Conclusion de Serge Farnel, le confrère qui révèle ces notes : « l'armée française connaissait-elle, au moins depuis le 8 avril 1994, le caractère génocidaire des massacres qui se déroulaient à Kigali. »
Le raisonnement semble un peu rapide (parle-t-on d'un « génocide » au Kenya aujourd'hui ou même d'un « caractère génocidaire » des massacres ? ) et anachronique. En réalité, l'état-major des armés, en particulier celui la Force d'action rapide (Far) savait depuis des mois que les massacres au Rwanda se déroulent sur une base politico-ethnique. De là, à penser que cela déboucherait sur le dernier génocide du XXe siècle…
La volonté de contrôler à tout prix les médias et l'information
L'autre note citée par ARI apporte une information méconnue jusqu'à aujourd'hui : la volonté très nette des militaires français de contrôler le travail des médias dès le début de la crise.
Pour comprendre, il faut se replonger dans le contexte de l'époque. Des journalistes qui débarquent à partir du 8 avril à Kigali, ils ne sont qu'une poignée à connaître le Rwanda et sa problématique bien particulière. La plupart des envoyés spéciaux n'ont alors jamais mis le pied à Kigali.
Que voient-ils ? Pas grand chose en vérité, car l'accès au centre-ville, depuis l'aéroport, est strictement encadré par les déplacements des militaires (belges et français) venus sauver leurs compatriotes. Que comprennent-ils de la situation ? Encore moins, si l'on se réfère aux propos très contradictoires des compte-rendus. En tout cas, personne n'évoque une « logique génocidaire » impliquant l'état rwandais au plus haut niveau.
La note en question (N° 018/3°RPIMa/EM/CD Confidentiel Défense), rédigée par le colonel Henri Poncet le 27 avril, est un compte-rendu de l'opération Amaryllis, qu'il dirigea. Voici ce qu'en dit l'Agence rwandaise d'information :
« L'auteur de la note précise, par ailleurs, le “souci permanent de ne pas leur montrer [aux médias, ndlr] des soldats français limitant l'accès aux centres de regroupement aux seuls étrangers sur le territoire du Rwanda”, tout en précisant qu'il s'agit là des provisions consignées dans la Directive n°008/DEF/EMA du 10 avril.Farnel révèle enfin que le Colonel Poncet fait mention, dans sa note, de l'autre “souci permanent de ne pas leur montrer [aux médias, ndlr] des soldats français n'intervenant pas pour faire cesser des massacres dont ils étaient les témoins proches'.”
Fidèle au concept de “manoeuvre médiatique” qu'ils vont ensuite abondamment employer (on retrouve d'ailleurs le général Henri Poncet en Côte d'Ivoire), les militaires français s'efforcent de limiter au maximum les effets collatéraux de l'information. Pourquoi ? Parce qu'ils en ont reçu l'ordre, tout simplement.
L'Elysée est parfaitement au courant des tenants de la crise
En témoigne cette note rédigée le 28 avril, par le conseiller diplomatique du président Mitterrand, Bruno Delaye. Note vue et contre-signée par Hubert Védrine, le secrétaire général de l'Elysée. En voici les principaux points, trois semaines après le début des massacres :
“1. Selon tous les témoignages recueillis, les massacres s'y déroulent avec une ampleur horrifiante : de l'ordre de 100 000 morts selon les responsables du CICR, seule présence étrangère demeurée sur place en dehors des 270 militaires (Ghanéens et Bengalais) de la MINUAR.2. Après avoir progressé dans le Nord-Est, le FPR reste aux portes de Kigali, où l'armée rwandaise continue de résister. Les milices hutues, armées de grenades et de machettes massacrent les tutsis qui n'ont pas pu trouver refuge dans la zone FPR, ou bénéficier de la protection de la MINUAR (stade Fayçal, hôtel des Milles Collines). (…)
4. Après deux semaines de silence, l'opinion publique internationale et nationale commence à se réveiller. Mais de façon générale elle le fait en appuyant les thèses des ‘libérateurs du FPR’ et en fustigeant les ‘extrémistes’ du gouvernement rwandais. Les Nations unies sont mises en cause pour leur impuissance, et la France continue d'être accusée d'avoir soutenu le ‘dictateur Habyarimana'.’
On le voit, l'Elysée sait parfaitement ce qui se passe au Rwanda. Mieux : la France entend bien défendre ‘ses’ positions dans la région des Grands Lacs, contre le ‘tutsiland’ du FPR. Ce sont les mots de Bruno Delaye, également utilisé par le général Quesnot, chef de l'Etat-major particulier.
Alors, pourquoi Kigali s'interroge encore aujourd'hui, alors que Paul Kagamé sait mieux que quiconque la ‘responsabilité’ française dans les événements de 1994 ? Si ce n'est pour mieux négocier la réconciliation diplomatique en cours entre les deux pays.
Bernard Kouchner trouvera-t-il les mots, le bon geste, la formule adéquate, lui qui, mieux que tous les socialistes, connut les errements de François Mitterrand sur le sujet ? Quant aux militaires français, pourquoi n'osent-ils pas ouvrir la boîte de Pandore ? Serait-ce le risque de voir certains d'entre eux traînés devant la justice internationale ?
- 10536 visites
- Version imprimable
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque























48
(Pour réagir, connectez-vous)
De francoisdelmasse
19H16 | 27/01/2008 |
Je ne suis pas certain que le raisonnement de Farnel soit si « rapide ». Certes faut-il rester précis. Mais quand les officiers français rapportent, ainsi que l'indique Farnel, que les Tutsi sont, dans la nuit du 7 au 8 avril 1994, exécutés « dans toute la ville », c'est bien une extermination systématique des Tutsi qu'ils évoquent alors ; et ce dans un périmètre suffisamment large (une entière capitale) pour que la thèse d'une conjonction hasardeuse de massacres ne tienne alors que difficilement la route. Donc il ne me semble pas qu'à cet instant précis il soit si compliqué que ça de comprendre que l'on est, à Kigali, confronté à un génocide à l'encontre des Tutsi. La comparaison avec ce qui se passe au Kénya ne me parait pas convenir. L'échelle n'est pas du tout la même.
à francoisdelmasse
De antonio Monteiro
Musicien | 03H25 | 29/01/2008 |
Je suis d'accord avec vous. Car si on rajoute le fait que la France dés 1967, prend la place des belges dans la formation de la police, que c'est sous Giscard que Habyarimana impose de révéler son ethnie d'appartenance sur les cartes d'identités, que la ghettoisation des Tutsis remonte aux années 60, et que la radio des milles collines, donnait les ordres en temps réel sur ses ondes, cela voudrait dire que la France est aveugle et muette. Je voudrais dire qu'il n'y a pas qu'elle, la France a ne pas avoir voulus voir : L'UE était présente, que je sache, jusqu'au dernier jour des tueries, USAID de même, sans oublier les belges, qui sont à la base historique de ce pseudo conflit ethnique. Prenez Savimbi en Angola, grâce à Reagan, on la presque pris pour le sauveur de l'Afrique, le nouveau penseur Africain… Il n'y avait rien d'ethnique dans la guerre d'Angola, comme il n'y avait pas de différence ethniques avant l'arrivée des belges dans les grands lacs. Souvenez-vous que l'état belge donna les grands lacs en pâture aux flamands, après la 1º guerre mondiale pour calmer les vèleités flamandes d'accéder à plus de pouvoir, et ceux-ci ont eu beau jeu, de reproduire leur petit complexe d'infériorité dans ces contrées : les tutsis sont beau grand et élancés, ils oppriment donc les pauvres Hutus ! Les Twas, sont petits et frustes (sic) ils ne peuvent donc être pris en compte, surtout par ce qu'ils sont les « amis » des Tutsis… Le système cosmogonique prévalent alors, était bien différend !
La France oui, est responsable, Mitterand est coupable, comme le sont tout les autres présidents Français depuis Pompidou. Mais à quoi sert-il de dire tout cela, quand à l'aune du discours de Sarkozy en Algérie, on peu voir la même superbe en mouvement. Le rôle civilisateur ? Bien sûr que la France avait peur des Tutsis ; ils venaient pour l'indépendance ! Et ne me jugez pas trop vite, je ne suis pas pro-Tutsis, je sais la déstabilisation qu'ils provoquent dans la région, la mise à sac des ressources du Congo, et le machiavélisme de Kagame, le Bush Tutsis, qui brandit le drapeau de la peur du retour des millices Hutues, pour diriger le pays à sa guise.
De survivant
19H25 | 27/01/2008 |
Il vaut mieux pour kouchner de trouver les mots justes, après quatorze années passées à jouer l'autruche sur le génocide rwandais. De fait, de la passivité de l'armée française alors qu'elle avait les moyens d'intervenir. Quant au silence des militaires français le risque ne se limiterait pas qu'aux dénonciateurs, mais il serait beaucoup plus important et entrainerait tout l'état français avec la preuve constitutive devant le T.I.P que son inertie relevait d'une complicité de l'armée française dans le génocide des tutsis au rwanda. Bernard tous les espoirs de sarko reposent sur toi montre lui que tu as encore l'âme d'un libéral socialiste.
à survivant
De lamichael
22H34 | 27/01/2008 |
Bernard Kouchner,BK pour les intimes,
Bacille de Koch pour la médecines.
« BK conseil » est le nom qu'il a osé donné a sa société.
les humanitaires que j'ai croisé m'on tous racontés les dégats causés par cet homme avec sa fameuse opération « Du riz pour la Somalie ».
De ce que j'en sais,il n'est pas responsable de se qui c'est passé au Rwanda.
mais il en sera de ce qui va s'y passer.
HOTEL RWANDA de Terry George ainsi que
SHOOTING DOG de Michael Caton-Jones peuvent donner une idée de la responsabilité des politiques Français de l'époque.
Ne visionnez pas ces films avec vos enfants si vous voulez protéger leurs innocences.
De jmagne
19H50 | 27/01/2008 |
Je cite un extrait du présent article : « En réalité, l'état-major des armés, en particulier celui la Force d'action rapide (Far) savait depuis des mois que les massacres au Rwanda se déroulent sur une base politico-ethnique »
Je n'entend pas faire de procès d'intention. Aussi je ne pense pas que l'auteur de cette phrase ait écrit « les massacres au Rwanda » en prenant conscience qu'il épousait là, certainement donc malgré lui, l'infamante thèse du « double génocide ». Mais il s'agit tout de même d'être précis à cet endroit. Aussi faut-il, si l'on veut être fidèle à la réalité, écrire que « l'état-major des armées savait depuis des mois que se déroulait au Rwanda des massacres … A L'ENCONTRE DE L'ETHNIE TUTSI ! »
Il ne s'agissait en effet pas de massacres interethniques mais bien de massacres ciblés contre une seule ethnie : les Tutsi ! Le génocide à leur encontre n'en étant que la poursuite systématique et à grande échelle.
à jmagne
De David Servenay
(auteur)
Rue89 | 23H24 | 27/01/2008 |
@ Jmagne
Je crois que vous n'avez pas compris ma phrase. Avant le 6 avril 1994, l'Etat-major de la FAR, qui fait chaque semaine un point sur la situation des crises, partout dans le monde, AVANT donc le début du génocide, son service de renseignement savait que les massacres (je maintiens) se faisaient au Rwanda sur une base politico-ethnique (je maintiens aussi, car certains hutu furent tués pour leur soutien à l'opposition et/ou pour être tout simplement le conjoint d'un ou d'une tutsi).
Lorsque l'on parle de « génocide », il faut bien comprendre que l'on désigne un processus étatique d'élimination systématique de gens sur une base ethnique, religieuse, politique… etc (voir la définition de Lemkin repris en 1948 par l'ONU), mais aussi d'un processus militaire très précis : faire la guerre totale par le peuple, utilisé comme arme.
Loin de moi, évidemment, l'idée de me faire l'exégète de la thèse du double génocide, brandie pour bien masquer les responsabilités politiques françaises dans cette affaire. Bernard Kouchner commence à en convenir si j'en crois ses déclarations du jour à Kigali.
J'en profite pour répondre aussi à françoisdelmasse.
Je vous invite à lire ou échanger avec des journalistes et/ou des humanitaires qui ont connu le Rwanda du printemps 1994. Il fut très difficile pour tous les observateurs de comprendre qu'un génocide avait lieu à partir du 7 avril. MSF dans ses notes et mémos internes, montre bien la difficulté d'articuler d'un côté la réalité de terrain (les massacres systématiques de tutsi sur les barrières, les listes, les traques…) et de l'autre la volonté ancienne et structurée, au coeur de l'appareil militaire, de mettre en oeuvre ces techniques.
Franchement, c'est un peu facile de refaire l'histoire à l'envers, quatorze ans après. Là où l'on peut se poser des questions, c'est que des gens savaient, dans l'appareil d'Etat français, à haut niveau, ce qui se passait. Des politiques et des militaires.
à David Servenay
De francoisdelmasse
00H41 | 28/01/2008 |
Merci pour le temps que vous consacrez à lire les commentaires ainsi qu'à nous répondre. Cela est très appréciable.
Quand bien même s'agit-il là d'une question intéressante, j'ai bien peur que chercher absolument à savoir si l'armée française connaissait ou non, le 8 avril 1994, le « caractère génocidaire » des massacres alors en cours à Kigali, nous fasse perdre de vue l'essentiel.
Si je comprends bien, Serge Farnel rapporte que l'Etat-major français sait, le 8 avril 1994, que des Tutsi sont massacrés partout dans Kigali. Il révèle par ailleurs que ce même Etat-major a donné l'ordre de contrôler les médias afin qu'ils ne voient pas que les soldats français refusent de sauver les Tutsi des massacres dont ils sont la cible, ce alors qu'ils en sont pourtant les « témoins proches ».
Mais le fait de constater que nos soldats ont reçu un tel ordre, celui de laisser les Tutsi se faire massacrer sous leurs yeux , n'est-il pas suffisant pour mériter notre indignation ? En quoi le fait que l'on n'ait éventuellement pas su à l'époque qu'il s'agissait là d'un génocide minimiserait-il cette indignation ?
Si l'Etat-major français savait, quand il intima cet ordre de laisser les Tutsi se faire massacrer, qu'il s'agissait là d'un génocide, ce serait encore pire évidemment. Mais n'est-ce pas déjà monstrueux qu'il ait interdit à nos soldats d'arrêter les massacres dont il savait pourtant, comme l'indique Farnel, qu'ils ciblaient des hommes, des femmes et des enfants, qui avaient eu la mauvaise idée d'être nés Tutsi ?
Et surtout la question importante : pourquoi un tel ordre ?
à francoisdelmasse
De David Servenay
(auteur)
Rue89 | 10H34 | 28/01/2008 |
@ françoisdelmasse
Je vous laisse tirer les conclusions que vous voulez aux (intéressantes) questions que vous soulevez.
Ce que j'ai trouvé nouveau dans les notes publiées par l'ARI, c'est cette volonté des militaires français, de cacher, dès le départ de la crise, aux médias la réalité de la situation sur le terrain. Quant à se lancer dans des interprétations, c'est autre chose : il faut alors avoir le point de vue des protagonistes, y compris ceux que l'on met en cause.
La réponse à votre dernière interrogation « pourquoi un tel ordre ? » apparaît nettement dans la note de Bruno Delaye qui, rappelons-le, était alors le chef de la cellule africaine de l'Elysée.
Que dit-elle cette note ?
Que la politique suivie par la France au Rwanda est bien celle d'un soutien à un gouvernement devenu, à partir du 9 avril avec la formation du Gouvernement intérimaire rwandais, un appareil d'Etat qui organise et exécute un génocide.
Qu'il vaut mieux que cela ne se sache pas trop.
Qu'il faut préserver au mieux nos intérêts face au « tutsiland » !
Si ce n'est pas une explication, alors… je ne sais pas lire.
De survivant
23H11 | 27/01/2008 |
L'armée française l'a jurée crachée sur la bible des droits de l'homme. Elle n'a rien vue sur la boucherie, elle était sur place, certes mais rien ne laissait apparaître qu'une épuration ethnique se préparait. R.A.S mon capitaine. Allez, les journalistes circulés y a rien à dire. Des bons petits gars ces militaires toujours fidèles au secret défense. Il faut les comprendre le rwanda est un pays sous développé peut-être ont-ils pensés que c'était une coutume ancestrale les hutus étaient des chasseurs bref…
Ces gouvernants français toujours prêts à soutenir un petit dictateur on a beau être le pays des droits de l'homme on en reste pas moins un commercial.Il faut avouer que l'on ne vend pas de chars ni d'armes à un pacifiste.Qui sait peut-être que kouchner arrivera à décrocher quelques contrats cela prouvera à sarkosy que la réconciliation entre la france et le rwanda est consummée, ça sert à ça aussi la diplomatie.
à survivant
De Pentelique
consultant biotechnologie | 09H40 | 28/01/2008 |
Il n'y a pas que la France,helqs, il y a aussi le CICR qui pretendait ne rien voir en avion dans la foret sauf des fumees de buchers, et les Canadiens de la force d'interposition de l'Onu qui devqient toujours debarquer, mais apres la fin des masacres.
De cooper59
pour la decroissance ! | 00H17 | 28/01/2008 |
article tres instructif , merci ; j'ai compris en lisant l'article que le role de la France au Rwanda est pire que ce je pensais .
De naturalisée328
gestionnaire paye à Antibes | 01H14 | 28/01/2008 |
Pouvez-vous nous dire selon vous qu'est-ce qui pousse « tout d'un coup » le gouvernanement actuel à vouloir renouer des liens avec le Rwanda ?
Merci
à naturalisée328
De David Servenay
(auteur)
Rue89 | 10H03 | 28/01/2008 |
@ naturalisée328
Ce n'est pas exactement « tout d'un coup » que le gouvernement français tente de renouer les liens. Dès la formation du gouvernement, le ministère des Affaires étrangères a envoyé une délégation à Kigali pour examiner les conditions d'un « rabibochage » entre les deux pays.
Plusieurs problèmes se posent :
1/ Les procédures judiciaires qui visent :
a/ En France, Paul Kagamé et son entourage dans l'enquête (très orientée) du juge Bruguière sur l'attentat contre le Falcon du président Habyarimana.
b/ Toujours en France, l'enquête du Tribunal aux Armées de Paris, qui visent des militaires français (plainte contre X) accusés de « complicité de génocide » pour leur rôle dans l'opération Turquoise.
2/ Les résultats de la Commission d'enquête initiée au Rwanda, pour examiner le « rôle de la France dans le génocide ». Cela fait trois ans qu'elle est sur pied, elle n'a toujours pas publié ses conclusions.
Là aussi, c'est un instrument de pression du gouvernement rwandais, comme le sont les procédures judiciaires françaises.
3/ Stabiliser définitivement la situation du nord-Kivu (à l'Est de la RDC) où amis et ennemis de Kigali continuent de régler leurs comptes, sur fond d'exploitation plus ou moins clandestines des richesses minières de la région.
4/ Se mettre d'accord sur un « geste » de la France envers le Rwanda. Paris, contrairement à ses alliés, ne s'est jamais excusé pour la politique suivie en 1994. En déposant une gerbe de fleurs au mémorial de Kigali et en parlant « d'erreurs », Bernard Kouchner a fait un premier pas, visiblement insuffisant pour Kigali.
Voilà les « contraintes » du dialogue.
De Lechat
esprit critique | 08H29 | 28/01/2008 |
Des documents de l'Elysée de 1990 à 1994
Toutes les traces n'ont pas été effacées.
Celles qui sont probablement les moins dérangeantes
sont toujours là, de simples traces… qui parlent !
Les liens de cette page s'appuient sur des documents d'archives,
la plupart présentent des archives de l'Elysée
http://www.enquete-citoyenne-rwanda.org/
De Lechat
esprit critique | 08H41 | 28/01/2008 |
Bernard Kouchner à propos de « Kigali, des images contre un massacre », de Jean-Christophe Klotz
http://survie67.free.fr/France/Documents/bernardkouchnergenociderwanda.h…
Le négationnisme français
du génocide des Tutsi
http://survie67.free.fr/France/booh-booh.htm
De Karine Lavestal
etudiante à aix en provence | 09H24 | 28/01/2008 |
Ces notes n'apportent pas grand chose que l'on ne connaisse déja. Rien d'étonnant à ce que l'armée française constate qu'il y a des massacres, de Tutsi notamment, qui commencent le 7 avril 94, ni que l'armée française ait ordre d'évacuer les non rwandais, hormis les personnels proches, les jours suivants. C'est le Conseil de sécurité qui a décidé de ne pas intervenir, on le sait, la France y compris. Mais la france alors continuait de s'accrocher aux négiciations d'Arusha. Avait-elle tort ? c'est une des principales questions puisque c'est au nom de cela qu'elle continuait d'entretenir des relations avec toutes les parties…Par contre personne ne dit que le FPR s'opposait alors violemment à toute volonté d'interposition internationale…Quant au voyage de Kouchner, c'est de la real-politik avec un des plus grands criminels de guerre actuellement à la tête d'un état dans le monde… mais comme on a mauvaise conscience au sujet de la France, il est malséant de le dire…A ce sujet je vous renvoie à l'ouvrage le plus sérieux et le plus équilibré sur la France au rwanda, celui du Belge Olivier Lanotte : « La france au Rwanda » aux Ed Peter Lang
à Karine Lavestal
De francoisdelmasse
10H07 | 28/01/2008 |
Vous écrivez : « Rien d'étonnant à ce que l'armée française constate qu'il y a des massacres, de Tutsi notamment, qui commencent le 7 avril 94 »
Le « notamment », que vous justifierez par le fait que les dirigeants de l'opposition politique rwandaise furent assassinés au côté du million de victimes tutsi, montrent de votre part une volonté de donner à cette extermination ethnique une connotation autre qu'un génocide. Cela procède du même raisonnement consistant à dire qu'il n'y a pas eu que des Juifs dans les camps de concentration nazis mais aussi des communistes. Il ne s'agit pas de ne pas rendre hommage aux opposants politiques rwandais assassinés aux premiers jours du génocide, mais je ne crois pas qu'ils seraient eux-mêmes heureux qu'on les utilise à des fins négationnistes comme vous le faites.
Heureux en tout cas que vous conveniez qu'il n'y a « rien d'étonnant à ce que l'armée française constate qu'il y a des massacres de Tutsi »
Ce que la note nous apprend toutefois, quand bien même vous décidez de ne pas le voir, c'est que cette armée qui, comme vous le dites, « constate les massacres de Tutsi » ferme sciemment les yeux sur ces massacres. Mais ça n'a pas l'air de vous émouvoir plus que ça.
Ce n'est par ailleurs pas le Conseil de sécurité qui a, comme vous le prétendez, ordonné aux forces armées présentes sur place de ne pas intervenir quand ils sont « témoins proches » de massacres de Tutsi, mais l'Etat-major français. Vous dites tout et n'importe quoi.
Je continue à vous lire : « Mais la france alors continuait de s'accrocher aux négiciations d'Arusha. Avait-elle tort ? c'est une des principales questions puisque c'est au nom de cela qu'elle continuait d'entretenir des relations avec toutes les parties »
Une des parties massacraient de hommes, des femmes et des enfants. Et vous, vous trouvez ça normal de continuer à « s'entretenir » avec ces gens ? Est-ce que l'on « s'entretient » avec des nazis en pleine Shoah ?
« Quant au voyage de Kouchner, c'est de la real-politik avec un des plus grands criminels de guerre actuellement à la tête d'un état dans le monde… »
Vous parlez bien de celui qui vient de recevoir le prix 2007 du meilleur chef d'Etat défenseur des femmes en Afrique ?
Passons …
De Pentelique
consultant biotechnologie | 09H34 | 28/01/2008 |
On a dit a l'epoque que l'archeveque de Liege aurait envoye des exemplaires de « mein kampf » a l'eveque de Kigali et que le mot « juif » y aurait ete remplace par le mot « tutsi » dans la traduction locale.Quelqu'un peut il dire si il sait cette info, probable ou erronnee ?
De Victor NGIRABATWARE
11H59 | 28/01/2008 |
Arrètez de vous demander qui savait et qui ne savait pas ! C'est de l'hypocrisie pure !
J'en veux pour preuve ceci :
Rwanda 1990-94
La Stratégie du désastre
Préambule
Le général NKUNDA, officier rwandais est actuellement en train de conduire au Congo, avec l'appui du Rwanda, exactement la même stratégie que le major KAGAME, alors officier ougandais a conduite jadis au Rwanda avec l'appui du gouvernement ougandais
Pour ceux qui ont, ne serait-ce qu'un peu, connu le Rwanda avant 1990, la question de savoir qui était au courant que la situation créée par la « Guerre d'octobre » présentait un risque très important de génocide n'a aucun sens. Elle est même d'une rare hypocrisie car, en fait, nul ne peut prétendre l'avoir ignoré.
1°) Un désastre prévisible et attendu dès 1990
En effet, dès le 15 octobre 1990, l'Ambassadeur de France à Kigali n'hésite pas à envisager, dans un télégramme diplomatique, la perpétration d'un « génocide » comme une éventualité à craindre (cf. Enquête parlementaire française de 1998. annexes). Pourtant, il faudra attendre juillet 1994 et plusieurs centaines de milliers de morts pour que ce vocable soit accepté par l'ONU !
Encore plus précis, quelques jours plus tard, le 24 octobre 1990, trois semaines seulement après le début de la guerre d'octobre, le Colonel GALINIE, attaché de défense près l'Ambassade de France à Kigali rédige un télégramme diplomatique intitulé « Appréciation de la situation politique » dans lequel il relève le risque, en cas de victoire du FPR, de « …..selon toute vraisemblance, l'élimination à l'intérieur du pays des tutsis, 500 000 à 700 000 personnes, par les hutus 7 000 00 d'individus » (cf. Enquête parlementaire française de 1998. annexes).
Cette affirmation s'appuyait sur l'histoire récente du pays.
11. Les précédents (prolégomènes) de la 1° république
Dans un discours prononcé en mars 1964, Grégoire Kayibanda invite la toute récente diaspora tutsi à rentrer au Rwanda, confirmant par la même occasion que, comme cela avait déjà été observé depuis la révolution sociale de 1959, toute attaque contre le Rwanda conduite par les « Inienzi » entraînait des représailles sur les tutsis de l'intérieur « ….en supposant que vous réussissiez l'impossible de prendre d'assaut la ville de Kigali, dit le président rwandais, expliquez-moi un peu comment vous vous imaginez le chaos qui résulterait de ce coup d'éclat …… Je n'insiste pas, vous le devinez car sinon vous n'agiriez en séides et en désespérés. Vous le dîtes entre vous : ce serait la fin totale et précipitée de la race tutsi. ». (CF. Periès et SEVENAY dans « Une guerre noire » p. 138 ou DESOUTER dans « Le procès du FPR ») ).
Cette prise en otage des tutsis de l'intérieur pour empêcher les attaques des tutsis de l'extérieur prendra fin, sur le terrain, avec l'arrêt des incursions des « Inienzi » au cours de l'année 1967. Elle restera cependant dans les mémoires, en sommeil, sous la « Pax Habyarimana » de dix-sept années au cours desquelles, bien que l'accès aux fonctions politiques militaires et administratives leur soient à peu près interdites, les tutsi vivront en paix et prospéreront économiquement au Rwanda.
Malgré cette révolution « morale » de 74 qui voulait rompre avec la 1° république, malgré les négociations bien engagées en 1990 avec l'Ouganda afin de permettre le retour au pays des réfugiés rwandais, le régime Habyaramina se verra accusé en 1990 – de manière anticipée et préventive - par une nouvelle génération « d'Inienzi » de porter avec lui le spectre du génocide.
De fait, dès l'attaque du 1° octobre 1990, les vieux réflexes ont joué et quelques huit mille opposants présumés au régime sont arrêtés et regroupés au stade de Nyamirambo à Kigali.
Tout le monde craignait le pire alors et nul ne pouvait prétendre ne pas savoir que la commission d'un génocide était à nouveau devenu fort probable au Rwanda. Les agitations médiatiques récentes sur le thème : « On a ouvert les archives d'ici ou de là et Untel savait » n'ont aucun sens historique : ce n'est que de l'agitation et de la propagande !
12. Le « deal » franco-rwandais vu par un officier de terrain : démocratie contre aide militaire :
Alors que les rwandais sont en situation particulièrement difficile après la nuit du 4 au 5 octobre qui les a vus gaspiller la quasi-totalité de leurs munitions d'infanterie, et au moment où la Belgique refuse de livrer les munitions commandées et payées qui auraient, peut être, permis de faire face à l'attaque venue du Nord, les risques de massacres deviennent très élevés pour les huit mille personnes arrêtées …et pour d'autres ! Il est urgent de faire baisser la tension qui pèse sur le pays et sur les esprits.
La totalité des nations et des instances internationales a choisi de ne rien faire ou peu s'en faut.
Dans le souci d'aller vers un apaisement à l'intérieur du pays – c'est ainsi que le reçoit le militaire qui est sur le terrain - la France fait alors le choix d'aider le gouvernement rwandais à faire face à l'agression militaire frontale. Le président Habyarimana s'engage officiellement en retour à instaurer un régime démocratique (le premier gouvernement multipartite sera mis en place dès 1991).
Bien évidemment – et les assistants techniques militaires français ne cesseront de rappeler pendant trois ans que « si vous coupez nous partons » – l'instauration de la démocratie exclut tout massacre inter ethnique et toute exécution extra judiciaire. C'est sur ces bases – et avec l'appui déterminé de toutes les ambassades occidentales – que les huit mille détenus du stade de Nyamirambo seront libérés au début de 91.
2°) Les dispositions prises par le FPR face à ce génocide annoncé
21. Pour empêcher – ou faire mine d'empêcher – le génocide
Une campagne médiatique, visant à la justification de la guerre par la diabolisation du régime d'Habyarimana a été déclenchée très tôt, au point que, le 1° octobre 1990, personne n'a osé poser la question de la légitimité de cette agression venant d'Ouganda, conduite par Fred RWIGYEMA qui, au moment où il attaque est le n°2 de l'armée ougandaise. Cette attaque est conduite au moyen de troupes ougandaises, avec des soldats en uniformes ougandais, porteurs de cartes d'identité de l'armée ougandaise et avec le matériel, les armes et les munitions de l'armée ougandaise.
Cette campagne médiatique, qui qualifiait déjà Habyarimana de génocidaire avant que soit tué le premier tutsi, sera relayée par des « bonnes âmes » occidentales qui seront instrumentalisées plus ou moins consciemment, telles Carbonare, Alison Desforges et autres, dans ce qui s'avérera n'être qu'une opération de camouflage.
Ces accusations – anticipées ou prémonitoires, voire tout simplement « en miroir » - s'exprimeront publiquement dans un rapport daté de mars 1993, publié sous le timbre d'une « Commission Internationale d'Enquête sur les Droits de l'Homme au Rwanda depuis le 1° octobre 1990 » et présenté spectaculairement par un Carbonare en larmes au journal de 20H00 d'Antenne 2. (Au passage, observons que l'intitulé même de ce rapport, qui ne considère que les crimes commis depuis le 1° octobre 1990, s'inscrit bien dans la logique de la guerre déclenchée par le FPR et reconnaît implicitement que cette guerre est à l'origine de ces crimes ).
Ce rapport, commis par quatre associations prétendument soucieuses des droits de l'homme en général, était d'un parti pris insigne et scandaleux en ignorant outrageusement les crimes commis par le FPR dans la zone occupée. S'ajoutant aux crimes de masse commis depuis des années au Burundi voisin contre la communauté hutu - et volontairement ignorés par ceux là même qui n'oubliaient aucune faute rwandaise - la publication de ce texte provoquera parmi la majorité du peuple rwandais un sentiment de profonde injustice, de forte colère et de véritable révolte contre la communauté internationale.
Mais, de toutes façons, outre qu'elles ont été contre-productrices, ces dispositions prises par le FPR et apparemment soucieuses d'empêcher l'inévitable n'était en réalité qu'une simple posture qui avait pour but de prendre date et de dédouaner les actions réelles conduites par ce même FPR afin d'utiliser au mieux ce génocide.
Il en va de même de deux actions médiatico-judiciaro-politiques menées à grand bruit et qui ont pour nom, l'une Janvier AFRIKA et l'autre Jean-Pierre ; la première menée du temps des français et l'autre du temps de DALLAIRE. Sous couvert d'annoncer un génocide que nul ne pouvait décemment ignorer, ces deux individus tenteront d'accréditer la thèse selon laquelle le gouvernement HABYARIMANA - voire HABYARIMANA lui-même - planifiait ce génocide. Après enquête, il s'avérera que ces deux individus étaient en fait mandatés par le FPR.
22. pour utiliser le génocide
Parallèlement à ces gesticulations politico-médiatiques, le FPR conduira des actions ponctuelles pour :
- dans un premier temps, intégrer le génocide dans la stratégie de prise de pouvoir en occultant ses propres crimes de guerre et autres assassinats politiques ainsi qu'en modifiant la répartition ethnique du peuple habitant au Rwanda ;
- dans un second temps, instrumentaliser le génocide pour asseoir ce pouvoir, terroriser les éventuelles oppositions intérieures et surtout extérieures afin de réduire par avance tout obstacle aux opérations de conquêtes dans l'Est du Zaïre. Enfin, on envisage aujourd'hui, de manière accessoire d'en obtenir des réparations matérielles les plus importantes possibles.
221. Intégrer le génocide dans la stratégie de prise de pouvoir
Cette stratégie m'est apparue dès la fin de 1992 – début de 1993, alors que j'étais intervenu sur les massacres commis dans le Bugesera au printemps 1992. J'ai constaté alors que les assassins prenaient pour prétexte une série d'attentats par mines anti char et explosif perpétrés dans la région depuis plusieurs mois. Persuadé comme tout un chacun que ces attentats étaient le fait des gouvernementaux qui nous « baladaient », j'ai décidé d'orienter sur ces crimes, les enquêtes de la nouvelle unité spécialisée en police judiciaire que nous venions de (re)créer. Il est très vite apparu, preuves matérielles en main et après arrestations de certains auteurs en flagrant délit, que les mines anti chars utilisées était frauduleusement introduites au Rwanda par des gens qui se réclamaient du FPR alors que les mines elles-mêmes - dont la traçabilité a pu être établie pour une grande partie d'entre elles - étaient de fabrication belge et avaient été livrées à la Libye qui les avaient envoyées, via le Burundi, à la NRA ougandaise lors de la guerre de maquis que livraient les réfugiés tutsis au profit de Museveni dans le milieu des années 80.
La réalité est apparue alors terrible : le FPR n'hésitait pas à mettre en danger la vie des tutsis de l'intérieur dans le seul but de provoquer le chaos à la faveur duquel il lui serait possible de prendre le pouvoir.
A la réflexion, cette attitude était parfaitement adaptée à la situation dans laquelle se trouvait le FPR et aux règles qui régissent habituellement le terrorisme : face à un pouvoir fort, solidement appuyé sur une majorité silencieuse - qu'elle soit pleinement consentante ou simplement passive - une faible minorité choisit généralement de faire basculer l'opinion publique en sa faveur en provoquant – par le biais d'attentats sanglants – des représailles aveugles et excessives qui rendront odieux aux yeux de la majorité indécise le pouvoir qu'elle veut abattre.
De plus, les enquêtes que j'ai fait conduire en 92 et surtout en 93 en zone occupée par le FPR (préfecture de Byumba en 92 et de Ruhengeri en 93) établissaient sans ambiguïté que cette déstabilisation du pouvoir par le terrorisme s'accompagnait de surcroît dans le Nord du Rwanda par une véritable campagne d'épuration ethnique conduite par le FPR et qui avait pour lui un quadruple avantage :
- de ne pas laisser dans les régions nouvellement occupées - et sur les arrières de ses troupes - une population généralement très hostile au FPR ;
- d'éliminer des élites hutus qui auraient été gênantes après la victoire (exemple : les magistrats de la cour d'appel de Ruhengeri massacrés avec leurs familles en février 1993) ;
- d'offrir un espace vital intéressant pour le retour des familles de la diaspora ainsi que pour récompenser les combattants d'origine autre que rwandaise mais nombreux dans la lutte à leurs côtés (ils étaient essentiellement ougandais mais aussi burundais, tanzaniens et congolais, etc.) ;
- d'envoyer dans les jambes du gouvernement de Kigali plus d'un million de réfugiés qui viendront crever dans des conditions épouvantables - et dans l'indifférence de la communauté internationale - dans le sinistre camp de Nyaconga, aux portes de la capitale.
Si cette stratégie du FPR a atteint très largement ses objectifs sur le terrain, elle n'a pas eu l'effet escompté sur tous les esprits. En effet si, devant les excès de la répression dans laquelle – malgré nos avertissements répétés – est bêtement tombée la population favorable au pouvoir, un certain nombre de rwandais, en nombre beaucoup plus limité qu'attendu, sont bien devenus sympathisants du FPR , la grande majorité du peuple rwandais s'est désespérée et radicalisée sous la bannière d'Habyarimana. De manière très regrettable, cette rancœur se cristallisera – comme d'habitude - sur l'ethnie tutsi et non sur les combattants du FPR.
222. Le désespoir des hutus et un nouvel avertissement
Devant cette attitude destructrice et devant l'attitude de la communauté internationale qui persistait à ignorer les immenses souffrances de la majorité silencieuse du peuple rwandais, alors qu'elle mettait en exergue celles de la minorité agissante ou de ses apparentés, attitude ressentie comme une profonde et définitive injustice, le désespoir des hutus ne cessait de croître : « Cela finira mal, colonel, me disaient les religieuses qui vivaient au contact de la population et des camps de réfugiés, on les désespère trop ! »
La mission d'Assistance Militaire Française tentera de contrer la campagne médiatico politique omniprésente du FPR et, constatant les massacres des élites hutus et les déplacements massifs de population opérés par le FPR, lança un nouvel appel – qu'elle espérait très fort – en initiant le slogan de « khmers noirs » qui se voulait annonciateur de génocide mais qui, bien qu'ayant eu plus d'écho que le Télégramme Diplomatique de 1990, n'a pas eu tous les effets pédagogiques attendus.
Cette appellation de « Khmers noirs » signifiait en effet clairement que l'un au moins des deux partis en présence était en train – non pas de préparer – mais de provoquer un génocide.
Mais les accords d « Arusha interviendront en août 93 et consacreront la victoire diplomatique du FPR préfigurant la victoire totale. Par ces accords, le FPR obtenait des avantages considérables qu'il n'avait pourtant pas tous acquis au combat : l'intrusion d'un bataillon à Kigali et surtout le départ du seul soutien solide du pouvoir de Kigali. En obtenant le départ des troupes françaises, le FPR a fini de plonger la majorité des rwandais dans le désespoir et a éliminé du champ de bataille intérieur le seul élément qui, depuis 1990 était parvenu à freiner la commission du génocide.
[Pour illustrer ce propos je citerai une anecdote survenue à Arusha en juin 1993, peu avant la signature des accords définitifs, au cours d'une discussion informelle que j'eus au bar de l'hôtel “ Mont MERU ” avec un de ces agents que le FPR envoyait roder et sympathiser avec les différents membres des délégations étrangères afin de les sonder. Alors que ce derniers reprochait à la France d'intervenir sans raisons au Rwanda, je venais de lui expliquer que sans les troupes françaises, depuis 1990, il y aurait eu non pas quelques milliers mais quelques centaines de milliers de rwandais tués dans des massacres inter-ethniques, mon interlocuteur, furieux, s'est exclamé : “ Mais laissez-nous nous massacrer tranquilles ! ”. J'avoue que devant la naïveté de cette réaction, j'ai éclaté de rire : j'avais tort ! ]
Le sentiment d'injustice s'accentuera avec ces accords d'Arusha au sein de la population rwandaise et sera renforcé par l'assassinat en octobre 1993 du premier président hutu du Burundi, d'autant plus que les élites politiques hostiles au FPR seront dans le même temps victimes d'assassinat. Le FPR, et ses alliés tutsi du Burundi, ayant ainsi manifesté ouvertement leur refus de la démocratie et leur total mépris pour les sentiments de la majorité du peuple rwandais, recevront un renfort inattendu lorsque sur proposition de la MINUAR (est-ce DALLAIRE ? est-ce BOOH-BOOH ? qui commettra cette erreur psychologique et tactique fondamentale et était-ce bien une erreur de leur part ? ), il sera imposé aux rwandais que le bataillon FPR prévu par les accords d'Arusha sera cantonné au Conseil National du Développement, c'est à dire au siège du parlement rwandais. On ne pouvait mieux fouler aux pieds les sentiments de tout un peuple.
Il ne restait plus en effet qu'à bouter le feu à cette situation devenue explosive pour plonger le pays dans le chaos total. C'est ce que – dans la plus rigoureuse logique de sa stratégie de déstabilisation de l'état rwandais menée depuis 1991 - fera le FPR le 6 avril 94 au soir en assassinant les deux chefs d'état hutu de la sous région. Le désespoir de la majorité des rwandais atteindra un paroxysme et le Rwanda s'est alors embrasé, comme le souhaitait le FPR.
Puis à partir d'avril mai 1994, tous les experts militaires s'étonneront de la remarquable résistance des troupes gouvernementales, pourtant exsangues, indisciplinées et désarmées par l'embargo contrôlé unilatéralement par la MINUAR, face aux combattants du FPR sur armés et sur équipés ad libitum par l'Ouganda et ses alliés. En fait, à mon sens, l'explication est simple : le FPR en avril et mai 1994 n'était pas pressé de prendre le pouvoir. Il attendait simplement, à l'instar de jadis l'Armée Rouge devant Varsovie, que toute l'opposition intérieure soit massacrée pour pouvoir, après la “ libération ”, installer un régime totalement à sa dévotion. On en est persuadé lorsqu'on lit l'excellent ouvrage du lieutenant RUZIBIZZA qui décrit très bien le travail accompli par les commandos net work infiltrés par le FPR à l'intérieur du Rwanda au point d'avoir pris, ici ou là, le contrôle de certains groupes d'Interhamwe.
223. à instrumentaliser le génocide
Depuis quinze années, l'instrumentalisation du génocide par le président Paul KAGAME est quotidienne. Le fonctionnement politique et partisan du TPIR et des instances Onusiennes, dénoncé par plusieurs ouvrages (Le tribunal des vaincus de Cruveilher – Paix et Châtiment de F. Hartmann, etc..) en est le signe le plus tangible.
Souvenons-nous de Madeleine ALBRIGHT : “ Nous tenons aux Tutsis comme à la prunelle de nos yeux ! ”. Depuis qu'elle a prononcé cette phrase quelques 4,5 millions de hutus et congolais sont morts dans la région des grands lacs, pour le plus grand profit des finances rwandaises et de ceux à qui les armées de Kagame livrent les matières premières volées dans le Kivu !
Plus récemment, il a été dit - enfin clairement - que le Rwanda ne se contenterait pas d'une simple repentance de la part de la France mais qu'il exigerait des réparations en monnaies sonnantes et trébuchantes…… pour le récompenser de ses propres turpitudes, sans doute ?
à Victor NGIRABATWARE
De francoisdelmasse
14H16 | 28/01/2008 |
Votre texte est affreusement long.
Heureusement qu'il y a un passage qui va nous éviter d'avoir à le lire entièrement.
Ainsi écrivez-vous : « C'est ce que fera le FPR le 6 avril 94 au soir en assassinant les deux chefs d'état hutu de la sous région. »
Au moins en lisant cet extrait, on perçoit les limites de la bonne foi de l'auteur, ce qui évitera à ceux qui ont enfin compris en quoi l'enquête du juge Bruguière procède d'une vaste supercherie de perdre leur temps à lire le texte d'une personne qui s'arrange si aisément avec la vérité selon la conclusion vers laquelle il a, au préalable, décidé d'aboutir.
à francoisdelmasse
De Victor NGIRABATWARE
15H04 | 28/01/2008 |
Cette affiermation - que vous qualifiez de mauvaise foi - s'appuye non seulement sur l'enquête Bruguière qui a le mérite d'être la seule enquête réalisée par un juge d'instructuion qui ne vous le cède en rien sur le plan de l'honnêteté intelectuelle et qui a , de plus, d'autres références professionnelles que la vôtre.
A quel titre pouvez-vous vous permettre de mettre en doute l'intégrité de ce magistrat ? Prenez vous la mesure d evotre prétention ?
Cette affirmation s'appuuye de plus sur les enquêtes HOURIGAN et GERSONNY, que vous jugerez incontestables puisque réalisées par des anglo saxons, peu susceptibles d'être instrumentalisés par le pouvoir français…
à Victor NGIRABATWARE
De francoisdelmasse
15H30 | 28/01/2008 |
Le juge Bruguière s'est fait prendre la main dans le sac pour avoir tenté d'attribuer, à un de ses témoins, un rôle qu'il n'avait jamais eu : celui d'avoir prétendument participé, au côté de Kagamé, à l'attentat du 6 avril 1994. Voilà comment il a bâti l'ordonnance qui a conduit à l'émission des mandats d'arrêts internationaux puis à la rupture des relations diplomatiques entre la France et le Rwanda.
Bruguière s'est toutefois pris une claque magistrale quand le démenti du témoin a fait la une de Libération, ce dernier y dénonçant, par le détail, les méthodes scandaleuses du juge parisien.
Monsieur, même si cela date maintenant d'il y a plus d'un an, sachez qu'ici personne n'a la mémoire courte.
Voilà pour ce qui concerne ce juge à qui vous attribuez de « l'honnêteté intellectuelle »
Pourriez-vous dorénavant respecter l'intelligence des lecteurs en cessant vos tentatives de manipulation ?
Pour ma part, je ne perd plus de temps avec vous.
à francoisdelmasse
De Victor NGIRABATWARE
17H41 | 28/01/2008 |
Je comprends bien que vous ne perdiez plus de temps avec moi.
Cela vous évitera de répondre sur HOURIGAN , sur GERSONNY, sur Louise ARBOUR, etc…..
Vous êtes bien le manipulateur que j'attendais : qui distille son venin sans savoir de quoi il parle et qui coupe court dès qu'il tombe sur quelqu'un qui connaît le dossier…
à Victor NGIRABATWARE
De survivant
23H53 | 28/01/2008 |
Votre contre offensive M.NGIRABATWARE envers l'info de SERVENAY réclame un débat plus approfondi. Je ne remettrait pas en cause votre connaissance du rwanda qui est indéniable. En revanche, votre long commentaire qui pour vous, semble la vérité des faits qui se sont déroulés en 94 et avant, dédouane dans un premier temps l'armée française et de fait le gouvernement P.S d'alors, de toutes implications de complicité pour son inertie face à ce que moi j'appelerai une épuration ethnique tutsi et non pas un génocide. Puisque selon vos dires les troupes françaises se seraient retirées le 6 avril 1994 date à laquelle l'offensive à débutée. Dans un deuxième temps toujours selon la lecture de votre récit, vous dédouannez les beligérants hutus d'alors . Seulement voilà votre commentaire pue l'omerta. Je ne vous connais pas mais à vous lire, défendre bec et ongles cette thèse on vous sentirait presque impliqué directement dans cette affaire. Alors en temps que citoyen français si réparation doit se faire de la france envers le rwanda je revendique le droit que cela se fasse devant le T.I.P. et que cette affaire soit mise devant la place publique.
De Victor NGIRABATWARE
12H10 | 28/01/2008 |
« Quant aux militaires français, pourquoi n'osent-ils pas ouvrir la boîte de Pandore ? Serait-ce le risque de voir certains d'entre eux traînés devant la justice internationale ? » vous demandez vous !
Permettez moi de vous répondre que, si aucune boîte de Pandore n'a été ouverte depuis dix sept ans que le drame rwandais a commencé, c'est vraisemblablement qu'il n » y a rien à ouvrir …du côté français !
En revanche les boîtes de Pandore se sont assez bien ouvertes du côté du FPR !
Pourquoi refusez vous de regarder dedans ?
De Karine Lavestal
etudiante à aix en provence | 15H50 | 28/01/2008 |
Les réponses de François Delmasse relève de la mise sous pression plutôt que de la contre argumentation. Ce n'est pas parceque l'on évoque la responsabilité du FPR dans le drame rwandais que l'on justifie Auswitch. Dans cette histoire la première erreur à ne pas faire est de calquer le génocide juif sur le génocide tutsi. Le chercheur canadien René Lemarchand l'a bien montré dans un texte intitulé « les génocides se suivent et ne se ressemblent pas » (cf internet). Le FPR a fait des massacres avant, pendant et surtout aprés le génocide tutsi, il faudra bien le reconnaître un jour. Des dissidents du FPR reprochent à celui-ci de ne pas les avoir laissé agir pour sauver des civils car pour Kagame seule la victoire sans partage comptait, les Tustsi de l'intérieur étant des Tutsi « collaborateurs ». On ne peut pas indéfiniment ignorer ces témoignages ou essayer de les discréditer pour ne pas les entendre. Quant à la résolution du Conseil de Sécurité décidant du retrait des forces présentes, c'est celle du 21 avril 94 et elle est archi connue, et due en partie à l'insistance belge après le meurtre de ses casques bleus, à la pression Us en accord avec le FPR et au malaise français à cause de ses relations avec l'armée de l'ancien régime. François Delmasse insiste sur les premiers jours qui ont suivi l'attentat contre l'avion, et là il est dramatique de n'être pas intervenu en faveur de celles te ceux qui étaient traqués, c'est sûr, mais il était difficile pour l'armée française d'aller à l'encontre d'un des belligérants et elle avait déjà quitté le pays à cause de celà au printemps 93…Ce pourquoi Arusha étant la dernière chance, la diplomatie française gardait des relations avec les deux parties. Peut être François Delmasse a-t-il raison quand il dit que ces relations ont duré trop longtemps avec de tels criminels, mais c'est justement cette question qu'il faut étudier sans a priori et en profondeur pour être sûr de ne pas se tromper. Et je doute qu'une personne qui traite si légèrement de négationiste tout intervenant divergeant soit apte à un tel exercice…Quant au prix qu'à reçu Kagamé, cela doit bien valoir le prix Louise Michel attribué au dictateur Ben Ali…
à Karine Lavestal
De francoisdelmasse
16H39 | 28/01/2008 |
Karine, vous êtes totalement confuse ou bien manipulatrice.
Dans les deux cas, il m'est pénible d'engager un échange avec vous.
J'écris en effet que votre façon de dire que les Tutsi font « notamment » partie des victimes de 1994 s'apparente au négationnisme qui a consisté à dire des Juifs qu'ils faisaient « notamment » partie des hôtes des camps de concentration. Un mécanisme de négation du génocide qui a été expérimenté pendant près de 50 ans ! Nous y sommes désormais rompus, mais vous, vous tenez à l'employer pour le génocide des Tutsi.
Et maintenant vous vous en défendez en écrivant, je cite : « Ce n'est pas parceque l'on évoque la responsabilité du FPR dans le drame rwandais que l'on justifie Auswitch ». (Auchwitz et non Auswitch ! )
D'abord ce que vous dites n'a aucun sens. Et puis si ça vous amuse de travestir mes écrits, c'est votre droit, mais alors je vous laisse vous amuser toute seule.
Pour en finir, sachez que le FPR mettait à mort ceux qui se vengeaient sur des Hutus, quand bien même ils avaient décimé leurs familles. Des réglements de compte, il y a dû certes en avoir, comme il y a eu des Juifs qui ont lynché des gardiens de camp de concentration à peine venaient-ils d'être libérés par les Américains.
Vous écrivez : « mais il était difficile pour l'armée française d'aller à l'encontre d'un des belligérants et elle avait déjà quitté le pays à cause de celà au printemps 93 ». Faites-moi rire. Les assistants militaires techniques français étaient bien présents pendant le génocide et conseillaient l'armée rwandaise génocidaire à tous les niveaux.
Allez ça suffit. Restons-en là.
à francoisdelmasse
De Victor NGIRABATWARE
17H27 | 28/01/2008 |
Les assistants militaires techniques belges étaient également présents. Et ils étaient en plus grand nombre que les français depuis le départ des troupes françaises en décembre 1993 (et non pas au printemps 93, ce qui d'ailleurs ne change rien pour avril 94…).
Il y avait également des coopérants militaires allemands…en très petit nombre , ceux-ci…
Alors, pourquoi ne parler que des français…qui ont quitté le Rwanda avec Amarylis dans les premiers jours d'avril 94, bien avant que le génocide ne prenne sa « vitesse de croisière ». Karine n'a donc pas tort en disant qu'il n'y avait plus de militaire français au Rwanda lors de la perpétration du génocide.
Je ne suis pas du tout sûr que Karine soit la plus manipulatrice de ce forum….
à Victor NGIRABATWARE
De francoisdelmasse
17H50 | 28/01/2008 |
Parce que les assistants militaires français étaient, eux, bien présents pendant le génocide et ne sont pas partis avec Amaryllis ! Même la mission d'information parlementaire pour le Rwanda a bien dû le reconnaître. Il n'y a que vous pour ne pas suivre les événements publics ou plutôt pour faire semblant de ne pas entendre ce qui vous dérange dont le fait que le juge Bruguière que vous considérez à ce jour encore être honnête a été publiquement confondu.
Vous parlez du départ des troupes françaises du Rwanda en décembre 1993 ?
Alors comment expliquez-vous la présence de l'officier français de Saint-Quentin auprès de la carlingue du président Habyarimana le 6 avril au soir, à peine l'avion vient-il d'être abattu ? Comment se fait-il qu'il ait alors accès, lui, aux débris de l'avion tandis que les soldats belges des Nations Unies s'en voient, eux, refuser l'accès par la Garde présidentielle rwandaise ? Le temps de récupérer la boîte noire et toute sorte d'enregistrement pardi !
Ma patience a des limites.
Maintenant cessez.
Tout cela n'est pas un jeu.
à francoisdelmasse
De Victor NGIRABATWARE
18H18 | 28/01/2008 |
Monsieur DELMASSE,
Ou vous ne savez pas de quoi vous parlez ou vous êtes un menteur délibéré !
Je connais personnellement TOUS les assistants militaires techniques français qui étaient présents au Rwanda en avril 94 et je vous ASSURE qu'ils sont tous rentrès avec Amaryllis ! De Saint Quentin était de ceux là.
Les deux derniers à rentrer, et Saint Quentin n'était pas pami eux, étaient présents aux obsèques des pilotes et des deux gendarmes et de l'épouse de l'un des deux - tous trois assassinés par le FPR - à Dugny, en avril 94…vous trouverez facilement la date exacte…
Cessez d'étaler des connaissances livresques erronées et mal comprises et essayer d'écouter et d'entendre un peu ceux qui connaissent ce pays et les événements qui s'y sont déroulé !