Suite au résultat des élections législatives sur l'île de Taiwan, le 12 janvier, qui a vu le triomphe du « camp bleu » (nationalistes du Guomindang et partis favorables à la réunification) et la défaite du « camp vert » (indépendantistes du DPP et centristes de la TSU), plusieurs commentateurs et éditorialistes français, se sont empressés de pronostiquer une baisse de tension dans cette partie du monde.
A première vue tout le laisserait en effet supposer, le camp bleu étant favorable à un rapprochement avec le continent. Cependant, et indépendamment du résultat des élections présidentielles du 22 mars prochain qui verront de nouveau s'affronter les deux camps, il convient d'observer plus en détail le contexte de ces élections et d'analyser plus précisément les tenants et les aboutissants de la situation pour
tenter d'en tirer des enseignements à mon sens plus pertinents. Car contrairement à ce que laisse entendre ces commentaires précipités, une dégradation de la situation dans le détroit de Formose est l'hypothèse la plus vraisemblable.
Cohabitation à la taiwanaise
Rappelons d'abord la situation préexistante : si depuis huit ans Taiwan est dirigé par un président issu du DPP d'obédience indépendantiste, le Yuan législatif (parlement) n'a par contre pas cessé d'être dominé par le Guomindang et ses partis « frères » créant de la sorte une cohabitation à la taiwanaise qui a neutralisé de part et d'autre toute velléité d'appliquer à la lettre leurs programmes respectifs (même si la politique culturelle de « taiwanisation » initiée par le DPP a permis à Taiwan d'opérer une prise de distance vis-à-vis du passé historique jusqu'à présent dominé par une lecture nationaliste). Ainsi depuis huit ans aucune tentative de décréter unilatéralement une indépendance ou pour engager des pourparlers avec le continent en vue d'une réunification n'a été envisagée. Si donc le statut quo avec la Chine a pu être préservé c'est d'abord parce qu'il en était de même sur le terrain intérieur taiwanais entre les deux camps en présence.
Une réélection d'un président de sensibilité indépendantiste avec une assemblée majoritairement nationaliste ne saurait donc à cet égard changer la situation. Dans ce cas de figure et pour la raison précédemment énoncée, il semble évident que Taiwan n'aurait pas d'autres perspectives immédiates que le maintien du statut quo avec son voisin continental (Même si Taiwan recherchait par ailleurs à intégrer l'ONU sous une appellation ou sous une autre comme le souhaitent la plupart des partis taiwanais). Mais pour qu'un statut quo perdure il faut l'accord au moins implicite des deux parties en présence. Or tout laisse à penser que du point de vue de la Chine, ce statut quo hérité des années de guerre froide n'est plus à même de satisfaire ses dirigeants : non pas seulement parce que la guerre froide étant finie « l'emplâtrage » que constituait à l'époque le statut quo est devenu obsolète, mais parce qu'on assiste dans la région à une recomposition des rapports de forces en conformité avec la réalité contemporaine des poids économiques, politiques et militaires des Etats en présence.
Régler au plus vite la question nationale
La Chine devenant une grande puissance économique et son statut politique étant désormais internationalement reconnu il devient désormais nécessaire aux yeux de ses dirigeants de régler à bref délai la question taiwanaise. Leur crédibilité y est d'autant plus en jeu que dans le contexte de crise sociale et environnementale larvée que connaît la Chine aujourd'hui, leur seule légitimité auprès de la population se joue sur la question nationale. A cet égard, et après la rétrocession de Hong Kong et de Macao, la question de Taiwan devient une question cruciale à laquelle le statut quo n'est plus à même de répondre de manière satisfaisante car laissant en suspend une résolution toujours indéfiniment repoussée.
Dans ce cas de figure donc où le candidat du DPP accèderait à la présidence, la Chine de manquerait pas, après la tenue des JO à Pékin qui montreront au monde le visage d'un pays pacifique, de faire monter la pression à un degré qu'il est cependant difficile de prévoir.
Ceci étant posé, examinons maintenant l'hypothèse d'une victoire du candidat Guomindang à l'élection présidentielle. Cette hypothèse ravirait bien sûr les dirigeants chinois qui entreverraient enfin la possibilité de négocier pacifiquement et à moindre frais une réunification avec l'île. Si pour des raisons électoralistes Ma Yinjiu, le candidat nationaliste s'est jusqu'à présent officiellement refusé à envisager de sa part une initiative en ce sens, il n'a par contre pas précisé ce que serait sa position si une telle initiative venait du camp continental, ce qui ne manquerait évidemment pas d'arriver.
La question de la démocratie
Le problème serait alors d'une autre nature car la question ne serait plus seulement celle du statut de l'île mais également celle de la démocratie. Car plus encore peut être que l'indépendance de Taiwan, ce que redoute Pékin pour des raisons intérieures, est l'exemple que l'île donne d'une transition démocratique réussie sur un territoire de culture chinoise. Au vu de l'évolution politique de Hong Kong où les échéances démocratiques négociées avec l'ancien occupant sont sans cesse dénaturées et repoussées, tout laisse à penser qu'une proposition de réunification avancée par la Chine devrait se faire au prix du sacrifice total ou partiel de la démocratie taiwanaise.
Si une partie notable du Guomindang est sans doute prête à cela, il n'est pas sûr que le parti dans son ensemble, sans parler de l'opinion publique taiwanaise, s'y résolve de si bon gré. Dans un pays qui a connu une dictature de plusieurs décennies, la perspective d'un retour à des formes autoritaires de gouvernement aura en tous cas peu de chance de faire l'unanimité. En tout état de cause une telle proposition de réunification ne pourrait que créer à Taiwan même une crise politique majeure de laquelle le Guomindang pourrait ne pas sortir indemne. Et cette crise rendrait par là même d'autant plus difficile une résolution négociée. On se retrouverait alors dans le même cas de figure que dans l'hypothèse précédente.
Les formes que prendront cette confrontation ainsi que les réactions des pays voisins ou impliqués dans la région sont bien sûr difficiles à déterminer car dépendant de considérations économiques et politiques qui dépassent le seul cadre de la question taiwanaise, mais la seule certitude que nous pouvons avoir c'est la proximité de cette confrontation à venir.





















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De Daniel R
Visiteur d'entreprise | 20H38 | 27/01/2008 |
La recession américaine à venir sera contagieuse. Elle aura des conséquences sur la croissance chinoise. Je doute que les Chinois du continent soient obsédés autant que ça par la réunification avec Taïwan.
Mais ce ne serait pas la première fois que des dirigeants en difficultés se serviraient du nationalisme et de l'ennemi extérieur pour maintenir le calme social intérieur. Souvenons-nous des militaires argentins et des Malouines.
L'avenir est, comme souvent, entre les mains de l'auto-proclamé gendarme du monde, les USA. Tout dépends de ce qu'ils ont derrière la tête.
Si, comme ils l'ont déjà dit, ils voient la Chine comme une menace pour leur hégémonie, ils peuvent appliquer la même recette qu'avec les Irakiens lorgnant sur le Koweit : Laisser croire aux dirigeants chinois qu'ils s'en lavent les mains, puis frapper massivement sous le prétexte de l'invasion.
Si à l'inverse, l'Empire est épuisé et las des guerres néo-colonialistes, la Chine pourra envahir Taïwan comme elle a envahi le Tibet. Une dizaine d'année suffiront à la Communauté internationale pour digérer le coup de force.
Le problème est que nous ne savons pas quel sera l'état d'esprit du futur Président américain, ni l'ampleur de son allégeance aux groupes média-militaro-industriels, ni éventuellement ses dons pour la dissimulation diplomatique.
Si j'étais un dirigeant chinois, je me méfierais quand même et j'attendrais encore un peu.
à Daniel R
De l écrevisse
07H07 | 29/01/2008 |
Je rejoins votre analyse.
De vincicom
Responsable "informatique" dans une... | 23H29 | 27/01/2008 |
Moi je pense que si la Chine bouge et use de la force pour s'emparrer de Taiwan, les autres pays devraient LOURDEMENT sanctionner les chinois ! Ca peut prendre plusieurs formes :
- ne plus prendre en compte leur avis à l'ONU et sur la scène internationale
- critiquer fortement l'absence de liberté ( droits de l'homme, tibet, etc … )
- interdire les délégations sportives lors des JO et autres grandes compétitions
- ne plus importer des marchandises produites en chine
Bref faire pression partout où l'on peu ! La Chine devra rentrer dans le rang en libérant Taiwan, mais aussi pourquoi pas le Tibet, etc …
N'oublions pas que la Chine a besoin autant des occidentaux que nous d'elle, si ce n'est plus ! Faut pas oublier que sans nous : pas de balance commerciale bénéficiaire, pas d'évolution technologique, etc … Sans nous : pas d'avions, pas de bonnes voitures, pas de nucléaire, …
à vincicom
De l écrevisse
07H20 | 29/01/2008 |
D'accord mais alors appliquons ces même sanctions aux states qui étais autant dans leurs droits en attaquant l'Iraq que le seraient les chinois si ils attaquaient Taiwan.
« 'N'oublions pas que la Chine a besoin autant des occidentaux que nous d'elle, si ce n'est plus ! ' »
Je ne suis pas sure, en Chine une énorme majorité de chinois ne consomment que du Made in China et ne se nourrissent que de produits Chinois, il serais donc possible pour moi qu'ils se remettent à l'autarcie, chose impossible en Europe ou nous aussi ne consommons cuasi plus que du Made in China.
Ils contrôlent la production, dans un monde non mondialisé une économie basée sur les services n'habille pas son peuple.
De Taipei101
enseignant | 02H45 | 28/01/2008 |
Si tous les arguments avances par Sam Artus sont pertinents, ses conclusions quant a l'imminence d'une reunification-invasion me semblent un peu hatives. Il ne s'agit pas d'avoir tort ou raison, je n'ai qu'une opinion, bien sur. Il est difficile de prevoir l'avenir. Vu de l'interieur, je parle de Taiwan, le futur de l'ile apparait bien sombre. Les Taiwanais, Kuomingtang ou DPP, ne se font pas d'illusions sur une reunification a long terme avec la Chine, mais ils n'aiment pas en parler, car ce sera une page sombre de l'histoire de Taiwan, une page « ecrite sur les murs en lettres de sang » m'a-t-on dit un jour. Invariablement, les conversations se tournent vers le maintien du statu quo. Les Taiwanais ne veulent pas d'une guerre, et guerre il y aura si la Chine decide d'envahir cette democratie rebelle. Les Chinois ne veulent surement pas d'une guerre non plus, aussi breve soit-elle. Pas maintenant, pas en ce moment, pas encore. La Chine est trop soucieuse de s'enrichir, la Chine se developpe et reve de devenir la premiere superpuissance. Pourquoi envahir Taiwan maintenant ? Les occasions ont recemment ete tres nombreuses, des etapes ont ete franchies, comme le vote de la loi anti-secession en 2005 couverture légale à une éventuelle attaque contre Taiwan, si celle-ci venait à déclarer son indépendance. Ces etapes n'ont pourtant pas fondamentallement change les relations entre les deux rives. La Chine n'a jamais eu besoin d'une loi pour envahir Taiwan. Cette loi s'inscrit dans la continuité de la politique irrédentiste et inconditionnelle de la Chine, la politique des « trois non » : Non à l'indépendance de Taiwan, Non à deux Chines ou à deux Etats Chine et Taiwan et Non à l'adhésion de l'île à des organisations requérant le statut d'Etat. Pékin a toujours fait preuve d'une inflexibilité totale et parfois délirante face à une île pourtant de facto indépendante (rappelons l'anecdote de ce dirigeant chinois qui avait menacé d'atomiser Los Angeles alors qu'un sénateur américain s'apprêtait à se rendre à Taiwan pour une visite officielle). La Chine n'a jamais renoncé à l'usage de la force et cette politique s'est souvent vue accompagnée de dérapages verbaux d'un côté comme de l'autre du détroit : « nous laverons l'île dans le sang » côté chinois, « nous bombarderons Shanghai » côté Taiwanais… Mais ces tensions, ces frictions ne sont pas continuelles, il s'agit de souffler le chaud et le froid, de montrer sa force, sa détermination, de montrer que l'on ne se laisse pas intimider. Les elections du president Taiwanais au suffrage universel, depuis 1996, ont ete autant d'episodes autrement plus inquietant que la victoire du Kuomingtang aux dernieres legislatives. A la veille de ces premières élections, la Chine, on s'en souvient, a effectué des tirs de missiles M9 à blanc aux portes de Kaohsiung et de Keelung (les deux principaux ports de Taiwan). Suite à ces tirs de missiles le géant annonce des manœuvres avec tirs réels au sud ouest des Pescadores (archipel du détroit, territoire Taiwanais). Les Etats-Unis interviennent en envoyant le porte avion « Independence » bientôt suivi de la septième flotte. Le PCC, très irrité menace d'anéantir la flotte US « sous une mer de feu ». Il n'en fait rien, et c'est le Kuomingtang qui remporte les élections.
2000, secondes élections présidentielles. La Chine multiplie les missiles pointés sur Taiwan (Taipei estime à 600 le nombre de missiles aujourd'hui pointés sur l'île) menaçant l'économie la plus concentrée du monde. Les incidents aériens dans le détroit se multiplient à l'initiative des forces chinoises. Les élections se déroulent néanmoins, effondrement du Kuomingtang et premier mandat de l'actuel président Chen Shui Bian (DPP), indépendantiste modéré.
2004, troisièmes élections présidentielles. Chen Shui Bian décide d'accompagner ces élections d'un referendum qui propose aux Taiwanais de répondre à deux questions portant d'une part sur le renforcement des capacités de la Défense Nationale face à la pression militaire exercée par la Chine et d'autre part sur la volonté de traiter d'égal à égal (sans dire d'état à état) avec la Chine. La participation au referendum sera trop peu élevée pour qu'il aboutisse. La Chine rugit bien entendu, et entame les traditionnelles manœuvres d'intimidation à trois jours des élections et du référendum. La flotte chinoise croise donc au large de Taiwan et collabore étroitement avec… la marine française ! La propagande chinoise exultera, parlant des plus grandes manœuvres effectuées avec une puissance étrangère. En France en revanche, silence radio, seul un article dans le Figaro évoquera cet événement.
Une situation tendue, oui, depuis des annees. Le statu quo y a toujours resiste. L'urgence pour la Chine, a mon avis, n'est pas d'y mettre un terme. L'urgence est ailleurs et nous ne pouvons qu'esperer que la situation actuelle dure le plus longtemps possible. En guise de conclusion je n'essaierai pas de prévoir l'avenir, je peux juste vous raconter cette blague taiwanaise qui se demande pourquoi les chinois pointent des missiles sur Taiwan alors qu'il suffirait que chaque chinois crache une fois sur l'île pour la noyer complètement…
A suivre…
De chinois contrarié
Pékin moyen... | 06H00 | 28/01/2008 |
La politique de retard des échéances menée à HKG n'est certes pas un bon exemple mais elle ne fait que repousser des échéances qui viendont quand même, c'est un peu, reculer pour mieux sauter.
Je ne suis pas certain que la Chine continentale ait envie de remettre la province rebelle de Taiwan dans le giron de la mère patrie. Ce serait un très mauvais signe en cete année de jeux olympiques, le statu quo reste à mes yeux le plus vraisemblable. Les taiwanais se contenteront d'une indépendance relative et les chinois d'une province encore et toujours rebelle… mais partie intégrante de la Chine, du moins à leurs yeux.
Je me souviens de cette réflexion d'amis hongkongais juste avant la rétrocession, à ma question : » N'avez vous pas peur du retour à la Chine ? » ils m'ont répondus : « Dans les cinquante prochaines années, nous changerons la Chine plus qu'elle ne nous changeras. »
Je crois qu'ils avaient raison.
De daniel
11H34 | 28/01/2008 |
Amha, Pékin a compris surtout ces dernières années que le temps jouaient pour eux et que la question de Taiwan se révèleraient explosive que si Taiwan proclamaient son indépendance. Apparemment, on en prend pas le chemin, donc pourquoi s'en alarmer ?
A vous lire, on a l'impression qu'une guerre est imminente parce que Pékin l'aurait décidé et serait pressé, franchement, je n'en voit pas quelle serait la raison avec une économie lancé avec une croissance à deux chiffres.
Votre argument principal est que pour le maintien d'un statu-quo il faut que les forces en présence soit équilibrés. Vous avez raison mais là où vous vous trompez c'est dans l'affirmation que le résultat d'un président issu du KMT ferait pencher la balance du coté continental. Vous oubliez un peu vite les USA et le rôle prépondérant qu'ils jouent dans cette partie du monde car le vrai statu quo est dans la position Américaine qui doit défendre Taiwan en cas d'invasion, et cela ne changera pas quelle que soit l'issu du scrutin présidentiel.
De V comme vendetta
Ecrivain | 18H26 | 28/01/2008 |
Ca chauffe dans le détroit. Ce qui s'est passé en Novembre à Hong Kong, où le Kitty Hawk a été refusé d'amarrer au port pour Thanks Giving, alors que la US Navy avait eu les autorisations préalables, n'en était qu'un avant goût. Info qui est passé complètement inaperçue en France. On relate aussi, il a peu, un accrochage entre le même porte avion, le Kitty Hawk, et un sous marin chinois dans le détroit de Formose, après donc les résultats de l'élection législative à Taiwan. L'APL montre ses muscles. Elle a investi une partie des Iles Spartley, notamment celle que le Vietnam utilisait comme base depuis au moins 20 ans, au grand dam de Hà Noi. Des Vietnamiens de France ont même manifesté devant l'ambassade de Chine à Paris. Encore une fois, silence complet de cette affaire aux « infos » françaises. L'APL règne dorénavant en maître à Pékin. Il n'y a jamais autant eu de ses députés au congrès du peuple. Le comité central en est truffé. Hu lui doit son règne, et sa réélection au poste de premier secrétaire. L'APL se sert de Taiwan comme un levier pour asseoir ses vues sur le PCC. C'est elle qui maîtrise l'agenda nationaliste et une partie des organes de propagandes. Ses tentacules structurent toute la réalité des Régions chinoises au mille visages et langues différents. C'est elle qui maîtrise la conscription, donc l'unité politique du régime. Le PCC est trop vermoulu par la corruption pour réagir. L'après J.O, qui débutera le 08/08/2008, va être sportif en Asie de l'Est, alors que la présidence américaine restera figée pour cause d'élection à venir dans les mois qui viendront.
De Meilidao
01H00 | 29/01/2008 |
J'ai une question…
Que pensez vous qu'il arrivera, si le KMT est élu, et qu'alors par la suite, les négociations s'enclenchent avec la Chine sur le sujet ?
Ou bien, en gros, « et si la Chine s'emparait de Taiwan » ?
Que deviendra le DPP que tant de Taiwanais supportent ? Comment les Taiwanais (hormis ceux qui auraient été « pro-réunification…) réagiraient face à une telle humiliation ?
De infiltré
01H29 | 30/01/2008 |
La Chine restera tranquille tant qu'elle n'aura pas les outils nécessaires pour « contrôler » les occidentaux.
il ont étudié et continuent d'étudier les occidentaux et leurs agissements politiques (usa en AmSud, Europe en Afrique et Asie) ils retiennent les leçons.
je pensent qu'ils feront en sorte d'être plus puissant que les USA afin de montrer aux nationalistes taiwanais que les usa ne pourront plus rien faire pour eux…
Je suis certains que la Chine cherchent une prise de contrôle « de facto » (long terme) plutôt que l'affrontement militaire qui foutrait en l'air tous les sacrifices consentis et progrès réalisés en 15 ans pour hisser le pays ou il est…
De FdT
En pleine décroissance | 13H21 | 31/01/2008 |
Je réside à Taiwan et par conséquent me sent concerné par cet article.
D'une part l'imminence d'un conflit me semble aussi peu probable. La Chine a pour priorité actuelle de renforcer son économie et je doute qu'elle risquerait de s'aventurer dans un conflit pouvant coûter très cher. N'oublions pas qu'il y a 1 millions d'entrepreneurs et d'employés taiwanais expatriés en Chine, et que les investissements taiwanais sur le continent sont loin d'être négligeables. Un conflit risquerait de mettre à mal ceci.
Mais d'autre part sachant que face au colosse chinois la communauté internationale ne réagira pas ou peu en cas de conflit armé contre cet îlot de démocratie, la Chine pourrait être tentée par une aventure guerrière afin de régler une bonne fois pour toute cette situation qui perdure depuis un demi siècle.
Le pragmatisme le remportera-t-il sur un coup de poker hasardeux aux conséquences économiques et sociales imprévisibles ? N'oublions pas qu'actuellement la Chine est entrain de vivre des tensions sociales importantes et qu'une guerre pourrait tout aussi bien être un facteur d'unité sociale que jouer le rôle de l'étincelle qui fera imploser de l'intérieure cette société. Difficile de répondre sachant que culturellement les Chinois sont réputés pour être à la fois pragmatiques et joueurs.
Pour finir il est vrai que si la majorité des Taiwanais ne sont pas pro-indépendantistes il ne sont pas pour autant pro-réunification. Ils ont en effet réussi une remarquable démocratisation de leur société, à un tel point que selon moi cette jeune démocratie est plus démocratique que bon nombre de vieilles démocraties occidentales à bout de souffle, France comprise. De cela les Taiwanais en sont fiers et probablement peu enclins à le perdre.
L'espoir pour Taiwan ? Une transformation de la scène politique chinoise. Il est possible qu'apparaisse des leaders continentaux adeptes d'une ligne politique modérée. Ce pays ne sera pas éternellement sous le joug d'une équipe dirigeante autoritaire, ceci dit la question est de savoir si les modérés apparaîtront avant qu'un fanatique décide d'anéantir Taiwan.
Et merci à Sam Artus pour cet article concernant Taiwan. J'ai appris à comprendre et aimé ce pays remarquable, habité par un peuple extraordinaire mais malheureusement ignoré par nos médias et la plupart de nos compatriotes français…
De Akaz
Malfini | 23H49 | 31/01/2008 |
Une chose ressort de pas mal de commentaires : c'est le fait que Taiwn soit « chinois » et qu'au fond la seule différence soit celle du régime.
Une petite mise au point est peut-être nécessaire :
Taiwan n'a quasiment jamais été chinoise, une dépendance certes, mais un territoire abandonné laissé aux pirates et aux aborigènes, d'ailleurs c'est la Chine qui « donne » Taiwan au Japon parce qu'incapable de gérer ce territoire.
Du point de vue de beaucoup d'anciens taiwanais(ceux qui ne parlent que le taiwanais) l'arrivée de TCK et du KMT est une deuxième oppression, bien pire que celle du japon qui, au moins, a développé le pays. Sans parler des exactions du pouvoir pendant quarante ans.
Taiwan essayent tant bien que mal de sortir de cette image de « deuxième Chine“/‘Chine démocratique’ créé de toute pièce par le KMT, pour juste être…Taiwan.
Mais la Chine ne peut laisser passer ça pour plusieurs raisons :
-la rhétorique du KMT les arrange finalement
-Taiwan comme Hong Kong sont des perles économiques
-Enfin,l'Empire est restauré.
Car c'est de ça qu'il s'agit : d'une politique impérialiste. Au fond pas surprenant que la France soutienne la position chinoise, et les Etats-Unis, Taiwan.
à Akaz
De FdT
En pleine décroissance | 06H09 | 01/02/2008 |
Tout dépend sous quel angle on se place.
D'un point de vue du régime effectivement Taiwan n'a jamais vraiment été chinois, mais sur le plan culturel nous avons à faire à un peuple majoritairement (>95%) de civilisation chinoise. Les Belges, les Suisses francophones, et les Québécois même s'ils ont leurs propres spécificités culturelles appartiennent néanmoins à la sphère civilisationnelle française tout en étant les citoyens d'état différents. Nous pourrions dire de même pour de nombreux pays hispanophones, anglophones…etc. Il ne suffit pas d'appartenir à une sphère cvilisationnelle pour former un bloc national uniforme, d'autres facteurs rentrent en ligne de compte dans la formation des états souverains.
Maintenant il reste la question de savoir si la promixité civilisationnelle des Taiwanais au monde chinois justifie une réunification avec la Chine, or ce n'est pas aux occidentaux, ni à la Chine de donner une réponse finale à cette question mais aux Taiwanais eux-mêmes. Le fait qu'un peuple souhaite accéder à sa souveraineté est un choix qui leur appartient même si dans la pratique il en va tout autrement.
Empiriquement je dirai que les Taiwanais tout en étant chinois culturellement parlant ont su en parallèle développer une société avec ses propres spécificités. L'insularité et les circonstances politiques de ce pays explique cela. Les Taiwanais en ont conscience et c'est pour cela qu'ils me donnent l'impression de ne pas adhérer pleinement à une réunification avec la Chine même si leur était garantie la pérennité de leur système démocratique.
De Akaz
Malfini | 14H22 | 01/02/2008 |
Précisément. Tout le problème étant de pouvoir tenir un référendum dans des conditions saines (sans missiles braqués sur toi). Et le manque de cohérence des grandes puissances sur cette question est effarant, inquiétant, mais somme toutes habituel…