Alain Badiou : « Il y a une barbarie sarkozienne »

Auteur d'un pamphlet contre Sarkozy, le philosophe refuse de remiser l'utopie communiste et raille la « politique de civilisation ».

Son éditeur n'en revient pas : plus de 20 000 exemplaires écoulés, des libraires enthousiastes et des lecteurs qui d'habitude n'ouvrent jamais un livre de philo. Alain Badiou, vieux mao sur le retour, a tapé juste.

En 155 pages, son pamphlet, « De quoi Sarkozy est-il le nom ? “, aussi brutal que bien écrit, étrille sans concession celui qu'il surnomme ‘l'Homme aux rats’ -allusion à la fable du ‘Joueur de flûte de Hamelin’, et au titre de l'une des ‘Cinq psychanalyses’ de Freud, qui présente un personnage obsessionnel.

Sarkozy et sa ‘rupture’ sont le produit, dit-il, d'un ‘pétainisme’ transcendental de la France, qui se nourrit de peurs. De même que la Restauration voulait effacer la Révolution française et Pétain, le Front populaire, Sarkozy, lui, veut ‘liquider’ Mai 68.

Comme il l'avait fait dans ‘Circonstances 1’, Badiou fustige au passage la ‘démocratie électorale’ (autrefois il aurait écrit ‘bourgeoise’) qu'il considère comme une imposture :

‘Le suffrage universel serait la seule chose qu'on aurait à respecter indépendamment de ce qu'il produit ? Et pourquoi donc ?

Le succès de son petit livre, et l'antiparlementarisme qu'il véhicule, a soulevé de nombreux haut-le-coeur, notamment chez les intellectuels antitotalitaires’. Alain Finkielkraut, abasourdi par le retour à la mode de Badiou, a ainsi déploré ce ‘symptôme du retour de la radicalité et de l'effondrement de l'antitotalitarisme’.

A 70 ans, il se définit toujours comme un ‘ultragauchiste’

Vénérable mandarin de l'Ecole normale supérieure (ENS), où les étudiants font la queue pour suivre son séminaire annuel (cette année consacré à Platon), Alain Badiou est, après Jacques Derrida, l'un des philosophes français les plus connus au monde. Très estimé par ses collègues, il a bâti un univers conceptuel cohérent, mélange néo-platonicien et marxiste pur et dur. Il est réputé pour sa capacité à synthétiser l'histoire des idées.

Aujourd'hui, il se définit encore comme ‘ultragauchiste’. En publiant ce quatrième volume de la série ‘Circonstances’, cet ami de Louis Althusser entend faire acte de militance.

Et s'il défend bec et ongles ‘l'hypothèse communiste’ c'est parce qu'il n'y en a ‘pas d'autres’, juge-t-il. Le communisme est une idée, au sens platonicien, indestructible. Le fait même de renoncer à l'utopie d'une société égalitaire, collective, débarrassée de l'Etat, est impensable, sauf à se faire complice des violences inégalitaires du système capitalisme.

Quelle forme prendra le communisme ? Certainement pas celle d'un parti discipliné, modèle qui a échoué. La réponse est à chercher, selon lui, dans les initiatives ‘expérimentales’ actuelles. (Voir la vidéo.)


Les ‘huit points praticables’ pour refonder une pensée de gauche

Au troisième chapitre de son essai, Badiou dresse une liste de ‘huit points praticables’, sorte de piliers sur lesquels appuyer une refondation conceptuelle de la gauche. Des ouvriers au monde, en passant par l'art, les malades ou l'amour…

‘Point 4. L'amour doit être réinventé (point dit de Rimbaud'), mais aussi tout simplement défendu.

Point 7. Un journal qui appartient à de riches managers n'a pas à être lu par quelqu'un qui n'est ni manager ni riche.’

Le philosophe défend aussi la nécessité de penser l'unicité du monde, dans des univers de plus en plus éclatés.

La politique ? A 70 ans, l'ancien militant de l'UCMLF, scission du PC-MLF (le Parti communiste marxiste-léniniste de France, groupe maoïste), fait mine de ne pas s'intéresser au jeu politique classique. Besancenot et sa tentative de créer un parti anticapitaliste ? Son approche est trop traditionnelle à ses yeux. Le débat sur la ‘politique de civilisation’ ? Foutaise sans intérêt, selon lui : ‘Sarkozy peut se réclamer de tout finalement, sauf de la civilisation. A mes yeux, c'est un barbare…’ (Voir la vidéo.)


Reste Mai 68, auquel Badiou reste fidèle. Il y voit quatre dimensions : une révolte de la jeunesse, une grève ouvrière, un mouvement libertaire, et, de façon moins visible, une recherche de figures politiques novatrices. Mais il se méfie de la commémoration des ‘événements’, quarante ans après. (Voir la vidéo)


Pascal Riché et David Servenay

‘De quoi Sarkozy est-il le nom ? , Circonstances 4’ d'Alain Badiou - Nouvelles éditions lignes - 155 pages - 14 euros.

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Portrait de x

à léo solo Portrait de léo solo De x

12H16 | 28/01/2008 | Permalien

« le poète est le porte parole des anonymes » : le pauvre n'y est pour rien. Rimbaud est le refus incarné de ce rôle par exemple, non seulement par ces écrits mais aussi par le regard qu'il jetait sur ceux-ci, le jugement proféré à leur encontre. Ainsi, non seulement il cessa d'écrire parvenu à un certain stade de compréhension de l'être via l'analyse de sa propre littérature et la perception qu'il eût de ce phénomène qu'on appelle l'inconscient. Mais de plus il demanda à son ami Demeny de détruire ses écrits car ceux-ci, hors de cela, de cette dimension individuelle de l'être qui se joue, qui est vécu, n'avaient aucun interêt. La poésie est affaire personnelle et plutôt que le poète deviene porte-parole de quoi que ce soit, le meilleur conseil que l'on peut donner, c'est « prends-moi en exemple, deviens toi-même poète, vis ».

Quand dans l'autre post j'ai dit « votre Badiou », ce « vôtre » s'entendait au sens général. En ce sens : des orphelins de la pensée cherchent la Vérité. Je me dis que les hommes sont décidément incorrigibles ; il faut toujours qu'ils cherchent au-dehors une chose en laquelle ils placent un pouvoir magique complètement fantasmé. Il y aurait une vérité, bonne pour tous, il y aurait des maîtres qui connaissent la voie, etc. Et ce faisant, tout occupés à se perdre dans le faire, ils oublient d'être.

L'objet-même du poète est de dire comment il vit l'expérience humaine, qu'est-ce que la condition humaine. Tandis que la foule ne vit pas ainsi, elle voudrait être autre chose que ce qu'elle est, c'est pourquoi elle cherche au dehors une vérité toute prête. La foule n'a pour visée que de détruire la condition humaine qu'elle ne supporte pas ; son grand désir est de finir brute.
Je pense que le problème est nerveux ; de toute évidence le poète est mû par quelque chose qui dépasse le principe du plaisir/déplaisir. La douleur pour lui n'est pas une objection, la mort pas davantage ; même, il peut jouer sa vie sur un coup de dés. Tandis que la foule de toute évidence cherche le confort et est entièrement dominée par la tyrannie du plaisir.

C'est pour ces raisons entre autres que je fulmine à l'évocation de Rimbaud, une sorte de Rimbaud châtré.

« Je suis en grève. »

Ca n'a pas grande importance pusique de toute façon, quoi qu'il advienne, par essence Rimbaud sera toujours ailleurs.

Portrait de léo solo

à x Portrait de x De léo solo

13H06 | 28/01/2008 | Permalien

« Z »
en grec
on peut traduire par
« il vit »

cf. le film de Costa Gavras

« X »

il lit ?

j'en doute
car dire :
« Je pense que le problème est nerveux ; de toute évidence le poète est mû par quelque chose qui dépasse le principe du plaisir/déplaisir »
est comparer la poésie à un caca nerveux.

Le jour où vous irez lire du côté de la théorie de l'écriture, et plus largement du côté de la création, les 5 phases de la création, d'Anzieu, on enreparlera, peut-être.

Bonnes lectures donc et …
vive la lettre vive de Badiou pour rester au plus près du sujet qui nous concerne.

Portrait de x

à léo solo Portrait de léo solo De x

13H25 | 28/01/2008 | Permalien

Ah oui, la vérité est dans le livre. Dans les choses.

Bien des choses sont imprimées. Vous n'avez matériellement pas le temps de tout lire, lire tout ce qui a été, lire tout ce qui s'imprime. Fidèle à votre doctrine, j'en déduis que vous êtes un sot puisque vous n'avez pas lu. Qu'importe ce que vous n'avez pas lu au fond puisque vous avez forcément pas lu quelque chose.

La théorie de l'écriture, rien que ça. C'est bien les théories, c'est comme les religions, ça rend nécessaire les maîtres dans votre style qui sont dépositaires de la morale. Les directeurs de conscience. Notez, chacun de vos posts est dans ce style : le petit curé qui corrige et renvoie au catéchisme adéquat, la Vérité à grand « veuh ».

Baudelaire tenait l'invention de l'imprimerie comme un crime contre l'humanité. La poésie précède Gütenberg, monsieur, et avant le maître-commentateur il y a le poète. Non, ce n'est pas l'écriture qui a inventé la poésie, ce n'est pas davantage la parole, l'impression précède l'expression. N'en déplaise à votre intellect.

« Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, - heureux comme avec une femme. »

Cela étant, je vous laisse entre lettrés, entre proBadiou et proSarkozy vous adonner à l'art. Et puisque vous avez gloire à vous clamer spécialiste, sachez-le, monsieur, pour mpi, « vous n'êtes pas Enseignant ».

Portrait de léo solo

à x Portrait de x De léo solo

13H31 | 28/01/2008 | Permalien

quand « x » devient « mpi »
c'est qu'il y a tempête
sur le clavier.

Portrait de x

à léo solo Portrait de léo solo De x

14H05 | 28/01/2008 | Permalien

Une simple faute de frappe.

Sachez que je suis frappé de votre maîtrise.

Portrait de Nol le fol

à Kereven Portrait de Kereven De Nol le fol

01H47 | 30/01/2008 | Permalien

Le coup du communisme marxiste qui n'a jamais existé, c'est vraiment trop facile. Alors comme ça, aucune leçon à tirer des expériences communistes du 20ème siècle….Quand je lis des choses comme ça, j'ai envie de rappeler deux choses :
- aucun des régimes se réclamant du communisme n'a instauré de démocratie. pas un. tous, par contre, ont été des régimes autoritaires voire totalitaires.
- qu'on arrête de dire que Marx n'y est pour rien. La violence est au coeur de sa pensée, et d'une certaine manière c'est aussi ça qui fait la force du marxisme. La lutte des classes ou la dictature du prolétariat, ce ne sont pas des métaphores. Il est clair que pour Marx le passage vers le communisme passe par l'autoritarisme.

Au passage : le capitalisme gaspille certes les ressources, mais à ce jeu là ce sont les régimes communistes qui se sont montrés les lus forts, de loin. C'est toujours bon de le rappeler.

Portrait de redmomo

De redmomo

éditeur | 20H44 | 26/01/2008 | Permalien

Du respect ne serait-ce que pour son « extremisme intellectuel » dans un temps où l'élite a choisi de ne rflechir qu'au plus offrant !
Badiou tiens bon

Portrait de Art-35_Constitution-1793

De Art-35_Constitution-1793

Pour une Republique Bonsensiste!! | 21H00 | 26/01/2008 | Permalien

Petit échauffement avant Mai 2008 :

TOUS A VERSAILLES LE 4 FÉVRIER ! !

Portrait de V comme vendetta

De V comme vendetta

Ecrivain | 22H34 | 26/01/2008 | Permalien

Pourquoi toujours présenter Alain Badiou comme « l'un des philosophes français les plus connus au monde » ? On dirait un quatrième de couverture d'une mauvaise maison d'édition. Ou le vieux truc de la réclame, beaucoup l'ont lu, il est connu, lisez le. A part un philosophe slovène du nom de Zizek, qui lui tente de réhabiliter Robespierre, je lis peu d'éloge ou de critique intéressante du Badiou pamphlétaire. Un néo-platoniste attardé. Le comparer à Derrida est affligeant. D'ailleurs, on lit de moins en moins de philosophe qui mérite le détour, de France ou d'ailleurs, depuis le décès de Deleuze. Clément Rosset en France est peut être le seul qui me vienne à l'esprit. Rien de nouveau, sauf en anthropologie, ou René Girard risque de rester pour longtemps. J'aime beaucoup Lebreton en sociologie. Depuis Lefort, la philosophie politique marque le pas. Je crains le pire d'une pensée sacrificielle comme celle de Badiou, mais il voit lui même les limites pour la praxis : l'organisation. Le Que faire ? de Lénine n'est plus d'actualité. Et puis nos contemporains sont devenus, pour des raisons qu'ils peinent eux mêmes à décrire, répulsifs à toutes sortes de violence, serait-ce les théories de Girard qui se diffusent ? On attendait de l'interviewer de rue 89 qu'il pose à Badiou quelques questions sur la légitimité politique de la violence. Pourquoi ce silence ?

Portrait de Bardamu

De Bardamu

difficile | 22H52 | 26/01/2008 | Permalien

Pour être obligé de sortir Badiou de la naphtaline, la gauche est vraiment aux abois…

Je ne voudrais pas avoir l'air de tirer sur une ambulance, mais les vidéos sont accablantes… Comment un tel enchaînement de platitudes débitées avec une suffisance et un évident contentement de soi confondants peut-il toucher quiconque en 2008 ?

Le vieillard pathétique qu'on voit ainsi battre la breloque étouffait ses quelques lecteurs dans les années 70 avec d'indigestes galimafrées à la gloire du grand Timonier, disséquant la prose stupide du petit livre rouge comme s'il s'était agi de la Loi et des Prophètes, quand il n'essayait pas de faire interdire… le film de Jean Yanne « Les chinois à Paris » pour crime de lèse-maoïsme !

Quelques décennies et 80 ou 100 millions de morts (on ne peut même pas mesurer précisément à l'heure qu'il est l'ampleur du fleuve de sang que fit couler Mao) plus tard, on ne regrette rien, on en rajoute, on se rengorge, on se pavane, on défend toujours l'« hypothèse communiste » (dont on ne connaît toujours pas le contenu)… Quoi de plus naturel… Pourquoi se priver, puisque décidément, en France, avoir été le complice de la machine de mort communiste pendant plus d'un demi-siècle n'est que péché véniel, plaisanterie d'archicube… Au plus, on vous glissera un « petit canaillou, va ! » dans l'oreille en vous pinçant affectueusement la joue avant de vous nommer professeur à Ulm, où vous pourrez travailler à l'édification de la jeunesse…

On écrit dans les journaux, où on a la bonne idée de comparer le voile islamiste au… port du string ! Pour bien montrer que dans les deux cas, il s'agit de la même aliénation de la femme, bref, malgré les années on n'a rien perdu de sa sublime lucidité…

On vient de commettre un libelle ordurier contre Sarkozy, on compare ses électeurs à des rats (la bonne blague ! ), on fustige sa « lâcheté » (que du conceptuel…) on évoque Pétain (quelle originalité ! Quel talent ! Quel dentiste ! ), ah c'est vrai, on dit « pétainisme transcendantal », ça change tout, ça fait pensé… On enveloppe tout ça d'une rhétorique de khâgneux boutonneux et le tour est joué : vous voilà tout-à-coup héraut de la gauche radicale (« radical » est une façon polie à gauche de désigner tout sectaire aux tendances fanatiques, je le précise pour les non-initiés) et grand Mamamouchi de la gauche de la gauche (voir définition plus haut).

Les hérauts sont fatigués.

Portrait de all

à Bardamu Portrait de Bardamu De all

08H30 | 27/01/2008 | Permalien

Oui Bardamu

Portrait de Le Yéti

à Bardamu Portrait de Bardamu De Le Yéti

yetiblog.org | 14H07 | 27/01/2008 | Permalien

« 80 OU 100 MILLIONS DE MORTS »

Vous avez raison sur un point, M. Bardamu. Les « 80 ou 100 millions de morts » du maoïsme, tous les millions aussi de l'ex-empire soviétique, les millions de la monstruosité nazi, sont absolument intolérables.

Mais ces trois monstruosités, maoïstes, nazis, soviétiques, sont désormais du domaine de l'histoire. Les brandir à tout bout de champ comme vous et vos comparses le font pour masquer les millions de morts* et de miséreux engendrés par le capitalisme d'aujourd'hui est proprement révulsant.

Ce n'est pas le communisme ou même « l'esprit d'entreprendre » si cher au capitalisme qui est révoltant. C'est ce que les salauds en ont fait. Avec ceux, comme vous, qui les justifiaient par défaut, en détournant l'attention sur d'autres.

Occupons-nous des monstruosités d'aujourd'hui, SVP.

(* Je range parmi ces millions de victimes du capitalisme tous ces gens morts du sida en Afrique ou ailleurs parce que, pour protéger les intérêts de quelques gros groupes pharmaceutiques, on les a privés de soins ; tous ceux qui sont morts de faim quand ailleurs nous détruisions nos surproductions de beurre ou de céréales ; tous les Chinois, Indonésiens, Pakistanais d'aujourd'hui, réduits à l'état d'esclaves parce que nous y avons délocalisé, par simple intérêt financier, nos outils de production avec la complicité de leurs dirigeants et de leur petite clique qui seuls aujourd'hui en profitent ; les milliers d'Irakiens, d'Afghans, et peut-être bientôt d'Iraniens, tués pour soi-disant protéger nos tours arrogantes…)

Portrait de Alice77

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De Alice77

17H27 | 29/01/2008 | Permalien

Lui répondez pas, il a fait chier sur le forum politique de Einthoven tout le printemps 2007 avant et après les présidentielles. C'est un fasciste pur gras.
si vous commencez à lui répondre il va se répandre partout.

N'est ce pas grosse viande fasciste ?

Portrait de Nol le fol

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De Nol le fol

02H03 | 30/01/2008 | Permalien

Il ne s'agit pas de justifier ou de masquer quoique ce soit, il s'agit de rappeler quelques évidences. Bien sur, balancer les millions de morts du communisme ne suffit pas comme argumentation. Mais dire simplement comme vous le faite que c'est du domaine de l'histoire ne vaut vraiment pas mieux. Alors comme ça, le fait que TOUTES les expériencs communistes aient donné lieu à des régimes autoritaires/totalitaires, ça n'incite pas à s'interroger ? Il est facile, évidemment, de décréter que l'idée communiste a simplement été détournée, que ça n'a rien à voir avec « l'hypothèse communiste ». Malheureusement, les faits historiques sont têtus : de même que le libéralisme a bien plus apporté la démocratie que le communisme, le communisme a fait bien plus de morts que le capitalisme, même en donnant une extension farfelue aux « morts du capitalisme ». Et Marx, quoiqu'on en dise, n'était pas un bisounours, il préconisait une voie VIOLENTE vers le communisme.

Cela ne veut pas dire que le communisme est forcément totalitaire, mais ça vaut quand même le coup de se poser la question, plutôt que de balayer les faits historiques, comme s'ils n'influaient pas sur notre présent.

Portrait de Thomas GREDAT

à Nol le fol Portrait de Nol le fol De Thomas GREDAT

| 12H22 | 30/01/2008 | Permalien

Le communisme est une idéologie extrémiste, ce qui signifie qu'elle porte en soi la violence, il a fait des millions de victimes, nous sommes d'accord là-dessus.
Le capitalisme, à l'origine, n'est pas un extrémisme. Il découle du protestantisme, qui rétablit le travail en tant que valeur et prescrit que l'homme a le droit de profiter des fruits de son labeur. C'est un fait.
Mais le capitalisme a fini par produire une excroissance extrémiste, qui est l'ultra-libéralisme, ou la loi du marché poussée à l'extrême. C'est le retour à la loi de la jungle sous couvert de libération du marché (le pauvre ! Il est prisonnier ! ). Cette loi de la jungle fait des victimes, notamment les enfants asiatiques qui triment pour notre confort, en attendant que nos petits-enfants triment pour le confort de leurs enfants. On appelle ça la politique de civilisation.
Du reste, le capitalisme n'a-t-il que des qualités ? Souvenez-vous de « Melancholia », de Victor Hugo :

« Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu'on voit cheminer seules ?
Ils s'en vont travailler quinze heures, sous des meules !
(…)
Travail mauvais, qui prend l'âge tendre en sa serre,
Qui produit la richesse en créant la misère,
Qui se sert d'un enfant ainsi que d'un outil,
Progrès dont on demande : “Où va-t-il ? Que veut-il ? '
Qui brise la jeunesse en fleur, qui donne en somme
Une âme à la machine et la retire à l'homme.”

C'était hier, c'était chez nous. Et nous étions déjà “civilisés”.
Il ne s'agit pas de vanter une idéologie par rapport à une autre. Toute idéologie qui s'en prend à l'homme est une monstruosité.

Portrait de léo solo

à Bardamu Portrait de Bardamu De léo solo

10H58 | 27/01/2008 | Permalien

« Les hérauts sont fatigués. »…

ce qui se comprend,
à les voir porter un tel barda.

Portrait de .gwen.

à Bardamu Portrait de Bardamu De .gwen.

irreversiblement destructuré | 18H11 | 27/01/2008 | Permalien

Je ne crois pas que rue89 ait besoin « de sortir Badiou de la naphtaline ».

Concernant les platitudes de Alain Badiou, je trouve son discours clair, bien posé et sans ce que vous appelez « une rhétorique de khâgneux boutonneux » (pour le coup votre vocabulaire est bien plus comme vous dites ! ). Il a le mérite d'évoquer la différence certaine entre l'idée du communisme et les structures mises en place dans le passée pour exploiter cette idée. Aux vues de vos commentaires, vous n'avez pas compris cette différence.

J'irai plus loin en affirmant que votre réthorique consiste simplement à placer Mr. Badiou dans un discours de gauche intellectuelle, histoire de le decridibiliser par ces simples évocations. On sent bien le refus du discours de fond. Je ne voudrais pas nier le fait que vous jouez aussi sur la sensibilité des mères de famille en parlant, comme tout bon journaliste de TF1, de ces millions de victimes du communisme. Les mechants, on l'avait oublié, merci de nous le rappeler ! comme vous n'êtes pas négationniste vous ne nierez pas les victimes de nos civilisations
industrielles passées et malheureusement peut-etre a venir.

La différence entre vous et Mr badiou ou moi, c'est que nous nous croyons, peut être naivement en ce qui me concerne, que les victimes du monde du vivant de la bétise humaine de ne sont ni vaines, ni une fatalité ! En substance, l'argumentation de Mr Badiou va dans ce sens, puisqu'il mentionne bien l'hypothèse communiste comme une opposition à cela. Il dit bien evidemment qu'il ne possede pas la solution miracle ! moi non plus, même si j'ai mes idées sur la question.

En conclusion, vos remarques ne sont pas completement vides, puisqu'elle insiste lourdement sur le fait que la gauche c'est le pire des mals de notre temps. gauche=fanatique=mal, c'est dogmatique ! du coup votre discours est paradoxal. Ces remarques, sauf votre respect, sont tres à la mode et je ne peux que deplorer qu'un homme « bien pensant » tombe dans ces effets de mode. deplorable, car le discours de fond est occulté.

La prochaine fois je ne m'attarderai pas à ce genre de commentaire !

Portrait de léo solo

à Bardamu Portrait de Bardamu De léo solo

11H29 | 28/01/2008 | Permalien

Force est de constater que le texte du Barde Amu recueille 39 votes le jugeant inutile.

Portrait de sitoihien

De sitoihien

23H33 | 26/01/2008 | Permalien

Badiou est intérèssant a entendre et sans doute intérèssant a lire mais en partie dépassé. le communisme est moribond depuis déja un certain temps. On peut le laisser aux historien-ne-s.

Le marxisme était une théorie pour résoudre la question sociale a l'ère industrielle, et qui était liée a la condition ouvrière. De nos jours une partie de la classe ouvrière a rejoint les classes moyennes, et une autre partie fait de l'intérrim, a des CDD, des contrat aidés…etc, ou se retrouve au chômage.

A l'ère post-industrielle la question sociale est lièe a la condition précaire, a la condition chômeuse, au monde du chômage. Pour résoudre cette question sociale, il va falloir trouver autre chose que le marxisme, ou le socialisme.

Apparemment Badiou n'a jamais entendu parler du monde du chômage. Ce qui n'est pas surprenant, parmi les gens de sa génération il n'est surement pas le seul a ne jamais avoir entendu parler de monde du chômage.

Sur internet avec un moteur de recherche on trouve des centaines de page sur le « monde du chômage ».

Portrait de Saheyus

à sitoihien Portrait de sitoihien De Saheyus

Rêveur invétéré | 00H29 | 27/01/2008 | Permalien

Les théories marxistes sont toujours valables de nos jours, n'en doutez pas. On fait trop souvent l'erreur de parler de Marx sous un angle réducteur, poussiéreux, vieillot, lié à une époque qui serait déjà derrière nous.
Mais le prolétaire, ce n'est pas l'ouvrier, oh non, c'est bien plus large que ça. Est prolétaire toute personne salariée, c'est à dire toujours 80% de la population à l'heure actuelle. De surcroît, le prolétaire n'est pas nécessairement pauvre. Il est plongé dans la misère, matérielle parfois, mais intellectuelle surtout. Le travail aliène qu'il soit bien payé ou non ; et j'irais même jusqu'à dire que la capitalisme a trouvé le moyen d'aliéner une seconde fois le travailleur, après son travail, et cela par le biais de la consommation.

Certes, avec la réduction du temps de travail, la misère morale du prolétaire est moins évidente, car il dispose d'un peu du temps libre que Marx considérait comme si important. Seulement, comme on peut le voir avec l'arrivée de Sarkozy, ce ne sont pas des acquis inviolables.
Et par ailleurs, nous n'avons fait qu'une toute petite partie du chemin. « Détruire » l'Etat, l'Eglise, l'Argent, réaliser ce cheminement (surtout individuel et mental), cela a toujours un sens. Et même plus que jamais.

Pour le chômage, c'est une conséquence inévitable de l'augmentation de la productivité, qui n'aurait pu être évitée que par une augmentation comparable des salaires, ou une diminution comparable du temps de travail. Comme le disait le neveu de Marx dans l'Eloge de la Paresse (un bon bouquin en ces temps troublés), on devrait ne pouvoir travailler qu'une heure par jour, et vivre pourtant dix fois mieux qu'avant, puisque l'on produit mille fois plus.

Portrait de sitoihien

à Saheyus Portrait de Saheyus De sitoihien

18H01 | 27/01/2008 | Permalien

On peut admettre que les salariés des classes populaires et des classes moyennes inférieures soient des prolétaires, mais pas les salariés de la france d'en haut de droite et de gauche et des classes moyennes supérieures. Ils ne se sentent ni aliènés, ni exploités.

Sur internet on trouve des centaines de pages sur le « précariat ». IL vaudrait peut être mieux parler de prolétariat pour l'ère industrielle, et de précariat pour l'ère post-industrielle. Avec les nouveaux contrats de travail, le précariat ne peut que continuer à se développer.

Portrait de jac le rat

De jac le rat

aventurier | 23H50 | 26/01/2008 | Permalien

ça sent le rance,le brûlé…
joie et suspension-comme-je-peux…
Quel(s) rêve(s), seulement ?

Portrait de jac le rat

De jac le rat

aventurier | 01H03 | 27/01/2008 | Permalien

OUI, jac pour un VRAI REVE !
Brûle d'abord ma propre misère
et mes consolations mesquines
sensation d'exister grâce à vous…

Portrait de jac le rat

De jac le rat

aventurier | 02H11 | 27/01/2008 | Permalien

Ya plus personne… ! ?
Oh ! Ou vous êtes ?
Je manque des bruits du monde…
Restent les rêves.

Portrait de x

De x

02H14 | 27/01/2008 | Permalien

Libéralisme [capitalisme dégénéré ou parachevé] et communisme ont un gros point commun : matérialisme. Ils se placent en réfutation de l'ére précédente dite métaphysique.

Bien. L'essence de l'être n'est ni spirituelle, ni matérielle. Qu'est-elle ?

Elle est… cccccchut ! - Je réservai la traduction mais, en définitive, je ne la donnerai pas.

Ceci pour certain point.

Portrait de jac le rat

De jac le rat

aventurier | 02H25 | 27/01/2008 | Permalien

Merci,x,pour ce bel « objet »,
m'endormir là-dessus,
dans un voyage…,dans « l'ère précédente », peut-être,
ou ailleurs…

Portrait de x

De x

03H20 | 27/01/2008 | Permalien

C'est rapport à Rimbaud, dans « la saison en enfer » qq ch comme « je donnai la couleur des Voyelles, je réservai la traduction'.
cf in “Voyelles”, si je me souviens bien : “je dirais quelque jour vos naissances latentes”.

De toute façon, il vaut mieux voyager avec Rimbaud qu'avec Badiou ou Sarko, par les temps qui courent.

“Libéral, tu es nègre ; Sarko, vieille démangeaison, tu es nègre ; tu as bu d'une liqueur non taxée, de la fabrique de Satan. Ce peuple est inspiré par la fièvre et le cancer. Le plus malin est de quitter ce continent, où la folie rôde pour pouvoir d'otages ces misérables.”

Portrait de léo solo

à x Portrait de x De léo solo

10H47 | 27/01/2008 | Permalien

x

Si vous lisez
( chose ardue convenons-en )
le texte intitulé « L'âges des poètes »
signé Alain Badiou
dans le livre de Rancière
« La politique des poètes ; pourquoi des poètes entemps de détresse »
vous pourrez frotter votre pensée aux nombreuses références qui y sont faites à Rimbaud.

Si NUL N'EST S4ENSE IGNORER LA LOI…

il faut surtout rappeler que

NUL N'EST SENSE IGNORER CE DONT IL PARLE.

Portrait de x

à léo solo Portrait de léo solo De x

16H21 | 27/01/2008 | Permalien

La poésie n'est pas une pensée, monsieur. Il s'agit d'être.

« Assez vu. La vision s'est rencontrée à tous les airs.
Assez eu. Rumeurs des villes, le soir, et au soleil, et toujours.
Assez connu. Les arrêts de la vie. -Ô rumeurs et visions !
Départ dans l'affection et le bruit neufs ! »

Votre Badiou n'est pas neuf, il sent le rance, à labourer l'ornière avec l'outil truqué intellect.

Portrait de léo solo

à x Portrait de x De léo solo

17H36 | 27/01/2008 | Permalien

« La poésie n'est pas une pensée, monsieur. Il s'agit d'être. » dites vous, sous X.

La poésie est écriture,qui entre pôle idéel et pôle matériel érige stèles ou beffrois de vent ; c'est selon.
Elle apprend entre autre l'emploi des adjectifs possessifs il en découle alors que « votre » accolé à « Badiou » permet de mesurer une non-maîtrise qui laisse entrevoir la queue d'une pulsion qui se voudrait vengeresse.
Badiou non plus, n'est pas neuf, il est comme tout un chacun de nous unique, essayant ,comme tous ceux y ayant songé, de ne pas s'« arrêter à l'ornière des résultats ».

Dans un de ses texte, il réactive l'archive Celan en tirant de l'ombre ce fragment extrait d'« Enclos du temps ».

« il y a deux soleils, entends-tu,
deux
pas un- »

A ruminer, au lever, le matin.

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