
Alain Badiou : « Il y a une barbarie sarkozienne »
Auteur d'un pamphlet contre Sarkozy, le philosophe refuse de remiser l'utopie communiste et raille la « politique de civilisation ».
Son éditeur n'en revient pas : plus de 20 000 exemplaires écoulés, des libraires enthousiastes et des lecteurs qui d'habitude n'ouvrent jamais un livre de philo. Alain Badiou, vieux mao sur le retour, a tapé juste.
En 155 pages, son pamphlet, « De quoi Sarkozy est-il le nom ? “, aussi brutal que bien écrit, étrille sans concession celui qu'il surnomme ‘l'Homme aux rats’ -allusion à la fable du ‘Joueur de flûte de Hamelin’, et au titre de l'une des ‘Cinq psychanalyses’ de Freud, qui présente un personnage obsessionnel.
Sarkozy et sa ‘rupture’ sont le produit, dit-il, d'un ‘pétainisme’ transcendental de la France, qui se nourrit de peurs. De même que la Restauration voulait effacer la Révolution française et Pétain, le Front populaire, Sarkozy, lui, veut ‘liquider’ Mai 68.
Comme il l'avait fait dans ‘Circonstances 1’, Badiou fustige au passage la ‘démocratie électorale’ (autrefois il aurait écrit ‘bourgeoise’) qu'il considère comme une imposture :
‘Le suffrage universel serait la seule chose qu'on aurait à respecter indépendamment de ce qu'il produit ? Et pourquoi donc ?
Le succès de son petit livre, et l'antiparlementarisme qu'il véhicule, a soulevé de nombreux haut-le-coeur, notamment chez les intellectuels antitotalitaires’. Alain Finkielkraut, abasourdi par le retour à la mode de Badiou, a ainsi déploré ce ‘symptôme du retour de la radicalité et de l'effondrement de l'antitotalitarisme’.
A 70 ans, il se définit toujours comme un ‘ultragauchiste’
Vénérable mandarin de l'Ecole normale supérieure (ENS), où les étudiants font la queue pour suivre son séminaire annuel (cette année consacré à Platon), Alain Badiou est, après Jacques Derrida, l'un des philosophes français les plus connus au monde. Très estimé par ses collègues, il a bâti un univers conceptuel cohérent, mélange néo-platonicien et marxiste pur et dur. Il est réputé pour sa capacité à synthétiser l'histoire des idées.
Aujourd'hui, il se définit encore comme ‘ultragauchiste’. En publiant ce quatrième volume de la série ‘Circonstances’, cet ami de Louis Althusser entend faire acte de militance.
Et s'il défend bec et ongles ‘l'hypothèse communiste’ c'est parce qu'il n'y en a ‘pas d'autres’, juge-t-il. Le communisme est une idée, au sens platonicien, indestructible. Le fait même de renoncer à l'utopie d'une société égalitaire, collective, débarrassée de l'Etat, est impensable, sauf à se faire complice des violences inégalitaires du système capitalisme.
Quelle forme prendra le communisme ? Certainement pas celle d'un parti discipliné, modèle qui a échoué. La réponse est à chercher, selon lui, dans les initiatives ‘expérimentales’ actuelles. (Voir la vidéo.)
Les ‘huit points praticables’ pour refonder une pensée de gauche
Au troisième chapitre de son essai, Badiou dresse une liste de ‘huit points praticables’, sorte de piliers sur lesquels appuyer une refondation conceptuelle de la gauche. Des ouvriers au monde, en passant par l'art, les malades ou l'amour…
‘Point 4. L'amour doit être réinventé (point dit de Rimbaud'), mais aussi tout simplement défendu.
Point 7. Un journal qui appartient à de riches managers n'a pas à être lu par quelqu'un qui n'est ni manager ni riche.’
Le philosophe défend aussi la nécessité de penser l'unicité du monde, dans des univers de plus en plus éclatés.
La politique ? A 70 ans, l'ancien militant de l'UCMLF, scission du PC-MLF (le Parti communiste marxiste-léniniste de France, groupe maoïste), fait mine de ne pas s'intéresser au jeu politique classique. Besancenot et sa tentative de créer un parti anticapitaliste ? Son approche est trop traditionnelle à ses yeux. Le débat sur la ‘politique de civilisation’ ? Foutaise sans intérêt, selon lui : ‘Sarkozy peut se réclamer de tout finalement, sauf de la civilisation. A mes yeux, c'est un barbare…’ (Voir la vidéo.)
Reste Mai 68, auquel Badiou reste fidèle. Il y voit quatre dimensions : une révolte de la jeunesse, une grève ouvrière, un mouvement libertaire, et, de façon moins visible, une recherche de figures politiques novatrices. Mais il se méfie de la commémoration des ‘événements’, quarante ans après. (Voir la vidéo)
Pascal Riché et David Servenay
► ‘De quoi Sarkozy est-il le nom ? , Circonstances 4’ d'Alain Badiou - Nouvelles éditions lignes - 155 pages - 14 euros.
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à Thomas GREDAT
De Adarshini
Idéaliste | 19H50 | 27/01/2008 |
Peut-être…
Mais si le PS persiste sur sa voie ? (ce qu'il fera) Le PS est-il une solution ? …
L'Utopie n'est pas l'apanage de l'« extême“-gauche, quand je vois ce monde insensé dans lequel on nous fait vivre - avis perso.
à Adarshini
De Thomas GREDAT
| 20H18 | 27/01/2008 |
D'accord avec vous sur l'état du PS. C'est d'ailleurs cela qui m'inquiète : que la seule alternative à la politique de l'UMP qui paraisse envisageable soit l'extrême-gauche. N'oubliez pas que c'est précisément l'objectif que poursuit Sarkozy à travers Besancenot.
à Adarshini
De Alice77
17H30 | 29/01/2008 |
Parce que Bové est de gauche ? Vous avez trouvé ça où ?
De QAP
Plasticien | 15H49 | 26/01/2008 |
Sous les pavés la plage !
Avec Narko,
Sous la plage la fosse (a)sceptique.
à QAP
De ZIKAN
17H41 | 27/01/2008 |
Mouais… à peaufiner.
On est plasticien ou on ne l'est pas.
De omer de la vega
15H58 | 26/01/2008 |
je ne sais pas si mr badiou, connaissant son passé et ses théses(cf le cambodge), estle mieux placé pour créer un front anti-sarkozy
à choisir entre les deux j'aurais du mal
De Axior
Citoyen | 16H00 | 26/01/2008 |
Je souscris complètement à cette philosophie généreuse qui suinte des propos de Mr Badiou, mais je reste sceptique. Pourquoi n'y aurait-il que le communisme qui gagnerait en crédibilité et en efficatité par une organisation collective plus humaine ?
Mai 68 a réussi à propulser un nouveau type de relations entre les hommes, basé sur l'existencialisme, et on voit ce que ça a donné. les difficultés que nous rencontrons en ce début de siècle en sont la principale résultante. Sarkozi, avec son hyperprésidentialisation, ne fait que s'appuyer dessus pour le combattre, et en fait il scie la branche sur laquelle il est assis.
Quelle que soit la direction politique que choisit un peuple, libérale, montagnarde, jacobine ou communiste, ou tout autre encore, elle est foncièrement bonne si elle est choisie et contrôlée par l'ensemble de la population. C'est à un nouveau contrat social qu'il faut réfléchir, à une vraie démocratie où chaque individu peut exercer sa part de pouvoir.
A. badiou esquisse cette idée plusieurs fois dans cet article, de façon timide et imprécise, mais c'est ce qui me parait le plus crédible dans son discours.
à Axior
De x
01H57 | 27/01/2008 |
Il y a un contrat social en France, basé sur l'humanisme [DDHC 1789].
Il n'est pas respecté, il va être détruit.
A quoi sert de redéfinir ? Les mêmes causes produisent les mêmes effets.
Il va y avoir un nouveau contrat social à partir de la ratification. Celui-ci n'est nullement humaniste mais économique libéral. Je ne sais si « cette direction politique est foncièrement bonne ». je vous laisse par vous-m^me trancher les points suivants : « choisie et contrôlée par l'ensemble de la population » ; « une vraie démocratie où chaque individu peut exercer sa part de pouvoir. »
Au fait, « vraie démocratie » ne veut rien dire. On est en démocratie en vertu de l'observance à certains principes politique. Redéfinir, cela passe par nommer corectement les choses, les désigner par leur nom.
à x
De léo solo
17H39 | 27/01/2008 |
Si « Redéfinir, cela passe par nommer corectement les choses, les désigner par leur nom. »
alors, de quoi « X » est-il le nom ?
à léo solo
De x
02H17 | 28/01/2008 |
Je suis amusé que vous vous sentiez obligé de me poursuivre ainsi. Au moins, « x » est stimulant.
à x
De léo solo
11H34 | 28/01/2008 |
Oui, « x » est là, à sa fenêtre,seulement parmi d'autres.
à léo solo
De x
13H10 | 28/01/2008 |
On n'a pas nécessairement les mêmes raisons de se trouver à la fenêtre.
De omer de la vega
16H03 | 26/01/2008 |
Alain Badiou : négationniste rouge
P. F. P.
15/10/2007 | Mise à jour : 14 : 51 |
.
ALAIN BADIOU a une rare qualité parmi les intellectuels français : il ne se trompe jamais. Là où ses anciens amis, de Glucksman à Jean-Claude Milner, maoïstes des années 1970, se sont départis de leurs anciennes convictions, lui a persévéré. De livre en livre (Logiques des mondes, Le Siècle, etc.) il persiste et signe : tout ou presque, à quelques détails près, (des millions de morts…) est bon à prendre dans la « séquence rouge » qui va de la révolution d'Octobre au Cambodge de Pol Pot. Héraut d'un universalisme radical qui passe outre les héritages religieux et culturels, Badiou divise le monde en deux : d'un côté celui de la raison libératrice, dont le communisme est la panacée, de l'autre une « réaction obscurantiste » multiforme, dont le libéralisme, mais aussi l'islamisme, ou la défense de la nation, sont autant de figures. Exemple de ce dualisme : « Quel rapport peut avoir un patricien de la Rome antique aux nouvelles alarmantes qui l'assaillent concernant la révolte des esclaves ? Ou un évêque vendéen apprenant la déchéance et l'emprisonnement du roi », écrit-il dans Logiques des mondes. Quel rapport en effet ? Sinon qu'aux yeux de Badiou, les Vendéens massacrés, même s'ils étaient paysans, appartiennent, de toute éternité, au même camp « contre-révolutionnaire » que ceux qui mirent en croix Spartacus.
.
à omer de la vega
De J.C.M.
17H12 | 26/01/2008 |
Bonjour omer,
N'ayant pas votre culture philosophique, je n'ai pas lu tous les ouvrages de Monsieur Badiou dont vous citez les titres.
Je vais m'y mettre… grâce à vous.
Je n'ai pas tout compris dans votre message.
Je vais le relire.
Cordialement.
J.C.M.
à omer de la vega
De sheena-greeny
23H06 | 26/01/2008 |
En effet, cette question du maoisme est à éclaircir.
C'est sur ce type de question là qu'il serait intéressant d'interroger Alain Badiou, plus que sur le livre - qui est plus intéressant en lui même que ce qui en est dit (tendance à le réduire à un pamphlet).
Mais c'est vrai que ce que vous dites concernant le dualisme de Badiou « Badiou divise le monde en deux » semble être en tout cas en parfait désaccord avec la théorie (le « point à tenir », pour reprendre ses termes) que celui-ci développe sur tout un chapitre (4) et qui est : « Il y a un seul monde », en en faisant le point le plus important.
Alors, les désaccords sont intéressant mais qu'ils servent au moins à questionnner. ON parle d'un livre et tout ce que je sais sur la question du maoisme c'est qu'il n'en pas question une seule fois dans le livre en question.
Alors quoi ? Creusons la question. Stop les idées toutes faites quoi.
De omer de la vega
16H08 | 26/01/2008 |
L'anti-sarkozysme de Badiou n'a rien à voir avec celui de la gauche : « un des seuls à soutenir et à argumenter des thèses aujourd'hui iconoclastes : refus de l'humanisme et de l'idée que l'homme a comme tel une valeur absolue ; […] défense du communisme » (wikipédia) et dans la version anglaise, une phrase qu'on ne trouve pas dans la version française, toute hagiographique : « Fellow philosopher J.-C. Milner identified Badiou not only with Anti- Semitism and Maoism but also with Fascism. » (wikipedia).
à omer de la vega
De léo solo
19H31 | 26/01/2008 |
Je vous conseille de lire l'article de Badiou dans le bouquin de Rancière « la politique des poètes, pourquoi des poètes en temps de détresse ».
L'intro de Rancière est pas mal non plus.
albin Michel
Monsieur O merde la vega
sachez que l'anti sorkozysme est un humanisme.
of course
à omer de la vega
De Enguerrand
poubellier au Zimbabwe | 20H54 | 26/01/2008 |
omer..omer…
omer jay simpson ? …
De Sacha25
16H09 | 26/01/2008 |
Ce que n'a pas compris M. Badiou, c'est que le communisme est une religion sans dieu (prophète majeur, prophètes mineurs églises (le parti) manifestations idolatriques (pélerinages, congrés), son livre, son école, ses excommunications, même l'exécuteur des hautes oeuvres (Guévara …)
Ce qui explique son coté indestructible (nous sommes depuis tellement longtemps dans ce système que c'en est devenu une drogue) son intolérance, son totalitarisme par son incarnation comme l'histoire nous l'a prouvé. Ce n'est manifestement pas ce qu'il faut pour que l'humain puisse s'exprimer dans sa plménitude et son insertion dans la collectivité
à Sacha25
De Axior
Citoyen | 16H46 | 26/01/2008 |
Tu devrais ré-écouter son discours, sans aprioris, et tu constaterais qu'il utilise à peu près les mêmes arguments que toi, et que ça aboutit à des conclusions diamétralement opposées.
à Sacha25
De Etel
18H06 | 26/01/2008 |
ne pas en permanence confondre « stalinisme » et communisme.
Le communisme est une « idée » qui a été détournée par des dictateurs qui se la sont appropriée à leur profit et non à celui du peuple.
à Sacha25
De Enguerrand
poubellier au Zimbabwe | 20H49 | 26/01/2008 |
Trop fastoche ça Sacha.
Doit travailler plus.
De phenix
16H54 | 26/01/2008 |
Alain BADIOU ne craint pas les foudres de son Altesse de l'Elysée.
Barbarie Sarkozienne, c'est une opinion, et l'opinion peut-être un délit avec les temps qui court.
QUESTION : L'OPINION EST-ELLE UN DÉLIT ?
Le délit d'opinion est la version laïque du blasphème., ors ces temps ci avec le religieux tout azimut le blasphème est pas loin.
Enfin je pense qu'il n'osera pas « L'AUTRE » la colère monte et grogne dans la city
De gargamelle
16H54 | 26/01/2008 |
pour les uns et les autres…les nombreux…..
« Et dire qu'à chaque fois que nous votions pour eux, nous faisions taire en nous ce cri NI DIEU, NI MAITRE, dont ils rient aujourd'hui puisqu'ils s'en sont fait Dieux et qu'une fois de plus nous nous sommes fait mettre, Euh. » Renaud Séchan
De otto didakt
citoyen en colère | 17H05 | 26/01/2008 |
et quand reviendra le temps des cerises…
c'est en mai je crois !
De dwain
17H38 | 26/01/2008 |
Finkelkraut comme figure de l'anti-totalitarisme ? ! ! ? !
C'est une blague j'espère !
pauvre Arendt… Et pauvre Lefort, mais lui a encore la capacité de hurler !
De Saheyus
Rêveur invétéré | 17H46 | 26/01/2008 |
Je n'aime pas les maoïstes, tout comme je n'aime pas Mao.
Le communisme (les gens le comprendront-ils un jour enfin ? ) ne saurait supporter qu'une seule goutte de sang soit versée, qu'une seule violence soit commise, fut-ce au nom des plus grands idéaux. En cela, Staline, Mao, Lénine, Castro et tant d'autres, se sont fourvoyés, ils ont salit le nom du communisme. On ne construit pas un idéal en détruisant ce qui, selon nous, « ferait tâche » ; ce ne serait que remplacer l'élitisme par un autre élitisme, et générer de nouvelles rancoeurs. De même, comment peut-on se prétendre communiste et exercer un quelconque pouvoir ? que ce soit celui d'un dictateur ou d'un président. Etre communiste, c'est, quelque part, être anarchiste, et s'opposer à toute forme de pouvoir politique privé.
Je ne connais pas bien Badiou, mais le seul fait qu'il se réclame du maoïsme montre que quelque chose est pourri chez lui.
A bas Staline, à bas Lénine, à bas Castro, à bas Mao. Ils ne méritent pas qu'on les élève de quelque manière. Je vais même aller jusqu'à dire quelque chose qui en choquera plus d'un : à bas Che Guevarra ! Il sans nul doute bien mieux que les autres que j'ai cités, mais il avait leur plus gros défaut, à savoir du sang sur les mains.
Pendant un temps, j'ai bien aimé Lénine, tout en sachant qu'il n'avait vraiment rien d'un saint. Et puis, après, je me suis dit qu'il avait trop de sang sur les mains, mais j'ai continué à apprécier Che Guevarra. Mais finalement, lui aussi a commis trop d'horreurs, soit disant pour « purger les horreurs des autres ». Pour l'instant, j'aime encore Marx, et il me semble que c'était vraiment un homme bon. Les accusations d'antisémitisme ou autres à son sujet me semblent tout à fait infondés, et je le pense pacifiste. J'ai longtemps cru ceux qui lui font dire que l'Homme devrait se construire « contre la nature », mais j'ai récemment découvert tout le contraire, à savoir que l'Homme fait partie intégrante de la nature, selon Marx.
J'espère que je tiens enfin là une personne digne d'un tant soit peu d'admiration. C'est si difficile de trouver des gens vraiment bien parmi les gens dont parle l'Histoire.
à Saheyus
De Bardamu
difficile | 22H00 | 26/01/2008 |
Cher Saheyus, Marx est certes un grand penseur, on peut enfin l'étudier maintenant que nous sommes débarrassés des marxistes qui l'avaient enseveli sous leurs commentaires, la plupart du temps médiocres et bornés, quand ils n'étaient pas proprement délirants, comme la glose althussérienne (voir Aron des « marxismes imaginaires »).
Mais il faut bien convenir qu'un livre comme « La quesion juive » est profondément antisémite, même si Marx était issu d'une longue lignée de rabbins…
Et que Marx est un penseur violent, comme purent l'éprouver Proudhon ou Bakounine avec qui il fut impitoyable, pour n'en rester qu'à son propre camp.
Quant à dire que l'homme selon Marx ferait « partie de la nature », c'est évidemment un gros contresens…
à Bardamu
De Saheyus
Rêveur invétéré | 23H49 | 26/01/2008 |
Justement, non, je ne pense pas. De deux choses l'une, il ne s'agit pas de « La Question juive » mais de « A Propos de la question juive », et si cela peut paraître anodin, cela change tout. D'une autre, je crois que ce livre défend le judaïsme, tout en attaquant les formes données par la société au judaïsme.
De fait, je vous avoue que je n'ai jamais lu ce livre, et que je n'en parle que d'après ce que j'en ai entendu dire. Mais vous-mêmes, l'avez-vous lu ? (je me permet de douter car vous avez commis une erreur sur le titre) Je vais vous donner ici l'un des articles les plus aboutis que j'ai trouvé sur le sujet.
http://www.monde-diplomatique.fr/2005/09/A/12974
Je ne peux que vous conseiller de le lire entièrement. Peut-être y a-t-il des préjugés, lorsque Marx dit que la société a enfermé (malgré lui) le juif dans les circuits de l'argent ; c'est la caricature facile du juif riche et banquier, quelque part. Mais il ne faut pas oublier qu'historiquement, cela a quelque chose de vrai, et que les juifs ont longtemps été obligés d'exercer certains métiers, notamment ceux touchant à la finance.
Seulement, ici débute toute la différence entre l'antisémite et le critique du Judaïsme tel que la société le façonne. Le premier prétend qu'il y aurait un « complot juif », le second affirme que, si place particulière du juif il y a, c'est à cause de la société elle-même, de ses injustices, de ses inégalités, et de ses discriminations. L'un présente les juifs comme des gens sournois, communautaires et complottant contre le reste du monde, et l'autre présente les juifs comme une minorité que la minorité a utilitarisé à sa guise.
Sans doute la seconde vision est-elle caricaturale, mais elle n'a pas les relents immondes de l'antisémitisme, à mon avis. Et puis, on pourrait très bien critiquer la façon dont la société conditionne le Christianisme, ou l'Islam, et la façon dont elle les utilise dans son système inégalitaire.
Bon… faut que je lise ce livre, A propos de la question juive, c'est certain. Et je ne pourrais pas en parler sérieusement avant de l'avoir fait. Mais j'attends que l'on me donne une seule citation de Marx véritablement antisémite. Je n'en ai encore trouvé aucune.
Violent ? Oh, s'il s'agit de descendre d'autres penseurs, et que le flingue est un livre, ça ne me dérange pas. J'aime la critique acide. On n'est jamais vraiment violent que quand on commet des violences ou quand on appelle à la violence. Dire de quelqu'un qu'il est nul, ce n'est pas être violent, c'est émettre un avis.
Et puis Proudhon, franchement… lui, il était ouvertement antisémite, homophobe, mysogyne, d'après ce que j'en sais. Un exemple :
« Juifs. Faire un article contre cette race, qui envenime tout, en se fourrant partout, sans jamais se fondre avec aucun peuple. […] La haine du juif comme de l'Anglais doit être notre premier article de foi politique. »
Aurait-il écrit (entre autres) dans son carnet, après avoir lu la Misère de la Philosophie, de Marx. Ce n'est pas une oeuvre publiée, alors j'avoue que j'ai des doutes, même si l'on dit de ci de là, qu'on peut trouver d'autres traces d'antisémitisme dans ses oeuvres. Mais si on me sortait une phrase pareille « dixit Marx » je me poserai de sérieuses questions sur son compte.
« Quant à dire que l'homme selon Marx ferait “partie de la nature”, c'est évidemment un gros contresens… »
Ahah ! Je vous attendais là-dessus. Je laisse parler Marx :
« La nature, c'est-à-dire la nature qui n'est pas elle-même le corps humain, est le corps non-organique de l'homme.
[…]
Dire que la vie physique et intellectuelle de l'homme est indissolublement liée à la nature ne signifie pas autre chose sinon que la nature est indissolublement liée avec elle-même, car l'homme est une partie de la nature. “
C'est beau, quand même ! Bon, après, Marx fait l'erreur de prétendre que les animaux n'auraient pas de conscience, mais bon, je lui pardonne, rares sont les gens à ne pas commettre cette bête erreur. L'humanité aura toujours un peu la grosse tête, on y peut rien.
Honnêtement, je crois que Marx est un auteur méconnu. Je le pense humaniste, pacifiste, écologiste, anarchiste, communiste quoi. Je me trompe peut-être sur certains points, mais on ne m'a encore jamais de preuve concrètes.
De Alien7
17H48 | 26/01/2008 |
Rue89 est composé que de gauchistes en mal d'argent qui rêvent d'être de droite.
De journalistes mal-vus et désoeuvrés qui rêvent de gloire.
D'un public de Rmistes fainéants et nantis qui passent leur journée sur internet.
D'intellos attendant un coup de fil de Sarko.
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