Auteur d'un pamphlet contre Sarkozy, le philosophe refuse de remiser l'utopie communiste et raille la « politique de civilisation ».
Son éditeur n'en revient pas : plus de 20 000 exemplaires écoulés, des libraires enthousiastes et des lecteurs qui d'habitude n'ouvrent jamais un livre de philo. Alain Badiou, vieux mao sur le retour, a tapé juste.
En 155 pages, son pamphlet, « De quoi Sarkozy est-il le nom ? “, aussi brutal que bien écrit, étrille sans concession celui qu'il surnomme ‘l'Homme aux rats’ -allusion à la fable du ‘Joueur de flûte de Hamelin’, et au titre de l'une des ‘Cinq psychanalyses’ de Freud, qui présente un personnage obsessionnel.
Sarkozy et sa ‘rupture’ sont le produit, dit-il, d'un ‘pétainisme’ transcendental de la France, qui se nourrit de peurs. De même que la Restauration voulait effacer la Révolution française et Pétain, le Front populaire, Sarkozy, lui, veut ‘liquider’ Mai 68.
Comme il l'avait fait dans ‘Circonstances 1’, Badiou fustige au passage la ‘démocratie électorale’ (autrefois il aurait écrit ‘bourgeoise’) qu'il considère comme une imposture :
‘Le suffrage universel serait la seule chose qu'on aurait à respecter indépendamment de ce qu'il produit ? Et pourquoi donc ?
Le succès de son petit livre, et l'antiparlementarisme qu'il véhicule, a soulevé de nombreux haut-le-coeur, notamment chez les intellectuels antitotalitaires’. Alain Finkielkraut, abasourdi par le retour à la mode de Badiou, a ainsi déploré ce ‘symptôme du retour de la radicalité et de l'effondrement de l'antitotalitarisme’.
A 70 ans, il se définit toujours comme un ‘ultragauchiste’
Vénérable mandarin de l'Ecole normale supérieure (ENS), où les étudiants font la queue pour suivre son séminaire annuel (cette année consacré à Platon), Alain Badiou est, après Jacques Derrida, l'un des philosophes français les plus connus au monde. Très estimé par ses collègues, il a bâti un univers conceptuel cohérent, mélange néo-platonicien et marxiste pur et dur. Il est réputé pour sa capacité à synthétiser l'histoire des idées.
Aujourd'hui, il se définit encore comme ‘ultragauchiste’. En publiant ce quatrième volume de la série ‘Circonstances’, cet ami de Louis Althusser entend faire acte de militance.
Et s'il défend bec et ongles ‘l'hypothèse communiste’ c'est parce qu'il n'y en a ‘pas d'autres’, juge-t-il. Le communisme est une idée, au sens platonicien, indestructible. Le fait même de renoncer à l'utopie d'une société égalitaire, collective, débarrassée de l'Etat, est impensable, sauf à se faire complice des violences inégalitaires du système capitalisme.
Quelle forme prendra le communisme ? Certainement pas celle d'un parti discipliné, modèle qui a échoué. La réponse est à chercher, selon lui, dans les initiatives ‘expérimentales’ actuelles. (Voir la vidéo.)
Les ‘huit points praticables’ pour refonder une pensée de gauche
Au troisième chapitre de son essai, Badiou dresse une liste de ‘huit points praticables’, sorte de piliers sur lesquels appuyer une refondation conceptuelle de la gauche. Des ouvriers au monde, en passant par l'art, les malades ou l'amour…
‘Point 4. L'amour doit être réinventé (point dit de Rimbaud'), mais aussi tout simplement défendu.
Point 7. Un journal qui appartient à de riches managers n'a pas à être lu par quelqu'un qui n'est ni manager ni riche.’
Le philosophe défend aussi la nécessité de penser l'unicité du monde, dans des univers de plus en plus éclatés.
La politique ? A 70 ans, l'ancien militant de l'UCMLF, scission du PC-MLF (le Parti communiste marxiste-léniniste de France, groupe maoïste), fait mine de ne pas s'intéresser au jeu politique classique. Besancenot et sa tentative de créer un parti anticapitaliste ? Son approche est trop traditionnelle à ses yeux. Le débat sur la ‘politique de civilisation’ ? Foutaise sans intérêt, selon lui : ‘Sarkozy peut se réclamer de tout finalement, sauf de la civilisation. A mes yeux, c'est un barbare…’ (Voir la vidéo.)
Reste Mai 68, auquel Badiou reste fidèle. Il y voit quatre dimensions : une révolte de la jeunesse, une grève ouvrière, un mouvement libertaire, et, de façon moins visible, une recherche de figures politiques novatrices. Mais il se méfie de la commémoration des ‘événements’, quarante ans après. (Voir la vidéo)
Pascal Riché et David Servenay
► ‘De quoi Sarkozy est-il le nom ? , Circonstances 4’ d'Alain Badiou - Nouvelles éditions lignes - 155 pages - 14 euros.


























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De marie 75 3563
12H48 | 26/01/2008 |
de quoi est le nom de cette politique dite de civilisation ?
un hommage à l'abbé pierre …. qui décape
http://fr.youtube.com/watch ? v=2waG35eiyVY
un hommage à l'abbé pierre …. qui décape taper hommage abbé pierre par hakim sur you tube
et à faire circuler il a du talent hakim ! ! ! !
à marie 75
De Etel
18H33 | 26/01/2008 |
merci pour ce très beau texte
(même s'il n'a rien à voir avec les ujet ici traité)
à Etel
De toile
19H17 | 26/01/2008 |
Badiou – de quoi Sarkozy est-il le nom ?
Sarkozy - de quoi Badiou est-il le nom ?
peut-on parler d'une barbarie maoiste (ou est-ce trop mal élevé).
Peut-on penser sans allez chercher Pétain (histoire d'être un plus présent).
Ou bien de la métaphore du rat. Si plaisante, on peut s'empêcher de sourire si l'on se souvient de qui les rats étaient le nom.
Enfin, de quoi Sarkozy est-il le nom ? . Ce genre de question posée par un élève studieux et brillant ferait surgir du fond de la classe, là où les cancres se sont installés, une seule réponse : « de toi même ! ».
Je ne peux m'empêcher de l'entendre cette réponse tant est laborieux le développement qui suit la question, tant son support institutionnel m'impressionne (Ecole normale supérieure).
D'ailleurs comment écouter A. BAUDIOU parler de corruption et d'accaparement des médias. L'ENS est-elle sa propriété ? Ses élèves sont-ils bien payés pour se soumettre au « crédit » et aux « intuitions » de ce professeur.
Un professeur utilise les deniers publics et le temps du cours pour exposer ses opinions sur le résultat de l'élection présidentielle. Cerise sur le gateau, il touche des droits d'auteur en vendant par la suite ses cours.
Sommes nous vraiment dans une dictature, nos résistants sont-ils aussi des prévaricateurs ?
C'est étange ce renversement permanent auquel nous n'échapperons jamais, je dénonce en fait mes propres pratiques que je ne peux voir. On entend, rendre la parole à ceux qui ne l'ont pas, et on assiste à une triste prosopopée de l'ouvrier, immigré de préférence, les ouvriers français depuis Le Pen sont un peu moins fréquentables.
Et voilà qu'arrive le Maréchal, toujours utile quand on évoque la droite, et pous ne pas être en reste on s'appuie sur des citations de Mao.
De Mao ? Oui, un peu de provocation pour le bourgeois, de celle que l'on pratiquait sur le bvd Saint Germain durant « les cinq années bénis d'après 1968 ». Qu'importe les souffrances des ennemis du peuple, des artistes, les viols, les meurtres, l'humiliation des enfants.
Les enfants, ils ont fuit l'ombre du Maréchal que l'auteur traine comme le linceul de sa pensée.
Je me fous de Sarko et je ne regarde pas la TV, je le connais par conséquent assez mal. Je n'aime pas les Rolex, les mocassins à pompon et les initiales sur les chemises. Cela ne me suffit pas pour haïr une personne et encore moins pour le traiter d'abruti et de fasciste (au risque évident de le devenir moi même). Je ne méprise pas l'ouvier ni le comptable même s'il n'est pas noir et immigré.
Hésiode n'est pas devenu pétainiste pour avoir écrit « le travail rend mille fois plus cher aux dieux ».
Je ne rêve pas d'une société communiste et je suis triste de voir mon univers se retrécir pour se transformer chaque jour en espace planifié ou commercialisé.
Sarkozy n'y est pour rien. Et vous ?
Vous vous dédouaner trop pour ne pas être suspect. Où vous trouve-t-on l'été, dans quelle zone protégée ?
On critique « il faut récompenser le mérite », mais cette lumière du mérite n'est ce pas vous qui l'entrtenez à chaque intervention, autocollé sur chaque livre. Normalien, n'est-il pas la suprême récompense du bon élève qui pose les bonnes questions. Cette assurance de vos énoncés l'agilité de vos discours et de vos démonstrations n'est-ce pas Normal qui vous l'ont procuré. Que vous ayez des doutes sur l'universalité du résultat, je le conçois à la lecture de cet « ouvrage » qui vous fera certainement honte un jour, peut-être déjà aujourd'hui d'ailleurs.
Normal c'est un peu plus encore que le mérite d'ailleurs c'est le sommet de la pyramide de l'appareil d'Etat si bien rejeté par Baudiou. Normal et ses bataillons de caporaux de Normal Instits que l'on a retrouvé jusque dans les effecifs de la colonialisation triomphante, Normal recréé par Napoléon, difficile héritage.
Dans un intéressant parallèle F. Hollande a dit « je n'aime pas les riches ». C'est à dire 4000 €. Et puis ces immigrés que l'on défend à toutes forces, ceux de son école, de son quartier.
Oui, on peut avoir honte de vivre avec plus de 4000 € pendant que certains ramassent des salades pour 4 centimes, avoir honte d'être à l'ENS alors que tant de gens plus intelligents et plus fin n'apparaîtront sur aucun tableau d'honneur, avoir honte de vivre confortablement alors que la misère envahit le monde.
J'aimerais lire un texte d'A. Badiou, quand il aura répondu à sa question, qui s'intitulerait Pourquoi j'ai honte ?
Alors le bouc émissaire ? Le retournenement nous conduit-il pas à un Sarkozy bouc émissaire de nos hontes. Résultat d'une tension insuportable entre notre imaginaire bienfaisant et l'évidente complicité qui nous accable tous les jours. Comment faire barrage à l'exposition évidente de la haine de soi, en convocant Sarkozy, victime désignée par un troupeau apeuré.
Un dernier mot, le pouvoir qui vous échappe ne renforce pas les aptitudes à la tolérance. Puisque c'est à l'école que j'ai tout appris. J'ai bien retenu « c'est celui qui dit qui est ».
Ce reproche fait aux élites politiques d'avoir confisquer la parole du peuple s'applique bien entendu à ceux qui l'énoncent.
Il me vient ce souvenir de cette dame à la mise parfaitement gauche progressiste, pantalon large, noir, toile, court, veste mao – un peu daté, nous constatons là aussi une difficulté au renouvellement. Elle s'écrit en montrant le ciel, que je regarde sans rien voir venir ni partir : « mais que va-t-on faire quelqu'un va-t-il se lever ». Telle une vestale, elle a la parole.
Ce pouvoir de donner la parole, Internet, le nouveau Gutemberg, vous l'arrache pour le meilleur et pour le pire.
Premier enseignement – du professeur, un diplôme ne vous met pas l'abri de professer des sophismes, des approximations intellectuelles, des raccourcis et autre amalgame ni d'une évidente veulerie (la femme de Sarkozy va nous apprendre des choses sur Sarkozy).
Deuxième enseignement – de l'élève, un diplôme ne vous met pas l'abri d'écouter des…
Troisième enseignement, il existe une chose en dehors des diplômes qui permet à deux personnes de faire le même constat (des élèves normaliens se sont interrogés sur la nécessité du livre).
Quatrième enseignement – althusser continue à faire des dégats, pour combien de temps encore.
Après un Mitterrand décevant un effondrement du mur, une belle action des Khmers rouges, il est devenu difficile de se contenter d'une analyse structuralise et althussérienne pour éclairer un monde devenu invisible et inaudible. Le vide de la parole a céder la place à des Sarko.
L'halali qu'il subit est certainement un signe rassurant pour oublier les causes qui l'ont amené là. Si l'on veut bien oublier un instant notre ami Pétain.
Ce livre est un peu le coup de pied de plus sur une image trop facilement vouée aux gémonies, il est plus éclairant sur son auteur qu'autre chose.
Et puis cet appel à la relève, on sent l'inquiétude de l'échec et peut être aussi la peur de celui qui va apparaître et les faire passer au tribunal de l'histoire de la pensée. Auront-ils le même sort que Bouvard et Pécuchet et leurs intéressantes expérimentations.
à toile
De Enguerrand
poubellier au Zimbabwe | 20H45 | 26/01/2008 |
@ toile, rien qu'à toile
Long, chiant, ratiocineur, votre texte, on dirait du
Finckelkraut.
à Enguerrand
De vintage
16H03 | 27/01/2008 |
un peu de respect pour le Zimbabwe !
à marie 75
De supprimé à la demande du riverain 28.04.09
20H35 | 27/01/2008 |
Oui,il a du talent..
Merci pour ce lien.
Bonne soirée.
à marie 75
De supprimé à la demande du riverain 28.04.09
20H37 | 27/01/2008 |
Oui,il a du talent..
Merci pour ce lien.
Bonne soirée.
à supprimé à la demande du riverain 28.04.09
De Awopbopaloobop_Alopbamboom
récalcitrant | 11H23 | 29/01/2008 |
Il n'est pas trop tard pour déposer plainte contre le gouvernement français auprès de la Cour Européenne des Droits de l'Homme.
Le lien vers le site où tous les documents sont centralisés et prêts à être envoyés, beaucoup d'information données est le suivant :
http://www.29mai.eu/
Non au déni de démocratie.
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 12H59 | 26/01/2008 |
Pendant que le PS panse ses plaies et se positionne comme accompagnateur social du libéralisme, que Besancenot surfe sur la vague djeunes libertaire,guévaristes et alter, au lieu de réafirmer haut et clair la nécessité d'un lecture moderne et marxiste de la socièté, Badiou montre le sens et la voie .
Merçi Monsieur.
A bas l'eau tiède !
Le PS est mort !
Vive la Gauche !
à Charles Mouloud
De Maurice-Dantec
gardien | 14H01 | 26/01/2008 |
@ Charles Mouloud
Apparaître, disparaître, transparaître, telle est la stratégie à suivre pour demeurer libre ici-bas, n'est-ce-pas ? …
Aussi, puisque Dieu est mort et que Bathurst ne se sent pas très bien, je me devais de prendre le relais.
Voici ma question : Que vaut « Marx-et-ça-repart ! » face à une pointure telle que Basile de Césarée dit le Pneumologue ?
Sinon sachez encore que, pour le reste, je suis comme vous : je vomis l'eau tiède.
Bon allez, je repars avaler quelques parsecs de cosmos,
c'est ma croix.
Mon footing rien qu'à moi.
A plus !
Votre vieux Maurice (on the road pour le Trés-Haut).
à Maurice-Dantec
De oscar clandot
15H00 | 26/01/2008 |
Traine en route si tu peux on en boira un avec Dollé
à Maurice-Dantec
De all
08H23 | 27/01/2008 |
Go Maurice, go
à Charles Mouloud
De monika
ex secrétaire médicale | 14H16 | 26/01/2008 |
Cinq pastilles rouges pour Monsieur BADIOU. Oui vive la GAUCHE, CHARLES MOULOUD.
Monsieur BADIOU, vous devriez vous pésenter aux prochaines élections présidentielles. Avoir un président juste et équitable remonterait notre moral bien affaibli en ce moment !
Un bon bouquin à lire : Le livre noir du capitalisme (le temps des cerises).
à Charles Mouloud
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 08H49 | 27/01/2008 |
Aaaaarrrrrggg ! ! !
Pirée, j'ai tout plin de points rouges !
Varicelle ?
Rougeole gauchiste ?
Promis, je consulte demain !
à Charles Mouloud
De Incorrect
17H07 | 27/01/2008 |
Badiou ou le gros rouge qui tâche………..
à Incorrect
De brogilo
in angulo | 17H25 | 27/01/2008 |
Incorrect ou le petit blanc qui se lâche………
à brogilo
De Incorrect
19H29 | 27/01/2008 |
Ah bon diou …encore une éclipse lunaire dans le ciel gauchiste !
à Incorrect
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 21H44 | 27/01/2008 |
Yahvé akbar ! Encore une ellipse brunaire dans le fiel droitiste !
De Le Yéti
yetiblog.org | 14H34 | 26/01/2008 |
MAI 2008
Au rythme où la dégringolade est partie, ce n'est pas Mai 68 que la bande des abrutis au pouvoir va devoir penser à « liquider ».
Mais plutôt Mai 2008 qu'il leur faudra circonscrire !
Car je ne sais pas ce que sera ce « Mai 2008 » ; je ne suis pas persuadé qu'il ressemblera à Mai 68, ni même s'il aura lieu au mois de mai. Mais je serais prêt à parier qu'il se passera quelque chose de ce genre, partie de France ou d'ailleurs, avant la fin de cette année de dingues.
à Le Yéti
De jyeden
khmer vert ( age des caverne, pierr... | 14H56 | 26/01/2008 |
Yeti a surement raison
lorsque j'ai été voté pour les présidentielles j'ai été surpris du nombre de votant qui se déplaçait.
bien sur cela se voit dans les chiffres de la participation, mais là, c'etait palpable sur les lieux de vote.
et vous, qui avaient été voté, souvenez vous du calme et du sérieux des gens qui attendaient, bien plus longtemps que d'habitude, pour voter
j'ai ressenti quelquechose : c'est l'espoir que beaucoup de gens mettaient dans cette election.
Des electeurs de sarko on vraiment cru en cet homme, cru que l'on pouvait changerr quelquechose en profondeur. Idem pour les electeurs de Royal. Car meme au premier tour les gens se sont d'abord deplacé pour voter pour ces deux là.
maintenant on se trouve avec un homme que les journaux étrangers commencent à juger severement.
Des collègues de gauche qui ont voté sarko m'ont dit le regretter
Cette façon de dire, je suis le président du pouvoir d'achatt, mais les caisses sont vides et aller vous faire voir choque beaucoup.
On se demande s'il va continuer a faire des coups médiatiques (mais là ca commence à se limiter) ou a faire une gestion à la chirac
de toute façon les désillusions sont là
ça risque de n'etre pas triste mai 2008
De skalpa
actif et militant ? | 13H05 | 26/01/2008 |
http://kprodukt.blogspot.com
De Sexus Empiricus
13H50 | 26/01/2008 |
Entendre Badiou, ça ne fait pas de mal.
Depuis les Lumières, au moins, on ne compte plus les esprits illustres et très cultivés qui ont applaudi à des régimes d'horreur et d'infamie. La culture n'est donc pas un bon rempart contre l'immonde, c'en est parfois le cheval de bois. D'où le « malaise dans la culture », ou le « malaise dans la civilisation ». La barbarie n'est jamais loin : comme le bon sens, c'est la chose du monde la mieux partagée.
En revanche, on n'a jamais vu sous le soleil quelqu'un dont toute la culture dégouline autour de l'argent, des affaires, de la « réussite » personnelle (yacht, top modèle et Disneyland), transformer ses intérêts nombrilistes en civilisation. En politique, oui ; en civilisation, non.
Le spectre du communisme rôde depuis le XIXe siècle. 1847… 1917… 2017 ? À moins que 2008 soit un quarantenaire qui en mette plus d'un en quarantaine, c'est-à-dire de côté. Aussi, voilà bientôt vingt ans que 89 est passé, le mur tombé – et c'est ce qui fait trembler. Spectres de Marx, écrivait Derrida.
Mort ? Vivant ? On ne sait pas, on ne sait jamais avec un spectre. Comme dans Hamlet le prince d'un État pourri, tout commence par cette apparition. Un frémissement, un coup d'aile du papillon. Autrefois, il y avait quelque chose de pourri dans le royaume de Danemark ; aujourd'hui qui ne s'aperçoit pas qu'il y a du faux et du fou dans notre république ?
Les blandices du capitalisme à la Friedmann, les délices du travailler plus pour que le meilleur gagne, la liquidation du bien public sur l'autel de la Croissance, ne font que renforcer la menace du spectre.
Pour ceux qui, en écoutant parler Badiou, s'imaginent que « communisme » est un gros mot, qu'ils songent donc à Malcolm de Chazal : « Le soleil, c'est le communisme intégral, sauf dans les villes, où le soleil est propriété privée. » Dans les villes ? Dans certaines résidences, assurément. Le soleil, mais l'eau, mais l'air, mais la terre. (L'écologie ne peut pas être une affaire de droit privé.)
Pour ceux qui ne parviennent pas à oublier Stalingrad et sa suite, ne pas oublier l'avertissement de Claude Roy : « Gestes absurdes : frapper du poing un hérisson, montrer du doigt un éléphant, réformer le communisme. » On ajouterais aussi bien : « réformer le capitalisme ».
Même sous bénéfice d'inventaire, nous n'irons pas conjurer le spectre.
Comme disaient Isabelle Stengers et Philippe Pignarre, « le point crucial n'est pas de se mettre d'accord sur ce que Marx a écrit, mais de prolonger la question qu'il a créée, celle de ce capitalisme dont il s'agit de combattre l'emprise. Et pour prolonger cette création, il faut se souvenir que ce que Marx a appelé “le capitalisme” n'a rien d'une évidence empirique, comme les tremblements de terre, par exemple, qui permettent de séparer constat et discussion quant aux possibilités de parer à leurs effets catastrophiques. Le capitalisme n'a même pas le mode d'existence “identifiable” qui a pu être attribué aux régimes et mouvements qui se sont dits “communistes”. »
Il s'agit plutôt d'inventer des pratiques de désenvoûtement. Et on n'ira donc pas les trouver dans les vieux médias du temps jadis.
Ce n'est donc pas en « suivant les informations », comme disent des millions de captifs devant la messe du 20 heures, qu'on trouvera l'antidote.
à Sexus Empiricus
De Un compte supprime
nc | 05H20 | 27/01/2008 |
bravo Badiou, bravo sexus empiricus.
à Sexus Empiricus
De Alyssa
19H25 | 27/01/2008 |
Euh ! en résumé, vous êtes pour la dictature du prolétariat ?
à Sexus Empiricus
De Incorrect
19H32 | 27/01/2008 |
Les Lumières… c'était avant que Badiou n'arrive.
De Mehdi-tons
Post-Capitaliste | 13H59 | 26/01/2008 |
Juste une question : c'est dans « De quoi Sarkozy est-il ne nom ? » que Alain Badiou décrit ses « piliers sur lesquels appuyer une refondation conceptuelle de la gauche » ou bien c'est dans un autre ouvrage ?
à Mehdi-tons
De David Servenay
Rue89 | 14H14 | 26/01/2008 |
@ Mehdi-tons
C'est bien dans cet ouvrage que Badiou décrit les huit « points praticables » et non contingents, comme il le précise dans l'entretien. Chapitre 3 et 4, si vous êtes pressé.
à Mehdi-tons
De sheena-greeny
15H17 | 26/01/2008 |
Dans ce livre, Badiou parle bien de ces « huit points à tenir » mais en effet, il n'est absolument pas dit que ce sont des pilliers (je cite l'article) « sur lesquels appuyer une refondation conceptuelle de la gauche », je trouve cela un peu réducteur de présenter ainsi le déroulement du livre, où il y a un vrai cheminement de la prise de conscience individuelle à une volonté politique possible qui en découlerait, mais surtout pas l'inverse.
Il introduit ces huit points davantage comme une discipline personnelle, un travail pour « tenir » la recherche d'une vérité dans le contexte qui est le nôtre.
Et c'est assez abstrait, ou intime. Il éveille la volonté de travailler sur soi du lecteur, il « courage » celui-ci à penser et à se libérer de la morosité que peut engendrer le contexte, bien davantage qu'il ne fait appel à sa volonté de participer à une « refondation conceptuelle la gauche », comme le dit l'article.
Je pense que c'est important à souligner. Et c'est là où je trouve que l'article ne retranscrit pas vraiment cette dimension du livre, très personnelle. Il s'adresse à tous et à chacun, propose un positionnement personnel dans un contexte politique donné, avec une volonter de permettre au lecteur de prendre du recul par rapport à ce contexte.
Ce livre propose une prise de conscience personnelle, et un vrai encouragement à se libérer d'un contexte politique (& psychologique) décourageant.
Je ne sais pas si c'est très clair.
Pour citer l'intro du chapitre 3 en question sur les huits points :
« ce n'est ni un programme ni une liste, c'est une table des possibles, abstraite et incomplète, naturellement ».
Voilà finalement qui résume mieux l'idée ; )
En tout cas, merci à rue89 pour cet article et ces interviews.
à Mehdi-tons
De FanFan2722
reactionashow.blogspot.com | 15H28 | 26/01/2008 |
je trouve remarquable le point 7 [si un journal est détenu par un riche manager il ne doit être lu que par les riches et les managers]
Voila une leçon que l'on devrait tous apprendre par coeur on se libererai ainsi de la presse aplatventriste française. Plus besoin de lire Le monde, libération et autres outils de propagande présidentielle.
Dans ces conditions, la presse alternative a de beaux jours devant elle. Lisez le plan B, fakir, le ravi, backchich, JoJoCo et autre gratte poil irrévérentieux. C'est dans leurs pages que l'on trouve la vraie information
En attendant, la vigie de Acrimed fait son boulot et puni tous les mauvais élèves
http://reactionashow.blogspot.com
à FanFan2722
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 15H45 | 26/01/2008 |
Caractériser des fleurons de la « presse nationale » comme outils de propagande présidentielle c'est ahurissant !
Ces journaux méritent bien des critiques mais de là à en faire des organes sakozyques ! Bonjour délire. La presse n'a pas besoin de travailler plus à chaud mais de prendre du recul par rapport aux événements et de mieux écrire nos maux.
Merci pour cette liste de titres de sites ( ? ) que j'irai visiter.