A la Une 25/01/2008 à 16h20

La chute de Prodi révèle le malaise de la société italienne

Bénédicte Monville | Doctorante à l'EHESS


Romano Prodi à la chambre mercredi (Alessandro Bianchi/Reuters)

Le 21 janvier, Clemente Mastella, leader de l'Udeur, petit parti du centre allié à la majorité gouvernementale de Romano Prodi, annonçait lors d'une conférence de presse que sa formation quittait la majorité : « L'expérience du centre gauche est terminée. » L'Udeur comptait trois sénateurs dont les voix étaient indispensables au gouvernement, qui ne disposait que d'une ou deux voix d'avance au Sénat. En décidant de mettre fin à l'alliance de son parti avec le centre gauche, Clemente Mastella précipitait la fin du gouvernement Prodi. Jeudi, ce dernier soumettait en effet son gouvernement à un vote de confiance au Sénat et chutait.

Cette passe d'armes entre les responsables politiques italiens, qui ouvre une grave crise gouvernementale, doit être analysée à la lumière de trois facteurs essentiels : la réforme de la loi électorale, le conflit rouvert entre la classe politique et la magistrature et surtout l'ingérence de l'Eglise catholique dans le débat politique, qui s'est notablement accrue ces derniers mois.

Une réforme électorale défavorable aux petits partis

Le gouvernement Prodi avait entamé des consultations avec les différentes formations politiques afin de réformer un système électoral jugé inadéquat parce qu'il expose le pays à l'instabilité. La future loi électorale, qui aurait du être soumise à référendum, aurait désavantagé les petits partis. Avec seulement 1,4% des voix, l'Udeur, le parti de Mastella, risquait de ne plus être représenté au Parlement.

Affaires en cascade

Par ailleurs, le 16 janvier, Clemente Mastella démissionnait de son poste de ministre de la Justice après que lui-même, sa femme et des élus de son parti aient été mis en cause dans une affaire de corruption et de trafic d'influence en Campanie. La même semaine, le président centriste de la région Sicile était condamné à cinq ans de prison et à l'inéligibilité pour collusion avec la Mafia. Enfin, Silvio Berlusconi était mis en examen à Naples pour corruption.

Clemente Mastella a dénoncé le complot d'une « frange extrémiste de la magistrature » sous les applaudissements de la chambre des députés. Silvio Berlusconi a lui parlé de « pathologie ». Résultat, l'union nationale des magistrats, syndicat majoritaire, s'est inquiétée du choix « irresponsable » de délégitimer l'action de la magistrature « car il peut générer une défiance dans les institutions et attenter aux bases de la vie en société ».

L'offensive de Benoît XVI

L'annonce par Mastella du retrait de l'Udeur de la majorité est enfin intervenue le jour même où le président de la Conférence épiscopale italienne, Mgr Angelo Bagnasco, a exprimé de vives critiques contre le gouvernement, déclarant l'Italie « en miettes ».

L'ex-ministre de la Justice s'est plusieurs fois distingué pour ses positions procatholiques. Il avait déjà menacé de s'opposer au gouvernement au cas où ce dernier insisterait dans sa volonté de proposer un contrat d'union civile (sorte de Pacs italien).

Il soutient la campagne du journaliste italien Giuliano Ferrara, fondateur et directeur du quotidien Il Foglio, qui demande un moratoire sur la loi 194 sur l'interruption volontaire de grossesse qu'il requalifie de « pena d'aborto » (peine d'avortement). Cet ancien responsable du parti communiste italien soutient, en accord avec Benoît XVI, que seule l'affirmation des racines et valeurs judéo chrétiennes de l'Europe peut garder nos sociétés occidentales de la dissolution sociale et du danger d'un islam radical.

Son appel à reconsidérer la loi sur l'interruption volontaire de grossesse s'inscrit dans une série d'attaques récentes de la part du clergé contre le droit à l'avortement. Le coordinateur national de Forza Italia (parti de Silvio Berlusconi), Sandro Bondi, a présenté une motion parlementaire afin de réexaminer la loi.

Dimanche dernier, Clemente Mastella répondait à l'appel lancé par le cardinal Camillo Ruini, après la visite « manquée » du Pape à l'université de Rome « La Sapienza ». Ce dernier invitait les fidèles à venir nombreux assister à l'Angélus du dimanche devant la Basilique Saint-pierre de Rome en un « geste d'amour » afin de témoigner au souverain pontife « affection » et « solidarité ».

Clemente Mastella, un des premiers à condamner le « geste d'intolérance » dont a été victime Benoît XVI, regrettait que le gouvernement n'ait pas présenté ses excuses au Pape. Dans le discours qu'il aurait dû prononcer à la Sapienza et rendu publique par les services de presse du Vatican, le Pape affirmait également que :

« Si notre culture européenne veut se construire sur la seule base du cercle de ses argumentations et de ce qui sur le moment la convainc –préoccupée par sa laïcité– elle prend ses distances des racines qui la font vivre, alors elle ne devient pas plus raisonnable et plus pure, mais elle se décompose et se désintègre. »

Ces tentatives répétées de la part de l'Eglise catholique d'imposer ses vues dans le débat politique italien interviennent à un moment où elle revient à des pratiques rétrogrades qui visent à renforcer les prérogatives des sacerdoces sur les fidèles. Le 13 janvier 2008, dans la chapelle Sixtine, Benoît XVI a dit la messe en latin, le dos tourné à l'assemblée des croyants. L'abandon par le Pape de la célébration commune du culte, en face à face, est significatif d'un retour à une orthodoxie d'avant Vatican II.

L'amorce d'une redistribution des richesses

A ces trois facteurs, il convient d'en ajouter un quatrième, la collusion des intérêts économiques entre les acteurs de l'opposition au gouvernement : la droite, les démocrates chrétiens du centre droit, le patronat -représenté par son syndicat Confindustria- et l'Eglise (que Berlusconi, par exemple, a exemptée du paiement de la taxe foncière).

Le gouvernement Prodi a assaini les finances publiques et réfléchissait à des politiques de redistribution des richesses et de revalorisation du revenu du travail en augmentant les taxes sur les revenus du capital de 12,5% à 20%, en baissant conséquemment les impôts de 3 à 4% pour les familles modestes et en introduisant le quotient familial dans le calcul de l'impôt. Lors de son discours de mercredi devant la Chambre, Romano Prodi a déclaré :

« Ce gouvernement est celui qui a commencé à faire payer leurs impôts à ceux qui ne le faisaient pas, qui a combattu la précarité, le chômage, qui a investi sur les jeunes. »
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  • anti_cons
    • Posté à 16h46 le 25/01/2008

    Je suis conscient que le pouvoir (comme le business) dans tous les pays ne depend que de rapports de forces entre personnes d'influences, qui ont le « bras long », voire d'organisations casi sectaires (franc-maçons en France, Opus Dei en Espagne etc), mais en Italie c'est dans leur culture donc il y a des centaines de mouvances qui s'opposent. Cela se reflete bien dans leur vie politique, quand ce n'est pas un mafieux qui est à la tête du pays le gouvernement ne tient pas plus d'un an !

    Depuis Mussolini se sont succedé des dizaines et des dizaines de presidents et de gouvernements differents qui n'ont duré en moyenne que quelques mois...Le peuple en est le premier dépité, comme d'habitude.

    Lorsqu'une bonne âme s'oppose à ces groupes d'influence ou ne veut pas y adherer, il est vite mis sur la touche. C'est triste mais c'est comme ca, nous sommes gouvernés dans nos entreprises, nos organisations, nos gouvernements, par differents groupes d'amis qui decident de notre avenir autours d'un Brandy 15 ans d'âge et d'un gros cigare...C'est quand ces groupes d'influences et de pouvoirs sont trop nombreux et s'opposent comme en Italie que cela se perçoit.

    (Ne leur en voulons donc pas tant d'être champions du monde à notre place, pardon pour cette touche de légèreté).

    • Alain Provist
      • Posté à 19h33 le 26/01/2008
      • Internaute

      Napoléon mettait toute sa famille sur les trônes d'Europe. Notre petit caporal voudra peut-être mettre son italienne préférée à la tête du gouvernement italien car la place est vacante. Et pour les défilés, c'est une pro dis !

  • ApollonduRéverbère
    • Posté à 16h50 le 25/01/2008

    La situation en Italie est bien différente de la France. Les coalitions ont toujours rendu l'exercice politique extrêmement délicat depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Depuis les années 70, il a été souvent conseillé aux Italiens de changer les modalités de la proportionnelle mais ils s'y accrochent. Il faut croire que cela leur convient.

    On voit bien néanmoins les limites du gouvernement à cette occasion.

    Connaissant bien les rouages des alliances italiennes, je savais que le deal de Bayrou était intenable. Idem pour celui de Royal. D'ailleurs, l'ouverture infinitésimale de Sarkozy prend l'eau.

    Un évènement politique sur lequel doivent méditer tous les électeurs avant de prendre leurs décisions. Au moment des grands engagements qu'ils soient locaux ou nationaux, les coalitions peuvent se révéler sources de danger pour la vie démocratique.

    • Dan51
      • Posté à 20h53 le 26/01/2008
      • Internaute

      Vous jugez et comparez des situations qui ne sont pas comparables et en tirez de fausses conclusions.

      Vous ignorez qu'en Italie, il n'y a aucune limite pour les petits partis à 5% comme c'est le cas dans la plupart des pays d'Europe du Nord qui pratiquent depuis toujours - et sans aucun problème - les alliances et coalitions sur des PROJETS, pour une période donnée. Puis ils reviennent devant les électeurs en fin de mandat. La coalition est soit renouvelée, soit une autre constellation voit le jour.
      C'est ce qui est pratiqué par exemple en Allemagne depuis 1949, sans aucune déstabilisation.

      Par contre en Italie, aucune loi ne prévoit de fixer la barre des 5% pour l'entrée au Parlement. De sorte que de minuscules partis de 1% peuvent faire tomber un gouvernement. Le gouvernement Prodi fait partie de ceux qui ont duré le plus longtemps en Italie depuis la guerre. Certains sont restés moins de 6 mois...

      Non, ce n'est pas la pratique des coalitions qui est en question, mais la loi électorale italienne que Prodi souhaitait modifier. Ce sera la seule solution pour mettre fin à ces aberrations.

      Votre analyse sur F. Bayrou est donc absolument erronée.

      C'est lui l'homme politique qui voit le plus loin et qui connaît le mieux l'Europe et tous ses systèmes politiques pour avoir été député européen. Il n'est pas resté enfermé à Neuilly-sur-Seine dans sa bulle dorée...

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  • Perlin
    • Posté à 16h51 le 25/01/2008

    Merci pour cette remise en situation, ça manquait dans les autres journaux pour mieux cerné la situation( :

  • Sacha25
    • Posté à 17h16 le 25/01/2008
    • Internaute

    Il est frappant de copnstater que le Pape se considère comme le représentant sur terre du dieu d'Abraham demandant à ses fidéles de se transformer en brebis et de bêler là où le livre d'Abraham leur dit de bêler, refusant de voir en eux l'oeuvre parfaite du dieu d'Abraham, mais son oeuvre imparfaite que les prophètes doivent rendre parfaites.

    Qu'avons-nous, gaulois, à voir avec le dieu d'Abraham ? Ce n'est pas notre tradition.

    Comment peut-on à ce point oublier, que depuis Clovis, la France n'a eu de lien avec la religion que pour la domestiquer, l'humaniser, eun mot rendre l'humanité à Dieu (dont, comme le disent le religions, nous ne saurons jamais qui il est)

    • all
      all répond à Sacha25
      • Posté à 17h27 le 25/01/2008
      • Internaute

      Ouaip Sacha ! Le message d'Abraham marquait la fin des sacrifices humains qui étaient monnaie courante à l'époque ; un progrès, non ? .
      Tu préfères sans doute les fêtes celtiques rituelles et sanglantes, car les druides ne resemblaient pas tous à Panoramix. Ou les pittoresques cérémonies Incas ?

      • Sacha25
        Sacha25 répond à all
        • Posté à 09h51 le 26/01/2008
        • Internaute

        Que des sacrifices humains aient eu lieu, c'est certain.
        Que ce soit dans la culture des peuples sémitiques, dont le peuple juif, c'est certain. Que cette tradition se perpétue, c'est encore certain (agneau pascal, mouton de l'Aïd-el-kébir, bouc émissaire). Donc dire que ça a mis fin aux sacrifices, j'en doute, j'en doute fort.

        Qu'au nom de cette tradition, on me charge de péché, parce que Abraham n'a pas accepté que son dieu ait créé Adam et Eve nus et qu'il ait condamné son dieu pour cet acte, je le refuse bien évidemment.

        Je ne suis pas sûr que notre tradition druidique gauloise, elle aussi pleine des superstitions de l'époque, ait été aussi « barbare »

      • Kereven
        Kereven répond à all
        • Posté à 13h02 le 27/01/2008

        Les sacrifices druidiques n'étaient pas monnaie courante ! Quelques latins l'ont dit, cela n'en fait pas pour autant une vérité, compte tenu qu'ils ont aussi dit beaucoup de conneries sur le sujet, à défaut de le connaitre. Les textes irlandais et gaulois transmis n'en font pas mention à l'exces.
        C'est juste pour votre information.

    • pablico
      pablico répond à Sacha25
      Sudoku et Nord de face
      • Posté à 18h00 le 25/01/2008
      • Internaute
        Sudoku et Nord de face

      Entièrement d'accord avec toi. Ce doux mélange du laïc et du religieux, ne donne rien de bon.
      Si j'ai bien compris c'est une histoire de « Pacs » qui a amené à cette crise.
      Heureusement que la main du pape n'arrive pas dans la culotte de la France ! ! dieu merci. quoi que maintenant ...
      Mais la main du pape, trifouille l'ITALIE.

    • karlM
      karlM répond à Sacha25
      Précaire
      • Posté à 09h40 le 26/01/2008
      • Internaute
        Précaire

      Gaulois ? c'est une construction de nos historiens pour renforcer le sentiment patriotique. Et pour Dieu et bien on est nombreux à s'en foutre, hélas notre république laïque ne lutte pas contre les obsucratismes. Les Italiens sont dans la même merde que nous,ils ont des politicards au service du Dieu argent et assoifés de pouvoir, et aussi une presse « à la botte » (italienne). Avec une gauche molle qui penche à droite, Je trouve ça bien, les socialo-nantis se dévoilent.

      • Sacha25
        Sacha25 répond à karlM
        • Posté à 10h00 le 26/01/2008
        • Internaute

        Je dis gaulois pour marquer une rupture afvec la civilisation judéo-islamo-chrétienne dont nous devons sortir pour arriver au peuple de la terre, décidant entre nous de notre sort, sans se sentir perpétuellement tiré en arrière par des références dépassées.

        Je ne doute pas un ionstant qu'on y arrive inexorablement. Ce sera plus « simple » et « rapide » si on aide à se « dépouiller du vieil homme » (comme disent les religions) homme préhistorique que nous sommes encore à bien des égards (notamment génétques, je pense)

        Je me sens nettement plus Terrien que gaulois ou judéo-islamo-chrétien et je ne me reconnais pas dans la gauche du XIX° siècle qui régne en France. Vive la resposabilioté individuelle et la soldarité collective pour le peuple de la terre

         
        • Kereven
          Kereven répond à Sacha25
          • Posté à 13h28 le 27/01/2008

          Ne remonte pas trop loin Sacha, tu risques d'être déçu. La civilisation « judéo-islamo-chrétienne » a exactement les mêmes origines que la civilisation celtique à laquelle appartennaient les gaulois, à savoir la civiliation indo-européenne.
          la religion celtique est proche du shamanisme et trouve tellement de point de convergence avec le christiannisme, que cette dernière religion s'est implantée sur les terres celtiques très facilement (conversion de l'Irlande en quelques années, sans effusion de sang notoire). Or le christiannisme descend du judaisme (qui vient aussi du monde indo-européen, mais avec la modernité du monothéisme), qui donne naissance après à l'Islam. Tout se tient mon grand, car selon Lavoisier, « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ! »
          Enfin parle du « peuple de la terre » aux millions de citadins français, ils vont bien rire !

        1 autres commentaires
  • all
    all
    • Posté à 17h17 le 25/01/2008
    • Internaute

    De l'importance d'arriver au pouvoir avec une majorité solide et bien unie si l'on veut mener à bien des réformes. Ce qui arrive à Prodi serait arrivé à Bayrou s'il avait été élu, malgré la différence institutionnelle entre nos deux nations : le gain des combinazioni y est supérieur à la volonté de modernisation.

  • Infovite
    Infovite
    info-espress.over-blog.com
    • Posté à 17h53 le 25/01/2008
    • Internaute
      info-espress.over-blog.com

    Et pour soigner le malaise de la société italienne voici que le carabin de Droite se pointe avec ses remèdes plein de conservateurs.
    Des malaises chroniques en prévision.
    Lien

  • alvise forcellini
    • Posté à 18h00 le 25/01/2008
    • Internaute

    cette instabilité gouvernementale rappelle la IVème République française... il faudrait un De Gaulle italien (en plus moderne et ouvert, si possible)...

    • pablico
      pablico répond à alvise forcellini
      Sudoku et Nord de face
      • Posté à 18h01 le 25/01/2008
      • Internaute
        Sudoku et Nord de face

      je ne vois que le pape ! ! : -(

  • Stephane MOT
    Stephane MOT
    Author & Chief AtoZ Officer
    • Posté à 18h01 le 25/01/2008
    • Internaute
      Author & Chief AtoZ Officer

    la démocratie n'est effectivement pas vraiment droit dans sa botte.

    à la crise structurelle (intitutions ne favorisant pas l'émergence d'une majorité claire) s'ajoute l'offensive des fondamentalistes, et vous avez parfaitement raison de signaler l'importance de l'épisode de Benoit XVI.

    Lien

  • StefanoBelbo
    • Posté à 18h20 le 25/01/2008
    • Internaute

    Article impeccable qui cerne les problèmes et les enjeux .
    Le spectacle de sénateurs de l'opposition sablant le champagne dans l'enceinte de l'hémicycle et les chauffeurs de taxis romains manifestant bruyamment leur joie à côté de la racaille d'extrême-droite , voilà qui change d'une Italie strictement « culturelle ».Ajoutez ,chaque soir ,le spectacle de jeux imbéciles sur la RAI -chaîne publique- et vous comprendrez qu'on puisse se poser quelques questions ....
    A lire absolument : « Journal intime et politique-Italie » paru en Novembre 2OO6 aux éditions Littera O5 .

    • Lemmy
      Lemmy répond à StefanoBelbo
      • Posté à 02h33 le 26/01/2008

      D'ailleurs j'aimerai bien savoir ce qu'en pense Carla, elle qui a un avis tellement « prononcé » sur nous autres, pauvres cons de Français.

      Les Italiens ont déjà eut droit à Berlusconi, mais de toutes évidences... the show must go on ! (sur la RAI, TF1 ou ailleurs...)

  • alberto_le_milanais-
    • Posté à 18h37 le 25/01/2008
    • Internaute
      aucune

    le gauchiste de base qui représente environ 75% des lecteurs de ce forum, qui sont des fonctionnaires, doivent faire la tronche : )

    • ApollonduRéverbère
      • Posté à 20h25 le 25/01/2008

      nous n'aimons pas les fachistes en effet, mode politique qui nous a été amené telle une pourrissure de l'âme par les Italiens

    • StefanoBelbo
      • Posté à 22h10 le 25/01/2008
      • Internaute

      Tous les milanais ne sont pas des adeptes de Fini ou Berlusconi .
      Faut-il être atteint de la maladie dénommée « gauchisme “ pour s'indigner d'un tel comportement dans l'enceinte du Sénat (boire du spumante et becqueter de la mortadelle en une fine ( Fini ( ? ) ) allusion aux origines bolognaises de Prodi) ?

    • StefanoBelbo
      • Posté à 22h13 le 25/01/2008
      • Internaute

      Sur les 25 % qui restent , t'es pas brillant , passe des con-courts !

  • MATEHAU
    MATEHAU
    EDUCATION NATIONALE
    • Posté à 18h43 le 25/01/2008
    • Internaute
      EDUCATION NATIONALE

    Je serais très déçu que BERLUSCONI reprenne le pouvoir...ce qui malheureusement se réalisera probablement ! Je suis déçu pour R.PRODI qui me paraît être un homme politique honnête et compétent ! Il est tant que l'Italie change ses institutions (ce que voulait PRODI) pour une plus grande stabilité de gouvernance : quand on pense qu'un minuscule parti, représenté par 3 sénateurs qui ne représentent vraisemblablement qu'eux-mêmes, décide de la chute d'un gouvernement d'union ! . Cela démontre que l'ouverture politique, tant prônée en France par N.SARKOZY et ses serviles subordonnés de l'UMP, ne peut être qu'utopique (sauf à renier ses propres convictions et valeurs), démagogique, mais aussi très aléatoire puisque soumise aux humeurs et retournements de vestes des « convertis ». De toute évidence, deux visions essentielles s'opposent pour l'évolution d'une société : l'une capitaliste et ultra libérale, asservissant, à travers une quête effrénée de profits maximaux et de la mondialisation, l'homme et ses conditions de vie aux pouvoirs de l'argent, l'autre, plus humaniste et plus sociale, qui s'attache à accorder à l'homme et à l'environnement la primauté des retombées économiques. La rupture ne peut se situer qu'entre ces deux types d'aspirations déterminantes !

  • Art-35_Constitution-1793
    • Posté à 19h46 le 25/01/2008

    En italie il y a deux pouvoir : Le peuple et le Vatican !

    Avec Ben Oït 13 et 3 ils sont mal barrés , comme nous, un duo SARKO BERLUSCONNI, ca va ronfler .

    Au fait quel était le prénom de l'égérie de Mussolinni ?

  • Céleste
    • Posté à 22h52 le 25/01/2008
    • Internaute

    Si le gouvernement français actuel continue son travail de sape alors l'Italie est son futur.
    un pays pauvre, dont les ménages ne pouvant faire face aux dépenses (les salaires sont nettement plus bas qu'en France) sont surendettés, un pays où des milliers de jeunes diplomés ne trouvent que des contrats précaires payés une misère (et encore pas dans leur branche), un pays où le pape intervient sans cesse dans la vie sociale, un pays où plus personne (ou presque) ne croit à la politique, un pays qui demain peut reporter au pouvoir un Berlusconi triomphant et plus nocif que jamais, allié à Fini (qui vient de l'extrême droite) et à la cohorte de vieux politicards catholiques pourris qui gangrènent ce pays.

    Prodi un honnête homme, certes. mais qui, pour gouverner, a accepté une coalition ingérable, comprenant la bande de Mastella, triste imbécile retors et ses amis hyper catholiques.

    le résultat est très triste. j'espère, sans trop y croire, un sursaut de la gauche italienne.
    sinon, peut-être que Veltroni -un genre de Bayrou un chouia plus à gauche (quoique ? )- pourrait sortir son épingle du jeu

  • survivant
    • Posté à 00h33 le 26/01/2008

    L'Europe libérale qui se construit vient de marquer son empreinte. Après la Belgique, qui par la menace des flammands de reprendre leur indépendance (dans un même temps ferait exploser l'europe) si la wallonie ne se pliaient pas à la règle libérale. L'Italie maintenant par l'annonce de PRODI en voulant favoriser la classe populaire. ça ne sent pas bon tout ça !

  • Suomi
    • Posté à 00h47 le 26/01/2008
    • Internaute

    Article confus et pourtant très intéressant. Il nous manque trop de contextuel pour avoir une bonne lecture de cet article. Si l'article me paraît confus, c'est que la situation Italienne elle-même est confuse. Et cette confusion est bien caractéristique de la démocratie parlementaire Italienne oui oui : certes, la loi électorale ne favorise pas la stabilité du pays... et c'est important. Mais, il y a une autre source de confusion qui est trop simplement attribuée au pape : c'est le religieux comme véhicule d'identité, voire véhicule de fracture identitaire est utilisé aussi en Hollande, aux Etats-Unis et en France par les convaincus de la guerre Occident Islam. Je crois que deux camps s'opposent parmi les européens et plus largement parmi les occidentaux : ceux qui veulent donner du sens aux actes et ceux qui veulent des actes sans s'encombrer du sens... Et là, la confusion est totale ! On peut être chrétien et être de gauche et cela change TOUT parce qu'aucune vision manichéenne ne peut plus nous être imposée. Prodi peut gouverner avec des chrétiens. Ce pape ne représente rien d'autre qu'un lobby. Le pape n'est pas et ne sera jamais l'électorat chrétien à lui tout seul surtout en Italie où la jeunesse chrétienne prend très largement ses distances avec le pape quand il s'agit de politique ! ! Le problème, pas seulement Italien, c'est que les jeunes ne se déplacent pas pour les scrutins. La stratégie de récupération de l'électorat évangéliste de Bush aux Etats-Unis n'est pas transférable aussi facilement que ça à cet infâme Berlusconi. La gauche Italienne n'a pas dit son dernier mot, pas plus que la gauche française d'ailleurs. Avec ou sans coalition, avec ou sans stabilité, ce qui compte ce sont les lois qui protègent les plus faibles dans un monde où malheureusement on essaie de faire disparaître le concept de Société humaine pour le remplacer par de jolis mots dans lesquels le groupe social disparaît : le Village Global ! Il est urgent de donner un autre sens à la mondialisation, elle ne peut continuer à être dominée par des intérêts particuliers, tels ceux de quelques financiers, usuriers aux Etats-Unis (crise des subprime), pourvoyeurs de chômage en Europe, les firmes multinationales, l'Elysée.. Où est passé l'intérêt général dans cette confusion du tout économique ? ? Ce n'est pas une question proprement Italienne ça !

  • Sof31
    Sof31
    enseignante à Boulogne
    • Posté à 05h06 le 26/01/2008
    • Expert
      enseignante à Boulogne

    Une belle occasion de retrouver Berluscony au pouvoir, et d'avoir l'air un tantinnet moi con, avec le « tout est possible » de qui on sait dont le scnadale de la société générale (rires ))
    Bienvenue sur mon sarko blog : Lien

    Bien cordialement,
    Sophie

  • nelmezzodelcamin
    • Posté à 15h55 le 26/01/2008

    merci à Bénédicte Monville pour cet article, qui explique assez bien une situation plutôt embrouillée....
    A quand un article sur le rôle de Walter Veltroni, qui n'est pas connu en France ?
    Si l'Italie a un régime parlementaire aussi instable c'est en grande partie par crainte de la domination d'un homme seul qui est l'un des risques d'une démocratie présidentielle (comme en France). Le paradoxe est que jsutement ce système risque de conduire au retour d'un « homme fort », populiste.
    En ce début d'année je ne me sens pas très rassurée.

  • Kereven
    • Posté à 13h07 le 27/01/2008

    Ce qui est le plus préoccupant en Italie c'est la main mise du pape de de la mafia dans la vie politique. La religion, quant elle se mèle de politique ne permet plus aucune évolution (pacs, remise en cause de l'avortement...).
    Le gros problème, c'est qu'avec notre chanoine national (qui lit ses sms devant le pape), nous allons avoir un beau traité européen, dans lequel sont mentionnés « les racines chétiennes de l'Europe »... Adieu laïcité !