a debattre

Un Davos, mais pas de Porto Alegre : où sont les alters ?

Pas de Forum social mondial cette année, juste des actions locales. Le mouvement altermondialiste n'attire plus les caméras.


Au premier Forum social mondial, en 2001 (Mat Jacob/Tendance floue).

Le Forum social mondial n'aura pas lieu cette année. A la place, des actions locales pendant une semaine, ponctuées par une journée mondiale le 26 janvier. Une manifestation qui a peu d'échos dans la presse. Le silence des médias et la décentralisation du forum marque t-elle un essoufflement du mouvement ?

Mis en place depuis 2001 en réponse au Forum économique mondial de Davos, qui réunit le gratin de la politique et de l'économie, le FSM avait trouvé résonance dans les médias lors de ses premières éditions. Le quotidien Les Echos lui avait même consacré en 2003 un cahier spécial.

Mais les temps changent. « Depuis 2004, on constate un désintérêt pour le forum. La logique altermondialiste ne va plus dans le sens de la logique médiatique », estime Eddy Fougier, auteur de « L'Altermondialisme » :

« La crise d'Attac, suite à l'affaire de fraude de la direction, avait refroidi les militants. Au même moment, la victoire du non au référendum sur la constitution européenne avait soulevé l'espoir d'une reconstruction de la gauche antilibérale. Mais après très faible score de José Bové à la présidentielle de 2007 (1,32%) les militants ont déchanté. »

« Divisions » et « récupérations politiques » du mouvement alter

Pour Anne Bauer, grand reporter aux Echos, la dispersion et l'incohérence du combat idéologique de ses acteurs a provoqué une perte de dynamique du mouvement. Et les journalistes s'en sont désintéressés :


« Je crois qu'on dérange de plus en plus », affirme de son côté Aurélie Trouvé, co-présidente de l'association Attac, qui dénonce l'emprise du pouvoir économique sur les médias :


Habituellement organisé à Porto Alegre au Brésil, le FSM avait investi le continent asiatique, puis l'Afrique (l'année dernière à Nairobi, au Kenya). Avec une forte participation (de 50 à 150 000 personnes) de 2002 à 2005, ces éditions marquaient le passage du mouvement « d'une qualification antimondialiste à une identification altermondialiste », selon Eddy Fougier.

Cette année, les organisateurs ont décidé de décentraliser l'événement en organisant une simple Journée d'action samedi, pour « agir localement pour changer globalement », comme le revendique le slogan.

Localisation des actions prévues pour le Forum social mondial 2008 (DR).
Localisation des actions prévues pour le Forum social mondial 2008 (DR).

Un repli stratégique qui s'explique, selon ses responsables, par les difficultés d'organisation que posent les grands rassemblements mondiaux -un « forum polycentré » avait d'ailleurs déjà été organisé en 2006.

Mais pour la première fois depuis 2001, le raout des leaders de la planète à Davos n'aura pas de pendant alter capable de lui disputer l'espace médiatique, note le quotidien suisse altermondialiste Le Courrier, qui regrette l'atomisation du Forum social :

« Quel rapport entre une manifestation pour ramener à la maison les troupes étasuniennes stationnées en Irak, un blocage de supermarché à Cahors, un concert gratuit sur la plage de Rio ou la conférence de L'Autre Davos prévue à Zurich ? Réponse : la lutte contre le néolibéralisme. »

« Le mouvement altermondialiste a des progrès à faire »

Donner aux initiatives locales le même écho qu'un forum mondial ? Le défi parait difficile à relever. Aurélie Trouvé reconnaît d'ailleurs la nécessité de repenser les modes d'action des mouvements concernés :

« La décentralisation du FSM représente un second souffle. Elle marque notre volonté de transformer certaines modalités de ces forums et faire un bilan pour évoluer vers d'autres modes d'action.

“Le mouvement altermondialiste a des progrès à faire dans la constitution de campagnes à long terme sur des questions essentielles, telles que les OGM. Ce changement d'organisation prouve notre capacité à rebondir et faire des bilans. Notre mouvement est encore très jeune au regard de ce qui peut être mené à long terme ‘.

De leur côté, les organisateurs du Forum économique mondial (FEM) de Davos tentent d'occuper le terrain, notamment en proposant depuis 2003 un Open Forum, sur des thématiques proches de celle de Porto Alegre. La polarisation entre nos deux forums est artificielle car, au fond, nous poursuivons les mêmes buts’, a même déclaré Klaus Schwab, le président du FEM.

Le Forum social mondial 2009 doit se tenir à Belem, au Brésil. Selon Anne Bauer, ‘si une dynamique nouvelle et un combat clair se mettent en place, les médias y retourneront’.

L'Altermondialisme d'Eddy Fougier - Le Cavalier bleu éditions, coll. Idées reçues - 9,50€.

Rectifié le 24/1 à 16h16. Citation extraite du Courrier, et nom du Temps.

47 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Numerosix

De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 14H45 | 24/01/2008 | Permalien

Excellent article , hélas ..

Portrait de Avril

à Numerosix Portrait de Numerosix De Avril

17H53 | 24/01/2008 | Permalien

oui, trois fois hélas

Portrait de lamichael

à Avril Portrait de Avril De lamichael

18H39 | 24/01/2008 | Permalien

les alters manquent de bras pour se soulever : )

Portrait de quetzal2012

à Numerosix Portrait de Numerosix De quetzal2012

enseignant précaire | 23H44 | 24/01/2008 | Permalien

J » ai bien peur que ce forum fût beaucoup plus un symbole qui servait davantage d'écran de fumée… la solution est assurément dans les actions locales…donc ce n'est pas un mal ! ! !
http://alternativealaconstipationdelapensee.blogspot.com

Portrait de Le Yéti

De Le Yéti

yetiblog.org | 15H00 | 24/01/2008 | Permalien

Enfin, peut-être, mais pour l'instant ce qui marque surtout et a une toute autre importance, c'est la déconfiture des « Grands » (sic) réunis à Davos !

Portrait de Le Yéti

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De Le Yéti

yetiblog.org | 20H31 | 24/01/2008 | Permalien

(Bis repetita)

Enfin, peut-être, mais pour l'instant ce qui marque surtout et a une toute autre importance, c'est la déconfiture des « Grands » (sic) réunis à Davos !

Portrait de paulber

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De paulber

13H33 | 25/01/2008 | Permalien

Pas vraiment car les « Grands » comme vous dites ont énormément de confiture à mettre sur leurs tartines alors qu'un bonne moitié de la planète n'a même pas de pain pour se « nourrir'. Les Grands n'ont qu'une préoccupation : se remplir les poches. Comme l'a si bien dit Chavez à une réunion à laquelle j'assistais : “Les dirigeants vont d'un sommet à l'autre et les peuples d'un abîme à l'autre”. Regardez autour de vous et vous verrez la pauvreté sinon même la misère qui afflige les peuples.

Portrait de pablico

De pablico

16H06 | 24/01/2008 | Permalien

avec leurs « affaires » les alter n'ont pas été crédibles.
Et leur « meneurs » non plus.
Cela manque de cohérence, de structure, et de ligne de conduite rigoureuse. Ils font maintenant penser à de doux rêveurs.
Et pourtant ils devraient être le contre pouvoir du libéralisme.

Portrait de Avril

à pablico Portrait de pablico De Avril

18H07 | 24/01/2008 | Permalien

Cher Pablico, j'objecte que les libéraux collectionnent les affaires depuis 20 ans, et dont la manifestation actuelle la plus aigue est quand même Georges Bush, ses licenciements de masse, ses injustices et ses guerres (bien réelles, hein ! ).

Et si le problème n'était pas les idées politiques des uns et des autres, mais la main mise des libéraux sur les télés, la presse, les médias de masse ? Et si la pensée unique n'était pas la fin mais les moyens ?

Portrait de pablico

à Avril Portrait de Avril De pablico

18H48 | 24/01/2008 | Permalien

J'ai critiqué les alter, mais je peux critiquer aussi les libéraux.
à un pouvoir il faut un contre pouvoir, et en ce moment les alter « merdent » dans leur devoir d'opposition , ou d'alternative, constructive.

Portrait de janpoleroy

à pablico Portrait de pablico De janpoleroy

20H06 | 24/01/2008 | Permalien

Je suis d'accord avec vous.
Le libéralisme n'est certes pas seulement critiquable, il est surtout « à jeter », mais on peut(doit) aussi regretter le cafouillage et les attermoiements actuels de l'altermondialisme.
Il est évident que les mouvements politiques à forte connotation sociale sont tellement porteurs d'espoirs que toute erreur ou manquement de leur part apparaît comme une catastrophe pour les millions de gens qui s'en réclament. En ce sens, les « affaires » qui ont bouleversé l'association Attac, même sans commune mesure avec les casserolles droitières, portent un coup terrible au mental des militants et des sympatisants.
C'est comme pour la tentative de rapprochement des gauches extrêmes avant les présidentielles, l'échec qui en est résulté fut et reste impardonnable car il a créé un doute sur la capacité de ces courants de gauche à s'entendre et s'associer… donc à gouverner ! D'où l'absence dramatique d'une voix de gauche face à politique actuelle, outrancièrement droitière. Car ce n'est pas seulement le PS qui est absent !
Bref, les fautes commises par la gauche sont psychologiquement mille fois plus lourdes que celles de la droite (dont on ne s'attend à rien d'autre d'ailleurs).
JPL

Portrait de Vive le maire

De Vive le maire

16H38 | 24/01/2008 | Permalien

Apparemment, le Groenland est surrepresente dans les mouvements altermondialistes

Portrait de Avril

à Vive le maire Portrait de Vive le maire De Avril

18H08 | 24/01/2008 | Permalien

tu veux dire Grolande ?

 ; )

Portrait de janpoleroy

à Vive le maire Portrait de Vive le maire De janpoleroy

20H07 | 24/01/2008 | Permalien

Je ne sais pas si c'est le cas, mais si c'est vrai, c'est sans doute parce qu'ils se sentent plus impliqués !

Portrait de Infovite

De Infovite

Plébéien. | 16H45 | 24/01/2008 | Permalien

Les combats ne disparaissent pas même si la logique médiatique les occulte.
En effet, la légitimité n'est pas un simple écho des médias.
L'Avenir ne peut se réduire à des images, il se construit en travaillant sur le réel, n'en déplaise à certains !
http://info-espress.over-blog.com/

Portrait de Network 23

De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 16H52 | 24/01/2008 | Permalien

Les médias se désintéressent des alter. Seraient-ils comme la police ? Tant que ce n'est pas une structure unifiée, hiérarchisée, et unique, logée dans un seul endroit, où on peut clairement identifier les porte-paroles, les chefs et les dirigeants, alors on y comprend plus rien… et on s'y désintéresse !

La multiplication d'actions locales peut être une très bonne chose. Le mouvement alter n'a pas vocation à se transformer en parti politique centralisé. Il n'a pas besoin d'ATTAC pour le diriger, bien qu'ATTAC en soit une composante essentielle, à côté de bien d'autres.

Suite à la déconfiture des partis politiques et aux problèmes auxquels sont confrontés les syndicats, il est évident qu'un des problèmes majeurs de la gauche est de trouver d'autres modes d'organisation et de coordination.

Sans tomber dans le romantisme absurde à la Che Guevara, « multiplier les Vietnams » peut être aussi efficace, voire plus, que de décider d'aller attaquer Davos. Ce qui ferait beaucoup de bruit, et permettrait aux machines de propagande de dépeindre, une fois de plus, le mouvement alter comme un mouvement « anti-démocratique » constitué de Black Blocks.

Les alters auraient-ils tout simplement rejeté la logique de la centralisation hiérarchique, afin d'éviter les provocations policières et les manipulations médiatiques ?

L'info circule par bien d'autres canaux que les médias traditionnels, et si les journalistes en position dominante dans la sphère médiatique n'arrivent pas à récolter des infos sur ce qui se passe REELLEMENT, ils seront tout aussi perdu que la police française l'a été lors des manifs anti-Sarko, qu'elle supposait organisée par un groupe d'extrémistes alors qu'elles n'étaient que le fruit d'une colère spontanée partagée par une bonne moitié de la population française.

Portrait de survivant

De survivant

17H13 | 24/01/2008 | Permalien

Les alters ont comme que vous le dites un autre mode de fonctionnement que les traditionnels syndicats et autres partis politiques qui eux se doivent d'être << clairs : >> dans leurs actions. Les alters déstabilisent les médias et les politiques par leurs actions spontanées c'est ce qui fait là toute la différence comme dirait l'autre : « quand on en sait pas plus que ça on ferait mieux de fermer sa gueule »…

Portrait de Avril

à survivant Portrait de survivant De Avril

18H11 | 24/01/2008 | Permalien

« les alters déstabilisent les médias » ? Diantre ! z'êtes sur que ce n'est pas l'inverse ?

Portrait de survivant

De survivant

18H32 | 24/01/2008 | Permalien

Pas bien de jouer les taupes.

Portrait de Pictulo

De Pictulo 23785

19H28 | 24/01/2008 | Permalien

Les alters chantent « commandante che guevara », ils ont des fleurs dans les cheveux, ils sourient béatement devant un plat de boulgour bio, ils sont mignons mais inefficaces pour lutter contre les puissances néolibérales, qui, elles, ne chantent que la fortune et se nourrissent de viande fraîche. Tout juste parviennent-ils à alerter les populations sur des sujets spécifiques(les OGM en France par exemple).
Ils ont leur utilité (Confé paysanne), mais je crois qu'on va vers une radicalisation des affrontements.
Je ne sais pas s'il faut le souhaiter…

Portrait de lamichael

à Pictulo Portrait de Pictulo De lamichael

19H45 | 24/01/2008 | Permalien

il est tros tard pour se demander si cela est souhaitable,ou non.
il faut s'y préparer et attendre.
attendre que le raz-le-bol se généralisent.
que toutes les couches sociales prit pour ce qu'elles sont,c'est a dire des moutons ! en aient assez de se faire tondre de plus en plus ras,
et se décident à virer l'éleveur qu'est l'état.

attendre en s'informant sur rue89.
histoire de faire monter la colère

Portrait de zwergin

à lamichael Portrait de lamichael De zwergin

20H34 | 24/01/2008 | Permalien

Réponse à Lamichael.
Non, il ne faut pas attendre : le raz le bol est là. Il faut dénoncer ceux qui en font leur commerce,les faux opposants comme Bayrou ou Royal. 40ans que nous subissons sans broncher ! ! Sarko, Attali, Chirac , Kouchner, Boutin, Amara, Dati, Besson : bonnets blancs et blancs bonnets. Y'en a marre ! ! Par contre toujours les même pour vous envaper dans leurs fumeuses informations : depuis le Monde en passant par Libé, France Inter ou RTL, Rue 89 est de la même veine. As-tu lu une fois un article décalé ? Non, la même rengaine sarkosiste avec modulation ( faut tromper son monde). Une chose importe : « renverser la marmite », ne plus jouer avec ceux-là, faire la grève, boycotter, désobéir, soutenir toutes les injustices (çà fait du boulot), et cracher dans les urnes notre immense mépris.

Portrait de lamichael

à zwergin Portrait de zwergin De lamichael

22H22 | 24/01/2008 | Permalien

entièrement d'accord Zergin.
je doit quand même te rappeler qu'il suffit d'un homme pour engager une guerre,mais qu'il faut tout un peuple pour déclencher une colère.
et cette colère,aussi vieille qu'elle puisse etre pour certain,n'a pas encore atteint son point de culminance pour faire réagir et agir tous les autres.
car n'avoir plus rien a perdre et décider d'aller donner sa vie pour une meilleur futur a ses enfant, ses déscendants,ses voisins,ses amis ect
ça prend du temps !
la mort attendra certain d'entre ceux qui décidront de se « bouger ».
un irlandais,chez qui,trois hommes cagoulés avait pénétrés,et qui le menaçait d'égorger sa fille en échange d'argent,à déclarer a un tribunal :
« -j'ai préféré mourrir comme un homme que comme un chien.(…)alors j'ai fonçé ! »
l'avenir de sa fille est sauvé,les méchants arrêtés
et à lui toute mon humilité.
l'avenir de nos enfants est déjà en danger,
la nature se meurt par leurs,et nos actes.
tout le monde le sait,très peu bouge.
un jour,surement,le danger qui guettera la vie de nos spermatovules sera suffisement proche pour que cela nous fasse fonçer aussi.
je pense que ce n'est pas pour demain.
mais bientôt.peu être plus vite que je ne le pense.
vu la vitesse à laquelle le petit n. chie son arrogance…
les Français retrouveront alors, peut-être,
une raison d'être FIER D'ETRE FRANCAIS !
(et pas seuleument lors dés finals de sports)
tout ceux qui sont nés sur ce sol ont le devoir de le défendre contre les abus internes.
ceux qui se sont déjà battus en son nom ont le droit de le refaire.
les autre seront les bienvenus.

encore un peu de patience…

Portrait de chriss

De chriss

19H41 | 24/01/2008 | Permalien

Bonsoir,

C'est le pot de terre contre le pot de fer, financièrement parlant.

Comment rivaliser quand d'un côté le forum économique mondial se fait avec l'argent du contribuable,(le mien , le vôtre ).
De l'autre le forum social mondial avec celui des militants, des associations.

Autant dire avec les moyens du bord, des petites trésoreries en flux tendu, avec en plus des affaires de déontologie, des divergences sur les priorités, le découragement, le doute dans les esprit quand à l'utilité de ce combat contre la puissance titanesque, surmédiatisée…

Bref la résistance est possible mais sous forme de « visio conférence “ chacun des responsbles de chaque pays restant chez soit, pour en réduire le coût…

Gagner ainsi en éfficacité, en multiplier le nombre, et pouvoir diffuser dans un nombre de ville illimitée, avec des intervenants connus du grand publique, des animateurs formés, motivés, des reportages en projection d'avant débat, on découvre le, ou les pays en partenariat aves des associations locales( ADM etc…),( Dégustation, favorisant la connaissance et la spécificité des problèmes, les attentes de chaque participant…).

Comme pour la scolarité proposer une méthode ‘ ludoéducative .

Je suis convaincu que nous leur damerions le pion, a ces boulimiques de la croissance…

Portrait de Lidenbrock

De Lidenbrock

20H20 | 24/01/2008 | Permalien

Je vais me faire replier, tant pis. Le mouvement altermondialiste n'attire plus les caméras ou bien est-ce l'inverse ?

Portrait de Salaves

De Salaves

Métallo | 20H22 | 24/01/2008 | Permalien

En attendant ce sont toujours les mêmes qui sont au pouvoir. Pour les en chasser il faudra plus que des milliers de fléchettes ou de fusées tel un feu d'artifice envoyer en tout sens. C'est joli, cela fait rêver mais c'est éphémère.
Il faut construire une machine de guerre capable d'envoyer de gros boulets rouges à fragmentation.

Portrait de léo solo

De léo solo

21H32 | 24/01/2008 | Permalien

(sur le pas de la porte, avec bonhomie.)
Comment ça va sur la terre ?
- Ça va ça va, ça va bien.
Les petits chiens sont-ils prospères ?
- Mon Dieu oui merci bien.
Et les nuages ?
- Ça flotte.
Et les volcans ?
- Ça mijote.

Tardieu
fragment

Portrait de cooper59

De cooper59

pour la decroissance ! | 21H47 | 24/01/2008 | Permalien

les alters s'organisent partout et depuis pas mal de temps , leurs idées gagnent du terrain contrairement a ce que pensent certains ( ceux qui croient que Segolene est une passionaria du petit peuple par exemple ) , leurs idées se retrouvent directement au pouvoir un pau partout en Amerique du sud , ils luttent sur pas mal de fronts et n'ont pas envie de faire la une de Paris Match ou des Echos ! l'alter mondialisme est une alternative a l'ultra capitalisme et peux tres bien se passer des medias , quand au president du FEM , qu'il me donne l'adresse de son dealer , lol ! en tout cas desolé pour les journalistes , mais le mouvement alter n'est pas en perte de vitesse , si vous voulez on peux vous organiser un truc juste pour vous et pour la galerie ! si ça peux vous faire plaisir .

Portrait de Sinouhé

De Sinouhé

07H39 | 25/01/2008 | Permalien

Ecoute, écoute… Dans le silence de la mer, il y a comme un balancement maudit qui vous met le coeur à l'heure, avec le sable qui se remonte un peu, comme les vieilles putes qui remontent leur peau, qui tirent la couverture.

Immobile… L'immobilité, ça dérange le siècle. C'est un peu le sourire de la vitesse, et ça sourit pas lerche, la vitesse,
en ces temps.
Les amants de la mer s'en vont en Bretagne ou à Tahiti…
C'est vraiment con, les amants.

IL n'y a plus rien

Camarade maudit, camarade misère…
Misère, c'était le nom de ma chienne qui n'avait que trois pattes.
L'autre, le destin la lui avait mise de côté pour les olympiades de la bouffe et des culs semestriels qu'elle accrochait
dans les buissons pour y aller de sa progéniture.
Elle est partie, Misère, dans des cahots, quelque part dans la nuit des chiens.
Camarade tranquille, camarade prospère,
Quand tu rentreras chez toi
Pourquoi chez toi ?
Quand tu rentreras dans ta boîte, rue d'Alésia ou du Faubourg
Si tu trouves quelqu'un qui dort dans ton lit,
Si tu y trouves quelqu'un qui dort
Alors va-t-en, dans le matin clairet
Seul
Te marie pas
Si c'est ta femme qui est là, réveille-la de sa mort imagée

Fous-lui une baffe, comme à une qui aurait une syncope ou une crise de nerfs…
Tu pourras lui dire : « T'as pas honte de t'assumer comme ça dans ta liquide sénescence.
Dis, t'as pas honte ? Alors qu'il y a quatre-vingt-dix mille espèces de fleurs ?
Espèce de conne !
Et barre-toi !
Divorce-la
Te marie pas !
Tu peux tout faire :
T'empaqueter dans le désordre, pour l'honneur, pour la conservation du titre…

Le désordre, c'est l'ordre moins le pouvoir !

Il n'y a plus rien

Je suis un nègre blanc qui mange du cirage
Parce qu'il se fait chier à être blanc, ce nègre,
Il en a marre qu'on lui dise : “ Sale blanc ! ”

A Marseille, la sardine qui bouche le Port
Etait bourrée d'héroïne
Et les hommes-grenouilles n'en sont pas revenus…
Libérez les sardines
Et y'aura plus de mareyeurs !

Si tu savais ce que je sais
On te montrerait du doigt dans la rue
Alors il vaut mieux que tu ne saches rien
Comme ça, au moins, tu es peinard, anonyme, Citoyen !

Tu as droit, Citoyen, au minimum décent
A la publicité des enzymes et du charme
Au trafic des dollars et aux traficants d'armes
Qui traînent les journaux dans la boue et le sang
Tu as droit à ce bruit de la mer qui descend
Et si tu veux la prendre elle te fera du charme
Avec le vent au cul et des sextants d'alarme
Et la mer reviendra sans toi si tu es méchant

Les mots… toujours les mots, bien sûr !
Citoyens ! Aux armes !
Aux pépées, Citoyens ! A l'Amour, Citoyens !
Nous entrerons dans la carrière quand nous aurons cassé la gueule à nos ainés !
Les préfectures sont des monuments en airain… un coup d'aile d'oiseau ne les entame même pas… C'est vous dire !

Nous ne sommes même plus des juifs allemands
Nous ne sommes plus rien

Il n'y a plus rien

Des futals bien coupés sur lesquels lorgnent les gosses, certes !
Des poitrines occupées
Des ventres vacants
Arrange-toi avec ça !

Le sourire de ceux qui font chauffer leur gamelle sur les plages reconverties et démoustiquées
C'est-à-dire en enfer, là où Dieu met ses lunettes noires pour ne pas risquer d'être reconnu par ses admirateurs
Dieu est une idole, aussi !
Sous les pavés il n'y a plus la plage
Il y a l'enfer et la Sécurité
Notre vraie vie n'est pas ailleurs, elle est ici
Nous sommes au monde, on nous l'a assez dit
N'en déplaise à la littérature

Les mots, nous leur mettons des masques, un bâillon sur la tronche
A l'encyclopédie, les mots !
Et nous partons avec nos cris !
Et voilà !

Il n'y a plus rien… plus, plus rien

Je suis un chien ?
Perhaps !
Je suis un rat
Rien

Avec le coeur battant jusqu'à la dernière battue

Nous arrivons avec nos accessoires pour faire le ménage dans la tête des gens :
“Apprends donc à te coucher tout nu !
‘Fous en l'air tes pantoufles !
Renverse tes chaises !
Mange debout !
’ Assois-toi sur des tonnes d'inconvenances et montre-toi à la fenêtre en gueulant des gueulantes de principe

Si jamais tu t'aperçois que ta révolte s'encroûte et devient une habituelle révolte, alors,
Sors
Marche
Crève
Baise
Aime enfin les arbres, les bêtes et détourne-toi du conforme et de l'inconforme
Lâche ces notions, si ce sont des notions
Rien ne vaut la peine de rien

Il n'y a plus rien… plus, plus rien

Invente des formules de nuit : CLN… C'est la nuit !
Même au soleil, surtout au soleil, c'est la nuit
Tu peux crever… Les gens ne retiendront même pas une de leur inspiration.
Ils canaliseront sur toi leur air vicié en des regrets éternels puant le certificat d'études et le cathéchisme ombilical.
C'est vraiment dégueulasse
Ils te tairont, les gens.
Les gens taisent l'autre, toujours.
Regarde, à table, quand ils mangent…
Ils s'engouffrent dans l'innomé
Ils se dépassent eux-mêmes et s'en vont vers l'ordure et le rot ponctuel !

La ponctuation de l'absurde, c'est bien ce renversement des réacteurs abdominaux, comme à l'atterrissage : on rote
et on arrête le massacre.
Sur les pistes de l'inconscient, il y a des balises baveuses toujours un peu se souvenant du frichti, de l'organe, du repu.

Mes plus beaux souvenirs sont d'une autre planète
Où les bouchers vendaient de l'homme à la criée

Moi, je suis de la race ferroviaire qui regarde passer les vaches
Si on ne mangeait pas les vaches, les moutons et les restes
Nous ne connaîtrions ni les vaches, ni les moutons, ni les restes…
Au bout du compte, on nous élève pour nous becqueter
Alors, becquetons !
Côte à l'os pour deux personnes, tu connais ?

Heureusement il y a le lit : un parking !
Tu viens, mon amour ?
Et puis, c'est comme à la roulette : on mise, on mise…
Si la roulette n'avait qu'un trou, on nous ferait miser quand même
D'ailleurs, c'est ce qu'on fait !
Je comprends les joueurs : ils ont trente-cinq chances de ne pas se faire mettre…
Et ils mettent, ils mettent…
Le drame, dans le couple, c'est qu'on est deux
Et qu'il n'y a qu'un trou dans la roulette…

Quand je vois un couple dans la rue, je change de trottoir

Te marie pas
Ne vote pas
Sinon t'es coincé

Elle était belle comme la révolte
Nous l'avions dans les yeux,
dans les bras dans nos futals
Elle s'appelait l'imagination
Elle dormait comme une morte, elle était comme morte
Elle sommeillait
On l'enterra de mémoire

Dans le cocktail Molotov, il faut mettre du Martini, mon petit !

Transbahutez vos idées comme de la drogue… Tu risques rien à la frontière
Rien dans les mains
Rien dans les poches

Tout dans la tronche !

- Vous n'avez rien à déclarer ?
- Non.
- Comment vous nommez-vous ?
- Karl Marx.
- Allez, passez !

Nous partîmes… Nous étions une poignée…
Nous nous retrouverons bientôt démunis, seuls, avec nos projets d'imagination dans le passé
Ecoutez-les… Ecoutez-les…
Ca rape comme le vin nouveau
Nous partîmes… Nous étions une poignée
Bientôt ça débordera sur les trottoirs
La parlotte ça n'est pas un détonateur suffisant
Le silence armé, c'est bien, mais il faut bien fermer sa gueule…
Toutes des concierges !
Ecoutez-les…

Il n'y a plus rien

Si les morts se levaient ?
Hein ?

Nous étions combien ?
Ca ira !

La tristesse, toujours la tristesse…

Ils chantaient, ils chantaient…
Dans les rues…

Te marie pas Ceux de San Francisco, de Paris, de Milan
Et ceux de Mexico
Bras dessus bras dessous
Bien accrochés au rêve

Ne vote pas
0 DC8 des Pélicans
Cigognes qui partent à l'heure
Labrador Lèvres des bisons
J'invente en bas des rennes bleus
En habit rouge du couchant
Je vais à l'Ouest de ma mémoire
Vers la Clarté vers la Clarté

Je m'éclaire la Nuit dans le noir de mes nerfs
Dans l'or de mes cheveux j'ai mis cent mille watts
Des circuits sont en panne dans le fond de ma viande
J'imagine le téléphone dans une lande
Celle où nous nous voyons moi et moi
Dans cette brume obscène au crépuscule teint
Je ne suis qu'un voyant embarrassé de signes
Mes circuits déconnectent
Je ne suis qu'un binaire
Mon fils, il faut lever le camp comme lève la pâte
Il est tôt Lève-toi Prends du vin pour la route
Dégaine-toi du rêve anxieux des biens assis
Roule Roule mon fils vers l'étoile idéale
Tu te rencontreras Tu te reconnaîtras
Ton dessin devant toi, tu rentreras dedans
La mue ça ses fait à l'envers dans ce monde inventif
Tu reprendras ta voix de fille et chanteras Demain
Retourne tes yeux au-dedans de toi
Quand tu auras passé le mur du mur
Quand tu auras autrepassé ta vision
Alors tu verras rien

Il n'y a plus rien

Que les pères et les mères
Que ceux qui t'ont fait
Que ceux qui ont fait tous les autres
Que les ‘monsieur’
Que les ‘madame’
Que les ‘assis’ dans les velours glacés, soumis, mollasses
Que ces horribles magasins bipèdes et roulants
Qui portent tout en devanture
Tous ceux-là à qui tu pourras dire :

Monsieur !
Madame !

Laissez donc ces gens-là tranquilles
Ces courbettes imaginées que vous leur inventez
Ces désespoirs soumis
Toute cette tristesse qui se lève le matin à heure fixe pour aller gagner VOS sous,
Avec les poumons resserrés
Les mains grandies par l'outrage et les bonnes moeurs
Les yeux défaits par les veilles soucieuses…
Et vous comptez vos sous ?
Pardon…. LEURS sous !

Ce qui vous déshonore
C'est la propreté administrative, écologique dont vous tirez orgueil
Dans vos salles de bains climatisées
Dans vos bidets déserts
En vos miroirs menteurs…

Vous faites mentir les miroirs
Vous êtes puissants au point de vous refléter tels que vous êtes
Cravatés
Envisonnés
Empapaoutés de morgue et d'ennui dans l'eau verte qui descend
des montagnes et que vous vous êtes arrangés pour soumettre
A un point donné
A heure fixe
Pour vos narcissiques partouzes.
Vous vous regardez et vous ne pouvez même plus vous reconnaître
Tellement vous êtes beaux
Et vous comptez vos sous
En long
En large
En marge
De ces salaires que vous lâchez avec précision
Avec parcimonie
J'allais dire ‘en douce’ comme ces aquilons avant-coureurs et qui
racontent les exploits du bol alimentaire, avec cet apparat vengeur
et nivellateur qui empêche toute identification…
Je veux dire que pour exploiter votre prochain, vous êtes les
champions de l'anonymat.

Les révolutions ? Parlons-en !
Je veux parler des révolutions qu'on peut encore montrer
Parce qu'elles vous servent,
Parce qu'elles vous ont toujours servis,
Ces révolutions de ‘l'histoire’,
Parce que les ‘histoires’ ça vous amuse, avant de vous interesser,
Et quand ça vous intéresse, il est trop tard, on vous dit qu'il s'en prépare une autre.
Lorsque quelque chose d'inédit vous choque et vous gêne,
Vous vous arrangez la veille, toujours la veille, pour retenir une place
Dans un palace d'exilés, entouré du prestige des déracinés.
Les racines profondes de ce pays, c'est Vous, paraît-il,
Et quand on vous transbahute d'un ‘désordre de la rue’, comme vous dites,
à un ‘ordre nouveau’ comme ils disent, vous vous faites greffer au retour et on vous salue.

Depuis deux cent ans, vous prenez des billets pour les révolutions.
Vous seriez même tentés d'y apporter votre petit panier,
Pour n'en pas perdre une miette, n'est-ce-pas ?
Et les ‘vauriens’ qui vous amusent, ces ‘vauriens’ qui vous dérangent aussi,
on les enveloppe dans un fait divers pendant que vous enveloppez les ‘vôtres’ dans un drapeau.

Vous vous croyez toujours, vous autres, dans un haras !
La race ça vous tient debout dans ce monde que vous avez assis.
Vous avez le style du pouvoir
Vous en arrivez même à vous parler à vous-mêmes
Comme si vous parliez à vos subordonnés,
De peur de quitter votre stature, vos boursouflures, de peur qu'on vous montre du doigt,
dans les corridors de l'ennui, et qu'on se dise : ‘Tiens, il baisse, il va finir par se plier, par ramper’
Soyez tranquilles ! Pour la reptation, vous êtes imbattables ; seulement, vous ne vous la concédez
que dans la métaphore… Vous voulez bien vous allonger mais avec de l'allure,
Cette ‘allure’ que vous portez, Monsieur, à votre boutonnière,
Et quand on sait ce qu'a pu vous coûter de silences aigres,
De renvois mal aiguillés
De demi-sourires séchés comme des larmes,
Ce ruban malheureux et rouge comme la honte dont vous ne vous êtes jamais décidé à empourprer
votre visage,
Je me demande comment et pourquoi la Nature met
Tant d'entêtement,
Tant d'adresse
Et tant d'indifférence biologique
A faire que vos fils ressemblent à ce point à leurs pères,
Depuis les jupes de vos femmes matrimoniaires
Jusqu'aux salonnardes équivoques où vous les dressez à boire,
Dans votre grand monde,
A la coupe des bien-pensants.

Moi, je suis un bâtard.
Nous sommes tous des bâtards.
Ce qui nous sépare, aujourd'hui, c'est que votre bâtardise à vous est sanctionnée par le code civil
Sur lequel, avec votre permission, je me plais à cracher, avant de prendre congé.
Soyez tranquilles, Vous ne risquez Rien

Il n'y a plus rien

Et ce rien, on vous le laisse !
Foutez-vous en jusque-là, si vous pouvez,
Nous, on peut pas.
Un jour, dans dix mille ans,
Quand vous ne serez plus là,
Nous aurons TOUT
Rien de vous
Tout de nous
Nous aurons eu le temps d'inventer la Vie, la Beauté, la Jeunesse,
Les Larmes qui brilleront comme des émeraudes dans les yeux des filles,
Le sourire des bêtes enfin détraquées,
La priorité à Gauche, permettez !

Nous ne mourrons plus de rien
Nous vivrons de tout

Et les microbes de la connerie que nous n'aurez pas manqué de nous léguer, montant
De vos fumures
De vos livres engrangés dans vos silothèques
De vos documents publics
De vos réglements d'administration pénitenciaire
De vos décrets
De vos prières, même,
Tous ces microbes…
Soyez tranquilles,
Nous aurons déjà des machines pour les révoquer

NOUS AURONS TOUT

Dans dix mille ans.

Il n'y a plus rien LEO FERRE

Portrait de omer de la vega

De omer de la vega

08H10 | 25/01/2008 | Permalien

l'utopie est morte, camarades
et la pseudo-poésie n'y changera rien
surtout quand les dirigeants d'Attac puisent dans les caisses, comme les autres ! !
et quand le ventre de José le Bové lui gratte à l'idée d'une parcelle de pouvoir
A quand José Bové dans le gouvernement du petit Nicolas
pour diriger une commission sur les OGM
peut-être qu'il s'achètera un beau costume
alors, nous les rêveurs on ne rêve plus
les nouveaux Gourous , à l'encan ! ! ! ! !

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