Suppression de la pub: une nouvelle taxe qui ne passe pas


Combler le manque à gagner de l’audiovisuel public. C’est le défi que doit relever Nicolas Sarkozy suite à l’annonce de la suppression de la pub sur France Télévisions et Radio France. Lors de sa conférence de presse le 8 janvier, le chef de l’Etat avait parlé "d’une taxe infinitésimale sur le chiffre d’affaires de nouveaux moyens de communication". L’accès Internet, la téléphonie mobile ainsi que les produits électroniques grand public seraient visés.

Après la taxation des fournisseurs Internet et de téléphonie mobile, le quotidien Les Echos a révélé dans son édition du 17 janvier la nouvelle piste envisagée: l’instauration d’une taxe, de 1 à 2% sur les produits high-tech grand public, permettant de recevoir la télévision (téléviseurs, ordinateurs et téléphones portables). Un secteur qui représente un chiffre d’affaires de 17 milliards d’euros. Les recettes publicitaires des chaînes privées seront également mises à contribution.

Christine Albanel promet une compensation intégrale

Interviewée sur RTL vendredi, Christine Albanel, ministre de la Culture et de la communication, a certifié que la taxe sur les produits électroniques "ne dépasserait jamais 1%" et que le manque à gagner pour France Télévisions et Radio France "sera compensé intégralement".

Selon la ministre, la loi sera votée avant l’été, et appliquée dès le 1er janvier 2009. Premiers concernés: les 317 salariés de la régie publicitaire de France Télévisions. Mais Christine Albanel a assuré qu'il y n'y aurait aucun licenciement, avant de préciser qu'il "appartenait aux dirigeants de France Télévisions de porter ce dossier":



Sans surprise, les moyens envisagés pour combler le manque à gagner des chaînes publiques sont mises en cause par les industriels du secteur. Pour les syndicats, ces mesures sont en opposition avec la volonté du gouvernement de développer la culture numérique. Xavier Autexier, délégué général du Syndicat patronal de l’industrie des technologies de l’information (SFIB), s'indigne:

"Le développement économique numérique est une chance pour la croissance française. Toute mesure qui freine cette dynamique ne peut être que préjudiciable. C’est une taxation injuste."

Au passage, il dénonce la méthode:

"Nous avons été choqué à l’annonce de cette mesure, puisqu’il n’y a eu aucune concertation avec les organisations professionnelles."

Une nouvelle taxation, qui s'ajoute à d'autres prélèvements

Difficile donc de faire accepter cette nouvelle taxation aux industriels du secteur et au consommateur, d'autant plus qu'elle s’ajoute à la taxe sur la copie privée (sur les supports d'enregistrement) et à l’écotaxe (pour financer le recyclage des déchets d'équipements électriques et électroniques).

Ces nouvelles mesures devraient rapporter entre 170 et 340 millions d’euros. Un bénéfice loin de compenser les revenus publicitaires des médias publics, évalués entre 830 millions d’euros et 1,2 milliard (si l'on prend en compte les heures d'antenne libérées) pour la télévision, et 45 millions d'euros pour la radio.


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20H05    24/01/2008

Ah ben là, ce n'est rien de le dire, qu'elle ne passe pas ! Pour ma part, elle me met carrément fumasse, oui !
Je choisis de n'avoir pas la télévision et je m'en porte bien. Je passe sur le fait que, chaque année, les services fiscaux préjugent du fait que, bien entendu, j'ai un téléviseur et me demandent de m'acquitter de la redevance. Recours, paparasse, lettres, etc.
Or, sur ce coup-là, les services fiscaux ne me demanderont plus rien du tout et je vais me retrouver à régler une redevance déguisée sans possibilité de réclamation.

Payer des impôts pour quelque chose qui ne me sert à rien, je peux comprendre. Je le fais déjà pour les établissements scolaires. Mais il me semble que les établissements scolaires sont une prestation autrement essentielle que la télévision. Quelqu'un a dit qu'il s'agissait en quelque sorte de faire payer les bordels pour financer les écoles, eh bien, je trouve cela parfaitement bien trouvé. La seule solution valable, selon moi, serait d'augmenter la redevance, pourquoi pas la doubler. Quoi qu'on en pense, elle est pour le moment ridiculement faible.

Mon étonnement vient du fait qu'on calcule si les taxes seront suffisantes, qu'on cherche à savoir si l'assiette est pertinente... Personne ne semble remarquer que ceux qui choisiront de ne pas subir la télévision vont être astreints à la financer. La télévision serait-elle devenue un bien de première nécessité ?

 
20H49    24/01/2008

La décision de Sarkozy est une décision de conservateur pur jus. Il patauge dans ses souvenirs des années 70, "c'était si bien du temps de de Gaulle et de Giscard !"

Un vrai libéral aurait privatisé mais qu'est-ce qui le retient donc de privatiser purement et simplement France 2 et France 3 ?

Au lieu de quoi, au contraire, il ne privatise pas et demande aux contribuables et utilisateurs des réseaux privés de subventionner un outil dont ils n'ont pas le besoin ni l'utilité.

Si quelqu'un a l'ombre d'une explication (en dehors d'un possible manque de perspective intellectuelle) je prends !