Les trésors de Roland Petit et Zizi Jeanmaire à l'Opéra Garnier

'Rythme de valses': costume d'après les maquettes d'Hervé Leroux (Julien Benhamou).

Applaudi à tout rompre par Zizi Jeanmaire, présente au premier rang, mais aussi par Fadela Amara, accompagnée d'une équipe d’Envoyé spécial, Roland Petit est venu saluer le public de l'Opéra Garnier après la représentation de "La Dame de pique", l’une de ses chorégraphies, par la troupe du Bolchoï.

"Ballets blancs", ballets en tutu, ballets paillettes: justement, un étage plus bas, une exposition rassemble les objets de la vie du danseur devenu chorégraphe et de sa muse, la meneuse de revue Zizi Jeanmaire: costumes, décors, dessins -avec, bien sûr, un coin dédié au "truc en plumes".

A le voir déambuler, avec son allure de jeune homme, on peut se demander si Roland Petit, 84 ans, a jamais quitté l’Opéra Garnier. Il commence à s'y produire à 8 ans, et rencontre Zizi. Depuis, ils ont dansé et dansé: pour s'en convaincre, il suffit de regarder les captations de ballets projetées sur grand écran dans le foyer aménagé.

Mais avant, il faut prendre le temps de saisir l'esprit de l'époque. En ce temps-là, celui de Roland Petit, on pouvait s’adresser à Picasso ou à Prévert ("J’aimais beaucoup le cinéma, j’ai sonné chez Prévert"), demander un décor, des costumes à Bernard Buffet ou à Yves Saint Laurent, recevoir des lettres magnifiques de Louise de Vilmorin. Ou, cadeau de la femme de Maïakowski, un dessin de Fernand Léger -intitulé "La Danse", bien entendu:

"Quand elle me le donna, elle vivait modestement. Le dessin était dans un petit coffret, qu’elle le demanda de n’ouvrir qu’en arrivant à Paris. Quelle élégance!"

Ces histoires, il les raconte en ayant l’air de découvrir la magie qui aura entouré sa vie. Mais tout à coup, il devient grave, il reprend au début. Il aura fallu partir, gagner de l’argent, c’était la guerre. L’époque n’était pas facile.

C’est à Brigitte Lefebvre, directrice du ballet, et à Gérard Mortier, administrateur de l’opéra, que l’on doit cette exposition. Elle ravira les amateurs de ballet, qui retrouveront les chorégraphies qu'ils ont aimé en revoyant les costumes et en découvrant les planches dessinées qui précèdent toute réalisation.

Roland Petit s’enquiert de la présence d’un rideau de Picasso. Non, il n’est pas là. Mais on se plaît à imaginer cette période bénie, où Cocteau pouvait suggèrer, exécuter un paravent... avant de se mettre finalement à le peindre, tout de go.

Roland Petit à l’Opéra de Paris: un patrimoine pour la danse exposition au palais Garnier, place de l'Opéra, Paris IXe - jusqu'au 21 avril - de 10h à 17h - 8€ - plan.

'Les Forains': costume d'après les maquettes de Christian Bérard (Julien Benhamou).


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aumusee | en direct de l'élysée Montmartre
17H48 23/01/2008

Merci pour cet article.
Je me prends à rêver. Nostalgie ?
Oui et non. Peut-être, mais l'important c'est que cela puisse faire l'objet d'une expositon.
Belle époque : les noms cités font rêver. On est loin des intellectuels du tsar actuel. Des artistes.

 
20H00 23/01/2008

N'exagérons pas! Quand Roland Petit vint, la grande époque des ballets était terminée. Placer le nom de Picasso dans un article, ça le relève! Mais Picasso n'a jamais réalisé de décor pour ce Petit Roland.
Nijinsky, oui! Béjard, oui! Petit, Non!
Une carrière avec deux jambes et un truc en plumes, non! La belle époque, la grande époque, qu'il serait bon de redécouvrir, c'est celle de Parade. Là, il y avait de l'invention. Nous manquons d'invention. Nos cerveaux se sont réduits. Bientôt tous les anciens ados seront sourds. La belle époque! Roland Petit dansa au temps où Johnhy chantait.Et la photographie a scanné nos cervelles. Quand Picasso sera-t-il enseigné comme il se doit?

http://pikasso02.skyrock.com/

 
10H29 24/01/2008

Exact, les chorégraphies de Petit n'ont rien apporté à la danse contemporaine. Ces ballets souvent prétentieux varient du passable à pathétiques. Impossible de le comparer à un Béjart. Il a l'immense privilège d'avoir été le témoin d'une époque fantastique.

 
jissé | Ingé retraité
20H03 23/01/2008

La "Dame de pique", de Tchaikovski, version Opéra et non ballet, a été représenté au Palais Garnier, il y a une bonne vingtaine d'année.

La cantatrice "Mezzo-Soprano" qui y tenait le rôle titre étant de mes amies.

(Krystina Szostek-Radkova).

Je ne suis pas vraiment un "mélomane averti", mais quel régal!

Je ne pense pas qu'une soirée au "Zénit" puisse remplacer l'ambiance d'un opéra.

Par malheur réservé aux "happy-fews": y trouver une place n'étant pas évident.

En d'autres opéras les "solistes" disposaient de qq invitations gratuites.

Là le seul "privilège" accordé était de leur réserver qq places - payantes - par ailleurs introuvables.

Mais je ne regrette pas mon argent.

Pas plus que je ne regrette celui dépensé pour assister à l'avant-dernier concert dirigé par Yéhudi Menuhin, au théâtre des Champs-Elysées.

"Je suis snob"?

Mal placé pour répondre à la question, mais je ne le pense pas.

Bonne soirée.