Enquete

Que fait Sarkozy dans la galère du Cercle Concorde ?

Le juge chercherait à connaître le rôle de l'ex-ministre dans la réouverture de ce cercle de jeux lié au Milieu.

Sarkozy et Devedjian à l'Elysée en 2002 (Charles Platiau/Reuters)

Mafia, jeu, meurtres, pouvoir, argent… L'affaire du Cercle Concorde n'est pas en manque de rebondissements. Dernier en date : un banquier suisse et un mercenaire français évoquent, dans le bureau du juge marseillais chargé de l'affaire, le nom de Nicolas Sarkozy. Selon le quotidien suisse La Tribune de Genève, le magistrat aurait demandé « d'éclaircir le rôle de l'actuel président de la République, lors de la réouverture du Cercle de jeux Concorde en 2005 », époque à laquelle il était ministre de l'Intérieur.

L'épisode de 2005 s'inscrit dans un contexte de trois années de guerre des clans du Milieu et son cortège de cadavres, dans le but de contrôler l'empire des jeux. Retour sur cette affaire de poupées russes corso-marseillaises.

Les cercles, machines à blanchir

En 1987, le ministère de l'Intérieur ferme le Cercle Concorde, soupçonné de blanchir l'argent de la pègre, sous le contrôle du clan Francisci. Marcel Francisci, patron du cercle Haussman, surnommé « l'empereur des jeux », a été abattu en 1982. Roland, député UMP et président du Conseil général de Corse-du-Sud, a dirigé le Cercle de l'aviation. Tous deux sont réputés proches de Jacques Chirac, puis de Nicolas Sarkozy. Un ancien flic raconte :

« Dans les années 80, le Concorde était très fréquenté par les gens du SAC, Debizet et consort, sous la houlette de Raffali. Comme d'habitude, deux équipes corses se disputent les avantages du cercle. »

Les cercles sont des institutions à part dans la galaxie des jeux d'argent. Ni casino, ni table privée, ils ont l'obligation d'obtenir un agrément du ministère de l'Intérieur, après avis de la Commission supérieure des jeux (CSJ), qui se base sur une enquêtre approfondie de la section Courses et Jeux des Renseignements généraux. La décision est prise par le ministre en personne. Ils ont aussi l'obligation de reverser 10% de leurs bénéfices à des oeuvres de leur choix.

Le risque de ce genre d'entreprises est d'offrir sur un plateau à la pègre une boîte magique à blanchir l'argent des drogues, de la prostitution et autres activités lucratives mais très compliquées à intégrer dans l'économie propre. Rien de plus facile que d'arriver avec une valise de billets (sales) et de ressortir du cercle avec la même valise (propre). Soit au niveau de l'investissement, puisqu'un cercle a besoin de liquidités pour jouer le rôle de « banquier » vis-à-vis de ses clients. Soit au niveau de son activité. Normalement, le secteur est donc très surveillé et contrôlé par les RG…

Le projet de réouverture

D'après nos amis de Bakchich, en 2004, deux associés, Paul Lantiéri et François Rouge, montent un projet de réouverture du Cercle Concorde avec les héritiers du clan Francisci : Edmond Raffali et son fils, Jean-François. Les premiers apportent des fonds, les seconds leur savoir-faire en matière de jeux. Raffali, 75 ans, a travaillé avec les Francisci. Lantiéri est un homme d'affaires corse, Rouge un banquier français installé à Genève. Après enquête, la CSJ estime que le moment est mal choisi, en raison de « difficultés économiques dans le secteur ». Refus de Dominique de Villepin, alors en poste place Beauvau.

Huit mois et un changement d'équipe plus tard, Nicolas Sarkozy donne son feu vert à la réouverture : un projet d'envergure puisqu'il faut réaménager le cercle, ainsi que le restaurant mitoyen, Le Rich, rue Cadet, dans le IXe arrondissement de Paris. Question : pourquoi le ministre de l'Intérieur a-t-il changé d'avis, huit mois après le refus de son prédécesseur ? Un montage opaque

Sextius SA, société enregistrée à Genève chez maître Benedict Fontanet, est présidée par François Rouge. C'est elle qui joue le rôle de la banque. Autrement dit, de garantie auprès des joueurs et des pouvoirs publics, mais aussi d'investisseurs. La mise de départ est évaluée à 6 millions d'euros, dont deux apportés sous la forme d'un prêt de la BPP, Banque de Patrimoines Privés, présidée par Rouge. En Suisse, ce banquier français est considéré comme un « maverick », un joueur, prêt à faire ce que les autres n'osent pas. « C'est un homme très inventif, peut-être pas dans la pure tradition protestante genevoise », constatait même son avocat, Marc Bonnant, au moment de l'incarcération de son client à la prison des Baumettes, début décembre.

A son palmarès, François Rouge a inscrit la gestion des fonds angolais : 200 millions de francs suisses gérés par la filiale de la BPP aux Bahamas, soit un tiers du chiffre d'affaires du bureau de Nassau. Il a d'excellents contacts avec le président Eduardo Dos Santos et son entourage. Il est aussi très lié au clan Lantiéri, Antoine et Paul. Avec ce dernier, il a investi dans deux affaires à Aix-en-Provence, une brasserie et un restaurant. Pour le Cercle Concorde, Lantieri monte un tour de table de « sept membres bienfaiteurs » qui apportent 900 000 euros, dont une partie en liquide.

Pour obtenir l'agrément des autorités, Rouge fait intervenir des poids lourds de l'UMP. « L'Arménien », ainsi nommé dans les conversations téléphoniques, est appelé à la rescousse. Patrick Devedjian, avocat et président du Conseil général des Hauts-de-Seine, a quelques entrées place Beauvau. Un point qui n'est pas encore éclairci. Le secrétaire général de l'UMP prétend ne pas avoir récemment rencontré le banquier. Autre nom cité dans la procédure : David Douillet, qui aurait été mis à contribution pour ses bons contacts avec Jacques Chirac.

Le temps des règlements de compte

Le 6 avril 2006, un commando de huit hommes déboule aux Marronniers, une brasserie du XIVe arrondissement de Marseille. Cagoules sur la tête et calibres au poing, ils criblent de balles trois consommateurs : Farid Berrahma, dit l'Indien, fiché au grand banditisme, et ses deux lieutenants. Sur le parking, les policiers découvrent une flaque de sang. Dans la soirée, un certain Siméoni se fait admettre à la clinique Clairval, pour y soigner une plaie par balle au genou. Même ADN d'après les analyses.

Les hommes du SRPJ de Marseille finissent par reconstituer le puzzle : Ange-Toussaint Fédéricci, surnommé ATF, patriarche du clan de la plaine orientale, a très certainement « nettoyé » Berrahma et ses complices. Au cours de l'opération, il est blessé par un ricochet. Or, pour faire admettre Fédéricci sous un faux nom dans la clinique marseillaise, Paul Lantiéri, l'associé de Rouge, a fait pression sur un chirurgien de ses amis, qui avoue tout aux policiers. Pour sa défense, Fédéricci prétend s'être trouvé là par hasard, à consommer au bar. Malgré cet épisode, le Cercle Concorde prépare sa tonitruante réouverture, sans que le ministre de l'Intérieur n'y voit à redire.

Une poule un peu trop riche pour deux propriétaires

Le 30 novembre 2006, le Concorde ouvre ses portes à une cohorte de personnalités venues s'encanailler : Caroline de Monaco, Jean Reno, Karl Zéro et plusieurs élus d'Aix-en-Provence, droite et gauche confondues. Bref, une jolie publicité saluée dans les colonnes du Figaro comme « l'événement people de l'année » : un coup de maître pour le duo Rouge-Lantieri. Ce denier est pourtant arrêté en janvier 2007, en même temps que Fédéricci. Le « nettoyeur » part au ballon, mais son acolyte, mis en examen pour « recel et association de malfaiteurs » est étrangement relâché.

Très vite, le « nouveau temple du poker » dégage des bénéfices… Si vite que les Raffali barbottent trois millions d'euros à leurs associés. Sentant que l'affaire lui échappe, le binôme Lantieri-Rouge passe à la vitesse supérieure, en faisant appel à Roland Cassone, dit « le Vieux ». Cet homme très discret est un « beau mec » retiré sur les hauteurs de Simiane, respecté par tous, flics et voyous. Le vendredi 4 mai, deux jours avant l'élection de Nicolas Sarkozy, il organise une conciliation dans un salon du Ritz. Sans succès.

L'heure des mercenaires

Comme au bon vieux temps, chacun va alors fourbir ses armes pour sortir du guêpier. En août, raconte Bakchich, Rouge et Lantiéri font appel à l'ancien gendarme du GIGN Paul Barril. Pour les enquêteurs, l'ex-adjoint de la cellule élyséenne se voit proposer un contrat pour éloigner la menace de l'autre clan. Menace de plus en plus précise : en septembre, Marcel Ciappa, considéré comme proche de Lantiéri, est abattu dans sa chambre à la clinique d'Aubagne par des tueurs déguisés en chirurgiens.

En échange de sa protection, Barril aurait demandé au duo corso-helvète de bénéficier de ses réseaux africains. Olivier Bazin, ami de Barril et spécialiste de sécurité privée connu en Afrique, prend alors l'affaire en charge. Début novembre, il va même accompagner François Rouge dans son jet privé à Dubaï, pour un rendez-vous express avec le président angolais. Objectif de Bazin : négocier l'entrée d'un groupe russe sur le marché pétrolier, contre sa protection. Suivant pas à pas ses tractations par le biais des écoutes téléphoniques, les trois magistrats du JIRS (Juridiction interrégionale spécialisée) Sud-Est passent à l'action en arrêtant tout le monde. Sauf Paul Lantieri, aujourd'hui en fuite. Le Cercle Concorde est alors fermé.

Une intervention politique ?

Dans la dernière phase du conflit, il semble que les protagonistes se soient à nouveau tournés vers certains responsables politiques. A commencer par « l'Arménien », comme l'a expliqué Marc Bonnant, l'avocat suisse du banquier Rouge, à nos confrères de la Marseillaise l'Hebdo :

« François Rouge est allé voir Patrick Devedjian pour lui expliquer ses ennuis avec les mafieux corses. Il le connaît bien, ils ont travaillé ensemble sur divers dossiers par le passé. Il lui a raconté les soucis qu'il rencontrait avec ses anciens associés qui voulaient le voler. Pour toute réponse, Devedjian lui a conseillé de fermer le Concorde, ce qu'a refusé mon client ».

Lors d'une dernière audition, selon la Tribune de Genève, l'un des juges aurait proposé à François Rouge un statut de repenti, en échange d'informations sur le rôle joué par les politiques. Proposition refusée, selon son avocat.

176 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de chinois contrarié

De chinois contrarié

Pékin moyen... | 10H09 | 21/01/2008 | Permalien

Mafia, argent, pouvoir et politique… vraiment vous êtes certains ?
Franchement, ce serait étonnant comme association de mots… Dans d'autres pays oui, bien sûr, mais pas chez nous…

Décidemment rien ne change, là non plus pas de rupture…

Portrait de S.A.T.A.N

à chinois contrarié Portrait de chinois contrarié De S.A.T.A.N

Etudiant | 10H54 | 21/01/2008 | Permalien

Je crains que cela ne changera jamais, le monde, à tous les niveaux, à toujours (ou presque toujours) fonctionné par l'association de ces mots…

Portrait de Lemmy_Nothor

De Lemmy_Nothor

Quand je pense à Fernandeuuuhhhhhh,... | 10H12 | 21/01/2008 | Permalien

Faites vos jeux…..rien ne va plus.

Portrait de skalpa

à Lemmy_Nothor Portrait de Lemmy_Nothor De skalpa

actif et militant ? | 11H31 | 21/01/2008 | Permalien

Rien ne va plus, mais si tout va !
L'argent voilà une noble valeur défendue par l'omnhyperprésident !
En plus, ce qu'il y a de bien avec l'argent, c'est qu'il n'a pas d'odeur !


http://kprodukt.blogspot.com

Portrait de Lemmy_Nothor

à skalpa Portrait de skalpa De Lemmy_Nothor

Quand je pense à Fernandeuuuhhhhhh,... | 12H01 | 21/01/2008 | Permalien

Alors dans ce cas, ça doit faire parti du concept, jouer plus pour gagner plus….je vois.

Portrait de Berswiss

De Berswiss

10H17 | 21/01/2008 | Permalien

Lisez la presse suisse sur ce sujet et vous aurez des informations similaires qui ne sont pas reprises par les medias francais à l'exception de Rue89…
Ca sent la fin de règne ! ! ! ! ! ! ! !

Portrait de Quinine

à Berswiss Portrait de Berswiss De Quinine

traducteur et amoureux des chats | 10H21 | 21/01/2008 | Permalien

Si seulement, inch Allah, plaise au ciel et tout ça…

Portrait de jissé

à Berswiss Portrait de Berswiss De jissé

Ingé retraité | 11H35 | 21/01/2008 | Permalien

Bonjour.

Déjà au moment de la « disparition » de Cécilia et pendant environ 15 jours la presse française attendait au garde-à-vous l'autorisation de reprendre les infos de la « Tribune de Genève »

Expérience vécue, sur le site d'alors du « Nouvel Obs » il suffisait de mettre « TdG » pour être immédiatement sucré !

Par contre les « trolls » pouvaient s'en donner à coeur-joie (Viennent de découvrir Rue89, la galère .. )

Portrait de scrapp

De scrapp

10H23 | 21/01/2008 | Permalien

politique , argent , pouvoir et sexe ; c'est ce qui fait tourner le monde de qlques-uns . que ce soit certains politiques ou des truands
méme prit les doigts dans le pot de confiture , notre président clamear qu'il n'y ai pour rien .

Portrait de Quinine

à scrapp Portrait de scrapp De Quinine

traducteur et amoureux des chats | 10H31 | 21/01/2008 | Permalien

Qu'il clame son innocence ne surprendra personne… Mais qu'il puisse encore y avoir des naïfs pour gober ses mensonges, ça, ça me laisse assis.

Portrait de robindesfoix

à Quinine Portrait de Quinine De robindesfoix

cherche une issue | 14H34 | 21/01/2008 | Permalien

de toute façon un président de la république n'a de vompte a rendre a personne pendant son mandat…
après non plus il en va de soi ….

Portrait de jide

à Quinine Portrait de Quinine De jide

jide.romandie.com | 21H00 | 21/01/2008 | Permalien

Et bien reste assis, parce que des naïfs, il en reste une cinquantaine de %.
Vivement que sortent d'autres affaires de ce (sale) type…

http://jide.romandie.com

Portrait de zx600

De zx600

10H33 | 21/01/2008 | Permalien

Les casinos et établissements de jeu, c'est le règne de l'arbitraire et du bon vouloir du ministre de l'intérieur, qui décide qui agit, qui doit vivre ou mourir. Aucun ministre n'avait jamais été aussi intéressé par ce dossier que Sarkozy, qui y a trouvé de précieux alliés (Partouche, le groupe Lucien-Barrière propriétaire -comme par hasard- du Fouquet's) en privilégiant les grands groupes face aux casinos indépendants, y a noué des relations utiles comme le businessman Bernard Laporte (qui donnait un peu dans le rugby quand il ne gérait pas ses affaires) et y a certainement rencontré bien des donateurs pour sa campagne à venir.

Le fait que Nicolas Sarkozy ministre confie à un banquier aventureux proche des milieux africains et trois mafieux notoires la gestion d'un cercle de jeux (soumise à autorisation renouvelée une fois par an) n'a certainement rien à voir avec le fait que Sarkozy Nicolas allait avoir besoin de cash pour sa campagne électorale, où allez-vous chercher une idée pareille ?

Portrait de Claude de Corrèze

à zx600 Portrait de zx600 De Claude de Corrèze

Ex Parisien retraité en Corrèze | 15H57 | 21/01/2008 | Permalien

Encore de l'argent qui pue…bien sûr que l'UMP a besoin de cash occulte vu le pognon qu'il claque (rappelez vous le show au Bourget ! )et c'est le lampiste Barril qui est mis en cause … Quant à Devdjian, ce n'est pas un hasard si dans les procédures anti-blanchiment des banques il y a la liste des personne politiquement exposées (PPE) les avocats (tenus aux déclarations de soupçon à TRACFIN et les procurations d'avocats qui -sont-(ou devraient être) sérieusement contrôlées ; les banques font elles bien leur boulot ? on peut en douter. Vu les mises en causes régulières des banques dans des affaires de blanchiment et la proximité de leurs dirigeants avec le pouvoir (voir le net)on peut se poser des questions !

Portrait de PonG

à zx600 Portrait de zx600 De PonG

rationaliste fondamentaliste à Pari... | 15H43 | 22/01/2008 | Permalien

Dons de particuliers pour la présidentielle :

- Ségolène Royal : 100.023 euros
- Nicolas Sarkozy : 7.062.116 euros

Moi je gratterai bien un peu, juste pour voir…

Portrait de king selewa

De king selewa

10H36 | 21/01/2008 | Permalien

la délinquance est au sommet de l'Etat…encore une affaire qui fera pschitttt…pour le plus grand bien de la démocratie…soyons-en sur
www.myspace.com/kingselewa

Portrait de marie 75

De marie 75 3563

10H44 | 21/01/2008 | Permalien

la presse suisse de samedi :

François Rouge, ex-président de la Banque de Patrimoines Privés, a reçu une proposition explosive d'un juge.
Il devrait clarifier le rôle de l'actuel président de la République en faveur de la réouverture d'un cercle de jeux.
En échange, le banquier obtiendrait le statut de « repenti ». Son avocat genevois, Me Marc Bonnant, s'insurge.

de ALAIN JOURDAN

En fouillant dans les affaires de François Rouge, l'ex-président de la Banque de Patrimoines Privés (BPP), les enquêteurs vont de surprise en surprise. « C'est une affaire à tiroirs. Vous allez voir ! » promet un policier qui connaît bien le dossier.

Un des tiroirs renfermerait-il Nicolas Sarkozy lui-même ? C'est en tout cas une présomption du juge qui, selon l'avocat Marc Bonnant, demande à son client d'éclaircir le rôle de l'actuel président de la République, lors de la réouverture du Cercle de jeux Concorde en 2005, alors qu'il était ministre de l'Intérieur.

Toujours à l'isolement

Voilà bientôt deux mois que le banquier genevois dort derrière les barreaux de la prison des Baumettes, à Marseille.

Arrêté dans un restaurant près de Lyon, le 26 novembre, le banquier genevois, 46 ans, est toujours à l'isolement. Il a perdu six kilos et aurait confié à son entourage souffrir des conditions de détention. Mêlé à une affaire de grand banditisme, il se retrouve poursuivi pour « blanchiment d'argent et association de malfaiteurs ».

Au lendemain de son arrestation, il quittait la présidence de la Banque de Patrimoines Privés dont il détient plus de 20% des parts. Si le banquier se retrouve aujourd'hui dans les griffes des juges marseillais, ce n'est pas pour des broutilles. On le soupçonne, en effet, d'avoir voulu recourir à des méthodes expéditives pour éliminer l'un des clans corses, devenu trop gourmand, auquel il s'était associé pour reprendre le Cercle Concorde, un établissement de jeux parisien rouvert en 2005.

Actionnaire de référence à travers la société Sextius, domiciliée à l'étude de Me Bénédict Fontanet, le banquier s'est ainsi retrouvé impliqué dans ce qui ressemble à une guerre des gangs. Au menu : fusillades, exécutions sommaires, menaces… Suffisant pour que certains affublent François Rouge du sobriquet de « banquier de la pègre ».

L'histoire pourrait s'arrêter là. Sauf qu'en fouillant entre Genève, Marseille et Paris, les enquêteurs français sont allés de surprise en surprise. D'abord, ils ont découvert que François Rouge avait, par l'entremise du célèbre avocat Jacques Vergès, sollicité l'assistance de l'ancien supergendarme Paul Barril.Lequel dort, lui aussi, dans une cellule des Baumettes depuis le 24 décembre. Pris dans la nasse pour avoir suggéré à François Rouge de prendre contact avec Olivier Bazin, une figure des réseaux Françafrique apparemment prête à venir en aide au banquier.

Un langage martial

De quelle manière ? Les comptes rendus des écoutes téléphoniques réalisées en France laissent supposer qu'il n'était pas exclu d'avoir recours à des méthodes expéditives. Ce que les intéressés nient farouchement aujourd'hui. Me Marc Bonnant, l'avocat de François Rouge, reconnaît que le vocabulaire utilisé par son client est « martial et viril », mais assure qu'il s'agissait juste « d'intimider » des rivaux, pas de les éliminer physiquement.

Les juges ont encore du pain sur la planche. Le scénario est confus. Ce qui l'est de moins en moins, c'est le second volet de l'affaire, jusque-là occulté et qui renvoie aux contrats pétroliers et à la politique française. Peut-être la vraie source des ennuis de François Rouge.

http://www.tdg.ch/pages/home/tribun

De : tribune de genève
samedi 19 janvier 2008

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24H quot suisse :

RSS Sarkozy a-t-il joué un rôle dans l'affaire du banquier genevois détenu à Marseille ? ENQUÊTE | 00h48 Mêlé à une affaire de grand banditisme, le financier se serait vu proposer un étrange contrat par le juge chargé de l'enquête.

MICHEL PERRET | François Rouge.
ALAIN JOURDAN | 19 Janvier 2008 | 00h48

En fouillant dans les affaires de François Rouge, l'ex-président de la Banque de Patrimoines Privés (BPP), les enquêteurs français vont de surprises en surprises. « C'est une affaire à tiroirs. Vous allez voir ! » promet un policier qui connaît bien le dossier.

Un des tiroirs renfermerait-il Nicolas Sarkozy lui-même ? C'est en tout cas une présomption du juge qui, selon l'avocat Marc Bonnant, demande à son client d'éclaircir le rôle de l'actuel président de la République, lors de la réouverture du Cercle Concorde, un établissement de jeu parisien rouvert en 2005.

Voilà bientôt deux mois que le banquier genevois dort derrière les barreaux de la prison des Baumettes, à Marseille. Arrêté dans un restaurant près de Lyon le 26 novembre (24 heures du 4 décembre 2007), il est toujours à l'isolement. Il a perdu six kilos et aurait confié à son entourage souffrir des conditions de détention.

Mêlé à une affaire de grand banditisme, il se retrouve poursuivi pour « blanchiment d'argent et association de malfaiteurs ». On le soupçonne, en effet, d'avoir voulu recourir à des méthodes expéditives pour éliminer l'un des clans corses, devenu trop gourmand, auxquels il s'était associé pour reprendre le Cercle Concorde.

Selon son avocat, le banquier genevois aurait été récemment extrait de sa cellule pour s'entendre proposer un deal par l'un des juges : l'éclaircissement sur le rôle d'un proche du président français, Patrick Devedjian, et de Nicolas Sarkozy lui-même, en échange d'un statut de témoin repenti, comme en Italie.

L'enquête a en effet conduit les policiers à s'interroger sur l'étrange bienveillance des pouvoirs publics à l'égard d'un Cercle Concorde autour duquel gravitent tous les caïds corses et marseillais. Sa demande de réouverture a été plusieurs fois refusée jusqu'à l'arrivée de Nicolas Sarkozy au Ministère de l'intérieur en 2005. L'actuel locataire de l'Elysée aurait prêté l'oreille à ceux qui dans son entourage, notamment Patrick Devedjian, essayaient de le convaincre de passer outre les réticences de ses services.

Etonnante complaisance Cette complaisance étonne les enquêteurs. Me Marc Bonnant, lui, ne décolère pas contre le magistrat qui s'entête à « chercher la piste politique ». « Mon client n'a vu Patrick Devedjian qu'une seule fois, une heure. »

Non seulement François Rouge n'aurait pas accepté le marché, mais les choses se seraient plutôt mal passées entre lui et le magistrat. Reste que le banquier a beau jeu d'avancer en guise de défense que ses associés, présentés aujourd'hui comme des figures du grand banditisme, étaient hier dans les petits papiers des autorités, qui ne les jugeaient pas si infréquentables.

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vite, étouffons ! ! ! Il faut absolument étouffer l'affaire, c'est beaucoup trop dangereux…

Sarkozy va donc annoncer qu'il s'est marié !

Portrait de argneu

De argneu

10H46 | 21/01/2008 | Permalien

On devrait tous vomir et déverser notre seau devant l'Elysée.

Portrait de Quinine

à argneu Portrait de argneu De Quinine

traducteur et amoureux des chats | 10H49 | 21/01/2008 | Permalien

Ce serait lui faire trop d'honneur.

Portrait de Quinine

De Quinine

traducteur et amoureux des chats | 10H59 | 21/01/2008 | Permalien

Puisqu'on ne peut pas trop compter sur les médias de grande diffusion, c'est pour quand, des collectifs et des manifs anti-Sarko dont les participants demanderaient au Beauf-en-chef et à ses acolytes des explications sur leurs casseroles ?

Portrait de Hervé Torchet

De Hervé Torchet

11H03 | 21/01/2008 | Permalien

Visiblement, les RG sont tentés de se venger de leur absorption par la DST.

Portrait de chinois contrarié

à Hervé Torchet Portrait de Hervé Torchet De chinois contrarié

Pékin moyen... | 11H26 | 21/01/2008 | Permalien

Voici une fine analyse… bien possible que ce se soit l'explication…

Portrait de zx600

à Hervé Torchet Portrait de Hervé Torchet De zx600

14H50 | 21/01/2008 | Permalien

Absolument, la sous-direction des Courses et Jeux aux RG doit faire les frais de la fusion/absorbtion DST-RG, en étant transférée à la DCPJ ; l'histoire ne dit pas si ce sera à effectif et missions constants.

Apparemment, Sarkozy et ses amis ne tiennent pas trop à ce que l'on fourre son nez dans les comptes et la moralité du secteur du jeu en France.

Pourtant, il n'y a rien de plus avantageux pour blanchir de l'argent : vous arrivez avec disons 100 000 € gagnés illégallement (trafic de drogue ou racket par exemple) dans une mallette au cercle de jeu, vous jouez à une table réservée, et vous ou l'un de vos complices repart avec 100 000 € d'argent gagné légalement au jeu, devant témoin, à une table gérée sous autorisation ministérielle ! un rêve de truand !
C'est pour cette raison que le domaine du jeu était confié aux « » »« supers-flics » » » des RG (triples guillemets quand même).

Portrait de Anthropia

De Anthropia

11H09 | 21/01/2008 | Permalien

Si je ne m'abuse, c'est la seconde fois qu'on entend parler de Sarkozy dans un dossier de casino/salle de jeux, non ? L'autre concernait aussi Bernard Laporte, non ?

http://anthropia.blogg.org

Portrait de chinois contrarié

à Anthropia Portrait de Anthropia De chinois contrarié

Pékin moyen... | 11H22 | 21/01/2008 | Permalien

L'autre dossier concernait surtout Bernard Laporte, mais NS était cité dans l'affaire.

Portrait de scrapp

De scrapp

11H14 | 21/01/2008 | Permalien

de toute façon pour moi sarko ministre ou président a une téte de faux-c.l
je pense qu'il aime ce monde de magouilles et qu'il aime manipuler les autres au profit de sa gloire .

de toute façon il restera ds l'histoire car c'est bien la 1ere fois qu'on a un président aussi agiter . il sait bien parler de ces prédécesseurs mais il ne se regarde pas souvent .
''cher président sarko avant de tjs critiquer les autres ,
ce serait bien de balayer devant votre porte .
ce n'est pas qu'a la france d'en bas de le faire « '

Portrait de Eliott

De Eliott

11H24 | 21/01/2008 | Permalien

Avec ses amis Pasqua et Balkany, ils étaient à bonne école.

Dis moi qui sont tes amis je te dirai qui tu es.

Portrait de jissé

à Eliott Portrait de Eliott De jissé

Ingé retraité | 12H41 | 21/01/2008 | Permalien

A Elliot

« Dis-moi qui tu FREQUENTES , … etc »

Les fréquentations de Sarko ne sont ses « amis » que maintenant .. Et encore pas tous .. Dans 4 ans ce sera une autre paire de manches ..

Déjà ça râle à l'UMP pour les candidatures aux municipales .

Une exception à la règle : Judas avait de bonnes fréquentations. (Comme Besson ? ? )

Portrait de pomponette

à Eliott Portrait de Eliott De pomponette

=^..^= | 17H16 | 21/01/2008 | Permalien

trop drôle j'adore ne pas oublier Pasqua est le maître à penser de Sarkozy, et il lui a refilé le trône du conseil régional en 2004

comme ns l'indique les auteurs de Nicolas Sarkozy ou le destin de Brutus écrit par le collectif de journalistes Victor Noir , peu de temps après Pasqua a obtenu l'immunité sénatoriale…

Portrait de ventrachou-rouge

De ventrachou-rouge

côte sud Vendee | 11H44 | 21/01/2008 | Permalien

Pour mémoire :

Les deux comparses Nicolas et Patrick ont été formés à l » E.S.M (Ecole supérieure Maffieuse) de Charles PASQUA.
Et ils ont été admis avec mention excellents

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