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Controverses autour de la marche contre l'avortement



Le collectif « 30 ans ça suffit » s'est réuni dimanche à Paris pour manifester contre les lois Veil de 1975 qui dépénalisent l'avortement. Ils étaient 2 500 selon la police (plus de 10 000 selon les organisateurs) à défiler de la place de la République à l'Opéra pour « briser les tabous de l'avortement », « dénoncer sa banalisation », et « proposer d'autres solutions ». Un combat loin de convaincre tous les passants.

4 commentaires sélectionnés

Portrait de Alban

De Alban

Etudiant | 23H30 | 21/01/2008 | Permalien

Au-delà de l'important débat éthique sur la vie du fœtus et la vie humaine, l'avortement crée une souffrance chez la femme, et cela on n'en parle jamais.

Un nombre important de femmes ayant avorté contractent un stress post-traumatique, appelé le « syndrome post-abortif ». Celui-ci peut se révéler de nombreuses années après l'avortement : souvent les femmes imaginent l'âge qu'aurait leur enfant.

La décision d'avorter revient en définitive toujours à la femme, mais celle-ci doit se prendre en connaissance de cause, et tout doit être fait pour l'éviter. Or actuellement, on tend à banaliser l'avortement, en minimisant ses conséquences.

Alors, oui, si ce genre de manifestation peut ramener le sujet sur la table, je suis pour.

Portrait de Oculi

De Oculi

12H48 | 22/01/2008 | Permalien

Aux militants « pro-vie »

Ceci est un témoignage. Je vous connais très bien, pour avoir été élevé dans le giron de ce que l'on se refuse à admettre comme une secte : école de la FSSPX, embrigadement dans les mouvements de la jeunesse d'extrême droite, royalisme assumé, cheveux ras et look paramilitaire, et vie asexuée car ignorante, avant mariage. Enfant, j'ai porté des étendards « pro-vie », dans des manifs, parce que j'étais petit, et que j'ai cru innocemment en vos thèses, avant de m'apercevoir qu'avant les traditions dont vous ne voulez toucher une ligne, il en existait bien d'autres, qui rendent donc la valeur « éternelle » de vos idées caduque. Mais je m'égare, déjà…

Voici l'histoire d'une jeune fille, élevée parmi vous, chez les sœurs en burka qui causent le latin, enseignement qu'il ne faut pas avorter, sans jamais, bien entendu, expliquer « comment on attrape les enfants ». Cette jeune fille, à la sortie de l'adolescence, est violée sans violence, parce qu'elle ne sait même pas qu'il faut s'en défendre. Elle a presque 20 ans, et ignore que son sexe sert à autre chose qu'à uriner. Le criminel est d'origine antillaise, détail qui mérite d'être cité, car l'enfant qu'il engendre serait légèrement coloré, donc impur, et pas assimilable par la tribu des Jésus people bien pensants.

La jeune fille ne voit aucune issue, et je la récupère suspendue au parapet d'un pont, in extremis. A quelques secondes près, elle se suicidait ! Quelle autre issue avait-elle ? Quel choix s'offrait à elle, sinon celui d'être mis au ban de sa tribu, sans ressources, avec un enfant sans père qu'elle n'aurait jamais pu aimer tout à fait, ni élever dignement ?

Je sus la convaincre, avec douleur, tant je remettais en cause mes propres croyances d'alors, que les progrès de la société civile que l'on nous disait si vile étaient pleins d'un certain bon sens, à côté de l'absurde intransigeance dans laquelle on nous enfermait. Elle avorta donc, seule, après avoir pris une pilule. Ce fut le choc de sa vie.

C'est ma sœur, nos parents n'en ont jamais rien su, et pendant des années, avant que d'assumer pleinement notre émancipation, nous avons feint de correspondre au modèle qu'on nous avait inculqué.

Cette jeune fille est devenue une femme épanouie, elle a comme moi fui la secte, s'est mariée, a des enfants sublimes et bien élevés. Qu'aurait été sa vie si elle n'avait pas avorté ? Rien, puisqu'elle serait morte. Bien des années plus tard, elle n'a aucun regret, si ce n'est une rage sans mesure pour ce milieu qui l'a élevée dans une ignorance telle qu'elle n'eut aucune arme pour se défendre.

Par votre faute, vous les « pro-vie » ! Ce n'est pas une vie qui aurait été interrompue, puisque vous croyez, sans que l'Eglise catholique se soit jamais prononcée sur le sujet, qu'un fœtus est un être humain, mais deux ! Celle de la mère avec, parce que c'était la seule issue que le clan lui réservait. Pour « l'honneur » !

Cathos tradis « pro-vie », je ne vous aime pas. Et vous me le rendez bien, ce qui m'honore, et merci. Au nom d'un Jésus qui n'a rien dit d'autre, pour votre gouverne, que « aimez vous les uns les autres », vos propos, vos attitudes, vos vies puent la haine, le rejet de l'autre, le refus d'avancer vers un monde meilleur.

Vous qui dites avec tant d'entrain à ceux que vous n'aimez pas qu'ils n'ont qu'à quitter la France si elle ne leur convient pas, je vous retourne le conseil, on ne s'en portera pas plus mal. Allez donc en Arabie Saoudite, je vous assure que la vie s'y organise selon vos préceptes, quoi que puissiez en penser.

Portrait de Ugo

De Ugo

13H13 | 22/01/2008 | Permalien

Remmettre en cause la légitimité de l'avortement est chose très dangereuse et incompréhensible. Ce dernier recours, a je pense fait ses preuves depuis 30 ans et sortira encore de nombreuses femmes de l'urgence d'une naissance non désirée.

Il reste néanmoins vrai que l'avortement est percu par beaucoup de jeunes gens comme une solution toujours possible et sans grand risque à des comportements sexuels à risque.
Mon expérience dans l'animation m'a permis d'observer que le traumatisme inhérant à tout avortement est minimiser par beaucoup de jeunes hommes et de nombreuses jeunes filles. Ce problème de « banalisation » de l'avortement me semble réel mais pas non plus généralisé. Je crois qu'il est absurde de mettre en relation la possibilité d'avorter avec cette banalisation, car le problème est de réellement informer les jeunes de ce qu'est un avortement (une opération chirurgicale qui comporte des risques et qui est souvent très traumatisante), l'éducation des jeunes est une nécessité et il ne me semble pas que cet éclairage sur les réalités de l'avotement soit proposé dans le cursus scolaire.

Le sida et autres MST, ainsi que l'avortement doit tenir une place importante dans l'éducation des jeunes publics. A quand un vrai plan pédagogique, des moyens, des interventions, et des intervenants qualifiés et concernés sur ces thèmes ? ? ? Ca n'est pas avec un diaporama et deux heures de discussion qu'on fait réaliser à de jeunes gens (ou moins jeunes d'ailleurs( les risques qui sont désormais inhérant à la sexualité.

Portrait de luz

De luz

15H35 | 22/01/2008 | Permalien

Au risque de vous décevoir, la femme ayant avorté, si elle récuse le titre envié de « meurtrière », n'en devient pas systématiquement une dépreéssive vouée à une souffrance perpetuelle pour autant.
J'ai avorté, je n'en ai pas été traumatisée. Et je suis très loin d'être la seule.
Heureux ?

Bien que pour le droit à l'avortement, j'ai toujours respecté que certains puissent ne pas approuver ce choix. Par contre he vous serais gré de ne pas parler à la place des femmes qui ont pratiqué l'IVG, surtout si c'est pour en donner une image aussi caricaturale.

Le traumatisme existe, évidemment, je ne le nie pas. Ce qui m'horripile, c'est cette façon qu'ont bien trop de personnes « pro life » de faire passer ces femmes pour des putains ou des martyres en « oubliant » toutes celles, en grand nombre, qui ne sont ni l'une, ni l'autre. Celles qui l'ont fait une fois, parce qu'elles estimaient que c'était mieux ainsi, qui le vivent sans aucun probleme, et qui n'ont pas l'intention de le réitérer dix fois par mois pour autant. Non pas par culpabilité, mais tout simplement parce qu'un avortement est une intervention médicale loin d'être agréable (quelle intervention l'est ? ? ? )

PS : il n'y a rien d'étonnant à ce que, sur un forum internet, des femmes ayant mal vécu une IVG s'expriment. Celles qui l'ont bien vécu ne voient souvent tout simplement pas l'interet d'aller raconter cet épisode.

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