Surdimensionnée, trop gourmande pour des rendements médiocres : à Ploufragan, dans les Côtes d’Armor, le moins que l'on puisse dire est que le projet de centrale thermique de GDF n’attire pas les sympathies. A la base, un besoin réel. D’ici 2010, la Bretagne doit sécuriser son approvisionnement en électricité pour faire face aux futurs pics de consommation. Mais voilà, les besoins sont bien inférieurs à ce que l’usine produirait.
A l'origine, GDF remporte près de Saint-Brieuc un appel d’offre lancé en 2006 par le Réseau de transport d’électricité (RTE). Son projet : l’implantation d’une centrale de 230 mégawatts fonctionnant au gaz et au fioul. Mais pour rentabiliser l’engin, dont le coût avoisinerait les 100 millions d’euros, GDF veut le faire fonctionner 3000 heures par an. Or les besoins estimés sont dix fois moindre, de 300 heures par an seulement.
Des alternatives possibles
La contre-expertise rendue publique mercredi dernier (consultable ici) soulève d’autres problèmes. D’abord, le rendement du projet n’est que de 40%. Roger Beaufort, co-auteur de cette contre-expertise, s’en étonne :
« C’est un cas unique ! C’est l’usine thermique qui aura le plus faible rendement de toute la France. Et en Europe, il n’y en a que deux dans cette situation, mais elles sont bien plus petites. »
L’usine s’avère également gourmande, tant en eau qu’en gaz. 120 millions de m3 de gaz, c’est autant que ce que consomme l’ensemble du département aujourd’hui.
Pour l’environnement, enfin, l’impact est incertain. Les émissions de l'usine représenteraient 5% des émissions du trafic router du département. Aure conséquance, les convois liés à l'implantation de la centrale, remplis d’engrais et d’ammonitrates.
Pourquoi un tel choix ? Roger Beaufort, dans son étude, l’explique par deux contraintes : l’appel d’offre exigeait un projet avec investisseurs et pouvant être achevé pour 2010.
« Pour un projet plus écologique ou une production décentralisée, il aurait fallu attendre 2015 à 2020 pour les voir entrer en activité. »
Mais ce que dénonce le rapport, c’est l’existence d’autres solutions, plus adaptées à la demande. Roger Beaufort dégage deux alternatives :
« Il y a d’abord l’idée d’échelonner l’apport d’énergie, avec un projet hybride, mi éolien-mi centrale thermique. Une petite turbine au départ, suivie par un parc éolien offshore (en mer, ndlr). Autre exemple, une centrale biomasse, avec un four à plusieurs combustibles, utilisant indifféremment bois, charbon, colza. »
500 mécontents dans les rues
A présent, il n’y a guère que le Réseau de transport d’électricité et Gaz de France qui soutiennent le projet. Le Conseil général est contre, la mairie de Ploufragan aussi. Marc Le Fur, député UMP des Côtes d’Armor, et Danielle Bousquet, députée PS, se joignent également à la contestation. Une manifestation qui a réuni 500 mécontents en début de semaine a parachevé le mouvement. Sans parler de VivArmor Nature, adhérente à France nature environnement, qui s’est jointe aux collectivités locales pour financer la contre-expertise
Difficile d’imaginer, dans ces conditions, que le projet de GDF puisse voir le jour. L’enquête publiée, les élus de l’agglomération de Saint-Brieuc ont jusqu’au 5 février pour rendre leur avis. Le Préfet tranchera ensuite.
Rectifié le 19/01/08 à 22h : modification du paragraphe sur les conséquences environnementales.














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HihIhiHIhI!! On comprends à votre commentaire que vous connaissez peu la région : jamais de coupures de courant liée à une « surconsommation » dans la région de St Brieuc (Ploufragan,c’est limitrophe du St Brieuc en question).
Pourquoi? Je l’ignore…peut-être parce-que là-bas quand le thermomètre affiche 2°C sept jours dans l’année, on considère que l’hiver a été hyper rigoureux…paut -être parce-que cette année, il a (tout même) fallu attendre Novembre pour vraiment faire fonctionner la chauffage central dans les logis Bretons…
Autrement dit le spectre terrifiant de la coupure, il faudrait déjà que les Costarmoricains y soit confrontés au moins une fois tous les dix ans,pour qu’ils songent à trouver l’idée de l’installation de cette centrale presque « intéressante »!
Séverine
Tout est dans le mot « centrale ». Il va bien falloir qu’un jour on comprenne qu’une partie de la réponse aux problèmes énergétiques repose sur la construction de résidence (maison appartements Bureaux) bien isolés et puisant une partie de leur énérgie directement sur le soleil, le vent, la terre ou les animaux…. Ca permettra aussi de responsabiliser chacun individuellement.
Au lieu de ça on préfère favoriser ce qui peut rapporter de l’argent à des fournisseurs d’énergie. On vend dans nos supermarchés de bricolage des « isolants fins » qui n’isolent rien du tout mais personne ne s’oppose à ce scandale. On fourni des équipements informatiques qui consomment beaucoup en rapport à leur taille (modem adsl).
Je viens de faire construire ma maison mais je n’ai pas le droit de l’orienter comme je veux car le maire à décidé qu’elle devait être parallele à la rue ! Je ne peux pas utiliser certain matériaux parce que quasi introuvables en France sauf à des prix prohibitif… bref plein de règles à revoir.
Evidemment on aura toujours besoins d’une énergie puissante et sure, évidemment il faudra bien admettre que des éoliennes soient installée dans le paysage .Soit dit en passant on pourrait déjà en mettre pas mal dans nos « magnifiques » zones industrielles et commerciales qui bordent nos ville.
En fait, le problème de la région est plus la tenue de tension que l’équilibre producion/consommation. Pour faire simple, plus une zone de consommation est éloignée des zones de production, plus il est difficile de tenir la tension (sur le réseau THT).
Je sais bien qu’il n’y a pas de coupures sur cette zone (il y a d’ailleurs très peu de coupures en France). Cependant, les problèmes de tenue mènent à des incidents de grande ampleur (voir wikipédia pour plus de détails) qui pourraient mettre dans le noir toute la région.
Je peux vous garantir que le centre dispatching de Nantes(pour la région Ouest)de RTE passe depuis 3 ans des hivers très difficiles, malgré l’installation dans la région de compensateurs de puissance réactive.
Mais votre réacion montre bien que tant qu’il n’y a pas de coupure, le risque n’est pas pris en compte.