
Un « Grenelle de l'investissement » au lieu d'une réforme du droit du travail
On veut bien ne pas être « déclinologue », mais le solde de notre commerce extérieur est une condamnation sans appel de la gestion économique de la France depuis de nombreuses années. Le déficit commercial de 2006 (excédent d'importation par rapport aux exportations) a représenté 2,2% de notre PIB ( la valeur de tout ce qui est produit en France en un an) en 2007.
Or, il y a trente-trois ans, en 1974-75, après le premier choc pétrolier, qui avait vu le triplement du prix du pétrole en un an, la France accusait déjà un déficit de 0,2% du PIB en moyenne sur trois ans ; six ans plus tard, en 1981, lors du second choc pétrolier, qui était alors renforcé par une hausse du cours du dollar par rapport au franc (85% en trois ans), le déficit commercial français était monté à 2,3% du PIB.
Nous en sommes au même point ! En 1974-75, comme en 1981-82, par comparaison, l'Allemagne, qui subissait la même hausse du prix du pétrole, continuait d'avoir des excédents. C'est encore le cas aujourd'hui : face à notre déficit de 40 milliards d'euros, elle accumule une excédent de plus de 200 milliards.
Arrêtons d'accuser le Code du travail, l'euro ou le prix du pétrole
De quoi avoir honte de l'incapacité de notre système industriel à tenir sa place dans le commerce mondial. Arrêtons donc de chercher dans le Code du travail les causes de ce mal français. Par la négociation permanente entre partenaires sociaux, les salariés allemands ont obtenu sur le long terme, largement les mêmes protections que celles données par la loi en France, et nul n'osera dire que c'est déjà l'application, des plans Hartz-Schroeder, lancés il y a deux ans, qui permettent, aujourd'hui, à l'Allemagne de se tailler des parts de marché quatre ou cinq fois égales aux nôtres en Chine et dans les autres pays émergents.
Cessons aussi de nous réfugier derrière la hausse de l'euro. Elle rend sans aucun doute plus difficiles certaines « grandes » exportations d'avions ou de centrales nucléaires, mais l'Allemagne subit exactement la même hausse ! N'accusons pas le seul pétrole, comme le fit récemment le ministre en charge du commerce extérieur ; nous sommes aussi en déficit hors importations de pétrole ; d'autre part nos centrales nucléaires, construites à partir de 1974, justement pour nous protéger des hausses du prix de l'or noir, devraient nous mettre bien plus à l'abri que l'Allemagne ! Ce n'est pas le cas.
Un déficit d'investissement du secteur privé que nous payons cher
Notre déficit commercial est le signe d'une inadaptation, tragique parce que connue depuis trente ans, de nos appareils industriel et commercial. Nous vendons trop de biens de consommation, très sensibles aux prix, et pas assez de biens industriels ou de services à haute valeur ajoutée, qui le sont moins.
Nous sommes incapables de fournir les produits industriels dont ont besoin, en ce moment, les pays dits émergents les plus dynamiques, Brésil, Russie Inde et Chine, et leurs homologues. C'est ce qui nous différencie de l'Allemagne.
Qu'est-ce qui explique cette incapacité française ? En partie, le déficit d'investissement de nos entreprises ces dernières décennies, déficit dont l'effet se fait évidemment sentir aujourd'hui en termes de produits nouveaux et de technologies de pointe : en gros, entre 1990 et 2000, chaque année, les investissements privés allemands ont représenté 12% du PIB, contre 10% pour la France, soit environ 30 milliards d'euros par an en moins. Entre 2000 et 2004, les nôtres ont été plus vivaces, mais depuis trois ans, ceux d'Allemagne le sont à nouveau.
Mais, plus que leur masse, trop concentrée en France dans quelques grandes entreprises, en vue des grands contrats que l'on affiche à chaque déplacement du chef de l'Etat, ce sont les investissements des entreprises exportatrices de 250 salariés et plus, qui font la différence. L'Allemagne en possède une multitude. La France beaucoup trop peu ! Les mesures économiquement aberrantes du nouveau pouvoir
Face à ce mal chronique de notre économie, l'actuel pouvoir n'a, pour l'instant, rien entrepris qui soit de nature à la guérir. Depuis mai 2007 se sont succédés une faute économique majeure, des gesticulations sans effet et une fausse manœuvre.
La faute, ce fut, cet été, l'engagement des 15 milliards euros, chiffre communiqué au Parlement, dont 11 pour rémunérer d'éventuelles heures supplémentaires liées à une accélération attendue de la croissance, mais aussi 4 milliards de baisses d'impôt en faveur des plus aisés.
Compte tenu de l'état des finances publiques, l'Etat s'est de lui-même rendu budgétairement impuissant face à la conjoncture économique, impuissance que Nicolas Sarkozy vient d'avouer dans sa conférence de presse, mais qu'il a lui-même provoquée. Pour que les entreprises offrent des heures supplémentaires, il faut d'abord que l'activité économique se développe, et non l'inverse.
Une première gesticulation a été la mission confiée à la commission Attali de « débloquer » la croissance, alors que celle-ci n'est bridée que par notre incapacité à exporter, résultant des insuffisances d'investissements précités.
Plus récemment, dans ses interventions successives devant la presse, le Président, fidèle à sa faconde, a annoncé pêle-mêle une série de mesures sur le paiement des RTT et des heures supplémentaires des fonctionnaires, le déblocage des réserves de participations, qui n'auraient pour effet, si elles relancent un peu la consommation, que de creuser un peu plus le déficit commercial.
Sur le plan purement économique, il a annoncé aussi un meilleur partage des fruits de la croissance, puis un changement de la mesure de cette dernière, réforme confiée à l'excellent prix Nobel Stiglitz. Des mesures qui n'auront pas d'impact sur notre faiblesse structurelle.
Ces gesticulations s'intègrent parfaitement dans le show permanent qu'est devenu la politique française. Reconnaissant son impuissance à distribuer le « panem », le Président n'a plus aujourd'hui à nous offrir que des « circenses » ; où il tient le rôle principal.
Négociations : syndicats, patronat et gouvernement ont raté le coche
Enfin, la fausse manœuvre, l'occasion manquée ! Les partenaires sociaux ont été sommés de parvenir à un accord sur la modification du droit du travail en matière de licenciement. Un accord a été trouvé, dans lequel les acquis des syndicats semblent assez maigres au regard de ceux du patronat, si l'on considère les souhaits initiaux de celui-ci.
On voit assez clairement que les syndicats n'ont signé que pour démontrer qu'ils étaient aptes, comme leurs homologues étrangers, au compromis social. Mais la mise en place de cet accord ne corrigera en rien notre faiblesse à l'exportation.
Fausse manoeuvre, car s'il fallait impérativement réunir les partenaires sociaux, c'était, à côté du Grenelle de l'écologie, dans un « Grenelle » de l'investissement. Les sacrifices demandées et encore à demander, aux salariés pour l'équilibre des retraites, l'assurance maladie, le service minimum, voire plus de flexibilité, y auraient été contrebalancés par un engagement ferme du patronat sur une vague d'investissements privés, à côté des avantages récemment concédés en matière de transferabilité des droits sociaux et à la formation.
Mais l'Etat devait, de son côté, s'engager tout aussi fermement à consacrer 10 ou 12 milliards à la recherche-développement et à réduire son train de vie. Ce « Grenelle » aurait du même être quadripartite, avec la participation des professions de santé, largement favorisées durant les six dernières années, et qui doivent évidemment apporter leur écot en terme de stabilisation, voire de réduction des dépenses d'assurance maladie.
Alors, peut-être, peu à peu, notre tissu industriel deviendrait capable de faire jeu égal avec ses concurrents et notre balance commerciale cesserait de virer au rouge dès que le ciel économique s'assombrit.
Sauf à estimer qu'héritiers lointains de Gallo-Romains indolents et querelleurs, et d'une aristocratie qui considérait que produire était déroger, nous restions génétiquement incapables d'innover et exporter. Auquel cas, comme le souhaitaient les anti-mondialisation, il fallait rester frileusement à l'intérieur de nos frontière avec nos 2CV, nos camemberts, nos dentelles de Cholet et nos bêtises de Cambrai.
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De nahera
12H57 | 17/01/2008 |
Heu,…on n'a même plus de 2CV ! ! !
Et nos constructeurs automobiles sont tellement visionnaires qu'ils n'ont pas su s'intéresser au moteur hybride (ou électrique, ou air comprimé, ou…..)
à nahera
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 15H02 | 17/01/2008 |
Entierement d » accord avec vous .
Quand on voit des articles , sur Rue89 et ailleurs qui parle de la revolution en Inde concernant la TATA NANO , voiture minimum , on ne peut s'empecher de penser a la citroen 2V ou la 4 L Renault , qui ont été concue il y a 60 et 50 ans , et que nos constructeurs n'ont jamais été capables d » exporter massivement dans tous les pays du monde !
De janis06
from Nice | 13H05 | 17/01/2008 |
Un excellent article qui synthétise les errances et incompétences du pouvoir actuel.
Lors du passge de C.Lagrde au commerce extérieur le déficit s'est dramatiquement creusé. Quelles leçons en a-t-on tirées ?
Qu'il fallait qu'elle soit en charge de l'Economie et des Finances ?
Le proplème de Sarkozy est qu'il gère la France comme il gèrait l'UMP or une nation n'est pas un parti et les « amis » qui l'ont aidé dans son ascension ont exigé leur retour sur investissement : le paquet fiscal !
Ce petit politicard rusé a largement bénéficié de la théorie des 2O/80 grâce à un excellent service de com et à la plume de Guaino.
A quand la sortie du tunnel ?
Je ne suis pas optimiste, de par son égo surdimensionné et une méconnaissace totale de la chose économique
De LeGardian
indépendant | 13H47 | 17/01/2008 |
Félicitation pour cet article et le constat lucide qui y est si bien rapporté.
Force est de constater qu'a ce jour, « un Grenelle de l'investissement » ne pourrait avoir réellement lieu qu'en… Allemagne !
Par ailleurs, je pense que le modèle Français diffère beaucoup de celui allemand. Nous avons hérité d'un modèle gaullien avec de grandes entreprises publiques et privées et de ces si prestigieux capitaines d'industrie, a la diiférence de nos voisins qui ont toujours privilégié celui de la force vive des PME.
Jusqu'aux années 90, ce modèle français fonctionnait de façon verticale : on donnait beaucoup d'argent aux grandes entreprises qui redistribuaient vers les PME ( recherche et production) ; et nombre de grandes découvertes technologiques ont été faites dans les bureaux d'études des PME en sous traitance d'un grand groupe ; Ainsi l'Armée, les Télécoms, la santé, les transports ont financé directement ou indirectement des milliers de milliards (de francs) la recherche et le développement et tout le monde y trouvait à peu près son compte. Depuis l'Euro et les délocalisations, l'Europe libérale à fait exploser cet axe vertical sans rien donner en contre-partie si ce n'est la nécéssaire loi de l'adaptation aux vertus de l'économie de marché. Force est de constater que nous n'avons pas ni l'expérience, ni le bagage économico-culturel pour y parvenir aussi vite que nos voisins allemand (qui y sont tombés dedans dès qu'ils étaient petits…). C'est bien une révolution culturelle qu'il faut engager et ce à tous les niveaux ( gouvernement, grandes entreprises, PME, syndicats) et c'est le moment pour le célèbre génie créatif français de ne pas rater ce rendez-vous, bien que la réalité ne s'y prête guère.
De pablico
14H03 | 17/01/2008 |
Pour l'avoir vécu, les financiers qui ont pris le pouvoir dans les industries, ne sont pas des créatifs, des visionnaires, ils sont juste les comptables du profit à très court terme.
Voilà la plaie : Plus de pari sur l'avenir à moyen et long terme.
De Dix57
14H18 | 17/01/2008 |
Le modèle allemand
Habitant de la zone frontalière de la Moselle (à un jet de pierre de la frontière allemande), j'ai travaillé de nombreuses années dans des entreprises allemandes et même dans une entreprise française établie en Sarre (Michelin). Le département de la Moselle a conservé la législation sociale allemande appliquée à compter de l'annexion allemande suite à la défaite de 1870-71 et jouissait dès l'annexion d'une protection sociale alors inconnue en France.
L'Allemagne a sans doute été le premier état en Europe et même dans le monde à avoir une telle politique en direction de sa population. La grande cohésion de la société allemande qu'engendre une politique sociale de concertation est une des clés de la réussite de ce pays qui se permet de dominer largement tous ses voisins tant dans le domaine industriel que dans celui de la recherche.
Le mode de sélection des élites plus ouvert qu'en France où l'on hérite davantage du rang social de ses parents (ce qui amène un réflexe de caste qui freine à son tour l'ascension sociale et le renouvèlement tant physique qu'intellectuel des élites, puis celui de la société toute entière) sont une autre clé de la réussite du pays.
Ensuite les PME sont un élément fondamental de la puissance économique allemande et on y retrouve en condensé tous les ingrédients de la réussite du pays.
Ce qui contraste le plus d'avec la France est le haut niveau de modernité et de technicité (donc d'investissement) auquel est maintenu l'outil industriel en Allemagne, ceci permet de conserver un savoir faire unanimement reconnu et fortement rétribué dans le pays. Bref on est bien en présence d'une logique industrielle face à la vision financière de profit rapide qui prévaut coté français.
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 14H38 | 17/01/2008 |
Excellent article qui , en plus, me conforte dans mon idée , qui est :
LA FRANCE A LES PATRONS LES PLUS CONS DU MONDE !
à Numerosix
De clausius
15H15 | 17/01/2008 |
Au lieu de cracher sur les chefs d'entreprise, un peu d'action. Créez votre boîte et dites moi si vous vous en sortez. C'est un peu facile…
à clausius
De Le Yéti
yetiblog.org | 16H38 | 17/01/2008 |
« Créez votre boîte »
Vous rigolez ! On ne veut pas devenir cons !
De Sébastien Guittard
Auvergnat exilé en Champagne | 15H04 | 17/01/2008 |
Très bon article, mais il me semble que vous oubliez un point important. Effectivement, un effort important doit être fait sur l'investissement, et particulièrement sur le plan industriel (c'est lui qui exporte…), mais vous passez sous silence l'investissement humain.
Depuis de très longues années, l'industrie apparaît comme l'endroit où il ne faut pas travailler. Conditions de travail, pénibilité, salaires… Il faut redorer l'aspect industriel de la france, qui a fait sa richesse !
Actuellement ont lieu les recrutements des futurs professeurs de l'Education nationale, et c'est l'hécatombe ! Je ne parle pas ici du nombre total de postes au concours, je parle du concours de recrutement pour les professeurs de l'enseignement technique (Electricité, maintenance, mécanique, génie civil…). Cette année, après des années à très faible recrutement, l'Etat ne recrutera strictement personne pour former des élèves en lycée technique. Si on ne forme plus de professeurs, comment formera-t'on les futurs travailleurs de l'industrie avec un niveau de connaissances et d'exigences permettant l'exportation ? Est-ce la fin du lycée technique ? Est-ce une volonté de faire de la France, un pays de tourisme et de services ? Je n'ai pas la réponse…
De clausius
15H13 | 17/01/2008 |
Article qui fait un constat très juste sur la mollesse de notre croissance actuellement, mais qui malheureusement donne peu de remèdes et qui a trop tendance a décoréler les différents aspects économiques.
Le fait est qu'il y a en France autant de création d'entreprises par habitants qu'aux Etats Unis, ce qui infirme cette fausse idée que le français est frileux et peu entreprenant. Le problème c'est qu'en France, une petite entreprise créee reste…une petite entreprise, tandis qu'aux Etats Unis elle peut devenir un masodonte.
Il faut donc absolument que l'on parvienne en France a donner un coup de pouce à ces boîtes, en mettant en place par exemple un impôt sur les sociétés par tranches, en réservant des marchés publics aux PME, en les associant plus aux pôles de compétitivité, mais peut être aussi en posant la question du contrat de travail. Il n'y a pas si longtemps, un de mes amis, pourtant fermement ancré à gauche, à crée sa boîte et 4 emplois au passage…en CNE, parce qu'il m'a dit qu'il n'avait pas le choix, que le risque était trop important. Le bon équilibre à trouver serait alors un filet de sécurité pour les salariés victimes d'une mauvaise conjoncture.
à clausius
De asozial
aus Berlin | 16H55 | 17/01/2008 |
ne fermez pas ce commentaire, pour une fois qu'on a un débat contradictoire et argumenté sur un sujet important !
à clausius
De Venezuela
vit aux Pays-Bas | 20H27 | 17/01/2008 |
Il faudrait aussi simplifier les procedures, avoir un seul interlocuteur par exemple lorsque l'on veut creer sa boite.
à clausius
De pene-r
07H38 | 18/01/2008 |
Il n'y a pas si longtemps, un de mes amis, pourtant fermement ancré à gauche, à crée sa boîte et 4 emplois au passage…en CNE
Je comprends pas bien où est le problème de votre ami ? ?
On peut être de gauche et créer des emplois en CDD, si on est pas sûr de la viabilité de son projet. On peut être de gauche et licencier si la santé de l'entreprise est en jeu (si c'est pas simplement pour augmenter des profits ! ! ). Quel est le soucis de votre ami ? Il a peur de pas pouvoir licencier ? Si c'est un bon patron, il trouvera facilement des employés compréhensifs qui le soutiendront pour faire aboutir son projet (multiples CDD, espacés du délai légal ou autre… ça existe déjà et c'est pas un gros soucis si l'employé est d'accord, les patrons sont souvent reconnaissants dans ce cas d'ailleurs). Bref je vois pas très bien en quoi le droit social freinerait le développement d'une petite entreprise.
Pour les marchés public c'est surement une autre histoire, la corruption (ou les petits arrangements) étant apparemment toujours de rigueur (c'est toujours les mêmes grosses entreprises qui ont les marchés).
Enfin je voudrai réagir à l'article, sur la production de services. C'est la marotte ces temps ci, mais les services il faut bien que quelqu'un les consome non ? Et pour consomer des services il faut du « pouvoir d'achat de service » et pour que ça aide l'économie française il faudrait vendre ces services à des entreprises (ou pays) étrangères il me semble.
Donc je suis un peu dubitatif sur ces concepts, j'en vois mal les contours ? Quels services peut on vendre aux entreprises étrangères ? Qu'elles sont les filières de formation chez nous qui préparent à l'exportation de service ?
P.S. Il y a eu hier un très bon « C dans l'air » sur le contrat social et la « flexicurité » (un nom à coucher dehors au passage : -D ), c'est ici :
http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php ? page=resume&id_article=123
Invité notament Maryse Dumas (CGT), que je trouve très claire et pariculièrement pertinente (dans quasi toute ses interventions).
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 15H33 | 17/01/2008 |
Le fait est qu'il y a en France autant de création d'entreprises par habitants qu'aux Etats Unis, ce qui infirme cette fausse idée que le français est frileux et peu entreprenant.
Oui , vous avez raison , Clausius , mais le probleme , avec celui de nos GRANDS PATRONS ( je precise : grands) les plus cons du monde , c'est nos BANQUES , il parait ..
De Le Yéti
yetiblog.org | 17H31 | 17/01/2008 |
Investir ? ? ? Mais investir DANS QUOI ? On a tout. On est gros. On pourrait vivre peinards avec des tas de fois moins que ce qu'on nous propose. On s'emmerde ! S'il y a une question qui se pose, ce n'est pas celle d'investir, mais celle de répartir (et encore, en écrémant, parce que franchement il y en a, des babioles inutiles ! ).
En bref, qu'est-ce que c'est gonflant, ce discours lyrique sur la croissance, sur la compétition internationale, sur l'esprit d'entreprise, sur le travail comme valeur suprême et tutti quanti. Franchement, pour tout vous dire, on s'en fout de votre petit monopoly économico-financier merdique. Regardez un peu autour de vous : votre jeu tourne à la débandade ridicule, comme dans les bourses ou dans les sphères du pouvoir.
Volem rien foutre al pais, tiens, c'est tout ce que vous allez récolter !
De Servais-Jean 4591
alpha-béta | 19H14 | 17/01/2008 |
Trés bon article et aussi bravo pour les commentaires.
Les syndicats ont prouvés qu'ils étaient aptes au compromis social,il manque encore la CGT..,donc le gouvernement se ferme une excuse pour expliquer ses résultats.Une bonne chose de réglée.
Partager les fruits de la croissance nous a dit notre président,il a simplement oublié de nous dire que la croissance pouvait être négative, mais bon, on avait sans doute compris.
Un point cependant n'a pas été soulevé :
Dès l'instant où une entreprise se retrouve aux mains d'actionnaires, ou pire de fonds de pensions, elle doit dégager entre dix et vingt pour cent de bénéfices en plus pour payer les actionnaires et les grands patrons qui se servent grassement.
Un exemple simple : Les PDG d'EDF ou de GDF gagnent moins de 500.000 € par AN. Regardez combien gagnent les Arnaud, Lagardère et autres Bouygues, ils en gagnent beaucoup plus, mais par MOIS.
Le problème n'est pas le coùt de la main d'oeuvre en France, le problème est l'avidité des actionnaires et des grands patrons.Le problème est que cet argent part à l'étranger et qu'il est investit à l'étranger.
Pour éviter un peu de ce gaspillage nous avons encore quelques petites solutions comme par exemple de réintégrer la gestion des eaux dans les communes ou syndicats de communes,empécher les privatisations rempantes d'EDF,GDF,SNCF…qui ne profiteront qu'aux grands patrons et aux actionnaires majoritairement étrangers,car il n'y a pas assez de liquidité en France pour couvrir ces ventes d'actions.
Ces privatisations vendent la France par petits bouts, c'est notre capital,La France,que l'on entame et que l'on disperse aux quatre coins de la planète.
De ppfri
19H43 | 17/01/2008 |
et j'ai bien peur que la grande trouvaille en matière de recherche et développement vers les PME du précédent gouvernement ne soit tombée dans l'écueil attendu du décret d'excellence :
Les pôles finalement peu compétitifs, par Annie Kahn
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-999574,0.html
par ailleurs, merci pour ce fort bon article et ces commentaires, mais auriez-vous des pistes pour entamer ce fameux « Grenelle » ? je ressasserai bien l'exemple de l'économie suisse mais certains aspects fiscaux risquent de déplaire …
De Christobal Colon
Scandalisé à 999% | 23H17 | 17/01/2008 |
…« contrebalancés par un engagement ferme du patronat sur une vague d'investissements privés »…
Retard : 20 ans minimum.
Nous sommes trop en retard et la crise se pointe.
L'adéquation devient risible : la droite nous saoule avec disneyland au moment où ça se casse la gueule…
Cherchez l'erreur…
De Fredhsl
Nord | 08H56 | 18/01/2008 |
L'EBE « Excédent Brut d'Exploitation », c'est la somme qu'une entreprise fait le choix de répartir entre salaires, investissements, et rémunération des actionnaires.
(A pert ça, la lutte des classes, ça n'existe plus…)
Une augmentation de l'investissement ne pourra se faire qu'au détriment du plus faible camp.
S'il faut vraiment engager ce grenelle-là avec nos circonstances politiques actuelles, les sacrifices sur les salaires seront redoutable. Car il n'est pas question de faire fuir l'actionnaire vers des concurrents étrangers.
De Lugi
14H18 | 18/01/2008 |
En France, les PME marchent à peu près comme en Allemagne ou Etats Unis, sauf pour ce qui est des sociétés de prestations en informatique où je crois qu'on jouit d'un système absolument franco-français.
Pour ce qui est de nos poids lourds en revanche, la majorité des investissements vont dans le commercial et une part non négligeable de la recherche concerne des innovations commerciales. C'est bien mais pas très durable. En terme d'investissement technique, de recherche et développement la France est à la ramasse, que ce soit au niveau de ses grosses industries ou même de l'état.
Comparativement, aux Etats-Unis il n'est pas inhabituel pour une entreprise de faire du « mécénat » scientifique, ie. financer de la recherche dans des domaines qui à priori ne profiteront jamais à l'entreprise, rien que pour entretenir la recherche, et de bonnes relations avec des chercheurs.
Il est malheureusement plus rentable à court terme d'investir dans la politique (pot-de-vins, médias) que dans de véritables projets innovants.
Il n'y a aucune culture de responsabilité ou de préservation de la poule aux oeufs d'or. Quand un secteur a pris trop de retard, on vend, et on réinvesti ailleurs.
On risque de payer cette orientation plus commerciale que scientifique d'un deficit intellectuel qui pourra nous coûter cher. On produit moins d'ingénieur, plus de commerciaux, et la recherche scientifique n'a vraiment vraiment pas la côte en ce moment.
Je vais prendre des leçons d'allemand.
De millesime
retraité | 13H59 | 20/01/2008 |
la financiarisation de l'économie fait que les chefs d'entreprise ne raisonnent (trop souvent) qu'à court terme, préoccupés qu'ils sont par les dividendes demandés par les actionnaires, dont ils sont devenus les « serviteurs zélés ». (surtout dans les grands groupes).
cela bien évidemment au détriment du long terme et notamment en recherche&développement, il suffit de constater le nombre de brevets déposés par nos entreprises depuis plus de dix ans…
on constate d'ailleurs que la stratégie de ces « serviteurs zélès » qu'ils sont devenus agissent en financier avant tout, la pratique du « rachat d'action » en est le plus bel exemple, manière « soft » de détruire du capital…qui profite à qui ? aux seuls actionnaires… ! (alors qu'il serait, selon moi, bien mieux investi en recherche&développent)
le dernier exemple en date étant la décision prise la le CA de GAZ de FRANCE, avec pour seul souci de maintenir les cours par rapport à ceux de SUEZ…
PITOYABLE
http://millesime.over-blog.com