Sarkozy en Egypte : trois avions pour un séjour
Ce n’est pas un mais trois avions que le Président a mobilisés : le jet de Bolloré et deux autres appartenant à l’Etat. Enquête.
Pourquoi le Président a-t-il utilisé le jet de son ami Vincent Bolloré pour se rendre en vacances en Egypte ? Parce qu’il y était contraint. C’est en tout cas ce qu’un Nicolas Sarkozy agacé a tenté d’expliquer lors de sa conférence de presse du 8 janvier : « Il y a des problèmes de sécurité pour un chef de l’Etat (...) et ce n’est pas forcément très simple de mettre ces dix personnes dans un charter pour Charm el-Cheikh, voilà ! “(Voir la vidéo.)
Un argumentaire d’une minute et trente secondes pour répondre à la journaliste qui avait posé la question, mais également au socialiste Jean-Paul Huchon. Lui aussi en vacances en Egypte à Noël, le président de la région Ile-de-France s’était indigné quelques jours plus tôt, de l’utilisation du Falcon 900 de l’industriel français : ‘La seule bonne solution, c’est d’y aller en privé, en payant son séjour, de manière tout à fait normale. En ligne régulière, on met quatre heures. C’est pas la galère.’
Les accompagnateurs du Président dans un second Falcon
Pas la galère ? Nicolas Sarkozy n’est pas loin de penser le contraire. Au -selon lui- ‘très sympathique’ socialiste, il a rétorqué, toujours face à la presse, en listant ces ‘dix personnes’ qu’il était difficile de mettre dans ‘un charter’ :
‘Le chef de l’Etat est suivi dans sa sécurité par un médecin, par un aide de camp, qui le tient en liaison avec l’armée française pour la bombe atomique, (...) par des transmetteurs, qui installent et qui permettent de savoir qu’il est en permanence joignable...’
Seulement la plupart de ces accompagnateurs n’ont pas effectué le trajet dans le même avion que le Président : un Falcon 50 de l’Etec (Escadron de transport, d’entraînement et de calibration -anciennement appelé le Glam) les a transportés jusqu’en Egypte, comme c’est le cas pour chaque déplacement présidentiel.
L’A319 présidentiel boudé à l’aller mais pas au retour
S’il n’a pas utilisé un avion de ligne, il n’a donc pas voulu voyager non plus à bord du Falcon de l’Etec. Ce n’était pourtant pas impossible, puisque pour ses vacances estivales à Wolfeboro (Etats-Unis) Nicolas Sarkozy avait voyagé... sur un avion de ligne, avant d’effectuer un aller-retour à Paris... à bord du Falcon de l’Etec -afin de se rendre aux obsèques de Monseigneur Lustiger.
Pour un Président qui ‘assume’ et se dit si soucieux des deniers du ‘contribuable français’, le décalage commence à poindre. Un décalage qui apparaît d’autant plus important quand on apprend que Nicolas Sarkozy a utilisé un troisième avion pour revenir en France.
En visite officielle en Egypte le dernier jour de sa semaine de vacances, le chef de l’Etat a fait venir l’un des deux A 319 présidentiels pour le ramener à Paris en compagnie de Bernard Kouchner. Le ministre des Affaires étrangères, lui, avait volé sur une ligne régulière à aller.
Le porte-parole de l’Elysée botte en touche
Interrogé ce vendredi lors de son point presse hebdomadaire, David Martinon s’est montré peu enclin à revenir sur le sujet. Comme le Président, il a expliqué qu’il était ‘compliqué de faire voyager tout cet équipage dans un avion de ligne’.
La succession de questions n’a toutefois pas été vaine : le porte-parole de l’Elysée a fini par reconnaître que certains des accompagnateurs étaient dans un second avion. Mais là s’est arrêtée la justification car, même si Nicolas Sarkozy en a parlé en conférence de presse, ce sujet serait ‘du ressort de la sécurité de l’Etat’. (Ecouter le son de quatre minutes, ou voir la vidéo en cliquant ici.)
► Mise à jour le 18/01/2008 à 17h17 : ajout de la réponse du porte-parole de l’Elysée.
Lire aussi :
► Le jet de Bolloré est-il vraiment la solution la plus économique ?
► Sarkozy s’est augmenté, mais voyage aux frais de Bolloré
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Ecrivain
Ecrivain
Il est parti pour ne payer aucune de ses vacanses. Le yatch de Bolloré, les vacanses US aux frais des copines de sa femme, les vacanses en egypte aux frais de Bolloré et d’un emir...
C’est scandaleux...
En instruction civique, on m’avais appris que le chef de l’etat ne payais rien, pour eviter tout risque de corruption.
Mais bon, comme l’article le demontre, on n’economise pas forcement de l’argent...
Alors oui, j’aurais préféré payer les vacanses du président, pour éviter que l’etat ne soit redevable a des grands patron...
Son argument préféré est « Je vous remercie de vous intéresser a mes vacanses, alors que vous vous foutiez de celles de mes prédécesseurs... »
c’est faux pour chirac est l’affaire des billet d’avion payé en liquide.
Mais quoi qu’il arrive, c’est un argument sophiste, puisque ce n’est pas parce qu’un ancien président mentait aux français que cela légitime de mentir aux francais aujourd’hui. On ne justifie pas ses erreurs par les erreurs des autre...
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