Laura a 19 ans. Le jour, elle est étudiante. La nuit, ponctuellement, elle se prostitue. En plus de ses vingt heures de cours, elle travaille quinze heures par semaine dans une boite de télémarketing. Entre les factures, le loyer, les transports… elle n'arrive pas à joindre les deux bouts pour financer ses études.
Laura se situe dans la « fourchette fatale » : ses parents ne sont pas assez » pauvres » pour qu'elle bénéficie d'une bourse, mais pas assez » riches » pour pouvoir la soutenir financièrement. Lorsqu'elle se rend au Crous pour y trouver une aide, on l'oriente vers les Restos du cœur. Mais Laura ne » veut pas voler la place des gens qui n'ont plus rien » , explique-t-elle à Rue89.
Ambitieuse, en quête d'accomplissement professionnel, Laura tombe dans la spirale du sexe tarifé pour financer sa vie étudiante. » Dès le moment où l'on répond à une annonce, on est déjà dans l'engrenage » , retrace-t-elle aujourd'hui. A travers un témoignage brut et poignant, elle raconte sa plongée dans le milieu de la prostitution via Internet dans son livre » Mes chères études » , qui paraît ce jeudi. On y lit notamment :
» Pas de fric, des factures qui m'en réclament, un appart à payer. (…) Jamais un rond dans les poches, obligée de frauder les transports, une vie vaguement insupportable. Incommodante parfois, souvent embarrassante au moment de la note, mais on s'y fait. Je me dis que les « massages » me permettraient aisément le luxe de pouvoir choisir. Je ne réalise pas que c'est précisément tout l'inverse qui est en train de se produire : je n'aurai plus jamais le choix. »
Pour une heure, Laura gagne entre 100 et 150 euros. Une rémunération alléchante qui la plonge dans le vice de » l'argent rapide mais pas facile » .
Internet, une protection illusoire
En quelques clics sur la toile, Laura s'improvise » escort girl » :
» Je me sentais protégée derrière l'écran mais c'était un leurre, car au rendez-vous, j'étais toute seule et personne ne pouvait m'aider. »
C'est en lisant une annonce sur Internet que Laura s'est laissée entraîner dans les rouages de la prostitution : » Jeune homme de 50 ans recherche masseuse occasionnelle. Etudiantes bienvenues. » Au premier rendez-vous, le client lui lâche 250 euros. Pour Eva Clouet, auteure du livre » La prostitution à l'heure des nouvelles technologies de communication » , » l'interface avec l'écran représente une protection illusoire » :
» La première raison pour laquelle les étudiantes se prostituent reste le besoin d'argent. Ce sont des personnes issues de la classe moyenne. Les deux parents travaillent mais ne peuvent pas toujours financer les études de leurs enfants. »
Plus qu'une nécessité financière, la prostitution représente pour certaines d'entre elles un moyen de sortir du carcan familial, à travers lequel elles ont reçu une éducation sexuelle très cadrée :
» Elles ont souvent souffert de ces interdits inculqués à l'adolescence. Pour rompre avec la morale familiale, la prostitution est la réponse forte à une société normalisante et contraignante. »
Et d'ajouter que » la prostitution n'est pas seulement une affaire de femmes, certains hommes se prostituent pour financer leurs études mais ils restent relativement minoritaires » .
Paupérisation du public étudiant
Le témoignage de Laura n'est pas un cas isolé et révèle un réel malaise de société : la précarité étudiante. En 2006, le syndicat SUD-Etudiants estimait à 40000 le nombre de prostitués étudiants. Un chiffre publié pour attirer l'attention du gouvernement sur les conditions de vie étudiante, au moment de la loi sur l'égalité des chances. Mais cette approximation est à nuancer puisque aucune étude statistique n'a encore été menée.
Alors que les dépenses obligatoires ont connu une hausse de 23%, les bourses universitaires et allocations logement n'ont, elles, augmenté que de 10%. Financer ses dépenses étudiantes devient dans ce contexte de plus en plus complexe : 100 000 étudiants vivent sous le seuil de pauvreté (environ 650 euros par mois).
Pour Eva Clouet, » la prostitution étudiante met en avant l'inégalité des chances pour réussir à l'université. Les réponses des pouvoirs publics ne sont pas adéquates » , lâche t-elle, un brin amère.
» Il faut arrêter de fermer les yeux sur un sujet tabou. Si certains disent que c'est un phénomène marginal, je pense au contraire que la prostitution étudiante ne fait que s'amplifier » , regrette Laura. Aujourd'hui, elle ne se prostitue plus mais refuse de s'avancer pour l'avenir.
► « La prostitution étudiante à l'heure des nouvelles technologies de communication », d'Eva Clouet (Max Milo éditions)
► « Mes chères études. Etudiante, 19 ans, job alimentaire : prostituée », de Laura D. (Max Milo éditions)





















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De Le Yéti
yetiblog.org | 22H13 | 16/01/2008 |
Mouais… je ne veux pas dire, mais rien que le titre de l'article, plus la couverture du livre de Laura D, tous les deux racoleurs à mourir, plombent carrément la démonstration de notre « étudiante en journalisme ».
Il y a d'autres manières, je pense, d'aborder un problème de société (la précarisation étudiante) que ce choix douteux d'un cas particulier « scandaleux », relaté dans un ouvrage à la présentation outrageusement tapageuse.
On demande un peu plus de consistant, SVP.
De toto89
22H21 | 16/01/2008 |
Ok avec toi Yéti, c'est à se demander si tout cela n'est pas de l'intox pour faire vendre un bouquin
C'est vrai que sexe, internet, prostitution ça marche bien, dans notre société de décérébrés…rajoutez à ça une petite dose de pôvre petite étudiante pas riche (mais « pas assez » pauvre pour être aidée ! ), et vous avez un bon petit produit commercial…pardon, un bouquin qui va bien se vendre : )
De Vincent.Guillot
22H23 | 16/01/2008 |
Bonsoir,
Le 14 je reçois ce mail de la part de de Caroline : … « Je réalise un article pour le site d'information Rue89, sur la prostitution étudiante. J'aurais donc aimé en discuter avec vous » …
Bien sûr j'accepte de répondre (cela fait partie de mon travail) à ses questions et appelle mes copinEs et responsables associatiVEs pour compléter mes informations.
Le lendemain j'ai l'apprentie journaliste au téléphone qui me parle de cet ouvrage. Je lui fais remarquer que c'est un peu court sur le sujet et que surtout, nous pensons que les chiffres donnés par SUD sont fantaisistes et que pour nous ce n'est qu'un dérivatif médiatique pour continuer à jeter l'opprobre sur les prostituées. Je lui rappelle la loi sur la sécurité intérieure, la situation des prostituéEs en situation irrégulière sur le territoire, des trans » et intersexes prostituéEs et lui parle du mouvement associatif qui tente de s'organiser pour enfin avoir un statut comme en Suisse. Je lui dis que dans le fond, le seul sujet intéressant dans son approche reste la paupérisation des étudiantEs, dont la prostitution n'est qu'un épiphénomène (qui d'ailleurs a toujours existé).
De l'avis de touTes les actRICEs de la prostitution (institutionnels, associations, et même Brigade de Répression du proxénétisme) il n'y a pas de chiffre fiable sur la prostitution étudiante : Ce n'est pas un délit et donc ce n'est pas étudié par les services en charge de la prostitution, et de plus il n'y a pas de proxénètes.
Les personnes qui sont étudiantEs et qui se prostituent sont dans une situation différente du reste de la thématique prostitutionnelle telle qu'elle est toujours abordée, en ce sens qu'elles n'ont pas d'obligation de le faire et que leur part c'est donc un choix.
Bien sûr c'est difficile quand on n'a pas un rond d'étudier, c'est également difficile de bosser pour payer s études, mais d'aucunEs le font et d'autres arrêtent leurs études pour entrer sur le monde du travail. Pour ceulles qui font le choix prostitutionnel, c'est donc un job comme un autre.
Cette réalité là n'est pas nouvelle et plutôt que de faire du journalisme dans les chiottes en parlant d'un sujet qui traîne dans toutes les rédactions en ce moment, j'aurais aimé que RUE89 se penche sur la paupérisation des étudiants et pourquoi pas sur le mouvement des prostituéEs !
Vincent Guillot
Fondateur du mouvement intersexe en Europe
http://www.intersexualite.org/
http://oii-france.blogspot.com/
à Vincent.Guillot
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 23H59 | 16/01/2008 |
Merci de votre témoignage. Quelques questions :
- « il n'y a pas de chiffre fiable sur la prostitution étudiante : Ce n'est pas un délit et donc ce n'est pas étudié par les services en charge de la prostitution, et de plus il n'y a pas de proxénètes. » Quoi, la prostitution étudiante n'est pas un délit, bien que le racolage en soit un ? Quoi, la prostitution étudiante échapperait, par une sorte de loi mystérieuse de la nature et du marché, au proxénétisme ? Il n'y a pas de chiffre fiable sur la prostitution (étudiante ou autre) : n'est-ce pas un problème ? Ou faut-il rejeter l'élaboration de tels indicateurs ?
- « Les personnes qui sont étudiantEs et qui se prostituent sont dans une situation différente du reste de la thématique prostitutionnelle telle qu'elle est toujours abordée, en ce sens qu'elles n'ont pas d'obligation de le faire et que leur part c'est donc un choix. Bien sûr c'est difficile… Pour ceulles qui font le choix prostitutionnel, c'est donc un job comme un autre. »
J'aurais espéré autre chose que ces rappels à l'ordre moralisateur de la part du « fondateur du mouvement intersexe en Europe ».
Alors, la prostitution étudiante relèverait d'un « choix libre » et donc d'un « contrat » en bonne et due forme, excluant toute forme de proxénétisme et d'exploitation ?
Dites-moi, comment on fait pour distinguer ce qui relève d'un « choix libre » de ce qui est forcé-contraint ? Entre l'esclavage par les fers et la liberté absolue, nul intermédiaire possible ? Les contrats léonins, des inventions d'économistes de gauche ?
Je ne me permettrai ni de juger cette fille, ni quelque autre prostitué-e que ce soit, tout comme je ne permet pas de juger si quelqu'un a choisi de devenir cordonnier ou président. « On vous forcera à être libre… simplement pour vous culpabiliser de l'être ! »
Pour ceux qui pensent qu'il s'agissait, pour Laure, d'un simple choix relevant de sa liberté existentielle (sic), relisez ses paroles :
« Dès le moment où l'on répond à une annonce, on est déjà dans l'engrenage ».
Bon, on peut aussi être ex-étudiante, titulaire d'un DEA de littérature, et « librement » décider d'être caissière (http://caissierenofutur.over-blog.com/) (mais il y a une différence entre ceux qui passent derrière la caisse alors qu'ils étudient, ou ont étudié, c'est un choix libre, tandis que les autres, c'est imposé-contraint-forcé ! Alors rangez vos mouchoirs ! )
à Vincent.Guillot
De Pascal Riché
Rue89 | 00H19 | 17/01/2008 |
Vincent,
Nous avons abordé ces sujets et nous continuerons :
http://www.rue89.com/prostitution
http://www.rue89.com/universite
à Pascal Riché
De intrepide77
13H29 | 17/01/2008 |
salut
c bien de parler de tout , continuez sans relache , même si ça gêne les fâcheux ; au contraire.
à Vincent.Guillot
De DIOPZO
08H07 | 17/01/2008 |
Bonne analyse mais je me permets une précision.Lorsque j'étais étudiant(il y a fort longtemps)ces demoiselles s'adonnaient déjà à ce genre de pratique mais elles avaient le mérite de« faire du social » ; leurs tarifs étaient à la portée de toutes les bourses (si j'ose dire ! ). A 250 euros la séance Laura fait plutôt dans le cadre sup.Cela dit sans méchanceté aucune à l'égard de Laura.Quant à lutter contre la prostitution,tant qu'il y aura de la demande, il y aura de l'offre.
à Vincent.Guillot
De Caroline Vigoureux
(auteur)
Etudiante en journalisme | 10H35 | 17/01/2008 |
Bonjour Vincent Guillot et autres lecteurs de Rue89,
J'étais effectivement rentrée en contact avec vous pour recueillir votre avis sur le sujet. Mais vos réponses à mes questions concernaient la prostitution de manière globale. Or, mon article s'intéresse à la prostitution étudiante. La loi sur la sécurité intérieure, la situation des prostituées en situation irrégulière sur le territoire, des trans » et intersexes prostituées, le mouvement associatif qui tente de s'organiser pour enfin avoir un statut comme en Suisse, sont autant de sujets qui méritent d'être soulevés mais malheureusement, je ne peux pas m'interesser à tous ces sujets dans le cadre d'un seul article.
D'autre part,il me semble avoir fait remarquer dans mon article que la prostitution étudiante soulève surtout le problème de la paupérisation du public étudiant, et de l'inégalité des chances de réussite à l'université. Je ne crois donc pas m'être cantonnée à faire la promotion de deux livres, mais tenté de montrer que la prostitution étudiante révélait un malaise profond de société, celle de la précarité étudiante.
Quant aux chiffres avancé par le syndicat SUD étudiant, je précise également que ce chiffre n'est qu'une estimation et que aucune étude statistique fiable n'a été menée pour le moment. Je ne balance donc pas ce chiffre, sans préciser le caractére approximatif de ce dernier.
De Salaves
Métallo | 23H02 | 16/01/2008 |
Régler son cas individuel de cette façon en sachant que ce n'est qu'un mauvais moment à passer, mais qu'au final on aura ce qu'on voulait, c'est-à dire dans ce cas, le diplôme tant convoité. Celui qui vous permettra de vous inscrire dans la société et de faire en sorte que personne d'autre en arrive à utiliser les mêmes méthodes.
Mais il semblerait qu'une fois le problème réglé, on fait le maximum pour oublier les moyens qu'on a employé. On en parle, comme ici, mais pour ce faire du fric. Sinon si c'était pour dénoncer, il suffirait d'apporter « activement » son témoignage à des associations ou des syndicats d'étudiants qui pourraient le populariser, mais là, on a choisit une maison d'édition. Certains diront, « pourquoi pas » du moments que cela sert à dénoncer un fait pas très glorieux pour notre société, oui pourquoi pas !
Une autre solution pour les étudiants, en ce quarantième anniversaire de mai 68, c'est de se prendre collectivement en main, d'être un peu plus solidaire entre eux et de tout pêter, pour contraindre les nantis à leur donner des moyens d'études et d'égalité des chances, et non une énième loi sur les universités.
Mais c'est sans doute une autre histoire, évidemment.
à Salaves
De Lucius Sergius
Citoyen | 23H12 | 16/01/2008 |
« Une autre solution pour les étudiants, en ce quarantième anniversaire de mai 68, c'est de se prendre collectivement en main, d'être un peu plus solidaire entre eux et de tout pêter, pour contraindre les nantis… »
En même temps, pourquoi donc se limiter aux étudiants ?
Il y a comme un impératif dans un article de la constitution de la Ière République qu'il serait sympa de leur rappeler, à nos amis les nantis…
A+
De Lucius Sergius
Citoyen | 23H29 | 16/01/2008 |
Depuis le temps que nos très chères « élites » parlent de développer les « emplois de proximité », et bien voilà, elles l'ont fait, suivant leurs rêves de petites domestiques pas chères…
Encore un petit effort et leur « modernité » de rentiers nous ramènera au niveau de Germinal.
la situation des étudiants est aussi un bon baromètre pour mesurer celle des autres composantes de la société et en particulier celle des classes moyennes « inférieures », alors qu'une minorité se gave toujours plus.
Divers chiffres sont régulièrement avancés pour évaluer la « prostitution ménagère » (pour bouffer, réparer la machine à laver, la bagnole pour pouvoir aller au boulot, etc…), peu fiables car les intéressé(e)s sont très discrets et constituent une population assez insaisissable et peut-être plus importante qu'on ne croit.
Il faudra bien que tout ça se paye un jour. Et il ne faudra pas que quelques « vedettes » soient étonnées si on leur présente la note.
A+
De supprimé à la demande du riverain 28.04.09
23H32 | 16/01/2008 |
Dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui chantent
Les rêves qui les hantent
Au large d'Amsterdam
Dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui dorment
Comme des oriflammes
Le long des berges mornes
Dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui meurent
Pleins de bière et de drames
Aux premières lueurs
Mais dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui naissent
Dans la chaleur épaisse
Des langueurs océanes
Dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui mangent
Sur des nappes trop blanches
Des poissons ruisselants
Ils vous montrent des dents
A croquer la fortune
A décroisser la lune
A bouffer des haubans
Et ça sent la morue
Jusque dans le cœur des frites
Que leurs grosses mains invitent
A revenir en plus
Puis se lèvent en riant
Dans un bruit de tempête
Referment leur braguette
Et sortent en rotant
Dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui dansent
En se frottant la panse
Sur la panse des femmes
Et ils tournent et ils dansent
Comme des soleils crachés
Dans le son déchiré
D'un accordéon rance
Ils se tordent le cou
Pour mieux s'entendre rire
Jusqu'à ce que tout à coup
L'accordéon expire
Alors le geste grave
Alors le regard fier
Ils ramènent leur batave
Jusqu'en pleine lumière
Dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui boivent
Et qui boivent et reboivent
Et qui reboivent encore
Ils boivent à la santé
Des putains d'Amsterdam
De Hambourg ou d'ailleurs
Enfin ils boivent aux dames
Qui leur donnent leur joli corps
Qui leur donnent leur vertu
Pour une pièce en or
Et quand ils ont bien bu
Se plantent le nez au ciel
Se mouchent dans les étoiles
Et ils pissent comme je pleure
Sur les femmes infidèles
Dans le port d'Amsterdam
Dans le port d'Amsterdam.
J.Brel
à supprimé à la demande du riverain 28.04.09
De ThomasLefebvre
Rapatrié | 23H34 | 16/01/2008 |
Pitié, tout sauf Radio Nostalgie…
De supprimé à la demande du riverain 28.04.09
00H30 | 17/01/2008 |
C'était pas pour évoquer radio Nostalgie,mais deux contextes différents de la prostitution.
De x
01H29 | 17/01/2008 |
Dans ce joli pays, les jeunes se suicident en masse. Ils s'intoxiquent à gros volumes, alcool, haschisch, médicaments. Ils se prostituent. Ils brûlent des bagnoles, des assemblées de Corse. Et donc, quoi ? Des délinquants, des personnes amorales. Un problème de gène peut-être, une faiblesse constitutive ?
Il faut être lucide : les enfants ont tous les traits de leur mère Société. Ca confine à l'ignoble que de vouloir en plus les accabler du poids d'une culpabilité individuelle.
J'espère que ce genre de déni de parole n'a pas pour objet sa propre lâcheté, surtout ne pas regarder la vérité de cette société à laquelle on participe, activement ou passivement, en laissant les choses se produire. Parce que l'ignoble serait là justement, et non chez le deshérité qui demeure debout dans l'infortune, qui ploie mais n'est pas brisé encore ; oui, l'ignoble serait chez celui aux moeurs bien policées en surface mais à l'âme radicalement pourrie.
[Courage, Laura]
De blosse
concepteur dans la pub | 01H32 | 17/01/2008 |
Triste france, dans laquelle on peut choisir entre pute et caissière pour financer des études… qui nous permettront de devenir pute ou caissière.
De blosse
concepteur dans la pub | 01H39 | 17/01/2008 |
Triste france, dans laquelle on peut choisir entre pute et caissière pour financer des études… qui nous permettront de devenir pute ou caissière.
De belette
lectrice du canard | 01H43 | 17/01/2008 |
Laura a fait un mauvais choix à un très jeune âge. Je ne sais comment elle vivait avant d'être seule face à ses factures. Ses parents l'ont-ils bien préparée à la vie d'adulte ? Aux tumultes de la grande ville et à ses dangers ?
Personnellement, j'ai choisi de prendre mon indépendance à 20 ans. J'étais étudiante, boursière et quand j'ai eu mon premier boulot à mi-temps, ma bourse est passée de 1700 à 700 francs… Inutile de compter sur mes parents pas riches pour les factures ! ( mais à chaque passage chez maman, j'avais droit à quelques boîtes de conserve, pâtes ou autres gâteries de ce genre, merci maman). Je sortais juste de temps en temps au ciné. Au bistrot, de généreux amis m'invitaient parfois. Enfin, j'ai fait avec le peu que j'avais, remettant à un avenir plus clément mes rêves… Pas de sous pour voyager ? J'ai été fille au-pair l'été. Enfin, la débrouille, quoi. Mais ça, ça s'apprend avant les emm…
Pour ce qui est des études, on est moins performant quand on bosse toute la semaine. J'ai mis le temps pour les finir. Beaucoup plus que mes copines « friquées » qui n'étaient pas particulièrement plus brillantes…
En tout cas, Laura, j'espère que vous avez un bon psy et que vous n'êtes pas trop touchée par les quelques messages malencontreux (vous en verrez d'autres). Bon courage pour la suite de votre vie et prenez soin de vous !
De Abou7
02H42 | 17/01/2008 |
Un article similaire est paru dans le Libé de ce matin sous le titre « Laura, Etudiante à tout prix » signé de Charlotte Rotman. Hasard et coïncidence.
Mais il faut dire que le sujet est passionnant et singulier du calvaire qui vivent les étudiants en général. Et les garçons, ils font le gigolo ?
De sumacel
02H44 | 17/01/2008 |
Il me semble que bien au-delà de l'épineuse et douloureuse question de la pauvreté estudiantine, que nous avons tous plus ou moins connue au cours de notre existence, pour l'avoir vécue ou côtoyée, la vraie question à laquelle répond ce livre est « comment devient-on prostituée ? ». En effet, étant posé que nombre d'étudiantes et d'étudiants doivent travailler en parallèle à leurs études, pourquoi certaines, et certains, prennent le choix d'un argent facile et rapide, mais destructeur, plutôt que celui d'un métier plus conventionnel ? Si c'est seulement parce que ça gagne plus en moins de temps, et qu'il n'y a pas de chômage, les étudiantes et étudiants seraient-ils plus exposés ? Il serait intéressant de savoir, par tranche d'âge, le pourcentage de personnes en situation précaire qui tombent dans cette spirale dont aucune n'est sortie indemne. Si, de telles statistiques, il ressortait qu'il y a davantage d'étudiantes et d'étudiants de 18 à 25 ans qui se prostituent que de simples « sans emploi », alors, en effet, ce serait alarmant, et il y aurait un travail de prévention à faire, tout autant qu'une réflexion sur la condition estudiantine. En tout état de cause, ça reste d'une grande tristesse.
Plutôt que Brel cité plus haut, c'est « La complainte des filles de joie », de Brassens, qui me vient à l'esprit.
Je souhaite bon courage à Laura, et si ce livre l'aide à se sortir de cet enfer, je l'achète, parce que dans bien des pays au monde, les prostituées, en plus de leur effroyable condition, risquent la prison ou la peine de mort, plutôt qu'un éditeur…
De Chaussette ventriloque
03H23 | 17/01/2008 |
Je suis attristé par la haine de certains commentaires.
Pour être jeune, avoir été étudiant, avoir des amis dans la même condition de difficultés financières, je comprends tout à fait le « choix » fait par Laura.
Et en fait de choix, est-ce que c'en est vraiment un ?
Un compte bancaire constamment en négatif, des factures qui s'accumulent, personne pour aider à payer,..
à situation désespérée, « solutions » désespérées.
Quant à trouver du travail :
- sans diplôme
- sans piston
- avec le nombre de chômeurs en France
bah faut s'accrocher.
S'accrocher pour obtenir un boulot qui ne paiera pas toutes les factures, en plus.
à Chaussette ventriloque
De toto89
13H14 | 17/01/2008 |
Tu as raison chaussette, dans la vie - et plus encore aujourd'hui - il faut s'accrocher.
Or cette fille a plus choisi le laisser aller (quand d'autres ont choisi de bosser dur)
Mais je ne suis pas inquiet, dans notre société c'est « struggle for life » désormais, et donc si cette fille n'a pas su s'accrocher à autre chose pour payer ses études (dont je voudrais connaitre le résultat d'ailleurs ! ), qu'à la facilité, je pense que sera pareil dans la vie active (sauf bien sûr à tomber dans le business de bas étage)
De Argon
Sciences Humaines | 07H41 | 17/01/2008 |
La prostitution étudiante existe, tout comme celle de la mère de famille. Je ne pense pas que les difficultés matérielles soient les vraies raisons.
Je crois que les personnes qui se tournent vers ce » débouché » ont une histoire familiale, personnelle complexes et que déjà elles ont été confrontées,directement ou non, à des situations où leur intégrité psychique et physique n'étaient pas respectées (violence familiale, viols, humiliations…).
De phil83
07H42 | 17/01/2008 |
Facile de juger, certain(es) font la pute d'autre vont travailler à Mac Do la nuit pour boucler le budget !
Affaire de choix personnel et peut être de facilité immédiate.
Travailler à Mac Do va vous laisser une méchante odeur collée à vos habits et vos cheveux, un salaire pourri, des jambes explosées ! mais on en rechappe. faire la pute ne laisse pas d'odeur le soir, paye bien et ne « fatigue » pas trop mais on n'en rechappe pas. laura va et à déjà commencé à rembourser par la souffrance son choix, puisse ce livre l'aider à renaître, bonne chance Laura.
à phil83
De Pierre-Yves Glare
10H50 | 17/01/2008 |
» »« Mais on en réchappe » » » ! ! ! !
; -))
Je ne comprends pas pourquoi on réchapperait plus du Mac Do que de la prostitution occasionnelle choisie.
Désolé d'être probablement à contre courant des pensées conventionnelles mais il me semble que ce qui pose problème ce n'est pas l'acte mais le regard choqué de la société sur un interdit.
J'ai une amie qui a fait sciences-po et qui travaille dans un club de strip tease où il est difficile pour moi quand elle m'en parle de voir une différence avec la prostitution, dans la mesure où elle vend quand même son corps en « salons privés » à des cadres sups en mal de sexe et de tendresse(sans pénétration).
Elle me dit qu'elle aime ce travail parce que ça lui permet de gagner assez en peu de temps pour s'adonner à ses passions (artistiques) beaucoup moins rémunératrices. Elle est trés libérée sexuellement et cette forme de « contact » ne lui pose aucun problème.
Cette amie est belle, brillante, bien dans sa peau,mène une vie saine et équilibrée n'en déplaise aux puritains de tous bords. Elle ne crame pas son argent en achats compulsifs pour oublier son désespoir. Elle ne va pas à confesse pour échapper aux flammes de l'enfer. Elle lit Badiou, Stiegler, Sloterdjik pour essayer de comprendre son époque.
Elle aurait pu faire autre chose pour gagner de l'argent - mais moins rapidement. Son calcul est 1/4 travail , 3/4 passion et assez rationnel. Elle ne veut pas passer au 4/4 esclave-salarié. Elle est affranchie. Elle concède que le monde est « dur ». Mais nous le savons tous. Le monde est « dur » pour ceux qui s'essayent à penser honnêtement et arrivent de temps en temps à se déshabiller de leur cynisme.
Je ne pense pas en conclusion que Laura aura du mal à renaître. LA prostitution, si elle est choisie, et pratiquée de façon indépendante avec un minimum de « rigueur » ne me parait pas poser de problème personnel à priori. Ce qui pose problème c'est le regard social puritain réactionnaire français.
Je souhaite bonne chance à Laura bien sûr mais dans son but, ses études. Les moyens elle les a choisis. Il ne faut pas confondre la fin et les moyens. Celles qui peuvent avoir des problèmes c'est celles qui perdent la fin. Ce que je souhaite enfin le plus à Laura c'est de réussir à passer outre les commentaires navrés, compatissants, paternalistes, ou de femmes qui ne savent pas de femmes d'une autre génération qui ne comprennnt plus rien aux jeunes ou à l'époque.De toute cette atmosphère compassionnelle de soins aux « victimes » qui s'attarde sur des faux symptomes pour ne jamais aborder les sujets sérieux.
Pour moi Laura est une amazone, certainement pas une victime.
Toni.
De christian 3-3
marié | 09H16 | 17/01/2008 |
Le témoignage de cette étudiante me boulvrese,ce qui prouve que la précarité touche aussi les classe dites
[moyennes],pendant que nos politiques sont dans la luxure
avec l'exemple de leur chef starkozi…
De winceslas
chomdu | 09H41 | 17/01/2008 |
comme quoi lorsqu'on veut toucher des bourses, il sagit parfois de les voir de prés………
De lesako
09H42 | 17/01/2008 |
mais … si je ne m'abuse, la prostitution permet aux étudiantes et étudiants qui la pratiquent … de toucher les bourses …
Néanmoins, ce sursaut gaulois n'est pas une validation d'un état de fait mondial, qui pointe la monétarisation galopante, véritable gangrène de toutes les sociétés.
De ClaireChar
10H22 | 17/01/2008 |
Je suis extrêmement dérangée par ce livre et surtout par le traitement que les médias lui donnent.
Il existe des milliers de personnes en difficulté financière et extrêmement rare sont celles qui ont recours à la prostitution pour y remédier. Il convient donc de reconnaitre que c'est un choix absolumment pas une obligation. Après je ne juge pas ce moyen de gagner sa vie mais ne faisons pas de misérabilisme c'est une façon rapide et efficace de gagner sa vie et que l'on vienne pas nous dire qu'elle n'avait pas d'autres choix. Il y a d'autres choix mais plus fatiguant et moins rémunérateur.
Je me souviens d'un article il y a une dizaine années dans le ny times sur les prostitués bulgares en europe qui les pauvres n'avaient pas le choix leur pays étant tellement pauvres etc…
J'avais à l'époque une collégue bulgare qui avait quitté son pays pour faire ses études aux Etats-Unis grâce à une bourse et travaillait jour et nuit pour survivre à NY et elle était révoltée de ce genre d'article qui laissait penser que ces filles n'avaient pas d'autres solutions qu'elles s'étaient laissé avoir, rêvant d'être mannequin en Europe. C'est de la mauvaise foi
Je suis beaucoup plus à l'aise avec les prostitués à l'ancienne qui vous disent : je fais ça car je suis indépendante je gagne très bien ma vie et aller bosser dans un supermarché ou un bureau pour moitié moins non merci
Il faut juste assumer
De jean_banane
10H27 | 17/01/2008 |
il est évident que l'argent facile attire toujours. il est déprimant pour cette étudiante de voir qu'elle se prépare à un métier qui lui rapportera dix fois moins de l'heure que son travail actuel.
de mon côté, il me suffira de quelques heures pour payer une passe. filez les liens que je puisse passer la commande.
après tout, les habitudes sexuelles ca s'apprend aussi. et puis si elle fait médecine, elle sera pas dépaysée . le chapitre sur l'éjaculation sera bien maitrisé et celui sur le fonctionnement des hormones masculines ( responsables du « suce salope » ) n'auront plus de secrets….