
Plébiscité par la critique et le public en Suisse -prix du Cinéma suisse et prix du public à Soleure en 2007- comme à l'étranger –prix du public à Rome, Los Angeles, Chicago, Ours de bronze à Berlin en 2007-, le dernier opus de celui qui porte le cinéma helvétique à bout de bras, Fredi M. Mürer, est sorti sur les écrans français mercredi.
Si « Vitus », décrit comme une « fable traversée par des échos du Petit Prince », un « conte universel », une « transposition moderne du mythe d'Icare », a rassemblé les foules, c'est qu'il titille avec tendresse et humour les bons sentiments du spectateur.
Soit Vitus –dont le prénom, courant dans les pays nordiques, connote l'élan vital-, un jeune garçon dont les capacités extraordinaires font le bonheur de ses parents -une mère anglaise insupportable et un père un peu naïf. Comme ces derniers lui en demandent beaucoup -il faut bien capitaliser sur une denrée aussi rare- Vitus se réfugie chez son grand-père –l'exemplaire Bruno Ganz.
Cette relation grand-père/petit fils est finalement ce qui arrive de mieux à un film qui, par ailleurs, n'évite pas complètement les clichés inhérents au thème rebattu du surdoué et sombre dans une narration lisse et consensuelle.
Mais le dernier Mürer devient particulièrement intrigant lorsque Vitus se met à spéculer avec l'argent de son grand-père, à la barbe de ses parents accablés par les difficultés financières. Car si Vitus est une relecture du mythe d'Icare et si la volonté d'élévation y est parfois poétique, le désir d'ascension des personnages demeure avant tout social et vénal –cf les tours, grues, la réussite professionnelle du père, autant d'incarnations verticales d'une volonté de puissance financière.
La Bourse, pour un surdoué, c'est aussi facile qu'une partie d'échecs. Le jeune prodige jongle bientôt avec les millions aussi facilement qu'avec les notes de son piano et sauve la mise du père, au bord la banqueroute. Jolie fable donc. Sur le même registre que le Chris Gardner d »« A la recherche du bonheur », « Vitus » semble nous inviter à tirer le meilleur parti du libéralisme. Le bonheur de nos jours est-il forcément soluble dans la spéculation et l'amas de richesses matérielles ? Pour le jeune Vitus, la Bourse reste avant tout un jeu, un moyen et non une fin. La dernière séquence du film le confirme. Utiliser le système pour mieux le baiser. Et si être libertaire en 2008 revenait à spéculer sur Internet, confortablement calé dans son fauteuil, devenir millionnaire et enfin mettre les voiles ?




















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De Ouzbek
12H44 | 15/01/2008 |
Si être libertaire c'est spéculer pour mettre les voiles, n'oubliez pas que la spéculation se fait sur le dos des salariés dont les entreprises qui les emploient doivent toujours être plus rentables, sur le dos du système de protection qui doit toujours être moins couteux pour éviter que la fiscalité ne fasse fuir ces « investisseurs », etc. En gros, pour qu'il y ait des gagnants au jeux de la spéculation, il faut qu'il y ait des perdants et ce ne sont pas les plus forts… Finalement, si l'on vous suit, être libertaire en utilisant la bourse, c'est exploiter les plus faibles.
En même temps, ça doit être rigolo de rien ressentir pour les autres…
De mattzz
12H52 | 15/01/2008 |
Pourquoi tous les critiques de films se sentent-ils obligés de raconter la fin ? Manque d'imagination ?
De Samuel Dixneuf (auteur)
Journaliste freelance, professeur d... | 12H55 | 15/01/2008 |
Cher Ouzbek,
Ce que je dis n'est valable que dans l'espace et l'économie d'un film dont le point de vue est si dilué qu'il en devient insaisissable. La phrase « Et si être libertaire en 2008 revenait à spéculer sur Internet », ne représente donc pas mon avis -que je n'ai pas à donner- ne vous méprenez pas.
Ce qui m'a intrigué c'est que la présentation des séquences de spéculation -assez incongrues il est vrai-ne permettent pas de déceler le point de vue de Mürer -dont les positions sont plutôt libertaires, d'où mon allusion- sur la chose. Au final, j'ai glissé une pointe d'ironie que vous n'avez peut-être pas saisie.
SD.
De Azrael
17H38 | 15/01/2008 |
Sans épiloguer sur les opinions politico-économiques de Fredi Mürer, ce qui est le plus évident c'est qu'il s'agit d'un film extrêment racoleur (un môme surdoué, vous pensez si ça marche) et convenu. On marche pendant une petite demi-heure qui décrivent les toutes premières années de vitus. Et puis tout devient tellement prévisible…Seules les séquences avec Bruno Ganz permettent de tenir jusqu'au bout (éventuellement).
Bref un nanar à peine sympathique et très surévalué.
De Samuel Dixneuf (auteur)
Journaliste freelance, professeur d... | 17H43 | 15/01/2008 |
Je partage votre opinion Azraël.
De Potrick
22H57 | 15/01/2008 |
Quelle déception !
Si loin de l'Ame Soeur, magnifique film de Fredi Murer…