Entamé en novembre, le mouvement menace les Oscars. Mais que réclament les grévistes?
(De New York) Les scénaristes américains n’ont pas dit leur dernier mot. Ils ont arrêté le travail depuis le 7 novembre dernier, mais ils ne cessent pas pour autant d’exercer leur talent, en le mettant au service de leur cause.
D’une certaine façon, on ne leur a pas laissé le choix: la Writers Guild of America, le syndicat dont tous les scénaristes sont membres, impose à toute la profession de suivre la consigne de grève. Mais dans le contexte américain, où la grève est un luxe rare, celle des scénaristes dispose d’extraordinaires ressources pour se rendre populaire.
Le mouvement bénéficie jour après jour de la verve et de l’imagination d’une armée de scénaristes qui vengent leur ennui en rivalisant selon leur spécialité de slogans acerbes, de vidéos mordantes ou de gags potaches. Un exemple ici. (Voir la vidéo.)
Cet inépuisable reality show qu’est leur grève a mis en scène de nombreux acteurs solidaires. On a ainsi vu Eva Longoria livrer des pizzas aux affamés du piquet de grève, un épisode encore très inédit de Desperate Housewives. Et plusieurs candidats démocrates aux présidentielles ont apporté leur soutien au mouvement: Barack Obama, Hillary Clinton et John Edwards (photo plus bas).
Presque tous les jours de la semaine les scénaristes manifestent devant les bureaux des grandes chaînes de télévision, expliquant leur cause aux passants.
Le dialogue avec la représentation des six majors s’est brutalement interrompu le 7 décembre, après que Nick Counter, le président abhorré du syndicat des producteurs, a quitté pour la deuxième fois la table des négociations.
Pourquoi tant de détermination?
Les scénaristes ont le sentiment que leur statut est méprisé dans la grande hiérarchie du divertissement. Depuis les débuts d’Hollywood jusqu’à l’avènement des médias Internet, ils ont toujours rencontré des difficultés à faire reconnaître leur rôle et leur importance.
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Le mouvement actuel a commencé lors de l’échéance de la convention qui lie la Writers Guild à l’AMPTP (Association of Motion Pictures and Television Producers). C’est elle qui fixe la grille de rémunération de tous les scénaristes. Ces derniers ont espéré que son renouvellement ferait l’objet d’accords satisfaisants concernant les nouveaux supports Internet et numériques. Mais cette demande a été rejetée par les majors, qui affirment que ce marché est encore trop neuf pour avoir fait la preuve de sa rentabilité.
Le refus du "taux vidéo"
L’argument n’est pas nouveau. Un conflit semblable avait eu lieu en 1985: à l’époque, les majors avaient exprimé leurs doutes sur les performances futures de la vidéo et imposé pour ce support, au lieu des 2,5% de rémunération proportionnelle habituels à la télévision ou pour les ventes à l’étranger, un taux de 0,4%. Autrement dit, le scénariste d’un film ne touche pas plus sur la vente d’un DVD que le fabricant du boîtier!
Or l’évolution du secteur a été très rapide: aujourd’hui, les ventes DVD représentent une part considérable des revenus dérivés des films, tandis qu’Internet canalise aussi bien les "premières" des shows que les diverses possibilités de visionnage différé.
Au cours des négociations, les producteurs ont même proposé, à la place de la rémunération à 0,4%, un forfait unique de 250$. Cette dernière proposition indique clairement que les majors n’ont pas envie de négocier. Les scénaristes craignent donc le pire: s’ils acceptent le "taux vidéo" sur la diffusion Internet, ils risquent de ne tirer aucun bénéfice du succès économique qui attend les majors sur le Web.
Quand la santé s’en mèle
A première vue, ces revenus proportionnels, qu’on appelle residuals, ne sont qu’un complément aux salaires hebdomadaires des scénaristes. Mais dans un métier aux revenus instables, ils jouent en fait un rôle majeur: l’argent des residuals devient le revenu principal lorsqu’un scénariste se trouve entre deux contrats -ce qui est le cas, à tout moment, de 48% d’entre eux .
Cet argent abonde aussi la mutuelle de santé de leur syndicat. Ainsi, si la rémunération proportionnelle décline, la richesse de la caisse de santé s’amenuise également… Certains scénaristes vont même jusqu’à affirmer que tout l’enjeu de la grève repose sur la question du système de santé: l’atteinte à ces revenus palliatifs éveille des craintes au cœur de la société américaine contemporaine qui, à défaut d’Etat providence, s’est construit des protections à différentes échelles de solidarité (professionnelles, universitaires, communautaires, etc.).
Le salaire hebdomadaire: plus de 2500 dollars par semaine
Cette situation concerne avant tout les scénaristes les plus fragiles. Le salaire hebdomadaire d’un scénariste de télévision est d’au moins 2500$, parfois 4000$ pour certains "seniors". Et ces seniors peuvent n’avoir pas plus de 35 ans, si par exemple ils travaillent sans rupture de contrat depuis huit années d’affilée: dans ce cas, ils ne sont certes pas à plaindre, et peuvent espérer qu’ils n’auront pas besoin de faire trop d’économies pour les années futures.
Lester B., scénariste à la télévision, affirme avoir eu l’occasion une année de gagner 100000 $ de residuals, mais il s’empresse d’ajouter que cette année là, il n’avait pu trouver aucun contrat de travail, et aurait dû continuer de subsister sur cet argent si la situation s’était prolongée.
Leur revendication: être riche comme les autres
Alors? Les scénaristes américains font-ils grève pour se protéger de la précarité, comme les intermittents du spectacle en France? Pas exactement.
Conscients de fournir la matière grise d’une industrie extrêmement riche, ils exigent tout simplement d’être riches également.
Pas de pourcentage sur les ventes d’une œuvre, cela peut représenter une perte considérable pour un scénariste: ainsi Jack P., qui a signé un contrat de 65000$ avec la Paramount en 1996, a touché cinq fois cette somme en rémunération proportionnelle dans les années qui ont suivi.
Les oscars menacés
Les shows se sont arrêtés les uns après les autres, d’abord les émissions de plateaux, puis les séries… Désormais la Writers Guild menace d’empêcher la célébration des Oscars (le 24 février), qui fait également l’objet de nombreux sketches scénarisés. Des équipes de tournage entières se retrouvent au chômage.
Les conséquences sont extrêmement graves, et la discipline des scénaristes interdits de travail est très sévère: l’un a dû renoncer à vendre son roman pour une adaptation, un autre, qui avait franchi péniblement tous les échelons de la création et s’apprêtait à diriger sa propre série, doit abandonner ce chantier toutes affaires cessantes…
Les contraintes de l’industrialisation
Conscients qu’ils détiennent les clés du trésor, les scénaristes vivent comme une trahison ce refus de reconnaissance, un ressentiment qui vient de très loin. Dans les années trente, c’est toute une génération de dramaturges, rois de la côte Est, qui entama la migration vers l’or de l’Ouest : un changement qui les amena brutalement à travailler à plusieurs et à subir des contraintes industrielles qui leur semblaient odieuses -heureusement compensées par la hauteur des salaires.
Aujourd’hui, des plaintes semblables se font entendre, exprimées par de nombreux scénaristes qui se sentent bridés: les scénarios sont altérés par leur passage entre de nombreuses mains, et beaucoup se plaignent qu’ils perdent beaucoup de leur saveur au nom des bonnes moeurs, du politiquement correct ou les lois du marché.
Pourquoi les producteurs résistent
Pourquoi est-il si difficile aux producteurs d’accorder le taux demandé par les scénaristes sur Internet -0,8% des recettes?
Une première raison, c’est que le modèle des residuals a pris de l’âge: il repose sur une vision comptable des ressources économiques en nombre de billets d’entrée au cinéma, nombre de DVD vendus, nombre d’abonnements sur le câble, montant des contributions publicitaires sur les chaînes gratuites. Aujourd’hui, il faut repenser le système de calcul proportionnel à partir d’une recette plus complexe, qui intègre beaucoup plus d’annonceurs, de types d’abonnements et de types d’achat des oeuvres. Mais le pari n’est pas impossible: des propositions ont cours dans les négociations, et l’avenir dira si certaines sont valables.
D’autre part, les acteurs de ce conflit vivent peut-être les derniers soubresauts de deux illusions qui devraient bientôt se dissiper: l’illusion d’une concurrence des genres non fictionnels, et l’illusion de la gratuité d’Internet.
En ce moment, les reality shows (sport, télé-réalité, plateaux) comblent le vide laissé par les séries. Ces productions semblent se passer de scénarios. Mais dans la profession du spectacle, personne n’ignore l’importance que jouent les « préparateurs » de ces émissions, qui ont tout des scénaristes, sauf le nom, et qui devraient bientôt faire partie du même syndicat. Cette adhésion serait sans doute bénéfique, car elle permettrait de renflouer la caisse de santé et d’améliorer le pouvoir de négociation.
Les produits dérivés
Un film ne peut aujourd’hui être rentable que s’il s’accompagne d’un important travail de promotion sur Internet et de produits dérivés en tous genres (bande-annonces, sketchs, extraits). Ces produits destinés à appâter le téléchargeur ou l’acheteur potentiel sont eux aussi dérivés, même indirectement, du travail des scénaristes, ce que les producteurs ont tendance à ne pas prendre en compte.
Prenons l’exemple d’une série-phare comme Heroes, produite par NBC et aujourd’hui totalement figée par la grève. Le succès de son site Internet n’est certes pas lié aux publicités Nissan qui ornent la page de présentation, mais de son univers original. Et la survie de la série tient à la réinvention permanente de son histoire grâce à une collaboration de scénaristes qui travaillent en flux tendu -si tendu que la grève a provoqué en très peu de temps l’assèchement total de la diffusion télévisuelle.









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Il est remarquable de constater qu’au moment ou en France le gouvernement est entrain de supprimer tous les acquis sociaux dont le droit de grève, aux Etats-Unis, pays libéral de référence, la grève est devenue populaire au point d’obtenir le soutien des candidats démocrates à la présidence.
A quand un réveil républicain en France ?
En France La justification gouvernementale donnée pour prendre des mesures anti-téléchargement, c’est que l’internet serait un far-west dans lequel les auteurs seraient allègrement pillés et n’auraient plus qu’à pointer au chomage. On s’aperçoit avec cette grève que le far-west n’est pas là où on le pense, puisque les auteurs sont lésés de leur droit à l’avantage de l’industrie du cinéma et de l’informatique. Une solution d’économie consistant à
baisser fortement les prix (cela est possible puis les fichiers numériques, bien numériques facilement reproductibles pourraient être beaucoup vendus), à donner plus aux auteurs n’est pas négociée en France.
Où l’on voit que quel que soit le pays, le téléspectateur (internaute ou pas) ou spectateur paie, et ce sont les majors qui récupèrent la plus grande part des recettes…
Sans oublier la lumière crue jetée sur toutes ces stars de talk show jouant sur leur verve et leur faculté de répartie : oh surprise tout ça est en fait écrit par une armée de petites mains d’anonymes, et la moindre grêve suffit à arréter l’ensemble des émissions…
N’oublions pas que ces mêmes « stars de talk show » ont bien souvent commencé, elle aussi, dans cet anonymat. Conan O’Brien, par exemple, a exercé ses talents d’auteur à SNL et même dans le pool d’auteur des Simpsons ! Ce qui explique que lui et Leno soient particulièrement solidaires de la cause des auteurs, qu’ils ont mis du temps à reprendre à reprendre leurs émissions et qu’ils soutiennent toujours les auteurs ce faisant… mais à l’écran. Ce qui est finalement pas si mal pour la cause des scénaristes !
« D’une certaine façon, on ne leur a pas laissé le choix: la Writers Guild of America, le syndicat dont tous les scénaristes sont membres, impose à toute la profession de suivre la consigne de grève. »
Ils sont plus forts que la CGT ceux-là!
Bon, si je convertis bien ces scénaristes gagnent entre 6700 et 10000 euros par mois?
Attendez, attendez, camarades syndiqués, je vous rejoins, je vous rejoins! Où est-ce qu’on signe?
Les scenaristes d’hollywood sont les nouveaux cocos:))
Qu’est-ce que représente un scénario dans le budget d’un film/série ? J’ai cru entendre dire que c’était relativement très faible, pourtant, sans scénario il n’y a pas de film/série.
Concernant les salaires, dans l’absolu ça peut paraitre élevé mais comment et combien de temps durent leurs contrats ? La période durant laquelle ils sont sans rémunération directes, etc…
ce mouvement de greve montre que quelque soit le salaire, quand on n’est pas payé ou qu’on se sent volé ça explose .transferons le probleme chez nous suppression de la pub dans le service public , hausse de la qualite ? ou concurrence déloyale avec les chaines privées ? les meilleurs scénaristes iront au plus offrant (en imaginant que la france est de bons scénaristes ce qui ne semble pas etre le cas vu le nombre incroyable de séries étrangères diffusés et les mauvais resultats des productions française ex: « l’hospital » TF1, mais ça c’est un autre probleme.)toujours chez nous il y a des de personnes qui ne sont pas payes pour leur travail aussi, le personnel hospitalier pour rester dans les series je vais essayer d’ecrire un petit scenario pour expliquer la situation (il y aura des personnages
de plusieurs series).dans l’episode precedent d’urgennces l’ambigue nathan Petreli(Jospin) cree les 35H mais il est un peu bebete alors ça a ete mal fait et nos heroes du Cook County font beaucoup d’heures sup pas payees. cette semaine : le dr Ross (pelloux)emploie les grands moyens il va voir Ugly Betty (Bachelot) à qui il demande reparation ne sachant pas quoi faire elle demande à Jack Bauer (Sarkozy) de l’aider il a l’abitude de regler les problemes en 24 heures chrono mais voilà il est en pleine romance avec Carla Bruni (dans son propre role, guest star)alors elle se tourne vers le plus impitoyable des negociateur JR (Fillon) la suite dans le prochain episode.
En ce qui concerne les scénaristes/auteurs français, on ne manque pas de jeunes talents. L’industrie du divertissement audiovisuel souffre, comme toutes les autres industries en France, d’un conflit de générations. Que ce soit au sujet de la musique, de l’écriture, du cinéma ou de la même de la publicité, la production médiatique essaye de viser la masse, sans s’apercevoir qu’en réalité elle n’existe pas/plus. La culture d’aujourd’hui et de demain est faite de niches, la ménagère de moins de cinquante ans est morte.
Les producteurs français n’ont pas compris que pour faire quelque chose qui plaise, il faut d’une part y mettre les moyens, et d’autre part laisser l’auteur, le créatif (le créateur, le démiurge) s’exprimer. A part Kaamelot (émission pourtant produite et diffusée par M6), je ne connais pas une seule émission du PAF qui soit laissée entre les mains d’un jeune talent.
Bref, comme pour beaucoup de choses en France, on est pas mauvais, mais on est dirigé par des cons.
Ah, si les scénaristes du Chateau pouvaient mettre un terme à la sit-com présidentielle !
Les États-Unis sont en train d’acquérir la capacité de prendre un virage intéressant (notez ma prudence !). Il est tout de même curieux que ce ne soit pas les plus mal lotis qui se plaignent… Ha ben non, chuis bête, les plus mal lotis, si ils se plaignent, ils giclent…
Ha mais c’est pour ça qu’en France le chômage augmente et diminue en même temps (en fonction des sources) ?
http://jide.romandie.com
Ce ne sont jamais les plus mal lotis qui se plaignent.
Sinon, l’autre n’aurait pas fait 53%, car 53% des Français ne sont pas bien lotis n’est-ce pas.
Et pis c’est pas le mec qui fait un p’tit boulot qui va faire grève. Parce que sinon, SQUICK, viré, et on prend quelqu’un de moins docile.
Il y a une erreur grossière dans cet article. Les droits résiduels ne financent en aucune façon ou directement les plans de santé et de retraite des scénaristes. Ces plans sont financés par les employeurs signataires du contrat de base (MBA) dans le cadre de production dit WGA. Les scénaristes reçoivent directement leurs droits résiduels et empochent les chèques directement. Les chèques transitent normalement par la WGA. Les scénaristes ne peuvent en aucune façon financer directement leur propre fond de santé et de retraite même s’ils le voulaient. C’est une tâche réservée exclusivement aux employeurs. Il suffit d’aller lire la FAQ
Il y a eu confusion avec deux autres unions : IATSE et Teamsters qui sont des syndicats regroupant les employés dit below the lines tels que les directeurs de photographie, les compositeurs, les gaffeurs etc etc…, tout le « petit » personnel sans qui rien en fonctionnerait. Les Teamsters sont les camionneurs / déménageurs, les perosnnes trouvant les lieux de tournage etc. C’est l’un des plus gros syndicats américains. Ces deux syndicats regroupant une énorme portion des acteurs de l’industrie cinématographique/ télévisuelle et théâtre bénéficient des droits résiduels non pas pour eux mais pour l’ensemble de leurs membres. Ils reçoivent un pourcentage directement dans leur fond de santé et de pension.
D’autre part, les droits résiduels pour les ventes de DVD est de 0.3% jusqu’à 1 million dollars et de 0.36% au-delà. Ceci équivaut à 4 cents pour un DVD de 20 dollars. Ce taux est aussi applicable aux ventes d’épisodes sur des plateformes internet telles qu’itunes. En ce qui concerne les épisodes mis à disposition sur les sites des chaînes américaines, ils n’ouvrent à aucun droit résiduel car ils sont labelisés comme promotionnel, une exception au paiement de droit résiduel.
Les scénaristes effectivement ont dit que les fonds de pension et de santé étaient menacés mais PAS le leur : ceux de IATSE et des Teamsters. C’était un cri de ralliement pour ques les autres unions comprennent que les scénaristes ne se battaient pas que pour eux-mêmes mais que s’ils perdaient, tout le monde en pâtirait.
Pour les informations à la source, autant visiter les sites tenus par les capitaines de piquets de grève tels que unitedhollywood.com. Non seulement, tout y est expliqué en détail mais il y a des membres des autres guildes qui y publient des articles.
Pour les fausses idées : les américains font la grève. Bien plus que l’on ne le croit. La grosse différence c’est que leurs syndicats sont extrêmement puissants et que s’ils décident de faire la grève c’est que toutes les solutions ont été envisagées. De fait, on a l’impression qu’ils ne font pas la grève. MAis en réalité, c’est parce qu’elle est très souvent évitée grâce à des négociations. Il faut comparer le comparable : à savoir les grèves dans le privé. On ne peut pas comparer les grèves dans le public avec les grèves dans le privé. Les enjeux sont différents. Au niveau du privé, c’est équivalent. Si des salariés du privé font grève, on sait bien que c’est parce que la situation est catastrophique et qu’ils se battent pour leurs emplois et pas pour une augmentation de salaire comme c’est le cas la plus part du temps dans le public (évidemment c’est une exagération). Et comparativement, le nombre de grèves aux US et en France dans le privé est similaire.
En réponse à Skyfleur :
Tout d’abord, des précisions sur la relation entre droits résiduels et fonds de santé :
1/ Les employeurs versent aux scénaristes les droits résiduels 2/ Les employeurs financent le fonds de santé, en proportion du salaire du scénariste (6% du salaire pour le fonds de retraite, 8,5% pour le fonds de santé).
La question qui reste est la base de calcul du salaire. Pour le cinéma, les residuals n’entrent pas dans le calcul. Pour la TV, les residuals sont pris en compte : donc, si les residuals baissent, la contribution au fond baisse également. C’est pourquoi j’ai écrit que le fonds de santé est menacé en même temps que les residuals : j’ai rencontré beaucoup de scénaristes de télévision qui étaient très affectés par ce problème.
Par ailleurs, j’exprimais aussi l’idée que dans un métier à revenus irréguliers, tous les revenus complémentaires (y compris les residuals) sont considérés comme importants pour faire face aux dépenses maladies ou aux périodes sans travail.
Les taux de droits proportionnels que vous avez donnés sont tout à fait exacts. Il est également exact que les épisodes de séries mis en ligne sont considérés comme une « exception » sous prétexte qu’ils seraient « promotionnels ». De là toute l’angoisse des scénaristes ! Bientôt, toute la consommation de leur œuvre passera par l’Internet (VOD, streaming etc) : s’ils acceptent un contrat qui stipule que la consommation sur Internet est à 0%, ils toucheront 0 $ de residuals ! C’est pour cela qu’ils se battent.
Sur « le luxe rare » de la grève aux Etats-Unis : il est vrai que le mot « syndicat » ne rend pas compte de la réalité de la « Guild », qui est plutôt comparable à une sorte de corporation, avec une caisse de solidarité et beaucoup d’autres services. Et tout le monde y adhère : si bien que la « guilde » est très puissante, et peut vraiment imposer son point de vue dans les négociations – donc, elle a les moyens d’éviter la grève, qui est un cas de figure vraiment extrême.
J’espère que ces précisions éclairciront les choses.
Liens techniques :
http://www.wga.org/subpage_writersresources.aspx?id=68 (les salaires minimums négociés dans le contrat)
http://www.wgaplans.org/html/ERINFO8.htm (le fonctionnement du plan de santé)
Je ne remets pas en cause la grève. Loin de là. Mes commentaires sur le « luxe » de la grève n’était pas en réponse à votre article mais aux idées reçues véhiculées par certains internautes.
En revanche, je pense qu’il est erroné de faire une liaison entre les fonds de retraite / santé et les droits résiduels.
Les droits résiduels ne sont dus que dans les cas suivants pour la télévision :
- rediffusion sur le network d’origine : équivaut à 8% du droit de diffusion en deuxième fenêtre
- rediffusion en syndication
- Vente sur DVD
- vente par internet.
Le salaire d’un scénariste, lui, est fixé par avance. Les droits résiduels sont pris en compte dans le sens où un scénariste est payé un peu moins en vue des droits résiduels qui pourraient tombés. Je pense que c’est là où il y a eu confusion. Tant que le salaire ne baisse pas, les sommes versées par les employeurs ne baisseront pas. Autant un scénariste touche un salaire hebdomadaire autant il ne touchera des droits résiduels que sur les épisodes où il est crédité (scénariste, histoire de, adaptation (teleplay). Un scénariste n’écrit que très rarement plus de 2 épisodes sur une saison de 22. C’est un peu différent pour les séries à saisons courtes.
D’ailleurs, si vous suivez attentivement les différents sites des scénaristes, il n’y en aucun qui parlent de menace à leurs propres fonds de pension et de santé. Si véritablement, c’était une réelle menace, ils le crieraient haut et fort.
En revanche, il est un fait qu’ils crient haut et fort que leurs droits résiduels vont baisser de façon drastique s’ils ne reçoivent pas une compensation équitable pour la diffusion sur les nouveaux médias car ils pensent, à juste titre, que les nouveaux médias vont petit à petit supplanter la diffusion traditionnelle. Ce qui mettrait en danger la grande majorité des scénaristes qui survivent grâce aux droits résiduels.
Si l’on considère la superbe offre de l’AMPTP faite en décembre de $250 pour la diffusion sur les nouveaux médias pour une année entière avec une fenêtre promotionnelle de 6 semaines pour les séries, le résultat de cette merveilleuse offre c’est que l’AMPTP proposait 1/80ème de ce que les scénaristes touchent à l’heure actuelle pour une rediffusion traditionnelle.
Il y a évidemment d’autres points de désaccords qui sont véritablement propres aux scénaristes (contrairement aux dividences sur les ventes de DVD ou la diffusion sur les nouveaux médias qui touchent toutes les guildes). Ils demandent compétence sur la télé réalité et sur l’animation. Chaque année, des « producteurs » ou « monteurs » font grève devant les studios des productions d’émissions de télé réalité ; ils essaient de rentrer dans la WGA pour d’autres raisons : le basique : heures sup, fond de pension / santé etc.
Et il y a l’animation. Les auteurs de films animés ne sont pas couverts par la WGA mais par IATSE dans certains cas. Ils ne touchent donc aucun droit résiduel. L’exmeple qui est mis en avant c’est Toy Story qui fut un succès phénoménal, Joss Whedon a touché son chèque pour le film mais n’a rien touché sur les ventes depuis. Evidemment, Joss Whedon faisant partie des scénaristes A listers, il n’est pas à plaindre et il ne se plaint pas mais Toy Story a amassé tellement de bénéfices en termes de ventes après qu’on peut saisir les enjeux.
Il est probable que la WGA va devoir laisser tomber la télé réalité pour les trois ans à venir mais l’animation va être presqu’aussi importante que les droits résiduels sur les nouveaux médias.
Aussi, je soulignerai que la grève de 88 est surtout connue pour son très mauvais deal sut la vente sur vidéocasettes (et audjourd’hui DVD). Les studios à l’époque arguaient que c’était trop incertain et qu’ils n’avaient pas de chiffres. Ce sont les mêmes arguments avancés aujourd’hui pour les nouveaux médias. Et les scénaristes l’ont toujours dans la gorge et c’est pour ça qu’ils sont si résolus à gagner cette fois-ci.
Bonjour,
Certains penseront à brûle-pourpoint que je suis hors sujet en posant ces questions et en suggérant la réponse.
Pensez-vous que le combat menait par cette corporation de scénaristes est pour objectif de défendre les intérets de l’ensemble des corps de métiers de la profession?
Une grève d’un syndicat, soit disant tout puissant, à en faire crever de désespoir et d’envie tous nos intermitents du spectacle ici en France, dont la situation ne cesse de se dégrader?
Ils veulent simplement la part qui leur est dûe sur les bénéfices colossaux engrangés par les donneurs d’ordres, des énormes dividendes reversés aux actionnaires…
Tout comme chez nous en France, le sort du » p’tit personnel ne les concerne pas…
Pour infos. source ( Canard Enchainé ). Ces vingt dernières annéés on a reversés aux actionnaires, des entreprises, des dividendes équivalents à dix fois le budget de la sécurité sociale de l’année « trou compris », et vingt fois le montant des retraites de l’année, versé à tous les statuts de salariers…
Voilà ce message pour tous ceux qui sont dans l’adversité, et que l’on stigmatise pour les faire douter, les rendre vulnérable, et les exclure…
Qu’il vous donne de la R.E.S.I.S.T.A.N.C.E
C’est clair t’est trop hors-sujet!Les scénaristes sont la tête sans eux point de série et c’est eux qui touchent le moins d’argent sur ce qu’ils créent!C’est ridicule de vouloir opposer les scénaristes au preneur de son ,éclairagiste ou aux scriptes…tout le monde est dans le même bateau car bien qu’ils soient à l’origine d’une oeuvre les ,scénaristes peuvent être virés au profit d’un autre.Pourquoi critiquer ceux qui ont le bon gout de s’organiser ,de résister et de réclamer ce qui leur est dû?
A propos des conditions de travail qui se degradent…..vous en faites pas, la France est pas la seule …..c’est pareil partout. Au Canada c’est la merde, aux Etats aussi, et en Espagne ou je suis presentement, alors la, c’est vraiment la galère……
Sans vouloir vexer qui que ce soit, les intermittents Français devraient aller faire un stage dans la peninsule Iberique……vous seriez tellement heureux de rentrer en France, vous avez pas idée.
Mais, revenonzanomoutons……les scénaristes!
Je lis que ceux qui travaillent font des sous. Erreur. Ils sont a peine 200 ou 300 a faire du fric, les autres( 50 000 ? ), ils ont tous un deuxième emploi.
Ce qui se passe a la télé c’est pire. Les series populaires qui fonctionnent bien, employent une chiée de scénaristes. Parfois jusqu’à une quarantaine d’écrivains travaillent sur la même serie, contrairement au cinéma, qui lui ne retient qu’un seul scénariste a la fois, mais qui souvent, se tape tout le tournage sur le plateau, a faire des corrections, surtout de dialogues.
Dans le cas de cette grève en particulier, oui, les scénaristes, sans le dire, revendiquent certaines clauses qui portent sur les fonds de pension des autres syndicats.
Mais j’ai aussi deja vu des premiers assistants realisateurs toucher des parts des recettes des films sur lesquels ils avaient travaillé. Un, entre autre , que j’ai connu, qui avait touché, en plus de son salaire, 67 000 dollars sur les recettes de son dernier film. Sur le meme film, le coiffeur de Bette Middler touchait 14 000 dollars par semaine……durant 11 semaines. Et il ne s’occupait seulement de Bette Middler. Il ne touchait a personne d’autre.
Alors, quand je vois tout ça, oui j’appui la grève….
Lemmy_Nothor tu a écrit:
Sans vouloir vexer qui que ce soit, les intermittents Français devraient aller faire un stage dans la peninsule Iberique……vous seriez tellement heureux de rentrer en France, vous avez pas idée.
je te répond:
essayons de faire des comparaisons équitable:
l’espagne est sorti de l’enfer du franquisme il n’y a que 30 ans, après 40 ans de fachisme.
l’histoire de ces deux pays ne sont pas comparable les acquis et les luttes non plus…(mais la tendance est à se rapprocher en tirant par le bas)mais ce n’est pas le sujet…
Je me marre. Surtout ne blamez pas les scenaristes pour les navets qui envahissent nos ecrans……eux n’y sont pour rien. Si si, c’est vrai. J’ai lu des tonnes de scenarios qui valaient vraiment la peine d’etre tournés…..mais tout en haut, il y a les producteurs. Eux ne savent absolument pas faire la difference entre un bon et un mauvais scenario…..( a part deux ou trois, et je crois qu’ils nous ont quittés…), ils ne savent qu’additionner ( quand ça va dans leurs poches) et soustraire ( au cas ou ça risquerai d’aller dans les votres).
Moi je suis membre IATSE depuis 30 ans, et je suis pour cette grève. Mais je suis profondement anti Teamsters………c’est pas un syndicat, c’est une extension de la mafia, a peine cachée.
They wrong, we write !
Bonjour, Marlowe dsc
C’est pour des commentaires récurrents comme le vôtre qui minent ce site et le fera disparaître à trés court terme qui me désole, la bêtise n’est ni de droite ni de gauche, c’est ce que m’aura enseigné cette courte expérience avec Rue 89…
Merci toutefois à LEMMY-Nothor pour son info de dèrnière minute, elle me redonne un peu de baume au coeur, j’èspère que vous l’aurez lu, Mr Marlowe…
Solution: les droits d’auteurs chez les ricains ça n’existent pas.
Tiens donc, cela me rappelle quelque chose… Si on reparlait des téléchargement de musique ou autres documents, au nom du manque à gagner des créateurs?!!
Les producteurs se moquent pas mal de l’avenir de ces créateurs, ce qui leur importe le plus, c’est leur chiffre d’affaires, nous en avons là une preuve de plus.
Les médias qui parlent tant de ces méchants internautes travaillent en réalité surtout pour les sociétés de production… Les petits créateurs ne sont pas prêts de s’en sortir.