
Le marché lyonnais des annonces judiciaires et légales représente un joli pactole : près de 10 millions d'euros. Un magot qui peut peser très lourd dans la comptabilité des journaux habilités à publier ces annonces. Et un sérieux manque à gagner lorsque l'agrément préfectoral qui autorise la diffusion des annonces légales est retiré à un journal.
L'hebdomadaire Lyon Capitale en fait la très désagréable expérience en ce début d'année 2008, puisque la commission chargée d'établir la liste des journaux aptes à la diffusion des annonces légales vient de lui en retirer l'agrément. Le problème est que ladite commission est majoritairement composée des principaux concurrents de Lyon Capitale en matière d'annonces légales, comme l'explique un journaliste de l'hebdomadaire :
« C'est comme si une commission composée de TF1, M6 et Canal+ décidait si Arte a le droit de passer de la pub. »
La loi du 4 janvier 1955 établit en effet que la commission chargée d'établir la liste des journaux susceptibles de recevoir les annonces légales doit être composée du Préfet, du président de la chambre départementale des notaires et, « s'il en existe en nombre suffisant », de trois directeurs de journaux, désignés par le préfet, dont au moins deux pouvant prétendre à la publication des annonces légales.
Dans des départements où le nombre de journaux se compte sur les doigts d'une main, la composition de cette commission peut ne pas prêter à contestation. Mais dans les départements qui comptent une grande métropole avec une pléthore de titres susceptibles de respecter les critères de publication des annonces légales (à Lyon, une quinzaine environ) et, qui plus est, où le marché de ces annonces est considérable, la composition de cette commission peut poser problème.
Les journaux qui siègent dans la commission préfectorale, établie depuis 2004 par arrêté préfectoral, sont Le Progrès (actionnaire majoritaire de Lyon Capitale usqu'en 2005), Les Petites affiches lyonnaises et Le Tout Lyon.
Le responsable d'un autre hebdomadaire lyonnais indépendant (Tribune de Lyon) respectant les critères pour publier les annonces légales a fait part de son souhait de siéger dans cette commission. L'entrée lui en a été refusée parce que « c'est l'habitude », lui aurait-on rétorqué.
Pourtant un hebdomadaire comme le Tout Lyon, qui selon Lyon Capitale, représente à lui seul environ 50% du marché des annonces légales dans le Rhône, occupe une place marginale dans le paysage médiatique local : il tire à 10500 exemplaires selon des chiffres disponibles sur le site de la Chambre de commerce de Lyon. Le Tout Lyon possède également des titres comme L'essor ou Le Patriote du beaujolais, qui ont également l'agrément pour publier les annonces légales. Des son côté, Lyon Capitale tire à 30000 exemplaires mais n'occupe que 1% de ce marché, soit 100000 euros de recettes pour l'hebdomadaire, l'équivalent de 10% de son chiffre d'affaires.
Pour Lyon Capitale, la perte de cette ressource amputerait la rédaction de trois journalistes et handicaperait considérablement le développement du journal. Comment expliquer, dans un tel contexte, la décision de la commission concernant Lyon Capitale ? La non publication de l'hebdomadaire durant le mois d'août ? Un critère qui, jusqu'à aujourd'hui, n'a semble-t-il jamais gêné la commission puisqu'en plus de quinze ans d'existence, Lyon Capitale n'est jamais sorti dans les kiosques au mois d'août. Explications du côté du Progrès :
« La décision de la commission a été prise à la majorité des membres présents. Il y a des règles qui sont liées à un volume de parution et à une parution tout au long de l'année. Nous entendons mettre un peu d'ordre dans tout cela et appliquer strictement ces règles, même s'il y a eu du laxisme par le passé. »
Le représentant des notaires, lui, nous a indiqué « n'avoir qu'une position minoritaire » dans cette commission, refusant de s'exprimer sur le fond de l'affaire.
De son côté, Raphaël Ruffier, rédacteur en chef de Lyon Capitale, n'admet pas que « les journaux présents dans cette commission, alors même qu'ils sont censés représenter les intérêts de l'ensemble de la presse, ne défendent que leurs intérêts propres ». Il ajoute que « concernant les critères de diffusion, Lyon Capitale a une diffusion plus importante que certains titres confidentiels qui siègent dans cette commission, puisque le journal est un des plus gros diffuseurs de l'agglomération juste derrière Le Progrès. » Ironie de l'histoire, depuis le retrait de l'agrément sur les annonces légales, Lyon Capitale a reçu de la préfecture trois annonces à diffuser…
En attendant, Lyon Capitale a entrepris un recours devant le Tribunal administratif et le journal « s'est mis sous la protection de la justice ». En clair, il été placé en redressement judiciaire.
Slim Mazni




















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De Georges-Lyon
19H49 | 14/01/2008 |
« Nous entendons mettre un peu d'ordre dans tout cela et appliquer strictement ces règles, même s'il y a eu du laxisme par le passé. » Quelles règles ? Strictement ? Le Patriote Beaujolais est un journal connu du grand public ? La Tribune de Lyon est-elle sortie tout le mois d'août ?
De ClaireChar
20H22 | 14/01/2008 |
Je ne comprends pas comment un journal qui publie que 10 500 exemplaires arrive à avoir 50% des annonces ?
Les annonceurs sont complètement débiles ou alors j'ai rien compris…
si on peut éclairer ma lanterne…
à ClaireChar
De totoh69
Citoyen attentif | 21H31 | 14/01/2008 |
Les annonces légales sont une lecture un peu particulière. On y trouve pêle-mêle des offres de marché public et des textes publiés à la suite de condamnations. Pour les premières, mieux vaut s'adresser à des journaux spécialisés, pour les deuxièmes, à des journaux confidentiels ! Les journaux grand public ne sont donc pas toujours les plus prisés.
à totoh69
De ClaireChar
10H06 | 15/01/2008 |
Ok je comprends mieux alors, merci beaucoup !
De aumusee
en direct de l'élysée Montmartre | 20H44 | 14/01/2008 |
Le pactole des annonces légales : une foultitude d'annonces juridiques doit être publiée dans les journaux habilités à cet effet.
Pour la vie des sociétés : changement de siège social, constitution, modification de la dénomination, ajout d'un objet social, nomination d'un commissaire aux comptes, modification de la durée de l'exercice social, etc…
Idem pour toutes les annonces des tribunaux de commerce : jugements de redressement judiciaire, de liquidation, etc..
Quel avantage de choisir un tout petit journal, TRES PEU LU : si une annonce fait mauvais effet (par exemple ce qui est lié aux pertes excédant les limites légales) et bien cette annonce passée dans un journal quasiment sans lecteurs portera moins de préjudice que si vous la passez dans un journal à grand tirage
De talonette66
animatrice | 21H32 | 14/01/2008 |
joli coup de ping pong entre les deux derniers post, merci à aumusee, effectivement, çà devient très clair !
De gildu
Lyon | 21H45 | 14/01/2008 |
Oui et on peut dire aussi que Lyon Capitale est un journal diffusé majoritairement à titre gratuit dans les restaurants et parkings de Lyon sans adhérer à l » OJD et que dans la presse en général pour pouvoir jouer sur le marché publicitaire, il faut une garantie de diffusion.
on peut dire ce qu'on veut mais diffuser 2000 ex en kiosque et 20000 ex gratuitement avec un contenu pas terrible ça n'a jamais garanti de grandes rentrées publicitaires ( à fortiori pour les légales )
et même si on aime pas les affiches ou le tout Lyon il faut reconnaitre que ces deux journaux ont un contenu qui peut interesser les lecteurs de legales alors que Lyon capitale, c'est pas dans l'ambiance redactionnelle.
Je pense que si Lyon Capitale avait boosté son lectorat et avait accepté d'être à l'OJD, le résultat aurait peut être bien été différent. En bref, avant de tirer tous azimuts sur les concurrents » heureux » il faut mettre tous les paramètres en perspective, et tout de suite on trouve une explication un poil rationnelle.
allez Lyon Cap, y'a autre chose à vendre que les légales, de la pub classique par exemple.
De Georges-Lyon
21H58 | 14/01/2008 |
Mister Gildu… Même si Lyon Capitale a fait une distribution promotionnelle ces derniers mois, gratuite comme vous dites, le jeudi, ses ventes en kiosques (dès le mardi) n'ont pas baissé et ont même augmenté… et remplissent le critère de 3000 ventes requises. Donc où est le problème ?
De deux, en quoi le critère OJD rentre-t-il là dedans ? Les autres titres habilités aux annonces légales comme eLe Pays entre Loire Et Rhonee par exemple sont ils à l'OJD ? Lyon Capitale est certifié OJD depuis 2007… vérifiez vos sources ! ! !
Enfin, l'argument du : « Les Affiches Lyonnaises ont un contenu qui intéresse plus les lecteurs de légales » est plus que bancal, puisque la loi qui a donné à la presse le droit de publier des annonces légales, sous certaines conditions, avait pour objectif justement de donner au public une transparence sur la vie économique de leur région…
Si on ne laissait l'habilitation à publier des annonces légales qu'à des journaux qui visent les gens concernés, alors la loi n'aurait plus aucun sens… « Ah oui, je vais déposer un appel d'offres pour un marché public dans un journal pas ou peu diffusé (3001 ventes dont 95% d'abonnés aux frais dudit journal), comme ça le beau frère de ma cousine sera sans doute le seul à y répondre… je vais pas publier l'annonce légale dans un journal à forte diffusion… Risquerait d'y avoir de la concurrence…Z'êtes fous ou quoi ? »
En résumé, cher Gildu, vous savez lire la loi. Mais vous n'avez rien compris à sa raison d'être… !
à Georges-Lyon
De gildu
Lyon | 07H51 | 15/01/2008 |
Cher Georges
Comment peux t on certifier 3000 ventes en kiosques sans OJD. Et connaissant assez bien ce milieu de la presse, je peux vous dire que Lyon Capitale annonce bien plus que 3000 ventes. D'autre part, celà fait bien plus que quelques mois que Lyon Capitale est diffusé gratuitement dans les restos de Lyon. Le journal que vous citez « le pays » est à l'OJD comme le patriote, les affiches… La tribune de Lyon s'est engagée à y être cette année.
Bref, je peux comprendre le fait que le contenu n'ai aucun rapport, après tout je reconnais que ça n'a pas beaucoup d'importance. Cependant pour revenir sur la complainte de Lyon Capitale, il faut se souvenir que le dirigeant actuel présida en son temps aux destinées du Progrès. A l'époque, je ne suis pas certain qu'il fut sensible à l'attribution des légales aux petits journaux. Autre temps…..
Bref je n'ai rien contre Lyon Capitale bien au contraire, je suis pour la pluralité, la diversité, j'aime la presse en général. Je trouve juste que les lois du marché publicitaires ont toujours été difficiles à comprendre. Dans le même registre, certains journaux bénéficient des largesses de telle ou telle institution locale, c'est pas évident à comprendre mais c'est comme ça. il y a un an environ, la mairie de Lyon avait du présenter l'affectation de son budget aux différents médias, certains manquaient, certains étaient favorisés, d'autre moins !
à gildu
De Georges-Lyon
09H46 | 15/01/2008 |
Cher Gildu,
je suis rassuré quant à votre attachement au pluralisme de la presse… En ce qui concerne ce vrai/faux débat sur les 3000 ventes en kiosques, je signe et persiste en vous affirmant que, distribution promotionnelle ou non, Lyon Capitale vend bien 3000 exemplaires, chiffres certifiés par expert comptable et ce n'est d'ailleurs pas ce critère qui a posé problème à la commission. J'ignorais que « Le Pays » ou « Le Patriote Beaujolais » étaient certifiés OJD… Je me suis donc renseigné et suis allé vérifié sur le site de l'OJD. Vous avez raison. Ils sont certifié. Tout comme Lyon Capitale ! ! ! … Vérifiez vous même : http://www.ojd.com
Si l'OJD fait « loi », alors les chiffres fournis par Lyon Capitale ne peuvent être remis en cause…
De ozonys
23H21 | 14/01/2008 |
Un élément important oublié dans votre information : le propriétaire du journal Xaver Ellie…
Spécialiste en coulage de médias, avec un bel exemple au Progrès de Lyon.
Virant les fondateurs qui lui deplaisaient…
Quant au licenciement de trois journalistes en raison du manque à gagner, quelle belle excuse, pour s'amender d'une décision déjà actée. On veut noyer son chien, on pretend qu'il a la rage…
à ozonys
De Georges-Lyon
09H51 | 15/01/2008 |
Pour être « proche » de la maison, je peux vous affirmer qu'il n'y a eu aucun licenciement des deux fondateurs de Lyon Capitale.
Marqués par les épreuves Rousset et Cie d'il y a deux ans, ils ont simplement émis le souhait d'entamer une nouvelle vie, loin du monde des medias… et semblent couler de très beaux jours de l'autre côté de la Méditerrannée. L'ancien PDG du Progrès n'a, lui, toujours pas compris cette décision et je pense même qu'elle lui a fait mal.
Quant à savoir s'il est spécialiste en « coulage » de médias, ça a peut être été le cas au Progrès (mais je vois mal comment un seul homme pourraît couler un mamouth comme Le Progrès…Je pense que le Progrès est intrinsèguement un navire coulant, quelle que soit sa direction) mais Lyon Capitale n'est pas encore mort me semble-t-il
De gildu
Lyon | 12H01 | 15/01/2008 |
Georges,
Moi aussi j'ai pu vérifier qu'effectivement, Lyon Cap est sur le site OJD mais comme vous avez pu le constater sans aucun chiffre de diffusion.
Il ne suffit pas d'adhérer, il faut aussi déclarer ses chiffres. CQFD
Malgré celà, longue vie à Lyon Cap, au Progrès, au Patriote, à l'Essor, aux affiches, à la Tribune de Lyon……tant qu'il y aura des journaux, nous serons libres. Quand il n'y en aura plus qu'un ou deux, notre démocratie ira mal.
De Pierre.Gandonnière
13H31 | 15/01/2008 |
Pour répondre aux internautes qui s'interrogent sur la situation de Lyon Capitale, voici un article que nous publions ce jour :
« Annonces légales, les liaisons dangereuses
Le 28 décembre, Lyon Capitale s'est vu priver du droit de diffuser des annonces légales. À ce jour, les motivations de cette décision prise par la préfecture ne nous ont toujours pas été notifiées. Lyon Capitale a donc choisi de se placer sous la protection du Tribunal de Commerce, qui a prononcé une mesure de Règlement judiciaire, et attaqué l'arrêté du Préfet auprès du Tribunal Administratif. Cette juridiction a reconnu “l'urgence” de la situation et devrait siéger dans la semaine.
En attendant que la Justice se prononce, et rende - espérons-le - à Lyon Capitale le droit de publier les annonces légales, nous ne pouvons que nous poser un certain nombre de questions. Le Préfet nous a fait savoir qu'il n'était pas responsable de cette décision - et qu'il souhaitait même que nous retrouvions nos droits au plus vite ! - mais qu'il avait été obligé de signer l'arrêté préparé par son secrétariat général et une commission consultative. Hors, nous avons appris que cette commission - devant laquelle il ne nous a pas été permis de nous exprimer - est composée en majorité de nos “concurrents” sur le marché des annonces légales : Le Tout Lyon, Le Progrès et les Petites Affiches Lyonnaises, principaux acteurs du marché, disposent ainsi de trois sièges sur cinq.
Peuvent-ils réellement analyser de manière impartiale le dossier de Lyon Capitale, qui a réussi ces dernières années une très belle progression sur ce marché colossal ?
Autre découverte : le secrétaire général de la Préfecture, sous l'autorité duquel ont été menées un certain nombre d'enquêtes diligentées contre Lyon Capitale, est, dans le privé, l'époux d'une journaliste du Tout Lyon. Sans vouloir préjuger, cette situation ne complique-t-elle pas à tout le moins son action, qui exige là-encore une parfaite équité ? Tout cela fait désordre pour ceux qui aiment la République.
Nos confrères de Tribune de Lyon ont failli perdre aussi les annonces légales. Leur PDG, François Sapy, qui lui a pu s'exprimer devant la commission, explique à Lyon Mag comment ses membres ont cherché à le “flinguer”. “C'est mort” lui ont-ils dit, en “se marrant”.
Lyon Capitale espère naturellement avant tout récupérer le droit à publier les annonces légales, que le principal journal d'investigation à Lyon sur la question des marchés publics, n'aurait jamais dû perdre. Mais nous espérons aussi que toute la lumière sera faite sur “les liaisons dangereuses” à la Préfecture, pour qu'à l'avenir, nous ne soyons plus évalués par des concurrents qui ont tout intérêt à nous voir disparaître. »
La rédaction Lyon Capitale
à Pierre.Gandonnière
De Voyageur
16H16 | 15/01/2008 |
Bonjour
Une petite question me vient a l'esprit
Dans quel journal Lyon Capitale a du faire paraitre l'annonce legale concernant la mise en redressement judiciaire ? ? ? ? ?