Les socialistes en ordre très dispersé sur le Traité européen

Après l’appel des dirigeants socialistes au boycott du Congrès sur la modification de la Constitution, préalable à la ratification du Traité simplifié européen, plusieurs membres du parti ont fait savoir qu’ils ne suivraient pas cette ligne de conduite.

"Nous devons en terminer avec l’impasse européenne", a déclaré jeudi François Hollande lors de ses vœux à la presse. S'ils se sont mis d'accord sur le fond –ratifier le Traité simplifié européen-, sur la méthode, la question européenne n’en finit pas de diviser les socialistes. Lors de la campagne présidentielle, Ségolène Royal avait affiché sa volonté d’organiser un référendum. Mais le vainqueur en a décidé autrement, optant pour la ratification parlementaire.

Jack Lang votera "deux fois oui"

Faut-il boycotter le Congrès ou voter non au mode de ratification choisi par le Président? Les avis divergent. Jean Marc Ayrault, président du groupe à l’Assemblée nationale, a appelé le parti au boycott du Congrès de modification de la Constitution, le 4 février à Versailles. Un appel approuvé jeudi par François Hollande:


Mais la politique de la chaise vide ne fait pas l’unanimité. De nombreux tenants du oui, comme du non, ont affirmé leur volonté de se rendre au Congrès. Arnaud Montebourg, Jean-Christophe Cambadélis, Henri Emmanuelli, Jean Luc Mélenchon… Autant de ténors qui comptent affirmer leur opposition à la modification de la Constitution par voix parlementaire en participant au Congrès de Versailles. Division toujours, Jack Lang reste quant à lui fidèle à ligné dictée par Sarkozy. Le député du Pas-de-Calais a affirmé qu’il voterait "deux fois oui".

"La diversité de notre conscience"

La cacophonie qui règne au PS sur la question européenne donne à nouveau l’image d’un parti divisé. Jean Christophe Cambadélis, député de la vingtième circonscription de Paris, tente néanmoins de tempérer:

"Cela reflète la diversité de nos sensibilités et de notre conscience vis-à-vis de cette question."

Pour lui, le PS doit rester cohérent avec la ligne adoptée lors du vote du bureau national en novembre dernier, favorable à la ratification du traité:



Benoit Hamon, député européen, prône quant à lui la voix référendaire au nom "du respect du peuple", qui avait rejeté le Traité européen de 2005. Une seule solution serait donc envisageable: voter non à la modification de la Constitution et s’abstenir lors du vote pour la ratification du Traité simplifié européen, qui comporte selon lui "des lacunes trop importantes sur les questions monétaire, budgétaire et fiscale":



Pour faire obstacle à la volonté présidentielle, deux parlementaires sur cinq doivent s’opposer au texte. Ce qui place le PS en position d'arbitre. Une arithmétique qui n'a pas échappé à Nicolas Dupont-Aignan, représentant de la droite opposée au Traité:

"Où sont partis les parlementaires de gauche qui avaient promis un référendum lors de la campagne de Ségolène Royal? Ils se sont évanouis? Ils peuvent bloquer le vote par voix parlementaire si l’UMP n’obtient pas la majorité."


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21H23    14/01/2008

Pour autant que je puisse en juger (c'est-à-dire vu de l'extérieur), le PS paie aujourd'hui, à travers cette confusion, l'absence de clarification ferme à l'issue du referendum. Cette clarification aurait été fort opportune parce qu'elle n'aurait évidemment pas concerné que le Traité.
A la limite, une approbation ou une condamnation franche, peu importe. Son problème, c'est que son électorat ne l'a pas suivi le 29 mai. Notre problème, c'est qu'il essaie de tenir deux positions à la fois.

Que ce soit Sarkozy ou le PS, l'impression tenace que je retire du spectacle qu'ils nous montrent est celle d'un incroyable bricolage politique.

 
21H50    14/01/2008

Moi j'ai lu dans notre constitution ceci :
Article 3
La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum.
Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice.

J'ai souvenir avoir participé déjà à un référendum à propos de l'Europe, non ?

Nous devrions tous apprendre notre constitution et la défendre. C'est notre idée de la démocratie. C'est notre projet commun à nous les Français et ce projet participe à la construction de notre civilisation.

http://virginie.aubaud.club.fr/Dotclear/index.php?Pensees-semees-ici-et-...

 
22H24    14/01/2008

Le Congrès c'est la réunion des deux corps, l'Assemblée Nationale et le Sénat se réunissent à Versailles pour modifier la Constitution. Dans le cadre de la ratification du traité de Lisbonne, il faut modifier la Constitution avant et donc réunir le Congrès.
Certains voudraient voter "non" à la modification de la Constitution afin de bloquer le processus de ratification.

C'est en effet une solution, mais théorique seulement, car la majorité des députés et sénateurs socialistes sont favorables au traité, donc ils préfèrent noyer le poisson d'emblée en déclarant qu'ils n'ont pas la gouvernance et que s'ils avaient été élus ils auraient organisé un referendum.

Il faut bien admettre que vue la tournure des évènements, je me prends à douter de leur sincérité.

 
22H46    14/01/2008

Juste pour savoir!
Existe-t-il un pays où le peuple se serait rendu aux urnes pour un référendum.. puis trois ans plus tard -sur la même question- le peuple ne serait plus convié à s'exprimer?

Si oui, comment appelle-t-on son régime? Démocratie, ...cratie? Bref, j'aimerai bien savoir comment expliquer à mes amis étrangers le régime dans lequel je vis.

Par ailleurs, en 88, il y avait si je me souviens bien:
la noblesse, le clergé, le tiers état...
J'aurais tendance à dire que nous avons maintenant:
les politiques, le MEDEF, le reste largement sous représenté dont la seule vocation est d'entretenir les 2 autres tiers, et d'élire le 1er une fois tout les 5 ans.. après, circulez, rien à voir!

 
04H34    15/01/2008

Le Non … à quoi ?

Si le Non l'emporte avant le Congrès de Versailles c'est un Non qui interdit tout…… Plus de ratification par le Congrès (Parlementaires et sénateurs réunis à Versailles) et PLUS de référendum possible

La nature ayant horreur du vide, les 27 états européens continueraient à fonctionner (mal) selon les règles déjà établies par les traités précédents, ceux de Maastritch et Nice. Le monde libéral en rira ou pleurera de bonheur : il ne sera pas encadré par une entité politique, l'absence de contraintes, de règlements, la liberté d'entreprendre sans barrière, tout ça lui va bien au teint …… Pour eux, vive Maastritch+Nice.

Mais les petits ne seront pas à la fête et cela en fait du monde : presque un demi-milliard de personnes. Et avec deux échecs, que resterait-il après deux fiascos de l'Europe ? Rien si ce n'est le monde libéral de Maastritch+Nice.