La création de prisons spéciales pour enfermer les criminels jugés dangereux à l'issue de leur peine fait polémique. Décryptage.
Enfermer les détenus dangereux à l'issue de leur peine pour les soigner. Cette loi, adoptée par l'Assemblée nationale la semaine dernière, soulève le scepticisme et la colère dans les milieux judiciaires et parmi les intellectuels. Le texte pose question à beaucoup : pourquoi la prise en charge psychiatrique n'est-elle pas entamée dès l'incarcération ? Et surtout, à quoi sert ce nouveau dispositif ?
Pourquoi ce texte ? Politique de l'émotion, de l'affichage ? Dans son discours de présentation du projet de loi relatif à la rétention de sûreté, Rachida Dati, la Garde des Sceaux, a fait référence, à plusieurs reprises, à des faits divers récents qui ont particulièrement ému l'opinion publique : les affaires Francis Evrard, Anne-Lorraine Schmitt ou Romain Dupuy.
Promis cet été par Nicolas Sarkozy, ce texte suscite un tollé auprès des associations et de l'opposition. Au sein même de la majorité, on parle de » précipitation » . Le porte-parole de la chancellerie, Guillaume Didier, précise que le » projet n'est pas venu comme ça » et que depuis 2005, trois rapports parlementaires ont été remis.
Charles Gauthier, sénateur de Loire-Atlantique, a rédigé un rapport sur la question du traitement des criminels dangereux. Il s'est notamment rendu aux Pays-Bas. Pour lui, ce texte ne règlera pas le problème :

Qu'est-ce qui va changer ? La loi, adoptée par l'Assemblée nationale, prévoit des mesures de sûreté contre les pédophiles et les auteurs de crimes multiples. A la fin de leurs peines, les détenus jugés dangereux pour la société, condamnés à quinze ans de réclusion ou plus, seront placés dans des » centres socio-médico-judiciaires » dont l'encadrement sera assuré par l'administration pénitentiaire.
Les criminels concernés par cette décision seront envoyés vers ces centres sur l'avis d'une commission pluridisciplinaire (médecins, magistrat, préfet, responsables pénitentiaires) qui renouvellera ou non sa décision une fois par an.
A l'origine destinée aux seuls pédophiles récidivistes, la loi a été élargie à tous les condamnés pour crimes » odieux » à la demande du gouvernement.
La ministre de la Justice souhaite que cette loi s'impose à des individus déjà jugés - autrement cette loi ne s'appliquera que dans quinze ans- ce qui pose la question de la rétroactivité. Charles Gauthier considère que le texte « frise l'inconstitutionnalité ». Une critique que la Garde des Sceaux a commenté, sur RTL, par un simple : « C'est une réalité à prendre en compte. »
Chiffrée, la loi concerne, selon la Chancellerie, entre 30 à 50 détenus aujourd'hui. Le premier centre sera crée au sein de l'hôpital de Fresnes et sera opérationnel dès septembre 2008.
Pourquoi la loi soulève-t-elle autant d'inquiétude ? Désormais, des détenus ayant purgé leurs peines resteront enfermés pour des crimes potentiels. Or, aucune mesure concrète ne se préoccupe réellement du suivi médical des détenus en prison. D'où les critiques des associations et des socialistes.
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L'ancienne Garde des Sceaux socialiste, Marylise Lebranchu nous a fait part de ses inquiétudes concernant cette loi : » Il s'agit d'une remise en cause des fondamentaux du droit français puisqu'on crée des centres d'enfermement pour des crimes potentiels ! » Si personne ne remet en doute la nécessité de tenir éloigné de la société les individus dangereux, une question élémentaire s'impose : pourquoi ne pas commencer le processus de soins dès l'incarcération ? La Garde des sceaux a émis le souhait, cet été, que l'administration pénitentiaire puisse avoir accès au dossier médical. Une annonce qui a alarmé la section française de l'Observatoire international des prisons (OIP)), l'association des secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire (Aspmp) et l'association des professionnels de santé exerçant en prison (Apsep). Les trois structures ont adressé une lettre de saisine au Comité consultatif national d'éthique voyant dans cette mesure une « violation du secret médical ».
Au ministère de la Justice, on assure qu'il n'y aura pas d'« abolition » du secret médical mais un « secret partagé » entre le chef d'établissement et les soignants pour « prévenir les risques de suicides » ou les dangers que présentent un individus pour les autres détenus.
Un magistrat fait part de sa perplexité :
» Le fait qu'on veuille neutraliser les individus dangereux ne me choque pas. La question, c'est qu'est-ce que c'est être dangereux ? Ici, ce sont des gens qui commettent des infractions sexuelles et violences graves. C'est une approche extrêmement limitée.La société a le droit de dire « Je me protège », mais tout cela me paraît répondre à des fantasmes collectifs. Il existe un certain nombre d'individus dangereux qui nécessitent des précautions mais pourquoi une telle mobilisation de moyens uniquement pour répondre à ce besoin très particulier ? »
Et ailleurs ? Rachida Dati a convoqué des exemples européens pour justifier son texte : en Allemagne, aux Pays-Bas et en Belgique, de telles procédures d'internement en fin de peine existent.
Aux Pays-Bas, les détenus dangereux sont placés en TBS -Terbeschikkinggestelden : littéralement » mise à disposition dans un établissement » - par mesure de sûreté. Ces établissements sont placés sous la responsabilité de l'administration pénitentiaire, pour une durée qui peut être illimitée. Si le délinquant est jugé partiellement responsable, il est d'abord condamné à une peine de prison puis à un placement en TBS à l'issue de la détention. S'il est déclaré irresponsable, le juge peut ordonner un placement TBS direct.
Afin de prévenir les risques de récidives, la Suisse est allée très loin en 2004 en mettant en place l'internement à vie pour les délinquants sexuels ou violents jugés très dangereux. Le juge appuie sa décision sur une double expertise psychiatrique.
Au Canada, un délinquant dit dangereux est emprisonné pour une » durée illimitée » . Des paliers existent -quatre ans pour une semi-liberté, sept ans avant une libération conditionnelle-, mais les individus concernés sont surveillés à vie. Pour ceux dont la dangerosité est considérée comme maximale, c'est la perpétuité qui s'applique.
Des systèmes dénoncés par Thomas Hammarberg, Commissaire européen aux Droits de l'Homme, dans un texte, publié en novembre 2007, sur la réclusion perpétuelle :
» Il faut également se pencher sur le cas d'une nouvelle catégorie d'individus soumis à de vraies peines de réclusion à perpétuité : les délinquants qui n'ont jamais été condamnés à la prison à vie, mais qui pourraient bien, en fait, passer toute leur existence en prison (…)« Une telle législation ne laisse pas de soulever des questions quant à sa compatibilité avec la primauté du droit, le principe de certitude juridique et le droit de n'être pas jugé ou puni deux fois, principes importants de nos systèmes de droit pénal et des normes internationales en matière de droits de l'homme.
“Les détenus ayant pour perspective une détention indéfiniment prolongée ne se trouvent-ils pas dans ‘une situation d'angoisse croissante’, condamnée par la Cour européenne en ce qui concerne les couloirs de la mort ? ”























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à jacky1
De Intellectuel de Gauche
13H33 | 13/01/2008 |
Bah oui, mais bon…« La liberté d'autrui commence là où s'arrête la-mienne ». Il faut donc qu'à un moment chacun de nous perde d'un peu de sa liberté pour laisser s'émanciper celle des autres. Si on ne limite pas la liberté des criminels de manière cohercitive, c'est la-nôtre qui est baffouée (et la vie de nos plus chers). Si on décide de laisser dans la rue des tueurs en série, qu'on avertisse au moins la population pour qu'elle se protège davantage.
à Intellectuel de Gauche
De Intellectuel de Gauche
16H03 | 13/01/2008 |
Je trouve assez curieux que six personnes d'affilée classent mon commentaire comme « naze ». Pourriez-vous argumenter ? On est là pour discuter de manière constructive, nan ? Ne pensez-vous pas que les victimes et les futures victimes sont un peu laissées pour compte dans cette histoire ? Il s'agit quand même de crimes extrèmement graves qui sont commis.
à Intellectuel de Gauche
De toots
void | 16H49 | 13/01/2008 |
Tout simplement parceque la plupart des visiteurs considèrent -- à raison -- votre contribution comme non pertinente.
Sur la forme : vous n'avez fait que répéter trois fois le même argument sans, justement discuter, c'est à dire répondre aux réponses apportées.
Sur le fond, votre argument est sans fondement.
Vous dites que l'on doit mettre tous les meurtriers en prison, sinon les meurtres continueront. Ce disant, vous supposez connus les agresseurs.
En cela, vous confondez prévention et répression. Rien n'empeche n'importe qui, moi ou vous, de se transformer du jour au lendemain en criminel sanguinaire. Sauf à croire, comme Sarkozy, qu'on est intrinsèquement bon ou méchant, et qu'il s'agit de le détecter le plus tôt possible, par la génétique, ou dès la maternelle -- deux mesures phares de Sarkozy.
Enfin, les contributions qui s'appuyent sur des lieux communs comme « la liberté s'arrete là ou commence celle des autres » (cité plus haut) sont souvent aussi considerés comme ne relevant pas d'une réflexion vraiment approfondie.
à Intellectuel de Gauche
De jacky1
17H01 | 13/01/2008 |
Vous voulez un argument ! alors quel droit pouvez vous juger un individu, aussi dangereux qu'il soit sur ces EVETUELLES FUTURES victimes. Il s'agit de dérives autoritaires. La justice n'est elle pas faite pour condamner les coupables. Cette attitude dangereuse prouve que vous n'avez pas la mémoire de l'histoire. Revenez 70 ans en arrière dans un certain pays voisin et remémorez vous les résultats.
à jacky1
De Intellectuel de Gauche
02H53 | 14/01/2008 |
Alors si on ne peut pas condamner quelqu'un parce qu'on est à sûr à 90% qu'il va récidiver, condamnons-le à perpétuiter avec peine de sûreté, afin de protéger les innocents. Il est temps qu'enfin, dans ce pays, on s'occupe plus des innocents que des tueurs en série. Ces allusions à l'Allemagne Nazie sont de mauvais goût et complètement déplacées. Incomparable.
à Intellectuel de Gauche
De jacky1
17H15 | 13/01/2008 |
Vous voulez un argument ! alors quel droit pouvez vous juger un individu, aussi dangereux qu'il soit sur ces EVETUELLES FUTURES victimes. Il s'agit de dérives autoritaires. La justice n'est elle pas faite pour condamner les coupables. Cette attitude dangereuse prouve que vous n'avez pas la mémoire de l'histoire. Revenez 70 ans en arrière dans un certain pays voisin et remémorez vous les résultats.
à Intellectuel de Gauche
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 23H09 | 13/01/2008 |
Bon, s'il faut argumenter, maintenant… On va se taper des fils de commentaires qui feront plusieurs fois le tour de la terre !
DONC, j'ai voté « Inutile » pour ce commentaire parce que ce dont il est question ici, ce ne sont pas les « crimes extrèmement graves qui sont commis », mais les risques extrêmement graves que fait courir à l'état de droit et à la pratique démocratique cette loi. Vous argumentez sur l'horreur que nous inspirent ces crimes : désolé de vous le dire, c'était inutile, nous partageons bien volontiers cette horreur.
Si vous argumentiez sur le fait que ces lois, pour rigoureuses qu'elles soient, ne font courir aucun risque à la démocratie, je serais sans doute en désaccord avec vous, mais je voterais « Utile ».
Alors ? Heureux ?
(Hé… Je ne le ferai pas à chaque fois, faut pas rêver non plus.)
à thierry reboud
De Intellectuel de Gauche
02H49 | 14/01/2008 |
Voici ce que c'est que la démocratie : « Régime politique où c'est l'ensemble du peuple qui dispose du pouvoir souverain ». Je ne vois strictement pas en quoi celle-ci serait menacée par cette loi. C'est bien le peuple qui est derrière tout ça, c'est bien le peuple qui est victime de prédateurs qui retirent la vie d'enfants et de jeunes femmes qui n'ont fait de mal que se trouver au mauvais endroit au mauvais moment, et c'est bien le peuple qui demande plus de protection. C'est justement ignorer ces plaintes qui seraient à mon sens une giffle à la démocratie. Voici encore une fois la définition :
http://fr.wiktionary.org/wiki/démocratie
à Intellectuel de Gauche
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 08H12 | 14/01/2008 |
En ce qui vous concerne, de gauche, je n'ai pas vraiment l'impression ; intellectuel, ça prête au moins à discussion.
1- Disposer du pouvoir ne signifie pas l'exercer. Je suis gêné de devoir vous rappeler une telle évidence.
2- Vous confondez manifestement le peuple et l'opinion, ce qui augure mal de votre réflexion.
3- Personne à aucun moment, dans ces commentaires, ne conteste le droit à la protection. Ce qui est contesté, c'est l'inocuité (sur le plan de la démocratie) de cette loi.
4- Votre phrase de conclusion est un non-sens à peu près complet. Quand, dans les années 90 en Algérie, le FIS a failli remporter une victoire électorale, c'était le peuple (au moins en partie) qui était derrière. Le FIS, selon vous, ne présentait donc SELON VOUS aucune atteinte à la démocratie. Quand l'armée algérienne a interrompu le processus électoral, c'était aussi le peuple (au moins en partie) qui était derrière. L'instauration du pouvoir militaire n'a donc présenté SELON VOUS aucune atteinte à la démocratie. Je dois dire que votre pensée politique est originale… mais risquée.
(Donc, évidemment et pour les raisons que je vous expose, je ne peux guère que voter « Naze » à votre commentaire, n'est-ce pas ? )
à thierry reboud
De Intellectuel de Gauche
12H40 | 14/01/2008 |
Votre 4º point remet en question les bases-mêmes de la démocratie. C'est pour le moins inquiétant. Pour le reste, je n'ai toujours pas vu vos propositions pour protéger les citoyens, ces femmes qui travaillent, qui doivent prendre les transports en commun, ces enfants qui vont à l'école tout seuls car les parents travaillent. Silence radio là-dessus.
à Intellectuel de Gauche
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 15H44 | 14/01/2008 |
« Pour le reste, je n'ai toujours pas vu vos propositions »
Une bonne raison à cela : je ne suis pas législateur (pour le cas où la chose vous aurait échappé. Je suis citoyen, et c'est comme citoyen que je juge cette loi dangereuse. Vous savez, je peux bien faire toutes les propositions de lois que je voudrais, je ne pense que cela ferait beaucoup progresser le débat.
Ah si, une proposition tout de même : que les lois existantes soient appliquées : c'est-à-dire qu'une peine d'enfermement produise un enfermement ; qu'une injonction thérapeutique produise des soins.
Quant à protéger tout le monde de tout, je crains de me répéter, mais enfin, ce n'est pas grave : sauf à enfermer tout le monde (vous et moi compris, hein ? ), je ne vois pas comment on peut vivre, simplement vivre, sans risque. Y compris les risques les plus répugnants.
Lorsque vous m'expliquez que mon quatrième point remet en question les bases de la démocratie, j'ai un peu peur que vous n'ayez pas bien compris.
La situation algérienne n'était évoquée qu'au titre d'illustration. Vous auriez dû lire moins vite (peut-être) et comprendre qu'il ne s'agissait pas de ma part d'un voeu ou je ne sais quoi dans ce genre.
Mais si vous reconnaissez que cette situation algérienne que j'ai citée remet en question les bases de la démocratie, alors vous devriez pouvoir comprendre un jour que cette loi Dati en fait autant.
à J.C.M.
De virginie78
Éteignez votre TV et apprenez à lir... | 09H28 | 13/01/2008 |
J'ajouterai plusieurs points à cet article :
1.- Comme l'a mainte fois observé l'OIP, (qui n'a pas de subventions cette année), la population carcérale est composée d'au moins 12% d'innocents.
12%, c'est beaucoup.
Beaucoup de trop.
En effet, cela décridibilise le système judiciaire français et de plus, à chaque détenu, c'est une famille qui vit avec la prison. Imaginez vous un petit enfant qui va voir son papa innocent tous les samedis pendant une petite heure dans un environnement crasseux et puant ?
2.- Et comme l'a fait justement remarqué Michel Foucault dans « Histoire de la folie » (1961), au 19ème siècle, pour des raisons sanitaires, on commençait à enfermer les « fous » et aussi personnes dangeureuses pour la sociétés, comme les enfants fugueurs, le soldat déserteur, bref tous ceux qui ont un comportement réfractaire à l'ordre établi.
Appliqué à aujourd'hui, çà va en faire un paquet en prison à vie, à commencer par moi qui suis libertaire !
Plus on fabrique un système répressif, plus on nourrit la bête immonde fascisante.
http://www.mouton5pattes.org/
De Sexus Empiricus
14H43 | 13/01/2008 |
En prenant connaissance du point de vue de R. Badinter, que Foucault tenait en avril 1984 (deux mois avant sa disparition) pour « le meilleur garde des Sceaux qu'on ait eu depuis des dizaines d'années » (dans la bouche de quelqu'un qui n'était ni un chien couchant, ni myope sur les pouvoirs, ce compliment en vaut mille), on peut se demander en effet ce que l'auteur de L'histoire de la folie et de Surveiller et punir aurait dit en 2008, non pas à propos de la personne du garde des Sceaux, mais de ce nouveau dispositif fumigène autour de la notion de dangerosité.
On nous fait pleurer devant l'écran de télé avec l'exhibition de victimes (le protocole désormais « obligé », c'est le protocole compassionnel), en même temps qu'on désigne à la vindicte populaire, par micros et caméras interposés, des criminels crapuleux ou des malades mentaux qui ont la gueule de l'emploi tantôt pour notre colère, tantôt pour notre honte. Par la diffusion à jet continu d'un danger extrême et imminent, vague et sournois - la figure du « Pédophile » (M le Maudit) ou du « multi-récidiviste » (Orange mécanique) - on baigne dans une atmosphère de craintes et de tremblements propice à entretenir une bonne paranoïa collective. La panique, en somme.
Si bien que le fond de commerce du garde des Sceaux aujourd'hui, parce qu'il est entièrement alimenté par ce journalisme à sensation, est sens dessus-dessous. Les gens de métier le savent tous, ce n'est plus un secret sinon pour le grand public de TF1 : la justice pénale en France n'a jamais été dans un état plus délabré depuis l'après-guerre.
Bordel monstre, mais bordel organisé activement tout de même, avec force gesticulations pour donner le change.
Si notre justice est aujourd'hui elle-même désaxée, ce n'est pas seulement à cause de la judiciarisation de nos conduites, ou de la pénalisation galopante de la misère. C'est aussi à cause du décalage entre d'une part l'augmentation du nombre de personnes placées sous main de justice, et d'autre part la réduction, sous couvert d'économie, des moyens d'administrer la justice. Comme disent les amis de l'économie, tout a un coût. Vérité triviale, qui s'accommode mal des blandices du capitalisme à la Milton Friedman.
Or cette justice pénale, qui se pique depuis un demi-siècle de se consacrer à la « réinsertion » du délinquant, est complètement désavouée : où en sont ses crédits ? Pire : cette machine sophistiquée ne peut même pas prétendre - quoi qu'en disent les bonimenteurs - « lutter contre la récidive », vu que 200 ans de pratiques pénales montrent 200 ans d'échec de la prison dans cette autre prétention. Au contraire : les établissements de type prison ne fabriquent pas seulement de la folie ; ils fabriquent aussi de la récidive. Du reste, les centres pour détenus dangereux existent déjà : on les appelle des maisons centrales.
Mais alors, que penser de ces centres pour EX-détenus « dangereux » ? Ils seront, ces centres, ce que les personnels payés (pardon ! ) pour y travailler… pourront y faire. Laissons ces détails.
L'une des nombreuses questions que pose cette loi racoleuse consiste à savoir (qu'est-ce) qui est dangereux ?
Un médecin du corps peut à la rigueur se prononcer sur ce qui est dangereux pour la santé, quelles sont les substances toxiques, les doses létales ou les conduites à risque. Un psychiatre, lui, n'a pas et ne sait pas doser la dangerosité d'un individu - sauf s'il a été formé à la bonne vieille école soviétique. En ce cas, il y a une solution radicale : on l'appelle le goulag.
Quant à nos magistrats, qui s'occupent la gestion des illégalismes, ils savent tous que « le danger » ou « le dangereux » n'est ni chair ni poisson, que c'est une boîte noire sans foi ni loi, - un mixte de police et d'orthopédie sociale. Le « risque de récidive » là-dedans ? Une présomption, juste une présomption, mais pas d'innocence ; et qui l'est si peu, qu'un juge se retranchera toujours prudemment derrière le petit doigt du psychiatre.
Bref, le cercle vicieux.
à virginie78
De meg
15H04 | 13/01/2008 |
Cette loi s'annonce comme cette sur l'ADN.
Au début Sarko a annoncer que les prelevements d'ADN ne seraient fait que dans le cadre des enquetes criminelles et uniquement concenrants les crimes pedophiles. Ca a été étendu en douce par de discrets décrets aux violeurs en général, puis à toutes sortes de crimes ensuite aux delits et petit à petit les prelevements d'ADN par la police sont généralisé à toute la population. Aujourd'hui les poulets prelevent votre ADN pour un eccès de vitesse ou pour avoir fumer un joint. Vous pouvez toujours vous opposez au prelevement d'ADN, il vous en coutera quelques milliers d'euros et même peut etre une peine de prison et le prelevement est fait de toute manière dans la plus part des cas. Pour pouvez aussi demander a ce que les relevés ADN soient detruits des fichiers de la police, mais c'est un juge qui donne son aval pour cette procedure et les juges n'ont pas que ca à faire et peu de gens font cette démarche complexe, couteuse et sans garantie de résultats. Bref grâce au pédophile, ce grand ami de Sarko, il nous l'a mis profond et notre ADN ne nous appartien plus.
La nouvelle loi sur la détention sans procès illimité pour cause de présomption est déja étendu des seuls pedophiles purgeant une peine de plus de 15 ans à tous les criminels « odieux ». Notion bien vague qui ne tardera pas à été étendu à tous les criminels (tous les crimes ne sont ils pas « odieux » ? ). Après c'est à l'avenant, il y a aussi des délits « odieux » (sauf bien sur les délits financiers commis par les amis de Sarko).
D'autre part que devient la présomption d'innocence, un des socles de notre disositif judiciare qui garantie la liberté et l'egalité des citoyens, si on enferme des gens selon leur dangerostié potentille ?
Que viennent faire les préfets dans ces « commissions » qui doivent evaluer la dangerosité des individus ?
Sachant aussi les penchants « généticiens » de Sarko, va-t'on prochainement incarcerer les pédophiles « genétiqes » détécté à la maternelle ?
Couper les credits au secteur psychiatrique dans les hopitaux et fabriquer des centres pseudo-médicaux ou personne ne sera soigné (ceux qui croient que les détenus vont recevoir des soins sont soient des menteurs, soient des imbéciles). Couper les credits à l'observatoir des prisons pour pouvoir agir à sa guise loin des regards, hors de tout contrôl. Brider les juges, les forcer à proferer les sentances sans nuances avec des lois comme celle des peines plancher en cas de recidives ou la création de « commissions » qui se substituent à un véritable procès. En finir avec la présomption d'innocence, et lui substituer la notion de présomption de dangerosité…
Cette loi me fait vraiment peur.
à virginie78
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 20H22 | 13/01/2008 |
Le néolibéralisme montre une fois de plus son versant autoritaire et antidémocratique. Cette idéologie joue sur le risque, généralise la prison à tout-va, condamne définitivement des personnes relevant de la psychiatrie, sans les soigner, et abandonne tout espoir de guérison.
Faut-il rappeler qu'il y a des solutions alternatives, qu'hors les murs ou non nous sommes constamment surveillés ?
Faut-il rappeler le très faible taux de récidive des dits « délinquants sexuels » ?
La loi de 1998 votée par la gauche plurielle avait déjà mise en place le suivi socio-judiciaire. La loi de 2005 avait instauré le traitement chimique, utilisant des médicaments non prévus à cet effet (mais plutôt pour le cancer de la prostate).
Le taux de récivide criminel, en général, est de l'ordre de 3%, selon Serge Portelli (http://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_Portelli).
On peut s'interroger sur l'âme des députés de droite, qui réussissent à concilier leur ostensible foi & religion, aller à l'Eglise, prier pour la rédemption des pêcheurs, et voter de telles lois faisant passer l'homme pour Dieu.
Comme quoi désormais les libre-penseurs de gauche ont plus de points communs avec le judéo-christianisme que ne l'ont les dévots adorateurs du Pape et du veau d'or…
Dommage effectivement que cet article vienne après le vote de la loi…
à J.C.M.
De Incorrect
09H36 | 13/01/2008 |
La France d'en bas ne peut qu'approuver. Pourquoi pas un enfermement définitif pour les criminels multirécidivistes les plus dangereux ?
à Incorrect
De toots
void | 16H59 | 13/01/2008 |
Bien sur, et comme disait un commentaire plus haut, une peine de mort humanitaire pour soulager ceux qui voudraient « en finir » ?
De Vincent.Guillot
21H37 | 12/01/2008 |
» Charles Gauthier considère que le texte « frise l'inconstitutionnalité ». Une critique que la Garce des Sceaux a commenté, sur RTL, par un simple : « C'est une réalité à prendre en compte ». «
Whaouuuuu ! on se lache sur RUE89 ! ! !
Coquille acte manqué ou choix politique ? ? ? ?
En tout cas moi j'aime la garce des sceaux ! quelle classe !
à Vincent.Guillot
De Zineb Dryef
(auteur)
Rue89 | 21H41 | 12/01/2008 |
Désolée pour cette énorme coquille, corrigée. Merci de votre vigilance.
à Zineb Dryef
De manu2005
La France tue en Afghanistan, en no... | 22H51 | 12/01/2008 |
Acte manqué ? …rn tout cas j'aime bien aussi…
à Zineb Dryef
De Intellectuel de Gauche
00H45 | 13/01/2008 |
Mouais…J'espère qu'il ne s'agit pas d'un acte de racisme de la part de Rue 89, il ne resterait décidément plus beaucoup de havres de paix sur la toile…En tous les cas, quand on connait le gouvernement, le terme « Garde des Sots » me paraitrait plus approprié.
à Intellectuel de Gauche
De Zineb Dryef
(auteur)
Rue89 | 01H34 | 13/01/2008 |
Bonsoir,
Un acte de racisme ? Comme vous y allez…C'est une faute de frappe ! ! ! !
à Intellectuel de Gauche
De manu2005
La France tue en Afghanistan, en no... | 23H53 | 13/01/2008 |
Garce des sots…pas mal non plus…
à Vincent.Guillot
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 13H52 | 13/01/2008 |
S'agissant de M. Lebranchu, je pense qu'il s'agissait d'une coquille (une « couille », comme on dit en typo).
Mais pour d'autres ?
Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/
De demilune
21H52 | 12/01/2008 |
On enferme des detenus malades mentaux sans les soigner, à la fin de leurs peines ils ne sont pas libres mais enfermés dans un nouveau centre de detention pour etre soigner.
Au risque de passer pour une « abrutie », la logique du raisonnement m'echappe ! Ne vaudrait-il pas mieux les soigner pendant leurs detentions ? Comment admettre qu'a la fin d'une condamnation, la personne puisse rester encore enfermé sous le motif que la personne est un « probable recidiviste » ?
Cette loi est la porte ouverte à toutes les derives ultra securitaire et personnelement, cela me fait peur !
Surveillant penitentiaire est un metier d'avenir !
PS : Zineb Dryef, vous avez fait une faute de frappe. Dans le paragraphe 2 (« qu'est ce qui va changer ? ») vous avez écrit : « Une critique que la Garce des Sceaux a commenté ». Je pense que vous vouliez ecrire « Garde des Sceaux ». Lapsus revelateur ?
à demilune
De bisane
22H06 | 12/01/2008 |
« Ne vaudrait-il pas mieux les soigner pendant leurs detentions ? »… C'est évident !
Mais c'est tellement plus facile de créer un « nouveau » concept.
« probable recidiviste »… non, possiblement dangereux (c'est la dangerosité qui est évaluée, ce qui laisse rêveur ! enfin, en forme de cauchemar).
Je réitère : Contre la rétention de sûreté - appel
C'est très important de se mobiliser ! ! !
à bisane
De DBL8
Retraité | 08H44 | 13/01/2008 |
Encore faudrait-il qu'ils acceptent de ce faire soigner ! ! Et surtout de continuer les soins à leurs sorties.
Moi aussi je me mobilise POUR + de sécurité pour mes proches !
Pensez un peu + aux victimes, les auteurs de délits n'ont que ce qu'ils méritent. + tous ceux qui passent à travers les mailles du filet, sans jeu de mot.
à DBL8
De Atalante
Illusionnée | 10H14 | 13/01/2008 |
« Pensez un peu + aux victimes, les auteurs de délits n'ont que ce qu'ils méritent »
Un peu réducteur, comme point de vue. Les auteurs de crimes « particulièrement odieux », qu'ils soient sexuels ou autre, méritent d'être jugés, condamnés et de « tirer leur peine » jusqu'au bout. Pour autant je ne vois pas bien comment le gouvernement justifie l'application de cette nouvelle double peine qui bafoue le droit élémentaire de n'être jugé, pour le même crime, qu'une seule fois.
Quel espoir pour le détenu qui sait que même aprés la fin de sa détention, il peut, sur simple avis des psy - la psychiatrie n'étant pas une source exacte- être à nouveau incarceré, pour une durée illimitée, et ce pour des crimes potentiels ? ?
Placer les détenus, à la fin de leur peine, dans un nouvel etablissement pénitentiaire pour y être soignés, quelle blague ! Ce n'est pas quinze ans ou plus aprés le crime qu'l faut commencer le traitement, aprés des années de prison ils ne risquent pas de s'être arrangés !
Investissons l'argent consacré à ces nouveaux centres pour recruter des psychiatres qui pourront suivre les détenus dès leur incarcération, pour un traitement adapté et surtout, immédiat. Car « penser aux victimes »,comme vous dites, c'est penser humainement, et incarcerer quelqu'un à vie pour des crimes qu'il « pourrait commettre » au vu de son passé, c'est inhumain et singulièrement injuste.
à bisane
De duchmole
13H14 | 13/01/2008 |
si la folie se soignait ca se saurait non ? il n'y aurait plus de fou c'es tun peu plus complexe que d'acheter de l'aspro ! qd on a mal a la tete !
De jimmyb
21H54 | 12/01/2008 |
Moi ce qui m'inquiète, c'est que quel psychiâtre osera remettre un délinquant en liberté en prenant le risque que celui-çi récidive et que lui soit montré du doigt comme en étant responsable. Le risque de dérapage est grand, il est facile de penser que le placement en centre surveillé deviendra quasi systématique.