decryptage

Centres pour détenus dangereux : la loi de trop

La création de prisons spéciales pour enfermer les criminels jugés dangereux à l'issue de leur peine fait polémique. Décryptage.


Un détenu dans un couloir de la maison d'arrêt de Poissy (Olivier Culmann/Tendance floue).

Enfermer les détenus dangereux à l'issue de leur peine pour les soigner. Cette loi, adoptée par l'Assemblée nationale la semaine dernière, soulève le scepticisme et la colère dans les milieux judiciaires et parmi les intellectuels. Le texte pose question à beaucoup : pourquoi la prise en charge psychiatrique n'est-elle pas entamée dès l'incarcération ? Et surtout, à quoi sert ce nouveau dispositif ?

Pourquoi ce texte ? Politique de l'émotion, de l'affichage ? Dans son discours de présentation du projet de loi relatif à la rétention de sûreté, Rachida Dati, la Garde des Sceaux, a fait référence, à plusieurs reprises, à des faits divers récents qui ont particulièrement ému l'opinion publique : les affaires Francis Evrard, Anne-Lorraine Schmitt ou Romain Dupuy.

Promis cet été par Nicolas Sarkozy, ce texte suscite un tollé auprès des associations et de l'opposition. Au sein même de la majorité, on parle de » précipitation » . Le porte-parole de la chancellerie, Guillaume Didier, précise que le » projet n'est pas venu comme ça » et que depuis 2005, trois rapports parlementaires ont été remis.

Charles Gauthier, sénateur de Loire-Atlantique, a rédigé un rapport sur la question du traitement des criminels dangereux. Il s'est notamment rendu aux Pays-Bas. Pour lui, ce texte ne règlera pas le problème :


Qu'est-ce qui va changer ? La loi, adoptée par l'Assemblée nationale, prévoit des mesures de sûreté contre les pédophiles et les auteurs de crimes multiples. A la fin de leurs peines, les détenus jugés dangereux pour la société, condamnés à quinze ans de réclusion ou plus, seront placés dans des » centres socio-médico-judiciaires » dont l'encadrement sera assuré par l'administration pénitentiaire.

Les criminels concernés par cette décision seront envoyés vers ces centres sur l'avis d'une commission pluridisciplinaire (médecins, magistrat, préfet, responsables pénitentiaires) qui renouvellera ou non sa décision une fois par an.

A l'origine destinée aux seuls pédophiles récidivistes, la loi a été élargie à tous les condamnés pour crimes » odieux » à la demande du gouvernement.

La ministre de la Justice souhaite que cette loi s'impose à des individus déjà jugés - autrement cette loi ne s'appliquera que dans quinze ans- ce qui pose la question de la rétroactivité. Charles Gauthier considère que le texte « frise l'inconstitutionnalité ». Une critique que la Garde des Sceaux a commenté, sur RTL, par un simple : « C'est une réalité à prendre en compte. »

Chiffrée, la loi concerne, selon la Chancellerie, entre 30 à 50 détenus aujourd'hui. Le premier centre sera crée au sein de l'hôpital de Fresnes et sera opérationnel dès septembre 2008.

Pourquoi la loi soulève-t-elle autant d'inquiétude ? Désormais, des détenus ayant purgé leurs peines resteront enfermés pour des crimes potentiels. Or, aucune mesure concrète ne se préoccupe réellement du suivi médical des détenus en prison. D'où les critiques des associations et des socialistes.

L'affaire Evrard, « un dysfonctionnement »

Marilyse Lebranchu, ex-Garde des sceaux du gouvernement Jospin, critique l'instrumentalisation de l'affaire Evrard par Rachida Dati : « Nous sommes en face d'un dysfonctionnement de la justice. Il est sorti de prison sans que personne ne se préoccupe de lui alors qu'une loi, votée en 2005, permettait de le mettre sous bracelet électronique mobile.

Le décret d'application n'a été pris qu'au début du mois d'août. Après l'affaire. Il faut s'attaquer au problème des lois votées mais inappliquées plutôt que faire des textes remettant en cause notre droit. »

L'ancienne Garde des Sceaux socialiste, Marylise Lebranchu nous a fait part de ses inquiétudes concernant cette loi : » Il s'agit d'une remise en cause des fondamentaux du droit français puisqu'on crée des centres d'enfermement pour des crimes potentiels ! » Si personne ne remet en doute la nécessité de tenir éloigné de la société les individus dangereux, une question élémentaire s'impose : pourquoi ne pas commencer le processus de soins dès l'incarcération ? La Garde des sceaux a émis le souhait, cet été, que l'administration pénitentiaire puisse avoir accès au dossier médical. Une annonce qui a alarmé la section française de l'Observatoire international des prisons (OIP)), l'association des secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire (Aspmp) et l'association des professionnels de santé exerçant en prison (Apsep). Les trois structures ont adressé une lettre de saisine au Comité consultatif national d'éthique voyant dans cette mesure une « violation du secret médical ».

Au ministère de la Justice, on assure qu'il n'y aura pas d'« abolition » du secret médical mais un « secret partagé » entre le chef d'établissement et les soignants pour « prévenir les risques de suicides » ou les dangers que présentent un individus pour les autres détenus.

Un magistrat fait part de sa perplexité :

 » Le fait qu'on veuille neutraliser les individus dangereux ne me choque pas. La question, c'est qu'est-ce que c'est être dangereux ? Ici, ce sont des gens qui commettent des infractions sexuelles et violences graves. C'est une approche extrêmement limitée.

La société a le droit de dire « Je me protège », mais tout cela me paraît répondre à des fantasmes collectifs. Il existe un certain nombre d'individus dangereux qui nécessitent des précautions mais pourquoi une telle mobilisation de moyens uniquement pour répondre à ce besoin très particulier ? »

Et ailleurs ? Rachida Dati a convoqué des exemples européens pour justifier son texte : en Allemagne, aux Pays-Bas et en Belgique, de telles procédures d'internement en fin de peine existent.

Aux Pays-Bas, les détenus dangereux sont placés en TBS -Terbeschikkinggestelden : littéralement » mise à disposition dans un établissement » - par mesure de sûreté. Ces établissements sont placés sous la responsabilité de l'administration pénitentiaire, pour une durée qui peut être illimitée. Si le délinquant est jugé partiellement responsable, il est d'abord condamné à une peine de prison puis à un placement en TBS à l'issue de la détention. S'il est déclaré irresponsable, le juge peut ordonner un placement TBS direct.

Afin de prévenir les risques de récidives, la Suisse est allée très loin en 2004 en mettant en place l'internement à vie pour les délinquants sexuels ou violents jugés très dangereux. Le juge appuie sa décision sur une double expertise psychiatrique.

Au Canada, un délinquant dit dangereux est emprisonné pour une » durée illimitée » . Des paliers existent -quatre ans pour une semi-liberté, sept ans avant une libération conditionnelle-, mais les individus concernés sont surveillés à vie. Pour ceux dont la dangerosité est considérée comme maximale, c'est la perpétuité qui s'applique.

Des systèmes dénoncés par Thomas Hammarberg, Commissaire européen aux Droits de l'Homme, dans un texte, publié en novembre 2007, sur la réclusion perpétuelle :

 » Il faut également se pencher sur le cas d'une nouvelle catégorie d'individus soumis à de vraies peines de réclusion à perpétuité : les délinquants qui n'ont jamais été condamnés à la prison à vie, mais qui pourraient bien, en fait, passer toute leur existence en prison (…)

« Une telle législation ne laisse pas de soulever des questions quant à sa compatibilité avec la primauté du droit, le principe de certitude juridique et le droit de n'être pas jugé ou puni deux fois, principes importants de nos systèmes de droit pénal et des normes internationales en matière de droits de l'homme.

“Les détenus ayant pour perspective une détention indéfiniment prolongée ne se trouvent-ils pas dans ‘une situation d'angoisse croissante’, condamnée par la Cour européenne en ce qui concerne les couloirs de la mort ? ”

163 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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De J.C.M.

21H28 | 12/01/2008 | Permalien

Bonjour Zineb.

 » . Cette loi, adoptée par l'Assemblée nationale la semaine dernière, soulève le scepticisme et la colère dans les milieux judiciaires et parmi les intellectuels. « 

Un peu (beaucoup) réducteur…

Vous oubliez “ la France d'en bas ‘.

Votre propos reflète le racisme social qui règne en notre belle France.

Cordialement quand même, car votre article est intéressant.

J.C.M.

Portrait de Zineb Dryef

à J.C.M. Portrait de J.C.M. De Zineb Dryef (auteur)

Rue89 | 21H41 | 12/01/2008 | Permalien

Point de racisme antisocial. Il s'agissait uniquement de montrer que l'inquiétude était étendue hors milieu judiciaire.

Portrait de keranna

à Zineb Dryef Portrait de Zineb Dryef De keranna

12H10 | 13/01/2008 | Permalien

très bel article, la problématique est parfaitement posée, les enjeux d'une telle loi dépassent largement la question des criminels, ils sont ceux de la rétention administrative ou « judiciaire » au-delà d'un temps prescrit par un jugement. et que vient faire la médecine, ou la psychiatrie, dans l'habillage scientifique de ce dispositif : il est avéré (audition clinique- ex « conférence de consensus“- de janvier 2007, organisée à la demande de la Haute Autorité de Santé, sur le thème de l'expertise judiciaire, que la validité des expertises prédictives de la dangerosité d'un sujet comportent une marge d'erreur de l'ordre de 20%, confondant, lorsque vise autre chose que l'élimination sociale d'un individu. les prises de position des anciens GarDes des Sceaux (Badinter, Lebranchu, Guigou)sont un exemple de discours politique en ces temps de big-bazar…

Portrait de FabiendeMénilmontant

à keranna Portrait de keranna De FabiendeMénilmontant

journaleux - blogueur | 12H46 | 13/01/2008 | Permalien

Cette histoire de « double peine » semble irréalisable aux yeux de ceertains qui pourtant en sont contents.

La semaine passée, le père de l'une des victimes de Guy Georges (sa fille a été violée et tuée à l'âge de 19 ans lors d'une permission) était fort satisfait que la loi soit étendue aux délinquants et criminels sexuels sur majeurs. Mais faisait remarquer que son (encore) extension aux « criminels dangereux » la rendait financièrement inapplicable.

Il indiquait que le budget prévu correspondait à quinze places, ce qui déjà lui semblait « trop peu » en incluant les victimes sexuelles majeures.

D'après les estimations du journaliste qui l'interviewait sur i>Télé (je crois que c'était Dumoret…) cent places ne devraient pas suffire à appliquer la loi…

Je ne parle que fric, et pas humain, je sais, mais à l'heure où celui qui fait tripler son salaire et dit en conférence de presse qu'il ne va pas sortir l'argent de ses poches, je pose la question au psychiatre : cette loi peut-elle être appliquée ? A moins qu'un économiste fournisse la réponse !

Bon sujet Zyneb ! (une semaine ou deux plus tôt, cela aurait peut-être pu avoir davantage d'impact, mais c'est mieux que de ne rien faire…)

Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/

Portrait de père de famille

à keranna Portrait de keranna De père de famille

résidant à orry la ville | 19H06 | 13/01/2008 | Permalien

Le psychiatre ne devrait - il pas assumer la responsabilité de ses erreurs de diagnostic quand il y a mort d'homme ?

Portrait de FabiendeMénilmontant

à père de famille Portrait de père de famille De FabiendeMénilmontant

journaleux - blogueur | 23H13 | 13/01/2008 | Permalien

Un médecin, en France, a une obligation de moyens, pas de résultats !

Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/

Portrait de père de famille

à FabiendeMénilmontant Portrait de FabiendeMénilmontant De père de famille

résidant à orry la ville | 21H25 | 15/01/2008 | Permalien

Il n'en demeure pas moins, ne vous en déplaise, que les chirurgiens répondent devant les tribunaux de leurs erreurs de diagnostic.

Portrait de Courageux anonyme

à Zineb Dryef Portrait de Zineb Dryef De duchmole

13H08 | 13/01/2008 | Permalien

justement , j'en suis pas du tout persuadé, cela bien ancré dans le domaine judiciaire et au ps surtout !

Portrait de toulagui

à J.C.M. Portrait de J.C.M. De toulagui

L'ami de sa majesté (humour) ! | 22H03 | 12/01/2008 | Permalien

ci joint le point de vue de Badinter http://www.peuples.net/article-15414526.html

Portrait de Lechat

à toulagui Portrait de toulagui De Lechat

esprit critique | 08H57 | 13/01/2008 | Permalien

une vidéo

http://www.lepost.fr/article/2008/01/11/1081036_robert-badinter-et-la-re…
Les psychiatres n'ont pas réponse à tout. Ils peuvent se tromper. Le pourcentage de récidives en matière d'agression sexuelle est de 1% comme précisé par Robert Badinter hier soir dans le Grand Journal de Canal +.
Il a été remarquable au grand journal
Je ne trouve malheureusement pas la vidéo

Portrait de survivant

à Lechat Portrait de Lechat De survivant

12H04 | 13/01/2008 | Permalien

L'ascenseur pour l'échafaud en quelques sortes et une dérive en pente douce vers la peine à perpétuité. Par cette loi plus de révision de procès. Dans le cas d'une erreur judiciaire les condamnés devront avoir les moyens de se payer d'une part un avocat pour le procès en première instance, une fois la peine purgée les condamnés devront se payer un expert psychiatre et non plus un avocat pour contredire l'expertise judiciaire. Dati n'a pas pensé à ré-ouvrir les bagnes ? Travailler gratuitement pour les patrons à vie… Quoi que, cette loi est peut-être déjà en gestation.

Portrait de père de famille

à Lechat Portrait de Lechat De père de famille

résidant à orry la ville | 19H13 | 13/01/2008 | Permalien

ma fille fait partie du 1% (chiffre d'ailleurs qui est inexact), dommage pour elle.

Je ne vous souhaite pas qu'ultérieurement votre femme, votre soeur ou votre fille ne rejoignent ces 1%. Sinon on en reparlera et je ne doute pas que vous apprécierez autrement toutes ces théories laxistes et inefficaces

Portrait de survivant

à père de famille Portrait de père de famille De survivant

19H58 | 13/01/2008 | Permalien

Ne vous méprenez pas sur mon commentaire « père de famille » et apprenez à déchiffrer les mots. De fait vous auriez compris que les erreurs judiciaires existent ( affaire d'outreau, dill ect…). Cette loi telle qu'elle est proposée ou plutôt dirais-je imposée ne prévoit aucun recours pour les condamnés par défaut. Maintenant votre haine et votre esprit de vengeance ne fera malheureusement pas revenir votre enfant par n'importe quels moyens utilisés y compris le retour à la peine de mort.

Portrait de manu2005

à survivant Portrait de survivant De manu2005

La France tue en Afghanistan, en no... | 20H44 | 13/01/2008 | Permalien

J'ajouterai que si la vengence et la colère sont humainement compréhensibles, on ne peut pas baser une société dessus, bien au contraire.

Portrait de N A F

à manu2005 Portrait de manu2005 De N A F

en territoire apache | 21H54 | 13/01/2008 | Permalien

pourquoi ?

je charge cette société de me proteger en respectant ces regles et en y participant
qu est ce qui m interdit de lui demander d exprimer
ma colere en lieu et place ?

Portrait de thierry reboud

à N A F Portrait de N A F De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 22H13 | 13/01/2008 | Permalien

Parce que, dans ce cas, la société que vous semblez appeler de vos voeux serait à peu de choses près une mafia…
Libre à vous de trouver cela civilisé.

Portrait de père de famille

à survivant Portrait de survivant De père de famille

résidant à orry la ville | 21H35 | 15/01/2008 | Permalien

Vous pouvez me faire tous les reproches que vous voulez, actuellement cela me touche assez peu.
En revanche et tous ceux qui me connaissent pourraient vous le confirmer, je ne suis pas habité par un sentiment de haine ou de vengeance (quoique, admettez le ce serait compréhensible).
Comme je m'y suis engagé devant le cercueil de ma fille et devant 200 témoins, je souhaite que son sacrifice ne soit pas vain.Elle a fait le choix de la mort plutôt que de la souillure et en blessant son agresseur en se défendant (peut être allez vous pousser votre raisonnement à lui reprocher) elle a permis son arrestation, épargnant peut être d'autres vies.
Maintenant, le seul combat qui m'intéresse est celui de la prévention qui passe naturellement par la neutralisation des prédateurs. Mais je comprends tout à fait que vous puissiez penser autrement, notamment que ce récidiviste aura le droit (de l'homme) de recommencer encore une autre fois. Quant à moi, laissez moi avoir un avis contraire !

Portrait de Courageux anonyme

à toulagui Portrait de toulagui De duchmole

13H12 | 13/01/2008 | Permalien

badinter quel exemple ! il ferait ieux d'aller cultiver son jardin, ila a aboli la peine de mort cest bien mais au moins avant malgre des ereurs judiciaires onpouvait se separer des dangereux et on etait sur qu'ils ne recidivait pas, bien sur cets bien d'etre humaniste contre la peine de mort mais qd un crime se trouve dans notre propre famille on est moins contre !

Portrait de Atalante

De Atalante

Illusionnée | 14H02 | 13/01/2008 | Permalien

Il ya toujours des nostalgiques de la peine de mort.. alors qu'il a été démontré par a+b, chiffres à l'appui (oui je sais, les chiffres, « on leur fait dire ce qu'on veut »..) que la peine de mort n'a pas d'effet dissuasif et n'empeche donc pas les récidivistes de récidiver.. quant à protéger la societé, la perpétuité y arrive tout autant lorsqu'elle est utilisée convenablement et évite à notre societé de sombrer dans la loi du Talion, qui se rapporte à la vengeance et non à la justice.

Portrait de N A F

à Atalante Portrait de Atalante De N A F

en territoire apache | 21H57 | 13/01/2008 | Permalien

la fonction de la peine de mort n est pas dissuasive
ça peut ce discuter , reste que sa fonction est de punir de venger la société représentant les victimes

Portrait de manu2005

à N A F Portrait de N A F De manu2005

La France tue en Afghanistan, en no... | 23H50 | 13/01/2008 | Permalien

La vengeance ne peut pas contruire un sociéte. Au contraire.
Si on n'applique la vengeance, on n'en finit plus car ceux du condamné, voudront se venger aussi et ainsi de suite.
La vengeance est anti-sociale.
La punition, certe, mais avec le risque d'erreur sur le jusgement.
C'est entre autre, pour ça qu'on l'a suprimée.
Sans parler de l'arbitraire, car demain, la peine de mort peut concerner des opposants politiques, des voleurs…

Portrait de citoyen Roche

à toulagui Portrait de toulagui De citoyen Roche

14H36 | 13/01/2008 | Permalien

Un premier pas vers la réhabilitation de la peine de mort ?

Horreur, colère, dégout, honte sont les sentiments qui viennent à la lecture de cette article !

Comment ne pas être révolté face à cette loi qui remet en cause les fondamentaux de notre droit remontant aux siècles des lumières.

Emprisonné pour un crime que l'on pourrait commettre en récidive, la réalité rejoint la fiction (Cf Minority Report) !

L'horreur de cette loi est qu'une grande partie des français et peut-être une majorité y verront une mesure simple, de bon sens, d'évidence, efficace.
Aux critiques, notre Président, à son habitude, répondra : « Mais enfin, qui peut nier que la récidive est un grave problème ! Qu'allez-vous dire à cette mère qui a perdu sa fille, sauvagement assassinée par un muli-récidivitiste qui vient de sortir de prison ? ».

Argument semble-t-il impérable et tellement souvent non contré ! SAUF que, une fois encore, la critique ne repose par sur l'existence du problème MAIS sur la solution qui y ait apportée ! …

Quelle peut être la prochaine étape d'un tel courant de pensées, d'une telle « politique de civilisation » version Nicolas Sarkozy ?
D'abord, pourquoi ne pas enfermer des personnes que l'on jugerait comme de potentiels délinquants à titre préventif ? Et si par malheur, certains parmi eux y tombaient effectivement à leur sortie, on entendrait notre Président dire : « vous voyez, on avait eu raison de les enfermer et même, nous aurions pas dû leur permettre de sortie ! »… Imparable … Idée absurde aujourd'hui, mais qui peut peut-être faire son chemin dans l'esprit des Français…
Autre perspective à plus long terme. Ces personnes enfermées depuis des années et condamnées à ne jamais connaître leur date de sortie finiront certainement par préférer la mort à une telle vie. La réhabilitation de la peine de mort pourrait dans ce cas être vue comme une mesure humaniste ! ?

Pour terminer, rappelons nous que le gouvernement réfléchit en parallèle à la dépénalisation du droit des affaires c'est-à-dire entre autre des abus de biens sociaux… Parce que dans l'esprit de notre Président, ces personnes que l'on prend la main dans le sac à détourner des millions, sont bien plus souvent victimes que responsables. Dans leurs cas, il faut voir que c'est la société coupable …

Horreur, colère, dégout, honte …

Portrait de père de famille

à citoyen Roche Portrait de citoyen Roche De père de famille

résidant à orry la ville | 19H14 | 13/01/2008 | Permalien

propos irresponsables voire indécents

Portrait de père de famille

à toulagui Portrait de toulagui De père de famille

résidant à orry la ville | 19H08 | 13/01/2008 | Permalien

Batinter a toujours préféré privilègier la défense des criminels au détriment des victimes. Cela lui a permis dans le passé de se faire un nom. Mais quelle responsabilité ! ! ! !

Portrait de bisane

à J.C.M. Portrait de J.C.M. De bisane

22H31 | 12/01/2008 | Permalien

Vous avez raison JCM, il ne faut pas oublier la France d'en bas, malheureusement peu informée… ou mal informée, au-delà du slogan ! « Chouette, on va être protégés », c'est ce que doivent se dire la majorité des téléspectateurs… donc des citoyens.

Précision : la mobilisation des professionnels et autre associations et organismes dépasse très largement le cercle des « milieux judiciaires » et des « intellectuels ».
De nombreuses associations et syndicats se mobilisent (entre autres celles des droits de l'homme, c'est bien le moins ! ).

Voir ici : http://www.contrelaretentiondesurete.fr/Organisations_signataires.pdf

Portrait de N A F

à bisane Portrait de bisane De N A F

en territoire apache | 22H01 | 13/01/2008 | Permalien

Vous avez raison JCM, il ne faut pas oublier la France d'en bas, malheureusement peu informée…

la solution serait le vote censitaire , vous nous fermeriez la gueule politiquement , nous sommes tellement incapables de discerner ce qui est bon pour
nous pas vrais ?
pff peut etre mais nous discernont ce qui est contre nous

Portrait de Intellectuel de Gauche

à J.C.M. Portrait de J.C.M. De Intellectuel de Gauche

00H25 | 13/01/2008 | Permalien

Vu que ces détenus n'ont pas de libre arbitre, ils ne sont pas libres de leurs actes, ils n'en sont donc pas responsables, il s'agit désormais de décider laquelle de leur liberté ou de celle de leurs futures victimes est la plus importante pour vous. Si on laisse ces personnes circuler librement, c'est la détention de tout le reste des détenus qui sera remis en question. En effet, la détention a-t-elle pour but de punir les criminels ou de protéger les citoyens innocents ? Si elle sert à protéger les citoyens et que l'on décide de laisser des personnes comme Francis Evrard en liberté, alors c'est injuste de maintenir quiconque en prison.

Portrait de personne

à Intellectuel de Gauche Portrait de Intellectuel de Gauche De personne

02H46 | 13/01/2008 | Permalien

Votre raisonnement est faux puisque le postulat de départ est faux. Parce que s'ils n'avaient pas leur libre arbitre ils seraient irresponsables pénalement et ils n'auraient jamais du être jugé mais placé directement dans une institution spécialisé.

Portrait de Intellectuel de Gauche

à personne Portrait de personne De Intellectuel de Gauche

04H34 | 13/01/2008 | Permalien

Alors s'ils sont leur libre arbitre, pourquoi, entre laisser vivre les innocents en paix, et violer/lacérer des jeunes femmes, choisissent-ils la deuxième option ? Difficile de savoir s'ils sont victimes de pulsions ou s'ils le font sciemment… Eux-seuls le savent. Toujours est-il qu'il faut bel et bien choisir entre leur liberté ou celle du reste de la population. Si on essaie de laisser la liberté à la fois pour les meurtriers en série, et pour les jeunes femmes, on court à la catastrophe, on l'a vu à maintes reprises, mais malgré ça, on ne retient jamais la leçon, et les meurtres atroces contre des jeunes femmes et des enfants innocents se suivent et se ressemblent. Ajoutons à cela des conditions favorables à un meurtre (transport en commun, peu de témoins, arme blanche, isolation de la future victime, meurtrier aigri, en détresse et délaissé du reste de la société) et nous avons un cocktail explosif qui débouche sur un fait divers de plus qui sera vite oublié.

Portrait de jacky1

à Intellectuel de Gauche Portrait de Intellectuel de Gauche De jacky1

09H40 | 13/01/2008 | Permalien

Quelque soit le niveau d'évolution de la société dans laquelle nous vivons, l'être humain reste agressif par nature. Ceci dit, si cette loi passe, alors arrêtons les simulacres de procès soit disant démocratique, avec un jugement et une peine rendue par des jurés en leur âme et conscience. Ces verdicts n'auront plus lieu d'être puisque nos politiques déciderons « à n'en pas douter, pour notre plus grand bien » Encore une atteinte à la démocratie et un droit contesté au peuple !

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