Chaque soir, elle accueille cinq ou six clandestins en attente d’un passage vers l’Angleterre. Au risque d’être poursuivie.
Cinq ans après la fermeture du centre de la Croix-Rouge à Sangatte (Pas-de-Calais), entre 400 et 500 migrants errent encore en moyenne dans la commune, espérant passer au Royaume-Uni, cachés sur un camion dans le tunnel sous la Manche ou à bord d’une embarcation de fortune.
Des associations réunies au sein du collectif C’SUR leur viennent en aide. Le Magazine de la rédaction diffuse ce samedi à 18h10 sur France Culture un documentaire que j’ai réalisé avec Yassine Bouzar et qui raconte le quotidien des migrants, les nuits passées dans les forêts proches ou dans les entrepôts abandonnés, les arrestations par la Police de l’air, les gardes à vue ou les rétentions le temps de l’examen des demandes d’asile.
Mireille, mère de onze enfants, héberge tous les soirs des migrants
Mais ce documentaire revient aussi sur des solidarités locales parfois très émouvantes. Comme Mireille, 54 ans, mère de onze enfants et quinze fois grand-mère. Elle fait partie de la dizaine de Calaisiens qui hébergent grâcieusement des migrants.
Tous les soirs, une poignée de réfugiés viennent ainsi aux alentours de 20 heures frapper à la fenêtre de son appartement de la rue de la Pomme-d’Or:
Une petite communauté gravite ainsi autour de Mireille et des deux enfants qui vivent avec elle. « Jamais je leur demande un centime pour les héberger », précise-t-elle:
« Est-ce qu’on est humain pour laisser un petit garçon sur le trottoir?
La majorité des migrants, qui se rendent tous les jours à 14 heures quai de Moselle à la distribution de repas par l’association La Belle Etoile, pensent qu’elle appartient au cercle des nombreux bénévoles mobilisés au quotidien pour les nourrir, les soigner et les habiller. Mais il n’en est rien.
Mireille, qu’ils ont surnommé « Mamie », ne fait partie d’aucune structure, elle agit ainsi simplement parce qu’elle est révoltée par la situation des réfugiés. Mais en ouvrant sa porte, elle prend le risque d’être poursuivie pour aide au séjour d’un étranger en situation irrégulière. Ce qui ne la dissuade pas:
« Quand vous voyez un jeune garçon de 16 ans, avec les mains gelées, les pieds gelés, qui hurle dans l’herbe, est-ce qu’on est humain pour laisser un petit garçon comme ça sur le trottoir? »
► Le site du Magazine de la rédaction, l’émission de France Culture.







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Excellent. La gouaille calésienne venant servir un tel discours, ça vous décalamine le cervelet !
C’est du Audiard humanitaire ! Du coup, je m’en ressers un p’tit, tiens.
A ta santé Mireille, et la bise a tes protégés !
Voilà un COEUR qui a débordé ,et j’ai senti sa douceur,sa chaleur au travers de mon écran bien froid.Je suis vraiment ému de savoir l’existence de personnes telles que cette « mamie ».Un exemple pour les connards d’égoïstes qui existent sur cette terre.Que les mots sont futiles quand les actes sont si profondéments HUMAINS.Merci Mamie.
La politique d’immigration du gouvernement me laisse un gout amer et pourtant je ne suis pas pour la régularisation systématique de tous lessans papiers.La méthode des quotas d’expulsion est indigne de notre pays à l’heure ou Sarko parle de civilisation , Hortefeux est jugé sur le nombre d’expulsion alors qu’il y aderrière haque cas un individu.Il en résulte une chasse au clandestin tout azimut avec les dérives qui vont avec.Pour Sangatte Sarko a fait croire que le probleme serait réglé en fermant.Depuis il feint d’ignorer le probleme quite à laisser crever des gens.Lhumanité de Mireille n’est pas de l’angélisme , juste le sentiment qu’on a atteint l’atteinte à la dignité humaine.Mireille , si vous me lisez , je vous admire de faire ce que votre coeur vous dicte en dehors de toute polémique politique, juste parce qu’on ne peux pas laisser un jeune mourir de froid et ce quelque soit sa nationalité.En d’autres temps et sans volonter de comparer nullement ,d’autres aussi ont agi spontanément au mépris des lois en disant après coup, je n’ai rien fait d’extraordinaire , c’était normal….Cela fait beaucoup de bien de découvrir l’humanité …
Quel témoignage !magnifique cette dame qui relate avec simplicité comment sa porte est ouverte tous les soirs aux sans papiers ,en dépit des menaces du pouvoir, pour qui ,la solidarité est un délit.
Mamie Mireille ,vous étes une grande dame:
accueillir tous les soirs des sans papiers, n’a rien d’évident,quand les agents zélés de ce pouvoir nous déshonnorent en traquant ,en persécutant des humains demandeurs d’asile.
Merçi à vous ,et merçi à rue 89 .
D’abord, viva la Mamie!!! Vive les gens de ch’nord!!! Quelle lucidité! De l’entendre, ça me confirme qu’il y a des gens bien. Des êtres humains comme vous et moi. Alors, en l’écoutant, en entendant leur anglais basique à la Mamie et à ses protégés , je me dis que « égalité » et « fraternité », oui ça a du sens. Même sans la liberté (ils la recherchent!!), nous sommes frères humains et égaux. Et puis, j’ai aussi entendu, sorti de ma mémoire, Georges Brassens…
A Monsieur Duchmole à présent. Mônsieur, qui a bien l’air de penser qu’un être humain français vaut mieux qu’un être humain pas français, je vous dirai d’aller voir sul terrain, comme on dit. Et bien, la solidarité, ça existe et pas que dans un sens. Oui, la précarité existe en France et des Français « de souche » sont touchés de plein fouet. Et bien moi, j’en connais un tas. Particulièrement dans les « quartiers » où on a parqué: -les noirs et les arabes et les blancs pauvres!
Alors, j’vais vous dire, des Ginette qui mangent le couscous et la chorba, qui se font dépanner quand y a plus rien, il y en a des tas.
Et puis vous savez, Mamie elle a eu 11 gosses et elle est sûrement pas très riche. Mais elle est généreuse, pleine de bon sens et heureusement qu’elle ne met pas de hiérarchie dans sa bonté.