Cela fait longtemps que Le Monde a coulé, comme l'extrême majorité des journaux. Il faudra bien un jour parler du contenu et des lecteurs. Colombani, Fottorino et d'autres le font sans cesse, mais il faut bien comprendre qu'ils s'adressent à nous en tant que consommateurs, pas en tant que véritables lecteurs.
Il y a une vingtaine d'années, quelques étudiants en sciences humaines à Strasbourg ont fait l'expérience suivante : avec une poignée de personnes qui ont accepté de jouer le jeu -c'est-à-dire de payer une somme minimale par mois pour participer effectivement aux débats-, ils ont fait un journal local. Ils ont demandé à des lecteurs de comparer la qualité de l'information à celle des journaux locaux.
Sur les sujets traités simultanément par le journal des étudiants et ceux locaux, l'extrême majorité des réponses des lecteurs extérieurs était que le journal des étudiants était meilleur. On peut toujours critiquer cette aventure qui n'était pas sans défaut -la critique est aisée, l'art difficile- il n'en demeure pas moins que cela fait réfléchir.
Dans les années 50, il existait encore plus de 800 journaux ouvriers aux Etats-Unis (lire à ce propos l'interview de Noam Chomsky publiée par CorpWatch). Combien en France ? Le XXe siècle est le siècle de la prise de contrôle de la presse par les grands groupes via la publicité. Le contenu journalistique n'a plus aucune espèce d'importance du point de vue « turbocapitaliste ».
Le Monde ne fait pas exception. Le corollaire est certainement un appauvrissement du contenu, et l'uniformisation de la presse est palpable. Pour en arriver là, il faut parvenir à faire du lecteur un consommateur, c'est-à-dire détruire le rapport social de la lecture, et faire entrer le lecteur dans un circuit consumériste.
Mais l'information n'était pas conçue au XIXe siècle seulement comme une denrée que les journalistes délivrent. Elle avait une vocation aussi de partage et de « socialité ». Aujorud'hui, les journaux écrits aujourd'hui appartiennent à de grands groupes qui les gèrent comme des panneaux publicitaires.
On sent bien aujourd'hui que la bataille ne se joue plus dans le champ de la presse écrite. Elle y est déjà perdue d'avance. La Toile est certainement une grande chance, à nous de savoir la saisir en comprenant les enjeux. Les grands groupes capitalistes ne sont pas fondamentalement contre la liberté d'expression, tant que cette dernière ne nuit pas trop -pardon, ne risque pas de nuire- à leurs intérêts.
La Toile ne sera pas plus verrouillée que les journaux écrits, mais Google, Microsoft et les autres feront en sorte que l'accès à l'information véritable (c'est-à-dire non filtrée par leurs intérêts) soit de plus en plus difficile. Le courrier électronique, les moteurs de recherches « gratuits » de Google qui analysent les requêtes et les messages des utilisateurs pour insérer de la publicité participent de cette même logique. Les grands groupes de communication proposent un scénario similaire aux Etats-Unis pour le téléphone (i.e., la gratuité contre la possibilité d'analyser par un robot les mots clés des conversations pour générer une publicité ciblée).
Il existe des sujets tabous en France dans la majorité des journaux. Le monde réel du travail -pas celui des pages du Monde ou du Figaro-, l'agro-alimentaire (avez-vous déjà visité une usine de protéines de lait ? C'est plus difficile que de visiter une centrale nucléaire) ou la collision de l'industrie pornographique avec le monde de la publicité -n'avez-vous jamais remarqué une certaine complaisance croissante des grands journaux ? L'envahissement de l'un va de pair avec celui de l'autre (voir un exemple sur le site du mouvement Résistance à l'agression publicitaire).
Mais il y en a bien d'autres. Concernant la pornographie, la partie émergée de l'iceberg est décrite dans le livre « La Vie sexuelle des magazines » écrit par une journaliste d'un magazine féminin (mais en réalité, le sujet concerne la plupart des grands journaux).
Parmi les sujets tabous dans la presse, il faut aussi citer le syndicalisme. Cela semble paradoxal, puisque « les grèves sont systématiquement couvertes par les médias », n'est-ce pas ? Mais l'histoire des syndicats est systématiquement délégitimée par la grande majorité d'entre eux (alors que l'histoire des empires industrialo-commerciaux, bien entendu, est un modèle légitime de transparence).
► Lire aussi : Chaotique démission du directoire du Monde





















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De Tita
oiseau | 13H31 | 10/01/2008 |
Oui, il y a un probable parallèle à faire entre d'une part les lecteurs vs consommateurs et d'autre part la qualité informative vs le storytelling.
Si le lecteur est pris pour un consommateur, on tombe dans la démarche d'offrir aux consommateurs des histoires dont ils sont demandeurs (afin de maintenir ou faire progresser l'envie de consommer). Cependant, ce n'est plus vraiment de l'information car apparaît le critère de savoir ce qui va plaire. Par exemple, souvent on n'entend parler d'une compétition sportive uniquement si un français arrive à un score honorable pour le chauvinisme de nos consommateurs. Pourtant, même sans ce français, la compétition sportive existait et en parler restait de l'information.
Par ailleurs, l'éthique journalistique est moins « nécessaire » puisqu'un consommateur a toujours la liberté (ou presque) de consommer ou non. Ainsi, peut-on se permettre de présenter l'information de manière non seulement attractive mais positive qui pour le patron, qui pour l'actionnaire majoritaire, qui pour Sarkozy, etc. En fin de compte, on en arrive à nous donner à la béqué des histoires plus ou moins artificiellement construites mais qui plaisent (cf. l'usage des média par Sarkozy – mais il n'est pas le seul). Ainsi, tout le monde est content… sauf la vérité.
à Tita
De mikolaj1971
07H43 | 13/01/2008 |
Le canard enchaîné
Politis
Charlie hebdo.
Ne serait-ce point trop pour ce grand pays qu'est la France ? Tf1 suffirait peut-être…
De marie 75
14H46 | 10/01/2008 |
beuve mery réveille toi !
me monde se meurt !
le monde est mort…
à marie 75
De Erbeddie
11H26 | 11/01/2008 |
Chére Marie, malheureusement il y a longtemps.
De manu2005
La France tue en Afghanistan, en no... | 15H01 | 10/01/2008 |
Tout cela est assez complexe parce la publicité aussi passe de « l'information ».
Pas juste « achetez ci ou ça », mais plus insidieusement : « voici comment il faut vivre, et pour cela achetez ci ou ça ». On se défend plus ou moins facilement contre le « achetez ci ou ça », mais contre le message sous jacents « voici comment il faut vivre », c'est plus délicat.
De plus, via les média, passent un tas d'affirmations, présentées comme des vérités (« on a pas le choix, avec la mondialisation », « al quaeda a encore.. »,…)
Alors, là dessus, il n'y a plus qu'à rajouter deux trois articles qui confortent le tout et le basset fait ses 53%.
Il y a un bon moment que le Monde n'est plus qu'un torchon.
Sur leur site, les seuls articles qui m'intéressent un peu, sont les articles scientifiques.
Pour le reste, leur site me sert de test pour avoir une idée de ce que le gouvernement essaie de faire passer…
De clive
15H11 | 10/01/2008 |
Aujourd'hui les quelques infos dérangeantes et les scoops sortent sur la toile, ou dans le canard, avant d'être repris ,ou pas, ou « reformulés » dans les journaux de surface…
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 18H17 | 10/01/2008 |
Qu » on tire ou pas sur l » ambulance, elle va droit dans le mur .
De fabuk
19H19 | 10/01/2008 |
L'ancien patron du figaro, Nicola Beytout parlait du Figaro comme une marque dans ces courriels internes comme l'a revele un jour un journaliste.
C'est vrai qu'aujourd'hui si on veut des articles plus original par le traitemnt ou meme plus basiquement des themes qui sortent de l'ordinaire( des journaux traditionnels j'entend), il faut cliquer Rue89 ou Bakchichinfo.
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 20H45 | 10/01/2008 |
Je partage assez largement le point de vue de Léonard. Malheureusement, il me semble que le constat est plutôt raccord avec l'époque : la France n'a guère besoin de citoyens, mais de consommateurs pour tirer la croissance.
Il y a longtemps que les journaux « pas gratuits » ont, dans les faits, une économie assez proche des gratuits : ils peuvent à la rigueur perdre des lecteurs, en aucun cas les annonceurs.
De Lidenbrock
20H52 | 10/01/2008 |
Sic transit gloria mundi.
De freakfeatherfall
back to the primitive - fuck all yo... | 21H19 | 10/01/2008 |
Bonjour,
L'auteur de l'article, Léonard, écrit :
« Le monde réel du travail -pas celui des pages du Monde ou du Figaro- »
Eske quelqu'un (ou Léonard lui-même : ) pourrait m'expliquer plus précisément en quoi consiste ici le monde réel du travail ? J'avoue que j'ai du mal à comprendre…
Sinon, article très intéressant
f.
De Franpic
10H32 | 11/01/2008 |
Parmi les tabous, on pourrait ajouter l'industrie de l'armement, une part importante du commerce extérieur français et très présent dans la presse (Dassault, Lagardère)
De kaarloPKK
11H03 | 11/01/2008 |
la question est donc la suivante, pourquoi maintiennent-ils en vie des journaux qui ne sont pas lus ?
De Erbeddie
11H48 | 11/01/2008 |
Et bien mes chers amis,transférons nos temps de lecture papiers sur les journaux du net en précisant bien aux rédacteurs journalistes que si la presse papier est moribonde c'est parce que les journalistes sont médiocres dans leur majorité. Nous voulons des journalistes qui font leur métier, pas des suiveurs.Fouillez, cherchez, enquetez et vous conserverez vos lecteurs, critiques,gueulards ou contestataires mais respectueux de votre travail s'il est digne.De la politique, de la prévision, de l'organisation, des débats et des idées, toutes les idées, et ne poluez pas nos lectures avec des histoires de demi-sel sans envergure et des coucheries minables immatures et consternantes de miévrerie.La vie de nos édiles depuis 10 ans n'aurait pas due justifier plus d'une ligne dans les journaux sérieux. Excusez la grosseur du trait mais je ne suis pas un causeux : je suis un lecteur. Meilleurs voeux à tous.
De cooper59
pour la decroissance ! | 19H39 | 11/01/2008 |
le groupe Le Monde etait une usine a gaz , formée par differentes sociétes avec chacune leur conseil de surveillance , trois membres du directoires , pffff c'est compliqué ! plus Alain Minc qui a fait rentrer 200 millions ! et qui le fait savoir le plus possible ! sans compter que les decideurs n'ont pas l'intention de se faire emmerder par les votes des redacteurs ! j'ai essayé de comprendre ( par le net , des bouquins , des journaux ) le Monde c'est assez complexe ! le Libé de joffrin n'interesse plus que les bobos , il reste quoi ? Charlie Hebdo et le Canard (hebdo certe) qui eux sont en pleine forme alors qu'ils ne sont pas envahis par la pub , c'est le moins qu'on puisse dire ! fallait resister au lieu de se vendre corps et ame !
à cooper59
De Unstern
01H33 | 12/01/2008 |
@ cooper59
Dans votre liste de ce qu'on peut encore lire, j'ajouterais bien Marianne, qui tape à tour de bras sur l'actuel gouvernement — et aussi, paraît-il, sur les nerfs du locataire de l'Élysée. Leur numéro spécial, paru entre les deux tours des présidentielles, pointait très exactement, chez le président de l'UMP, tous les problèmes psychologiques qui depuis ont produit les dérives comportementales que l'on sait.
Il y a encore de bonnes choses dans Charlie Hebdo mais, à l'instar de Libé, lui aussi se boboïse. Pour s'en convaincre il suffit de faire un tour sur www.acrimed.org et de faire une recherche, par exemple, sur « philippe val ». Faites-le et vous ne serez pas déçu du voyage !
Quant au Canard, il faut noter que son ton est beaucoup moins virulent qu'il y a quinze ou vingt ans. Bon, ça ce n'est sans doute pas trop leur faute : notre triste époque est celle du politiquement correct, et ce qui à l'époque n'était qu'une volée de bois vert administrée dans les règles passerait aujourd'hui pour une insulte passible de la correctionnelle.
Par ailleurs, toujours à propos du Canard, son staff s'est récemment enrichi, si on peut dire, de deux anciens de Libé, Jean-Michel Thénard et un autre dont j'oublie le nom. C'est ainsi qu'à l'automne dernier, on a pu voir JMT à l'œuvre dans les colonnes du Canard, maniant avec dextérité la brosse à reluire sur les pompes de Borloo (c'était au moment du « Grenelle de l'environnement ») et d'un autre membre du gouvernement (2 ou 3 semaines auparavant). Un superbe cheval de Troie, comme disent les informaticiens.
Concernant Le Monde, enfin, l » « usine à gaz » que vous évoquez à juste titre a été montée de toutes pièces par Colombani et Minc, soucieux de tout verrouiller mais sans que leur poigne se fasse trop visible ou trop pesante. De l'imposture considérée comme un des beaux-arts…
De GASTAUD
photographe | 09H54 | 12/01/2008 |
Les journalistes ne font plus un travail de decouverte des informations, mais ne relayent que les informations dont les differents pouvoirs (economique, politique, etc) veulent rendre visibles et incontournables.
C'est pour cette raison que les lecteurs les plus attentifs ne lisent plus la presse papier. Que reste t-il ? Le lecteur-consommateur qui achete par automatisme un journal, mais au fond il pourrait meme plus motiver son achat !
Cela laisse un grand champs aux sites que l'on peut lire sur internet. Mais attention, que ces sites ne ressemblent pas (avec le succes donc avec l'argent)a court ou moyen terme au Monde ou autre Liberation ! !
j
à GASTAUD
De cooper59
pour la decroissance ! | 11H13 | 12/01/2008 |
d'accord avec tout ce qui est ecris plus haut , y compris sur la disparition de l'investigation au profit de contenus acheté pratiquement clef en main ; je profite de cet espace pour faire un peu de pub ( je ne recommencerais plus rue 89 promis juré) pour des journaux comme CQFD (ce qu'il faut detruire) la Decroissance et chez moi na Lille la Brique , il y en a d'autres bien sur , ils meritent de vivre aussi et font souvent un travail remarquable basé uniquement sur l'INVESTIGATION , ils n'ont ni l'envie ni les moyens de payer un abonnement a France Presse ! ils sont souvent passionnant a lire , subissent la pression des flics et des institutions , prennent des positions politiquement incorrects , se foutent de la pub et des annonceurs et sont completement independants ! bref c'est du VRAI JOURNALISME , celui dont revent pendant leurs nuits agitées la plupart des grattes papiers aux ordres !
De Léonard (auteur)
chercheur (errer humanum est) | 19H08 | 12/01/2008 |
Je partage bien sur les inquietudes et les espoirs de la plupart d'entre nous. Je voudrais répondre à quelques questions et commentaires :
Tout d'abord en effet, - merci à Franpic - l'industrie de l'armement est une omission de taille parmi les sujets tabous en particulier en relation à la presse. Le fait même de l'existence d'une telle relation (contrôle, devrais-je dire) devrait susciter interrogation. Cette question est liée à celle de la logique des grands groupes qui ont en fait des pouvoirs largement supérieurs à ceux des personnes.
freakfeatherfall : « Eske quelqu'un (ou Léonard lui-même : ) pourrait m'expliquer plus précisément en quoi consiste ici le monde réel du travail ? »
Le monde réel du travail ne se réduit pas au fait économique. Tout travail, quel que soit son objet, sous-entend un rapport entre des personnes. Ce fait est escamoté par le fait que les grands groupes ont un poids économique et même légal tel que l'on ne réfléchit plus en termes de personnes et de socialité, mais d'intérêt de l'entreprise, de rendement, de programme, de cahier des charges, etc. Ceci en soi a probablement toujours existé, mais ce qui est spécifique au 20ème siècle, c'est que les grandes entreprises ont acquis le droit de personnes, « en fait de personnes immorales et de personnes de pouvoir immense » (Chomsky). Le concept de responsabilité morale de l'entreprise en France est resté jusqu'à une époque récente et est encore aujourd'hui en fait limité du point de vue du droit. De toute façon, il est en lui-même un acquiescement à la tyrannie des grands groupes, car il sous-entend qu'elles sont, en tant que macro-entreprises, des entités collectives légales.
Qu'est-ce que le monde réel du travail s'il comprend les rapports entre les personnes ? C'est le monde des rapports humains, depuis les syndicats (ou leur absence) à la réalité des accidents au/du travail (dont la définition est rarement discutée). Le syndicalisme, c'est principalement le fait que des employés se réunissent ensemble pour parler de leur travail et s'organiser entre eux. Autrement dit, c'est un fait social qui fait intégralement partie du travail – ou qui le devrait. De même les accidents ou les incidents du travail sont peu répertoriés dans les media, sauf dans des cas exceptionnels (mort d'homme, suicide) et qui restent toujours marginaux. C'est seulement tout récemment que le stress au travail a été en France reconnue comme maladie du travail.
http://www.capital.fr/Actualite/Default.asp ? source=FI&numero=65125&Cat=C…
Et quiconque sait lire entre les lignes comprend combien de luttes il aura fallu… (Je ne cite pas les chiffres des sondages sur le stress au travail car ils sont très volatiles en fonction de la question mais on estimait en 2000 à peu près qu'une personne sur quatre souffre du stress au travail en Europe, avec des critères raisonnablement stricts.)
De même, les media parlent du déficit de la sécurité sociale comme un « problème » à résoudre (ce qui définit le cadre de l'information : le déficit de la sécurité sociale est a priori un problème : si vous pensez autrement qu'en terme de problème/solution, vous êtes officiellement un marginal), la liberté de discussion se limitant à déterminer quel type de problème. Les mêmes media se garderont de mentionner le monde réel du travail en regard de la sécurité sociale alors que les accidents du travail pèsent d'un poids énorme dans la balance (à court, moyen et long terme) et donc sur la société au sens large. Et si la sécurité sociale est affaire de société, nous devrions avoir précisément un droit de regard collectif sur le stress au travail – et non pas pour améliorer les performances financières de l'entreprise dans laquelle nous travaillons. Mais ces aspects sont rarement évoqués dans la presse.
kaarloPKK :
la question est donc la suivante, pourquoi maintiennent-ils en vie des journaux qui ne sont pas lus ?
Les journaux sont de moins en moins lus, c'est un fait. Cependant, ils continuent d'orienter les débats, les paramètres de la discussion. Alors que l'on n'a aucune raison de les accepter.
Même si nous sourions, leur influence est considérable. Ils continuent de fonctionner par la suggestion. Pour un petit exemple dans le domaine des mœurs, le livre d'Eva Illouz : Consuming the Romantic Utopia – Love and the Cultural Contradictions of Capitalism.
La question est de savoir ce que l'on en fait pour nous-mêmes : avec quelques bonnes volontés, on peut obtenir – particulièrement avec la toile et le travail en réseau - des informations qu'aucun journal n'a intérêt à fournir. Il suffit souvent de commencer par échanger quelques informations par exemple sur son propre travail avec d'autres personnes pour s'en rendre compte. Il n'y a pas limite à la qualité de l'information et aux combats de société – à part notre propre peur. Mais c'est là que commence le travail du journaliste ou l'engagement social.