Est-ce à un juge de définir ce qu'est une famille ? C'est l'enjeu d'une affaire jugée par le tribunal de grande instance de Lille fin décembre. Deux lesbiennes réclamaient d'avoir chacune l'autorité parentale sur l'enfant de l'autre.
Les deux enfants, âgés de 9 et 4 ans, ont chacun été conçus par procréation médicale assistée en Belgique. A l'époque, les deux femmes étaient déjà en couple, puisqu'elles sont ensemble depuis une quinzaine d'années. C'est l'une après l'autre qu'elles ont eu recours à la procréation assistée.
Les deux enfants ont toujours vécu dans cette famille de quatre personnes. Sauf au regard de la loi puisqu'en droit, seule la mère biologique peut reconnaître son enfant à la naissance. Mais la jurisprudence évolue depuis quelques années. Au coup par coup, des juges ont déjà concédé au partenaire du parent biologique d'un enfant l'autorité parentale sur ce dernier au nom de « l'intérêt supérieur de l'enfant ».
Le jugement, qui fait suite à l'audience du mois de novembre, indique cette fois explicitement :
« Les aléas de la vie et les risques potentiels au cours de ces déplacements ne rendent pas du tout inutile de prendre des mesures pour éviter toute difficulté en cas d'accident, d'indisponibilité du parent biologique de chaque enfant. »
Mais, la nouveauté du cas de cette famille de Tourcoing, dans le Nord, tient à ce qu'il s'agit cette fois d'une délégation croisée.
Le tribunal crée une famille de deux enfants
Avec cette décision croisée, le tribunal nordiste a, pour la première fois, créé en droit une famille de deux enfants :
« Même si en l'espèce elle est importante pour chacune des demanderesses qui ont la volonté affirmée depuis longtemps de constituer une famille, il faut bien constater que la loi n'exige pas de démonstration de l'existence du lien du sang pour autoriser la délégation d'autorité parentale. »
C'est d'ailleurs ce que plaidait leur avocat, qui argue qu'« il était temps que la justice prenne acte d'une situation de fait et reconnaisse la vie familliale qui existait ». Pour Me Pascal Cobert, la décision du juge accroît les droits des deux enfants :
L'avocat des deux mères dénonce « des consignes de la Chancellerie » et la position « rétrograde » du parquet :
« Malgré l'évolution de la société sur ces questions, malgré l'évolution de la jurisprudence, le ministère public a voulu empêcher cette reconnaissance croisée. »
Le ministère public fait appel
A l'audience en première instance, la substitut du procureur avait par exemple souligné que les deux femmes « ont détourné la loi en obtenant la procréation médicalement assistée en Belgique », alors que cette pratique est interdite en France pour les couples du même sexe.
Joint par Rue89, le procureur de la république Philippe Lemaire assume les consignes de la chancellerie et parle ouvertement d'un « choix travaillé par les différentes strates hiérarchiques ».
Le représentant du parquet, qui confirme faire appel de la décision de première instance, balaye les critiques qui le décrivent « réactionnaire » :
« Cette décision implique une nouvelle représentation de la famille qui n'est pas prévue dans les textes à l'heure actuelle. Le fond du problème n'est pas tant la délégation d'autorité parentale en soi, mais plutôt ce qu'on décide de consacrer sous le terme de “famille”. Or un juge est-il légitime pour décider ce que doit être une famille, un couple ? “
Pour Philippe Lemaire, ‘c'est au législateur de trancher dans la mesure où c'est un débat de société’ :
‘Ici, le juge a reconnu derrière ça l'existence d'une famille homosexuelle. Ce couple a vraiment décidé de fonder une famille, par deux fois ! C'est hors du tribunal qu'il faut porter ce débat.’
Le ministère public fait savoir qu'il ira jusqu'en cassation s'il le faut. En 2006, la haute autorité judiciaire avait tranché en faveur d'une délégation d'autorité à condition que l'union du couple soit ‘stable et continue’. A l'époque, un seul enfant était concerné. L'an dernier, toutefois, la Cour de Cassation avait censuré l'adoption simple d'un enfant par la partenaire de la mère.




















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De Bobby-no
21H22 | 10/01/2008 |
Le débat public sur la question du mariage gay dans un premier temps, et sur les questions d'homoparentalité par la suite, semblent en hibernation en France depuis quelques temps.
Comme le souligne l'article, il n'est pas du ressort du juge de décider de la notion de famille. Et c'est donc à nous, membres du corps citoyen d'en débattre.
Le mariage gay est une avancée que la France ne peut refuser aujourd'hui, si elle ne veut pas garder une image rétrograde alors que ses voisins européens adoptent des mesures semblables en nombre.
La question de la famille est quant à elle autrement épineuse. Pensez-vous qu'une famille soit nécessairement constituée d'un père ou d'une mère ? Ou simplement de deux individus ayant la volonté de fonder une famille…Le droit suprême de l'enfant n'est-il pas de bénéficier d'une éducation et d'affection de la part de parents, qui voient en lui la matérialisation de leur amour ?
à Bobby-no
De berco
père au foyer | 09H19 | 11/01/2008 |
par définition ( du dictionnaire ) une famille, se
compose d'un père, d'une mère, et des enfants.
Je ne pense pas etre, ni rétrograde,ni homophobe,mais
une cellule familiale, ne se limite pas à deux personnes du meme sexe.Que l'on parle d » alliance, là je d'accord ! Ce qui me chagrine le plus, c'est que les
enfants ne soient pas mis au centre du débat, alors que ce sont eux les premiers concernés. Vous imaginez
cet enfant se faire railler à la récré, le regard des autres parents. Non meme par « branchitude » je ne trouve
pas ca tellement cool pour les enfants, et je me fous
de ce que font les autres pays europeens. Vous vous rappelez sans doute du mariage de deux hommes par Mr le
maire de bègle ( Noel Mamere), ca c'est terminé par une
escroquerie.Non nous ne sommes pas dans une politique
de civilisation, mais plutot dans une dérive de la
civilisation.
à berco
De Kara
Itinérante | 11H56 | 11/01/2008 |
Je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi Berco. En quoi celà peut-il être gênant pour un enfant, d'avoir un camarade de classe avec 2 mamans ou 2 papas ? Gênant parce que ses parents lui auront répondu (à la question pourquoi chez lui c'est comme ça et pas chez moi ? ), ils sont pas normaux. Si on explique à un enfant que deux personnes du meme sexe sont ensemble parcequ'ils s'aiment, il comprend et n'ira pas railler son camarade parcqu'il a deux mamans. Quand aux parents, si ils sont intelligents, ouverts, ils n'ont pas à avoir un regard différent.
Quand à parler d'une dérive de la civilisation, je dis non. Si aujourd'hui l'homosexualité est mal vue ou perçue, c'est parce qu'à un sombre moment du Moyen âge, l'Eglise catholique s'est appropriée certains sacrements (comme le mariage), et s'est imposée comme notre juge. Longtemps dans nos consciences on nous a dit que l'homosexualité était du vice, que la nature n'avait jamais voulu ça (désolée, mais je l'entends assez souvent), qu'un homme doit être avec une femme etc…L'homosexualité existe depuis plus longtemps que vous ne le croyez, et si aujourd'hui nous en sommes arrivés à la raillerie ou aux regards mauvais des parents, c'est à cause de l'Eglise catholique (et d'autres religions) qui le rejete et l'exclu de notre société.
à berco
De pablico
12H25 | 11/01/2008 |
pas d'accord. On ne choisi pas nos parents. Et on prend les parents que la vie nous donne.
Quid des orphelins, des abandonnés ?
Quid des parents indignes ? Des parents non aimants ? Des parents qui ne rentrent pas dans nos critères biens pensants ?
Les parents se doivent d'élever convenablement, et au mieux les enfants, et de leur donner de l'amour, des valeurs, et, de l'éducation, pour qu'ils puissent être construits et autonomes. Qu'ils soit parents biologiques ou non.
Le reste n'a pas beaucoup d'importance.
à pablico
De Brunol
17H12 | 11/01/2008 |
C'est pour cette raison que les enfants recherchent toujours à savoir qui est leur vrai père/mère.
C'est un besoin fondamental.
Alors dire j'ai deux mamans, j'ai deux papa, c'est déjà mentir au petit chérubin.
Avec ça, il est pas forcément bien parti.
à Brunol
De pablico
18H16 | 11/01/2008 |
c'est très complexe je sais, mais il vaut mieux avoir deux mamans ou deux papas, que pas de papa ni maman.
une famille n'est jamais toujours idéale. Entre les accidents de la vie, des parents au comportement plus que douteux, le pauvre chérubin doit survivre. Et c'est mieux que la DASS ? Non
à pablico
De Brunol
11H08 | 12/01/2008 |
Oui, comme je le souligne, dans notre société artificielle, technique tous est possible.
Dans le cas des 2 enfants, une seule est la VRAIE mère.
Pourquoi ne pas appeler l'autre personne par un autre terme (qui précisera sa place dans cette « famille » par un autre nom que mère.)
L'enfant devra-t-il subir les sarcasmes de ses copains au nom du confort des 2 mères.
C'est l'enfant qui va trinquer, pas les deux femmes.
à berco
De Sexus Empiricus
12H23 | 11/01/2008 |
À la question : « Est-ce à un juge de définir ce qu'est une famille ? », il est malin de répondre : « mais non ! c'est au dictionnaire de nous le dire ! », car le réflexe du dictionnaire est un bon réflexe.
Le dictionnaire est un père protecteur pour chacun de nous, il nous empêche de dire n'importe quoi ; il nous aime bien, il nous châtie de même, nous et notre langue ; il nous apprend à la tourner 7 fois, etc. En somme, le dictionnaire est un bon père de famille, qui sait nous gendarmer au besoin.
À moins que ce soit une mère. Pas une marâtre, - une bonne mère. Notre langue maternelle et maternante coule du dictionnaire comme le lait du sein.
Le malheur avec le dictionnaire, - ce surmoi de la langue -, c'est d'abord qu'il est établi : il ne tombe pas du Ciel des Idées Eternelles. Vrai pour l'article « Famille », qui est un terme abstrait, bon à recevoir toutes sortes de déterminations variables d'un pays à l'autre (ouvrir un dictionnaire d'anthropologie peut décoiffer), ou d'une époque à l'autre (ouvrir un dictionnaire français de France du XVIIe s. peut nous rendre incompréhensibles les termes que nous croyons les plus… familiers).
Autrement dit, un dictionnaire traite des mots, non des choses. Il photographie le sens de ces étiquettes (les mots) dont nous nous servons tous les jours, - mais cette photographie est toujours datée. Même lorsqu'il s'agit de termes généraux comme « famille ». Il n'y a pas si longtemps de cela, les Chrétiens parlaient de la grande « famille des hommes » : était-ce au sens propre ou par métaphore ?
Il n'y a pas de sens propre ni de sens premier du mot « famille ». Par contre il y a un sens fonctionnel ou relationnel (on aurait dit « structural » dans les années 1960). Et puis il y a un sens juridique, dont le droit se mêle.
Or, le système du droit, en république, c'est nous en définitive, car c'est nous qu'il concerne. Chacun d'entre nous.
« Par définition », la cellule familiale n'est pas plus une cellule biologique qu'elle n'est une cellule carcérale : elle peut l'être (la famille balzacienne), elle peut ne pas l'être (les familles des années 1940 n'étaient pas toutes des prisons).
Quant à « mettre les enfants au centre du débat », c'est justement ce que font les deux femmes en se souciant de leur autorité parentale - notamment en cas de malheur. (Malheur en face duquel la crainte du qu'en-dira-t-on fait pitié ou mesquin.)
Enfin, un dernier détail : combien de mariages bien sous tous rapports se terminent en escroquerie ? Il faudrait se replonger dans la Comédie humaine pour y voir clair…
Quoi qu'il en soit, paix et prospérité dans votre foyer !
à Sexus Empiricus
De pablico
12H30 | 11/01/2008 |
Le dictionnaire, , n'est que le reflet d'une société à un moment donné. Pourquoi ne prends tu pas le dictionnaire du XVII ème siècle aussi ?
à berco
De ART MONIKA
13H45 | 11/01/2008 |
Barco, les définitions du dictionnaire sont souvent obsolètes.
Le cadre de la « famille » a aujourd'hui beaucoup évolué, avec l'accroissement des divorces, des familles monoparentales, des couples non hétérosexuels… sans compter tout ce que l'on apprend sur les enfants dits « illégitimes », nés dans des familles « bien sous tous rapports », et qui découvrent tardivement qu'ils ne sont pas les enfants « biologiques » de celui qu'ils pensaient être leur père.
Ce qui me gêne dans l'article, c'est que l'on appelle ces femmes des « lesbiennes », terme qui est connoté et réducteur. Ce sont des êtres humains qui ont choisi d'avoir des enfants (ce que toute femme peut faire avec un homme ou les cellules qu'il lui confie), et de les élever avec des personnes qu'elles aiment, et qui sont - dans ce cas d'espèce- du même sexe. Ces femmes pourraient s'aimer sans avoir de sexualité ensemble. Comme des couples « hétérosexuels » vivent sans avoir de « rapports sexuels ».
Les enfants de cette famille ont toujours vécu ensemble. C'est un fait. La Justice peut leur mettre des bâtons dans les roues, mais cela sera au détriment des enfants si par malheur, par exemple, l'une des deux femmes disparaissait.
On a beaucoup glosé avec la psychanalyse sur la structuration symbolique apportée par le Père. Sans tenir compte du fait que beaucoup de pères ne se sont guère occupés de leurs enfants. Cela ne fait rien, disait-on, ce qui compte c'est la présence du père dans le discours de la mère… Ces justifications « théoriques » de la normativité sociale ont fait long feu.
Barco, rassurez-vous, ces enfants ont des oncles, des grands-pères et ils se trouveront un « père » s'ils en ont besoin d'un… Et probablement leurs mères leur expliqueront-elles qu'ils ont un « père » au sens d'un « géniteur ». L'important est qu'il n'y ait pas de mensonge sur la filiation.
à berco
De Axior
Citoyen | 14H22 | 11/01/2008 |
« par définition ( du dictionnaire ) une famille, se
compose d'un père, d'une mère, et des enfants. »
Le débat porte sur le fait qu'un tribunal soit qualifié ou non pour décider des affaires relevant de la famille. Pour toi, non, c'est le dictionnaire qui doit légiférer…
Rassure-toi, ce n'est ni rétrograde ni obsolète, c'est stupide.
à Bobby-no
De fleurt
11H38 | 11/01/2008 |
Oui, mais moi ce que je ne comprends toujours pas, ce sont les bornes où « ça va s'arrêter ». Qu'est-ce qui empêcherait 2 frères ou 2 soeurs de se pacser et d'élever des enfants adoptés ? Et dans ce cas, qu'est-ce qui empêcherait un père et une fille de se pacser pour faire pareil, et même des enfants biologiques ? Après tout, il y a déjà des livres qui existent, manifestant clairement l'amour d'une fille pour son père, alors pourquoi pas ?
Pour ma part, je pense que le mariage (avec droit à l'adoption en cas de stérilité) entre un homme et une femme libres de tout lien familial, avec des règles très rigides notamment sur le divorce, doit rester à part et offrir des droits particuliers sur le patrimoine et l'héritage. La difficulté à divorcer revalorise l'institution du mariage, donc elle est logique (personne n'est forcé de se marier). Cela étant basé sur la ressemblance avec la nature et la difficulté particulière du mariage qui unit des êtres particulièrement différents et étrangers l'un à l'autre : fondation de la société par la diversité, et difficulté du choix et de l'engagement.
Tout le reste devrait être un contrat civil, union à 2 et pourquoi pas à 3 ou 5 personnes (communautés, sectes), ne donnant pas de droit particulier aux contractants sauf ceux qu'ils ont définis dans leur contrat et presque aucun sur la transmission du patrimoine (trop coûteux à définir pour des familles multiformes).
Par ailleurs, je refuse l'idée que les gens soient forcés de se marier civilement pour pouvoir se marier à l'église. Le mariage civil Français ne vaut rien et n'ouvre aucune droit, c'est juste une fiche pour l'Etat.
Le droit d'accès aux méthodes de fécondation et à l'adoption devrait être autorisé ou pas, par ailleurs, indépendamment du statut (mariage ou pas). Pour un tiers, obtenir l'autorité familiale sur un enfant devrait être interdit sans l'accord des deux parents si ceux-ci sont mariés ou l'ont été.
Je ne vois pas en quoi la société prétendrait que nous sommes des particules élémentaires asexuées bénéficiant d'un même contrat d'union pour tous, puisque nous ne sommes pas comme ça : on n'est pas des purs esprits !
Tout ça c'est pour permettre aux Etats d'affaiblir la notion de famille aux fins de spolier les revenus et les patrimoines. Pas de passé, pas de futur, zéro famille, et à la fin, tout appartient aux banques et aux assurances.
Pour le cas des deux femmes qui ont eu l'autorité parentale, pourquoi pas ? Mais quelle différence avec des mères célibataires ? Comme je l'ai dit, je pense qu'on devrait interdire l'autorité familiale pour des enfants issus du « vrai » mariage, mais pour les autres, je ne vois pas pourquoi on devrait la refuser, sauf risques pour l'enfant, ou bien surcoûts pour la société.
à Bobby-no
De Alice77
11H30 | 12/01/2008 |
les homosexuels doivent avoir les mêmes droits à la famille que les hétéros. Point barre. Cela doit s'inscrire dans la loi française.
De caro
délinquante avérée | 21H27 | 10/01/2008 |
Puisque le PACS existe pour 2 personnes du même sexe, c'est que la loi reconnaît bien un couple. Pourquoi, alors, ne pas accorder l'autorité parentale au membre du couple (mère, dans ce cas) non biologique ? D'autant qu'il n'y a pas de père biologique connu. Si une des mères biologiques est victime d'un accident, faudrait-il que son enfant se retrouve à la DDASS ?
Il faut être logique jusqu'au bout du raisonnement, mais la bienpensance religieuse semble vouloir reprendre la vie des Français en mains.
Dormez, dormez, braves gens, NOUS veillons.
De N A F
en territoire apache | 21H44 | 10/01/2008 |
« faudrait-il que son enfant se retrouve à la DDASS »
il y a des endroit pires
certaines cellules familiales par exemple
à N A F
De Bobby-no
21H55 | 10/01/2008 |
« certaines cellules familiales par exemple » tout est dans le « certaines » bien entendu.
Il y a toujours pire : l'absence d'affection.
Qu'est-ce qui est le mieux pour un enfant, vivre en foyer ou trouver deux individus prêts à refonder leur vie autour de lui ?
Il y a des enfants battus, des enfants de divorcés, des enfants dont un seul parent se soucie ou des enfants dont personne ne se soucie. Ces structures familiales déchiquetées ont-elles un bon impact sur les enfants ? On en parle peu, car ils sont issus d'une famille « normale ».
Qui osera dire qu'il serait pire pour un tel enfant d'être élevé avec affection par un couple homosexuel ?
à Bobby-no
De Manue
23H07 | 10/01/2008 |
Attention, il ne faut pas se méprendre. Ici, tu pars du principe que la situation d'un enfant élevé par un couple homoparental est « moins pire » que toutes celles que tu cites. Je crois que la question n'est pas là et le raisonnement biaisé. C'est ni moins pire ni mieux d'etre élévé au sein d'une famille de parents de meme sexe que de sexe opposé.
à Manue
De Bobby-no
23H15 | 10/01/2008 |
Voilà, tu l'as dit, ni moins pire, ni mieux. On s'accorde, et c'est exactement ce que je voulais faire ressortir, ca n'est pas pire que ce qui existe déjà.
à Bobby-no
De Avril
16H25 | 11/01/2008 |
: D
casse tête rhétorique
Si c'est ni moins pire, ni mieux, tu ne peux prendre l'exemple ou la famille hétéro est à la ramasse pour démontrer que l'homoparentalité, c'est pareil ! aargh !
De blemaire
Journaliste | 21H58 | 10/01/2008 |
La question de l'homoparentalité est en elle-même biaisée. Tant que l'espèce humaine aura un mode de reproduction sexué hétérosexuel, l'homoparentalité n'aura aucun sens. La question soulevée régulièrement par des militants homosexuels sur le devenir des enfants qui ont toujours vécu dans une famille homosexuelle en cas de décès de l'un ou de l'autre « parent » est tout à fait similaire à ce qui se passe dans une famille recomposée : chaque « parent » amène ses propres enfants. Si le couple se sépare au bout de 10 ou 15 ans ou si l'un des deux décède, la loi prévoit le cas. Et, dans une famille recomposée, il n'est nul besoin de tout ce cirque !
à blemaire
De Bobby-no
22H16 | 10/01/2008 |
« La question de l'homoparentalité est en elle-même biaisée. Tant que l'espèce humaine aura un mode de reproduction sexué hétérosexuel, l'homoparentalité n'aura aucun sens. »
Ca c'est un petit peu grotesque tout de même. Voir l'enfant comme denrée biologique issue d'une relation sexuelle…
Dans ce cas là tu nies aussi l'adoption tout court, car l'enfant n'est pas issu de la « reproduction sexuée hétérosexuelle » de ses nouveaux parents adoptifs ? Ils ne sont donc pas parents si je je continues ton raisonnement ?
La famille n'est pas que biologique rappelons le, c'est même ce pourquoi bon nombre de citoyens français étaient opposés à l'utilisation de tests ADN dans le cas de l'immigration, car la famille n'est pas une construction biologique, mais un groupe unis par des liens sociaux et vivant ensemble.
à blemaire
De Sexus Empiricus
22H47 | 10/01/2008 |
Bonsoir,
Je ne suis pas sûr de bien saisir votre propos. À partir du moment où vous affirmez d'un air bien entendu : « Tant que l'espèce humaine aura un mode de reproduction sexué hétérosexuel, l'homoparentalité n'aura aucun sens », je décroche.
Vous croyez que votre sentiment du non-sens est partagé ? Regardez un peu la vie autour de vous, je ne dis pas dans votre famille, ni chez vos proches ; mais peut-être chez des ami(e)s, ou chez d'autres inconnu(e)s : ça existe ; qu'y trouvez-vous à redire ?
Quelqu'un qui n'appartient pas aux « militants homosexuels », comme vous dites, peut très bien défendre (je n'ai pas dit épouser) la cause de la famille homosexuelle, et plaider en faveur de l'homoparentalité.
Par exemple, on trouve chez François Dagognet, cette petite réflexion qui va dans le sens des différents avis exprimés ici.
*
« L'époque actuelle n'a pas cessé de limiter la portée de ce qu'on nomme le poids du sang :
1. L'adoption rend possible l'intégration à ce groupe privilégié d'un enfant sans lien organique avec ceux qui l'accueillent ; on a pu croire que cette mesure suppléait à un manque de postérité (l'infécondité de certaines unions), mais la faculté d'adopter a été accordée à une célibataire (et il n'a pas été exigé qu'elle ait été mariée).
2. Situation plus lourde de conséquences, au cas où l'un des deux conjoints serait frappé de stérilité, la bio-médecine remédie à cet état, grâce à l'insémination avec le sperme d'un donneur anonyme (l'IAD ou l'adultère officialisé et permis par la loi, si le couple le demande). Notons que la législation interdit la fécondation d'un ovocyte étranger par un sperme également étranger ; est donc conservé, pour la naissance acceptée et autorisée, un lien biologique (la semence de l'un des deux parents).
Les bénéfices de tous ordres qu'engendre la communauté familiale nous obligent à approuver le PACS ou l'union entre homosexuels : nous ne voyons pas en cette union le modèle de la famille idéale, mais une institution qui tend à s'inspirer de celle que nous avons analysée et qui la copie même. Sans entrer dans cette discussion, nous ne saurions lui refuser le droit à la parenté et donc à l'éducation des enfants. »
[Source : F. Dagognet, 100 mots pour commencer à philosopher, « Famille » ; Les empêcheurs de penser en rond – Seuil, 2001, p. 93.]
*
Reste la question : « Est-ce à un juge de définir ce qu'est une famille ? »
La réponse peut être oui. Après tout, un magistrat est sans cesse occupé à qualifier les faits. Mais oui provisoire, comme la liberté du même nom.
Tant que le législateur n'aura pas mis à jour ses lois vieillottes ou éculées, la réalité la plus civile et la plus innocente jurera toujours avec le Code et le Bon Sens.
De blemaire
Journaliste | 22H57 | 10/01/2008 |
Le non-sens est en effet biologique. Je ne nie nullement que la parentalité n'est pas que biologique mais, dans ce cas, on se retrouve dans le principe général des familles recomposées ou avec enfant adopté sans que l'homosexualité ne soit un facteur qu'il faille prendre en considération. Or, dans les familles recomposées, on n'a jamais vu le besoin d'adoptions croisées !
De Sexus Empiricus
23H31 | 10/01/2008 |
Admettons, j'accepte en gros ce que vous dites à condition d'ajouter deux remarques.
1. Un « non-sens » « biologique » ? Il me semble que ça porte un nom : s'il y a un non-sens biologique, c'est la mort (la vie est l'ensemble des fonctions qui résistent à la mort) ou les monstres (les anomalies ou les ratés de la nature). En dehors de ces deux cas de figure, le non-sens prétendument biologique est un simple défaut d'imagination (il y a plus de choses sur la terre que tout ce que le sacro-saint bon sens peut imaginer).
2. Lorsque vous dites « …sans que l'homosexualité ne soit un facteur qu'il faille prendre en considération », nous sommes d'accord. L'homosexualité, dans le cas en cause, est anecdotique : lesbienne ou pas, ce n'est pas le point de la question. La question porte sur la délégation de l'autorité parentale. Que la famille soit recomposée, homoparentale ou autre encore, un « besoin » ou plutôt une volonté est ici exprimée. Qu'est-ce qui empêche ? Qui ça gêne (l'accent a, en l'occurrence, son importance) ? Est-ce une atteinte aux droits du citoyen, ou je ne sais pas : une atteinte à « la famille » ?
à blemaire
De Steelskin
Dangereux gauchiste gay | 01H57 | 11/01/2008 |
« Or, dans les familles recomposées, on n'a jamais vu le besoin d'adoptions croisées ! »
C'est normal, ils peuvent se marier, eux, et bénéficier de l'autorité parentale du coup, ce qui n'est pas le cas dans un couple homosexuel.
De FO le dire
Nantes | 07H47 | 11/01/2008 |
@blemaire
Il y a peut-être une différence entre une famille recomposée et une famille composée, que les parents soient d'origine homo ou hétérosexuelle. A l'évidence ici les enfants ont été élevés ensemble et il s'agit d'une fratrie. J'ai tendance à penser qu'il y a une différence de sentiment.
Le juge a pensé d'abord à l'intérêt de l'enfant et en l'occurrence qu'il ne faille pas séparer les enfants d'une même fratrie. Cela semble tellement évident que je me demande pourquoi cela pose problème.
Votre raisonnement me gêne beaucoup car il ne prend pas en considération cet élément qui pourtant est le coeur de la question et non pas comme le font le procureur général, les esprits empreints de sentiments homophobes refoulés, de savoir si la famille est déterminée par un juge parce que la loi française ne permet pas l'homoparentalité.
La loi doit évoluer pour reconnaitre l'évolution des moeurs et la France a du retard, la jurisprudence le lui rappelle.
à FO le dire
De Brunol
16H22 | 11/01/2008 |
…., les esprits empreints de sentiments homophobes refoulés,….
J'adore ce genre de phrase démago et culpabilisante.
Si tu n'es pas avec les Juifs, vous êtes contre eux.
Si vous n'êtes pas avec l'Amérique, vous êtes contre elle.
Si vous n'êtes pas pro-homo, vous êtes un homosexuel refoulé.
C'est tout à fait le langage qu'utilise le lobby gay dans sa campagne de marketing et de promotion de l'Homo- conduite.
C'est quand même curieux que dans ce monde ou l'on tend à effacer, à gommer les différences, certains en revanche font tout pour afficher les leurs.
Je ne comprends plus rien ! ! ! !
à Brunol
De Chaussette ventriloque
04H14 | 12/01/2008 |
« le lobby gay » qu'est ce qu'il faut pas entendre : -D
les assoc » gay ne demandent pas à tout le monde de devenir homo, ils veulent simplement les mêmes droits pour tous, homos et hétéros, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui,
alors que la Constitution que nous sommes tous égaux en Droit.
Donc la France est anticonstitutionnelle (sur ce point)
et toi aussi.
Après tu as le droit d'être contre la Déclaration des Droits de l'Homme hein ^^
Enfin, « ce monde où l'on tend à effacer […] les différences »,
je sais pas de quel monde tu parles.
Dans le mien, personne ne veut effacer ses différence, mais seulement pouvoir les vivre sans être mal jugé.
à Chaussette ventriloque
De Brunol
10H58 | 12/01/2008 |
C'est vrai qu'il n'y a pas plus de lobby gay qu'il n'y a de lobby Juif, ou de lobby en tout genre,( : lol : ) petit groupuscule minoritaire très puissant qui revendique fortement pour faire accepter ses idées ( pas toujours très bonnes et surtout pour une minorité faisant fi de la majorité)
Oui, tout le monde veut des droits.
Les homos, les nécrophiles, les pédophiles, les zoophiles, etc…. tous.
Bienvenue dans un monde qui n'existe pas encore.
***Enfin, « ce monde où l'on tend à effacer […] les différences »,
je sais pas de quel monde tu parles.
Dans le mien, personne ne veut effacer ses différence, mais seulement pouvoir les vivre sans être mal jugé.**
Je crois que cela ne vaut même pas la peine d'argumenter, cela se voit tous les jours,se contaste tous les jours. Tout est fait pour lisser de plus en plus les différences en tous genres.
Sauf quelques irréductibles qui eux veulent leur différences.
De Jonathan Balsamo
Bloggeur jojo13.over-blog.net | 22H04 | 10/01/2008 |
La France doit se moderniser !
Une famille doit être défini par le fait que 2 personnes de n'importe quel sexe peuvent fonder une famille .
La procréation d'enfant en Belgique devrait l'être aussi en France .
Un enfant vivant avec un couple gay ou lesbienne est le même qu'un enfant vivant davec un couple hétérosexuel .
Faut aussi que les mentalités changent en France