Réponse de Daniel Mesguich à Jean-Pierre Thibaudat
Après la publication de l'article « Avec Mesguish, où va le Conservatoire national supérieur d'art dramatique ? “ dans le blog Balagan de Jean-Pierre Thibaudat. Daniel Mesguich a demandé la publication de ce droit de réponse.
L'auteur de cet article, visiblement mal informé (je n'ose de sa part imaginer une intention malveillante à mon égard) et victime des nombreuses inexactitudes qui lui ont été rapportées, colporte -de bonne foi donc je n'en doute pas- certaines rumeurs qui vont du malentendu de détail à la calomnie pure et simple, et c'est pourquoi je vous demande de bien vouloir publier la présente au titre du droit de réponse.
Je ne prendrai pas la peine de rectifier toutes les erreurs factuelles (il n'est pas question d'‘ouvrir une classe de one man show’, par exemple) ou les méprises sur l'intention (je ne suis pas mû par la ‘mythologie de la vedette médiatique’, par exemple) contenues dans son article, me réservant de communiquer plus tard et par tous les moyens qui me paraîtront appropriés la teneur complète et véritable des évolutions que je prévois d'initier dans le déroulement des études au CNSAD.
Dans le même esprit, je ne m'offusquerai pas des attaques personnelles auxquelles, trompé une fois encore par ses sources, il s'est malgré lui laissé aller –je ne veux y voir que des excès bien compréhensibles de la part d'un serviteur du théâtre passionné et sincère, qui a maintes fois eu l'occasion de montrer son attachement à cet art et de lui apporter à sa façon une contribution fondamentale.
Je voulais seulement apporter quelques rectifications et précisions aux fourvoiements les plus nuisibles aux lecteurs de M. Thibaudat :
- Que le contrat d'un an de Béatrice Picon-Vallin ne soit pas, après l'avoir été plusieurs fois, renouvelé l'année prochaine n'implique en rien que ‘l'on n'enseignera plus l'histoire de leur art’ aux élèves du CNSAD.
La personne de Mme Picon-Vallin, quelque éminente qu'elle soit dans les domaines dont elle s'est faite la spécialiste, ne représente pas à elle seule la possibilité d'enseigner l'histoire du théâtre. Que Jean-Pierre Thibaudat et ceux à qui il s'adresse se rassurent donc sur ce point : je suis extrêmement soucieux de proposer aux élèves un accès le plus complet possible -il le sera- à la connaissance théorique et historique de l'art du théâtre.
- Je n'ai pas une seule seconde envisagé d'obliger les élèves à travailler trois années avec le même professeur. Je souhaite seulement que ce soit, si l'élève le désire, à nouveau possible, comme ce l'était du temps où, par exemple, Antoine Vitez était professeur (j'en profite pour déplorer qu'il soit si tentant, après leur mort, de mettre sa propre opinion -hélas parfois contraire à la leur- dans la bouche des artistes dont le travail d'une vie a sanctionné l'autorité).
Ce retour ‘en arrière’ sur un point me semble bon, en effet, surtout s'il s'accompagne, sur d'autres -comme j'en ai le projet-, de nombreuses innovations qui lui donnent sens.
- Que je n'aie pas souhaité livrer aux élèves (et au public, puisque la réunion ‘interne’ à laquelle il est fait allusion par M. Thibaudat devait fatalement se retrouver sur son blog) une liste incomplète -et donc déséquilibrée, trompeuse- des professeurs qui interviendront l'année prochaine ne peut pas, sans négligence journalistique, être présentée comme une incapacité de ma part à leur répondre (demander ‘des noms’ fut, à vrai dire, leur principale question ‘précise’).
Il s'agissait -cette réunion se tenant tout juste un mois et demi après ma nomination- de la plus élémentaire des prudences. Je regrette cela dit au passage les points de suspension dont M. Thibaudat fait suivre dans son article le nom de Philippe Torreton.
Cette inadvertance stylistique pourrait en effet laisser croire -ce que je me garde bien d'affirmer- qu'il a sur un acteur ayant malheureusement connu quelques succès sur scène comme à l'écran une opinion négative bien arrêtée. Je prends quoi qu'il en soit le pari que Philippe Torreton saura transmettre aux élèves toute la fougue que je lui ai connue quand il l'était lui-même, élève, dans cette même école (cette phrase constitue la ‘confirmation’ -et en exclusivité pour votre site- dont M. Thibaudat m'a reproché l'absence).
- Enfin, plus grave, je souhaiterais vivement que M. Thibaudat reconnaisse qu'il s'est regrettablement oublié en écrivant -oh ! avec une prudence dont il n'a sans doute pas pris garde qu'elle ressortissait plus à une rhétorique du sous-entendu éprouvée sous d'autres plumes qu'à la rigueur journalistique- la phrase sur ma nomination où il affirme que celle-ci a eu lieu -sous l'œil complice du conseiller élyséen à la culture.
C'est que, j'en assure M. Thibaudat, on peut parfaitement écrire en toutes lettres le nom de Georges-Marc Bénamou sans craindre de salir son clavier d'ordinateur. Le fait est que M. Bénamou était, comme bien d'autres personnes, favorable à ma nomination. C'est en effet une tradition que, pour que quelqu'un soit nommé à une direction quelconque, il faille que certaines des personnes consultées y soient favorables…
Je termine ici cette réponse déjà trop longue à un petit article auquel le principal -et peut-être le seul- reproche qu'on puisse finalement faire, c'est d'avoir tout simplement oublié le formalisme, certes désuet mais parfois utile, qui veut qu'un journaliste, avant de mettre quelqu'un en cause, prenne contact avec lui pour pouvoir lui poser toutes les questions qui le tourmentent.
Une trop longue pratique de la critique dramatique -qui n'est évidemment pas soumise à de telles tracasseries- en aura, je le comprends parfaitement et l'en excuse volontiers, fait perdre l'habitude à M. Thibaudat.
Je tiens cependant à préciser encore que, si j'ai choisi, pas souci de la mesure, de ne contester explicitement que certains passages de son article, on aurait tort d'y voir la confirmation implicite des autres. J'affirme en effet que l'ensemble de ce texte présente au public sous un jour fallacieux un projet pédagogique qui, de plus, n'est encore pour l'heure qu'en cours d'élaboration.
Daniel Mesguich
Monsieur Daniel Mesguich, nouveau directeur du Conservatoire national supérieur d'art dramatique, a souhaité le 6 janvier apporter un commentaire à un article mis en ligne le 20 décembre, article qui évoquait le climat d'inquiétude qui règne actuellement dans cette haute école et s'interrogeait sur les nouvelles orientations envisagées par son nouveau directeur. Qu'il ait souhaité le faire sous le mode du droit de réponse prête à sourire, les commentaires étant ouverts à tous.
Son propos retors et sentencieux n'appelle d'autre commentaire de ma part que ceci : cet article a été étayé par les témoignages croisés de différents professeurs du Conservatoire (qui ont préféré garder l'anonymat) et d'un nombre respectable d'élèves. Ce que monsieur Mesguish fait mine d'ignorer en bon professionnel du simulacre qu'il est.
Jean-Pierre Thibaudat
► Lire aussi : Avec Mesguish, où va le Conservatoire national supérieur d'art dramatique ?
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De MAGENTA
15H51 | 09/01/2008 |
Mon Dieu ,comme c'est important tout ça ,il fallait le dire ,les ouvriers se posaient des questions sur l'avenir du conservatoire supérieur national d'art dramatique (il y a un conservatoire inférieur ? ? ? )
De pikasso02
15H54 | 09/01/2008 |
Grande a été ma surprise de voir le peu de « réactions » à l'article de Jean Thibaudat. Une seule réaction !
Alors que Daniel Mesguish ne soit pas trop marqué par cet article.
Si nous pratiquions tous le théâtre, je suis sûr que bien des problèmes se régleraient.
Daniel Mesguish ou un ou une autre responsable, cela ne change pas grand chose ! L'important c'est que des personnes passionnées montrent qu'une école de vie existe. Cette école, c'est le théâtre.
Comme en peinture, le mime est une fonction essentielle au théâtre.
http://pikasso02.skyrock.com/
pages 573 à 629, une surprise !
De Djoun-Fanch
passant | 15H56 | 09/01/2008 |
Qui est l'auteur des passages en italique qui précèdent et qui suivent le droit de réponse ?
Est-ce la rédaction de Rue89 ?
Est-ce Jean-Pierre Thibaudat ? Les derniers paragraphes, qui continuent la polémique, semblent l'attester mais ils ne sont pas signés et l'article n'est pas publié sur son blog mais dans une rubrique Rue89.
Je suis peut-être pointilleux à l'excès (ou ai mal regardé), mais je trouve que cette légère ambiguïté nuit à l'impartialité et décrédibilise le principe même du droit de réponse.
Je t'accorde le droit de répondre mais je conserve le dernier mot.
Quoiqu'on pense de Daniel Mesguich, c'est un peu mesquin, non ? (ma question s'adresse à Rue89 prioritairement)
à Djoun-Fanch
De Arnaud Aubron
Les Inrocks (et ex-Rue89) | 17H48 | 09/01/2008 |
Vous avez raison, excusez-nous. Il s'agissait bien de la réponse de Jean-Pierre Thibaudat. Nous avons rajouté son nom.
En ce qui concerne le fond de votre remarque, la particularité du site est l'interactivité, M. Mesguiche est donc bien évidemment le bienvenu pour commenter à son tour. Il serait étrange, sur un site qui entend donner la parole à tous, de nous priver de répondre aux attaques qui nous sont adressées.
Ce qui ne veut pas nécessairement dire que ces reproches ne sont pas légitimes. Vous avez tous les arguments en main pour vous faire votre propre opinion.
De kawouede
21H41 | 09/01/2008 |
Il écrit bien ce Mesguich. Il devrait faire du théâtre.
De MAGENTA
10H41 | 10/01/2008 |
Fermez vite ce papier nauséabond avec ces types aux égos démesurés qui baignent dans le théatre conventionné et qui se regardent le nombril qu'ils ont fort noir il me semble .
Il y a des gens qui travaillent dur dans les usines pour leur permettre de nous les briser avec leur Théââââââtre .
De Guy Valte
14H35 | 10/01/2008 |
Message à MAGENTA de 10.41. (train direct jusqu'à : Evacuation)
A lire votre commentaire j'ai le sentiment que concernant l'ego, vous parlez surtout de vous même. Et votre comparaison avec le travail des ouvriers d'usines est puante et éculée : On nous a déjà fait le coup à de nombreuses reprises. Passez votre chemin.
à Guy Valte
De MAGENTA
20H18 | 10/01/2008 |
OK
De ulzhan
13H52 | 11/01/2008 |
Bonjour,
Je trouve également quelque peu déplacé les trois points de suspension accolés au nom de Philippe Torreton. Daniel MESGUISCH a eu Torreton comme éléve, ce dernier a toujours fait part de son envie d'enseigner…Je l'ai vu jouer au Français, à Nanterre, à Chaillot et dernièrement à Marigny, c'est un fichu bon comédien ne vous en déplaise ! ! ! sa nomination me semble logique !
cordialement
De dufoyer
16H09 | 11/01/2008 |
La question centrale est sûrement celle de l'immodstie criante de Mr. Mesguish, oserai-je parler de fatuité notoire ? Un peu sauvé du naufrage par cette nomination, ce monsieur ! Et qui ne semble pas emmener ce conservatoire vers une pertinence artistique à laquelle cette école pourrait prétendre… Le théâtre va si mal, avait t'on besoin d'un éternel poseur pour passer le souffle et la vibrante nécessité poétique des planches ?
à dufoyer
De Taratata
20H12 | 11/01/2008 |
Mais qui êtes-vous tous, pour vous permettre de juger ainsi un homme quel qu'il soit avec tant de méchanceté ? A vous lire, il me semble que la célèbre phrase des Nuls : « C'est celui qui dit, qui est » trouve ici tout son sens.
J'ai la chance d'avoir été élève de Daniel Mesguich ; à
ce titre, j'aimerais juste dire qu'en plus de ses qualités professionnelles, que nul ne peut ignorer, il a des qualités humaines rares. Il pratique son enseignement, dans le respect de l'autre(à l'écoute, disponible),et toujours dans la concertation avec les autres. Il a de tout temps oeuvré dans l'intérêt de ses élèves, et au profit du théâtre, avant tout !
Je ne comprends pas que l'on puisse calomnier ainsi une personne intègre, qui se donne toute entière à l'amour de son métier.
Voilà, j'ai dit ce que j'avais sur le coeur. Cela vous touchera peut-être, si vous en avez un.
à dufoyer
De couksy2
00H24 | 12/01/2008 |
ouf !
à dufoyer
De couksy2
00H26 | 12/01/2008 |
ouf à Mr Dufoyer et pas à Mr Taratata bien-sûr !
De René B.
22H43 | 11/01/2008 |
Cette polémique est stérile. Elle n'a qu'une conséquence : réduire le conservatoire national à un lieu de pouvoir.Le fait de louer ou de contester la personne qui le dirige semble plus important qu'évaluer l'enseignement qu'on y dispense.
J.P. Thibaudat peut-il nous en parler ?
De simple comédien
élève comédien | 23H56 | 11/01/2008 |
Je pense que c'est une bonne idée de critiquer les enseignements proposés par un directeur quand ils n'existent pas encore.
Je pense que c'est une bonne idée de critiquer quelqu'un et de considérer sa critique comme universelle.
Je pense que c'est une bonne idée de critiquer des gens qui agissent.
Je pense que c'est une bonne idée de critiquer sans laisser réellement un droit de réponse à celui qu'on critique.
Je pense que c'est une bonne idée de rester enfermé dans ses idées.
Je pense que c'est une bonne idée de faire croire qu'on en a.
ps : élève comédien du conservatoire, j'ai peur des années qui suivront, mais ,intelligemment, je préfère attendre ce qu'on me propose avant de le critiquer. De même, j'ai peur, et c'est naturel, des années qui suivront car elles me sont encore (comme à celui qui les initie, et qui n'est pas seul à les initier) inconnues.
De matrasov
10H18 | 13/01/2008 |
Franchement en quoi le conservatoire sera-t-il pire ou meilleur avec Mesguich. Et pourquoi l'appelle-t-on encore de manière désuete « conservatoire d'art dramatique » ? il y a longtemps (bien avant Mesguich) que la grande majorité des élèves qui passent par le CNSAD s'intéresse plus à la télévision, au cinéma et se foute bien de l'art dramatique. Les gentils élèves ont un « agent » dès la première année mais on ne les voit que fort peu aux spectacles de théâtre - nombreux à Paris et alentours. L'outrance est partout dans cette polémique, comme elle l'est toujours dès qu'il s'agit en France du malheureux théâtre. C'est aussi peut être cette outrance généralisée qui pousse les spectateurs vers la pire daube sur scène et les élèves vers l'argent et la gloire, loin de l'art.