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En librairie, la face cachée de Cécilia S…

Deux biographies de Cécilia doivent sortir cette semaine. L'une, signée Anna Bitton (Le Point), fait l'objet d'un référé ce jeudi matin, car l'ex-Madame Sarkozy conteste les propos qui lui sont attribués, propos peu aimables visant son ex-mari. L'autre sera dans les librairies vendredi. Rue89 l'a lue en avant-première.

Dans cette enquête précise, Denis Demonpion (Le Point) et Laurent Léger (Bakchich) décortiquent le personnage de Cécilia Ciganer, 50 ans, ex-Madame Sarkozy. Cette femme n'était pas faite pour devenir Première dame : « First lady, ça me rase », disait-elle avant l'élection de son mari. Pour comprendre, les deux journalistes ont retracé le parcours de cette femme qui « aura, en un demi-siècle, au moins réussi, et cela est incontestable, à se faire un prénom ».

A quatre ans, elle joue son premier rôle dans un film de Chabrol

En 1961, Cécilia Ciganer tourne dans « L'Oeil du malin », de Claude Chabrol, un film qui se déroule dans la maison familiale à Montchauvet, à 60 kilomètres à l'ouest de Paris :

« Dès le début du film, assis au volant de son bolide décapotable stationné dans l'allée de “La Bergerie”, Mercier-Charrier prend congé de Madame Hartman-Audran, comme à regret. Soudain, dans le champ de la caméra, une gamine vêtue de blanc, les cheveux longs, surgit de derrière un buisson. Elle scrute la scène, puis aussitôt disparaît. Cécilia avait quatre ans l'année du tournage. »

Adolescente, elle fait tourner les tables

A 13 ans, son livre de chevet s'intitule « El Poder de la Voluntad » (« Le Pouvoir de la volonté ») de William Walker Atkinson, « maître incontesté de la “Nouvelle Pensée'”. Mélange de magnétisme et de mysticisme, cette théorie prétend conduire à la maîtrise du corps et de l'esprit.

Régulièrement, racontent Demonpion et Léger, la jeune fille fait tourner les tables avec sa mère :

“Les séances ont lieu les vendredis soir, veille de week-end, à Montchauvet. Au rez-de-chaussée de la maison de campagne familiale, un petit comité, exclusivement féminin, se réunit pour faire tourner les tables et se créer de douces frayeurs.”

“'Une fois, nous sommes entrées en contact avec une personne visiblement enterrée dans un cimetière voisin. On a failli y aller pour vérifier si la tombe existait bien”, frémit une proche de la famille. Le plus souvent, c'est l'esprit de… Cécile, la défunte soeur de la mère de Cécilia, qui est sollicitée. Non seulement la tante de Cécilia, journaliste espagnole, portait le même prénom que la fille Ciganer, mais, comme elle, elle était aussi née un 12 novembre.

“En 2007, quelques jours avant le second tour de l'élection présidentielle, Cécilia, toujours en proie à une foi du charbonnier tenace, se rend à la chapelle de Notre-Dame de la médaille miraculeuse, rue du Bac à Paris, un endroit couru parmi les fidèles de la Sainte Vierge.”

Avec son amie Mathilde Agostinelli (dir » com » de Prada), elle achète « le pendentif argenté de la Vierge, la fameuse “médaille miraculeuse” pour 1,7 euro. »

Une vie très jet-set, des ambitions politiques déçues

Après une scolarité aux Soeurs de l'Assomption, elle enchaîne les petits boulots : mannequin, relations publiques… Pas toujours très concluants.

Passons sur ses premiers amours -un avocat féru de polo, le fils d'un ancien Premier ministre et un photographe de mode très jet-set- et sur le mariage avec Jacques Martin, suivi d'une séparation brutale pour cause d'adultère avec le maire de Neuilly. Tout ce récit brosse le portrait d'une femme à la fois ambitieuse, peu sûre d'elle-même et fascinée par le clinquant du luxe (ses amies ont trusté les grandes maisons de couture) et de la jet-set. Et surtout, qui a souvent le sentiment de ne pas être vraiment à sa place.

Elle épouse Nicolas Sarkozy. A partir de 2002 et l'arrivée place Beauvau, la vie du couple prend une autre dimension. Jusqu'à ce que Cécilia Sarkozy, omniprésente, s'imagine un destin politique déçu par son ministre de l'Intérieur de mari. Il la voit mal en élue.

Puis, c'est la crise de 2005. La séparation , sa liaison avec le publicitaire Richard Attias, la frilosité de la presse qui hésite très longtemps avant de publier des photos du couple. Enfin, la censure d'un livre conçu avec la journaliste de Gala, Valérie Domain :

« Le jeudi 10 novembre 2005, Vincent Barbare, patron de First Editions, se présente, manuscrit sous le bras, chez le ministre qui l'accueille avec la mine des mauvais jours. (…) Il se voit sommer de renoncer à la publication, Sarkozy jurant de le “casser” s'il n'en fait rien. Il l'aurait menacé d'une enquête fiscale. Puis excipant de ses relations privilégiées avec l'ex-patron du Medef, le baron Ernest-Antoine Seillière, qui, par son fonds d'investissement Wendel, a la haute main sur le groupe Editis, propriétaire de First Editions, il aurait juré de briser sa carrière. »

Résultat : 25 000 exemplaires imprimés partent au pilon. Finalement, le couple se rabiboche, début 2006. Une autre période commence, celle de la conquête de l'Elysée, où l'on voit deux personnages se construire dans l'ombre de la future Première dame : Rachida Dati et David Martinon.

Il lui manquera toujours un vote, le sien

Enfin, les deux enquêteurs terminent l'ouvrage par le récit de cette fameuse journée du 6 mai 2007, second tour de l'élection présidentielle. Journée où Cécilia, visiblement très déprimée par la perspective d'entrer à l'Elysée au bras de son mari, reste cloîtrée chez elle.

« Cécilia a dormi, dormi, dormi, encore dormi, pour essayer de trouver le calme, d'échapper enfin au tumulte qui gronde en elle. Elle reste littéralement paralysée par la peur d'avoir à assumer le “job” de première dame de France. Ce matin-là, la force lui manque pour aller voter. »

Isabelle Balkany, puis ses bonnes amies, Mathilde Agostinelli et Agnès Cromback : personne n'arrive à la réconforter ce jour-là. Finalement, dans la soirée, elle consent à se rendre au Fouquet's, puis place de la Concorde où elle apparaît, livide et désemparée.

Dans le dernier chapitre, consacré à la Libye, les auteurs retracent les tractations avec le colonel Kadhafi, sans lever le voile sur les contreparties qui permettront la libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien. En sait-elle quelque chose ? Un détail paraît troublant :

« Entre Cécilia et le guide de la révolution libyenne, le courant est passé. Lors de sa visite en France du 10 au 15 décembre 2007, le colonel Kadhafi a exprimé le désir de la rencontrer. Cécilia s'est fait excuser, excipant de ce qu'elle n'était pas à Paris à ce moment-là. “Le guide aime beaucoup Cécilia. Ils ont noué une relation de confiance. Mais ce n'était pas l'heure à ce stade qu'ils se voient”, note un diplomate. »

« Cécilia, la face cachée de l'ex-Première dame », Denis Demonpion et Laurent Léger, éditions Pygmalion, 20 euros.

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Portrait de aeros

De aeros

01H21 | 10/01/2008 | Permalien

Cécilia, le portrait-vérité

Comme le mois d'août est traditionnellement le trou noir de l'année (les journalistes et le personnel politique sont en vacances), il faut le remplir. Cet été, c'est Cécilia qui s'y colle. Elle fait la couverture de nombreux magazines, mais parler d'elle est difficile. Que dire sur Cécilia ?

Elle n'a pas fait d'études (elle a songé faire du droit, mais les bouquins la fatiguaient), elle n'a jamais travaillé (elle a pensé devenir mannequin mais s'est contentée de caresser l'idée), aucune passion ne l'habite (ni l'art, comme Claude Pompidou, ni le militantisme, comme Danielle Mitterrand). Avoir vingt ans dans des années 1970 pourtant colorées n'a rien signifié pour elle, elle ne fréquente aucune coterie, ne s'engage pour rien. Elle n'a guère d'ami à part la dir'com de Prada – certainement rencontrée lors des nombreux moments qu'elle passe à s'équiper en signes extérieurs de richesse.

Aussi, ceux qui parlent d'elle avec des accents pathos dignes de feu l'empire soviétique sont-ils à la peine. Ils ont bien du mal à lui trouver des aspérités, du caractère, voire des convictions, si ce n'est simplement… des idées. Peut-être est-ce la raison pour laquelle ils se contentent prudemment de la décrire comme « mystérieuse ». En effet, rien n'est plus mystérieux que le vide abyssal de celles ou de ceux qui ne s'intéressent à rien. On va finir par regretter la redoutable Madame Chirac, qui avait quand même fait des études avant de se marier et assumait un mandat d'élue.

En fait, Cécilia S est une femme dont le CV tient en une seule ligne. Elle s'est mariée deux fois. Tout est là, rien de plus, rien de moins. La première fois avec l'animateur de télé Jacques Martin ; on a du mal à croire au mariage d'amour vu la différence d'âge. Selon le journal Gala, elle se serait alors vantée auprès d'un ami : « J'ai épousé l'homme le plus célèbre de France ». Cela s'appelle avoir de l'ambition par procuration ; quelques années plus tard, elle a croisé Nicolas, plus fringant que son mari et destiné à devenir encore plus célèbre. La groupie a alors abandonné Jacques à son Ecole des Fans. Des années plus tard, bingo : Nicolas est élu Président de la République - Cécilia se voit propulsée première dame de France. Si elle a réussit quelque chose, c'est bien cela : avoir misé sur le bon cheval.

Cécilia, merveilleusement « moderne » si l'on en croit une certaine presse lèche-cul ? On a des doutes. Et quand Nicolas compare sa femme avec Jackie Kennedy, là, on pouffe de rire : la belle Jackie avait vingt ans de moins que Cecilia quand elle est devenue première dame (les photographes n'avaient pas besoin de retoucher ses portraits officiels), elle avait un métier avant de rencontrer Mister Président, elle parlait deux langues et était autrement plus cultivée que Madame Sarkozy.

Non, ce post n'est pas un taillage de short gratuit. Selon Jacques Lacan, la femme est un symptôme pour l'homme – symptôme entendu ici au sens de : sa vérité. Cécilia ne serait-elle pas la plus belle preuve (s'il en fallait-il une) de l'ambition démesurée et totalement vide d'essence de Nicolas ?
Corinne Maieur
http://corinnemaier.blogs.nouvelobs.com/archive/2007/08/12/c%C3%A9cilia-…

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