Entretien

Bachelot reçoit les médecins: du « pipeau » pour Pelloux

Au moment même où Roselyne Bachelot organise une concertation avec les praticiens hospitaliers, lundi matin, Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf), laisse aller sa colère dans une interview pour Rue89.

La ministre de la Santé voulait discuter avec les grévistes des services d’urgences. Mais voilà, les quatre syndicats conviés à la réunion, eux, ne sont pas engagés dans cette grève. Pour Patrick Pelloux, dont le syndicat est bien à l’origine de cette grève symbolique, cette réunion, "c’est du pipeau". Joint par téléphone, il dénonce "une réunion de salon", aussi utile que d’inviter des boulangers pour discuter des transports. Engagement politique  ? Non, selon lui, un mépris pour le service des Urgences qui émane autant de la droite que de la gauche  :



"Je reçois tout le monde", rétorque l’intéressée sur LCI Associated Press. Argument avancé, l’intersyndicale de la Confédération des praticiens hospitaliers (CPH) est invitée, et l’Amuf en est membre.

"Ils auront des souliers propres"

Le mouvement de grève entamé par les urgentistes, auquel se sont ralliés les anesthésistes-réanimateurs, court depuis Noël et concerne les heures sup’ et RTT impayées. Et les chiffres sont de poids  : 23 millions d’heures supplémentaires et 3,5 millions de jours de RTT n’ont pas été rémunérés selon le rapport Acker. Une sitation accentuée par le manque de personnel, qui ne permet pas aux praticiens de prendre leurs congés.

Problème, comment financer une telle somme, alors même que l’argent fait cruellement défaut au sein des hôpitaux publics  ? Pendant la réunion, Roselyne Bachelot a affirmé diposer d’une enveloppe de 700 millions d’euros pour payer une partie de ces heures supplémentaires.

Une des solutions les plus évidentes, selon Patrick Pelloux, serait d’augmenter le nombre de médecins et d’aides soignants. Mais le manque de reconnaissance du service des Urgences est un autre problème dont souffre le personnel, qui demande une progression financière semblable à celle des autres services spécialisés.

Autant de points à négocier selon Patrick Pelloux, alors qu’"ils nous prennent pour des imbéciles". La réunion ne serait que "cirage de pompes" à l’issue duquel "ils auront des souliers propres"  :



La grève est jusque là symbolique, sans répercussion sur les patients, puisque les grévistes sont assignés à travailler. Mais le président de l’Amuf annonce un grand mouvement "hôpital mort" pour le 24 janvier si les négociations ne s’améliorent pas. Du côté du gouvernement, la ministre propose deux nouvelles rencontres les 10 et 15 janvier pour organiser la distribution de l’enveloppe.


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Par intrepide77
18H19    07/01/2008

j’ai bossé à st antoine , les urgences depuis une dizaine d’année sont devenues le dernier espoir pour les gens qui ne peuvent se payer un généraliste ; vous ajoutez à cette affluence les vraies urgences (accidents etc…) , et vous avez un boxon permanent et des conditions de travail pour le personnel soignant indignes pour notre époque .
le dr pelloux est en colère , on le serait à moins , et pourtant ce n’est pas faute de réclamer des moyens et ce depuis des années . il en a vu des ministres de la santé depuis le temps et pourtant rien ne change .
sale temps!

 
Par layote
21H11    07/01/2008

J’attends de voir pour y bosser si on va nous payer nos RTT en stock (perso j”en ai 50)…En attendant l’hopital se meurt à petit feu grace aux reformes technocratiques dont la T2A (tarification à l’activité : tu es payé pour ce que tu fais)Le probléme est que la valorisation financière d’un acte pousse à la sélection des malades les plus « rentables » et à l’inflation d’actes d’ou augmentation des dépenses (si si c’est un discours entendu en commission) et c’est là que le bas blesse car le privé et c’est logique à une vocation lucrative alors que l’hosto et c’est selon moi sa mission doit pouvoir accueilir toute pathologie même celles qui ne sont pas rentables (vous svezle petit vieux dont personne ne veut inopérable , anémié..) ….Lorsque je forme les infirmieres à la transfusion , je ne rapporte rien en activité car c’est hors T2A donc non reconnue mais en même temps nous devons être accrédité par l’HAS qui demande la qualité .Bref on veut transformer l’hopital en entreprise en occultant les missions de service public.Le but n’est il pas un désengagement de l’état?Surveillez bien ce qui va se passer dans les prochains mois , le démantèllement du service public hospitalier est probable….Pendant ce temps j’essaye en vain de poser des RTT car si mon hsoto ferme je risque de les perdre….
PS une pensée pour les infirmières rappelées sur leur congés , et RTT pour combler le manque d’effectif aggravé par les arrêts lié à l’épuisement de ceux qui restent (le poisson se mord la queue)

 
Par Charles Bukowski
10H23    08/01/2008

Il est certain qu’il y a une volonté de casser l’hôpital publique au profit des cliniques privées. Au passage, les mutuelles vont se gaver. Pour cela, nos gérants d’entreprise de Matignon ferment des lits, puis des batiments entiers. Ils allouent de moins en moins de crédit et n’embauchent pas en nombre suffisant. Et tout cela le plus volontairement du monde.
Alors je dis bravo à tous ceux qui restent, du personnel d’entretien jusqu’au professeur, pour permettre aux établissements de fonctionner au mieux, malgré ce vrai travail de sape.
Merci à tout le personnel hospitalier, pour qui soigner est d’abord une vocation avant d’être une histoire d’argent, d’avoir le courage de tenir dans de telles conditions de travail. Et encore merci de vous battre contre cette ségrégation sociale en rapellant qu’un malade n’est pas plus important qu’un autre en fonction de son porte monnaie.