Les socialistes rêvent de voir leur candidat pour 2012 désigné par toute la gauche, même si les modalités restent à préciser.

Si la bataille pour la direction du parti polarise actuellement l'attention dans le microcosme socialiste, un autre sujet agite parallèlement le PS: la désignation du candidat pour l'élection présidentielle de 2012. Moins en termes de personnes -une question permanente- qu'en termes de méthode. Et de ce point de vue, la tendance est à l'organisation de primaires à l'italienne.
L'un des principaux partisans de ces primaires n'est autre que Ségolène Royal. L'ancienne candidate socialiste à la course à l'Elysée s'est prononcée clairement en faveur de ce mode de désignation en novembre, au micro de France Inter. Selon elle, il est "indispensable" de mettre en oeuvre ce "formidable mouvement de rassemblement et de dynamisme":
L'Italie et Walter Veltroni sont donc aujourd'hui pris en exemple par le Parti socialiste. Le maire de Rome a été désigné le 14 octobre dernier à la tête du nouveau Parti démocrate, grande formation de centre-gauche, par plus de trois millions de sympathisants, des citoyens pas obligatoirement encartés. Plus de 11 000 bureaux de vote avaient été ouverts pour l'occasion.
Les primaires à gauche avaient été expérimentées pour la première fois en Italie à l'automne 2005. Un an après avoir quitté la tête de la Commission européenne, Romano Prodi était élu leader de l'Unione, coalition de onze partis (communistes, catholiques, écologistes et centristes). En avril 2006, l'Unione remportait les élections législatives et mettait fin à cinq années de gouvernance berlusconienne.
Premier essai manqué de la gauche antilibérale en 2006
Abondamment citées par la suite, ces primaires italiennes n'avaient pas réussi à être transposées en France. La gauche antilibérale avait pourtant tenté de s'accorder dès mai 2006 sur une candidature commune, mais de débats houleux en réunions aux résultats contestés, la tentative avait échoué. A l'arrivée, les antilibéraux s'étaient lancés dans la campagne présidentielle en ordre dispersé, chacun des trois candidats finalement présents (José Bové, Olivier Besancenot et Marie-George Buffet) refusant de céder sa place.
De son côté, le Parti socialiste avait opté pour des débats internes entre les trois prétendants en lice: Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius. Six débats: trois télévisés, trois interdits aux caméras et micros. Désignée par plus de 60% des militants le 16 novembre 2006, la présidente de la région Poitou-Charentes avait, après sa défaite à la présidentielle, regretté la méthode, considérant que la droite s'était ensuite servie des attaques portées à son encontre par ses concurrents socialistes.
D'où l'initiative récente de deux courants socialistes: changer la méthode pour sortir du piège de la désignation à la prochaine présidentielle. Rénover maintenant, d'Arnaud Montebourg, et Socialisme et démocratie, de Dominique Strauss-Kahn, ont adopté le 14 décembre dernier un texte commun appelant à des primaires au sein de toute la gauche:
"Il faut organiser de véritables élections primaires au sein de notre électorat, à l’extérieur du parti, selon des règles d’ouverture large expérimentées par les gauches italiennes, pour donner au candidat désigné une pleine légitimité. Cela donne deux avantages: d’une part, associer notre électorat à la décision en le rendant parti prenante; d’autre part, associer les autres partis à ce processus, en leur donnant la possibilité d’établir leur influence et de participer ensuite à une dynamique politique."
Quelle définition des frontières de la gauche?
Les défenseurs de ce texte, baptisé "Pour la rénovation", cherchent désormais à rallier le maximum de sensibilités différentes. Mais, en plus de la question de savoir si cette coalition devra ou non déboucher sur la création d'un grand parti, un autre point d'achoppement persiste: la définition des frontières de la gauche appelée à débattre lors de ces primaires.
Lui aussi partisan d'un tel mode de désignation, Julien Dray, soutien de Ségolène Royal durant la présidentielle, rêve d'une "coalition arc-en-ciel" allant d'Olivier Besancenot à François Bayrou. Une poussée à droite qu'est loin d'approuver Benoît Hamon, nouvelle tête de proue de l'aile gauche du PS. Invité vendredi de LCI, le député européen s'est dit favorable aux primaires à l'Italienne mais a également dit ne pas croire "à cette stratégie qui pense que la meilleure manière pour la gauche de reconquérir le pouvoir c'est d'abord de droitiser son projet et ensuite de s'allier avec le centre":
Pour dépasser la question des alliances entre partis, les candidats devraient se présenter sur la base d'une plate-forme programmatique commune établie en amont, de manière à attirer le vote de sympathisants dont la formation politique d'origine ne serait pas partie prenante au rassemblement de la gauche. En clair, un moyen de séduire les électeurs d'Olivier Besancenot ou de François Bayrou, même si ces derniers -pour l'instant muets sur le sujet- n'entendaient pas participer aux primaires.
Des primaires qui pourraient être organisées aux alentours de l'été 2011. Chaque sympathisant souhaitant y prendre part devrait au préalable s'acquitter de quelques euros de frais d'inscription. Le PS table sur la participation d'un million de personnes. A l'automne 2005, en Italie, les organisateurs attendaient 500 000 votants, il y en eût près de quatre millions.

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Décidément, c'est à se demander si le PS est seulement capable de s'instruire de ses défaites (qui, en bout de course, sont aussi les nôtres).
Je comprends bien que le PS soit favorable à de telles primaires : elles aboutiraient, ni plus ni moins, à la disparition du discours électoral de la gauche antilibérale (pour dire vite). Je doute que le PS y soit si favorable si c'était le discours social-libéral (pour dire vite aussi) qui était menacé.
En l'état actuel des choses, on peut bien sûr rêver d'une coalition aillant de Bayrou à Besancenot. D'abord, ça fait toujours du bien de rêver.
Sinon que la coalition PS-Modem n'est pas pour demain... Sinon que la coalition PC-LCR n'est pas pour demain... Sinon que la place des Verts serait intéressante à déterminer... Il faudrait peut-être commencer par là.
Et puisqu'il est question de commencer par le commencement, c'est énervant à la fin de voir toutes ces réflexions sur la question du candidat quand nous n'avons toujours pas la moindre ébauche d'un programme de la part du PS.
Il me semble que cette façon de mettre le candidat avant le programme est plus une manière de faire propre à la culture de droite. Si d'aventure le programme du PS me convenait, je me sens très capable de voter pour n'importe lequel (y compris ceux/celles envers lesquel(le)s j'éprouve les plus vives réticences).
EDITER : Il me semble, en outre, que cette prédilection pour des primaires à l'italienne est en fait assez cohérente avec l'attitude du PS face aux municipalités communistes dont Rue89 s'est fait l'écho.
Je relis l'article et les premiers commentaires, et je m'aperçois que nous avons oublié de nous poser une question.
Quel sera le processus de désignation du candidat que présentera le PS à cette virtuelle primaire à l'italienne ? Qu'est-ce qui nous garantit que ce ne sera pas lors de cette étape préliminaire qu'ils s'entre-déchireront ?
Je suis convaincue que le PS n'a des chances en un premier temps qu'en faisant une démarche collective à l'intérieur du parti, comme le font à l'heure actuelle les socialistes en Allemagne qui ont aussi plongé après la défaire de Schroeder et l'arrivée de la très populaire Angela Merkel.Reconstruire est le vrai mot d'ordre : refonder et rénover sont des termes dogmatiques qui ne veulent dire sur le terrain.
Ces socialistes allemands se refont actuellement une santé après avoir
- adopté une démarche de rassemblement avec une direction quadripartite qui prend mieux en compte les diversités d'un grand parti
- imposé des mesures claires au niveau social qui sont justifiées : soutiens donnés aux familles élevant des enfants, l'aide prolongée aux chômeurs âgés victimes de restructuration et les revalorisations salariales pour un meilleur pouvoir d'achat.
Et ceci, malgré qu'Angela Merkel n'ait nullement le comportemetn ostentoire de Sarkozy et qu'elle continue à bénéficier d'un bon capital de sympathie dans la population, il semble que les électeurs reviennent vers la gauche.
Quand cette démarche de crédibilité aura été faite en France (et là il faut que cesse des démarches individuelles comme la récente de SR), le PS pourra discuter du candidat des présidentielles. Il n'existe pas d'autre alternative pour faire barrage à Sarkozy qui profite beaucoup plus de la faiblesse de la Gauche -avec le soutien des transfuges de gauche qu'il instrumentalise au gouvernement - que des soi-disant résultats qui ne changent rien à la vie des Français moyens et modestes, mais au contraire les aggrave. Exemple récent : l'aveu de l'inflation croissante de Madame Lagarde qui ne sait que parler aux Pétroliers, au lieu de se faire forte pour une mesure de TIPP flottante.
Hum... La gauche sans le PS et vous dites "vive la gauche"? Et comment comptez vous gagner une élection présidentielle sans ce qui est, que vous le vouliez ou non, le second parti de France avec grosso modo un socle de 30% de gens qui votent quasi à tous les coup pour lui?
Franchement quand je lis certains de vos commentaires, je me demande si vous préférez pas perdre et rester dans l'opposition ad vitam eternam. Le meilleure allier de Sarko à gauche, c'est cet état d'esprit là: chacun pour son clocher et tous les uns contre les autres...
Les primaires sont la seule solution pour qu'on ait un candidat unique et c'est indispensable face à un Sarko hyper-médiatisé et omnipotent. Moi je veux bien un Besancenot ou une Buffet, ils sont intelligents, ont de bonnes idées mais quelles sont leurs chances d'être élu par plus de 50% du corps électoral? Nul, ils n'ont aucune chance parce que les centristes et les droitistes mous sont bloqués dans leurs têtes et effrayés à l'idée de voir les "rouges" au pouvoir, ils ont encore un rideau de fer sous la boite crânienne.
Alors un peu de bon sens et de pragmatisme ne ferait pas de mal, la seule chance de reconquête du pouvoir exécutif par la gauche, c'est le PS, dire le contraire c'est jouer à l'autruche. La gauche n'est pas majoritaire en France, elle ne l'a plus été depuis des décennies, pour gagner il faut gagner des voix du centre et de la droite (sans pour autant faire alliance avec le modem, on peut parfaitement s'en passer contrairement à ce que croient Ségo et l'aile droite du PS), c'est pas la gauche antilibérale qui y arrivera même si dans mes rêves, comme vous, je le voudrais.
bonjour
Il n'est pas nécessaire de s'allier avec les autres partis , nous devons d'abord poser au pays les questions suivantes par référendum !
quel niveau de protection sociale voulez vous ?
Actuellement 30 pour cent du PIb est affecté à la protection sociale .Pour revenir au niveau des retraites d'avant les lois Balladur et Fillon il faudrait prélever 6 points supllémentaires ( sur 20 ans) .Si nous ne le faisons ^pas , nous allons vers une paupérisation des retraités.
Comment prélève-t-on ces points supllémentaires ?
Impôts, CSG , taxe environnementale etc....
Il faut sortir de l'improvisation et parler clairement au pays , c'est à ce prix que nous reviendrons aux affaires .C'est cela être aujourd'hui de gauche , conjuguer le désir de justice sociale et la clarté des propositions .
,
Ben moi,je veux simplement GAGNER face à la droite de l'ignoble Président.
Malheureusement,je ne pense pas que ce soit le cas pour tous les militants parés du label de la VRAI-GAUCHE-DE-GAUCHE qui par "pureté idéologique" ont préféré l'élection de Sarkozy à celle de Ségolène Royal.
Gràce à tous ces mecs qui ont fait la fine bouche devant cette femme de gauche,nous sommes tous et toutes dans la m....
Moi,je l'aime bien,Ségolène,elle sait ce qu'elle veut:GAGNER pour essayer de réparer les dégâts et redonner un peu de couleurs à la République bafouée par le chef de l'état ,les autres veulent simplement garder leurs privilèges locaux.
Alors une primaire à l'italienne? Pourquoi pas!