La campagne de lutte contre la dépression récemment lancée par le gouvernement a fait grincer des dents les psychanalystes. La polémique entre ces derniers (freudiens, lacaniens) et les comportementalistes a suscité des réactions passionnées et passionnantes chez les internautes de Rue89. Revue de ces témoignages, réactions et conseils de lecture.
« La dépression, moi aussi, j'ai connu »
Beaucoup d'entre vous témoignent de leur parcours personnel et expliquent pourquoi psys ou médicaments ont été bénéfiques ou au contraire inutiles : « Décidemment, nous n'arrivons pas à sortir du dualisme corps/esprit ! “ Agacé par la querelle de chapelle entre médicaments et psychanalyse, Guen raconte sa dépression et sa guérison :
‘Pour ma part, j'ai bénéficié des trois : médicaments, psychanalyse, et thérapie cognitive. (…) Les médicaments m'ont permis de remonter la pente et de me mettre en position de commencer une réflexion sur soi. La psychanalyse m'a permis d'analyser un peu profondément un certain nombre de questions que je trimballais. Ça m'a permis de comprendre. Mais cela ne m'a pas guéri… Ce n'est pas parce que vous savez’ (dans une certaine mesure, on peut toujours aller plus loin, c'est sans fin), que vous parvenez à changer un certain nombre de comportements.”
FOledire, internaute nantais, témoigne également de ses dix années de dépression et de thérapies. Liée au décès de sa mère, sa dépression s'est accompagnée de comportements à risque et de tentatives de suicide. Il s'en est sorti grâce au Prozac et à la thérapie :
“Chez moi, le traitement a été bien suivi par le praticien, une fois enclenché le processus de guérison, il n” a eu de cesse de contrôler tout cela au plus près. Je n'ai pas eu de phénomène de manque, jamais, et à ce moment-là, j'avais arrêté anxiolytiques et autres neuroleptiques. »
A l'inverse, les médicaments n'ont rien réglé pour Axe_du_mâle, étudiante, qui a vu quatre psychiatres pour rien :
« Il semble très important de ne pas s'arrêter à la prescription de médicaments qui ne règle rien. Je ne suis vraiment pas certaine que cette campagne règle le problème de savoir comment s'orienter : les généralistes ne sont pas en mesure de dépister les dépressions ! ! ! (le mien n'a rien vu). »
Pourquoi la dépression ?
Islande, psy en vadrouille, s'inquiète des origines de la dépression :
« Tandis que le médical et le psy tentent tant bien que mal de colmater des brèches ; notre société continue à générer de plus en plus de maux dont la dépression est l'une des résultantes les plus marquantes. Les discours médicaux et psy viennent prendre une place de plus en plus importante pour expliquer, analyser… Or, ce sont deux discours axés sur l'individu principalement. Les explications données sont la plupart du temps liées à l'individu, au sujet, à la personne, à sa constitution. Mais et les causes sociales ? Et les questionnements sur ce qui dans nos sociétés génère ces dépressions ? “
Une analyse partagée par Breakfast, qui s'interroge :
‘Une societé qui presse de plus en plus les citoyens pauvres à bosser dur comme des esclaves,à payer les nombreuses factures comme des vaches à lait. (…) Qui est (sont) le(s) fautif(s) dans tout ça ? Nous sommes tous responsables. Les politiques,les citoyens ordinaires, les médias, les nouvelles technologies, les gros patrons, les grosses entreprises à production…’
D'autres, comme Le concombre masqué, pensent que les origines de la dépression sont physiques, liées à une déficience physiologique du cerveau :
‘Grâce à l'IRM et aux recherches d'Antonio Damasio, on sait que nos émotions dépendent de certaines aires du cerveau ; cortex, amygdale, lobe temporal… Je ne pense pas qu'il suffise de chercher dans notre prime enfance d'éventuels méandres d'ordre sexuel pour guérir des pathologies décrites ci-dessus. Si l'on est myope, on le reste toute sa vie. (…) Il faut avoir vécu une dépression pour apprécier sa guérison et qu'importe s'il faut réguler chimiquement ad vitam tels les déficients thyroidiens.’
Angelica s'agace d'une réaction de Taiseux affirmant que la dépression trouvait ses origines dans la génétique :
‘Il s'agit là d'une théorie (contestée) tirée d'une méthode statistique d'investigation : il existe x personnes dépressives ayant un parent dépressif dans leur famille, donc cela pourrait être génétique. Mais personne n'a mis le doigt sur le gêne de la dépression !
Le procès de la psychanalyse
Pong, rationaliste fondamentaliste à Paris, veut en finir avec la question de la psychanalyse : Il se trouve que cette dure réalité, les psychanalystes eux-même ont été obligé de la reconnaître.’ Pong fait référence à un rapport de l'Association internationale de psychanalyse datant de 2002 :
‘Il n'y a pas d'étude qui permette de conclure sans équivoque que la psychanalyse soit efficace, par rapport à un placebo actif ou une autre forme de traitement. Il n'y a pas de méthode disponible qui pourrait de manière incontestable indiquer l'existence d'un processus psychanalytique.’
Et Pong d'en conclure que la psychanalyse est une croyance :
‘Comme toute croyance, chacun est libre de la faire sienne. Mais il ne revient pas à l'Etat de les cautionner, et encore moins de les financer. Pas plus celle-là qu'une autre.’
Gossipor va plus loin et recommande la lecture du ‘Livre noir de la psychanalyse’ ‘à toute personne sensée qui serait tentée d'approcher un gourou freudien ou de cette espèce dans l'espoir de mieux se connaître ou de se mieux porter.’
Sdr répond à Pong et lui reproche d'aller un peu vite :
‘Poser cette simple question soigne’ ou ‘soigne pas’ c'est présupposer qu'il s'agit d'une maladie, pathologie, dont les symptômes, les composantes, sont clairement identifiés et classifiés. Cela ne me parait pas si évident pour la dépression, qui est protéiforme, multicausale.
La psychanalyse ne se résume pas à une ‘croyance’, elle a des effets reconnus, notamment par les patients ! ‘
Se soigner ?
Médecin, Tiburs privilégie la médicalisation aux excès d'introspection et de verbalisation :
Tout simplement parce qu'on est plus à l'aise dans une démarche très médicale et moins psychologisante (comme tout acte de soins, une psychothérapie peut être néfaste, donc le tout est d'en bien mesurer l'utilité).’
Egalement chercheur, Tiburs alerte sur l'absence de moyens accordés à la recherche en psychiatrie en France :
‘La pénurie de psychiatres en province fait que 80% des déprimés vont voir leur généraliste, qui ne les oriente pas vers un psychiatre et donc traite cette dépression. Donc on peut dire que le premier et souvent unique traitement est médicamenteux.’
Pour Thevet, infirmier des secteurs psychiatriques, cette unique prescription de médicaments ne permet pas la ‘guérison’ :
‘Bien sûr, le mieux serait de se passer de médicament, malheureusement ce n'est pas toujours possible. En tout cas, il faut associer psychothérapie et médication, pour saisir la chance de la dépression'’.
‘J'aimerais qu'on me foute la paix.’ Par ce cri, NouNouiLL rejette médicaments, psys et autres ‘choses qui vous lobotomisent’ :
‘Bref, avec tous les symptômes de la dépression que j'ai (désocialisation depuis cinq ans, anorexie chronique, idée suicidaire, nihilisme patent…), j'aimerais qu'on me foute la paix, je n'ai pas besoin d'être malade'. Ouste les processus de groupes… Je sais porter ma douleur qu'elle soit grande ou petite.’
Pour NouNouiLL, point de guérison, car nulle maladie :
‘C'est plus marxiste que les théories marxistes. Tu es ou tu n'est pas dans la classe des dépressifs'. Classe en soi et pour soi car il y a une conscience faite par autrui mais aussi intériorisée d'appartenir à ce groupe. Combien de fois j'ai vu des associations de dépressif, de bipolaires et de tous ces troubles'. C'est donc plus qu'une observation faite par les psy, mais bien un état, un fait social qui nous permet de nous différencier…’
Lectures conseillées
Brunol : ‘Dans le Meilleur des mondes’, Aldous Huxley, le psychanalyste, était le dernier rempart contre cette société façonnée.”
Islande, psy en vadrouille : “'Le pouvoir psy”, de Phillips A., dit cette phrase qui doit au moins nous questionner nous les psy sur notre implication dans la société : “Décrire les gens comme les seuls auteurs de leur vie est une autre manière de les accabler.'”
ClaireChar : “La lecture du livre de Philippe Labro est passionnante à ce sujet ‘Tomber sept fois se relever huit.'’
Christophec, psychosociologue : ‘Je conseille aux internautes la lecture du livre Comment la dépression est devenue une épidémie’, de Philippe Pignard. Ce livre explique comment nous en sommes arrivé à 3 millions de dépressifs diagnostiqués en France.”
Soffi, livreuse d'algues : “A 60 ans, l'écrivain américain William Styron sombre dans une profonde dépression. Plus tard, lorsque se seront dissipées les ténèbres et qu'il aura recouvré les bonnes sensations nécessaires à tout être humain pour avoir envie de continuer à vivre, il se lancera dans la rédaction de sa chronique d'une folie avec pour but avoué de mieux appréhender la morbide expérience qu'il a dû subir tel un pantin à la merci d'un sadique marionnettiste. Son livre : ‘Face aux ténèbres'.’























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à micke
De Karmus
00H34 | 07/01/2008 |
Hey ! l'utopiste, je t'ai pas attendu, j'ai déjà pas mal fait ; bien des drogues, bien des discutions et autres monologues, le travail, les culs et autres avatars et ce avec la plus extrême application, toujours à chercher et tu me parles d'adresse en sept mots.
Tu es vraiment trop fort !
à Karmus
De micke
utopiste | 01H07 | 07/01/2008 |
eho ! ?
et faudrait que ca vienne comme ça tout cuit ?
m'enfin bon l'idée c'etait surtout de pas s'adresser à ces pretres des temps modernes susnommés par tes soins
tu veux vraiment leur filer ton esprit ?
ce serait con t'as l'air d'en avoir en plus.
à micke
De Karmus
01H23 | 07/01/2008 |
Je regrette de mettre exclamé, l'interrogation ne m'était pas propre, juste une réflection (pour éventuellement d'autre).
De micke
utopiste | 00H11 | 07/01/2008 |
une perspective tout autre que ce que j'ai pu lire sur cette page :
sachant que
d'une part la dépression est une maladie des sociétés occidentales et/ou occidentalisées
que d'autre part il est incontestable qu'elle puisse etre associée dans la grande majorité des cas à un (grand) manque affectif.
qu'enfin, l'on sait qu'un manque d'Amour engage tout individu sensible et ayant la propension à se poser des questions dans une quête de sens : celui de sa vie.
alors,
dans une société,
ou le non-sens s'exprime unilatéralement,
où tout sens a ainsi complétement disparu de chacune de nos actions quotidiennes,
où chacun est conditionné au culte de l'ego
on appelle cette quête « dépression », et le quêteur un « malade »
on lui envoie psy et medoc de nos supers labos pharmaceutiques pour le remettre dans le droit chemin. celui qui fait tourner la machine.
bref on lui dit : « ta gueule espece de malade, bosse pour le système il est tres bien comme il est, et va draguer sur meetic si tu t'emmerdes. »
autrement dit :
la dépression est une manifestation de l'absurdité de la société.
ce n'est pas les individus depressifs qui sont malades, c'est la société, ses mensonges ;
cette somme d'erreurs que ces ######## de psyCHIATRES nomment « réalité ».
je vous propose :
l'exploration de la si subtile sensation d'Etre Vivant
car c'est l'unique Vrai remède.
De gébé
00H28 | 07/01/2008 |
juste une petite réflexion personnelle :
qu'est-ce qu'une dépression ? C'est un vide, un manque…
la notion de perte est je crois importante. Celle d'un être cher est connue. Mais il en existe bien d'autres, qui peuvent être plus ou moins conscientes d'ailleurs.
Sur la généralisation du phénomène, et pour faire court, je pense que nos sociétés, axées vers le matérialisme au détriment du spirituel, risquent d'entraîner de plus en plus vers cet état de vide intérieur.
En s'éloignant de la Nature, en se coupant de ses racines, en bâtissant petit à petit un monde de plus en plus artificiel et basé sur de fausses valeurs, en accentuant toujours plus la rapidité de chaque chose, et en teintant ses actes d'une compétitivité toujours plus exigeante, l'Homme se crée une forme d'indifférence, une barrière affective entre lui et la réalité des choses.
Il sent confusément qu'il s'écarte, pratiquement dans tous les domaines, de l'ordre naturel. Et s'il le refoule plus ou moins bien, son inconscient est là pour le lui rappeler.
Commence alors l'expérience de l'angoisse existentielle, prélude à un état dépressif plus ou moins latent.
L'angoisse nait de l'impossibilité d'agir. Et nos sociétés, sous une apparence de liberté, deviennent en fait de plus en plus restrictives et déshumanisées.
L'Homme sent que son destin lui échappe , les sécurités antérieures se dérobent, les anciennes certitudes aussi, mais encore et surtout les rêves et utopies d'un monde meilleur, plus chaleureux et plus humain, ont disparus au fil du temps.
l'activité principale devient la production, avec comme but unique la consommation. Tout est devenu objet de marchandise, les loisirs, les sports et la culture comme le reste.
sont alors pervertis les seuls domaines de liberté auxquels l'Hommme pouvait encore prétendre.
Peut-être est-ce là le manque, le vide primordial qu'il ressent, et qui le rend malade ?
à gébé
De Crispus
00H55 | 07/01/2008 |
Bien vu, bien dit ! Je suivrai attentivement vos « petites réflexions personnelles » Gébé, qui me semblent très pertinentes en fait. Pour l'heure, je vous souhaite la bonne nuit (demain « il y a école » ! ).
à gébé
De Karmus
01H14 | 07/01/2008 |
Vous présentez, d'après moi, un point de vue simpliste, il existe de réelles traumatismes qui ne peuvent incomber aux seuls faits des rapports de sociétés.
Je parle des guerres et autres monstruosités.
Vous ne faites que considérer la place que tout un chacun peu se prévaloir à l'intérieur d'une société à l'abord de ses semblables.
C'est certes louable mais cela ne correspond qu'à la partie visible de l'iceberg.
Ce que vous dénommez vide, je le considère comme un passage obligé de l'existence, donc pas pathologique, il est propre a à chacun.
Il existe des cas dit« graves » donc pathologiques qui , eux , sont à même à nous faire réfléchir sur ce que l'on nomme « le monde » et qui, de se fait, peuvent nous amener à un autre ordre de réflection.
D'après moi le seul qui vaille d'être pris en compte.
à gébé
De gérare
photographe | 09H24 | 07/01/2008 |
Oui gébé , le vide est ce manque .
Le manque d'amour .
L'amour pour quelqu'un étant le révélateur de l'amour .
Mais l'amour de faire , d'être , de respirer , de faire , d'échanger ,
le principe fondamental de l'être c'est l'amour .
De plus ;
notre tête est aux commandes , notre mental manipule , il faudrait que le corps soulage cette tête .
J'aurais envie de dire , ne croyez pas vos pensées.
Nager ,
fites du yoga ,
faites l'amour ,
taïchi ,
boxe ,
vélo ,
massages ,
planche à voile ,
respirer , respirer , faisons respirer notre corps ,
la tête ne sera plus là pour manipuler ,
mais aux ordres d'une pensée plus juste .
Nous pourrions également jeter notre télé .
Et prendre CONSCIENCE.
Profitons , profitons de cette merveille qui est notre corps .
Je vous aime .
Remarquez vous comme ces trois mots sont tranquilles ?
à gérare
De pablico
12H24 | 07/01/2008 |
Oui, je pense que c'est un manque de construction « philosophique » de son égo.
Les « déstabilisés » se comparent à une « norme idéale de société » et comme personne n'est dans la norme, cela génère du mal être..
Ma vie versus la mort qui est là devant..vaut-elle le coup ?
On est des êtres uniques. Il faut en prendre conscience.
On est seul avec soi-même.
Pour certains c'est très dur surtout quand on ne s'aime plus au point de faire une espèce de suicide qui s'appelle la dépression.
Aimons nous et soyons égoïste !
La vie c'est juste un très bon moment à passer.
la vie c'est juste un bon moment à passer
la vie c'est juste un moment à passer
la vie c'est juste un mauvais moment à passer
(biffer les mauvais choix)
à pablico
De sery
19H16 | 08/01/2008 |
L'individu occidental (qui fait les 35h aux postes)se gargarise des hauts faits de l'« homme occidental » qui marche sur la Lune et s'interroge insolemment sur le sens de LA vie.
A force de se lustrer son petit ego minable, il en oublie le sens de SA vie.
Il la retrouve en mauvais etat, toute frippee
Alors forcemment ca deprime sec
à gébé
De Sacha25
17H38 | 07/01/2008 |
qu'est-ce qu'une dépression ? C'est un vide, un manque…
Non, à mon avis, ce que vous décrivez est une angoisse, pas une dépression
A la limite c'est un sevrage (perte de plaisir : être cher, passion, drogue, confiance en une idéologie etc…)
De robindesfoix
cherche une issue | 00H51 | 07/01/2008 |
il est vrai que l'on peut se demander quelquefois
si le depressif ne serait pas en bonne santé
et celui qui dit être en bonne santé malade
car si l'on analyse les perspectives que nous offrent
les sociétés actuelles il y a certaines fois ou il y a de quoi déprimer,le dépressif a peut être une sensibilitée plus aigüë du monde qui l'entoure qui l'amène a se replier sur lui même en position de défense.
bien entendu ce n'est que mon idée et je ne suis pas
qualifié pour en parler.
De le Taiseux
de Ceux qui marchent debout | 08H16 | 07/01/2008 |
Petite mise au point. Dans mon commentaire cité concernant l'origine génétique de la dépression, je situais la dépression dans le cas particulier du trouble bipolaire ou maniaco-dépression.
Or l'origine génétique de cette maladie n'est pas une théorie statistique mais le résultat de recherches dans un domaine qui en France manque cruellement de moyens, la psychiatrie.
« Dans le trouble bipolaire, les interactions de gènes multiples et de facteurs non génétiques confèrent une vulnérabilité dans laquelle l'empreinte génomique est aussi importante que l'héritage mitochondrial et les facteurs de l'environnement et du développement (Muller-Oerlinghausen et al, 2002 ; National Institute of Mental Health) »
Un des livres les plus remarquables sur le sujet est « de l'exaltation à la dépression » de Kay Redfield Jamison. Kay Jamison est maniaco-dépressive et psychiatre.
à le Taiseux
De quelqune
14H31 | 07/01/2008 |
Ma mère, il y a plusieurs dizaines d'années, a été étiquetée maniaco-dépressive. Je parle d'étiquette car je pense que le catalogue des maladies dites mentales évolue en fonction de l'époque (existe-t-il encore des hystériques à la Charcot ? ) et de la médication (cf le livre de Pindare déjà signalé dans les commentaires). Donc ma mère est aujourd'hui « bipolaire ».
Ce qui ne change pas dans la définition de ce trouble c'est qu'on le catalogue aussi génétique avec toutes sortes d'études à l'appui (cf les commentaires).
Toute ma vie, je me suis donc demandée si moi aussi… si mes enfants et leurs enfants aussi, etc.
Croyez-vous vraiment qu'une enfance marquée par une telle mère ne laisse pas de traces ? Qu'elle ne complique pas les rapports au père, au genre, aux autres ? Toutes complications qui à leur tour peuvent mener à des troubles qui seront donc qualifiés de génétiques.
Croyez-vous que vivre avec ce genre de diagnostic fatal sur sa famille ne laisse pas de traces ?
Pourrait-on de grâce cesser de parler de maladie et d'hérédité, concepts qui enferment les individus dans des définitions, des cases, des impasses et invitent les dits malades à s'identifier et à se comporter comme tels et leur entourage à ne les voir que comme tels ?
Et revenir à des notions peut-être démodées que j'appellerais la personnalité, l'identité ?
A tous ceux qui vantent les traitements chimiques au long cours (je ne nie pas l'utilité de traitements brefs), je pose une question :
est-il pareil de prendre du sucre parce qu'on est en hypoglycémie (ou de l'aspirine quand on a mal à la tête) que d'avaler du Prozac quotidiennement parce qu'on n'arrive plus à vivre ?
Ne croyez-vous pas que cela ouvre des abîmes : quel est mon vrai moi, celui avec ou sans médicaments ? Mes difficultés, les questions que je me pose, la façon dont je vois le monde ne sont donc qu'un avatar du dysfonctionnement de mes neurotransmetteurs ? Et puisque je suis malade, j'ai donc tout faux ? Pourquoi ne pas admettre qu'un série de dysfonctionnement affectifs et sociaux, plus ou moins conscients, peuvent conduire quelqu'un à l'angoisse et à l'épuisement, voire à des comportements aberrants ? Et que si des modifications physico-chimiques sont décelables dans le cerveau, il en va de même pour n'importe qu'elle sensation, émotion ou sentiment. Pourquoi parler de maladie plutôt que de mal-être ?
N'y a-t-il pas une terrible négation de l'être (un fascisme) dans cette médicalisation du malheur ? Faut-il admettre cette sorte de rapt de la personnalité de quelqu'un par la chimie, même si c'est pour sauver sa vie ? Je me permets de poser ces questions choquantes.
Ma mère a subi électrochocs, traitement insulinique, lithium et toute la panoplie des neuroleptiques inventés depuis cinquante ans. Elle ne va pas mieux. Au contraire. Elle pense aujourd'hui quand elle va plus mal que c'est parce qu'elle n'a pas le bon dosage du bon médicament. Elle a toujours refusé toutes les formes de psychothérapies attendant le médicament miracle. Et n'a jamais remis en cause son histoire familiale, sa vie de couple et sa personnalité (qui continue à faire le malheur de ses proches, malgré les médicaments).
Elle a eu quatre enfants (les trois premiers en trois ans, ce qui fait aussi partie des multiples causes qu'on peut donner à son mal-être), sept petits-enfants, six arrière petits-enfants. Le trouble bipolaire ne se retrouve pour le moment chez aucun de ses descendants. Beaucoup d'angoissés certes, mais tous mènent des vies normales, si cela veut dire quelque chose.
C'est chez mon frère médecin qui croit à la « maladie familiale » que cela s'est passé le moins bien, pour lui et ses fils. Mes sœurs et moi avons travaillé sur notre enfance, lutté contre nos angoisses ou états dépressifs (cela arrive à tout le monde) pour tenter de proposer un autre modèle de femme, de mère à nos filles. Jusqu'à présent, ça marche plutôt bien.
Quant à l'angoisse, s'il n'y avait pas d'angoissés sur terre, le monde irait peut-être (encore plus) à sa perte. Aujourd'hui d'ailleurs, on parle de plus en plus de dépression et peu d'angoisse. Pourtant les deux sont liées. Je me demande même si la dépression n'est pas seulement la conséquence d'une surdose d'angoisse. Merci aux gens compétents de me répondre.
En guise de conclusion, je voudrais dire que même si un jour on découvre l'anomalie génétique qui induirait un trouble bipolaire héréditaire, je préfère la voie que j'ai choisie : refuser d'être malade, même si je craque parfois. C'est ce qui m'a donné du ressort et même une raison de vivre. Pendant longtemps, je n'ai pas compris que les handicapés aient des jeux olympiques. Maintenant, je comprends. Ma vie comme la leur est un perpétuel entraînement pour ne pas se laisser réduire à un handicap, à une maladie et à une hérédité éventuelles. C'est difficile mais on peut aussi y trouver du plaisir.
Mon conseil : un film américain (eh oui…) : « Bienvenue à Gattaca », une fiction sur le destin d'un enfant catalogué à la naissance comme maniaco-dépressif qui ne s'en tire pas si mal que ça. Ce n'est peut-être pas scientifique mais ça fait du bien !
à quelqune
De Sacha25
17H48 | 07/01/2008 |
Il faut faire la différence, selon les gènes bien sur, entre porter un gène et exprimer ce gène.
Dans certains cas, c'est mécanique : vous portez le gène, vous êtes malade
Pour d'autres, ce n'est pas aussi simple, surtout pour les maladies pluri-factorielles : vous portez le gène (en fait un des gènes), vous risquez la maladie. Et là, on peut mettre en jeu des « stratégies préventives »
à quelqune
De Iris2
19H25 | 07/01/2008 |
Je n'ai vraiment pas le temps de vous répondre en détail ni de vous apporter autre chose qu'un petit témoignage.Mon père était maniaco-dépressif,il a subi les mêmes malheurs ou mauvais traitements que votre mère et ne s'en est pas sorti parce que,parfois,la vie vous enferme dans une impasse totale.Je l'aimais trop pour le juger.C'est une blessure que j'ai en moi,rien à ajouter.MAIS je ne suis pas devenue maniaco-dépressive même si j'ai fait une grosse « bouffée délirante“(diagnostic incontestable de mon neurologue)suivie d'une dépression maintenant dépassée.J'ai un énorme appêtit retrouvé pour la vie mais je ne laisserai pas dire que cela n'a rien à voir avec les médicaments(posologie très légère et en decrescendo)que mon neurologue maintient.Je lui fais confiance,je sais qu'il va arrêter tous les médicaments,sauf un stabilisateur de l'humeur.Sachez qu'il n'y a pas que le prozac,que je n'ai d'ailleurs jamais pris parce qu'aucun psychiatre compétent n'en prescrit et que je sais que c'est un mauvais médicament.Je trouve absurde la peur de prendre un médicament psychotrope,c'est d'un orgueil insensé car cela revient à dire que nous sommes de purs esprits et que nous pouvons vivre ‘selon la nature’.L'état de nature n'a jamais existé et ‘qui veut faire l'ange fait la bête(Pascal). Bref nous n'avons pas un corps,nous sommes un corps…Pas qu'un corps,heureusement mais il faut compter avec lui.Tout ça pour dire que vous ne serez pas maniaco-dépressive,j'en suis sûre,continuez à vivre comme vous le faites mais j'avais quelques réticences que j'ai déjà trop développées !
à quelqune
De Barbarella
15H27 | 10/01/2008 |
Très beau et très touchant témoignage.
Effectivement j'ai lu une fois que certains considèrent que la dépression survient après des surdoses d'anxiété. Je crois que c'était sur un site d'aide aux personnes souffrant de spasmophilie, mais je n'ai plus l'adresse en tête.
De DIOPZO
08H55 | 07/01/2008 |
Il est peut-être bon de revenir sur ce courant des années 70 baptisé « antipsychiatrie » et initié par les médecins anglais Cooper, Laing et Esterson.Les auteurs décryptent le rôle de la famille (lieu de convergence des pressions sociales) dans la genèse et l'évolution des pathologies mentales.
à DIOPZO
De Chou marin
kiné | 16H09 | 07/01/2008 |
*effacé*
De ipascal
09H08 | 07/01/2008 |
Beau travail d« éclairage de Rue89, l'Internet est vraiment salutaire….Pour y mettre mon grain à penser le mal être psychologique, Et pour paraphraser quelques commentaires lus, je dirais qu'il est urgent aujourd'hui de ne plus penser le travail sur soi, l'introspection permettant de se retrouver mieux, comme une tare. Aujourd'hui, ou que l'on a mal, on se soigne, et si des traumatismes conscients ou inconscients, qu'ils soient familiaux ou sociétaux, nous poussent à nous dévaloriser, il ne faut plus craindre de les écarter de nous-même. La société hyper productiviste dans laquelle nous vivons, réclamant une parfaite opérabilité, obligeant à être chacun des “petites entreprises‘ qui ne doivent pas faillir, poussent à intérioriser le fait que si nous avons un trouble qui nous empêche d'être dans ce moule, nous sommes des rebus, des déchets…Il suffit de voir la manière dont la culture parle des personnes âgées, elle n'en parle pas, ils sont improductifs, dont inutiles… Cette constatation de la nécessité d'être dans le coup, ne nous permet pas d'imaginer le temps nécessaire à un travail sur son âme.
Aussi, il y a des idées reçues qui nous empêchent de penser la psychothérapie comme positive : la durée de la thérapie par exemple : il existe aujourd'hui des thérapies qui sont bien plus rapides et efficaces (pour qui arrive à se parler rapidement aussi ), je pense à la thérapie systémique, qui, par exemple, par une interaction très grande entre le patient et le thérapeute, permet d'éviter une introspection silencieuse parfois interminable et souvent démotivante…et anachronique au rapport de notre époque ou tout va très (trop ? ) vite, ou le besoin d'efficacité est bien trop attaché avec un espace temps teinté d'urgence.
Aussi, le fait d'avoir la crainte de perdre son âme : le fait de déballer sa vie, son enfance, son intimité à un thérapeute, ne veut pas dire que l'on s'oublie. Il faut, avant de se mettre à nu afin de mettre de l'ordre dans les racines de son passé, savoir à qui l'on s'ouvre, car une thérapie se fait à deux et le choix du thérapeute est aussi important que le choix d'un type de thérapie. Les récits de psychiatres ou psychologues qui ont manipulé leurs patients existent.
Pour revenir sur les médicaments, je pense qu'ils peuvent êtres utiles dans les cas ou la dépression atteint un point où l'on se sent en danger, ou l'on pourrait se mettre en danger…Mais comme le disent quelques personnes plus haut, ils ne pourront en aucun cas guérir la problématique, ce seront des onguents, qui, comme bien des addictions permettront de survoler ses problèmes. D'ailleurs ils ne produisent rien d'autre que dur bien être artificiel…
Il faut en finir avec la peur de penser à soi, et je pense aussi qu'il faut vraiment se méfier de penser que ces troubles de l'être peuvent être d'origines génétiques, car bien des pressions sociologiques et des transmissions familiales font de nous des êtres parfois noués, il est plus utile de se concentrer à défaire ce qui nous empêche de nous apprécier. En fait, il faudrait déjà ne pas oublier que nous sommes tous, chacun, des êtres extraordinaires et uniques, se donner ainsi la force d'amour propre nécessaire à oser s'ouvrir à quelqu'un, ne pas oublier non plus qu'il est parfois mauvais de mélanger relation amoureuse avec thérapie, et ne pas hésiter à changer de thérapeute si l'on a pas l'impression d'avancer…
De Pierre Montfort
10H11 | 07/01/2008 |
Pour celles et ceux qui subissent une névrose (= non acceptation de la réalité) sous forme de dépression, anxiété, psychasténie, stress, phobie… et qui pensent que les médicaments ne sont qu'une béquille, qu'on peut passer une vie entière en psychanalyse et que les TCC s'éparpillent dans les mises en situation et ne vont pas à l'essentiel du problème, je recommande la lecture de :
« Traitement des psychonévroses par la rééducation du contrôle cérébral. » du Dr Roger Vittoz - 1911.
Si patience + assiduité + volonté = rémission assurée en quelques mois. Courage !
à Pierre Montfort
De alexa1235
12H12 | 07/01/2008 |
Une névrose : une non-acceptation de la réalité ? Je reconnais bien là les simplifications abusives de la psychiatrie. En cas d'anxiété ou de stress, on doit prendre des médicaments ? Cela semble être la réponse à tous les maux. je crois que si tout ça était si simple, nous le saurions.
De Chou marin
kiné | 11H39 | 07/01/2008 |
Il y a aussi un excellent livre pratique, facile à utiliser et très utile, pour ceux qui n'ont pas accès à un(e)thérapeute près de chez eux :
« Dépression et anxiété : comprendre et surmonter par l'approche cognitive (guide pratique) »
de Christine Padesky et al.
De alexa1235
12H32 | 07/01/2008 |
L'avantage ici c'est que l'on a affaire à tous les courants de pensée, aux intellectuels, aux profanes, aux révoltés,et aux dépressifs eux mêmes.
Je pense qu'il y a d'abord plusieurs choses à rectifier ici. Premièrement, le terme de dépression. J'ai lu quelques commentaires de personnes pensant que la psychanalyse n'était qu'un utopie ne pas corriger une faute monumentale. La dépression n'est pas la mélancolie, et inversement ; la différence entre ces deux pathologies aurait du être faite, notamment par ceux qui parlent le PMD ou de troubles bipolaires. Comment comprendre une chose si on ne la définit pas correctement ? La dépression comme la mélancolie est un état de deuil psychique dans lequel le sujet pleure la perte d'un objet. Là où, dans la dépression, il se replie du monde extérieur et a perdu tout gout de vivre, le passage à l'acte vers le suicide est en revanche assez rare. Alors que dans la mélancolie, une partie du psychisme du sujet est morte avec l'objet perdu, le suicide est alors vu comme une libération à la fois pour le sujetmais aussi pour le monde entier.
En ce qui concerne les causes de la dépression, il est indubitable qu'elles concernent nos sociétés occidentales. Mais pourquoi ? j'ai lu que c'était probablement à cause de nos égoïsmes ; je pense aussi que c'est à cause de notre matérialisme. La dépression est le point culminant du narcissisme : plus rien d'autre n'existe que soi, le corps est la seule préoccupation, et l'entourage est condamné à s'occuper de la personne « malade ». « Malade » parce qu'on peut ainsi voir la dépression comme une tentative de réaction, c'est un mal qui est exprimé ; le plus pathologique serait de n'avoir aucune réaction, une froideur extrême , ou pire encore, une décompensation psychotique. Ce que je veux dire ici c'est que la dépression sauve en quelque sorte le sujet lors de traumatismes plus ou moins importants ; elle permet un regain d'amour de soi après la peine et les épreuves.
Enfin, en ce qui concerne le soin , je pense que le traitement médicamenteux seul est non seulement inapproprié mais il est en plus risqué. En effet, comme le jeune étudiant en psychologie l'a dit, les médicaments calment les symptomes, mais le problème reste le même et va se déplacer sous d'autres formes. Chers cognitivistes, pusique c'est comme cela que vous soignez les phobies : confronter quelqu'un qui a le vertige au vide. Dans l'idée, c'est pas si bête, mais vous avez la prétention d'appeler ça une thérapie ? C'est juste du soulagement temporaire. Que faites vous avec un dépressif ? Vousl'emmenez dans une boite de nuit pour qu'il s'éclate ?
Les médicaments doivent être associés à une psychothérapie ou à une analyse, à une sorte de débriefing. Il suffit de regarder notre société : vous croyez vriament que le Prozac a aidé les français ? Non, ils y sont accros ! Accros au Prozac ou à Freud ? J'ai choisi mon camp : )
à alexa1235
De Chou marin
kiné | 14H00 | 07/01/2008 |
« Accros au Prozac ou à Freud ? J'ai choisi mon camp : ) »
Certains ont fait le choix inverse. D'autres défendent le votre. Ce qui reste un choix limité, n'est-ce pas ?
C'est bien là le résultat que l'on a obtenu en fermant les portes à tout ce qui n'est pas Freud, Lacan ou Dolto. C'est aussi ce qui a fait de nous l'un des pays le plus consommateur de médocs au monde. La manière dont vous parlez d'une thérapie cognitive révêle votre grande ignorance du sujet.
Alors on peut continuer à abandonner les questions de santé publique aux sciences humaines, ou on peut essayer de laisser le choix aux patients. Vivons-nous dans une démocratie ou non ?
à Chou marin
De alexa1235
14H08 | 07/01/2008 |
bonjour,
Croyez moi je sais ce qu'est une thérapie cognitive, et c'est tellement à la mode que tout le monde commence à le savoir. J'ai étudié la cognition, et pour moi, c'est tout sauf de la psychologie. Ce n'est qu'un avis, qui m'appartient et qui peut être sans doute peut être discutable. Mais mon vécu en la matière a motivé cet avis.
On peut en effet laisser le choix aux patients mais je crois qu'ils doivent être conseillés non ? En outre, je en vois pas ce que al démocratie vient faire ici.
à alexa1235
De Chou marin
kiné | 14H40 | 07/01/2008 |
J'ai toujours du mal à vous croire. Vous confondez en effet thérapie comportementale des phobies (par ailleurs très efficace), et thérapie cognitive. Peut-être voulez-vous parler du mélange des deux, les TCC ?
les sciences cognitives, d'un point de vue pratique elles, sont aussi éloignée d'une psychothérapie que les maths sont de votre PC. Je suis cependant d'accord que les avis et opinions sur les différentes approches existent, et je respecte les votres.
Mon opinion par exemple, est que la démocratie implique que l'on n'impose pas aux patients un choix de soins pour des raisons ne relevant pas de l'intérèt de ces derniers. La pression de nombreuses associations de patients et de de parents ont permis le premier mouvement dans la bonne direction pour rétablir les choses : Le Rapport de l'Inserm, en 2005. L'asso « Léa pour Samy » continue le combat, je vous invite à consulter leur site pour en apprendre plus.
Cordialement.
à Chou marin
De alexa1235
14H44 | 07/01/2008 |
Je crois que vous compenez ce que j'ai dit de travers.. Si on laisse tous les patients choisir, ne pensez vous pas que cela pourrait évoluer de manière négative ? Surtout dans le cas de la psychose ? Il faut bien que le « soigant » fasse un choix non ? Et ces décisions sont prises à la fois dans l'intéret des patients, mais aussi de son entourgae et aussi des autres en général. Il faut aviser selon les patients mais c'est utopiste de croire et de dire que tous les patients doivent choisir leur manière de guérir : les professionnels sont là pour ça.
à alexa1235
De Chou marin
kiné | 15H01 | 07/01/2008 |
Oui je comprends tout à fait ce point, et je le supporte entièrement. Reste que le choix laissé à un médecin ou un psychiatre en tant que reférents était jusqu'à ces dernières années plutot limité, n'est-ce pas ? Nous avons pris du retard en matière de suivi (psycho-)thérapeutique, ce qui explique que la solution médicamenteuse a été si largement utilisée.
Nous sommes tous deux d'accord que ce n'est pas suffisant.
De gébé
13H30 | 07/01/2008 |
Le domaine des pathologies mentales (légères ou sévères) est complexe, et seul je pense un spécialiste de ces questions pourrait éviter raccourcis, amalgames voire contre-vérités.
je pense quand même que d'une manière générale, ainsi que j'ai tenté de le dire dans le post que j'écrivais plus haut, nos sociétés occidentales telles qu'elles s'organisent actuellement secrètent un terreau anxiogène (compétitivité à outrance, individualisme et matérialisme forcené) qui fait le lit de l'état dépressif.