Revue de commentaires

« Guerre des psys » : l'analyse des internautes de Rue89


La campagne de lutte contre la dépression récemment lancée par le gouvernement a fait grincer des dents les psychanalystes. La polémique entre ces derniers (freudiens, lacaniens) et les comportementalistes a suscité des réactions passionnées et passionnantes chez les internautes de Rue89. Revue de ces témoignages, réactions et conseils de lecture.

« La dépression, moi aussi, j'ai connu »

Beaucoup d'entre vous témoignent de leur parcours personnel et expliquent pourquoi psys ou médicaments ont été bénéfiques ou au contraire inutiles : « Décidemment, nous n'arrivons pas à sortir du dualisme corps/esprit ! “ Agacé par la querelle de chapelle entre médicaments et psychanalyse, Guen raconte sa dépression et sa guérison :

‘Pour ma part, j'ai bénéficié des trois : médicaments, psychanalyse, et thérapie cognitive. (…) Les médicaments m'ont permis de remonter la pente et de me mettre en position de commencer une réflexion sur soi. La psychanalyse m'a permis d'analyser un peu profondément un certain nombre de questions que je trimballais. Ça m'a permis de comprendre. Mais cela ne m'a pas guéri… Ce n'est pas parce que vous savez’ (dans une certaine mesure, on peut toujours aller plus loin, c'est sans fin), que vous parvenez à changer un certain nombre de comportements.”

FOledire, internaute nantais, témoigne également de ses dix années de dépression et de thérapies. Liée au décès de sa mère, sa dépression s'est accompagnée de comportements à risque et de tentatives de suicide. Il s'en est sorti grâce au Prozac et à la thérapie :

“Chez moi, le traitement a été bien suivi par le praticien, une fois enclenché le processus de guérison, il n” a eu de cesse de contrôler tout cela au plus près. Je n'ai pas eu de phénomène de manque, jamais, et à ce moment-là, j'avais arrêté anxiolytiques et autres neuroleptiques. »

A l'inverse, les médicaments n'ont rien réglé pour Axe_du_mâle, étudiante, qui a vu quatre psychiatres pour rien :

« Il semble très important de ne pas s'arrêter à la prescription de médicaments qui ne règle rien. Je ne suis vraiment pas certaine que cette campagne règle le problème de savoir comment s'orienter : les généralistes ne sont pas en mesure de dépister les dépressions ! ! ! (le mien n'a rien vu). »

Pourquoi la dépression ?

Islande, psy en vadrouille, s'inquiète des origines de la dépression :

« Tandis que le médical et le psy tentent tant bien que mal de colmater des brèches ; notre société continue à générer de plus en plus de maux dont la dépression est l'une des résultantes les plus marquantes. Les discours médicaux et psy viennent prendre une place de plus en plus importante pour expliquer, analyser… Or, ce sont deux discours axés sur l'individu principalement. Les explications données sont la plupart du temps liées à l'individu, au sujet, à la personne, à sa constitution. Mais et les causes sociales ? Et les questionnements sur ce qui dans nos sociétés génère ces dépressions ? “

Une analyse partagée par Breakfast, qui s'interroge :

‘Une societé qui presse de plus en plus les citoyens pauvres à bosser dur comme des esclaves,à payer les nombreuses factures comme des vaches à lait. (…) Qui est (sont) le(s) fautif(s) dans tout ça ? Nous sommes tous responsables. Les politiques,les citoyens ordinaires, les médias, les nouvelles technologies, les gros patrons, les grosses entreprises à production…’

D'autres, comme Le concombre masqué, pensent que les origines de la dépression sont physiques, liées à une déficience physiologique du cerveau :

‘Grâce à l'IRM et aux recherches d'Antonio Damasio, on sait que nos émotions dépendent de certaines aires du cerveau ; cortex, amygdale, lobe temporal… Je ne pense pas qu'il suffise de chercher dans notre prime enfance d'éventuels méandres d'ordre sexuel pour guérir des pathologies décrites ci-dessus. Si l'on est myope, on le reste toute sa vie. (…) Il faut avoir vécu une dépression pour apprécier sa guérison et qu'importe s'il faut réguler chimiquement ad vitam tels les déficients thyroidiens.’

Angelica s'agace d'une réaction de Taiseux affirmant que la dépression trouvait ses origines dans la génétique :

‘Il s'agit là d'une théorie (contestée) tirée d'une méthode statistique d'investigation : il existe x personnes dépressives ayant un parent dépressif dans leur famille, donc cela pourrait être génétique. Mais personne n'a mis le doigt sur le gêne de la dépression !

Le procès de la psychanalyse

Pong, rationaliste fondamentaliste à Paris, veut en finir avec la question de la psychanalyse : Il se trouve que cette dure réalité, les psychanalystes eux-même ont été obligé de la reconnaître.’ Pong fait référence à un rapport de l'Association internationale de psychanalyse datant de 2002 :

‘Il n'y a pas d'étude qui permette de conclure sans équivoque que la psychanalyse soit efficace, par rapport à un placebo actif ou une autre forme de traitement. Il n'y a pas de méthode disponible qui pourrait de manière incontestable indiquer l'existence d'un processus psychanalytique.’

Et Pong d'en conclure que la psychanalyse est une croyance :

‘Comme toute croyance, chacun est libre de la faire sienne. Mais il ne revient pas à l'Etat de les cautionner, et encore moins de les financer. Pas plus celle-là qu'une autre.’

Gossipor va plus loin et recommande la lecture du ‘Livre noir de la psychanalyse’ ‘à toute personne sensée qui serait tentée d'approcher un gourou freudien ou de cette espèce dans l'espoir de mieux se connaître ou de se mieux porter.’

Sdr répond à Pong et lui reproche d'aller un peu vite :

‘Poser cette simple question soigne’ ou ‘soigne pas’ c'est présupposer qu'il s'agit d'une maladie, pathologie, dont les symptômes, les composantes, sont clairement identifiés et classifiés. Cela ne me parait pas si évident pour la dépression, qui est protéiforme, multicausale.
La psychanalyse ne se résume pas à une ‘croyance’, elle a des effets reconnus, notamment par les patients ! ‘

Se soigner ?

Médecin, Tiburs privilégie la médicalisation aux excès d'introspection et de verbalisation :

Tout simplement parce qu'on est plus à l'aise dans une démarche très médicale et moins psychologisante (comme tout acte de soins, une psychothérapie peut être néfaste, donc le tout est d'en bien mesurer l'utilité).’

Egalement chercheur, Tiburs alerte sur l'absence de moyens accordés à la recherche en psychiatrie en France :

‘La pénurie de psychiatres en province fait que 80% des déprimés vont voir leur généraliste, qui ne les oriente pas vers un psychiatre et donc traite cette dépression. Donc on peut dire que le premier et souvent unique traitement est médicamenteux.’

Pour Thevet, infirmier des secteurs psychiatriques, cette unique prescription de médicaments ne permet pas la ‘guérison’ :

‘Bien sûr, le mieux serait de se passer de médicament, malheureusement ce n'est pas toujours possible. En tout cas, il faut associer psychothérapie et médication, pour saisir la chance de la dépression'’.

‘J'aimerais qu'on me foute la paix.’ Par ce cri, NouNouiLL rejette médicaments, psys et autres ‘choses qui vous lobotomisent’ :

‘Bref, avec tous les symptômes de la dépression que j'ai (désocialisation depuis cinq ans, anorexie chronique, idée suicidaire, nihilisme patent…), j'aimerais qu'on me foute la paix, je n'ai pas besoin d'être malade'. Ouste les processus de groupes… Je sais porter ma douleur qu'elle soit grande ou petite.’

Pour NouNouiLL, point de guérison, car nulle maladie :

‘C'est plus marxiste que les théories marxistes. Tu es ou tu n'est pas dans la classe des dépressifs'. Classe en soi et pour soi car il y a une conscience faite par autrui mais aussi intériorisée d'appartenir à ce groupe. Combien de fois j'ai vu des associations de dépressif, de bipolaires et de tous ces troubles'. C'est donc plus qu'une observation faite par les psy, mais bien un état, un fait social qui nous permet de nous différencier…’

Lectures conseillées

Brunol : ‘Dans le Meilleur des mondes’, Aldous Huxley, le psychanalyste, était le dernier rempart contre cette société façonnée.”

Islande, psy en vadrouille : “'Le pouvoir psy”, de Phillips A., dit cette phrase qui doit au moins nous questionner nous les psy sur notre implication dans la société : “Décrire les gens comme les seuls auteurs de leur vie est une autre manière de les accabler.'”

ClaireChar : “La lecture du livre de Philippe Labro est passionnante à ce sujet ‘Tomber sept fois se relever huit.'’

Christophec, psychosociologue : ‘Je conseille aux internautes la lecture du livre Comment la dépression est devenue une épidémie’, de Philippe Pignard. Ce livre explique comment nous en sommes arrivé à 3 millions de dépressifs diagnostiqués en France.”

Soffi, livreuse d'algues : “A 60 ans, l'écrivain américain William Styron sombre dans une profonde dépression. Plus tard, lorsque se seront dissipées les ténèbres et qu'il aura recouvré les bonnes sensations nécessaires à tout être humain pour avoir envie de continuer à vivre, il se lancera dans la rédaction de sa chronique d'une folie avec pour but avoué de mieux appréhender la morbide expérience qu'il a dû subir tel un pantin à la merci d'un sadique marionnettiste. Son livre : ‘Face aux ténèbres'.’

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Portrait de phibus

De phibus

22H16 | 06/01/2008 | Permalien

Je recommande à tous la lecture du « Noonday Demon“de Andrew Salomon. Je ne sais pas si il a été traduis en Français. En gros, l'idée maitresse est qu'il n'y a pas d'effet ‘placebo’ pour la depression : si vous vous ‘sentez mieux’, alors le remede est efficace puisque la depression, c'est se ‘sentir mal’ (très mal).
De ce point de vue, la psychanalyse freudienne et la sorcellerie africaine se vallent. Si tu es Juif New-Yorkais, ton psy te soigne de tes ‘traumatismes inconscients’. Si tu es Bantou, ton sorcier va te guerir des ‘esprits mauvais’. Personnellement, je suis rationnaliste athé (salut Pong ! ) donc mes mediaments et ma therapie cognitive et comportementale marchent très bien (après 3 ans de tentatives de combinaisons medicamenteuses + ou - heureuses). Mais lisez le bouquin, c'est drole et intelligent, plus que moi.

Portrait de Iris2

à phibus Portrait de phibus De Iris2

07H59 | 07/01/2008 | Permalien

A phibus.Je suppose qu'il s'agit du« Diable intérieur.Anatomie de la dépression“publié chez Albin Michel.Je l'avais signalé moi aussi dans ma contribution sur ce site.C'est un excellent travail à l'anglo-saxon,pragmatique et très documenté.Notamment il y a tout ce qu'on peut savoir sur la pharmacopée.A un moment de ma dépression,je l'ai lu avec profit.Pour moi l'idée phare,c'est que les médicaments(que n'ont pas les Bantous ! )sont essentiels pour vivre correctement.J'en ai aussi tiré que finalement on doit vivre toute sa vie avec sa dépression(comme avec de l'hyper-tension,le diabète etc)mais que c'est un état enrichissant quand on a été mis en mesure par des médicaments de le regarder en face.Voici la dernière phrase du dernier chapitre( intitulé : Espoir) : ‘Il m'est
impossible de regretter complètement le cours qu'a pris ma vie.Chaque jour,parfois vaillamment et parfois à l'encontre de la raison,je choisis de vivre.N'est-ce pas là un bonheur rare ? ’.
Dans Decouvertes Gallimard,il y a aussi un livre sur la ‘mélancoliequi nous emmène dans le monde des déprimés célèbres,à partir d'Aristote…

Portrait de survivant

à Iris2 Portrait de Iris2 De survivant

19H36 | 07/01/2008 | Permalien

La psy et autres camisoles chimiques ont encore de beaux jours devant eux. Mais l'angoisse de l'humain ne vient-elle pas que nous sommes les seuls êtres vivants à savoir que nous mourront ? La dépression n'est-elle pas la peur de la mort ? La psy servirait à trouver un but existentiel tout comme le font les religions. Rassurez-vous braves déprimés, vous n'ètes pas plus fou que votre voisin et quoi qu'il en soit nous atterissons tous au même endroit. Gardez votre argent et soyez fier d'avoir compris que vous aller crever un jour ou l'autre.

Portrait de Jo.Caste

à survivant Portrait de survivant De Jo.Caste

20H53 | 07/01/2008 | Permalien

Ah cette fameuse supériorité de l'être humain sur les autres espèces vivantes !

Nous sommes les seuls à savoir que nous mourront…c'est pour cette raison que, comme pas les éléphants (entre autres), nous ne rejoignons jamais le cimetière ou le crématorium le plus proche lorsque notre fin est inéluctable !

Un dépressif n'est pas un être-éclairé-qui-sait-qu'il-va-mourrrrir-de-toutes-façons…une personne dépressive a (parfois-souvent) envie de mourrrrir (15 personnes dépressives sur 100 parviennent à « actualiser leur désir“-actualiser le désir…c'est du langage psychanalytique ! ! -),sans pour autant se poser de questions aussi existentielles .

La problématique de la dépression, c'est le ‘tout de suite maintenant invivable’ et l'impossibilité d'imaginer plus loin que la seconde qui vient, d'imaginer les autres (ses enfants, sa famille, ses amis, ses collègues…) dans la seconde qui vient.

Etre dépressif n'a rien d'existentialiste, être dépressif ce n'est pas une position philosophique. La dépression est une maladie qui ne se soigne pas par le discours.

Portrait de survivant

à Jo.Caste Portrait de Jo.Caste De survivant

21H38 | 07/01/2008 | Permalien

Par la camisole chimique si ce n'est pas par le discours docteur ?

Portrait de Thomas GREDAT

à survivant Portrait de survivant De Thomas GREDAT

| 10H53 | 08/01/2008 | Permalien

Cher Survivant,
Pour tenir un discours comme le vôtre, et dont je veux croire qu'il a dépassé votre pensée, il faut méconnaître la dépression. Ou, pourquoi pas, en avoir peur.
La dépression n'est pas la peur de la mort, pour la simple raison qu'elle est déjà une forme de mort : on souffre, on pleure, on ne croit plus en rien, on n'a plus la force de vivre et on se persuade que tout est déjà fini.
Comme l'a déjà fait observer un post au-dessus du mien, un dépressif a envie de mourir.
En revanche, c'est depuis ma guérison que je sais que la mort n'existe pas.
Bonne journée.

Portrait de survivant

à Thomas GREDAT Portrait de Thomas GREDAT De survivant

15H01 | 08/01/2008 | Permalien

Fuiiiiii ! Je ne savais pas que les fantômes écrivaient. Car si pour vous la mort n'existe pas c'est que vous n'êtes pas né mon cher thomas GRETAT. Ou bien alors vous n'ètes pas tout à fait guéri. Bon vent.

Portrait de Thomas GREDAT

à survivant Portrait de survivant De Thomas GREDAT

| 15H56 | 08/01/2008 | Permalien

Peut-être, en effet, ne suis-je pas encore tout à fait né. En tout cas, votre réaction me fait douter de votre propre guérison. Et me confirme votre peur. Dommage.

Portrait de survivant

à Thomas GREDAT Portrait de Thomas GREDAT De survivant

20H02 | 08/01/2008 | Permalien

Si vous doutez de votre naissance en effet vous n'ètes pas guéri.

Portrait de survivant

à Thomas GREDAT Portrait de Thomas GREDAT De survivant

20H22 | 08/01/2008 | Permalien

J'en terminerai avec vous par cette conclusion. Il y a un moment dans la vie ou il faut prendre sur soi. Je crois sincèrement que ressasser son passé sur un divan ou bouffer des médocs n'a jamais rien résolu. Voyez des amis est la meilleure des thérapies mais vu vos raisonnements. Cela me confirme à mon tour votre peur de l'autre.

Portrait de Thomas GREDAT

à survivant Portrait de survivant De Thomas GREDAT

| 15H28 | 09/01/2008 | Permalien

Si votre unique recours est d'invalider ma parole en m'attribuant arbitrairement une peur de l'autre, il y a de quoi douter de vos propres certitudes. Prendre sur moi, je l'ai fait pendant des années, c'est ce qui m'a rendu malade. Libre à vous de le faire si vous pensez que c'est le mieux pour vous, mais vous n'êtes pas moi et réciproquement.
Ce qui compte, c'est que chacun trouve sa voie et accepte que l'autre ait la sienne propre. Sinon, c'est de l'intolérance, et c'est cela la vraie peur de l'Autre.
C'est à mon tour d'en avoir fini avec vous.

Portrait de survivant

à Thomas GREDAT Portrait de Thomas GREDAT De survivant

18H35 | 09/01/2008 | Permalien

Vous êtes d'un ennuyeux mon pauvre thomas GREDAT votre solitude est maintenant très perceptible. Un bon conseil de psy. Coupez le cordon ombilicale arrêtez la branlette et devenez enfin un adulte. Prenez la peine de regarder autour de vous et vous vous rendrez compte que des gens se contenteraient d'un bout de pain et eux ne vont pas voir un psy qui d'ailleurs est une démarche tellement égoïte pour son bien être personnel. Et revenez discuter avec moi.

Portrait de survivant

à Thomas GREDAT Portrait de Thomas GREDAT De survivant

21H38 | 09/01/2008 | Permalien

L'exemple type de l'imbécile qui n'a plus rien à dire « censurer les messages ».

Portrait de Thomas GREDAT

à survivant Portrait de survivant De Thomas GREDAT

| 22H36 | 09/01/2008 | Permalien

Cher Survivant, je vous pardonne de me traiter d'imbécile. Il faut, pour en arriver là, que vous soyez dans une souffrance à laquelle je ne peux que compatir.

Portrait de survivant

à Thomas GREDAT Portrait de Thomas GREDAT De survivant

22H45 | 09/01/2008 | Permalien

vadé rétro satanas

Portrait de survivant

à Thomas GREDAT Portrait de Thomas GREDAT De survivant

23H09 | 09/01/2008 | Permalien

Je crois que je viens de vous mettre un peu en porte à faux cher confrère. C'est vrai que la profession de psy est tellement lucrative et en étroite collaboration avec les firmes pharmaceutiques une manne d'argent effectivement pas négligeable. Désolé d'avoir cassé la baraque.

Portrait de Lechat

à survivant Portrait de survivant De Lechat

esprit critique | 10H11 | 09/01/2008 | Permalien

Bonjour
Les animaux n'ont pas peur de la mort mais ils font également des dépressions
http://academieveterinaire.free.fr/bulletin/pdf/2003Numero1/p69-71.pdf

http://cat.inist.fr/ ? aModele=afficheN&cpsidt=16866174

J'ai eu un chat qui a fait une dépression à la mort de son compagnon
Il ne mangeait plus…….je pensais que cela allait passer mais non j'ai donc du reprendre un autre chat
Cela a réglé le problème

Portrait de Barbarella

à survivant Portrait de survivant De Barbarella

15H18 | 10/01/2008 | Permalien

Survivant, la dépression, quelle que soit sont origine, se manifeste par un déséquilibre chimique réel et durable dans le cerveau. Des études en neurosciences ont prouvé par exemple qu'une personne dépressive est marquée beaucoup plus longtemps par des images (ou des posts ? ) désagréables que des personnes non dépressives.

Ceci pour vous dire qu'il n'y a pas de solution simple pour s'en sortir. Et le fameux coup de pied aux fesses souvent préconisé par des personnes bien intentionnées est tout à fait contre-productif.

Mais pour être positif, notons que pour beaucoup la dépression est souvent comparable à une crise existentielle profonde, et qu'elle ouvre la voie à de grands changements de direction dans la vie d'une personne, des changements jamais imaginés avant.

Portrait de survivant

à Barbarella Portrait de Barbarella De survivant

20H28 | 10/01/2008 | Permalien

Bonsoir,
restons dans le domaine à proprement parlé de la dépression pour ne pas évoquer la folie qui relève d'un tout autre domaine. Chaque étapes dans la vie de l'humain est jonchées de dépressions. Le passage de l'enfance a la pré-adolescence est une dépression puis vient ensuite l'adolescence et le passage à la maturité. Selon l'accompagnement parental que vous aurez reçu vous serez par la suite armé pour vivre pleinement votre vie d'adulte. Le problème de nos sociétés modernes c'est que les gens ont oubliés de se parler de s'aimer et de s'identifier sur la valeur des choses. Nous revenons à mon commentaire du début « la peur de l'autre ». Maintenant j'ai le regret de ne pas partager vos idées concernant les psys et autres neuroleptiques. La psy ne réparera jamais une blessure latente qui dure depuis l'enfance. elle pourra, certes vous aider à comprendre mais pas à reboucher. et là je reviens encore sur un de mes commentaires. Vous devez coûte que coûte prendre sur vous. Quant aux neuroleptiques je préfère ne pas en parler lobotomiser chimiquement les gens n'a jamais rien résolu au contraire devenir un légume et un infirme assisté. Bonne soirée.

Portrait de m a i a

De m a i a

aquoiboniste | 22H22 | 06/01/2008 | Permalien

Cette analyse éclaire bien les débats sucités par le premier article.

Ayant déja un témoignage publié sur le site (merci Rue89 ! ), je ne voudrais pas overdoser les lecteurs, mais juste ajouter à ce nouvel éclairage, une ou deux pensées…

Je considère les médicaments comme indispensables, même si parfois encore, je les rejette avec force, ou en tout cas je rejette l'idée d'avoir à en prendre.
J'ai cependant une vision très « médicale » de la depression. J'ai consulté essentiellement des psychiatres, et été hospitalisée dans le secteur public.
Je crois aussi en la psychothérapie, mais jusqu'à présent j'ai pu me passer d'elle, ce qui n'est pas le cas pour les petites pilules…
La psychanalyse, j'aimerais essayer, pour voir, mais difficile de se repérer…

Sur les origines de la depression, je suis en partie d'accord avec la théorie de nos conditions de vies actuelles, également sur le fait que l'on s'écoute davantage (est-ce un bien ou un mal ? ).

Quand je relis mon blog, mes journées de cpe de banlieue, je me dis que mon boulot me rend folle même si j'y suis plus qu'attachée, mais ma dépression me ramène sur terre, paradoxal non ?

Mais je crois aussi de plus en plus au caractère endogène de la depression, à son caractère non-évenementiel et donc intouchable…
Je n'oublie pas, en disant cela, l'extraordinaire complaisance (involontaire) que je peux nourrir vis à vis de MA dépression.

Brèfle !
Je laisse de la place aux autres, je prends goût à la thérapie Rue89 on dirait !

maia

Portrait de GastonLagaffe

De GastonLagaffe

flâneur - gastlag.owni.fr | 22H50 | 06/01/2008 | Permalien

Un livre intéressant sur les raisons autres qu'individuelles du suicide est l'ouvrage fondateur de la sociologie : Le Suicide, d'Emile Durkheim.
Il y explique notamment qu'un des différents types de suicide (le suicide anomique) est plus fréquent lors de forte activité sociale. Car comme l'individu est plus livré à lui même dans les sociétés modernes, ses désires sont moins bien définis et alors l'individu est plus insatisfait.

N'hésitez pas à me corriger ou à approfondir si j'ai dit des âneries.

Portrait de contactani

De contactani

22H52 | 06/01/2008 | Permalien

Il parait quand temps de guerre il y a moins de dépressifs idem dans les campagnes ou les liens de communication par troc ainsi que la vie « plus à la dure » favorise moins la dépression.
Peut être sommes nous trop gâté et la perte des cérémonies des passages vers la mort favorise la dépression c'est tout bénef pour ceux qui disent que pour guérir il faut payer sinon cela ne marche pas.
Mais pour le moment on ne paye pas encore sur rue 89 alors pas question de guérir.

Portrait de BerserK11

De BerserK11

pandoreweb.blogspot.com | 23H22 | 06/01/2008 | Permalien

Bonjour, je suis étudiant en psychologie, et je voudrais vous faire part de quelques réflexions.

Premièrement, je ne nie pas que les médicaments puissent soulager et aider à guérir, mais je les récuse, car ils tentent de résoudre le symptome et non la cause de la maladie.
Si on guérit le symptome sans guerir la cause, le symptome a toutes les chances de se déplacer à un autre endroit du corps, et des rechutes peuvent également être constatées.
Donc les médicaments soulagent, oui, mais ne guerissent pas.

Seul le patient peut se guérir lui-même.
Lorsqu'un médicament fonctionne vraiment, il ne faut à mon avis pas voir autre chose que la manifestation de l'effet placebo.
L'individu se met en situation de guérison en prenant le médicament, et c'est cette situation, faite de volonté et de réflexion sur soi, de don d'amour à soi même qui effectue la guérison.

Par ailleurs, cet effet placebo me semble beaucoup trop négligé par les médecins et les psys.
En effet, si la sensibilité d'un individu l'amène à croire qu'une certaine technique fontionne pour lui, et que celà fonctionne vraiment, je ne vois pas pourquoi il faudrait l'en dissuader par des arguments scientistes.

Le tout est que le patient prenne conscience de ses problèmes et qu'il commence à vouloir vraiment au fond de lui guérir.

Si la psychanalyse et les thérapies psychanalytiques présentent un danger, c'est leur durée, et la dépendance envers le thérapeute qu'elles peuvent induire. Il est donc bon de réfléchir à deux fois avant de s'engager pour 10 ans. Mais il est incontestable que l'écoute d'un thérapeute est toujours réconfortante et aide à la guérison, tout comme l'écoute de ceux que vous aimez.

Par ailleurs, il existe des thérapies courtes voire brèves, fondées sur des principes semblables à la psychanalyse, très mal connues du public.

Ainsi, l'hypnose ericksonienne a prouvé à l'occasion d'une expérience sur 5000 sujets, étalée sur 10 ans, qu'elle guérissait 60% des cas d'allergie, sans rechute ni substitution du symptome, à l'issue de la première séance.

De même, la technique de « respiration holotropique », que j'ai essayée moi-même est très efficace. Cette technique a été pratiquée par nos ancêtres depuis des temps immémoriaux, puisqu'on la retrouve dans le chamanisme, qui est la première religion humaine a être apparue, puis chez les druides, les sorcières, …
On retrouve cette technique sur tous les continents, et plus particulièrement depuis des milliers d'années en Inde, en Amérique du Sud, …
On parlera également de « rebirth », de psychologie transpersonnelle ou plus généralement de guérison par la transe.

Il faut toujours se méfier des gourous et ne pas accepter d'autre vérité que la sienne propre.
Mais les ancêtres ont réalisé des miracles de guérison depuis l'origine des temps que la science occidentale n'a pu envisager que très frileusement, car elle ne pouvait pas comprendre rationellement ces phénomènes.

Or pour comprendre, il faut croire (qu'est ce qu'une théorie scientifique, sinon un modèle qui différe avec les époques et les civilisations auquel on croit ? ), pour croire il faut voir, pour voir il faut regarder.

Pour regarder il faut le vouloir. Pour le vouloir il faut être prêt.

Pour les sceptiques, je leur conseille de se renseigner sur la chaire de parapsychologie de l'Université d'Edimbourg, qui se base sur des principes expérimentaux stricts et a obtenu des résultats surprenants qui sont applicables à tout un chacun, car ils n'étudient pas les cas extrèmes.

Je précise que je n'y croyais pas il y a 5 ans, et que j'étais athée et rationnaliste.

Portrait de pablico

à BerserK11 Portrait de BerserK11 De pablico

00H01 | 07/01/2008 | Permalien

Si je comprend bien, la dépression, est une agression et un en fermement que l'on se fait à soi-même ? Au point de ne plus réagir, et de ne plus voir la vie sous son meilleur angle.
Je ne pense pas de des médicaments puissent venir à bout de cela.
Tout le monde a des moments de déprime, mais l'instinct de conservation quand il existe toujours, nous remet assez vite en selle. Pour ma part c'est un bon jogging, une bonne réflexion positive et tout repart.
Bien sur les problèmes sont toujours là.. mais
je m'en moque. Je ne vais pas me détruire, parce que j ai des problèmes. Je n'ai qu'une vie.
C'est très primaire je sais.

Portrait de Barbarella

à pablico Portrait de pablico De Barbarella

10H35 | 08/01/2008 | Permalien

La déprime et la dépression n'ont rien à voir. Vous n'êtes pas primaire, vous avez simplement la chance de ne pas avoir connu la dépression - je vous souhaite qu'il en soit toujours ainsi.

En tout cas, les ballades au grand air ont un effet positif prouvé sur déprime ET dépression.

Portrait de Sacha25

à BerserK11 Portrait de BerserK11 De Sacha25

11H10 | 07/01/2008 | Permalien

typique réaction bureaucratique qui oublie : il faut pouvoir, il faut savoir, il faut comprendre etc…

D'autre part, on ne peut pas faire d'un cas particulier une généralité, de même qu'une multitude de cas individuels ne font pas un cas général.

Un individu est complexe, multiple, changeant, et c'est son droit le plus absolu (comment l'en empêcher sauf à l'enfermer)

Force est donc de constater que devant une affection (j'allais dire maladie, mais …) si multiforme, tous les traitements indiqués fonctionnent plus ou moins bien, donc qu'aucun n'est le bon (à lui tout seul ? ). Faut-il pour autant lui jeter l'anathème ? Bien présomptueux.
Mais aussi, la médecine est un métier bien difficile, tant qu'on ne considére pas l'individu comme un individu

Portrait de Barbarella

à BerserK11 Portrait de BerserK11 De Barbarella

10H27 | 08/01/2008 | Permalien

Tout à fait d'accord avec Beserk11.

Ma dépression a été soignée sans médicaments, mais par la psychothérapie analytique, la participation à un groupe de soutien sur internet, et la respiration holotropique - qui m'a permis de renouer avec… la créativité. Ruminer sur la beauté et la liberté plutôt que sur le désespoir doit changer quelque chose de fondamental dans le cerveau, je suppose.

J'ajoute que certains pensent que le système médical occidental, médicaments compris, est un gigantesque effet placébo - même si pour ma part je reconnais qu'on ne peut pas s'en passer pafois. Et même les médecins occidentaux reconnaissent que c'est le patient qui est l'acteur de sa guérison ; thérapies ou médicaments restent inefficaces si le patient ne sait pas réveiller son médecin interne (qui ne se sent pas mieux dans la salle d'attente de son généraliste ? )

A l'inverse une thérapie incluant des rites « shamaniques » (ni purement psychanalytiques, ni purement comportementalistes), comme le pratique le psychiatre Mehl-Madrona aux USA, peut guérir de graves affections en quelques mois.

En ce qui concerne les origines familiales de la dépression et des troubles bipolaires, je note que les commentateurs ont relevé uniquement l'hypothèse génétique et non l'hypothèse environnementaliste (il y a effectivement des familles où ça arrive plus, mais on ne sait pas si c'est par génétique ou à cause des relations inter-personnelles : vivre avec un grand déprimé ou un schizophrène a un effet sur le moral de l'entourage).

Je m'interroge aussi sur l'instrumentalisation des découvertes scientifiques. Les neurosciences ont prouvé ces dernières années la réelle efficacité sur le cerveau de techniques comme la méditation et l'acuponcture, qui avaient jusque là souvent été qualifiées de placébo ou de fumisteries. Mais qui en parle ? Je crois que les neurosciences peuvent nous aider à comprendre notre fonctionnement et devraient être étudiées aussi par les psychanalystes.

Je m'interroge aussi sur la charmante petite phrase du spot tv : « un déprimé sur deux guérit ». Sympa quand on lutte pour s'en sortir ! Surtout quand ça vient entre des spots pour les dentiers, les fuites urinaires et les pompes funèbres : )

Comme le dit Beserk, pour s'en sortir il faut se prendre en main, et faire confiance à soi-même principalement, essayer différentes choses - et laisser les spécialistes de la spécialité s'engueuler, on sera guéris avant qu'ils ne trouvent la solution. Prendre sa guérison en main, même si ça implique de changer de thérapeute, c'est renouer avec la liberté, l'expérimentation, la vie !

Bonne route à tous !

Portrait de sery

à BerserK11 Portrait de BerserK11 De sery

19H20 | 08/01/2008 | Permalien

« Une proposition qui ne peut etre demontree comme fausse, ne peut pas etre vraie » G. BACHELARD

Les theories scientifiques ne se veulent pas immuables et integralement demontrees.Elles se demontrent comme elles se demontent.Elles pretent volontiers a critique que leurs auteurs sinceres demandent et redemandent.

Contrairement a la croyance etablie qui ne tolere ni critique, ni remise en cause et refuse parfois jusqu'a sa consultation et son etude.De plus elles font souvent dans leur enonce meme un mechant sort a leur contradicteur porentiel.

Duquel de ces 2 cotes sont les psys de tous ordres ?

Portrait de Karmus

De Karmus

00H04 | 07/01/2008 | Permalien

La question ne sera jamais réellement tranchée entre maladie ou mal-être.
Il y à autant de différence de cas qu'il y à d'individu, donc autant de réponses.
Pour ma part, je devrai me considérer comme dépressif depuis mon plus jeune age car, jamais satisfait, toujours à lutter pour une meilleur relation avec les autres, je n'ai jamais trouvé la quiétude ni quelqu'une inscription effective dans cette société à laquelle je ne peux me soustraire.
Devrai-je me soigner, suis-je réellement malade ou bien dois-je continuer à investir cette place qui est la mienne ?
Qui est à même de me répondre(à qui dois-je m'adresser).
Le psychiatre, le neurologue, le psychothérapeute, le sage ou le sorcier ?

Portrait de micke

à Karmus Portrait de Karmus De micke

utopiste | 00H16 | 07/01/2008 | Permalien

c'est à toi que tu dois t'adresser.

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