La campagne de lutte contre la dépression récemment lancée par le gouvernement a fait grincer des dents les psychanalystes. La polémique entre ces derniers (freudiens, lacaniens) et les comportementalistes a suscité des réactions passionnées et passionnantes chez les internautes de Rue89. Revue de ces témoignages, réactions et conseils de lecture.
"La dépression, moi aussi, j’ai connu"
Beaucoup d'entre vous témoignent de leur parcours personnel et expliquent pourquoi psys ou médicaments ont été bénéfiques ou au contraire inutiles: "Décidemment, nous n'arrivons pas à sortir du dualisme corps/esprit!" Agacé par la querelle de chapelle entre médicaments et psychanalyse, Guen raconte sa dépression et sa guérison:
"Pour ma part, j'ai bénéficié des trois: médicaments, psychanalyse, et thérapie cognitive. (...) Les médicaments m'ont permis de remonter la pente et de me mettre en position de commencer une réflexion sur soi. La psychanalyse m'a permis d'analyser un peu profondément un certain nombre de questions que je trimballais. Ça m'a permis de comprendre. Mais cela ne m'a pas guéri... Ce n'est pas parce que vous 'savez' (dans une certaine mesure, on peut toujours aller plus loin, c'est sans fin), que vous parvenez à changer un certain nombre de comportements."
FOledire, internaute nantais, témoigne également de ses dix années de dépression et de thérapies. Liée au décès de sa mère, sa dépression s'est accompagnée de comportements à risque et de tentatives de suicide. Il s'en est sorti grâce au Prozac et à la thérapie:
"Chez moi, le traitement a été bien suivi par le praticien, une fois enclenché le processus de guérison, il n' a eu de cesse de contrôler tout cela au plus près. Je n'ai pas eu de phénomène de manque, jamais, et à ce moment-là, j'avais arrêté anxiolytiques et autres neuroleptiques."
A l'inverse, les médicaments n'ont rien réglé pour Axe_du_mâle, étudiante, qui a vu quatre psychiatres pour rien:
"Il semble très important de ne pas s'arrêter à la prescription de médicaments qui ne règle rien. Je ne suis vraiment pas certaine que cette campagne règle le problème de savoir comment s'orienter: les généralistes ne sont pas en mesure de dépister les dépressions!!! (le mien n'a rien vu)."
Pourquoi la dépression?
Islande, psy en vadrouille, s'inquiète des origines de la dépression:
"Tandis que le médical et le psy tentent tant bien que mal de colmater des brèches; notre société continue à générer de plus en plus de maux dont la dépression est l’une des résultantes les plus marquantes. Les discours médicaux et psy viennent prendre une place de plus en plus importante pour expliquer, analyser… Or, ce sont deux discours axés sur l’individu principalement. Les explications données sont la plupart du temps liées à l’individu, au sujet, à la personne, à sa constitution. Mais et les causes sociales? Et les questionnements sur ce qui dans nos sociétés génère ces dépressions?"
Une analyse partagée par Breakfast, qui s'interroge:
"Une societé qui presse de plus en plus les citoyens pauvres à bosser dur comme des esclaves,à payer les nombreuses factures comme des vaches à lait. (...) Qui est (sont) le(s) fautif(s) dans tout ça? Nous sommes tous responsables. Les politiques,les citoyens ordinaires, les médias, les nouvelles technologies, les gros patrons, les grosses entreprises à production..."
D'autres, comme Le concombre masqué, pensent que les origines de la dépression sont physiques, liées à une déficience physiologique du cerveau:
"Grâce à l'IRM et aux recherches d'Antonio Damasio, on sait que nos émotions dépendent de certaines aires du cerveau; cortex, amygdale, lobe temporal... Je ne pense pas qu'il suffise de chercher dans notre prime enfance d'éventuels méandres d'ordre sexuel pour guérir des pathologies décrites ci-dessus. Si l'on est myope, on le reste toute sa vie. (...) Il faut avoir vécu une dépression pour apprécier sa guérison et qu'importe s'il faut réguler chimiquement ad vitam tels les déficients thyroidiens."
Angelica s'agace d'une réaction de Taiseux affirmant que la dépression trouvait ses origines dans la génétique:
"Il s'agit là d'une théorie (contestée) tirée d'une méthode statistique d'investigation: il existe x personnes dépressives ayant un parent dépressif dans leur famille, donc cela pourrait être génétique. Mais personne n'a mis le doigt sur le gêne de la dépression!"
Le procès de la psychanalyse
Pong, rationaliste fondamentaliste à Paris, veut en finir avec la question de la psychanalyse: "Il se trouve que cette dure réalité, les psychanalystes eux-même ont été obligé de la reconnaître." Pong fait référence à un rapport de l'Association internationale de psychanalyse datant de 2002:
"Il n'y a pas d'étude qui permette de conclure sans équivoque que la psychanalyse soit efficace, par rapport à un placebo actif ou une autre forme de traitement. Il n'y a pas de méthode disponible qui pourrait de manière incontestable indiquer l'existence d'un processus psychanalytique."
Et Pong d'en conclure que la psychanalyse est une croyance:
"Comme toute croyance, chacun est libre de la faire sienne. Mais il ne revient pas à l'Etat de les cautionner, et encore moins de les financer. Pas plus celle-là qu'une autre."
Gossipor va plus loin et recommande la lecture du "Livre noir de la psychanalyse" "à toute personne sensée qui serait tentée d'approcher un gourou freudien ou de cette espèce dans l'espoir de mieux se connaître ou de se mieux porter."
Sdr répond à Pong et lui reproche d'aller un peu vite:
"Poser cette simple question 'soigne' ou 'soigne pas' c'est présupposer qu'il s'agit d'une maladie, pathologie, dont les symptômes, les composantes, sont clairement identifiés et classifiés. Cela ne me parait pas si évident pour la dépression, qui est protéiforme, multicausale.
La psychanalyse ne se résume pas à une 'croyance', elle a des effets reconnus, notamment par les patients!"
Se soigner?
Médecin, Tiburs privilégie la médicalisation aux excès d'introspection et de verbalisation:
"Tout simplement parce qu'on est plus à l'aise dans une démarche très médicale et moins psychologisante (comme tout acte de soins, une psychothérapie peut être néfaste, donc le tout est d'en bien mesurer l'utilité)."
Egalement chercheur, Tiburs alerte sur l'absence de moyens accordés à la recherche en psychiatrie en France:
"La pénurie de psychiatres en province fait que 80% des déprimés vont voir leur généraliste, qui ne les oriente pas vers un psychiatre et donc traite cette dépression. Donc on peut dire que le premier et souvent unique traitement est médicamenteux."
Pour Thevet, infirmier des secteurs psychiatriques, cette unique prescription de médicaments ne permet pas la "guérison":
"Bien sûr, le mieux serait de se passer de médicament, malheureusement ce n'est pas toujours possible. En tout cas, il faut associer psychothérapie et médication, pour saisir 'la chance de la dépression'".
"J'aimerais qu'on me foute la paix." Par ce cri, NouNouiLL rejette médicaments, psys et autres "choses qui vous lobotomisent":
"Bref, avec tous les symptômes de la dépression que j'ai (désocialisation depuis cinq ans, anorexie chronique, idée suicidaire, nihilisme patent...), j'aimerais qu'on me foute la paix, je n'ai pas besoin d'être 'malade'. Ouste les processus de groupes... Je sais porter ma douleur qu'elle soit grande ou petite."
Pour NouNouiLL, point de guérison, car nulle maladie:
"C'est plus marxiste que les théories marxistes. Tu es ou tu n'est pas dans la classe des 'dépressifs'. Classe en soi et pour soi car il y a une conscience faite par autrui mais aussi intériorisée d'appartenir à ce groupe. Combien de fois j'ai vu des associations de dépressif, de bipolaires et de tous ces 'troubles'. C'est donc plus qu'une observation faite par les psy, mais bien un état, un fait social qui nous permet de nous différencier..."
Lectures conseillées
Brunol: "Dans le 'Meilleur des mondes', Aldous Huxley, le psychanalyste, était le dernier rempart contre cette société façonnée."
Islande, psy en vadrouille: "'Le pouvoir psy', de Phillips A., dit cette phrase qui doit au moins nous questionner nous les psy sur notre implication dans la société: 'Décrire les gens comme les seuls auteurs de leur vie est une autre manière de les accabler.'"
ClaireChar: "La lecture du livre de Philippe Labro est passionnante à ce sujet 'Tomber sept fois se relever huit.'"
Christophec, psychosociologue: "Je conseille aux internautes la lecture du livre 'Comment la dépression est devenue une épidémie', de Philippe Pignard. Ce livre explique comment nous en sommes arrivé à 3 millions de dépressifs diagnostiqués en France."
Soffi, livreuse d'algues: "A 60 ans, l’écrivain américain William Styron sombre dans une profonde dépression. Plus tard, lorsque se seront dissipées les ténèbres et qu’il aura recouvré les bonnes sensations nécessaires à tout être humain pour avoir envie de continuer à vivre, il se lancera dans la rédaction de sa chronique d’une folie avec pour but avoué de mieux appréhender la morbide expérience qu’il a dû subir tel un pantin à la merci d’un sadique marionnettiste. Son livre: 'Face aux ténèbres'."



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Petite mise au point. Dans mon commentaire cité concernant l'origine génétique de la dépression, je situais la dépression dans le cas particulier du trouble bipolaire ou maniaco-dépression.
Or l'origine génétique de cette maladie n'est pas une théorie statistique mais le résultat de recherches dans un domaine qui en France manque cruellement de moyens, la psychiatrie.
"Dans le trouble bipolaire, les interactions de gènes multiples et de facteurs non génétiques confèrent une vulnérabilité dans laquelle l'empreinte génomique est aussi importante que l'héritage mitochondrial et les facteurs de l'environnement et du développement (Muller-Oerlinghausen et al, 2002 ; National Institute of Mental Health)"
Un des livres les plus remarquables sur le sujet est "de l'exaltation à la dépression" de Kay Redfield Jamison. Kay Jamison est maniaco-dépressive et psychiatre.
L'avantage ici c'est que l'on a affaire à tous les courants de pensée, aux intellectuels, aux profanes, aux révoltés,et aux dépressifs eux mêmes.
Je pense qu'il y a d'abord plusieurs choses à rectifier ici. Premièrement, le terme de dépression. J'ai lu quelques commentaires de personnes pensant que la psychanalyse n'était qu'un utopie ne pas corriger une faute monumentale. La dépression n'est pas la mélancolie, et inversement ; la différence entre ces deux pathologies aurait du être faite, notamment par ceux qui parlent le PMD ou de troubles bipolaires. Comment comprendre une chose si on ne la définit pas correctement ? La dépression comme la mélancolie est un état de deuil psychique dans lequel le sujet pleure la perte d'un objet. Là où, dans la dépression, il se replie du monde extérieur et a perdu tout gout de vivre, le passage à l'acte vers le suicide est en revanche assez rare. Alors que dans la mélancolie, une partie du psychisme du sujet est morte avec l'objet perdu, le suicide est alors vu comme une libération à la fois pour le sujetmais aussi pour le monde entier.
En ce qui concerne les causes de la dépression, il est indubitable qu'elles concernent nos sociétés occidentales. Mais pourquoi ? j'ai lu que c'était probablement à cause de nos égoïsmes ; je pense aussi que c'est à cause de notre matérialisme. La dépression est le point culminant du narcissisme : plus rien d'autre n'existe que soi, le corps est la seule préoccupation, et l'entourage est condamné à s'occuper de la personne "malade". "Malade" parce qu'on peut ainsi voir la dépression comme une tentative de réaction, c'est un mal qui est exprimé ; le plus pathologique serait de n'avoir aucune réaction, une froideur extrême , ou pire encore, une décompensation psychotique. Ce que je veux dire ici c'est que la dépression sauve en quelque sorte le sujet lors de traumatismes plus ou moins importants ; elle permet un regain d'amour de soi après la peine et les épreuves.
Enfin, en ce qui concerne le soin , je pense que le traitement médicamenteux seul est non seulement inapproprié mais il est en plus risqué. En effet, comme le jeune étudiant en psychologie l'a dit, les médicaments calment les symptomes, mais le problème reste le même et va se déplacer sous d'autres formes. Chers cognitivistes, pusique c'est comme cela que vous soignez les phobies : confronter quelqu'un qui a le vertige au vide. Dans l'idée, c'est pas si bête, mais vous avez la prétention d'appeler ça une thérapie ? C'est juste du soulagement temporaire. Que faites vous avec un dépressif ? Vousl'emmenez dans une boite de nuit pour qu'il s'éclate ?
Les médicaments doivent être associés à une psychothérapie ou à une analyse, à une sorte de débriefing. Il suffit de regarder notre société : vous croyez vriament que le Prozac a aidé les français ? Non, ils y sont accros ! Accros au Prozac ou à Freud ? J'ai choisi mon camp :)
Pour résumer, rien ne vaut que d'être informé, d'avoir accès à une aide adaptée et bien sur, avec une personne qui vous traite comme un être humain, avec qui le contact passe, sans pour cela en devenir dépendant comme certains le deviennent de leur psys ou à leurs médocs. Il reste cependant à noter qu'un faible pourcentage de dépressifs, pour qui la cause est uniquement d'ordre biologique, devront prendre des anti-depresseurs toute leur vie. Pour le reste à qui l'ont en a prescrit, un suivi professionnel est préférable, qcar ceux-ci ne devraient pas être pris plus que quelques mois.
Concernant la "guerre" des psys, elle n'existe que pour des intérêts économiques. Les arguments pour défendre une approche en déclin ou en valoriser une autre se placent sur un terrain qui est loin des préoccupations des personnes qui souffrent. Il reste intéressant que l'on en parle, car certaines questions adjacentes cf. scientificité vs. subjectivité, lobbys pharmaceutiques et gourous célèbres, méritent d'être lues et commentées.
Merci à rue89 d'être à la page!
Pardonnez moi, mais si la psychanalyse, en tant que soin, n'a pas une efficacité à court terme spectaculaire, on peut en dire autant de toutes les formes de thérapies, qu'elles soient cognitivistes, comportementalistes ou autres.
Si vous croyez qu'il est possible de guérir la dépression d'un coup de baguette magique, ou toute forme de folie ou de maladie mentale, vous vous fourrez la baguette magique dans l'oeil !
Je vous renvoie à certains témoignages lus ici même (ou peut être dans l'article précédent),où les "dépressifs" sont bien conscients de ne pouvoir jamais guérir, mais seulement aller mieux.
Le problème avec les théories cognitives et comportementales, c'est qu'elles sont souvent déconnectées de la réalité du terrain, car elles sont élaborées en laboratoire.
En revanche, les cliniciens et les psychanalystes ont le mérite d'être beaucoup plus proches à mon avis du terrain individuel des sujets en souffrance.
Eux au moins n'éludent pas les questions fondamentales pour les patients de savoir ce que sont la normalité, la folie et la maladie.
Ce sont des notions hautement subjectives, et en tant que telles, elles doivent respecter la subjectivité individuelle du sujet.
Je ne veux personnellement absolument pas d'une société où tout le monde serait "normal", personne ne serait "fou", personne ne serait "malade", ou "dépressif".
Non seulement la campagne publicitaire en question est un instrument gouvernemental, social d'incitation et de formatage des individus; mais en plus nos universités tendent à former également des psychologues pour "robots", qui sont soit "disfonctionnels", soit "normaux".
Pour répondre à la question philosophique de la normalité et la folie, il est nécessaire d'utiliser un cadre historique et épistémologique auquel le patient a droit.
Le patient a le droit de comprendre les origines sociales et historiques de sa propre identification à l'anormalité définie par la société.
Le seul moyen de donner un accès au plus grand nombre à se savoir, est de former les étudiants de psychologie dans ce sens, dans les mêmes proportions que les enseignements cognitivistes et comportementalistes.
Or, dans mon Université, Nanterre, Le professeur de pycho clinique se plaint de voir tous les enseignements d'anthropologie clinique supprimés arbitrairement.
(pétition : http://psychanalyse-philosophie.org/phpPetitions/index.php?petition=2/)
Peut-être comprendrez vous mieux dès lors les enjeux et la réactions des psychanalystes, dans un contexte de répression des étudiants grévistes par la violence, et d'un passage en force à la sauvette d'une réforme contestée par les chercheurs. (Sauvez la recherche !)
Je pense qu'il est très important de voir que cette campagne publicitaire n'est qu'un symbole pour les psychanalystes, et c'est celui du dogmatisme et de l'imposition des idéologies scientistes par la violence économique.
Et pour commencer, une très bonne et très heureuse année 2008 à tous et toutes !
Apparemment, je prends le débat en cours de route, concernant cette polémique entre comportementaliste et psychanalyste. Une polémique qui ne date pas d'hier det qu'à titre personnel je trouve regrettable, pour ne pas dire ridicule. En ce qui me concerne, la dépression est une maladie que je connais très bien (car c'est une maladie, n'en déplaise à NouNouill), et que j'ai traitée par la psychanalyse ET par la thérapie comportementale et cognitive. Le chemin a été long, très long. Je me surprenais parfois à m'apercevoir que je continuais de me "récupérer", ne me rendant pas compte que je n'en finissais pas de me retrouver après le choc de la dépression. Car qu'est-ce que la dé-pression, si ce n'est la perte de soi-même ?
Nul médicament, en ce qui me concerne, car je pensais qu'ils ne feraient que me leurrer sur mon état, alors que je voulais voir la vérité en face. Peut-être aussi parce que j'avais peur d'en dépendre. Ai-je eu tort ? Me serais-je remis plus vite ? Je n'en sais rien. Ce qui est fait est fait. Je pesne cependant que les anti-dépresseurs ne peuvent rien faire sans un travail thérapeutique. Encore faut-il en avoir le courage. En fait, je n'ai pas vécu ma propre démarche comme un acte de courage, mais comme un acte de survie : j'avais l'impression que la psychanalyse était une branche qui passait alors que j'étais en train de me noyer.
La dépression est-elle liée à notre société actuelle ? Il faut savoir qu'il y a deux types de dépression : la dépression exogène et l'endogène. La première est effectivement conjoncturelle et dépend de facteurs extérieurs. Tout le monde ou presque y est sujet un jour ou l'autre. La deuxième est liée au sujet, à son histoire, à sa santé, à d'autres choses peut-être.
Ce que je sais, c'est qu'on peut s'en sortir. Et être optimiste malgré la société qu'on nous prépare. Ma dépression est à la fois la pire souffrance que j'aie vécue et la plus grande chance qui me soit arrivée. Ne souffrant pas assez pour vouloir mourir, je n'avais pas d'autre choix que vivre. Et la leçon que m'a apprise ce maître exigeant et impitoyable est que j'ai la vie chevillée au corps. Je veux vivre et être heureux. J'aime la vie, j'aime vivre. Malgré le Darfour, malgré le 11 septembre, malgré les SDF, malgré l'avenir que me prépare un gnôme à tête de chauve-souris qui veut faire de moi un esclave sans me demander mon avis. Le problème est que je ne lui demande pas le sien non plus, pas plus qu'à madame Parisot, et que j'ai l'intention de vivre et d'être heureux malgré les diktats. Je ne travaillerai pas plus pour gagner plus, grâce à la dépression qui m'a appris qu'on peut perdre sa vie à la gagner.
S'il y en a parmi vous qui veulent dialoguer avec moi sur cette maladie et ses conséquences, je serai ravi qu'ils me contactent via mon compte. Pour discuter, pour échanger. Ou peut-être pour parler d'un mal-vivre. Je me dis parfois que ce que j'ai vécu peut toujours servir.
Bonne année !