Il y a un mois, nous publiions sur Rue89 un nouveau reportage de notre partenaire Prise Directe, blog tenu par des jeunes d'Epinay-sur-Seine avec l'aide de journalistes professionnels. Voici le deuxième volet de ce reportage à Cachan, dans la banlieue parisienne, où Nicolas François et Jerry Njoh ont passé une semaine. Après le face-à-face entre une élue municipale à la jeunesse et ces jeunes dont elle est censée s'occuper, la cité telle que la vit le jeune Rado.
Titulaire d'un bac STT, Rado est actuellement en BTS de gestion. Il est également footballeur au club de Choisy-le-Roi. Nous l'avons rencontré alors qu'il venait saluer quelques amis devant le supermarché Champion du quartier. Traîner, ce n'est pas vraiment son truc, il préfère se déplacer à Paris avec ses amis, comme Tony, animateur en centre aéré.
Bon élève, lucide, volontaire, il n'est pas une « grande gueule ». C'est aussi pourquoi nous avons décidé de lui donner la parole. Ce qu'il a à dire offre une autre vision de la cité, par rapport à l'extrait vidéo précédent. Une vision plus optimiste, qui propose une alternative, une porte de sortie, mais la cité reste toujours ici connotée négativement par ses propres habitants.
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De Marie7777
17H55 | 03/01/2008 |
Bien vu ! l'important, ce n'est pas seulement d'apporter dans les quartiers les services dont ont besoin des habitants, mais que chaque individu se sente intégré dans la ville : dans toute la ville et pas seulement dans son quartier. Pour cela, il faut développer les infrastructures de transport. Un désenclavement qui coûte cher et qui tarde à venir (demandez aux habitants de Clichy-sous-Bois et de Villiers-le-Bel), alors que la mobilité est un facteur-clé de ce qu'on appelle « l'employabilité ». Cette demande est dite et répétée depuis des années par les élus locaux des villes de banlieue. Mais les (gros) financements nécessaires ne semblent pas devoir figurer dans le « plan anti-glandouille » que Fadela Amara présentera le 22 janvier.
à Marie7777
De jean.noctiluque
contenu | 14H27 | 07/01/2008 |
Qui se sert des réseaux de transport peut limiter son déterminisme social. Votre interlocuteur a raison de refuser le statut de « tenur de murs » que l'organisation sociale de la cité lui tient toute prête. Contre exemple : villiers le bel.
De H.
A chipé a chopé | 22H28 | 03/01/2008 |
Le lien sur le « face-à-face » renvoie à cette page. J'imagine qu'il devrait renvoyer à celle-là http://rue89.com/2007/12/02/les-jeunes-de-cachan-et-lelue-questions-deva…
à H.
De Arnaud Aubron
Rue89 | 09H33 | 04/01/2008 |
Exact. C'est réparé. Quant à moi, je serais fouetté en place publique…
De caro
délinquante avérée | 23H04 | 03/01/2008 |
j'ai beaucoup apprécié l'entretien avec Rado. En quelques phrases on a tout compris du problème des banlieues : le vide sidéral des cités, l'ennui des jeunes où rien n'est organisé pour eux, un centre commercial pour seul but de « ballade », les bagarres entre bandes, les bus peu commodes, l'isolement. Tout y est.
Bravo à Rado qui prend sa vie en main et les moyens de se sortir et s'en sortir, entraînant ses amis.
J'espère qu'il trouvera les personnes qui lui donneront le coup de main nécessaire.
A suivre … ?
De le syndicaliste
23H43 | 03/01/2008 |
Bonsoir à tous,
Je reste étonné, ne m'en veuillez pas, que les halles soit le lieu d'une promenade mais ce témoignage est tellement sincère et bon esprit que je me voulais apporter toute ma considération à ce jeune homme et à son ami.
Ils vont de l'avant sans certitude mais c'est bien.
un commentaire parle d'isolement, oui, c'est le mot. On n'est pas là pour pleurer mais franchement, il serait temps de s'occuper de tous ces hommes et femmes isolés ailleurs, limite enfermés, parqués et oubliés depuis longtemps.
De toutes façon, l'avenir social et politique viendra de banlieue, c'est inéluctable.
« entre barbares et racailles,
comme termilogie du parfait sous homme
appauvris ok mais comme de l'uranium »
Refrain du groupe la rumeur
Fraternellement
De re-belle
mère au foyer | 00H37 | 04/01/2008 |
pourtant il y a tant de matières grises, de gens de bonnes volontés, de richesses dans ces banlieues ! ! ! …les laisser de coté c'est du gaspillage à coup de lacheté ! ! ! …
De Molto
04H01 | 04/01/2008 |
.
En quoi ce témoignage est-il différent de celui d'un adolescent vivant dans la France profonde ? N'ont-ils pas des problèmes similaires ?
Pensez-vous qu'en province il y ait les même infrastructures qu'à Paris et sa banlieue ?
Dans la France profonde, si tu n'as pas de voiture ou de moto, dommage pour toi.
Et y-a-t-il quelqu'un de plus pour tendre la main aux ados en province ?
Quand à aller « s'embrouiller » à Belle-Epine pour un motif quelconque, où sont les parents ? Et les familles ? Et les profs ?
La disparition du service militaire a été une catastrophe. Il obligeait à la mobilité géographique et au brassage social. Les bébés attardés étaient obligés de se prendre en main bien que l'illétrisme sévissait déjà (1981). Tout le monde portait le même uniforme et les règles étaient les même pour tous. Celà rappelait Valmy et la défense d'un bien commun, notre République.
Rado m'inspire de la sympathie mais j'aurais beaucoup apprécié que Rue89 ait fait un double article. Une partie Rado et une autre sur le quotidien d'un jeune de la France profonde ( ex : Aurillac, Limoges, etc…). Il aurait été alors possible de faire une comparaison un peu plus exhaustive et de susciter des commentaires plus intéressants.
à Molto
De Anne Honym
06H17 | 04/01/2008 |
Il y a toujours quelqu'un pour, parlant d'un sujet, vouloir en aborder absolument un autre à la place ou en parallèle. Si j'ai bien compris, ici se poursuit ce que Rue89 voit comme une suite d'articles en collaboration avec Prise Directe, dont l'url me semble explicite sur le sujet abordé : http://prisedirecte-banlieue.typepad.fr/banlieue/. Bien-sûr que la « France profonde » pourrait être abordée en parallèle, mais ce n'est pas le but de cet article, précisément ! Certes, la province n'est pas toute rose, et on y galère aussi pas mal, mais pour autant il me semble que la province ne semble pas autant à bout de nerfs que la banlieu, qui a flambé deux fois en deux ans, et donc le sujet n'est pas futile. D'autant que, si c'est pour le traiter avec je-m'en-foutisme (la fin de votre second paragraphe croule sous les raccourcis et facilités, et votre troisième est réducteur à une période, le service militaire, qui ne saurait résoudre tous les problèmes vécus avant ledit service militaire, non plus qu'après à vrai dire).
C'est formidable, vous compatissez (« Rado m'inspire de la sympathie »), mais vous n'avez rien à apporter de constructif ? C'est bien triste. Il y aurait des foules de choses à dire, et si possible même à proposer, pour qu'on puisse éteindre l'incendie qui couve dans les banlieues, car il faut parer au plus pressé. Ca donnerait sans aucun doute des pistes pour apaiser aussi la province abandonnée.
à Anne Honym
De Molto
17H00 | 04/01/2008 |
S'il parait que la République est une et indivisible, ce qui m'attriste profondément est cette sensation de fausse compassion pour les banlieues ainsi qu'un traitement médiatique qui ne fait apparaitre que les cotés négatifs.
Apparemment ces thèmes n'évoquent rien pour vous et c'est bien triste. Vous ne semblez juger qu'à l'aune du projecteur médiatique et vous ne vous privez pas de porter des jugements de valeur sans me connaitre et sans apporter vous-même en retour des idées constructives ou des informations. Vous vous contentez de noter mon message, et d'évoquer des solutions que vous ne présentez pas.
Bien sûr il y a(vait) une vie avant et après le service militaire. J'ai développé cette étape car il était possible alors d'aider des jeunes en difficulté. L'illétrisme était déjà important il y a 25 ans, au temps flamboyant du mythe du « service public à la française » que personne ne remettait en cause à l'époque. Aujourd'hui, il a été offciellement annoncé que 40% des jeunes sortant de l'école primaire ne maitrîsent pas la langue française.
« Parer au plus pressé » quand celà fait des dizaines d'années que politiques et responsables (parents et profs inclus) n'arrêtent pas de démissionner ……
Je ne compatis pas particulièrement pour cet adolescent, pas plus,ni moins d'ailleurs,que pour d'autres, je lui trouve un côté sympathique mais à part çà et l'évocation des contrôles policiers, ce « reportage » n'est qu'un ramassis de platitudes.
En affirmant qu'il n'y a qu'en banlieue que les gens sont à bout de nerfs, vous faites le lit des thèses du « rejet de l'autre ». C'est avec ce thème que l'équipe gouvernementale actuelle est au pouvoir.
Essayez de garder à l'esprit toutes les personnes pour lesquelles la vie est dure dans ce pays et qui ne se laissent pas aller à la facilité des brûler les véhicules et les personnes.
Il ne s'agit pas, loin de là, d'un « autre sujet ». Et c'est aussi (à mon avis) une question d'honnêteté intellectuelle.
à Anne Honym
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 19H37 | 06/01/2008 |
D'accord. Ceci dit, c'est vrai, on pourrait en dire autant pour Neuilly : « C'est un piège, si t'en sors pas t'es un mort (vivant, bien que riche), faut sortir, faire des rencontres, ouvrir son horizon ». Précisément ce que Sarko tente d'empêcher en décrédibilisant les études, le campus étant un lieu de rencontre parmi d'autres pour personnes d'horizons différents. Sinon, y a les cafés, les concerts, etc…, dont Sarko n'est pas très friand non plus (ah merde ! encore cette foutue clope ! vive les terrasses chauffées ! et les histoires faites aux caf'conc…)
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 07H25 | 04/01/2008 |
Je pense qu'on sous-estime grossièrement les problèmes qui sont en gestation. Le phénomène est global.
http://nouvellesociete.org/H44.html
Pierre JC Allard
De chriss
10H43 | 04/01/2008 |
Bonjour !
C'est pas le « rado », de la méduse dont ces ancètres déja à l'époque allaient fuyant les sables mouvants tout comme lui, chercher leur liberté.
S'il persiste à lutter et à garder les yeux grands ouverts, à parler avec son coeur, comme il sait si bien le faire, alors ses parents auront encore bien des occasions dans leur vie, d'être fiers de lui.
Il ne sera pas le énième naufragé de notre politique criminelle cautionnée par la communauté Européenne.
Je n'ai pas fait ce jeu de mot un peu facile Rado, derrière il y a un message pour toi perso…
Je veux t'imaginer te jetant sur un dico ou wikipédia sur le net pour faire se qui sera déterminant dans ta vie , te cultiver, mème si l'école te fait gerber, (elle laisse dans le désarroi, du fait de son fonctionnement complètement obsolète la moitié de son effectif chaque année),je peux parfaitement le comprendre…
Il faut choisir librement la culture avec laquelle tu ressent l » affinité au quotidien sans contrainte, elle sera ta force dans le futur… Meilleurs Voeux dans ta quête du Bonheur, toujours en règle avec sa conscience ça marche Mec !
De le _grand_clown_malade
if 6 was 9 | 10H52 | 04/01/2008 |
Bravo pour ce reportage, c'est pas sur TF1 (et peut-etre plus sur le service public, snif) que l'on verrait ça..
Il casse l'image toute homogène que l'on peint a outrance sur les « cités » et leurs habitants. Deja, le mot « cité » est largement connoté, un lieu qui craint et qui a une barre d'immeuble (autrement dit, un quartier residendiel ou il y a eu une histoire) devient une « cité »… ennuyeux !
Ensuite, le fait que des jeunes se reunissent dans un hall commercial ou un mcdo n'est pas plus choquant qu'etonnant… Lorsque l'on voit que seuls les macdo propose des jeux pour les enfants dans certains quartiers, je ne m'etonne pas de les revoir y revenir en grandissant, je crois que ca marche pareil avec les centres commerciaux qui proposent des myriades de galeries, bars et compagnie… alors que peut-etre, dans les quartiers dits « cités » on les retire ces commerces et d'autres services au passage.
Donc Rado, qui a analysé ça, se rejouit de pouvoir aller a Chatelet pour ensuite aller plus loin encore… Je suis tout chose d'entendre ca, au moins, TF1 et le systeme n'ont pas reussi a embobiner tout le monde, il y en aura encore pour aller voir plus loin que Chatelet et se dire que Micromania et Footlocker, c'est bien mais bon..pfff ! !
Je caricature, en croyant cela je serais rentré dans le jeu vicieux que je dénonce.
Oui, je pense que les gens dans les « cités » sont biologiquement comme les autres, a la difference pres qu'ont les présente comme des gens bizarres, qui cultivent la violence, le shit islamiste, et la « voyoucratie »…sornettes et billevesées selon moi !
Donc je me dis, si j'etais jeune dans une « cité », avec mon temperament d'emmerdeur, j'aurais viré au rouge.. j'aurais pas compris, j'aurais fait du mal, surement cramé une voiture (et pas celle du PDG friqué)…
Pour conclure, je dirais que je soutiens a donf Rado et ses potes, et que sur le sujet des émeutes récentes, je comprends les gars qui ont fait ca, quelles que soit les raisons au fond (violence gratuite et aveugle ou rebellion du citoyen), mais que celles-ci je ne les soutiens pas. Elles ne sont pas louables et pourtant, je m'explique leur apparition…
De hoian02
12H57 | 04/01/2008 |
Et simplement, en plus, ce jeune est sympathique et beau.
De Bardamu
difficile | 14H42 | 04/01/2008 |
Hilarant quand même le contraste entre le lyrisme échevelé de certains posts enthousiastes et la platitude des propos de l'emblématique « djeundebanlieue »…
(J'ai écrit « hilarant » en pensant à « pathétique », mais c'est parce que j'ai bon coeur).
De dootb2b
15H43 | 04/01/2008 |
Etant un jeune de Gentilly( juste à coté de Cachan), je suis content de voir un tel reportage qui montre que nous ne sommes pas des sauvages et que beaucoup d'entre nous(la plupart meme)veulent, comme tout le monde,avoir la vie qu'ils mérite et montrer qu'ils sont aussi capable que n'importe qui.
Merci donc de montrer cet aspect de chez nous.
De line
17H38 | 04/01/2008 |
Je suis désolé mais je ne vois pas l'intérêt de cette interview. Rado à l'air bien gentil, mais je ne le trouve pas si intelligent. Enfin pas plus qu'un adolescent banal. Aller au cinéma,acheter des fringues… c'est pas ça qui va le sauver. C'est un bon petit consommateur. Bon ça dépend quels films il va voir vous auriez dû lui demander. Ce témoignage est très banal, et reflète parfaitement la jeunesse de banlieue d'aujourd'hui : des victimes de la société de consommation. Comme le reste de la jeunesse d'ailleurs, mais je crois qu'en banlieue c'est pire.
La société a réussi à transformer ces jeunes en lobotomisés dopés au dernier portable dernier cri, aux marques, aux films débiles, au kfc, mac'do. Bien souvent ils bossent pour pouvoir se payer tous ça, et compromettent leurs études, tout en se faisant exploiter gaiement (job au mc'do, ect).
Moi ça me déprime.
Donc je préfère encore le premier témoignage, filmé à la plaine. Les gamins qui trainent en bas, peut être qu'ils « galèrent », (c'est aussi une grande mode de dire qu'on galère) mais au moins ils ne se font pas exploiter. Et ces petits sont très intelligents et débrouillards, beaucoup plus qu'un fils de bourgeois du même âge encocooné par ses parents.
Je suis étonnée de voir les réactions louer ce témoignage. On dirait que ça vous rassure de voir un jeune de banlieue bien sage, sans revendications. Ils vivent l'injustice au jour le jour mais il faudrait qu'ils jouent le jeu gentiment en respectant les règles, c'est ça ? Merde ! Marre de cette hypocrisie. Réveillez-vous !
à line
De Arnaud Aubron
Rue89 | 18H22 | 04/01/2008 |
« Ce témoignage est très banal, et reflète parfaitement la jeunesse de banlieue d'aujourd'hui »
C'est exactement la raison pour laquelle nous avons décidé de diffuser ce reportage. Nous n'avions pas d'autre ambition. Merci à vous de le souligner.
à Arnaud Aubron
De caro
délinquante avérée | 21H15 | 04/01/2008 |
Merci pour la banalité ! je ne suis pas d'accord, comme je ne suis pas d'accord avec Line qui écrit :
« Ils vivent l'injustice au jour le jour mais il faudrait qu'ils jouent le jeu gentiment en respectant les règles, c'est ça ? Merde ! Marre de cette hypocrisie. Réveillez-vous ! »
Que connaissez-vous des banlieues et des jeunes qui y vivent ? Pour être un jeune pas « banal », il faut « glander », montrer son éternelle révolte en brulant des voitures ou des commerces, en caillassant, en se battant entre bandes ?
A croire que vous n'avez pas écouter ce que dit Rado des contrôles dans son quartier (il en subit moins à Paris), des jeunes habillés de vêtements de marque etc
Où est le problème quand un jeune veut vivre comme on vit en dehors de son quartier ? pfffff ! Il est « banal » (comme la très grande majorité de la population), ce qui ne veut pas dire, si on sait l'écouter, qu'il n'en pense pas moins.
Rado fait des études, il est en BTS, il aurait peut être dû, pour être crédible à vos yeux, être un décrocheur dès 14 ans, en rupture d'école, de famille et de société ?
Vous n'avez pas l'impression de stigmatiser ces jeunes non rebelles (du moins en apparence) qui veulent s'intégrer ? Parce que, s'il faut faire la Révolution … quand on voit l'apathie générale ! Je ne sais pas quel palan il faudrait utiliser pour faire bouger … Quel exemple et quel avenir proposez-vous à ces jeunes ? Bien sûr, le même jeune blanc d'un quartier bourge n'aurait pas eu l'honneur d'un reportage … « banal »
Allez, Rado, mène ta vie, sors toi de ton quartier si tu en as envie et si tu peux, mais n'oublie pas d'où tu viens.
à caro
De line
22H52 | 04/01/2008 |
Chère Caro
Vous m'avez posé une question « Que connaissez-vous des banlieues et des jeunes qui y vivent ? »
En ce qui concerne les banlieues j'ai habité juste à coté de Cachan jusqu'à mes 20 ans. Et en ce qui concerne la jeunesse, j'en fait encore parti.
Le terme « banal » que j'ai utilisé n'est pas péjoratif. Je ne connais pas Rado et je ne me permet pas de le juger. Je voulais juste dire que ce temoignage n'avait absolument rien d'exeptionnel. Et qu'il refletait quelquechose qui m'exaspère chez les jeunes en banlieues encore plus qu'ailleurs : le fait que beaucoup d'entre eux soit devenus des victimes de la consommation, qu'ils soient dramatiquement matérialistes et qu'ils ne s'impliquent pas assez (et même pas du tout) dans la vie politique. Et ceux qui arrivent à aller à la fac, c'est pour faire des BTS de gestion ou de commerce pour devenir de vrais petits capitalistes. Mais c'est une opinion toute personnelle donc forcement subjective.
Vous avez dit de Rado qu'il faisait parti de ces (merveilleux ! ) jeunes qui « veulent s'integrer ». Et bien je crois que Rado n'a pas besoin de s'integrer du tout, s'integrer dans quoi ? Parce ce qu'il ne fait pas déja partie de notre société ? Rado m'a tout l'air d'un bon petit français. Vous avez dû vous integrer vous, Caro ?
Un petit mot pour Rado :
Rado, si un jour tu t'ennuies sur Cachan, si tu veux aller au ciné tu as le chance d'avoir un cinéma pas cher à coté de la gare (Espace Jean Vilard) qui passe des films d'art et d'essai comme on en passe peu et qui fait de supers festivals. Je me déplace encore pour y aller alors que j'habite maintenant à Paris.
Et si tu veux dépasser chatelet, vient faire une manif entre bastille et république, ce sera beaucoup plus instructif que le forum des halles…
: )
à line
De caro
délinquante avérée | 23H40 | 04/01/2008 |
Chère Line,
Je ne connais pas les jeunes des banlieues parisiennes, mais je travaille avec des jeunes d'une banlieue grenobloise. Vous savez, celle où il y a eu déjà 8 morts depuis 1 an …
Heureusement que vous vous dites « subjective » ; -)
Je suis moi aussi subjective. Je regrette que les jeunes ne s'implique pas plus dans la vie de la cité. Pourtant, il étaient présents dans les manifs anti-CPE, ils ont beaucoup discuté pendant les élections, ils sont écoeurés par les résultats, le manque de perspectives. Je connais plusieurs jeunes en prison ou juste sortis, qui n'ont plus qu'une idée, se « ranger » pour fonder une famille et trouver du boulot. Eh oui ! C'est la vie et je n'ai jamais dit qu'ils étaient « merveilleux » !
Vous semblez être plus exigeante envers ces jeunes là qu'envers les jeunes d'autres quartiers plus bourges. Mais, ils ont tous été élevés dans le même moule de cette société de consommation ! Certains ont plus de mal à entrer dans le monde du travail (il faut bien vivre) et donc s'intégrer à la société, du fait de leur nom ou de leur quartier d'origine. Tant que le travail sera considérer comme le centre de la vie, et avec sarko 1er ce n'est pas prêt de changer, on ne peut pas considérer ces jeunes comme différents des autres. Rado en est un bon exemple, j'en connais d'autres.
Pour vous rassurer, j'en connais bien d'autres qui refusent de travailler et vivent comme ils peuvent … et même pas mal, vêtements de marque et portable dernier cri. Ce ne seront certainement pas eux qui feront bouger les choses. J'ai plus confiance en des jeunes comme Rado, qui semblent réfléchir, même s'il fait des études de gestion ; -)
Rado dit espérer trouver quelqu'un qui puisse l'aider … serait-ce vous ?
à Arnaud Aubron
De Molto
21H57 | 04/01/2008 |
Ne pensez-vous pas que c'est l'ensemble de la jeunesse qui en est là aujourd'hui en France ? ( à l'exception d'une minorité de fils et filles de « l'élite » )
Je souhaiterai que vous réagissiez à l'idée d'article exprimée dans un de mes posts, à savoir de ne pas se focaliser sur la banlieue parisienne, bien plus avantagée que certains coins de province ou d'outre-mer. Merci.
à Arnaud Aubron
De Molto
02H37 | 05/01/2008 |
Si vous avez le temps, merci de faire un reportage sur les banlieusards de vingt ans habillés « classouille » qui viennent sur les champs-élysées en voiture de haut de gamme (Il y en a peu, certes, mais il y en a).
Ceci aiderait vos lecteurs à comprendre « comment s'enrichir vite » quand on vit en France.
De Tita
oiseau | 00H01 | 05/01/2008 |
Pour réagir sur le sujet et l'ensemble des commentaires, j'aimerais souligner un des problèmes des banlieues. Je mets à dessein ces mots au pluriel car il est évident que chaque banlieue a ses caractéristiques et qu'il n'y a pas qu'un problème.
Le problème que j'aimerais souligner pointe l'image que l'on a des banlieues. Par exemple, habitez dans le 93 peut vous coller une image stéréotypique difficile. Cette attribution d'un tel stéréotype n'est pas si loin d'être une discrimination à l'exemple du noir qui serait violent (racisme) ou de la femme qui serait trop sensible (sexisme). Après tout, croire que tous les maghrébins sont des voleurs, c'est généraliser à toute une population les défauts (avérés ou imaginaires) de certains de ses membres, tout en oubliant allègrement qu'il y a aussi des voleurs chez les autres (les français dit de souche par exemple). Ainsi, par la même logique, croire que tous les « banlieusards » sont des personnes violentes, fainéantes, etc, c'est généraliser à toute une population les défauts de certains de ses membres, tout en oubliant allègrement qu'il y a ailleurs aussi des personnes violentes.
Maintenant, si ce stéréotype est partagé pourquoi n'aurait-il pas d'effet sur la population française ? Ne va-t-on pas avoir une certaine méfiance (même inconsciente) vis-à-vis d'un banlieusard ? Prenez deux CV identiques à l'exception des deux noms, l'un est avec le nom de Pascal et l'autre avec le nom de Mohamed. Vous verrez que le taux d'acceptation est plus grand pour Pascal que pour Mohamed, alors même que tout les recruteurs se diront non-racistes. Ne va-t-on pas avoir le même constat pour un banlieusard ? J'en ai peur.
Par ailleurs, cette méfiance ou cette discrimination ne va-t-elle pas être ressentie par le banlieusard ? Quelle peut être alors sa réaction face à cette discrimination (cette image négative qu'on lui renvoi jour après jour) ? Ne serait-ce pas pour lui une injuste difficile à gérer quotidiennement, méritant presque la violence qu'on lui accole ? Evidemment, je ne justifie pas la violence, je cherche juste à comprendre.
En conclusion, si nous arrêtions de stigmatiser les banlieues, j'ose croire qu'une partie du problème serait retirée. Il ne resterait alors plus que les problèmes que l'on retrouve partout ailleurs à l'adolescence et dans la vie. Cependant, va-t-on arrêter de stigmatiser les banlieues ? J'ai des doutes. J'ai des doutes surtout si on considère l'instrumentalisation des banlieues comme un réservoir de mains-d'œuvre bon marché ou, plus tristement encore, le supermarché de certain média quand leur zèle politique exige de mettre en avant l'insécurité.
De Blexie
ex Cachanais à Rennes | 18H48 | 05/01/2008 |
J'ai vécu de l'âge de 3 ans à 24 ans dans une cité de Cachan, ensuite je suis parti dans le Sud de la France puis en Bretagne.
J'étais adolescent à la fin des Années 1970 dans cette banlieue dans laquelle mes copains s'appelaient Gérard,
Kamel, Yazid, Didier, Alain etc…
J'ai bien connu le Maire actuel de Cachan Jean-Yves Le bouillonnec qui était Dirigeant à la St Jean de Cachan un club de football (patronage comme l'AJ Auxerre).
En ce qui concerne Rado,J'ai ressenti les mêmes interrogations, les mêmes motivations avec toujours la volonté de « sortir » d'un problème inéluctable : Métro-Boulot-Dodot
Je m'aperçois que 30 ans plus tard rien a changé dans les mentalités des « nantis ».
J'ai connu la violence des banlieues, une minorité essayait de terrorisé le plus grand nombre par des menaces physiques ou verbales.
De ce côté là, la situation des plus faibles a empirée.
Je me permet de donner un petit conseil aux plus jeunes, si vous êtes confronté à la violence au collège, au Lycée etc… entourés vous de copains solides en formant un bloc que les autres hésiterons à agresser.
La banlieue à toujours les mêmes codes, on ne touche pas à ceux qui savent s'entourés.
Ceci dit je peux vous raconter mes week-end « type » de l'époque : Le vendredi soir soirée tarot jusqu'au milieu de la nuit, le samedi viré à « Belle-Epine » ou « Alésia » à Paris, le soir « Boite de nuit » mais
seulement dans les « Boites » qui acceptaient « mes potes »
étranger (toujours faire Bloc).
Le dimanche Football.
Une variante : Chacun notre tour nous avons fait notre « Service National » aussi ils nous arrivaient fréquemment d'aller chercher notre pote à la Gare de l'Est le Vendredi soir, le parcours était toujours le même : les grans boulevards (pour le cinéma), la rue st denis (pour faire plaisir au « bidasse »), les champs-Elysées (Pour les derniers vinyles sortis aus Etats-unis : Billy paul,les temptations,marvin Gaye etc…
Conclusion : Toute cette période de ma vie m'a permis
de garder « une ouverture d'esprit » et notamment une irrésistible obligation de garder au fond de moi « un esprit de combat »,pour le reste (l'avenir personnel et professionnelle c'est un choix personnel) avec des risques mais quand on choisi une voie il ne faut rien regretter.
Pour finir, ne jamais renier d'oû l'on vient, rester soi-même.
De jugurta
11H28 | 05/01/2008 |
La dernière phrase de l'article est un peu naive :
« Une vision plus optimiste, qui propose une alternative, une porte de sortie, mais la cité reste toujours ici connotée négativement par ses propres habitants. »
Il me semble, et le reportage le montre bien, que les mieux à même de parler de la vie dans les quartiers pauvres sont ceux qui y vivent. Ils savent comme le dit, l'ado du reportage, que pour éviter la galère il vaux mieux sortir du quartier le plus vite possible.
Azouz Beggag a écrit un livre la-dessus.
De cooper59
pour la decroissance ! | 12H31 | 05/01/2008 |
dire que la banlieue est pleine de gens de bonne volonté est vrai , j'en connais pas mal , dire que les medias font du fric avec les cités est vrai aussi ( TF1 ? FR 2, envoyé special , ou plutot envoyé mytho), et ce qui est aussi une verité c'est que tout le monde veut foutre le camp le plus vite possible , pour plein de raisons ( facho a casquettes , fachos en uniforme , chomage , transport , degradations , filles portant le foulard pour etre tranquilles et maintenant le risque d'embrasement de la 205 de 95 achetée 800 euros et payée en quatre fois etc etc etc ) et c'est pas pret de s'arranger ! sauve qui peut !
De le _grand_clown_malade
if 6 was 9 | 10H29 | 06/01/2008 |
Pour répondre partiellement a Line :
Je suis navré de la naiveté de ma réponse (et du style lyrique…), mais que veux-tu, je ne suis pas vieux, mais j'ai deja un peu voyagé.
Et franchement, vu le contexte social ambient, je ne peux que me réjouir de voir ces jeunes et moins jeunes de banlieues vivre comme tout le monde. Ce serait deja une étape, on peut pas leur demander de s'élever au dessus de la société de consommation alors que tout le monde vit dedans, et on a beau cracher dessus, on vit dedans… (a commencer par les conneries nazies du gouvernement « travailler c'est vivre » ! ! ! )
Alors excuse moi mais le coup de la naiveté, tu repasseras, deja on pourrait se bouger pour que tout le monde vive au meme niveau ! !
Pas besoin d'etre un jeune de banlieue pour se faire exploiter par un employeur (du macdo ou d'ailleurs), la jeunesse est deja le « bon » critere !
Seulement, on ne peut pas traiter de tout avec un theme exclusivement sur les banlieues et leurs habitants.
De cooper59
pour la decroissance ! | 23H16 | 06/01/2008 |
franchement Line n'a pas tort , dans les quartiers c'est consommation a fond , les bagnoles ( et pas de la caisse de gardien d'usine ) les portables ( GPS et internet minimum ) les fringues ( j'en parle meme pas ) bref c'est la course au top ! alors bien sur pas besoin de venir des quartiers pour etre une fashion victim , mais je ne peux pas dire que Line a tort , et ça fait tres longtemps que c'est comme ça , quand a bosser a McDo pour des cacahuetes . . y'en a beaucoup qui preferent passer un CAP de dealer , suis pas sur qu'ils aient tout a fait tort et je me permettrait pas de juger !