Prise Directe

Rado : « Si tu t'échappes pas de la cité, t'es mort »

Il y a un mois, nous publiions sur Rue89 un nouveau reportage de notre partenaire Prise Directe, blog tenu par des jeunes d'Epinay-sur-Seine avec l'aide de journalistes professionnels. Voici le deuxième volet de ce reportage à Cachan, dans la banlieue parisienne, où Nicolas François et Jerry Njoh ont passé une semaine. Après le face-à-face entre une élue municipale à la jeunesse et ces jeunes dont elle est censée s'occuper, la cité telle que la vit le jeune Rado.

Titulaire d'un bac STT, Rado est actuellement en BTS de gestion. Il est également footballeur au club de Choisy-le-Roi. Nous l'avons rencontré alors qu'il venait saluer quelques amis devant le supermarché Champion du quartier. Traîner, ce n'est pas vraiment son truc, il préfère se déplacer à Paris avec ses amis, comme Tony, animateur en centre aéré.

Bon élève, lucide, volontaire, il n'est pas une « grande gueule ». C'est aussi pourquoi nous avons décidé de lui donner la parole. Ce qu'il a à dire offre une autre vision de la cité, par rapport à l'extrait vidéo précédent. Une vision plus optimiste, qui propose une alternative, une porte de sortie, mais la cité reste toujours ici connotée négativement par ses propres habitants.


En partenariat avec :





Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 82557 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code

4 commentaires sélectionnés

Portrait de dootb2b

De dootb2b

16H43 | 04/01/2008 | Permalien

Etant un jeune de Gentilly( juste à coté de Cachan), je suis content de voir un tel reportage qui montre que nous ne sommes pas des sauvages et que beaucoup d'entre nous(la plupart meme)veulent, comme tout le monde,avoir la vie qu'ils mérite et montrer qu'ils sont aussi capable que n'importe qui.
Merci donc de montrer cet aspect de chez nous.

Portrait de line

De line

18H38 | 04/01/2008 | Permalien

Je suis désolé mais je ne vois pas l'intérêt de cette interview. Rado à l'air bien gentil, mais je ne le trouve pas si intelligent. Enfin pas plus qu'un adolescent banal. Aller au cinéma,acheter des fringues… c'est pas ça qui va le sauver. C'est un bon petit consommateur. Bon ça dépend quels films il va voir vous auriez dû lui demander. Ce témoignage est très banal, et reflète parfaitement la jeunesse de banlieue d'aujourd'hui : des victimes de la société de consommation. Comme le reste de la jeunesse d'ailleurs, mais je crois qu'en banlieue c'est pire.
La société a réussi à transformer ces jeunes en lobotomisés dopés au dernier portable dernier cri, aux marques, aux films débiles, au kfc, mac'do. Bien souvent ils bossent pour pouvoir se payer tous ça, et compromettent leurs études, tout en se faisant exploiter gaiement (job au mc'do, ect).
Moi ça me déprime.
Donc je préfère encore le premier témoignage, filmé à la plaine. Les gamins qui trainent en bas, peut être qu'ils « galèrent », (c'est aussi une grande mode de dire qu'on galère) mais au moins ils ne se font pas exploiter. Et ces petits sont très intelligents et débrouillards, beaucoup plus qu'un fils de bourgeois du même âge encocooné par ses parents.
Je suis étonnée de voir les réactions louer ce témoignage. On dirait que ça vous rassure de voir un jeune de banlieue bien sage, sans revendications. Ils vivent l'injustice au jour le jour mais il faudrait qu'ils jouent le jeu gentiment en respectant les règles, c'est ça ? Merde ! Marre de cette hypocrisie. Réveillez-vous !

Portrait de Tita

De Tita

oiseau | 01H01 | 05/01/2008 | Permalien

Pour réagir sur le sujet et l'ensemble des commentaires, j'aimerais souligner un des problèmes des banlieues. Je mets à dessein ces mots au pluriel car il est évident que chaque banlieue a ses caractéristiques et qu'il n'y a pas qu'un problème.

Le problème que j'aimerais souligner pointe l'image que l'on a des banlieues. Par exemple, habitez dans le 93 peut vous coller une image stéréotypique difficile. Cette attribution d'un tel stéréotype n'est pas si loin d'être une discrimination à l'exemple du noir qui serait violent (racisme) ou de la femme qui serait trop sensible (sexisme). Après tout, croire que tous les maghrébins sont des voleurs, c'est généraliser à toute une population les défauts (avérés ou imaginaires) de certains de ses membres, tout en oubliant allègrement qu'il y a aussi des voleurs chez les autres (les français dit de souche par exemple). Ainsi, par la même logique, croire que tous les « banlieusards » sont des personnes violentes, fainéantes, etc, c'est généraliser à toute une population les défauts de certains de ses membres, tout en oubliant allègrement qu'il y a ailleurs aussi des personnes violentes.

Maintenant, si ce stéréotype est partagé pourquoi n'aurait-il pas d'effet sur la population française ? Ne va-t-on pas avoir une certaine méfiance (même inconsciente) vis-à-vis d'un banlieusard ? Prenez deux CV identiques à l'exception des deux noms, l'un est avec le nom de Pascal et l'autre avec le nom de Mohamed. Vous verrez que le taux d'acceptation est plus grand pour Pascal que pour Mohamed, alors même que tout les recruteurs se diront non-racistes. Ne va-t-on pas avoir le même constat pour un banlieusard ? J'en ai peur.
Par ailleurs, cette méfiance ou cette discrimination ne va-t-elle pas être ressentie par le banlieusard ? Quelle peut être alors sa réaction face à cette discrimination (cette image négative qu'on lui renvoi jour après jour) ? Ne serait-ce pas pour lui une injuste difficile à gérer quotidiennement, méritant presque la violence qu'on lui accole ? Evidemment, je ne justifie pas la violence, je cherche juste à comprendre.

En conclusion, si nous arrêtions de stigmatiser les banlieues, j'ose croire qu'une partie du problème serait retirée. Il ne resterait alors plus que les problèmes que l'on retrouve partout ailleurs à l'adolescence et dans la vie. Cependant, va-t-on arrêter de stigmatiser les banlieues ? J'ai des doutes. J'ai des doutes surtout si on considère l'instrumentalisation des banlieues comme un réservoir de mains-d'œuvre bon marché ou, plus tristement encore, le supermarché de certain média quand leur zèle politique exige de mettre en avant l'insécurité.

Portrait de Blexie

De Blexie

ex Cachanais à Rennes | 19H48 | 05/01/2008 | Permalien

J'ai vécu de l'âge de 3 ans à 24 ans dans une cité de Cachan, ensuite je suis parti dans le Sud de la France puis en Bretagne.
J'étais adolescent à la fin des Années 1970 dans cette banlieue dans laquelle mes copains s'appelaient Gérard,
Kamel, Yazid, Didier, Alain etc…
J'ai bien connu le Maire actuel de Cachan Jean-Yves Le bouillonnec qui était Dirigeant à la St Jean de Cachan un club de football (patronage comme l'AJ Auxerre).
En ce qui concerne Rado,J'ai ressenti les mêmes interrogations, les mêmes motivations avec toujours la volonté de « sortir » d'un problème inéluctable : Métro-Boulot-Dodot
Je m'aperçois que 30 ans plus tard rien a changé dans les mentalités des « nantis ».
J'ai connu la violence des banlieues, une minorité essayait de terrorisé le plus grand nombre par des menaces physiques ou verbales.
De ce côté là, la situation des plus faibles a empirée.
Je me permet de donner un petit conseil aux plus jeunes, si vous êtes confronté à la violence au collège, au Lycée etc… entourés vous de copains solides en formant un bloc que les autres hésiterons à agresser.
La banlieue à toujours les mêmes codes, on ne touche pas à ceux qui savent s'entourés.
Ceci dit je peux vous raconter mes week-end « type » de l'époque : Le vendredi soir soirée tarot jusqu'au milieu de la nuit, le samedi viré à « Belle-Epine » ou « Alésia » à Paris, le soir « Boite de nuit » mais
seulement dans les « Boites » qui acceptaient « mes potes »
étranger (toujours faire Bloc).
Le dimanche Football.
Une variante : Chacun notre tour nous avons fait notre « Service National » aussi ils nous arrivaient fréquemment d'aller chercher notre pote à la Gare de l'Est le Vendredi soir, le parcours était toujours le même : les grans boulevards (pour le cinéma), la rue st denis (pour faire plaisir au « bidasse »), les champs-Elysées (Pour les derniers vinyles sortis aus Etats-unis : Billy paul,les temptations,marvin Gaye etc…
Conclusion : Toute cette période de ma vie m'a permis
de garder « une ouverture d'esprit » et notamment une irrésistible obligation de garder au fond de moi « un esprit de combat »,pour le reste (l'avenir personnel et professionnelle c'est un choix personnel) avec des risques mais quand on choisi une voie il ne faut rien regretter.
Pour finir, ne jamais renier d'oû l'on vient, rester soi-même.

Tous les commentaires