Immigrés, militants et élus dénoncent les conditions de vie et la hausse du nombre de retenus. Témoignages à Vincennes.
Ils n'arrêtent pas de souffler. Les mains jointes autour des lèvres, les membres des familles des retenus tentent ce qu'ils peuvent pour avoir moins froid.
Les deux centres de rétention de Vincennes où sont enfermés 154 hommes et 21 femmes ne disposent pas de salle pour accueillir les visiteurs. Les tête-à-tête sont autorisés dans des parloirs improvisés, tous les jours, mais l'attente se fait dehors, sous un petit abri en bois.
La femme de Rachid, un Algérien arrêté le 28 décembre, patiente depuis plus d'une heure. Sa fille de 6 ans ne l'a pas accompagnée. Il fait trop froid et la fillette n'est pas dupe : « Hier, je lui ai expliqué que Rachid “travaillait” ici. » En France depuis 2001, ce sans-papiers travaillait dans un hôtel 4 étoiles du XVIIe arrondissement de Paris. Il a été dénoncé. Sa femme, française, répète qu'il était déclaré.
« Tous les soirs, les policiers ouvrent la porte de nos chambres, parlent, crient »
Un jeune Malien attend. Il est là pour récupérer ses affaires. Lui était à l'intérieur. Il a été relâché quelques heures auparavant. De ses quatre jours passés dans le grand bâtiment, entouré de barbelés, il retient l'« enfer » :
« On ne dort pas. Tous les soirs, les policiers ouvrent la porte de nos chambres, parlent, crient. Ils nous appellent au micro. Quand on va les voir, ils nous ordonnent de partir. »
Les retenus sont deux par chambres -des lits superposés- et ont des repas corrects à heures fixes, la même chose resservie au déjeuner et au dîner. Il déplore l'état « catastrophique » des toilettes, l'eau froide des douches quand on est le dernier à y passer, et surtout l'absence d'égard et de respect : « On ne vaut rien à leurs yeux. »
Le cabinet du préfet de police de Paris précise qu'aucun incident n'a été constaté. A plusieurs reprises, entre le 28 décembre et le 31 décembre, les « retenus ont montré des mouvements d'humeur » qui ont nécessité des renforts : refus de regagner les chambres, querelles internes, tentative d'incendier une poubelle. A chaque fois, selon la préfecture, la police a rétabli le calme sans incidents. Certains retenus ont refusé de s'alimenter par deux fois mais la police note qu'« il ne s'agit pas d'une grève de la faim. »
La Cimade dénonce des « grosses machines » d'enfermement
La Cimade, seule association à avoir accès à l'ensemble des locaux, s'élève contre les « grosses machines » d'enfermement. Jusqu'à 140 personnes peuvent être enfermées dans l'un des 25 centres de rétention.
« Beaucoup trop », réplique Damien Nantes, responsable à la Cimade du service de défense des étrangers reconduits :
« La rétention administrative a beaucoup évolué depuis le début de notre mission en 1984. A l'époque, il y avait sept centres, et trois fois moins de gens en rétention. C'est tout le paradoxe du mouvement de protestation : à Vincennes, par exemple, les conditions sont plutôt meilleures que dans d'autres endroits.“Mais c'est la violence de la politique du chiffre, l'industrialisation de la rétention, et l'application mécanique de la loi qui sont ressenties le plus violemment par les retenus. Avec le changement d'échelle de la rétention et des reconduites à la frontière, on a vu le nombre de passages à l'acte, d'automutilations et de grèves de la faim augmenter.”
“Et le PS ? Il fait quoi le PS ? ‘
Le constat de David Assouline, sénateur de Paris, venu visiter le centre est le même : les placements en rétention sont trop nombreux (1 800 aujourd'hui contre 700 en 2003) et la durée de l'enfermement est trop long. Depuis 2003, la durée maximale est passée de douze à trente-deux jours.
En pleine interview, des cris fusent : Pourquoi personne ne dit qu'il faut les fermer ces centres ? , Et le PS ? Il fait quoi le PS ? Des militants d'extrême gauche s'indignent contre les réformateurs’ socialistes. (Voir la vidéo)
Une longue altercation oppose le parlementaire, pourtant spécialiste des questions d'immigration, à quelques personnes. (Ecouter la dispute)
Les militants ont souhaité que les caméras soient baissées. Le débat, vif, semble surtout être dû à l'incapacité du parti à adopter une position claire sur l'immigration. David Assouline a tenté de clarifier le discours de Solférino : ‘Régulariser beaucoup plus massivement mais au cas par cas.’ (Voir la vidéo)
Habitués à rendre visite aux retenus, Papi, Nathalie et d'autres militants expliquent qu'à l'exception de l'actrice Josiane Balasko, venue manifester devant le centre le 1er janvier, personne n'est autorisé à visiter l'ensemble des locaux. (Ecouter la discussion)
Serge Portelli, vice-président au tribunal de Paris et membre du syndicat de la magistrature, a expliqué les conditions d'accès dans les centres de rétention :
‘Seuls les parlementaires ont vraiment un pouvoir de contrôle mais ils ne l'exercent pas. Quant aux magistrats, hormis les procureurs, trop soumis au pouvoir hiérarchique, ils ne sont pas les mieux placés pour incarner ce contre-pouvoir, or on refuse l'entrée aux magistrats du siège.’
Selon lui, ‘c'est surtout l'ampleur du phénomène et la politique du chiffre qui posent problème aujourd'hui’. Craignant que ces centres n'évoluent vers ‘une forme de camps de concentration’, Serge Portelli brandit le risque que le projet de directive européenne, bientôt en discussion, ne soit adopté : les sans-papiers interpellés pourront ainsi être gardés en centre de rétention jusqu'à dix-huit mois.
Des mouvements de protestations ont aussi agité ces derniers jours le centre du Mesnil-Amelot, en Seine-et-Marne. Selon Libération, mardi midi, certains sans-papiers ont refusé de prendre leur repas et ont manifesté pendant plus d'une heure.
► Mis à jour le 03/01/2008 à 21h10 : formulation ambiguë de Serge Portelli modifiée à sa demande.
Chloé Leprince et Zineb Dryef




















208
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De contactani
15H39 | 03/01/2008 |
Bravo rue89 c'était pas trop tard de vous réveiller.
à contactani
De napakatbrax
15H52 | 03/01/2008 |
Roissy, Vincennes, …
Le Canard Enchainé rapporte aussi que dans un tribunal, les « accusés » étaient privés de nourriture pendant toute une journée, car il fallait à tout prix faire passer tout le monde dans la journée (avant la fin de l'année), question de chiffres… et personne n'avait prévu cet afflux massif en cuisine…
http://lesmots.freelatitude.net
à contactani
De éternellerebelle
enragée ! | 18H04 | 03/01/2008 |
Pardon ,mais RUE 89 est parmi les rares médias qui alerte ,jour et nuit ,sur ce probléme si grave qui a tant de mal a interesser ,une partie de nos concitoyens
Donc ,éteignez la télé et connectez vous à ce site .
cordialement
à éternellerebelle
De jissé
Ingé retraité | 21H05 | 05/01/2008 |
A éternelle ..
Mécréant - de toutes religions - antimilitariste - de toutes nationalités - J'essaye de rester objectif, au cas par cas.
Site du Monde : (je ne sais pas comment on insère un lien) Les moines Franciscains de Toulouse s'indignent des centres de rétention.
Et le font savoir, par leur présence muette.
Roselyne ou Boutin, nos « bonnes-âmes cathos » vont leur envoyer les CRS ?
Vive les moines, Madame, à bas le chanoine !
à éternellerebelle
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 15H13 | 07/01/2008 |
« Paul Wenn et Wahid Bridji, retenus l'un au centre du Mesnil-Amelot, l'autre à celui de Vincennes, ont été expulsés hier matin, vers le Gabon et l'Algérie. Paul avait pris le relais de la protestation au Mesnil-Amelot après le transfert d'Abou N'Bianor, libéré depuis. Il avait mené une grève de la faim sans concession… »
http://www.humanite.fr/2008-01-05_Societe_Contre-la-greve-l-expulsion
à contactani
De pablico
19H46 | 03/01/2008 |
bravo rue89 ! ! doublement bravo quand l'information est reprise par d'autres journaux. Mais ce n'est pas toujours le cas dans l'omerta de l'information.
C'est très dur, de faire passer des informations qui amènent à réfléchir, nous situer et prendre parti.
C'est simple de reprendre les informations des amours et autres turpitudes présidentielles. Il n'y a pas à réfléchir, ni prendre parti.
On nous aime en spectateurs passifs, bien sages comme des moutons.
à contactani
De bertdo
Instituteur, mais marre de l'être. | 00H03 | 04/01/2008 |
Ca rappelle une époque où le réveil fut très douloureux quand on découvrit les camps surchargés d'hommes en pyjamas rayés.
Honte au pays des droits de l'homme qui cette fois se trouve du côté des persécuteurs.
http://bertdo.over-blog.net
à contactani
De marie 75
3563
13H45 | 04/01/2008 |
SANS PAPIERS
en lutte>>>coordination nationale
Rappel : Ce dimanche 6 janvier 2008 à 10h se tient la réunion de mise en place de la Fédération des CSP Parisiens et d'Île de France. Cette réunion a été décidée par les CSP suivants lors de la réunion du 09/12/07.
Ordre du jour : - 1) Mise en place sur la base du règlement intérieur adopté de la Fédération - 2) Préparation de la Manifestation nationale décentralisée du samedi 26 janvier 08, le trajet à Paris est Denfer Rochereau à 14h au Minstère de a soi disant « 'identité nationale » - 3) préparation de la marche nationale de février/mars 2008.
L'actualité de la formidable combativité des sans papiers détenus aux centres de rétention de Mesnil Amelot et Vincennes donne un caractère urgent et d'importance majeure à cette réunion de la Fédération des CSP.
Donc la présence de tous est indispensable.
PS : la CNSP relaye l'appel de la Coordination 75 appelle à un rassemblement Place Châtelet à Paris le vendredi 04/01/08 de 14h à 18h pour protester contre le fichier Eloi et pour la régularisation des sans papiers.
La CNSP félicite les soutiens qui se mobilisent en apportant leur soutien aux courageux sans papiers en grève de la faim dans les centres de rétention de Mesnil Amelot et Vincennes, notamment l'action solidaire menée par les personnalités comme Balasko.
à contactani
De marie 75
3563
15H23 | 04/01/2008 |
Bonjour,
Merci encore pour votre mobilisation contre ce nouveau projet de loi liberticide.
La pétition contre le projet de loi instaurant une rétention de sûreté sur présomption de dangerosité continue son chemin.
Une trentaine d'organisations et plus de 500 personnes l'ont signé. La pétition peut être désormais signer en ligne sur le site www.contrelaretentiondesurete.fr.
Les signataires y ont été publiées et vous pouvez y consulter quelques documents sur le sujet.
Nous souhaitons diffuser au maximum cet appel le plus rapidement possible, le texte devant être étudié par l'Assemblée Nationale dès le 8 janvier (mardi prochain). La procédure d'urgence a été déclarée ; il n'y aura donc qu'une seule lecture devant chaque chambre. Cependant, le Sénat semble être prêt à amender largement le texte et à provoquer la réunion d'une commission mixte paritaire. Ainsi, la mobilisation doit rester forte de la part des organisations, des parlementaires et des membres de la Société civile qui souhaite s'opposer à ce type de projet de société.
N'hésitez donc pas à diffuser largement le site www.contrelaretentiondesurete.fr dans vos réseaux.
Meilleurs voeux pour cette nouvelle année.
Le GENEPI, le SNEPAP-FSU et le Syndicat de la Magistrature.
à marie 75
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 20H12 | 06/01/2008 |
et…
écrire aux députés européens & signer la pétition contre la http://www.directivedelahonte.org/ qui prévoit d'allonger à 18 mois la période légale de rétention & légalise aussi l'interdiction de territoire pendant 5 ans est aussi un petit geste qui coûte fort peu mais qui, à condition de faire crouler les députés sous les mails, peut servir…
(type modèle de lettre pour combler le manque éventuel d'inspiration :
Madame, Monsieur,
J'ai pris connaissance du projet de directive sur la rétention et l'expulsion des personnes étrangères qui sera soumis au Parlement européen dans les semaines qui viennent.
Je tiens à vous faire part de mes plus vives critiques à l'égard de ce projet de directive. Comme vous le savez certainement, celui-ci prévoit une durée de rétention pouvant atteindre 18 mois pour des personnes dont le seul délit est de vouloir vivre en Europe, ainsi qu'une interdiction pour 5 ans de revenir en Europe pour toutes les personnes renvoyées.
Avec les 14 organisations européennes qui ont lancé l'appel « Non à la directive de la honte ! », je m'insurge contre ces dispositions qui portent en elles une logique inhumaine. Cette logique est celle de la généralisation de l'enfermement des personnes étrangères, qui stigmatise les sans-papiers et les transforme en délinquants à exclure.
Je vous invite donc à positionner officiellement contre ce projet et à le rejeter lorsqu'il sera soumis à votre approbation.
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.)
En prime, vous recevrez peut-être une réponse, et un aperçu des amendements portés au projet initial de la Commission, ca fait froid dans le dos… et souligne les complexités du « droit » européen concernant l'inhumain.
Il s'agit bien de camps de rétention, et la logique administrative qui les régit, donc la suspension du droit, légitime bien le parallèle fait avec Drancy, par exemple par le philosophe italien Giorgio Agamben :
« La définition schmittienne de la souveraineté comme pouvoir de “ proclamer l'état d'exception ” est devenue un lieu commun. Mais l'état d'exception, dimension juridique abstraite, a besoin d'un lieu pour devenir concret : chez Agamben, ce lieu, c'est le camp. Dans le camp, l'état d'exception, qui consistait essentiellement en une suspension provisoire de l'ordre, se dote d'un ancrage spatial permanent. Les camps constituent des sphères d'exception à l'intérieur d'un territoire, et se trouvent en dehors du domaine d'application de la loi. Le camp est par là même le lieu dans lequel la dimension biopolitique du pouvoir souverain devient productive. C'est là qu'elle s'exerce sur des sujets internés. En leur refusant tout statut juridique ou politique, comme dans les camps de réfugiés ou de prisonniers, elle les réduit à leur seule existence physique. En soutenant que cet état d'exception, provisoire ou limité à un territoire, devient la nouvelle norme, Agamben décrit le camp comme un lieu où le nouveau droit émerge de l'absence de droit qui pourtant le caractérise. La suspension de l'ordre juridique, de mesure provisoire, se transforme ainsi en une technique permanente de gouvernement. L'état d'exception, qui se manifeste sous diverses formes d'exterritorialité, devient alors un nouveau régulateur du système politique. »
http://multitudes.samizdat.net/spip.php ? article1798
Il n'y a pas de moyen digne de rejeter les personnes privées de titre de citoyenneté. On a pas à les « faire rentrer dans le droit », mais à leur accorder la citoyenneté au lieu de les maintenir en tant que citoyens de seconde zone, main-d'oeuvre corvéable à merci. Ce vivier de sans-papiers d'un côté, de chômeurs de l'autre, a une incidence directe sur le quotidien professionel de tous les citoyens français. Etre égoïste, ici comme ailleurs, c'est être solidaire !
à contactani
De marie 75
3563
15H43 | 04/01/2008 |
Communiqué du Gisti
Fichier ELOI
Malgré quelques reculs, ladministration de lexpulsion sindustrialise
Le fichier ELOI vient dêtre officialisé par un décret du 26 décembre
2007, après que sa création par arrêté du 30 juillet 2006 avait été
annulée par le Conseil dÉtat à la suite dun recours formé par les
associations signataires.
Alors que lannulation était uniquement motivée par des questions de
procédure, la nouvelle version du fichier ELOI comprend quelques avancées.
Les associations obtiennent ainsi gain de cause en faisant reculer le
gouvernement sur certains points. Ainsi, les visiteurs en centres de
rétention ne sont plus fichés. De plus, lidentité des hébergeants des
étrangers assignés à résidence nest plus conservée que pendant trois mois
au lieu de trois ans : le progrès est important, bien que cette
conservation demeure injustifiée après la fin de lassignation à
résidence.
Mais concernant les étrangers eux-mêmes, le fichier ELOI demeure tout
aussi inacceptable. La réduction à trois mois de la durée de conservation
de certaines données nest quun leurre, tant les données concernées sont
limitées. Plus grave, les enfants de ces étrangers demeurent fichés,
pendant trois ans. Non seulement ces données sont non pertinentes pour la
mise en oeuvre de la procédure déloignement de lun de leur parent, mais
de plus cela aboutit à ficher des enfants qui ne peuvent pas faire lobjet
de mesures déloignement forcé. Ils sont ainsi désignés à lattention de
ladministration et de la police, ce qui peut compromettre leurs chances
dobtenir ultérieurement un titre de séjour, sans compter les liens
possibles avec dautres fichiers de type base-élève. De plus, le fichier
ELOI comprend toujours des données sur la « nécessité dune surveillance
particulière au regard de lordre public », qui témoigne dune
association, consciente ou non, entre immigration et délinquance dans
lesprit des gouvernants.
Le décret comprend par ailleurs des nouveautés inquiétantes.
Dabord, il ajoute une nouvelle finalité au fichier ELOI, celle de
létablissement de statistiques relatives aux mesures déloignement et à
leur exécution. Ces statistiques ne sont nullement encadrées dans le
décret, ce qui autorise des requêtes à partir déléments directement ou
indirectement nominatifs, comme le note dailleurs la CNIL dans son avis
du 24 mai 2007 sur le projet de décret. De plus, laffichage dune telle
finalité nest en rien anodine dans le contexte actuel où il sagit
surtout datteindre des objectifs chiffrés.
Ensuite, les données relatives à létranger sont complétées par une
quantité impressionnante de données administratives et judiciaires,
relatives à la procédure déloignement, aux procédures juridictionnelles
éventuellement mises en oeuvre dans ce cadre, à la détention de
létranger, lorsquil est éloigné alors quil est en prison. La plupart de
ces données seront conservées pendant trois ans, dautres pendant trois
mois.
Lobjection quil ny aura pas dinterconnexion avec dautres fichiers ne
tient pas. Un décret est facilement modifiable, et lhistoire de ces
dernières années a montré combien sont systématiques les extensions de
finalités. De plus, la durée de conservation de la plupart des données
pendant trois ans est édifiante à cet égard. En outre, on sait bien que
ces données serviront tôt ou tard à des échanges au niveau européen dans
le cadre de lespace Schengen. Enfin, ladjonction du numéro AGDREF (qui
est aux étrangers en France ce que le NIR est aux ressortissants français
: un numéro national didentification, unique et immuable, bien que non
signifiant) à la liste des données relatives à létranger dans le fichier
ELOI vient confirmer la signification réelle de ce fichier :
ladministration de lexpulsion des étrangers sorganise et se rationalise
de manière de plus en plus précise. En un mot, elle sindustrialise.
Le 3 janvier 2008
Organisations signataires : Cimade, Gisti, Iris (Imaginons un réseau
Internet solidaire), Ligue des droits de lhomme.
Pour plus de détails, voir :
* Le décret n°2007-1890 du 26 décembre 2007 de création du projet ELOI
* Lavis rendu le 24 mai 2007 par la CNIL sur le projet de décret
* Le dossier dIRIS sur les fichiers et les étrangers, avec tous les
documents relatifs à lhistorique du fichier ELOI.
http://www.gisti.org/spip.php ? article1045
à contactani
De marie 75
3563
20H07 | 04/01/2008 |
Se suicider pour ne pas être expulsé, hier à Choisy-le-roi
Serguei, 36 ans s'est entaillé les veines hier soir pour ne pas être expulsé. Il a suite à cela brièvement été hospitalisé, puis expulsé ce matin.
Des papiers pour tous ou plus de papiers du tout !
Après avoir été hospitalisé brièvement jeudi après s'être entaillé les veines avec une lame de rasoir au local de rétention de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), la veille de son expulsion Serguei Dontsu a été expulsé vendredi matin par avion, selon la Cimade.
Il avait été transféré jeudi matin de la maison d'arrêt de Fresnes (Val-de-Marne) au local de rétention de Choisy-le-Roi, et avait régurgité après son arrivée une lame de rasoir qu'il avait précédemment avalée, et s'était entaillé les veines. Conduit à l'hôpital pour y être soigné, il avait été ramené au local de rétention au bout de deux ou trois heures, selon la même source. La préfecture du Val-de-Marne a confirmé l'incident. Il s'agit de quelqu'un qui devait être reconduit vendredi à la frontière, a précisé la préfecture. M. Dontsu, sous le coup d'une interdiction du territoire français de trois ans en date de mars 2006, avait été conduit au local de rétention en vue de son expulsion après avoir purgé une peine d'emprisonnement à Fresnes.
Le local de rétention administrative de Choisy-le-Roi a une capacité d'accueil de 14 personnes pour une durée de 48 heures.
De catpat95
16H02 | 03/01/2008 |
Au fait, qu'est-il advenu de l'employeur de Rachid ? Rien bien sûr…..
De Gosseyn
16H03 | 03/01/2008 |
C'est plus fort que moi, enfermer des gens qui n'ont commis qu'une faute, celle de naitre ailleurs, évoque de tristes images d'un autre temps.
Les pièges tendus dans les préfectures, les descentes dans des stations de metro transformées en souricières, guetter ceux qui vont à la soupe populaire ! Comment ne pas dire que ce sont bel et bien des rafles !
On enferme dans des camps de « rétention » (il faut toujours bien choisir ses mots dans ce monde moderne) des pères et des mères de famille, on sépare les enfants. On éloigne pour ne pas dire qu'on déporte.
Pourtant ces gens, ces hommes et femmes participent à la croissance de ce pays. Ils produisent et ils consomment. Souvent ils paient des impôts, pas besoin d'avoir ses papiers pour celà.
L'histoire moderne de l'Occident est malheureusement riche de ces pratiques. Bien sur, il y a l'horreur de la Shoah. Mais, on nous répond que ce n'est pas pareil, on n'extermine pas les sans-papiers. Mais il y a aussi les camps de Japonais aux Etats-unis pendant la seconde guerre mondiale, ceux de réfugiés républicains en France après la guerre civile espagnol, qui s'ajoutent entre autres au sort fait aux Juifs, Tziganes, malades mentaux et tout indésirable aux yeux des nazis.
Alors même si vous considérez que l'immigration est un problème, posez-vous cette simple petite question :
Nous comportons nous dignement dans cette histoire ?
En tant qu'être humain, êtes-vous fier de ce qui arrive dans notre pays ?
J'ai bien peur que non.
à Gosseyn
De maroed
directrice d'une asso pour Handicap... | 16H42 | 03/01/2008 |
J'aurais aimé écrire ce que vous avez écrit avec une telle sagesse ! … moi, je suis une femme en colère pour ces centres de rétention, pour ces lois (eloi, la double peine pour les « fous »….)Honteuses, pour le manque de respect de nos valeurs fondamentales : Liberté, Egalité, Fraternité. Honteuse avec un gouvernement sans honneur. Aujourd'hui, il y a vraiment de quoi avoir mal la France.
à Gosseyn
De re-belle
mère au foyer | 17H21 | 03/01/2008 |
l'histoire ne nous donne pas de leçons, puisque nous refaisons les memes odieuses bétises ! ! ! …sommes-nous lobotomisés ou sommes-nous atteints de cette maladie d'alzemer(non génétique mais plutot comportementale) ? ? ? ! ! ! …
à Gosseyn
De durcet
18H50 | 03/01/2008 |
Bravo
à Gosseyn
De magellan
retraite de la chimie | 19H32 | 03/01/2008 |
Bon tout ca c est bien Alors pourquoi ne pas aller au bout de votre raisonnement a savoir l ouverture totale des frontieres ? Et puis vous m expliquerai quel travail vous offrirez a ces gens Africains pour la plupart qui ne parlent pas notre langue qui n ont aucune qualifications dans l activite industrielle ou commerciale d un pays developpe.Et puis il faudra les soigner Donc tout ca se fera a nos frais Bien sur Balasko pourra payer + d impots pour financer tout ca Mais moi pas Quant a vous je n en sais rien Je sias que je ne suis pas politiquement correct et je ne fait pas partie des bobos parisiens (heureusement pour moi)Ce que je remarque c est que la bien pensance ne s applique que pour les etrangers Bizarre non ?
à magellan
De peut-être
21H32 | 03/01/2008 |
magellan
si tu poses ta main sur une plaque chaude instinctivement tu la retire,l'immigration est un phénomène normal tout comme les hirondelles fuient l'hiver d'autres des hommes fuient d'autres formes d'hiver, d'autres forme de plaques chaudes.
à magellan
De dideix
00H07 | 04/01/2008 |
pas besoin de vous demander pour qui vous votez ? un peu facho bobo
à magellan
De Unstern
03H48 | 06/01/2008 |
@ Magellan
Ce type de « raisonnement » est typique des partisans de l'actuel gouvernement.
La recette, assez simple, consiste à : 1º ne pas même écouter les arguments de ses adversaires ; 2º. caricaturer ces arguments (qu'ils soient pertinents ou non) jusqu'à les rendre indéfendables ; 3º. terminer la manœuvre en prétendant (en toute mauvaise foi) qu'il y a identité entre les arguments qu'on veut détruire et la caricature qu'on vient d'en faire.
C'est vieux comme le monde et ça s'appelle la technique de l'amalgame. Une technique que toutes les dictatures et tous les régimes autoritaires — de droite ou de gauche — utilisent depuis toujours.
à Gosseyn
De Ener
en Provence | 21H02 | 05/01/2008 |
Oui en France nous avons le précédent des réfugiés espagnols, il y a sept decennies. C'est encore une honte pour notre pays !
De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
16H09 | 03/01/2008 |
J'ai vu les photos de quelques-uns de ces centres, pour moi il s'agit de camps d'internement, les barbelés ne laissent pas de doute.
Autant je peux concevoir qu'en l'attente d'une décision de justice, ces personnes doivent loger quelque part, autant je m'insurge contre le délai de « rétention », qui est contraire aux droits de l'homme. Ces gens sont maintenus comme des lapins en cage pendant des semaines, voire des mois. On parle de suicides, d'enfants incarcérés.
Assez ! ! ! !
à Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
De françoise.V
p'tite lyonnaise | 17H12 | 03/01/2008 |
Le délai de « rétention » maximum actuel est de 32 jours, ce qui est déjà émorme…
Il est question au niveau européen de le faire passer à 18 mois…et d'assortir ça d'une interdiction de retour sur le territoire de 5 ans…
Pour ceux qui sont contre :
http://www.directivedelahonte.org/
J'ai été visiteuse en CRA, à St-Ex Lyon, je confirme les lapins en cage, les enfants, les tentatives de suicides,la maltraitance policière…
à françoise.V
De sabaudia
18H40 | 03/01/2008 |
un peu de courage journalistes de tous bords, arrêtez de parler de « chambres »
à françoise.V
De bisane
13H54 | 06/01/2008 |
Ca va être embêtant, si cette directive ne passe pas, parce que la construction des nouveaux CRA risque de ne servir à rien !
Je plaisante (enfin…)
Merci de ce rappel !
A quand un nouveau statut pour ces Centres de … rétention, un peu plus respectueux des droits de l'homme ?
Rappeler aussi les conditions d'arrestation, souvent mensongères, de ces sans-papiers.
Un des « meneurs » du Mesnil-Amelot s'est fait arrêter alors qu'il répondait à une convocation pour « rééxamen de sa demande de régularisation ».
Rappeler ELOI (http://social.societal.free.fr/ ? p=129#ELOI), et surtout que l'« immigration de travail » reste réservée à certains ressortissants… pas à tous !
Et se demander quel sera l'objectif fixé à Hortefeux pour 2008, et quelle sera sa note !
De kamelya
16H18 | 03/01/2008 |
Ou sont ils en effet les socialistes, les communistes, les verts, la LCR … n'est ce pas le moment de s'unir pour dénoncer d'une même et seule voix cette honte du pays des droits de l'homme. Sans blague, elle est ou cette époque ou la voix de l'extrême droite était couverte par l'enthousiasme de la gauche, elle est ou cette époque ou la gauche mobilisait son énergie et ses forces pour les droits de l'homme, elle est ou cette gauche qui n'aurait pas supporté les quota, les fichiers, les tests ADN. On compte aujourd'hui plus d'artistes manifestant devant les portes de la honte que d'élus qui restent planqués.
La gauche n'a pas le choix elle doit faire resonner sa voix et elle sera sans doute surprise de l'écho qu'elle rencontrera. Je suis convaincue qu'un tas de militants, de sympathisants n'attendent que ça.
à kamelya
De bisane
14H02 | 06/01/2008 |
Il me semble que la question n'est ni de droite, ni de gauche, et qu'elle dépasse largement ces clivages !
Mais il est vrai que le silence de la gauche à ce sujet est assourdissant !
Et sans doute représentatif du flou de ses propres positions sur ces questions… loin de l'enthousiasme que vous souhaitez.
Grave !
à bisane
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 20H27 | 06/01/2008 |
Bien sûr, il ne s'agit absolument pas de politique, ni de droit, ni d'économie, simplement de charité chrétienne… Ecrivez à Hortefeux et à Marine Le Pen, je suis sûr qu'ils seront d'accord avec cette affirmation étonnante ! Bien cordialement, et si vous avez une après-midi de libre, la Mésentente du philosophe Jacques Rancière (http://www.cndp.fr/tr_exclusion/bf_ranc.html) est bien intéressante…
De I.P
Flat4 | 16H23 | 03/01/2008 |
Je suis comme beaucoup ici choqué par les conditions de rétention de ces personnes, malheureusement je suis bien incapable de déterminer quelle serait la solution la moins mauvaise pour tout le monde.
Par contre je ne peux m'empêcher de tiquer quand je lis les parallèles avec la seconde guerre mondiale et les déportations. Ne mélangeons pas tout je vous prie, ce genre d'amalgames faciles ne fait que décrédibiliser les contestataires.