Les éminences grises survivent rarement à leurs mentors : n'est pas Mazarin qui veut. Combien de temps Henri Guaino restera-t-il celle du Président ? L'homme ne manque pas d'ennemis, mais il faut plus y voir un attribut de la fonction de conseiller politique d'un chef d'Etat que l'annonce d'une disgrâce. Si risque il y a, c'est plutôt du côté de Bruxelles qu'il faut chercher. A l'approche de la présidence française de l'Union européenne, au second semestre, la gêne suscitée par les positions du conseiller du président ira en grandissant. Car l'intéressé ne manifeste aucun signe d'apaisement de la détestation viscérale qu'il voue à la chose bruxelloise.
Une interview corrosive au Financial Times
Le 10 décembre, le Financial Times Europe a publié, sous le titre » les Français veulent une Union européenne pragmatique » , une interview du » stratège politique du président » où il aborde ses deux thèmes de prédilection : la monnaie unique et la politique de la Banque centrale européenne, d'une part, et la politique de la concurrence, d'autre part, également exécrées.
L'ancien adversaire de Maastricht déclare sans surprise, que
» la France veut renforcer la gouvernance politique de la zone euro et (…) discuter de la politique monétaire car dans une démocratie, on devrait être capable de discuter de tout » .
Il laisse également entendre que si, » pour le moment il n'était pas question de modifier les statuts de la BCE » , cela ne saurait être exclu à l'avenir, ce qui n'a pas manqué pas de faire bêler les brebis francfortoises.
Cette interview a produit l'effet escompté, celui d'une goutte d'acide versée sur le lien ténu qui relie Paris à Berlin.
Le FT a orchestré lui-même la controverse en publiant peu après, dans son édition allemande, une réponse cinglante d'un de ses commentateurs vedettes, Wolfgang Münchau.
Plutôt quitter la zone euro et revenir au mark que d'en rendre sur l'indépendance de la Banque centrale européenne, assurait Münchau, se faisant l'écho de l'état d'esprit dominant Outre-Rhin.
Dénis de réalité
Premier déni de réalité de la part du conseiller politique du président : il ne reconnaît pas le fait que l'euro s'est fait au prix de l'indépendance de la BCE et qu'il ne survivrait pas à sa remise en cause. Déni assorti d'un mensonge par omission : le traité de Maastricht n'interdit nullement les gouvernements nationaux d'arrêter une politique de change ; ceux-ci se sont abstenus de le faire jusqu'à présent, faute de consensus.
Au lieu d'avoir prolongé l'union monétaire sur le terrain fiscal et salarial, Paris et Berlin, guidés par leurs agendas politiques nationaux, ont misé sur la concurrence intra-européenne. Et à ce jeu, Berlin a nettement gagné. On peut reprocher à M. Schröder et à Mme Merkel d'avoir joué la carte nationale.Mais, si le but est de les ramener à une approche européenne, les propos de M. Guaino sont certainement contreproductifs. Ne lui en déplaise, le seul pouvoir en Europe qui raisonne actuellement en termes d'intérêt européen en matière monétaire, c'est la BCE.
Pour faire bonne mesure, M. Guaino annonce que la France n'a pas l'intention de réduire ses dépenses publiques à court terme en dépit de l'aggravation alarmante des comptes publics. De ses propos ne transpire pas le moindre soupçon d'une obligation à l'égard des autres pays de la zone euro en matière de discipline budgétaire, obligation qui est pourtant au fondement du contrat, du » pacte » , par lequel, depuis 1999, 15 pays européens ont troqué leur monnaie contre l'euro.
Un paquet fiscal de 12 milliards d'euros comme celui décidé par le gouvernement avant les législatives aurait , à coup sûr, entrainé un décrochage du franc sous le régime de change quasi-flottant (le serpent monétaire) qui prévalait huit ans plus tôt. C'est exactement ce qui arriva à François Mitterrand lorsqu'à peine élu, il ouvrit grand les vannes de la dépense publique au nom, lui aussi, d'une politique de la demande. Deuxième déni de réalité de M. Guaino : en reprenant gaillardement le chemin du déficit, le président fait de son pays l » » obligé » des autres pays de la zone euro. Sarkozy sans l'euro, c'est le Mitterrand des dévaluations. Il n'y a qu'à Paris où l'on feigne de l'ignorer.
La concurrence honnie
Reste la très détestée politique de la concurrence. Le conseiller du président assure :
» Certes, la concurrence vaut mieux qu'un monopole. Mais si vous avez une vision religieuse, dogmatique, vous allez finir par mettre l'économie européenne dans une situation d'extrême infériorité comparée à tous les autres pays » .
L'un des effets du débat sur le traité constitutionnel rejeté en 2005 aura été en effet que la politique de la concurrence apparaisse comme l'expression d'un dogmatisme libéral européen, comme l'image même de l » » Europe dont nous ne voulons pas » . On ne peut pas reprocher à Henri Guaino de faire preuve d'opportunisme politique en reprenant cette idée, puisqu'il la défend depuis au moins 15 ans. A cet égard, la relecture de » L » étrange renoncement » , son essai publié par Albin Michel en 2000 après son départ du commissariat au Plan, est éclairant.
Le débat sur la politique européenne de la concurrence, contrairement à ce qu'il laisse entendre, n'est pas interdit. La question de savoir si, en matière de concurrence entre entreprises, de subventions publiques ou de normes environnementales, l'Europe peut se montrer plus vertueuse que ses concurrents du reste du monde -qu'ils soient Américains ou Chinois- est bel et bien posée. Mais la réponse ne fait pas l'objet d'un consensus. Ce qu'en revanche nul ne songe à défendre, c'est un retour à la non-politique de la concurrence qui prévalait en France jusque dans les années 1980.
Soft power et régulation
L'Europe doit exercer son soft power (pouvoir d'influence) et amener, grâce à son poids économique, les autres pays vers son modèle de régulation, affirmait récemment encore, dans un débat, le commissaire européen Joachin Almunia. Et le secrétaire d'Etat aux affaires européennes Jean-Pierre Jouyet, qui lui faisait face, de répondre : certes, commissaire, mais en attendant que nos concurrents se montrent aussi exigeants que nous, que faisons nous ?
C'est dans cet échange que se résume le débat européen, et non dans des tentatives maladroites d'affaiblir la Commission européenne dont le rigorisme heurte évidemment les Etats. Faut-il rappeler que, sans Mario Monti, le sauvetage d'Alstom aurait coûté autrement plus cher, non seulement au contribuable français, mais aussi au reste de l'Europe ?
Qui est responsable des ratés français ?
En quoi la politique industrielle de la France ces 20 dernières années peut-elle se prétendre exemplaire ? En quoi peut-on imputer ses ratés à l'intervention de Bruxelles ? La Commission, sache-t-on, n'a pas aidé l'establishment politico-financier de l'ère Mitterrand à creuser la tombe du Crédit Lyonnais. Quelle politique de champion nationaux peut-on sérieusement soutenir, quand plus de 50% du capital du CAC 40 est détenus par des investisseurs non résidents ?
La politique de la concurrence, expression de puissance
Enfin, qui peut contester que la politique de la concurrence est devenue ces dernières années une expression essentielle de la puissance européenne dans le monde ? Bruxelles est en pointe pour tenter de définir les nouvelles règles du jeu dans l'économie de l'immatériel qui met à mal les anciens concepts de régulation et oblige à repenser la notion même de concurrence. Si l'Elysée a des recommandations à faire sur la question, elles seraient certainement bienvenues.
Bonnes questions, mauvaises réponses
Le problème avec Henri Guaino est que, comme avec d'autres avant lui, il pose de bonnes questions mais n'y apporte pas les bonnes réponses. Ce fils de la république hait de tout son être le monstre bureaucratique bruxellois, comme un enfant l'ogre des contes de sa grand-mère. Cette prise de position à six mois de la présidence française oblige à s'interroger sur les orientations de l'Elysée, puisqu'il est désormais admis que c'est à cela que se résume le pouvoir exécutif, en matière de politique européenne. Avec de tels arguments, on maintient le débat français sur ces questions au niveau le plus bas.
Quelles sont les positions françaises sur l'Union ?
Peu après la parution de l'interview, j'interrogeai un représentant de la République à la faveur d'un » briefing » préalable au sommet du 14 décembre. Comme celui-ci avait évoqué la publication récente par le Premier Ministre britannique d'un livre blanc sur » L'Europe et la mondialisation » , je lui demandais si le gouvernement français n'aurait pas lui aussi un tel livre blanc dans ses tiroirs. Histoire d'informer le bon peuple, la presse, les gens, quoi ! La perspective de la présidence française de l'Union européenne, mais surtout le changement de locataire à l'Elysée ne justifiaient-elles pas un document un peu conséquent qui présente les positions françaises sur la politique de l'Union voire, audace extrême, les soumettent au débat public ?
Ou bien, au contraire, fallait-il s'en tenir aux interviews données par le conseiller politique du président au Financial Times, pour savoir en savoir plus sur la position française concernant la construction européenne ?
Puisque de toute évidence, cette politique ne s'élaborait pas au Parlement (nouvel exemple de l'anéantissement du pouvoir parlementaire sous la Vème République), puisqu'elle n'émanait aucunement de Matignon, puisque donc il semblait qu'elle provenait uniquement de l'Elysée, fallait-il en conclure qu'elle était conçue dans le bureau du conseiller politique du Président ?
Le public écarté du débat
Voici ce qu'il fut répondu.
- Premièrement, les Britanniques ont un rapport complexe à l'Union européenne qui les oblige à refaire en quelque sorte acte d'allégeance régulièrement. D'où il fallait déduire que leur livre blanc n'avait rien à voir avec une pratique politique moderne, constructive, une peu technocratique, certes, mais au moins respectueuse de l » information du public, et non absolument rétive au débat, mais qu'il n'était que la manifestation trompeuse de la notoire duplicité britannique. Une manière un peu facile de justifier l'absence, en France, de consultation du public, de la société civile, des corps intermédiaires, consultation qui existe aussi peu dans la réalité qu'elle a été prévue formellement puisqu'elle a même son chargé de mission au cabinet du secrétaire d'Etat Jean-Pierre Jouyet.
- Deuxièmement, Henri Guaino est coutumier du fait. Il avait déjà donné plusieurs interviews. En clair : laissons le causer.
- Troisièmement, le président de la République définit et conduit la politique européenne de la France. Il n'y a qu'à relire ses discours pour savoir quelle est la politique européenne de la France.
Sachant que la constitution de la Vème République prévoit que le président » définit et conduit la politique étrangère » , deux options sont possibles :
Soit le politique européenne relève de la politique étrangère, ce qu'aucune personne s'étant un tant soit peu intéressée à l'agenda politique européen (politique agricole, protection de l'environnement, politique de la concurrence, immigration, etc.), et a fortiori un diplomate chevronné, ne peut sérieusement prétendre.
Soit nous avons changé de régime sans modifier la constitution. Ce qui semble plus probable.
» l'Eysée qui décide »
» Depuis 25 ans que je suis là, c'est l'Elysée qui décide » , constate amusé, un de mes collègues chevronnés. Le risque est cependant qu'en persévérant dans le déni de réalité, ce qui se décide à l'Elysée ait, au mieux, un effet d'affaiblissement sur l'action commune entre Européens, au pire, aucun effet du tout. » Guaino a son propre agenda » , m'assurait pour sa part une source bien placée à la Commission européenne, » c'est d'aller à la crise » . Et de refaire sonner les clairons du dogmatisme bruxellois.





















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De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 23H29 | 03/01/2008 |
Bon. Résumons.
Sarkozy :
- On va dans le mur, là…
Guaino :
- Accélère !
à thierry reboud
De Florence Autret
(auteur)
Journaliste | 08H52 | 04/01/2008 |
Le message de Guaino porte en effet mais Sarkozy ne peut pas le faire complètement sien. Il a besoin de l'Europe pour beaucoup de choses. Exemple : la politique d'immigration. Il faut se souvenir qu'avec Schengen, la France ne contrôle plus ses frontières extérieures. La politique française est largement une politique européenne. Se souvenir du pataquès lorsque Zapaterro a régularisé en masse des sans-papiers. Régularisés en Espagne, ils l'étaient de fait également en France.
Et puis il y a le prestige. Le risque est qu'à force de dévaloriser les règles du jeu européennes, le « Brussels-bashing » deviennent populaire.
à Florence Autret
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 09H09 | 04/01/2008 |
C'est gentil de me répondre, d'autant plus que votre réponse est intéressante. Mais mon message n'était guère plus qu'une plaisanterie et je ne suis pas sûr qu'il méritait toute cette attention.
à thierry reboud
De Alabama
14H11 | 04/01/2008 |
D'où mon premier vrai éclat de rire de la journée, parce que sinon …. quand on y pense c'est à pleurer !
à Florence Autret
De zx600
17H19 | 04/01/2008 |
A la moitié de l'année, Sarkozy présidera l'UE.
Ca risque de lui faire tout drôle quand il s'apercevra qu'il devra discuter et négocier avec des partenaires (sans la possibilité de faire semblant et de passer en force après), que la presse ne lui pardonnera rien et que les pantins à sa botte qu'il a placé autour de lui se révèleront être des handicaps… sans parler de Guaino.
Il a beau faire des allusions sexistes et déplaisantes à Angela Merkel en Conseil des Ministres (Canard Enchaîné de la semaine), à l'heure des bilans post-présidence il y a fort à parier que ses résultats n'approcheront pas ceux de la Chancelière…
Quant au rôle de « bouffon ingérable » délaissé par les jumeaux polonais, ce serait dommage qu'il soit récupéré par notre pays.
à thierry reboud
De king selewa
10H40 | 04/01/2008 |
Guaino…Guaino ? ? ? ? AAAhhh ça y est le mec qui dirige la France sans avoir été élu, c'est ça ? ? ? ? ! ! ! ! …j'ai bon ? ? ?
à king selewa
De pablico
15H12 | 04/01/2008 |
On peut diriger la France sans être élu, la preuve !
Si on lui laisse le pouvoir, qui est incompétent ?
Ceux qui le laisse faire, ou ceux qui lui obéissent ?
à pablico
De jeclaude33
16H42 | 04/01/2008 |
Si on cherche des incompétents, regardons plutôt vers les français qui ont élu ces « incompétents » et qui contre vents et marées les soutiennent encore…médias et Cie.
à pablico
De jm1943
retraite bordeaux | 01H12 | 05/01/2008 |
et ça permet a sarko de baiser kalle.
Mais gouuverner dans l'ombre engendre des complots,parfois dangeureux.le plus rigolo serait une rupture d'anevrisme de Gaino,et la sarkosy serait pas dans la merde.
à king selewa
De jeanc Barcha
Lecteur à Sidu | 17H21 | 04/01/2008 |
Il ne faut pas oublier Guéant.
Gaino - Guéant les boeufs qui tirent le char de l'Etat et qui font lire leur prose par Touptit !
à jeanc Barcha
De jm1943
retraite bordeaux | 01H16 | 05/01/2008 |
Guéant,coinsez le seul dans un couloir,faites lui peur ,et il vous demandera pitié.
à king selewa
De hosflo
17H25 | 04/01/2008 |
ça me fait penser à la réplique du premier ministre Luxembourgeois lorsqu'un journaliste de France Inter lui a demandé de réagir a un propos de Gaino
« Qu'en pensez vous ? »
« rien »
« Comment ça rien ? ? »
« rien, je suis premier ministre, il est conseiller je n'est pas à réagir aux dires d'un conseiller ».
propre, net et sans bavure, un flingage en bonne et dûe forme….
De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
00H01 | 04/01/2008 |
Sarkozy coure après la Vè de Giscard, parce que tout ce qu'il a capté de ces 30 dernières années, c'est que les Français sont nostalgiques de l'époque des dévaluations qui conditionnaient leur pouvoir d'achat grâce aux coups de pouce du SMIC. Si vous vous rappelez, avec Giscard on a fini à 19% d'inflation, mais tous les mois l'Etat préconisait le coup de pouce et le pouvoir d'achat était maintenu.
Le seul problème de Sarkozy c'est qu'il ne maîtrise plus la monnaie. En fait il doit être le dernier allumé en France à ignorer que la France a perdu le monopole de sa monnaie avec Maastricht.
Par ailleurs, il sait que nous avons une inflation de plus de 2% mais il ne fait aucun geste pour réévaluer le taux horaire de base.
Son seul recours : l'opting-out. La France bat de nouveau sa propre monnaie, en conservant l'Euro pour les échanges.
Surréaliste. C'est la réalisation du programme de Le Pen.
Dangereux. Les Français l'ont choisi. On va en baver pendant 5 ans. Il est capable du pire et n'a aucun opposant sérieux capable de déjouer ses manoeuvres par anticipation.
à Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
De Lidenbrock
00H22 | 04/01/2008 |
Tout à fait d'accord avec vous, cher voisin.
Un bon côté (si l'on peut dire) : Gaino va enfin faire des étincelles.
Par ailleurs, notre cher NS va devoir sortir du bois face à nos partenaires, dont une certaine doit encore avoir sur le coeur quelque histoire lybienne. Si les Français sont toujours plongés dans leur état d'hébétude hypnotique face au marionnettiste de l'Elysée, peut-être cela va-t-il enfin les déciller ?
à Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
De Florence Autret
(auteur)
Journaliste | 08H57 | 04/01/2008 |
Je ne sais pas s'il a cette tentation. Mais l'apologie de la « volonté » en politique ressemble à une tentative de s'affranchir de la contrainte extérieure.
Toute l'histoire de l'intégration se résume par un jeu de malentendu entre les dirigeants nationaux et le pouvoir communautaire. Le premier délègue des pouvoirs (la monnaie) ou, plus souvent, octroie des leviers d'action à Bruxelles…. pour finalement s'en mordre les doigts quelques années après.
Jusqu'à présent on n'est pas revenu en arrière. Quoique sur la PAC on aille vers une forme de renationalisation.
Pour la monnaie, l'euro est un succès comme monnaie internationale. Mais au plan interne, ce n'est pas forcément gagné. Il y a eu des échecs d'union monétaire dans le passé.
à Florence Autret
De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
09H14 | 04/01/2008 |
Lorsque les analystes disent que la France tire bénéfice de l'U.E. c'est une manière d'enfumer les citoyens pour cautionner la politique européenne.
Or, il ne faudrait jamais oublier que la France est le 2è plus gros contributeur du budget européen, mais que pour l'exercice 2006 elle n'a rien reçu en retour, à la différence de l'Irlande qui bien qu'en plein-emploi continue à recevoir la manne de Bruxelles.
D'où une certaine impatience vis à vis de l'Institution et de ce qu'elle représente réellement. Pour Sarkozy, en dehors de la défense militaire commune qui est son cheval de bataille, l'U.E. est un boulet dont la chaine est la BCE. L'inflation du Franc avait ses bons côtés …
Nous savons que l'internationalisme de Mitterrand ne rallie pas Sarkozy à sa cause, les valeurs défendues par l'un et l'autre étant diamétralement opposées jusque dans la conception de l'adhésion à l'U.E. Voilà pourquoi les électeurs du FN ne sont pas dépaysés en choisissant la copie à l'original.
En fait, personne ne se poserait la question de la monnaie si la France et l'U.E. étaient réellement capables de résister aux importations du bloc Asie. Et c'est bien là qu'est le problème. Les importations américaines et asiatiques sont favorisées tant par la corruption que la monnaie.
Certains états hors Union ne parlent-ils pas, du reste, de sortir de l'OMC ? Une formule qui finalement ne serait pas désavantageuse pour les industriels français, quoi qu'ils en disent. Pour nous, le commerce asiatique constitue une menace dans le sens où notre tissu industriel s'est relâché et que la demande reste forte, alors que dans le même temps, il n'y a aucune volonté politique d'encourager le remaillage et la création d'entreprises qui concurrenceraient le club des 7 français.
à Florence Autret
De thierry_du_53
ANCIEN PARISIEN EMIGRE A LAVAL | 22H01 | 04/01/2008 |
interessant. j'ai pas tout compris, mais ca a l'air serieux
De Servais-Jean 4591
alpha-béta | 00H51 | 04/01/2008 |
@ comptecourant
<
Les opposants sérieux n'ayant plus la parole en France, nous ne pouvont compter que sur l'Europe pour sortir du « merdier » où notre président nous entraine.
Les jumeaux polonnais étaient pitoyables mais quelle est la vision des autres états européens sur ce qui se passe chez nous ?
Parfois nous en avons quelques échos, mais les médiats sont si discrets…
Il est regrettable que la mise sous tutelle d'un état ne soit pas prévu dans le traité européen. C'est peut-être une piste à étudier, cette solution aurait sauvé des millions de personnes si elle avait existé en 1933.
à Servais-Jean
De Florence Autret
(auteur)
Journaliste | 09H01 | 04/01/2008 |
Je partage votre avis : l'Europe exerce une contrainte bienfaisante surtout par ces temps de centralisation extrême du pouvoir. Mais si le décalage voire l'incohérence entre entre nos engagements européens et notre politique intérieure persiste, cette pression bruxelloise sera de plus en plus douloureuse. Et le risque existe que l'on balance bruxelles avec l'eau du bain, plutôt que de faire le ménage à Paris.
De Pierre973
désanusseur de porcs | 01H05 | 04/01/2008 |
Sournoisement, ce Guaino, honni par ailleurs, m'est devenu soudainement un tantinet … sympathique.
Je me disais que s'il pouvait, par quelques prises de positions en dehors de l'air du temps de Bruxelles ou de Lisbonne, amener nos politiciens à aboutir leur réflexion sur le « pourquoi l'Europe ? » et le « comment l'Europe ? », alors nous serions quelques uns à l'en féliciter ! Hélas, je crains que ces positions n'aient pas l'écho souhaité, que ces 2 questions soient déjà tranchées dans la tête de nos « décideurs » et que ce Guaino-là ne soit qu'un faire-valoir dans cette histoire, pour ratisser encore un peu plus large …
Alors, il est vrai que les prises de positions contrastées à la tête l'état ne vont pas renforcer la légitimité de la France au sein de l'UE, que cette légitimité est déjà bien écornée par la position française qui revendique (sans honte et sans souci de l'avenir) le fait de ne pas réduire ses déficits. Le Tout, pour faire des cadeaux aux copains… avec l'aval et certainement même sous l'impulsion de Guaino !
Non, finalement, Guaino m'est vraiment toujours anti-pathique ! ! ! Pathétique, même …
à Pierre973
De Florence Autret
(auteur)
Journaliste | 09H12 | 04/01/2008 |
On peut avoir une lecture plus optimiste que la mienne. Guaino sera là pour empêcher de penser en rond, mettre les pieds dans le plat.
Ouvrir en quelque sorte une brêche afin de poser des questions utiles sur, par exemple, les services publics, les services de santé, la politique industrielle, les instruments de défense commerciale, autrement dit les moyens par lesquels les Européens s'autorise à se défendre contre une concurrence externe déloyale.
Pourquoi pas ? Mais jusqu'à présent, ce n'est pas probant. Sur les services publics, il faut se rappeler que pendant que Guaino et consorts pinaillaient sur la concurrence au conseil de juin, les Pays-Bas, eux, obtenait du tangible et du substantiels sur ce sujet en ajoutant au traité de Lisbonne un protocole qui, pratiquement, nous ramène sur ce point à la constitution, et donne une réelle marge de manoeuvre aux Etats, tout en permettant d'assainir la gestion des services publics par des règles plus transparentes.
Sur la politique de santé, j'ai l'impression qu'on est sur mode réactif et que la Commission, forte des moyens dont elle dispose, fonce vers une forme de libéralisation qui va créer des tensions terribles sur les systèmes nationaux.
Mais pour influencer ce type de processus, ce qui est possible, il faut faire plus qu'une interview dans le FT.
Sur la politique industrielle, rappelons l'épisode EADS où le népotisme chiraquien (Forgeard) a eu des conséquences dramatiques. On a réussi à affaiblir durablement le groupe, sans parler de l'équilibre des pouvoirs entre actionnaires allemand et français.
Il y a Galileo, dont le dossier s'est débloqué. Mais en arrière plan des bisbilles de ces deux dernières années, il y a des guerres intestines à l'industrie européenne et notamment française entre Thalès, Alcatel et Astrium (EADS).
Rappelons que c'est une boîte anglaise qui a permis de sauver les fréquences qui avaient été attribuées au projet en mettant à disposition un satellite à temps, alors qu'Alcatel a pris deux ans de retard !
DOnc je penche plutôt pour ma part pour un optimiste modéré.
à Florence Autret
De Servais-Jean
4591
alpha-béta | 00H50 | 05/01/2008 |
A Florence Autret
Galiléo s'est débloqué en mettant des fonds réservés aux agriculteurs.
Je me suis d'ailleurs étonné de leur manque de réaction, il faut dire que cette information n'a pas eu beaucoup d'échos.
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 01H22 | 04/01/2008 |
Tout ce qui concerne l'Europe m'intéresse mais la lecture de cet article me navre car beaucoup de choses m'échappent. Formation insuffisante en matière d'économie. Par exemple sur cette notion de concurrence.
J'en retiens que ce conseiller a beaucoup de pouvoir et que ses conceptions manquent de pertinence mais j'ai raté l'essentiel…
à Claude PELLETIER
De Florence Autret
(auteur)
Journaliste | 09H18 | 04/01/2008 |
Quand ce n'est pas compréhensible, c'est toujours de la faute de celui qui écrit, pas de celui qui lit !
Par concurrence, il faut ici entendre les règles qui encadrent certaines opérations entre entreprises ou interventions des pouvoirs publics afin que les entreprises sur un marché donné se fassent une concurrence loyale. Cela repose sur le principe que ce sont les choix des consommateurs (demande) qui doivent exercer une influence déterminante sur ceux des producteurs (l'offre). C'est pour cela que Bruxelles interdit les subventions ou qu'elle empêche parfois la fusion entre entreprises qui se trouveraient alors en situation de quasi-monopole.
à Florence Autret
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 19H25 | 04/01/2008 |
Merci d'offrir une autre approche à vos explications … et ce n'est pas de votre faute si beaucoup de citoyens sont perdus devant les problèmes complexes de notre société quand leur formation les a privés de bases. Sur un média généraliste comme celui-ci, c'est une gageure de présenter la complexité sans la déformer… et en satisfaisant des lecteurs au profil différent.
Au sujet de la concurrence, j'ai été surpris par le passé de découvrir que des militants proches aient pu présenter la « concurrence libre et non faussée », expression figurant dans le feu TCE, soit comme une preuve d'ultra-libéralisme soit à l'inverse comme une garantie de libéralisme tenu en laisse ! Comment expliquer ce grand écart ?
à Claude PELLETIER
De Don Matito
21H18 | 04/01/2008 |
La mauvaise foi politicarde ou l'ignorance economique supplée par un dogme, deux explications possibles.
De FIL VERT
Directeur Financier | 02H18 | 04/01/2008 |
La politique c'est aussi une affaire de comportement.Voire même de morale.Si Sarkozy continue à faire le malin comme en Egypte je parie qu'il risque d'avoir de gros problèmes avec ses collègues européens.
« Construire au fil de sa conscience » : http://filvert.blog.lemonde.fr
à FIL VERT
De Florence Autret
(auteur)
Journaliste | 09H21 | 04/01/2008 |
Il amuse, surprend. Il est attendu. Au dernier Conseil européen à Bruxelles, sa conférence de presse a eu lieu devant une salle comble alors qu'Angela Merkel n'avait droit qu'à quelques journalistes.
Partout où il a une audience, il est heureux. Je me souviens de son rayonnement quand il s'est trouvé là encore devant une salle de presse pleine à la Commission peu après son élection.
La question est : que va-t-il faire de ce crédit ?
à Florence Autret
De Elle anonyme
11H57 | 04/01/2008 |
« Il amuse, surprend. Il est attendu »… par les journalistes, oui, sans doute.
Mais, d'après ce que j'ai pu lire ici ou là, je ne suis pas convaincue qu'il amuse beaucoup ses collègues européens, notamment Angela Merkel.
à Florence Autret
De janpoleroy
19H24 | 04/01/2008 |
De quel crédit parlez-vous ? N'est-ce pas seulement une dose de popularité ?
On peut être un amuseur public et s'attirer ainsi l'attention de beaucoup de monde, cela n'ajoute pas une once de crédit.
Quant à la popularité, c'est une autre affaire. On entre dans le domaine du show-bise, à mes yeux très loin du domaine politique (je reste un grand rêveur ! ).
JPL