Pour les psychanalystes, la récente campagne du gouvernement fait la part trop belle aux théories comportementalistes.
Personne n'a pu y échapper. Au détour d'une rue, d'une pub à la télé, à la radio ou chez le médecin, la campagne du gouvernement contre la dépression vous est forcément tombée dessus au cours du mois d'octobre. C'est la première opération massive de prévention publique en la matière. Panneaux grands formats, spots multiples, site Internet et 500000 exemplaires d'un guide dispatchés en France, à l'attention des professionnels et de leurs patients.
« Dépression : savoir plus pour en sortir » : le ministère de la Santé et l »INPES (Institut national de prévention et d'éducation pour la santé) ont déployé d'importants moyens pour, in fine, provoquer une nouvelle fronde des psychanalystes. Constat de départ du guide :
« Il existe une maladie qui touche plus de 3 millions de personnes en France, une maladie qui peut vous empêcher de parler, de rire, de manger, de travailler, de dormir ou de vous lever le matin, une maladie qui peut vous empêcher de vivre, cette maladie, c'est la dépression. »
De prime abord, l'initiative du gouvernement a l'air consensuelle. Mais pour beaucoup de « psy », il est impossible de concevoir la dépression comme une maladie, ce qui encourage l'usage de traitements médicamenteux tout en jetant le discrédit sur des pratiques telles que la « psychothérapie ».
Bref, la campagne fait réapparaître la grande fracture qui divise le monde des « psy » et qui oppose les tenants de la psychanalyse (freudiens, lacaniens) aux héritiers de l'association de psychiatrie américaine (appelés comportementalistes et cognitivistes).
Les premiers accusent les seconds d'avoir glissé dans la campagne gouvernementale leur idéologie biologisante, médicalisante et normalisante. Les seconds se défendent d'avoir la mainmise sur la campagne.
Jacques-Alain Miller, philosophe et psychanalyste (gendre de Jacques Lacan et qui revendique le monopole de son héritage intellectuel) s'est posé en chef de file d'une virulente contre-campagne au sein de sa revue Le Nouvel Âne et à travers des colloques intitulés « Résister aux cognitivistes » (il n'a pas souhaité répondre à nos questions).
La guerre intestine au « monde psy » relève d'un débat d'experts difficile à vulgariser, mais qui a des conséquences concrètes sur la manière dont on appréhende l'homme, sur l'importance qu'on accorde au psychisme dans ses souffrances et sur les solutions que l'on apporte à son « mal-être ».
Les lacaniens/freudiens centrent leur travail sur le sujet et sur l'origine inconsciente et traumatique de ses problèmes. Ils promeuvent la psychanalyse, au cours de laquelle l'individu use de la parole pour aborder ses problèmes.
A l'inverse, les comportementalistes n'interviennent pas sur les origines des maux, mais travaillent au traitement des symptômes qui en découlent. Ils s'appuient sur des classifications médicales établies par la psychiatrie américaine à travers un manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV). Leur courant est lié à l'apparition et au développement des traitements psychotropes.
Lilia Mahjoub, présidente de l »Ecole de la cause freudienne et membre du conseil de l'association mondiale de psychanalyse, porte un regard critique sur la campagne du gouvernement :
« La dépression devient une sorte d'entité fourre-tout où les “malades” sont incités à consulter leur médecin généraliste pour que celui-ci leur prescrive des antidépresseurs. »
Marie-Jean Sauret est psychanalyste et professeur de psychologie clinique à l'Université de Toulouse II le Mirail :
« Tout ça part d'un préjugé : c'est l'organisme qui détermine le comportement. Le guide affirme que la dépression est une maladie. Alors on donne des médicaments, les symptômes disparaissent et on vous dit : “Vous voyez que c'est biologique.” Or on ne sait pas s'il existe une maladie.“L'humain doit parler, donner un sens à ce qu'il vit. La dépression survient dans le rapport au monde du sujet. Les médicaments ne rendent pas au sujet un sens à sa vie même s'ils tamponnent son angoisse, sa fatigue, son agressivité, même s'ils inhibent ses symptômes. Personne n'est réductible à son organisme.”
Colette Soler appartient à l »Ecole de psychanalyse des forums du champ lacanien. Elle estime que la campagne de prévention est une « campagne de production de la dépression » :
Pour elle, « cette campagne est la pointe de l'iceberg (…) d'un mouvement idéologique scientiste et réducteur (dans lequel) la psychanalyse est directement ciblée » :
Le débat dépasse la simple critique faite à la campagne de prévention. Pour Marie-Jean Sauret, la montée en puissance des idéologies comportementalistes et cognitivistes est révélatrice d'une évolution plus globale de la société. Une évolution qui expliquerait, en outre, la multiplication des passages à l'acte suicidaires et des états dépressifs :
« Dans le monde contemporain, il y a une montée surpuissante de la dépression. Elle sera bientôt la première cause de décès chez les jeunes. Ça traduit notamment le rejet d'une société de surconsommation. L'individu n'accepte pas que le désir soit capté par la consommation d'un objet. La dépression est alors la protestation logique du sujet contre la façon dont le monde contemporain le traite. C'est une manière de sauver sa singularité. Le capitalisme a besoin de réduire l'homme à un objet du marché. Nous sommes formatés : on veut la pilule du bonheur, il n'y a plus de place pour l'inconscient. »
Jean Cottraux est psychiatre. Il est l'un des auteurs du « Livre noir de la psychanalyse » (2005), un ouvrage qui contredit les théories psychanalytiques et qui a marqué la montée en puissance de la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) en France. Pour lui, la campagne du gouvernement est tout à fait « neutre » :
Aude Caria est également l'une des auteurs du guide. Psychologue et responsable de la Maison des usagers du CHU de Saint-Anne, elle s'étonne de la polémique suscitée par l'ouvrage :
« Je ne reconnais pas ce qui est reproché au guide. Jacques-Alain Miller est parti en croisade. Il attribue au guide et à ses concepteurs des intentions qu'ils n'ont pas eues. La seule philosophie du guide est celle d'avoir une vertu pédagogique. »
Selon elle, le guide ne donne en aucun cas la préférence aux traitements médicamenteux :
« Le guide ne dit pas : allez demander du Prozac à votre médecin. (…) La place de la psychothérapie est clairement reconnue et si le guide revient souvent sur le rôle des médecins généralistes, c'est parce qu'ils sont les premiers prescripteurs d'antidépresseurs. (…) Est-ce que ça médicalise la dépression ? Oui, en quelque sorte… Mais qui aller voir sinon ? La loi du médecin référent oblige à passer par son généraliste. »






















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à glopglop70
De Un compte supprime
nc | 04H16 | 03/01/2008 |
Bien vu pasglop pasglop. De toute facon la psychanalyse c'est pas pour les ouvriers. Une autre therapie, c'est la greve, la bonne bouffe et la bonne vie, les conges et les 30 heures.
Un monde de depressifs, evidement, c'est inevitable avec le monde qu'on se fabrique. Tout le monde le sait, la grisaille des banlieues et la tele-pour-les cons, ca file le blues.
Travailler plus pour gagner un peu plus, de quoi se payer un psy ou des anti dep…
à glopglop70
De manu - le vrai
11H27 | 03/01/2008 |
Compte tenu de vos propos, le dernier numéro d'écoRev » devrait vous intéresser : Repenser le travail avec André Gorz.
Il y a un article dessus sur le site de rue89 : http://www.rue89.com/2007/12/22/document-le-dernier-texte-dandre-gorz
Ce numéro offre des pistes pour repenser le partage et l'entraide dès aujourd'hui et pour demain.
De Pancho27
22H51 | 02/01/2008 |
Heu, excusez-moi, mais il me semble qu'il a manqué à l'(excellente) auteure de l'article la connaissance d'un livre assez fondamental sur la question, qui montre que l'affaire est loin de se réduire à la « bagarre entre psys », comme l'ont déjà suggéré plusieurs posts pertinents évoquant le rôle de l'industrie pharmaceutique.
Il s'agit du livre de Philippe Pignarre « Comment la dépression est devenue une épidémie » (qui date pourtant de… 2001) et que l'éditeur présente comme suit :
« Le nombre de personnes souffrant de dépression en France et dans les pays occidentaux a été multiplié par sept en dix ans : c'est comme une épidémie. Comment expliquer un phénomène aussi extraordinaire ? Est-il l'effet, comme on le dit souvent, d'un environnement social de plus en plus stressant ? Loin de cette idée reçue, la réponse que propose Philippe Pignarre dans cet ouvrage très accessible en surprendra plus d'un. Quand la dépression a commencé à se répandre dans les années soixante-dix, explique-t-il, les psychiatres, se détournant de la psychanalyse, ont opté pour la psychiatrie biologique : l'origine de la dépression ne serait pas dans le psychisme du patient, mais dans ses neurones. C'est cette hypothèse fragile, paradoxalement, qui est à l'origine de l'“ épidémie ”. Elle a mobilisé d'énormes moyens financiers, alors qu'aucun test biologique ne permet de diagnostiquer la dépression : les industriels du médicament testent au hasard les substances et élargissent les définitions des différentes formes de dépression (toujours plus nombreuses) chaque fois qu'ils trouvent un médicament “ efficace ”. Chacun se voit désormais offrir la possibilité de traduire sous forme de “ dépression ” son mal-être : la cause déclenchante - deuil d'un proche, problèmes familiaux, harcèlement moral… - serait secondaire, le problème viendrait des gènes ou de la biologie du cerveau. Et les antidépresseurs sont là pour redonner l'énergie qui semble manquer…Cette approche est-elle vraiment la meilleure pour soulager les souffrances bien réelles de millions de personnes ? Philippe Pignarre explore ici d'autres voies. Et il montre qu'une véritable biologie psychiatrique ne se constituera pas dans le simple prolongement des connaissances empiriques permettant de mettre au point les antidépresseurs. »
Pour plus de détails sur le livre (et la presse qui en a parlé), voir :
http://ww2.editionsladecouverte.fr/webcc/sog_dec/notice_reference.html ? F…
à Pancho27
De gébé
23H59 | 02/01/2008 |
bonjour,
je viens d'aller sur le site de Philippe PIGNARRE. Très intéressant et à recommander à tous ceux que le sujet interesse…
à Pancho27
De ClaireChar
11H33 | 03/01/2008 |
Peux t'on également imaginer que l'épidémie de dépression s'est faite parallèlement aux développements et à la vulgarisation de la consultation psychatrique ?
En gros y'a t'il plus de depressifs parce qu'il y a plus de psys ou le contraire ?
J'entends par là que bien souvent un mal être temporaire essence même de la vie peut se transformer en véritable mal être profond quand on va chercher loin et profondément des potentiels sources.
je pense qu'il est capital de se poser des questions de remettre en cause son enfance d'avancer sur la connaissance de soi, mais finalement est -ce qu'on peut considérer à partir d'un moment qu'aller trop loin c'est entrer dans un cercle infernal dont il va être difficile de sortir ?
J'imagine qu'il s'agit d'un débat difficile à poser aux professionnels dont c'est le fond de commerce mais cela serait intéressant.
le % de personnes ayant consulté un psy qui se sont sentis mieux ? moins bien ?
peut être y'a t'il un seuil à ne pas franchir ?
à ClaireChar
De Marlowe
14H31 | 03/01/2008 |
Ce que vous dites laisse transparaitre une grande méconnaissance du travail des « psys » et /ou du fonctionnement humain.Vous semblez comparer la dépression à la grippe.Le simple fait de se soigner ne peut pas faire aller plus mal.C'est justement d'avoir négligé ,banalisé les alertes qui fait qu'en pensant régler un simple coup de pompe on est « submergé » par des années de mal-être refoulé sur les bras .La souffrance psychique est plus ou moins comparable à un abcès qui doit impérativement être drainé,la psychanalyse n'est pas un cosmétique qui permet de faire illusion ,cela c'est le rôle du médicament .Seul un travail de fond par la parole ,peut-être libérateur et salvateur même si je vous l'accorde il faut brasser un certain nombre de choses et passer par des zones de turbulences.Mais l'investissement du sujet ne peut au final quêtre payant sur le long terme.
De Abu
23H27 | 02/01/2008 |
Ce débat en occident « psychanalystes“/‘cognitivistes’ me semble stérile, peut-être que l'occident aurait intérêt sur tous ces sujets à apprendre et comprendre les philosophies orientales (bouddhisme, hindouisme, yoga …).
Il semble que dire ‘tous les cognitivistes’ = ‘prescripteurs de psychotropes’ soit réducteur. Les cognitivistes qui ont développé la ‘Mindfullness-Based Cognitive Therapy’ font clairement le choix d'une approche non basée sur les psychotropes :
http://mbct.co.uk/about-mbct/
Et plutôt une appropriation à l'occidentale des approches orientales !
De Pupuce
23H37 | 02/01/2008 |
Je constate que ces deux psychanalystes, comme nombre de leurs pairs, prêchent pour leur paroisse et font preuve sinon de mauvaise foi du moins d'un esprit de clocher qui ne fait pas honneur à leur pratique (avec toutefois un peu de nuance chez la seconde intervenante).
Non, il n'est pas nécessaire d'être psychotique pour souffrir d'une grave dépression (çà peut même être le contraire, la souffrance venant d'une perception lucide et aigüe de sa cause).
Oui, l'antidépresseur dans ce cas est indispensable face à l'ampleur de la souffrance et l'urgence de la soulager ; l'approche psychanalytique ne peut dans ce cas n'intervenir qu'en second lieu, au risque sinon de faire perdre un temps précieux au malade et d'aggraver sa situation. Si tant est que l'orientation pychanalytique sur l'inconscient soit effectivement la bonne réponse : toutes les pathologies mentales ne relèvent pas de ce champ.
Le problème de la dépression c'est qu'elle est sournoise et très difficile à déceler par celui qui en souffre. A tel point que le malade ne prend conscience de son mal qu'au détour d'un traitement par anti-dépresseur… Et on ne devient pas accro aux anti-dépresseurs, de plus, de part leurs effets secondaires assez gênants, il est notoire que les malades ont tendance à vouloir interrompre le traitement (au moins momentanément).
à Pupuce
De Tom Bombadil
14H16 | 03/01/2008 |
Je ne suis pas d'accord, je les trouve plutôt intéressantes toutes les deux. Ce que dit la première, c'est qu'elle ne prétend pas posséder la martingale universelle qui soignerait tout, simplement, et qu'elle admet que le champs de la dépression échappe en grande partie à sa compétence. C'est déjà beaucoup, et c'est plus sans doute que ce que dirait Jacques-Alain Miller (et pas Léger, pauvre de moi).
Maintenant, on peut aussi entendre que le choix des médicaments, quels que soient ses ressorts, est aussi le choix de ne pas plonger dans les racines de son expérience, mais de s'en couper, et d'une certaine manière de la nier, quitte après, à choisir de revenir dessus. Le problème de ces querelles, c'est aussi qu'elles placent les patients en situation d'être jugés sur leurs choix thérapeutiques. Quand on entend cela de la bouche de cette belle femme, avec ses yeux un peu trop ronds et ses belles manières, on entend forcément aussi l'idée que c'est mal de se couper ainsi de soi, que c'est une faute. Je ne crois pas qu'elle le pense comme ça, et je suis certain qu'elle ne le formulerait pas ainsi, mais c'est vrai qu'on l'entend quand même.
Même si c'est particulièrement difficile, il revient aussi à chaque patient de prendre la responsabilité de ses choix, sans se laisser culpabiliser par les tenants des écoles. Mais ça, c'est déjà être très avancé, finalement…
D'accord par contre sur la difficulté à reconnaître qu'une dépression est un état « anormal » et qu'elle n'est pas une fatalité indépassable. Là aussi, théoriquement, le médecin devrait faire correctement son travail et aider à la prise de conscience du patient avant de lui prescrire des médicaments. Ils font, effectivement, ressentir l'incongruité du mal-être précédent par comparaison avec le nouvel équilibre chimique qu'ils produisent, mais dans le même temps, il est déjà trop tard pour plonger, et plus difficile encore d'admettre que l'état d'équilibre chimique que l'on vit est tout aussi « anormal » que l'état de dépression précédent.
à Pupuce
De Pupuce
18H43 | 03/01/2008 |
Je voulais dire : « A tel point que le malade ne prend PARFOIS conscience de son mal qu'au détour d'un traitement par anti-dépresseur… ».
De hagalma
23H56 | 02/01/2008 |
C'est marrant, je ne me souviens pas du tout de cette campagne contre (pour) la dépression. Il faut dire que je ne regarde plus les JT et la TV, qui avaient peut-être un rôle anti-dépresseur, mais dont les effets secondaires -colère, exaspération- produisaient finalement le contraire de ce que j'en attendais : un apaisement cathartique. Non, je ne me souviens pas, si ce n'est éventuellement l'image de notre nouveau président que je trouvais alors un peu abattu (il y a des réussites qui font déprimer ; à un moment, je me suis demandé s'il prenait des médicaments…).
Oui, la dépression, comme beaucoup de choses, est un marché. Un marché entre soi et soi parfois, dans un colloque qui exclu tout autre. Un marché pour des professions, certainement, pour les labos il va sans dire, et puis pour les idées (dis moi ce que tu penses de l'origine de la dépression, et je te dirai qui tu es). Plus « prozaïquement », c'est une souffrance pas facile à vivre. On en sort quelques fois en faisant pipi sur la télé, et puis en acceptant aussi les remises en question. Il y a des psychanalystes tout à fait aptes à accompagner ce cheminement, et des prescriptions médicamenteuses tout à fait indiquées pour franchir un moment difficile. Je suis rassuré que la psychanalyse puisse être attaquée, d'abord parce qu'elle n'a pas à rester calfeutrée, ensuite parce que ça prouve que compte
encore son message : on ne guérit pas de la vie.
Merci à julia Pascual pour son article.
De Servais-Jean 4591
alpha-béta | 00H20 | 03/01/2008 |
Moi j'écoute Le Bon Docteur Sarkozy : C'est génétique.
Il a dit aussi qu'être Président c'est une vocation.
Alors les psy…
De Monsieur Grabeuz
... | 00H30 | 03/01/2008 |
Tiens, au fait, ça me fait penser, suite à la demande de la Fédération Française des psychologues et de la psychologie, on avait fait un dessin pour illustrer la sortie de la brochure, mais ils n'avaient pas osé la mettre sur leur site…
http://www.perplexes.org/modules/news/article.php ? storyid=344
De PierreAdrien06
00H47 | 03/01/2008 |
Pour moi les psy c'est des extras terrestres…
Cependant tu peux tomber sur des bons, je veux dire sur des supers…
Il y a quelques années, ma femme accompagnera mon fils chez un psy,…
D'après l'instituteur, notre petit bonhomme a de petits problèmes ? lesquels, va savoir toi, en plus en bonne santé physique et mentale.
Je ne suis pas d'accord pour aller consulter ce genre de soi disant médecin, mon fils est tout à fait normal dans les résultats scolaires, il pratique du sport, quoi un petit plein de vie, normal.
Pour ne pas avoir de regrets, ma femme prends RV chez ce sorcier …
Après une bonne 1/2H à 3/4H la séance d'entretien est terminée, le môme sort et bien entendu en tant que Maman ma femme soucieuse lui demande le résultat de l'opération ?
Docteur alors ?
Le môme va très bien lui dit-il ! ! ! et là sur ces mots, il lui dit que cet elle qui est malade ! ! !
Véridique ! ! !
PS : quelques années après je me suis laissé dire que le spy était le pot de l'instit ;
Cherchez l'erreur…
De Elleif
01H22 | 03/01/2008 |
j'ai pris connaissance du document gouvernemental à l'occasion de la lecture de l'article. en apparence les 2 approches sont citées. donc acte. J'ai été plus choqué par le chapitre sur les arrêts maladie :
- son titre (« Peut on bénéficier d'un arrêt de travail ? » par son caractère interrogatif dévoile un de ses objectifs cachés : inciter les personnes en souffrance et les médecins à ne pas faire (ou demander) des arrêts de travail (pas bon pour la sécu et pas bon pour les patrons). bref : culpabilisez mais ne tirez pas au flan.
- l'idée de soulagement de la souffrance n'est pas indiquée comme (bonne) « raison » de l'arrêt de travail. Ha bon ? !
- par contre, l'idée que l'on ne serait pas en bonne capacité de production est évoqué comme bonne raison de s'arrêter. On voit donc qu'on est autorisé (moralement) à arrêter son travail si c'est dans l'intérêt du patron. Merci pour lui.
- enfin, quand même, la brochure fini par dire (assez brièvement) que la poursuite du travail (stress, harcèlement) n'est peut être pas bon pour la personne (le mot salarié n'est - de mémoire - jamais prononcé dans la brochure). Mais ne rèvons pas : la brochure nous indique juste après que « Toutefois, et dans la plupart des cas, l'arrêt de travail ne sera pas poursuivi très longtemps » (elle enchaine même sans complexe « L'activité et les liens professionnels sont un élément d'équilibre et de construction de l'identité, un facteur de socialisation essentiel et un moteur de confiance en soi. Le travail peut en cela favoriser la guérison »).
Nous y voilà donc : les arrêts de travail pour dépression, par leur nombre décuplé depuis les années 80, mais aussi par leur nécessaire (ET LEGITIME)longue durée, sont en train de plomber les comptes de la sécu.
En réalité, l'explosion des dépressions des 20 dernières années est ESSENTIELLEMENT D ORIGINE PROFESSIONNELLE. Les dépenses devraient donc basculer sur la branche accidents du travail/maladies professionnelles par la reconnaissance dans un tableau. Mais le MEDEF ne veut pas en entedre parler (et M BERTRAND ne les y pousse pas) ; car dans cette branche, les cotisations sont (naturellement) à la seule charge des entreprises.
C.Q.F.D.
De Elleif
01H36 | 03/01/2008 |
petit complément (à mon message précédent) :
toute ma sympathie à Glopglop70 qui a parfaitement résumé la principale cause de l'explosion des dépressions :
- la pression mentale au travail.
Elle est générale et « naturelle » au système. Au 19° siècle on chargeait les dos des salariés puisque le travail était manuel. Au 21° on charge les tètes puisque le travail est devenu de service. Au 19° on payait les ouvriers à la pièce. Au 21° on récompense les employés et cadres à l'évaluation du résultat. Un vieux rêve de patron (et de Président) ; un cauchemar pour les autres.
Rien n'a changé finalement. Juste la forme. Et notre malheureuse division.
De Horowitz
Pedo Psychiatre Paris | 01H55 | 03/01/2008 |
Il faut prendre TRES au sérieux les enjeux qui se font jour autour de la psy car ils sont révélateurs de toute une idéologie, dont, par exemple le candidat sarkozy avait laissé échapper quelques bribes dans la campagne présidentielle (exemple la génétique et la pédophilie) : à savoir une médicalisation exclusive et totalement réductrice du fait psychique …
Cela va bien au delà de la dépression et dépasse bien sûr l'ex candidat qui ne fait que relayer, une fois de plus les simplifications dominantes …
Ainsi savez vous que de plus en plus les enfants en difficulté à l'école doivent, pour un nombre non négligeable d'entre eux, « intégrer » le statut « handicapés » pour pouvoir bénéficier des aides adaptées à l'école … ce qui bien sûr, loin de les aider ne fait que rajouter à leur sentiment d'impuissance et d'infériorité, angoisse leurs parents, désespère enseignants et professionnels et risque sans doute de les stigmatiser.
Bref une démarche totalement contre productive en terme de soin comme de pédagogie mais économique au final tant financièrement (nombre de parents répugnent à cette démarche) qu'intellectuellement ( quand chacun sera dans sa petite case ..)
Pour plus de renseignements j'invite parents, enseignants et …« concernés » à lire et signer la pétition lancée dans ce sens
http://pas.d.etiquette.free.fr
Pour la dépression même type de schématisme… plus de rentabilité, au bon endroit (labos) moins de questions sur une complexité des causes (environnementales, psychologiques, sociales et …médicales) …
à Horowitz
De framboise92
Je refleurirai un jour ! | 16H06 | 03/01/2008 |
Bonjour,
Je comprends l'inquiétude des parents mais étant professeur des écoles en maternelle, nous nous heurtons à un manque de moyens et de personnel. De plus, dans les réseaux d'aide, un enfant n'est pas forcément fiché mais aidé.C'est le seul moyen que nous avons de lui permettre une prise en charge individuelle ou en petits groupes et les résultats sont souvents notoires ! Malgré notre investissement qui relève du don de soi, de notr expérience et de notre analyse personnelle, nous avons besoin d'aide de professionneles et de temps, et de moyens.
Très préoccupant !
Cordialement.
à framboise92
De Horowitz
Pedo Psychiatre Paris | 01H07 | 04/01/2008 |
Bonjour,
Je suis parfaitement d'accord avec vous et je connais bien le dévouement des enseignants ainsi que le manque cruel de moyens …
Mon propos ne visait absolument pas les RASED, dont les moyens faibles sont systématiquement amputés mais cette aberration qu'est la demande faite aux parents de saisir la MDPH (Maison Départementale de la Personne Handicapée) dés qu'une aide un peu consistante s'impose …
Je pense que notre pétition l'expose assez bien…
http://pas.d.etiquette.free.fr
Cordialement
De gossipor
02H24 | 03/01/2008 |
Il vaudrait vraiment mieux avoir lu et assimilé l'intégralité du Livre noir de la psychanalyse » pour émettre la moindre idée sur le sujet. J'en recommande vivement la lecture à toute personne sensée qui serait tentée d'approcher un gourou freudien ou de cette espèce dans l'espoir de mieux se connaître ou de se mieux porter.
Ses auteurs mériteraient non seulement un Nobel de littérature mais aussi celui de la Santé (si cela existe).
La planète serait-elle sur le point d'être enfin débarassée de ces nuisibles psy freudiens ? Vous souvient-il des experts psy de l'affaire d'Outreau ? Sur la foi de leurs auto-proclamées « expertises », ce ne sont pas moins de 13 innocents qui ont vu leur vie brisée et qui ont failli finir en prison des années durant. Pour des crimes (sur enfants) qu'ils n'avaient pas commis ! Merci aux psy universitaires, bardés de diplôme, pour ce beau succès.
Le « charlatan de Vienne » et son cortège d'adeptes n'ont plus qu'à ranger leur divan à la cave avec leur mythique Oedipe, obsessions sexuelles infantiles, improbable transfert, contre-transfert et autres Traumdeutung.
Ce Livre noir est non seulement accablant pour les suppôts de Freud, Lacan & consorts mais aussi fort convaincant (pour l'intelligence) et totalement persuasif (pour la volonté).
Autant fréquenter les diseurs(euses) de bonne aventure, les astrologues et autres tireurs de cartes pour s'en mieux porter. Et c'est moins cher…et moins traumatisant : -) !
Les chapitres consacrés aux « victimes de la psychanalyse » sont particulièrement recommandés dans le Livre Noir (si vous n'avez pas le temps d'avaler tout le pavé).
Cela dit, il existe probablement d'excellents psychiatres qui ont compris tardivement - avant de s'en écarter définitivement - que l'analyse freudienne, le transfert et tout le bazar faisaient partie d'une gigantesque imposture à succès commercial indubitable, au même titre que la scientologie. Ils ont tourné le dos à cette pseudo-science totalement inefficace. Bravo à eux ! Elle ressemble d'ailleurs fort aux pratiques de ce psycho-groupe dangereux par sa cupidité, sa suffisance, son refus de se remettre en question et sa volonté d'asservissement de la clientèle.
L'imposture séculaire freudienne aura donc duré plus d'un siècle. Je me félicite qu'elle s'effrite, grâce à ce LiVre noir (qui rendra l'Homme blanc ou noir plus liBre, comme aurait pu dire Lacan. Jusques Lacan aura-t-il abusé de notre patience : -) ?
J'avais eu de nombreux doutes, à la lecture de Freud et (du peu) de Lacan que j'ai tenté de lire. Du jeu de mots de comptoir hissé au niveau d'une philosophie pas trop structurée… Cet individu avait réussi à faire baver des ronds de chapeau à des milliers de gogos comme jadis Lavater et Gall avaient inventé la phrénologie, science soi-disant capable de détecter les criminels en puissance par la palpation des bosses de leur crâne. La psychanalyse a fait mieux : propager un corpus d'hypothèses, universellement reconnues et jamais vérifiées ! Etonnant que la très officielle Répression des Fraudes qui va fouiner les étals de poisson pour en vérifier la fraîcheur, n'ait jamais mis la main au collet des psys freudiens dans leurs boudoirs…
Après avoir savouré Le Livre noir de la psychanalyse, mes doutes ont non seulement été confirmés mais renforcés par la démonstration brillante et irréfutable (malgré les piètres tentatives de réfutation des derniers zélateurs du businessman viennois)des quarante auteurs dudit Livre noir.
Un Livre noir qui apporte, paradoxalement, une lumière revitalisante et rafraîchissante. Enfin un peu de raison diffusée à des milliers d'exemplaires, voilà qui est salutaire pour la santé mentale des Français.
Les auteurs du Livre noir ont osé dire, comme dans le conte d'Andersen : Le roi est nu !
Oui, oui, je sais, il est fort difficile à la brillante classe d'intellectuels parisiens d'admettre qu'ils se sont trompés lourdement. Leur sale petit violon d'Ingres lucratif est en péril. Avant d'interdire la fumée en public, le législateur eût été mieux inspiré d'interdire la pratique coûteuse des facéties freudiennes érigées au rang de beaux-arts et de négoces fort enrichissants. Je me félicite que certains soient contraints de fermer boutique à brève échéance, depuis que le masque est tombé.
La confession de l'Eglise catholique romaine coûtait tout de même moins cher mais il est vrai qu'elle comblait ce manque à gagner en vendant des indulgences.
Il en est allé de même pour les intellectuels et autres philosophes communistes qui n'ont rien dit lors des purges staliniennes, qui sont demeurés muets en 1956 lors de l'invasiont des troupes du Pacte de Varsovie en Hongrie, pas plus qu'ils n'ont bronché en 1958 lorsque l'envahisseur d'un pays frère a déferlé avec bottes et canons en Tchécoslovaquie. Ils sont demeurés muets lorsque les ouvriers du chantier naval de Dansk ont voulu renverser le tyran polonais… De ces marxistes en peau de lapin, on n'entend plus parler. Il en ira de même pour les psys freudiens, maintenant que le mouvement d'épuration est amorcé.
Ce sont les mêmes penseurs, aveuglés par leurs théories fumeuses, qui ont réussi à faire accroire que la psychanalyse était une science, utile et bénéfique de surcroît.
Les gogos et une partie des psys convertis ont donc changé de ton. Il faudra beaucoup de courage au dernier carré des freudiens pour admettre l'effondrement de leur gagne-pain, enfin dénoncé comme la plus colossale mystification jamais imaginée.
On peut donc se féliciter que de courageux démystificateurs aient pris la plume pour faire rendre l'âme aux vaches sacrées du freudisme.
Comment, vous avez dit « prendre la plume » ? Ne voyez vous pas qu'il s'agit de votre sexe ? De l'Oedipe refoulé, à n'en pas douter. Il faut travailler la-dessus.
Comment, vous avez parlé de « vaches sacrées » ? Qui dit vache dit pis. Qui dis pis, dit mamelles et lait. Qui dit mamelles dit maman ? Ce qui est blanc ne vous rappelle rien ? Ca ne vous parle pas ? Mais c'est du sperme, cher client, oui, du sperme ! La vérité a jailli, comme le sperme. Vous rêvez de baleine ? Mais c'est d'une baleine à sperme, bien sûr ! Problème….noeud névrotique. Revenez me voir durant sept ans, deux à 5 fois par semaine et on pourra commencer à débroussailler votre inconscient sous-jacent. Vous m'avez-compris ! Je ne garantis aucun résultat mais je vous félicite d'avoir sollicité mes services. Vous avez de la chance car j'ai un agenda hyper-booké. Je vous prends donc en consultation. A propos, c'est 100 euros que vous me devez pour la séance. Cash. L'abonnement pour trois ans met la séance à 90 euros. Et je ne dis pas merci. Car c'est un échange égalitaire entre nous, bien entendu.
Et, sur le pas de la porte, après la première séance :
-Ah, vous étiez seul à Noël cette année, coupé du monde ? Nous parlerons de la castration la prochaine fois. « Coupé du monde », ça ne vous rappelle rien ?
à gossipor
De Tom Bombadil
10H53 | 03/01/2008 |
Ouais Gossipator, vous avez raison. Une bonne camisole chimique sur le bon peuple, et il arrêtera peut-être d'essayer de comprendre. On pourra loghorréer tant qu'on veut sur les forums, entre machines bioniques. C'est trop chiant, les sentiments, c'est comme l'intellligence du monde, ça fait mal au cerveau. Mais tant de haine, et si peu articulée, c'est presque inquiétant. On mesure à vous lire le bonheur qui vous a saisi quand un être compétent, mieux, quarante êtres compétents, ont enfin su mettre des mots sur tout ce fatras que vous n'arriviez pas à lire et que vous ne saviez pas dire. Ouf.
à gossipor
De Charles Bukowski
11H58 | 03/01/2008 |
gossipor : « La psychanalyse a fait mieux : propager un corpus d'hypothèses, universellement reconnues et jamais vérifiées ! »
Et la lobotomie, c'était pas une hypothèse au départ ? Une hypothèse qui malheureusement perdure sous une forme moins définitve à travers les éléctrochocs. Si selon vous la psychanalyse est un tissu de mensonges, en tout cas elle est moins dangereuse qu'une certaine psychiatrie que vous vous gardez de dénoncer.
Sinon tout y est : haine des intellectuels, des communistes et des psychanalistes. Manque que les francs-maçons et les homosexuels, mais c'est peut-être pour faire diversion.
à Charles Bukowski
De PonG
rationaliste fondamentaliste à Pari... | 15H56 | 05/01/2008 |
Avertissement aux inconditionnel de la PK : ne lisez pas, vous allez trouver ça haineux.
A ceux qui se donnent la peine de juger sur pièce : ça devrait aller.
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>« Sinon tout y est : haine des intellectuels… »
Je défends la raison. La psychanalyse est précisément un danger pour la raison. La pk, c'est comme la théologie : c'est très bien pour l'intellect (alambiqué à souhait), catastrophique pour la raison (parce qu'il faut surtout ne pas trop chercher de cohérence, en tout cas, pas trop rigoureusement).
> »…des communistes »
Je défends la gauche. La pk est un danger pour la gauche. Une « médecine » réservée aux riches (de l'aveu même de Freud ! ! ) et dont l'un des effets notoires est de persuader l'individu que la cause de ses pb est nécessairement en lui, ce qui évite qu'il s'en prenne jamais à l'ordre social. En cela aussi, la pk ressemble à la religion. C'est l'agent objectif du statu quo et de l'ordre.
>« Manque que les francs-maçons et les homosexuels »
Je défends la liberté individuelle et combat les préjugés. La PK est un des pires agents d'ostracisme. Sous ses dehors révolutionnaires factices, elle n'a fait que conforter sous une forme sophistiquée les certitudes les plus réactionnaires et les plus éculées. Interrogez-vous un peu sur le statut que confère aux femmes la pk. Ensuite, passez aux homosexuels, c'est encore pire. Vous vous donnerez cette peine ?
Ennoncer une vérité désagréable, ce n'est pas être haineux, c'est juste énnoncer une vérité.
à gossipor
De Bardamu
difficile | 13H51 | 03/01/2008 |
Diantre, belle diatribe ! Mais il me semble que vous jetez le bébé avec l'eau du bain, en récusant en bloc la psychanalyse. Autant je vous rejoins dans la dénonciation de l'effet yau-de-poêle et de l'amphigouri lacanien, autant il me semble que chez Freud il y a un côté « libérateur » à conserver, en tout cas des avancées intellectuelles indéniables qu'on ne peut pas balayer d'un revers de main (même chose d'ailleurs pour le marxisme : maintenant que nous sommes débarrassés des communistes, on peut enfin lire Marx comme le grand penseur qu'il est).
La guerre des psys m'intéresse moins à vrai dire que la surmédicalisation de la société. Votre en fant dit « Aghreu » au lieu d'« arheu » ? Aussitôt on vous conseille de l'envoyer chez l'orthophoniste, bébé n'est pas sage ? il doit être hyperactif, il faut envisager un traitement… On détecte des dyslexiques, dyscalculiques, dysorthographiques à tour de bras, toute défaillance devient pathologie, toute singularité est déviance…
Et tout le monde gravite allégrement autour de son nombril, scrutant avidement son propre psychisme comme si nos petites personnes avaient tellement d'importance… Tous ces gens qui prennnet la vie au sérieux et par la même occasion se prennnent au sérieux sont à vrai dire assommants.
Tiens, il y a une belle citation de Wittgenstein qui dit tout sur la vie : « la solution du problème que tu vois dans la vie, c'est une manière de vivre qui fasse disparaître le problème »…
De Panca
raleur qui aime les débats | 03H40 | 03/01/2008 |
Quand je lis les interventions des psychanalystes je vois se pointer une vieille querelle qui remonte à Freud et qui n'est pas loin d'être une querelle de chapelles. Un mot sur le spot : ce n'est pas faire du tout violence aux dépressifs que de dire qu'ils endurent une grande souffrance car c'est aller contre la contre-vérité et vraie croyance populaire « qu'il suffit de sortir, de se remuer, pour que cela passe ». Si cela gène d'employer le terme de maladie pour cet état de souffrance, qui par ailleurs s'observe et se mesure (dans un numéro du magazine La Recherche on montre une comparaison entre l'activité du cerveau d'un dépressif et d'un non dépressif par imagerie médicale et on voit que l'activité de beaucoup de zones du cerveau d'un dépressif est très diminuée et en dessous de ce qu'elle devrait être) quel autre terme employer alors ?
Reconnaitre un tel trouble ou maladie est l'exact contraire du scientisme. Mais est scientiste l'attitude, reprochée aux psychiatres d'abord par Freud puis par les écoles de psychanalistes, qui consiste à croire qu'à tel symptôme de dépression va correspondre telle dose de telle molécule qui va le faire disparaître et la dépression avec : ceci est une croyance mécaniste et anti-scientifique qui nie la complexité du cerveau, de ses interrelations avec les autres organes, ainsi que les interrelations de la personne dépressive avec son entourage.
Les écoles de psychanalises ne sont pas en reste elles non plus de certaines « imperfections » : Ce n'est pas donné à tout le monde de pouvoir entamer une psychanalise, il y faut une certaine capacité à s'auto-observer et à se comprendre même si par ailleurs le psy est là pour y contribuer, mais seulement y contribuer, ce n'est pas non plus donné à tout le monde de la réussir, une psychanalyse « cela remue » et les accidents de psychanalyse cela existe comme existent les accidents médicamenteux. Sans parler d'accident de psychanalyse, j'invite
à lire les mémoires du célèbre « homme au loup » dont on nous dit que Freud l'a guéri.
Un mot des attitudes sociales et politiques, posant question à propos des droits de l'homme, qui consistent à dire « qu'il faut » hospitaliser (au moins provisoirement) les dépressifs (ou les fous) contre leur volonté que cela soit « pour leur bien ou pour le bon fonctionnement de l'ordre public », ou au contraire « qu'il ne faut rien faire ». Oblige-t-on un malade du coeur à se soigner ? Non ! On lui fait signer une décharge. Pour ce qui est du risque envers les autres ou du trouble à l'ordre public, en dépit de meurtres épouvantables ayant défrayé la chronique, les praticiens reconnaissent que la proportion de délinquants et d'actes de délinquances chez les dépressifs ou les fous est la même que celle observée chez les bien-portants et ce n'est pas par intellectualisme que Michel Foucaut à employé le mot de disparu à propos de certains internés. A l'inverse, refuser à un cardiaque une admission dans un service parce que son état serait dû, par exemple, à la pollution ou à une mauvaise alimentation, et donc au corps social, est tout aussi excessif !
à Panca
De PonG
rationaliste fondamentaliste à Pari... | 05H13 | 05/01/2008 |
D'accord avec l'essentiel de votre message mais…
Vous dites : « …est scientiste l'attitude […] qui consiste à croire qu'à tel symptôme de dépression va correspondre telle dose de telle molécule qui va le faire disparaître et la dépression avec… »
Je n'ai jamais compris le sens du mot « scientiste » et quand on gratte un peu personne n'a jamais été capable de me l'expliquer.
Dans ce domaine, je ne sais dire que deux choses : c'est « scientifique » ou ça ne l'est pas.
Ce que vous décrivez n'est pas scientifique pour une raison toute simple : il y a le verbe « croire ».
Pour reprendre votre exemple, de deux choses l'une :
1) Soit on a mené (correctement ! ) des études qui montrent clairement que, comme vous dites, « à tel symptôme de dépression [correspond] telle dose de telle molécule qui va le faire disparaître et la dépression avec ».
Dans ce cas, on ne CROIT rien, on SAIT.
2) soit on n'a aucune étude de ce type - je vous rassure c'est le cas (en tout cas pas avec cette exactitude mécaniste) - et dans ce cas, ON NE SAIT PAS.
Et le scientifique qui dirait le contraire adopterait une attitude tout simplement PAS SCIENTIFIQUE et non « scientiste ».
Et on en est là dans ce domaine. On découvre de plus en plus de choses mais il y en a encore plus qu'on ne sait pas. Et d'une certaine manière, tant mieux.
Bref, l'important est de retenir que dans un cas comme dans l'autre, on ne CROIT rien. On sait, ou on ne sait pas. Point.
Et même quand on sait, on ne sait jamais que JUSQU'A PREUVE DU CONTRAIRE.
La science c'est ça. Le contraire du dogme.
Et le scientisme, j'ai bien l'impression que ce serait plutôt l'incompréhension de la science par les non scientifiques et AUSSI malheureusement parfois (mais encore trop souvent) par les scientifique eux-même.
De PonG
rationaliste fondamentaliste à Pari... | 11H54 | 03/01/2008 |
Préalable :
1) Pour éviter une politisation erronnée et déplacée de mon propos je précise que je suis un sarkophobe endurci.
2) la suite n'est pas un plaidoyer pour les labos de pharmacie, l'HP ou les TCC. Il y a dans ces domaines bien des turpitudes et bien des insuffisances (certaines très graves), c'est certain.
Néanmoins :
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Rallumer la guerre des psys ? Pourquoi pas. Qui pourra dire que les consensus mou, les compromis frileux entre praticiens et politiques sont acceptables lorsqu'il s'agit de santé publique ?
Le problème est pourtant on ne peut plus simple à poser :
SOIT la psychanalyse SOIGNE, SOIT elle ne SOIGNE PAS.
Si elle soigne il faut la valider une bonne fois pour toute et la promouvoir en tant que thérapie.
Si elle ne soigne pas et elle doit disparaître du champ de la santé (individuellement, chacun continue bien sûr à faire ce qu'il veut en allant, à sa guise voir son psychanalyste, son homéopathe, son astrologue, sa voyante ou son gourou).
Jusque là, normalement, tout le monde devrait être d'accord.
Le problème c'est que justement, la question est tranchée :
La psychanalyse ne soigne PAS.
On en doute ? Une telle affirmation est inacceptable ? Sectaire ? Scientiste ?
Alors il suffit de vérifier. Mettre ses certitudes à l'épreuve des faits.
Il se trouve que cette dure réalité, les psychanalystes eux-même ont été obligé de la reconnaître :
Je cite - tenez vous bien - l'Association Internationale de Psychanalyse, qui devant l'avalanche d'études scientifiques démontrant l'absence d'efficacité thérapeutique de la PK, a du, dans le rapport Fonagy et coll – 2002, www.ipa.org.uk), admettre ceci :
« Il n'y a pas d'étude qui permette de conclure sans équivoque que la psychanalyse soit efficace, par rapport à un placebo actif ou une autre forme de traitement. Il n'y a pas de méthode disponible qui pourrait de manière incontestable indiquer l'existence d'un processus psychanalytique. »
Cette aveu est à lire et à relire. Je crois qu'on ne peut pas faire plus accablant. Et il vient de l'AIP !
En résumé, il dit : scientifiquement en tant que thérapie, jusqu'à preuve du contraire, ça ne vaut rien.
Pourtant, plus loin le rapport ajoute en substance « mais on y croit quand même » ( ! ).
A ce point tout est dit. La psychanalyse est une croyance (jusqu'à preuve du contraire). Comme toute croyance, chacun est libre de la faire sienne. Mais il ne revient pas à l'état de les cautionner, et encore moins, des les financer. Pas plus celle-là qu'une autre.
La psychanalyse ne relève donc pas du domaine de la santé publique. Il est donc tout simplement normal qu'elle le quitte. Ca ne devrait même pas faire débat.
Pour le reste, il ne s'agit pas de l'erradiquer pour elle même. Les croyances sont les croyances, et il semble que l'homme en ai besoin pour vivre.
Que chacun aille donc voir son psy s'il le souhaite. Mais nos impôts doivent servir à autre chose.
P.S. : Jacques-Alain Miller « n'a pas souhaité répondre à [vos] questions » ? C'est que, voyez-vous, il semble que Jacques-Alain Miller n'aime pas les questions.
à PonG
De Crispus
14H02 | 03/01/2008 |
« Sarkophobe » ? Ouille, ouille, ouille ! Mais c'est pas loin de la dépression, ça ! Heureusement ça se soigne très bien. Et surtout très vite ( pas de psychamachin interminable, non, non ) : avec le sirop du Bon Docteur Kouchner vous devriez être sur pieds en deux temps trois mouvements. Une précaution toutefois : cessez absolument de lire des trucs « psy » (quels qu'ils soient )c'est dangereux et de toutes façons parfaitement inutile du moment que vous disposez de l'intégrale de Bigard.(N.B : vous pouvez la déduire du montant de vos impôts, sachez-le. Alors, elle est pas belle la vie ? ).
à PonG
De sdr
14H04 | 03/01/2008 |
Poser cette simple question « SOIGNE » ou « SOIGNE PAS » c'est présupposer qu'il s'agit d'une maladie, pathologie, dont les symptomes, les composantes, sont clairement identifiés et classifiés. Cela ne me parait pas si évident pour la dépression qui est protéiforme, multi-causale.
La psychanalyse ne se résume pas à une « croyance », elle a des effets reconnus, notamment par les patients ! Dire que la psychanalyse ne relève pas de la santé publique, c'est aussi aller un peu vite et choisir un camp.
Les adeptes des TCC, tels Jean Cottraux cité dans l'article, sont aussi ceux qui publient et vendent leurs prestations auprès de grands labos qui fabriquent les antidépresseurs prescrits par les acteurs officiels de la santé publique… Votre rapport, ses auteurs, il est financé par qui comment ?
A y regarder de façon simpliste, je dirais qu'il y a deux camps dans les thérapeutes de la dépression : ceux qui traitent le malade en objet, soignent principalement leurs symptomes et se soumette à la loi du médicament donc aux infos (intox) des labos.
Et ceux qui traitent le malade en sujet, cherchent en amont du symptome les maux à la racine, par la parole et l'écoute, ils n'affichent pas de résultats spectaculaires et immédiats sur le symptome mais obtiennent des résultats pérennes sur le long terme sur le sujet lui-même et toutes les pathologies ou névroses associées qu'il présente.
La psychanalyse devrait faire partie de la psychiatrie (elle-meme remboursée) et du coup serait peut être un peu mieux prise en charge pour le bénéfice du patient.
Contrairement à ce que vous dites, ce serait bien que le patient cesse de penser qu'il s'agit de simples croyances (obscures) et que sa guérison dépend seulement de substances chimiques psychotropes auxquelles ils deviendra accro (et qui feront des rentes aux trusts pharmaceutiques).
Vos croyances à vous me semblent un peu réductrices - et naives - par rapport au vrai problème posé.
à sdr
De manju35
19H23 | 03/01/2008 |
Bien sur,que la psychanalyse est une croyance.
Et comme toutes les croyances,elle est respectable.
Mais comme toutes les croyances,elle doit faire partie du champ de l'intime,de l'aventure individuelle,d'une quête personnelle.
Elle n'a pas sa place dans l'aigue(à l'hopital),d'un mal-être ; où il faut traiter la souffrance(parfois la survie)d'une personne.
Elle est inefficace et sans indication,dans la très grande majorité des pathologies du psychisme.
La psychanalyse est un peu ; ce qu'est le caviar à la gasronomie.