Pour les psychanalystes, la récente campagne du gouvernement fait la part trop belle aux théories comportementalistes.
Personne n'a pu y échapper. Au détour d'une rue, d'une pub à la télé, à la radio ou chez le médecin, la campagne du gouvernement contre la dépression vous est forcément tombée dessus au cours du mois d'octobre. C'est la première opération massive de prévention publique en la matière. Panneaux grands formats, spots multiples, site Internet et 500000 exemplaires d'un guide dispatchés en France, à l'attention des professionnels et de leurs patients.
« Dépression : savoir plus pour en sortir » : le ministère de la Santé et l »INPES (Institut national de prévention et d'éducation pour la santé) ont déployé d'importants moyens pour, in fine, provoquer une nouvelle fronde des psychanalystes. Constat de départ du guide :
« Il existe une maladie qui touche plus de 3 millions de personnes en France, une maladie qui peut vous empêcher de parler, de rire, de manger, de travailler, de dormir ou de vous lever le matin, une maladie qui peut vous empêcher de vivre, cette maladie, c'est la dépression. »
De prime abord, l'initiative du gouvernement a l'air consensuelle. Mais pour beaucoup de « psy », il est impossible de concevoir la dépression comme une maladie, ce qui encourage l'usage de traitements médicamenteux tout en jetant le discrédit sur des pratiques telles que la « psychothérapie ».
Bref, la campagne fait réapparaître la grande fracture qui divise le monde des « psy » et qui oppose les tenants de la psychanalyse (freudiens, lacaniens) aux héritiers de l'association de psychiatrie américaine (appelés comportementalistes et cognitivistes).
Les premiers accusent les seconds d'avoir glissé dans la campagne gouvernementale leur idéologie biologisante, médicalisante et normalisante. Les seconds se défendent d'avoir la mainmise sur la campagne.
Jacques-Alain Miller, philosophe et psychanalyste (gendre de Jacques Lacan et qui revendique le monopole de son héritage intellectuel) s'est posé en chef de file d'une virulente contre-campagne au sein de sa revue Le Nouvel Âne et à travers des colloques intitulés « Résister aux cognitivistes » (il n'a pas souhaité répondre à nos questions).
La guerre intestine au « monde psy » relève d'un débat d'experts difficile à vulgariser, mais qui a des conséquences concrètes sur la manière dont on appréhende l'homme, sur l'importance qu'on accorde au psychisme dans ses souffrances et sur les solutions que l'on apporte à son « mal-être ».
Les lacaniens/freudiens centrent leur travail sur le sujet et sur l'origine inconsciente et traumatique de ses problèmes. Ils promeuvent la psychanalyse, au cours de laquelle l'individu use de la parole pour aborder ses problèmes.
A l'inverse, les comportementalistes n'interviennent pas sur les origines des maux, mais travaillent au traitement des symptômes qui en découlent. Ils s'appuient sur des classifications médicales établies par la psychiatrie américaine à travers un manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV). Leur courant est lié à l'apparition et au développement des traitements psychotropes.
Lilia Mahjoub, présidente de l »Ecole de la cause freudienne et membre du conseil de l'association mondiale de psychanalyse, porte un regard critique sur la campagne du gouvernement :
« La dépression devient une sorte d'entité fourre-tout où les “malades” sont incités à consulter leur médecin généraliste pour que celui-ci leur prescrive des antidépresseurs. »
Marie-Jean Sauret est psychanalyste et professeur de psychologie clinique à l'Université de Toulouse II le Mirail :
« Tout ça part d'un préjugé : c'est l'organisme qui détermine le comportement. Le guide affirme que la dépression est une maladie. Alors on donne des médicaments, les symptômes disparaissent et on vous dit : “Vous voyez que c'est biologique.” Or on ne sait pas s'il existe une maladie.“L'humain doit parler, donner un sens à ce qu'il vit. La dépression survient dans le rapport au monde du sujet. Les médicaments ne rendent pas au sujet un sens à sa vie même s'ils tamponnent son angoisse, sa fatigue, son agressivité, même s'ils inhibent ses symptômes. Personne n'est réductible à son organisme.”
Colette Soler appartient à l »Ecole de psychanalyse des forums du champ lacanien. Elle estime que la campagne de prévention est une « campagne de production de la dépression » :
Pour elle, « cette campagne est la pointe de l'iceberg (…) d'un mouvement idéologique scientiste et réducteur (dans lequel) la psychanalyse est directement ciblée » :
Le débat dépasse la simple critique faite à la campagne de prévention. Pour Marie-Jean Sauret, la montée en puissance des idéologies comportementalistes et cognitivistes est révélatrice d'une évolution plus globale de la société. Une évolution qui expliquerait, en outre, la multiplication des passages à l'acte suicidaires et des états dépressifs :
« Dans le monde contemporain, il y a une montée surpuissante de la dépression. Elle sera bientôt la première cause de décès chez les jeunes. Ça traduit notamment le rejet d'une société de surconsommation. L'individu n'accepte pas que le désir soit capté par la consommation d'un objet. La dépression est alors la protestation logique du sujet contre la façon dont le monde contemporain le traite. C'est une manière de sauver sa singularité. Le capitalisme a besoin de réduire l'homme à un objet du marché. Nous sommes formatés : on veut la pilule du bonheur, il n'y a plus de place pour l'inconscient. »
Jean Cottraux est psychiatre. Il est l'un des auteurs du « Livre noir de la psychanalyse » (2005), un ouvrage qui contredit les théories psychanalytiques et qui a marqué la montée en puissance de la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) en France. Pour lui, la campagne du gouvernement est tout à fait « neutre » :
Aude Caria est également l'une des auteurs du guide. Psychologue et responsable de la Maison des usagers du CHU de Saint-Anne, elle s'étonne de la polémique suscitée par l'ouvrage :
« Je ne reconnais pas ce qui est reproché au guide. Jacques-Alain Miller est parti en croisade. Il attribue au guide et à ses concepteurs des intentions qu'ils n'ont pas eues. La seule philosophie du guide est celle d'avoir une vertu pédagogique. »
Selon elle, le guide ne donne en aucun cas la préférence aux traitements médicamenteux :
« Le guide ne dit pas : allez demander du Prozac à votre médecin. (…) La place de la psychothérapie est clairement reconnue et si le guide revient souvent sur le rôle des médecins généralistes, c'est parce qu'ils sont les premiers prescripteurs d'antidépresseurs. (…) Est-ce que ça médicalise la dépression ? Oui, en quelque sorte… Mais qui aller voir sinon ? La loi du médecin référent oblige à passer par son généraliste. »



























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De marie 75
20H22 | 02/01/2008 |
la loi du médecin référent n'oblige pas à passer par son généraliste pour aller voir un psychiatre.C'est une erreur que de l'affirmer. C'est un des derniers droits du malade que de pouvoir aller voir un psychiatre sans passer par son généraliste.
BUT …
En cas de réel mal de vivre, de symptome grave,(et non de déprim légère) il faut aller voir un psychiatre qui, s'il le juge utile, saura engager un patient vers une psychothéapie ou une psychanalyse si nécessaire.
Tout n'est pas lié à un trouble de la prime enfance…
Le cerveau - comme tout organe - peut se mettre à « déconner ». Et cela se soigne ! Et avec des médocs ! Il faut déstigmatiser les problèmes psychiques. Le seul toubib spécialiste ? Le psychiatre, voire le neurologue (en étape 2, si gros problèmes).
Ce manuel sur la dépression (je l'ai lu) n'est pas « orienté » comme voudrait l'indiquer J.A. Miller qui recommence la bataille du livre noir de la psychanalyse. Si c'est pour un coup de pub, qu'il le dise !
Ce manuel n'est pas génial, mais permet à tous d'approcher des troubles psychiques et de leur traitement.
Pas de manip pro TTC dans tout cela !
Pas de manip de labos pharma !
La déprim n'est pas le fonds de commerce des psychanalystes !
La déprim peut être les prémices de symptômes plus profonds que -seuls - peuvent découvrir un psychiatre.
Par contre, la parole et l'aide psy…. peut s'avérer utile, mais il ne faut pas louper le diagnostic médical. Donc….
Après ou si on a des bleus à l'âme (on en a tous) … on peut aller papoter, comme Woody Allen, avec son psy.
Ca ne peut pas faire de mal.
Et on peut y améliorer sa syntaxe de vie !
De sugar
20H32 | 02/01/2008 |
Personnellement, je n'ai pas vu ces guides mais je suis totalement contre la prise de médicaments pour soigner ce type de maladie.
Je peux témoigner des ravages qu'ils causent à cause de l'habitude d'en prendre : c'est une drogue et rien de plus. Ils ne règlent rien, je suis entièrement d'accord sur la déresponsabilisation qu'ils causent.
Ils ne permettent que d'endormir la personne pour faire comme si tout allait bien, celle-ci les utilisant pour « survivre ».
A force d'en prendre, il n'y a plus d'autres choix qui s'offre, et la personne finit par s'habituer à cet enfer, et surtout à ne pas aller au devant des difficultés.
Bien sur, il s'agit d'extrême, et pour certaines personne les anti-dépresseurs sont peut-être bénéfiques mais je pense qu'il faut quand même faire attention.
Par ailleurs, je considère que ces guides ne sont pas une surprise car aujourd'hui le monde est bien morose, et je pense aussi qu'il y a un risque que les gens extrapolent leur mal pour en faire une dépression. Le fait d'appartenir à un groupe est tellement plaisant, même s'il a une connotation négative.
En tout cas, je ne vois rien de plus beau qu'une analyse de soi naturellement sans artifices, tout en prenant ses responsabilités. On pourrait en apprendre des choses !
De m a i a
aquoiboniste | 20H59 | 02/01/2008 |
Article très intéressant quant-aux guéguerres de psys, qui se partagent la misère laissée à ces professions par les politiques de santé publique, les théories et les pratiques les plus diverses, le tout dans un maëlström de revendications de courants et d'intitulés de professions imbitable pour le commun des mortels.
Mais… quid des « malades » ,des « déprimés » ou des « dépressifs » comme chacun choisira de les appeler ?
Choisissent-ils leur méthode thérapeutique ? Sont-ils à même de faire ce choix justement, dans cette période de leur vie ? Comment différencie-t-on, si l'on est pas un peu versé dans ces disciplines, un psychothérapeute d'un psychologue, ou encore un psychanalyste d'un psychiatre, sans compter les multitâches (non c'est pas une insulte) qui sont parfois plusieurs choses à la fois ?
La campagne de « pub » a le mérite d'alerter et de faire savoir à tous que « ça » existe, que « ce » ne sont pas que des caprices ou des vues de l'esprit, un mal-être ou une mauvaise passe.
Et que ça peut se « traiter » : par des médicaments, et aussi par d'autres formes thérapeutiques.
On entend beaucoup les psys, moins les dépressifs…
Pourtant tous ne se cachent pas ; et savoir se reconnaître « malade » permet pafois de se découvrir, de réagir et d'avancer.
Je suis malade. Je me soigne depuis 13 ans. J'ai passé 6 mois en HP. Je n'en n'ai pas honte. Je vis très correctement, voire même intensément, malgré une forme chronique et endogène de dépression. J'ai usé de plusieurs formes de thérapies, et je ne sais toujours pas s'il y en a une meilleure qu'une autre. Je ne serai jamais guérie, et c'est pas un drame (sauf que je creuse le trou de la sécu, ok).
Alors les psys, soyez gentils, étudiez-nous, diagnostiquez-nous, tergiversez entre vous, mais laissez-nous dire et choisir ce qui nous convient pour vivre, ok ?
; -)
maia, deprime-time.
De Les Ln au carré
démocrates sociales convaincues | 21H09 | 02/01/2008 |
Le « problème » de la dépression est certainement aujourd'hui une question de société. Si on vivaient dans une société où il existe un peu plus d'espoirs de lendemins qui chantent, on arriveraient à réduire le nombre de dépressifs.
De plus, la médication est souvent un vrai PIEGE A CONS, dans ce cas précis… Il ne devrait pas y avoir autant de facilités à avoir accès à ce type de médicaments ! Le fait de les utiliser de plus en plus fréquement montre surtout notre impuissance et notre méconnaissance de ces « problèmes ».
Quand au fait que les Psy s'indignent, pour une fois que je suis d'accord avec eux, il faut bien le souligner… Ils sont en contact direct avec les personnes dépressives, et qu'on le veuillent ou non, ils sont encore ceux qui connaissent le mieux les effets des médicaments qu'ils prescrivent, parce qu'ils les voient tous les jours. Mais je ne suis pas certaine que TOUS les psy pensent ce qui est dit ici…
S'ils disent qu'il y a risque de dérive dans ses campagnes d'« information », je suis bien obligée de dire que ce risque je le vois bien aussi…
De Pancho27
22H51 | 02/01/2008 |
Heu, excusez-moi, mais il me semble qu'il a manqué à l'(excellente) auteure de l'article la connaissance d'un livre assez fondamental sur la question, qui montre que l'affaire est loin de se réduire à la « bagarre entre psys », comme l'ont déjà suggéré plusieurs posts pertinents évoquant le rôle de l'industrie pharmaceutique.
Il s'agit du livre de Philippe Pignarre « Comment la dépression est devenue une épidémie » (qui date pourtant de… 2001) et que l'éditeur présente comme suit :
« Le nombre de personnes souffrant de dépression en France et dans les pays occidentaux a été multiplié par sept en dix ans : c'est comme une épidémie. Comment expliquer un phénomène aussi extraordinaire ? Est-il l'effet, comme on le dit souvent, d'un environnement social de plus en plus stressant ? Loin de cette idée reçue, la réponse que propose Philippe Pignarre dans cet ouvrage très accessible en surprendra plus d'un. Quand la dépression a commencé à se répandre dans les années soixante-dix, explique-t-il, les psychiatres, se détournant de la psychanalyse, ont opté pour la psychiatrie biologique : l'origine de la dépression ne serait pas dans le psychisme du patient, mais dans ses neurones. C'est cette hypothèse fragile, paradoxalement, qui est à l'origine de l'“ épidémie ”. Elle a mobilisé d'énormes moyens financiers, alors qu'aucun test biologique ne permet de diagnostiquer la dépression : les industriels du médicament testent au hasard les substances et élargissent les définitions des différentes formes de dépression (toujours plus nombreuses) chaque fois qu'ils trouvent un médicament “ efficace ”. Chacun se voit désormais offrir la possibilité de traduire sous forme de “ dépression ” son mal-être : la cause déclenchante - deuil d'un proche, problèmes familiaux, harcèlement moral… - serait secondaire, le problème viendrait des gènes ou de la biologie du cerveau. Et les antidépresseurs sont là pour redonner l'énergie qui semble manquer…Cette approche est-elle vraiment la meilleure pour soulager les souffrances bien réelles de millions de personnes ? Philippe Pignarre explore ici d'autres voies. Et il montre qu'une véritable biologie psychiatrique ne se constituera pas dans le simple prolongement des connaissances empiriques permettant de mettre au point les antidépresseurs. »
Pour plus de détails sur le livre (et la presse qui en a parlé), voir :
http://ww2.editionsladecouverte.fr/webcc/sog_dec/notice_reference.html ? F…
De Panca
raleur qui aime les débats | 03H40 | 03/01/2008 |
Quand je lis les interventions des psychanalystes je vois se pointer une vieille querelle qui remonte à Freud et qui n'est pas loin d'être une querelle de chapelles. Un mot sur le spot : ce n'est pas faire du tout violence aux dépressifs que de dire qu'ils endurent une grande souffrance car c'est aller contre la contre-vérité et vraie croyance populaire « qu'il suffit de sortir, de se remuer, pour que cela passe ». Si cela gène d'employer le terme de maladie pour cet état de souffrance, qui par ailleurs s'observe et se mesure (dans un numéro du magazine La Recherche on montre une comparaison entre l'activité du cerveau d'un dépressif et d'un non dépressif par imagerie médicale et on voit que l'activité de beaucoup de zones du cerveau d'un dépressif est très diminuée et en dessous de ce qu'elle devrait être) quel autre terme employer alors ?
Reconnaitre un tel trouble ou maladie est l'exact contraire du scientisme. Mais est scientiste l'attitude, reprochée aux psychiatres d'abord par Freud puis par les écoles de psychanalistes, qui consiste à croire qu'à tel symptôme de dépression va correspondre telle dose de telle molécule qui va le faire disparaître et la dépression avec : ceci est une croyance mécaniste et anti-scientifique qui nie la complexité du cerveau, de ses interrelations avec les autres organes, ainsi que les interrelations de la personne dépressive avec son entourage.
Les écoles de psychanalises ne sont pas en reste elles non plus de certaines « imperfections » : Ce n'est pas donné à tout le monde de pouvoir entamer une psychanalise, il y faut une certaine capacité à s'auto-observer et à se comprendre même si par ailleurs le psy est là pour y contribuer, mais seulement y contribuer, ce n'est pas non plus donné à tout le monde de la réussir, une psychanalyse « cela remue » et les accidents de psychanalyse cela existe comme existent les accidents médicamenteux. Sans parler d'accident de psychanalyse, j'invite
à lire les mémoires du célèbre « homme au loup » dont on nous dit que Freud l'a guéri.
Un mot des attitudes sociales et politiques, posant question à propos des droits de l'homme, qui consistent à dire « qu'il faut » hospitaliser (au moins provisoirement) les dépressifs (ou les fous) contre leur volonté que cela soit « pour leur bien ou pour le bon fonctionnement de l'ordre public », ou au contraire « qu'il ne faut rien faire ». Oblige-t-on un malade du coeur à se soigner ? Non ! On lui fait signer une décharge. Pour ce qui est du risque envers les autres ou du trouble à l'ordre public, en dépit de meurtres épouvantables ayant défrayé la chronique, les praticiens reconnaissent que la proportion de délinquants et d'actes de délinquances chez les dépressifs ou les fous est la même que celle observée chez les bien-portants et ce n'est pas par intellectualisme que Michel Foucaut à employé le mot de disparu à propos de certains internés. A l'inverse, refuser à un cardiaque une admission dans un service parce que son état serait dû, par exemple, à la pollution ou à une mauvaise alimentation, et donc au corps social, est tout aussi excessif !
De Iris2
10H04 | 03/01/2008 |
Tout à fait d'accord ! Je suis une ancienne dépressive qui,coup de tonnerre dans un ciel serein,a fait un épisode délirant.Heureusement j'ai été immédiatement soignée par un neurologue et psychiatre qui est un humaniste.Médicaments pour sortir de la phase critique,puis psychothérapie ET médicaments,pourquoi opposer les deux ? Une psychanalyse ne m'intéressait pas du tout,pour des raisons philosophiques,si l'on veut.Je ne me sens pas comme une masse d'affects déterminés par mon inconscient…Pour s'en sortir,il faut,selon moi,trouver de l'empathie et une grande compétence médicale chez son soignant.Après,on réfléchit seule sur sa vie,comme une grande,on sait que la question de l'inné et de l'acquis dans le surgissement de la maladie(c'en est une,on peut en mourir bêtement ! )n'aura jamais de réponse scientifique. J'ajoute que malgré les souffrances,je ne regrette pas d'avoir frôlé le gouffre,on en sort plus riche.Merci à mon entourage qui m'a supportée et sans lequel,la guérison aurait certainement été difficile,sinon impossible,quels que soient les moyens employés.