
La jeune société Nanosolar, fondée en 2002 à Palo Alto par deux anciens étudiants de Stanford (oui, comme Yahoo, Google…) vient de livrer ses premiers panneaux solaires photovoltaïques, reposant sur une technologie à couche mince qui lui permet d'un coup de diviser par deux le coût du watt solaire. Sic.
Dès qu'il aura atteint sa vitesse de croisière, son outil de production (cellules fabriquées à San Josè, Californie, assemblage des panneaux à Berlin) devrait livrer chaque année de quoi produire 430 MW d'électricité (puissance crête). Parions que d'autres unités de production et que des concurrents suivront.
Un matériau semi-conducteur déposé en couche infime sur le support
Les panneaux solaires traditionnels sont réalisés à partir de tranches de silicium cristallin ultra purifié, la matière première des circuits intégrés. Son coût reste élevé, notamment parce que sa production est énergivore. La technologie de Nanosolar repose sur un matériau semi-conducteur sophistiqué, le CIGS (Cuivre Indium Gallium Sélénium), mais déposé en quantité infime sur le support.
Une douzaine d'entreprises suivent déjà cette piste des « couches minces ». Nanosolar les a distancées également sur un autre terrain. Son procédé de fabrication est totalement continu et s'apparente à l'imprimerie. Quatre « encres » sont ainsi déposées successivement sur une bande métallique souple et économique.
Avec un toit sur deux équipé, la consommation de la France assurée
La start-up affiche un objectif ambitieux : 1$ le watt. S'il était confirmé, c'est un véritable bon en avant que connaîtrait la filière photovoltaïque. Or cette source d'énergie renouvelable et non polluante est déjà celle qui connaît aujourd'hui la plus forte progression. Selon le Earth Policy Institute, la production de cellules photovoltaïque double tous les deux ans depuis 2002. Elle devrait atteindre 3,8 GW pour 2007, tandis que la puissance installée cumulerait 12,4 GW.
Rappelons qu'il suffirait de couvrir de panneaux photovoltaïques la moitié de ses toits pour assurer à la France la totalité de sa consommation électrique. Mais ajoutons que ce calcul théorique laisse de côté le défaut essentiel de cette filière énergétique : elle produit… quand il y a du soleil. Mais on a quelques idées pour contourner ce problème…
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De Jean-Jacques Louis
19H25 | 02/01/2008 |
Un article bien intéressant sur une technique prometteuse.
Le fait de ne produire de l'électricité que pendant le jour n'est pas un réel problème : l'excès d'électricité produite pendant les heures d'ensoleillement peut servir à électrolyser de l'eau pour produire de l'hydrogène qui alimentera une pile à combustible pendant la nuit.
Un aspect non négligeable du photovoltaïque est une redistribution des richesses : d'abord au niveau de la production des panneaux qui pourraient être fabriqués à un coût intéressant en Chine pour ne citer que ce pays mais surtout au niveau de la production d'électricité puisque les pays les plus ensoleillés sont aussi, actuellement du moins, les plus pauvres. Pensez que des pays aussi pauvres que le Tchad ou le Niger pourraient devenir de gros producteurs d'électricité.
De Pierre Vandeginste (auteur)
Journaliste scientifique, blog Aïe ... | 22H42 | 02/01/2008 |
Vous avez raison dans l'absolu : la lumière diffuse est captée par les panneaux, qui ne sont pas très directionnels. Mais elle ne représente pas grand chose, à ma connaissance.
À la louche, de mémoire, le nombre d'heures « équivalent plein soleil » se promène entre 800 et 2000 heures selon la localisation. J'emprunte à Wikiperdia les chiffres suivant : Liège on peut obtenir 840 kWh/kWc/an , Hambourg 870, Colmar 940, Rouen 950, Munich 950, Arcachon 1100, Chamonix 1110, La Rochelle 1140, Agen 1150, Perpignan 1290, Eraklion Crête 1310, Madrid 1400, Cannes 1465, Séville 1470, Malte 1480, Faro Portugal 1550.
1000 heures par an, cela représente 2h45 de soleil au zénith par jour. J'en déduis que le temps nuageaux ne doit pas compter pour grand chose.
« Équivalent plein soleil » à Avignon : 1300. À Lille : 850.
Soit un rapport de l'ordre de 1,5.
Voir ici : http://iamest.jrc.it/pvgis/apps/pvreg.php ? lang=en&map=europe