La nomination du président de la République française au titre de chanoine de Saint Jean de Latran est une coutume qui remonte, paraît-il, à Henri IV, une de ces vieilleries dont l’Eglise catholique garde jalousement le secret. Ça peut toujours servir. Mettant à profit ce rituel désuet, l’actuel Président a prononcé, dans le palais du Latran et devant une brochette de cardinaux, un discours qui défigure la République et l’Eglise, un discours déplacé au sens le plus rigoureux du terme.
La nouvelle place que le président de la République s’est inventée
Un historien remarquait récemment :
"Si la République n’est pas la royauté, on continue d’attendre d’un Président qu’il associe deux corps … son corps individuel, qui pâtit, ressent et agit dans l’immédiat et son corps officiel, qui représente le temps long de la République, incarne les rituels, les institutions et les projets sur la durée…( Or ) le Président (actuel) … se met en scène de façon individuelle, avec ses affects, ses relations, ses proximités."
A Saint Jean de Latran il s’est glissé comme dans un nouveau lit, et (semble-t-il) avec quelque volupté, dans les rangs du corps ecclésiastique. Au mépris de sa place propre, celle où les Français l’ont élu. C’est ainsi qu’il remercie le cardinal Ruini de l’accueillir "au sein de son chapitre" et il va s’y vautrer avec son sans-gêne habituel, prenant le ton du prêcheur qui s’adresse à l’Eglise toute entière, à la manière du pape, et sur le même pied… ecclésiastique.
Il faut l’entendre faire le pape:
"Comme Benoît XVI, je considère qu’une nation qui ignore l’héritage éthique, religieux, spirituel de son histoire commet un crime…"
"Je partage l’avis du pape quand il considère, dans sa dernière encyclique, que l’espérance est une des questions les plus importantes de notre temps."
"Comme l’écrivait Joseph Ratzinger dans son ouvrage sur l’Europe…"
Ainsi égalé au "Premier" de l’Eglise catholique romaine, il va se permettre de pâtir avec ceux qui ont souffert ou qui souffrent de la loi de séparation (dont il est théoriquement le gardien!):
"Je sais les souffrances que sa mise en œuvre a provoquées en France chez les catholiques, chez les prêtres, dans les congrégations, avant comme après 1905."
Il va célébrer la religion catholique comme "notre religion majoritaire". Comme le pape, il va exhorter urbi et orbi, les congrégations, les prêtres, l’épiscopat même, rien ne l’arrête, et pour finir… les séminaristes. Et, là encore, il va pâtir avec eux, comme jamais il ne le fera avec aucun sans-papiers ou autres insignifiants du pays.
C’est que les séminaristes en valent la peine ! En tant qu’évêque-président, il va même les conforter dans leur foi:
"Je sais que votre quotidien est ou sera parfois traversé par le découragement, la solitude, le doute. Je sais aussi que la qualité de votre formation, le soutien de vos communautés, la fidélité aux sacrements, la lecture de la Bible et la prière, vous permettent de surmonter ces épreuves."
On voit qu’en matière d’éloquence religieuse, il a plus de marge qu’avec le pouvoir d’achat des fonctionnaires! Enfin, pour parfaire son identification personnelle aux ministres de droit divin, tels du moins qu’il les rêve, il joue la confidence:
"Sachez que nous avons au moins une chose en commun: c’est la vocation. On n’est pas prêtre à moitié, on l’est dans toutes les dimensions de sa vie. Croyez bien qu’on n’est pas président de la République à moitié… Je comprends les sacrifices que vous faîtes pour répondre à votre vocation parce que moi-même je sais ceux que j’ai faits pour réaliser la mienne."
Un chroniqueur notait récemment: "L’Elysée est un endroit rêvé pour tout faire, absolument tout, y compris autre chose…" Nous y voilà tout à fait! On peut même envisager un changement de régime. Il va s’en occuper lui-même.
Adieu "laïcité à la française"… le concordat nouveau est arrivé.
Chacun a pu remarquer que, depuis la "rupture" présidentielle, les ministres sont facilement rangés au placard lorsqu’ils risquent de faire de l’ombre au prince. A commencer par le premier d’entre eux, mais pas seulement: voyez les préposé(e)s aux "Affaires étrangères", aux "Droits de l’homme", etc. Quant au Parlement, on ne lui fera pas l’injure d’évoquer son rôle, puisque tous ceux qui se penchent sur son lit de malade déplorent plutôt son absence de rôle.
Alors, allégé ainsi des ordinaires garanties républicaines, le Président est libre pour passer avec l’Eglise catholique et ses ministres, une sorte de concordat amiable. Il le signe, en quelque sorte, en son nom propre.
Qu’importent la Constitution, les lois, la représentation nationale! On ne changera pas la loi de 1905, personne ou presque ne veut de ce changement. On la violera, c’est tout. Le Président peut même réaffirmer, sans vergogne et avec force, la laïcité de l’Etat. Et dans le discours même où il bafoue les convictions des "minoritaires", il prône, pour tous les Français, "la liberté de ne pas être heurtée dans sa conscience par des pratiques ostentatoires". Est-il aucun voile sur aucun visage de musulmane qui ait jamais heurté les consciences comme peuvent le faire les pratiques ostentatoires présidentielles? Mais il s’en fout.
Et pour montrer à quel point, il va mettre en concurrence l’instituteur et le curé:
"Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé… parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance."
Combien de pédagos de la laïque, engagés dans des écoles difficiles où ils donnent de leur vie, ont dû apprécier ce langage tellement valorisant! Le pauvre Darcos pourra toujours s’accrocher, en service après vente, pour réparer les dégâts.
Voyez encore comme le Président tient à son discours moral. C’est qu’il n’a guère que le discours à offrir! Entre la prodigieuse augmentation de salaire qu’il s’est octroyée et l’avion prêté par son ami Bolloré pour quelques jours de vacances en Egypte, il a juste le temps d’insérer dans son discours du Latran cette profession de foi désintéressée et un peu embrouillée:
"Les facilités matérielles de plus en plus grandes des pays développés… l’accumulation de biens, soulignent chaque jour davantage l’aspiration profonde des femmes et des hommes à une dimension qui les dépasse, car moins que jamais elles ne la comblent."
Coluche disait plus simplement: l’argent ne fait pas le bonheur des pauvres!
Alors, en déficit d’idéal républicain, et dans le sabordement en cours des institutions que sa pratique dévalue à longueur de journée, il se tourne vers la " religion majoritaire". Il lui promet ses faveurs et, bien sûr, il attend un retour d’ascenseur : pour aider à la pacification des zones névralgiques de l’hexagone ("Je vous soutiendrai"), pour participer aux débats et à la mise en œuvre des lois sur la bioéthique ("La République a intérêt à ce qu’il existe une réflexion morale inspirée de convictions religieuses"), et aussi pour soutenir son grand dessein d’Union de la Méditerranée ("Cette perspective rencontre, me semble-t-il, l’intérêt du Saint-Siège.").
Devant pareille travestissement de son mandat, on pourrait s’attendre à ce que l’opposition… s’oppose. François Bayrou, il est vrai, a bien qualifié la religion du Président "d’opium du peuple". Ségolène Royal l’a accusé de "mettre en cause l’indépendance et la dignité de la fonction présidentielle".
Mais rien de bien farouche. Sans doute sommes-nous en pleine trêve des confiseurs. Et puis, l’opposition a déjà avalé tant de couleuvres! Les cathos conciliaires, de leur côté, vont-ils réagir aux perspectives présidentielles si peu en phase avec Vatican II? Et les évêques? Au moins quelques-uns? Ont-ils mesuré les risques que, sur le long terme, cette dérive présidentielle fait courir à la paix sociale?
En ce qui concerne Golias, nous avons bien l’intention de continuer à l’ouvrir pour dénoncer cette imposture ("L’imposture" est d’ailleurs le titre du roman de Bernanos que Benoît XVI a offert au président français!).









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Je pense cependant qu’il ne faut pas trop attacher d’importance aux paroles du tsar lepetit. Depuis des lustres, depuis qu’il a été ministre, ce ne sont que paroles, paroles, toujours des paroles.
Mais aucun acte concret (sauf en ce qui concerne les patrons du CAC 40 et son propre salaire) : comment a-t-il nettoyé les banlieues et avec quel karcher ? comment est-il devenu le président du niveau de vie ?
Ce ne sont que manoeuvres (manipulation des statistiques, débauchage des partis adverses, montage d’un parti fantôme au centre qui ne recueille que peanuts comme voix dans la France entière, etc…), mais aucun acte concret : ah si, j’oubliais les franchises de la sécurité sociale et l’augmentation méprisante des retraites.
Pour la religion, il fallait un discours : sa plume en a pondu un, mais on peut être certain qu’il est déjà oublié.
Il me paraît clair que ce discours (comme beaucoup d’autres) est l’oeuvre de son homme de plume illuminé. A-t-il seulement pu le parcourir avant son intervention? Je rapellerai qu’il était sérieusement en retard à cette audience, ce qui bien sûr est très choquant.
Bien que catholique, fils d’ouvrier mineur, je considère que je dois tout à l’Ecole Publique laïque et à ses enseignants. Ce discours m’a profondément choqué ainsi que l’absence générale de réactions. C’est ahurissant, on marche sur la tête!! Merci aux auteurs de la revue Golias.
je pense que « son homme de plume » ne se sent plus. C’est dangereux parce que Sarko donne la vilaine impression de découvrir les mots au fur et à mesure de sa lecture ( pendant l’intervention publique). C’est grave quand on pense au discours débité avec quelques mots changés - Sarko voulait « tutoyer » son auditoire alors que Guaino avait utilisé le vous dans certains passages : on imagine les bafouillements occasionnés…- lors de son voyage en Afrique!
le but est d’utiliser des mots forts, des écrans de fumée : on commente et pendant ce temps… tin, tin ,tin…hop, une nouvelle non-loi sur le temps de travail de ces connards qui bossent pour un smic…
Peut-être, c’est souvent le cas d’ailleurs, que la personne qui écrit ses discourts essaye de faire passer quelques unes de ses propres idées dans les textes de ce Nain… Mais ne soyons pas idiots non plus: s’il les trouvait réellement si « affreux » que ça, il changerait d‘« homme de plume »!
Et je ne penses pas que ce ne soient que des « écrants de fumée »: les mots et les idées passent même s’ils ne sont pas suivis des actes (de plus pour les actes: il en fait bien plus que ce qu’on ne croit).
on voit la mesquinerie, qui consiste à s’attaquer au physique (le nain)… d’autres s’attaque à Sarkosy sur son français…
comme quoi les arguments anti-sarkos sont bien faibles…
Je répugne simplement à l’insulter en tant que « fonction présidentielle » et préfère le faire sur des surnoms…
Juste une précision: Mitterrand, je l’appelais Tonton, et Chirac, Chichi… J’ai toujours pris de surnoms pour les présidents: Sarkosy, je l’appelle le Nain, c’est pareil.
Il y a une nuance entre désigner sous le nom de « chichi » ou « tonton » et surnommer « le nain » un homme dont la taille est effectivement petite… je trouve pour ma part que c’est mesquin… s’attaquer au physique ne me paraît pas très élégant.. c’est comme ceux qui désigne telle femme politique « la grosse »… voyez-vous, c’est cela qui me choque, plus que ce qui vous choque en matière purement politique.
C’est vrai que celui qui écrit ses discours fait « passer ses idées » puisque c’est lui qui compose, cependant par écrans de fumée, je soulignais le fait qu’on parle beaucoup des termes ( cf à propos des voeux le mot : « civilisation » ) et du coup, peu du contenu … et pourtant, il y en a, surtout contre la majorité des Français: vous savez ceux qui ne sont pas assujettis à l’ISF et dont les étrennes c’est de payer plus pour tout, avec des semaines à combien au fait : 35 ou 40 heures??? ce sera comme le patron voudra, car il pourra toujours invoquer la nécessité pour l’entreprise de faire des sacrifices , enfin si les salariés veulent qu’il reste en France et ne soit pas OBLIGE de délocaliser, bien sûr …
ah décidément, l’ISF est un moyen pour désigner unepartie de la population, pour la fustiger, pour essayer de trouver un équavalent des « privilégiés » de l’Ancien Régime… c’est une rhétorique un peu usée.
Et bien oui, je crois que ce cadeau fiscal est resté en travers de la gorge de pas mal de personnes, d’autant qu’il n’est pas question de revaloriser les salaires… sauf un. Et que les »riches » Français qui devaient revenir en France « grâce » à son élection sont désespéremment encore à l’étranger…
Johnny revient ! Donne le bon exemple!
C’est du Catholiquiphilisme de mauvais gout ..
Tendance Bigard et pretre voyou ..
La religion et ses mariages arrangés : c’est aussi cela.
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Le père de Sadia reste en prison
Rédaction en ligne
vendredi 04 janvier 2008, 16:35
La chambre du conseil de Charleroi a confirmé pour un mois le mandat d’arrêt de Tarik Mahmood Sheikh, inculpé dimanche dernier de l’assassinat de sa fille Sadia, le 22 octobre dernier dans la maison familiale à Lodelinsart.
Belga
On ne dispose pas de plus de détails sur le rôle exact qu’aurait joué l’inculpé dans ce meurtre, dont le principal suspect reste son fils, Mudusar Sheikh, frère de la victime, soupçonné d’avoir abattu Sadia et d’avoir grièvement blessé sa jeune sœur Sarya, âgée de 18 ans.
Sadia faisait l’objet d’un conflit familial, ses proches ayant eu l’intention de la marier de force au Pakistan, alors qu’elle avait une relation amoureuse à Charleroi. Mudusar Sheikh est toujours en fuite.
D’autre part, il se confirme que Tarik Mahmood Sheikh a été interpellé et arrêté alors qu’il se préparait à partir pour le Pakistan, dans les heures qui suivaient.
(D’après Belga)
la religion des mariages arrangés… c’est la religion mahométane… rien à voir avec le Christianisme.
« En ce qui concerne Golias, nous avons bien l’intention de continuer à l’ouvrir pour dénoncer cette imposture »
Merci Golias.
Effectivement, tout est à craindre du petit homme, son désir d’anéantir tout ce qui vient de notre passé républicain humaniste. L’école laïque avait déjà été mise à mal par les avantages accordés à l’école privée, mais avec l’arrivée de Bolkenstein et de sa libre concurrence, notre école a du souci à se faire … Déjà notre bienaimé président s’est montré catholique fervent, alors qu’il est le président de tous les Français et n’a pas à afficher ses tendances religieuses (cf la messe pour le cardinal Lustiger).
Les laïcs sincères ont tout à craindre de celui qui se montre plus communautariste que rassembleur.
Les catholiques sincères ont eux aussi tout à craindre d’un enrôlement dans la ronde effrénée du président : le sarkozisme ne durera pas 20 ans et il leur faudra assumer la confusion entre leur foi et un parti politique pendant des décénies.
Ils doivent être parfaitement conscients que c’est de cette façon que l’Église Catholique a reculé tout au long des XIXe et XXe siècles.
personne ne mise sur un sarkosisme long… Sarkosy n’st qu’un maillon d’une longue chaîne, mais un maillon salutaire… il y en a aura d’autres après…
Dès qu’il a été élu, une prière pour le nouveau président a circulé sur le net… qui sait, aura-t-elle porté ses fruits ? je crois que oui…
Ce qui se passera dans 20 ans, dans cent ans, on ne le sait pas… seul Dieu le sait…
Euh, c’est grave docteur ?
les laïcistes (et non pas les laïcs dont je suis) ne font-ils pas preuve, eux aussi, d’un certain communautarisme ? On est tenté de répondre par l’affirmative, quand on vous lit… car le laïcisme relève d’une croyance, au même titre que les autres… celle-ci n’a que cent ans, elle est bien fragile.
Oui le Président de tous les français se montre catholique pratiquant… (bon on passe sur certains aspects de sa vie personnelle), et bien que les français suivent son exemple.
Je ne vois pas en quoi M. Sarkosy vous inspire une telle crainte !
Sarko est en train de perdre une partie significative des électeurs qui avaient voté pour lui.
En réaction, il accentue sa stratégie vers l’extrême droite: il a déjà les électeurs FN, maintenant il va chercher les cathos intégristes.
Pour un deux fois divorcé qui actuellement vit à la colle… mais il n’en est pas à un paradoxe près!
C’est clair que c’est en allant a Rome que Sarko peut le mieux draguer les integristes qui sont en rupture avec…. Rome
bonne connaissance des dossiers Soh !!!!
comment un president peut aller debiter un discour pareil sans générer un scandale dans son pays je ne comprends pas.aborder le sujet du bien et du mal en meprisant a ce point le travail de tous ces intituteurs(trices)me choque surtout dans les conditions ou ils exercent le plus souvent,en fait rien n’est étonnant venant de ce malapris ,je crois qu’avec lui nous avons le plus gros boulet de toute notre histoire.
chère Madame, ce n’est pas parce le Président vante le Pasteur qu’il méprise l’instituteur… où donc allez-vous chercher cela ?
Et bien non, il n’y a pas de scandale… vous ne comprenez pas, mais c’est assez normal… je me demande ce que vous avez tous à vous exciter toutes et tous, suite à ce discours du Président.
Vous ne comprenez pas… c’est ça qui est grave!
Parce que nous voyons que tout ce en auoi nous avons Foi, pour un avenir ensemble, est détruit par cet homme!
et en quoi avez-vous foi ? Dites, proclamez votre foi, vous en avez le droit !
qu’est-ce donc qui serait menacé par « cet homme » ?
Parce que « Theoriquement » il représente la république (une et indivisible) , que la république est laïque, qu’elle « tolère » toutes les religions mais n’en représente aucune. Il eut pu faire ce discours, a titre privé, c’est son droit, mais au titre de représentant de la république c’est un délit !!
La religion est le principale argument de discorde des peuples, elle ne sert qu’a embrigader, il faut exclure la religion de la Politique . Chacun a le droit de croire ou de prier ce qu’il veut, quand il veut, mais en privé .
Oui théoriquement… la république est laïque, elle l’est tout simplement « parce qu’elle n’est pas ecclésiastique » (de Gaulle). Tel est le sens étymologique du mot laïque, que l’on peut restaurer. Il y a glissement sémantique, il ne saurait y avoir délit… et qui êtes vous pour accuser le Président de commettre un délit, lui qui est le chef de cette république (ou si vous préférez son Président, ce qui veut dire exactement la même chose) ?
Quant à dire que la « religion est le principal argument de discorde des peuples », ce n’est qu’un parti pris, vous sortez de la neutralité. Bref, autrement dit vous soutenez telle conception de la laïcité car vous n’aimez pas la religion, c’est votre droit. Il est complètement impossible d’exclure la religion de la politique. Pourquoi ? parce qu’elle a, dans sa nature, une dimension politique incontestable, elle engage l’homme dans sa dimension sociale. Elle n’a pas qu’une dimension de « prière »….
Vulgaire tout simplement. Rien de plus si ce n’est la honte qu’il fait porter à la France.
Il ne faut pas dramatiser… vous choisissez d’interpréter l’absence de réaction par une sorte d’anesthésie du corps politique et social. Et vous vous dites : »Et bien, seuls contre tous, nous combattons Sarko les armes à la main ! ». Allons donc.
On peut mettre en relation le discours romain du président à ses voeux qui ont été présentés hier soir : il a parlé de politique de civilisation. Certains trouvent cela fumeux, moi pas. Notre civilisation doit être renforcée, elle doit recouvrer le rayonnement qui fut le sien pendant si longtemps. Elle ne peut y parvenir qu’en puisant à la bonne source. La laïcité est obsolète. Elle a été proclamée à une époque bien différente de celle que nous vivons, le monde a changé depuis, les enjeux ne sont plus les mêmes.
En quoi le président méprise-t-il le travail des instituteurs ? attention aux interprétations douteuses ! ce qu’il reconnaît aux pasteurs n’enlève rien à la valeur des enseignants !
Vous vivez dans quel monde, tannhäuser ? Celui de TF1 et Disneyland, sans doute !
Sans vouloir dramatiser -moi non plus- votre sainte naïveté laisse à penser que vous sortez tout droit des « Visiteurs » !
Quant à la « politique de civilisation » ça vous rappelle pas un peu les Croisades -pour faire référence à un temps qui vous semble proche- ou, plus récemment, la démocratisation du Proche Orient à la sauce néo-cons. Avez-vous à l’esprit que le monde est constitué de peuples dont les valeurs, puisées dans leur histoire, sont singulièrement différentes des nôtres ?
Réveillez-vous, on est en 2008 (je sais, c’est tout nouveau …) et l’Histoire ancienne et récente est pleine d’enseignements que vous devriez relire avec un oeil un peu plus actuel ou, au moins, un esprit un peu plus acéré !
D’après ce qui se dit, l’existence du Père-Noël serait même remise en cause… Tout s’effondre !!! Mais que fait Sarko ?
ah oui, vous avez mille fois raison de dire que nous sommes en 2008 … et non plus en 1905 ! c’est vrai qu’en cent ans les choses ont eu le temps de changer…
« La laïcité est obsolète »
Ah oui ?
Vous avez raison, supprimons là et soyons fous, laissons toutes les religions s’exprimer librement au sein de la République :
ainsi, les jeunes filles musulmanes, celles qui ne seront pas interdites de scolarité par leur traditions, suivront leur cours cachées sous leur burka…
On pourra exciser à tour de bras toutes les petites filles qu’on voudra…
Nos chers catholiques exigeront bientôt l’interdiction des préservatifs et l’avortement…
Bref notre société ira mieux…
La laïcité est pour moi le SEUL rempart à l’asservissement et à l’intolérance que toutes les religions imposent aux peuples !!!
Il est tout a fait normal que les religions puissent s’exprimer !
Le role du politique et donc de notre Republique est d’assurer a tous les citoyens de pouvoir vivre librement. en fonction de ce critere, la sphere politique decide de suivre ou non l’avis des religieux qui n’est jamais que consultatif et ne peut s’imposer a la majorite (ni evidemment a une autre minorite)
voilà enfin, au milieu de toutes ces vaines protestations, une parole sensée.
Certains intervenants jouent à se faire peur… Oh Déesse Laïcité, qu’adviendra-t-il de notre liberté si nous laissons les religions s’exprimer dans le concert républicain ? pouah… !
Aprés l’origine génétique des délinquants, voici venu l’origine divine du président:
« Je comprends les sacrifices que vous faîtes pour répondre à votre vocation parce que moi-même je sais ceux que j’ai faits pour réaliser la mienne ».
(citation reprise ci-dessus).
Celle là, Louis XIV lui-même n’aurait pas osé la faire.
Une bonne résolution pour 2008 que je vous propose de partager avec moi : cesser de regarder passer les vilennies gouvernemantales, et en particulier présidentielles. S’inscrire dans un parti, se manifester bruyament dans les rues et sur internet à la première occasion, partager ses indignations avec ses proches. Ou n’importe quoi d’autre.
Il y a un an, on pouvait s’attendre à ce que Sarkozy devienne un président chasseur d’immigrés, mais pas à ce qu’il aille brouiller une barrière politique aussi fondamentale que la loi de 1905. L’affaire Khadafi aussi était surprenante. Et si on ne se mobilise pas (et même peut-être si on se mobilise, mais il vaut mieux ne pas y penser), que trouvera-t-il de neuf et d’inattendu pour nous stupéfier dans les mois à venir ?
après.
Avant de se retrouver (comme chaque jour d’ailleurs, et sur des modes mineurs) devant le neuf et l’inattendu, parce que - « Les assassins sont ceux qui répètent le monde tel qu’il est, ne veulent rien changer « - (Kafka)cité souvent par Leslie Kaplan, il faut qu’on sache penser et parler, et peut-être que nos échanges et nos indignations (les mots, nos phrases, nos images, savent-ils en attester ? parfois c’est pas sûr), parfois on répète, alors ici et dans pas mal d’endroits, la rue aussi, on guette ceux (mots et personnes) avec qui on va faire du chemin. Et personne ne peut dire ce que ces petits ruisseaux feront et quand ils voudront devenir torrents. Mais c’est pour ça qu’il ne faut pas négliger les petites gouttes d’eau…Ne pas répèter non plus les images de soulèvement…quand le couvercle ne pourra plus tenir qui sait ce que ça va faire ! pour l’heure, mettre dans la marmite ce qui nous est vital, sans vieilles images toutes faites…non ?
En France les rois tenaient leur légitimité de l’église. Nous avons dû nous battre pendant 130 ans, de 1789 à 1905, pour avoir un état laïc, c’est à dire libre de toute ingérence extérieure.
La tolérance qui est la nôtre nous permet d’accepter les critiques venant de n’importe quelle religion.
En faisant allégeance au Pape, Sarkozy nous met dans une situation intenable, vis à vis des autres religions présentes sur notre sol ou ailleurs.
La vie politique française est en train de virer au Grand’Guignol
Tout à fait d’accord avec vous. On avait déjà remarqué qu’il semblait n’être à la fonction de président que pour défaire les acquis nécessaires à la cohésion d’un peuple, sa sécurité, le lien social, le service public …
Maintenant c’est au tour de la religion : il est tellement fier d’être chanoine : d’ailleurs il ne me semble pas que cela ait fait tourner la tête ni de Chirac, ni de Mitterrand…on en avait peu parlé pour eux, en tout cas pas comme cela, alors que lui, tant qu’il peut empiler honneur et commentaires, bref parler de LUI, ça y va. Il avait pas serré la main d Tom Cruise, ce grand scientologue…
Autre possibilité : discours de Guaino que les grands mots font bander et qui se tire la nouille en les écoutant de la bouche du nabot.
C’est d’une élégance… !
et oui, la foi catholique, et non « la religion » (à prendre au pluriel ou au singulier, ce qui est exactement pareil) est le seul ciment social possible. Heureusement que nous avons tourné la double-page Mittérand/Chirac, nous revenons à un peu plus de sérénité et de bon sens. Sarkosy prend la mesure de l’enjeu : il en a va de notre civilisation.
Je ne penses pas, aux vues de ce qui se passe dans le monde qu’une religion quelconque soit à même de devenir un « ciment social » alors que c’est justement ce qu’est sensée apporter le laïcité: un cadre commun, quelles que soit nos croyances ou nos idées…
Enfin, c’est comme ça que je la voie.
l’erreur c’est de croire que telle religion ou telle non-religion soit une « option », et que quelle que soit l’option, quelque chose d’autre devrait cimenter le lien social. Quelque chose d’autre, oui, mais quoi ?
La question à se poser est la suivante : quelles valeurs doivent servir de ciment ? les valeurs républicaines, me dira-t-on. Mais quelles sont ces valeurs ? il faudrait les énumérer… les remettre sur la table, sur le tapis, pour pouvoir les examiner.
Sauf que le lien entre religion et valeur est dans la tête des gens…
Ce n’est pas la religion qui donne des valeurs, les vrais… Celles qui deviennent un ciment sont celles qui viennent de l’ouverture d’esprit, de la culture et du « coeur »… Et surtout pas celles qui sont dictées par tel ou tel courant de pensée idéologique.
vous parlez de « la religion » (ou « des religions ») de manière beaucoup trop approximative pour que votre discours soit crédible. Deux questions sont à distinguer : d’une part « qu’est-ce qu’une religion », et d’autre part « qu’est-ce que la religion »… Je suis personnellement catholique, je ne parles pas de « la » religion, mais d’une religion en particulier, la mienne, que je, connais, une religion dont vous semblez n’avoir qu’une connaissance très insuffisante.
Ainsi les valeurs qui selon vous deviennent un ciment social sont celles qui viennent de l’ouverture d’esprit : et bien, à lire la plupart des messages envoyés ici, on comprend qu’il n’y ait pas de ciment social !
La culture du coeur ? est-ce la fausse générosité qui nous permet de nous situer du bon côté, du côté des gentils, bref, du côté de la gauche ?
il y a une naïveté fort touchante dans vos propos…
C’est de la branlette intellectuelle, de l’enfilage de culotte aux mouches.
La religion , vous voulez rire, croire en l’homme est le seul ciment pacifique social!
mon cher ami, celui qui croit en « Dieu fait homme » croit en l’homme… effectivement, le mahométan croira plus difficilement en l’homme, puisqu’il n’ ya pas d’incarnation dans sa religion.
Vous posez la belle question de la légitimité du pouvoir. C’est vrai que les rois tenaient leur légitimité de quelque chose ou plutôt de quelqu’un qui était au-dessus d’eux : le divin. Nous nous sommes battus non pas pour changer le fondement de la légitimité, mais pour le supprimer. Car enfin, il faut bien reconnaître que la la souveraineté dévolue au peuple est une vaste plaisanterie. Le peuple n’est nullement souverain, seuls les textes constitutionnels l’affirment, mais cela ne suffit pas pour en faire une réalité concrète.
Mais pour revenir aux rois, ils pouvaient être de droit divin, mais ils n’étaient nullement les chefs d’une prétendue théocratie. La théocratie, dans la chrétienté, est impossible : elle a été tentée par Savonarole et par Calvin, et s’est soldée des échecs. Elle n’est pas envisageable, simplement parce que Jésus a distingué le pouvoir temporel du pouvoir spirituel (je ne vous ferai pas l’affront de citer le passage, je pense que cela doit faire partie de votre culture la plus élémentaire). Quand un homme et une femme se marient, ils constituent toujours deux êtres distincts, et pourtant ils sont unis, ils se livrent à une très étroite collaboration. Ainsi des sphères aussi séparées que le temporel et le spirituel ne sont pas forcément destinées à se combattre ou à se tourner le dos. Ainsi sous la monarchie dite de droit divin, les pouvoirs temporels et spirituels étaient bel et bien distincts, la vraie laïcité était déjà bien là, quoi qu’on en dise.
Maintenant, vous parlez des autres religions vis-à vis desquelles nous serions dans « une position intenable ». Ces religions sont les bienvenues sur notre territoire, mais elles ne sauraient, culturellement parlant, être considérées à égalité avec celle qui a été le ciment de notre civilisation.
Autre chose : Sarkosy fait-il allégeance au Pape ? La réponse est évidemment non. Ce n’est pas parce qu’il prononce un discours où il se sent en communion de pensée avec le chef terrestre de l’Eglise catholique que cela constitue pour autant une allégeance. N’exagérons rien ! il ne livre pas les clefs de la France au Vatican… cessons de délirer.
Question: Saviez vous qu’en France, la couronne à TOUJOURS appartenue au PEUPLE???
Parce que certains rois ont capitulés, mais des juristes ont alors trouvé des écrits législatifs anciens qui montraient que la couronne appartenait au peuple français et non à son Roi! Le roi pouvait alors capituler mais le peuple ne se rendra jamais.
Moralité: si le roi capitule, la couronne ne revient jamais à celui qui l’a fait capituler…
les rois en effet n’en étaient que les dépositaires successifs. Mais pour autant, la fable selon laquelle ce peuple devait être souverain n’existait pas encore.
Vous avez parfaitement raison, sans église, pas de roi, l’enfer était le chiffon rouge qui faisait peur a nos ancêtres qui sans accès a l’éducation (fait exprès bien sur) comptaient sur quelque chose leur apportant le bonheur dans l’au delà . Du même style que les 4000 vierges promises a ceux qui se suicident « pour Allah » !
Il a fallu beaucoup de temps et de persévérance pour apporter la lumière nécessaire a la compréhension , mais Sarko le Bref est en train de couper le courant !