Six lignes sur un site Internet, c'est un peu court pour un tel désastre : l'annulation pour cause de vols de statuettes vieilles de 1 500 ans de la grande exposition « Chefs d'oeuvre du delta du Gange », qui devait se tenir au musée Guimet, à Paris.
C'est le gouvernement du Bangladesh qui a pris la décision, le jour de Noël, sonnant le glas d'un projet d'exposition qui soulève, depuis des mois, des passions incroyables dans ce pays du sous-continent indien. L'expo, déjà reportée une fois, est désormais définitivement annulée, laissant le prestigieux Guimet avec une réputation entamée, un catalogue imprimé inutile, et un trou dans sa programmation reflété par les affiches du métro parisien qui annoncent encore l'expo controversée en provenance du Gange.
Trois mois de protestations contre l'expo
L'affaire est à la fois rocambolesque, mais aussi très révélatrice de la manière dont sont perçus les grands musées occidentaux dans certaines parties des opinions publiques de pays en développement, en raison de la présence dans leurs collections de nombreuses pièces volées au cours de siècles de guerres et de conquêtes.
Depuis l'annonce de cette exposition parisienne, présentée comme une « première mondiale », une campagne de protestation a été menée au Bangladesh afin d'empêcher le départ du pays de ces 189 oeuvres portant sur une période de 2 200 ans, sous prétexte qu'elles pourraient ne pas être rendues par le musée Guimet.
Les détracteurs de l'expo s'appuient sur la présence dans ce musée, dans sa collection permanente héritée en fait du Louvre, d'oeuvres volées en Asie, un sujet de contentieux récurrent entre les grands musées occidentaux et les pays d'origine de ces oeuvres.
L'expo a d'abord été retardée par une action en justice, en septembre 2007, des détracteurs de l'exposition, début d'une saga bien suivie sur le site Global Voices Online qui suit les blogs bangladais. Ils ont obtenu un sursis de deux mois sous prétexte que le musée français pourrait ne pas rendre les oeuvres.
Mais, comme le précise un communiqué de victoire un peu prématuré du Guimet, « le gouvernement du Bangladesh, soutenu par une grande partie de l'opinion publique, s'est tourné vers la Cour suprême du pays qui a, le 4 octobre dernier, autorisé le départ des oeuvres vers Paris ».
Le premier départ a été orchestré comme une opération militaire, le 1er décembre, pour déjouer les manifestations. Tout semblait s'arranger pour les organisateurs, et un deuxième chargement a été discrètement effectué le 22 décembre, en pleine période des fêtes musulmanes de l'Aïd-al-Adha.
Un blogueur bangladais a réussi à prendre une photo de ce chargement et l'a mise en ligne au milieu des images de protestations et de policiers antiémeutes aux abords du musée national exceptionnellement fermé au public.
Une fois arrivées à l'aéroport, les caisses ont été entreposées dans la zone sous douane en attendant d'être chargées, le lendemain matin, sur un avion cargo d'Air France pour Paris.
Au réveil, toutefois, il manquait une caisse contenant deux statuettes représentant Vishnu et vieilles de 1 500 ans. La caisse, vide, devait être découverte non loin, la statuettes envolées… La disparition de Vishnu, dieu de la stabilité du monde, déstabilisa au moins Dacca et la représentation diplomatique de la France.
Un « complot » contre la France et le Bangladesh ?
Une catastrophe à laquelle l'ambassade de France réagissait brutalement en mettant en cause une conspiration destinée à embarrasser le Bangladesh et la France. Mais le mal était fait, et les adversaires du transfert pouvaient proclamer « on vous l'avait bien dit ».
Au cours d'une conférence de presse, les opposants, dont un ancien directeur général du musée national du Bangladesh, ont demandé l'arrestation immédiate de tous ceux qui avaient organisé cette exposition.
Sur les blogs, l'opinion s'est déchaînée : « Les Français ont insulté et couvert de honte notre culture et notre héritage, c'est impardonnable », écrit un internaute. Le gouvernement de Dacca n'avait plus guère d'autre choix que d'annuler l'exposition et de demander le retour des pièces déjà à Paris.
Cette incapacité des responsables français, du musée Guimet comme de l'ambassade de France, à se faire entendre et à faire accepter le sérieux de leur démarche est d'autant plus paradoxale que le communiqué du musée soulignait que l'exposition était le fruit des « liens culturels étroits » entre les deux pays, « qui se traduisent notamment par des missions archéologiques et des coopérations muséographiques ».
Rien n'y a fait, et la France doit aujourd'hui gérer les retombées négatives de ce qui semblait à l'origine une belle vitrine de cette coopération entre les deux pays. Il n'y avait personne, lundi au musée Guimet, pour commenter cette affaire.
Prétexte d'une opposition qui cherche à embarrasser son gouvernement, ou véritable confusion sur la nature d'un musée national français ? Toujours est-il que la débâcle bangladaise doit servir de signal d'alarme pour les grands musées occidentaux qui, jusqu'ici, ont misé sur leur réputation pour surmonter la mise en cause de leur possession d'oeuvres d'art volées par le passé. Au Bangladesh, en tout cas, ça n'a pas suffi.




















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De personne
17H10 | 31/12/2007 |
Rien de nouveau sous le soleil, les occidentaux seront toujours les boucs à misère des nationalistes du tiers-monde. Autant à juste titre (les vols de la période colonialiste) qu'à torts (coopération et préservation actuel). Encore une fois on regrettera sans s'étonner que l'histoire serve d'otage à la politique.
Pourtant il faut bien reconnaître qu'une bonne partie des pillages passés ont alimentés des musées et assuré leur préservation ce que ces pays n'aurait pas su ou pas voulu faire.
De daniele
18H04 | 31/12/2007 |
je trouve regrettable ce vol,et bizarre a la fois je m'interroge juste sur a qui profite le crime.dommage pour le musée guimet qui est superbe et merite plusieur visite.j'espere qu'ils trouveront qui a organisé ça avec la statuette.
De jissé
Ingé retraité | 18H23 | 31/12/2007 |
André Malraux (grand pilleur d'art exotique dans sa jeunesse) a un alibi. Là c'est pas lui.
Quand elles sont bien assurées les oeuvres d'art volées sont souvent miraculeusement « retrouvées », la Cie d'Assurance étant la première intéressée par leur « rachat'.
Allez savoir ? ?
La Mosquée de Cordoue appartient-elle à la catholique Espagne ?
A mon avis oui, mais ..
à jissé
De manu2005
La France tue en Afghanistan, en no... | 18H35 | 31/12/2007 |
ah, que oui qu'elle appartient à l'Espagne ! (vous voudriez la rapporter à Paris ?
C'est de plus un édifice religieux, avec tout ce qui va avec.
à jissé
De pikasso02
18H42 | 31/12/2007 |
cher jissé, si vous ramenez la valeur argent dans la discussion, où allons-nous ? L'argent n'a rien à voir avec le contenu d'une oeuvre. Quand pourrons-nous parler de la valeur des oeuvres sans se rattacher à leur valeur marchande ? Il est vrai que tous ceux qui s'interessent à l'art, les historiens et critiques ne font rien pour ! Certains amateurs, si ! Mais ce ne sont que des amateurs !
De buveurdeau
20H37 | 31/12/2007 |
a propos de « rendre à chacun ses biens comme en prévision d'un divorce… »
divorce deja consommé depuis longtemps il me semble…
dans le sens ou trop croire que le monde est notre jardin fait oublier que ceux qui habitent le jardin n'entrent pas si facilement dans la maison….
autrement dit, ecrire que dans un musée les oeuvres sont « accessibles à tous », c'est passer sous silence le fait qu'en pratique, il faut s'y rendre pour les voir. je veux bien qu'on discute « entre nous » ici, mais n'oublions pas que l'europe n'a pas les frontieres les plus ouvertes, et que quoi qu'il en soit, circuler coute a la fois du temps et de l'argent
du coup pour l'exemple des fresques du parthenon, sauf a faire effectivement des copies qu'on se partage (comme proposé plus haut, j'adhere totalement), le choix est entre permettre aux anglais pauvres de les voir, et ne pas empecher que les grecs pauvres puissent les voir…
De mahestro
20H55 | 31/12/2007 |
Si une œuvre n'a de valeur qu'au regard de sa singularité ou du fait qu'elle soit unique (comme un timbre), n'importe quoi peut devenir une œuvre pourvu que rien ne lui ressemble. On a plutôt à faire dans ce cas là à un rapport « pécunier » à l'art. Or la valeur d'une oeuvre, pour la Joconde par exemple, c'est aussi la place qu'elle a prit dans l'histoire de l'art, dans le contexte ou elle a émergée et le fait qu'elle soit encore visible. Un équivalent de la Joconde aujourd'hui ne ressemblerait à rien à la Joconde.
C'est en ce sens qu'une reproduction de la Joconde, du fait même que ce ne soit pas « La » Joconde, ne peut avoir la même valeur. Mais on parle ici de l'objet. Pour un étudiant en histoire de l'art, une reproduction fera très bien l'affaire, puisque c'est le visible qui est à analyser et à considérer, et pas l'objet, de toute manière impossible à toucher, à apréhender.
Apres, pour ce qui est de l'article, on a beau jeu de discuter sur la valeur des objets artistiques et leur sauvegarde. Si pour nous le champ artistique est parfaitement délimité, on a tendance à y entrer des objets qui n'y ont pas leur place.
André Malraux était sûrement un pilleur d'art exotique, sauf qu'à appeler un chat un chat, il était plus probablement un acteur d'une activité de profanateur. En toute bonne foi il voulait certainement éclairer ses contemporains sur la « valeur » artistiques de ses objets qu'on ne savait pas voir ni regarder.
En attendant il me semble qu'on ne sait toujours pas voir ni regarder ces objets autrement qu'a travers le champ artistique, celui là même qui permet et légitime un accès à tout et pour tous. L'hestétique et le beau sont universel. Soit.
Mais qui nous dit que ces objets ont le moindre contenu esthétique pour les habitants du Bengladesh par exemple. Le musée des arts premiers est il seulement détenteur d'une seule oeuvre d'art ? (je sais ça va faire scandale, c'est un peu volontaire), en dehors des œuvres religieuses ou autres, voire funéraires dont c'est la fonction premiere.
Ceci étant dit ça ne m'empêche pas moi, avec ma culture d'occidental de trouver très « artistique » une œuvre funéraire, même française. J'ai chez moi de très belle pierre tombale. En toute illégalité bien sur. C'est aussi innocent que de voler un nain de jardin non ? c'est tellement beau.
De FdT
En pleine décroissance | 03H27 | 01/01/2008 |
Les oeuvres d'art ne devraient pas voyager. Les sommes importantes dépensées pour organiser de telles expositions seraient mieux investies dans des choses plus concrètes. Si je ne me trompe pas le Bengladesh est un des pays les plus pauvres du monde, ne ferait-on pas mieux d'aider ce pays à améliorer ses infrastructures éducatives par exemple plutôt de balancer des millions d'euros afin d'organiser une exposition ?
Qui souhaite se familiariser avec l'art d'une civilisation peut très bien consulter les ouvrages concernés d'autant plus que la qualité des clichés permet d'avoir un aperçu encore plus précis des détails des oeuvres que si on la contemplait au travers une baie vitrée.
Mon positionnement semble quelque peu radical, je l'admet, mais notre époque a besoin de radicalité ! Nous sommes au bord du gouffre, et il y a de nos jours des priorités autrement plus impérieuses que de faire voyager des oeuvres d'art à des coûts fantastiques !
De Un compte supprime
nc | 05H40 | 01/01/2008 |
Au-dela du fait de savoir si les oeuvres doivent etre restituees ou non aux pays d'origine, ce qui est un debat difficile, ce qui m'etonne, enfn, pas vraiment, c'est qu'une fois de plus, le patrimoine culturel est utilise a des fins nationalistes, haineuses, a l'oppose de ce que la culture represente pour ceux qui s'y interressent veritablemement. Ce bloggeur Bangladeshi qui ecrit : « Les Français ont insulté et couvert de honte notre culture et notre héritage, c'est impardonnable » est-il seulement alle une seule fois voir ces oeuvres exposees au Bengladesh. S'il est musulman, revendique-t-il sincerement et pleinement l'heritage culturel Indouhiste. Auquel cas, pourquoi les Musulman du Bengladesh et du Pakistan sont-ils depuis si longtemps en conflit avec L'Inde. Si l'offense est tellement impardonable, qu'est-il donc capable de pardonner ?
La musique adoucit les moeurs, apparement pas les sculptures shivaites. Apres tout, si c'est le souhait des Bangladeshi, laissons-les profiter de leur patrimoine culturel sans reserve, peut etre cela incitera-t-il ce bloggeur a plus de sagesse.
De blosse
concepteur dans la pub | 12H13 | 01/01/2008 |
« Les Français ont insulté et couvert de honte notre culture et notre héritage… “
Ils diffusent la Star'Ac au Bengladesh ?
De Illusion
archéologue | 14H08 | 01/01/2008 |
Bonjour,
D'abord, merci beaucoup pour votre article : la presse nationale s'est faite étrangément discrète sur cette histoire ou n'a guère pensé à faire des recherches un peu plus poussées permettant d'expliquer cette annulation regrettable.
Il n'est cependant pas vrai que l'opposition à cette exposition ne s'est exprimée que durant les trois derniers mois : en fait, dès octobre 2006, les autorités de l'Université de Rajshahi (à laquelle appartient un des musées où ont été sélectionnés des objets) avaient refusé de prêter des objets. Ce n'est que sous les pressions gouvernementales qu'elles ont cédé, devant faire face à l'opposition du corps professoral, ce qui se solda par une plainte portée contre elles en avril 2007. L'organisation de l'exposition ne s'est donc pas faite avec la collaboration acquise des Bangladais, mais dans le cadre de relations diplomatiques entre les deux pays. Tous les conservateurs bangladais concernés par le projet n'ont, par ailleurs, guère été heureux de laisser partir certaines des sculptures intégrées à leur exposition, et on peut, à cet endroit, s'étonner que le choix des objets n'ait pas tenu compte des réserves fort riches des deux grands musées (Dhaka et Rajshahi) – ce qui aurait probablement permis d'éviter un certain nombre de critiques.
Si la situation a escaladé ces derniers mois, c'est aussi parce que les organisateurs n'ont pas réagi avec doigté aux remarques qui leur étaient faites, forts qu'ils étaient d'avoir le support du gouvernement bangladais (et probablement surpris qu'on puisse contester l'organisation d'une telle exposition), mais il serait faux, comme on a tenté de le faire croire, que ce mouvement est uniquement une critique exercée par des opposants au gouvernement en place à Dhaka. Parmi les opposants, il y a des archéologues, des historiens de l'art, des professeurs d'Université et c'est leur faire insulte que d'éliminer d'un revers de main les critiques qu'ils ont émises. C'est vrai que le gouvernement bangladais a fait des fautes, mais la France en a profité. L'opposition n'est pas une opposition au principe de l'organisation de l'exposition mais se base fondamentalement sur le choix des objets.
Il est tout aussi facile de justifier cette opposition par le simple fait que ces personnalités n'ont pas été consultées dans l'organisation de l'exposition : le fait est qu'aucun chercheur bangladais ayant sérieusement travaillé sur le sujet n'a été contacté – l'exception étant faite pour les objets de la période islamique du pays ou pour la présentation de cette période (et pour la présentation des sites archéologiques : mais il était là nécessaire et diplomatique de faire appel au directeur des services archéologiques afin de ne pas mettre en danger l'existence des fouilles françaises dans le nord du pays). En bref, si l'on envisage la période pré-islamique du pays, il semble bien que tout le savoir ne pourrait être apporté que par l'Occident en général, la France en particulier. Cela est faux bien entendu, mais le savoir bangladais a été à cet endroit précis refusé. Une lecture des communiqués de presse ou d'une présentation du projet sur le site de l'Ambassade en dit d'ailleurs long sur la manière dont le Bangladesh est considéré. Ce n'est pas sans raison qu'un blog bangladais concerné par ce thème s'est nommé « Tintin in Bengal » par analogie avec le triste et terrible « Tintin au Congo ».
D'accord avec FdT : l'énergie et l'argent dépensés dans ce projet auraient pu trouvé un emploi plus fructueux. Le Bangladesh est un pays à majorité musulmane, il est vrai, mais néanmoins, c'est avant tout le « pays des Bengalis » (Bangla-desh), et ceux-ci sont extrêmement conscients de leur passé et de leur culture. Ils sont respectueux de leurs ancêtres et de leurs réalisations et n'attendent pas les Occidentaux pour les éclairer à ce sujet, mais on pourrait de fait les aider en finançant des projets éducatifs, ou de formation (ce que Guimet a tenté de faire en offrant des formations de muséologie), ou en partageant notre savoir sur la restauration, la conservation, etc. – mais encore seulement s'ils en font la demande : rien n'est pire que de se croire autorisé à « aider » quand en fait, on ne fait qu'imposer sa propre vision du monde. Et enfin, en sachant aussi se retirer au moment opportun : nous ne sommes plus au « temps béni des colonies », mais les mauvaises habitudes ont malheureusement la vie dure. De telles expositions nous font plaisir, mais n'oublions pas que nous consommons à ce moment de la culture qui n'est pas la nôtre et pour laquelle nous n'éprouvons souvent que de la condescendance. Allons voir l'autre sur place et acceptons que sa vision du monde peut être radicalement différente de la nôtre.
Triste final : les deux images volées ont été retrouvées, détruites, leurs fragments distribués sur une montagne d'immondices.
à Illusion
De brogilo
in angulo | 16H49 | 01/01/2008 |
@ Illusion,
Merci pour la façon dont vous remettez très bien les choses en perspective.
à Illusion
De micke
utopiste | 19H42 | 01/01/2008 |
rien a dire, l'archeologie assaisonnée d'anthropologie c'est vachement mieux que l'ethnologie.
(et merci beaucoup de nous laisser connaitre ces faits édifiants)
à Illusion
De pikasso02
20H00 | 01/01/2008 |
Illusion D'accord avec Brogilo, sur votre mise au point. Toutefois je ne vous suis pas sur la fin de votre courriel, dans la partie où vous vous engagez personnellement. Possible que les Bengalis soient conscients de leur culture. Mais culture ne s'arrête pas seulement aux oeuvres d'art. Sans Picasso, je ne crois pas qu'il existerait un musée des arts premiers à Paris. Sans Picasso, pas de changement de regard sur les sculptures Africaines et Océaniennes. Vrai ou faux ? Mais sans remonter aux arts premiers, croyez-vous que les Français possèdent une connaissance des oeuvres d'art plastiques ? Si vous êtes honnête, vous me direz non ! D'accord, je fais les questions et les réponses ! Mais il faudrait accepter de reconnaître qu'en histoire de l'art, nous sommes nuls. Pour faire du ski, se goinfrer, regarder des émissions non culturelles à la télé, Comment ? Tout est culturel ? Certes ! Mais je reste pour l'instant dans l'histoire de notre passé artistique plastique. A la différence de vous, je propose des solutions. Désolé, mais je ne crois pas qu'il soit necessaire d'aller dans un pays étranger pour découvrir son passé. Ses oeuvres de génie parlent pour lui. Il existe des « fondamentaux » dans toutes les cultures, qui n'ont rien à voir avec le contenu d'histoires mythologiques ou religieuses. Quand cette idée acceptera-t-elle de laisser un peu de place à une autre lecture ? Autre chose, Je n'ai rien contre les peintres amateurs. Mais ils ne devraient pas par leur nombre venir griper la mécanique de l'art, mécanique en de-venir et non instantanée. L'art ne jaillit pas aussi vite de notre esprit qu'un champignon sortant de terre. Désolé, mais cela n'a jamais existé ! J'aime participer à ses discussions, non pour démolir les participants, mais pour proposer d'autres aventures. Merci de proposer à votre tour des idées. Faites des sites. C'est pas mal pour savoir ce qui se passe dans nos têtes. Se connaître un peu mieux.A+
à Illusion
De Ayande
23H36 | 03/01/2008 |
Non, ce n'était pas le triste final, il y en a maintenant un autre. Mon ami, Ruhul Amin, ambassadeur du Bangladesh à Paris, est mort aujourd'hui, son coeur n'ayant pas supporté la pression mise sur cette affaire. Ruhul était l'antithèse même de toutes ces bétises que je lis opposant archéologues et diplomates, académiques et fonctionnaires, les uns détenteurs du savoir et propriétaires du patrimoine, les autres simples vautours aux dessins peu avouables. Ruhul parlait français comme vous et moi, et était venu dans ce pays il y a plus de 20 ans pour en étudier la culture et la vie. Il y était revenu comme conseiller d'ambassade, et une troisième fois comme ambassadeur, en juillet dernier, arrivant de Bahrain ou en tant qu'ambassadeur du Bangladesh il avait mené un combat courageux pour les travailleurs migrants bangladais (http://shafiur.i-edit.net/ ? p=784). Il avait donné un prénom français à sa fille née à Paris. Il aimait Voltaire et Rousseau. Voilà. Il pensait, et je pense comme lui, que cette exposition était une chance pour son pays d'exister et de rayonner, et de montrer qu'un pays musulman à 95% pouvait se sentir fier de ses bouddhas et de ses Vishnou de basalte noir, à une époque ou dans d'autres pays on les dynamite. J'ai passé trois ans au Bangladesh, ou j'ai connu Ruhul. C'était il y a plus de 20 ans. J'ai aimé ce pays et l'aime toujours. Mais je pense que ceux qui se sont opposés à cette exposition sont indignes de respect. Ils sont responsables de la destruction des statues retrouvées à la décharge, comme ils sont responsables de la mort de mon ami. Celui-ci m'avait adressé le catalogue de cette exposition qui ne sera pas. L'avez-vous vu ? il est merveilleux et je le feuillete en espérant à chaque page que ce n'est pas ce Visnu de Bogra, ni ce couple enlacé, de même provenance, qui ont fini à la poubelle. La liste des auteurs qui ont composé l'ouvrage mêle les noms de spécialistes bangladais, français, et même un Indien, un Américain, un Allemand, un Italien… Bref, ce que doit être une liste d'auteurs lorsqu'on touche à un art intemporel et d'avant les Etats-nations. Un vieux Bangladais de Jessore aimait à dire qu'il avait été anglais, presqu'indien, puis pakistanais et enfin bangladais. Il ajoutait « what next and who cares ? ». Mais c'était il y a 20 ans, avant le temps de ces bloggeurs nationalistes qui ont la gachette si facile, planqués derrière leurs écrans (sans doute trop jeunes pour avoir seulement participé de loin à la guerre d'indépendance de 1971). Une dernière anecdote qu'on racontait au Cambodge voici quelques années : au début des années 70 le musée de Phnom Penh avait confié quelques bronzes à la France, pour restauration. Bien plus tard, la France les a rendu au Cambodge. Entre temps ces autres grands nationalistes que furent les Khmers rouges avaient fondu les bronzes qu'ils avaient trouvé… Et les pièces rendues par la France étaient devenues uniques. Ne désespérons pas, il y aura je l'espère d'autres occasions de voir le Bengale doré (Shonar Bangla) exister au bord de la Seine, et il y aura j'espère, encore beaucoup de Bangladais comme Ruhul Amin, auquel la France ne faisait pas peur.
De TonyMo 22269
Athée in Heaven | 14H58 | 01/01/2008 |
@pikasso02, la solution de faire des copie et de rendre les oeuvres n'est pas bon. En 2007 on n'est pas responsable de certains colonisateurs du 19eme siècle. Alors tous les musées occidentaux devront presque tout rendre, ex : musée Branly. Par contre on peut leur prête durant une longue période pour les montrés à leurs peuples. Rappel que Allemagne et la Russie après la 2eme guerre mondial n'ont pas tous rendu les oeuvres d'art autres pays européen qu'ils ont pillé.
à TonyMo
De pikasso02
15H45 | 01/01/2008 |
TonyMo, me dire que « faire des copies et rendre les oeuvres n'est pas bon. » pour moi n'est pas une réponse. Si vous pouviez me dire POURQUOI ce « n'est pas bon ». Je suis curieux de savoir . C'est là, que tout, se joue, enfin, pourrait peut-être se jouer.
à pikasso02
De TonyMo
22269
Athée in Heaven | 16H31 | 01/01/2008 |
C'est trop couteux et fastidieux à faire. C'est trop tard mais aujourd'hui nous fessons attention aux provenances des oeuvres comme en Irak, on a tout suite renvoyer les oeuvres trouvé sur le marché de l'art après la guerre. On n'est responsable de ceux qui est passé avant, c'est la fermetures des musées occidentaux, car j'irai pas voir des faux masques, bijoux ou sculptures en bronze faux ? Cela risque de faire chuté tous les prix des originaux car on arriverai plus à distingue le faux du vrais.
à TonyMo
De pikasso02
18H40 | 01/01/2008 |
Cher TomyMo, voilà une vraie réponse. Je vous en remercie. J'aimerais vous dire que je ne suis pas d'accord avec vous. Faire chuter « le prix des originaux ». En quoi l'argent nous renseigne-t-il sur la culture d'une civilisation ? Vous me dites que vous n'iriez pas voir des « faux ». Si une copie est réussie, avec marqué sur le cartel « copie de l'original », où est la différence ? Si le contenu n'est pas trahi. Certes nous ne sommes pas responsables de ce qui c'est passé avant, comme vous le dites justement, mais je vous rétorquerai que nous sommes responsables de ce qui se passe aujourd'hui. Si les gens pensent comme vous, une chose est sûre, rien ne changera ! Voulons-nous que les choses changent ? Moi je suis pour ! Donc que les oeuvres puissent être vues par le maximum de personnes de toutes cultures. Il existe dans les oeuvres un potentiel de transformation des esprits. Transformer un esprit ne signifie pas, tous penser pareil. Nous savons lire, et la lecture d'un livre reste personnelle. Vous commencez votre message par « Ce serait trop coûteux et trop fastidieux à faire ». Je ne vois vraiment pas en quoi, si c'est un choix politique, c'est à dire si la majotité des gens sont pour que l'art ne meurt pas. Ce qui se passe en ce moment. Est-ce normal de voir des oeuvres vendues 100 millions d'euros aujourd'hui ? Tant que l'art ne retrouvera pas sa place dans les esprits, autrement qu'il ne l'occupe maintenant, les enchères continueront de grimper. Est-ce cela que vous souhaitez ? Le MONDE de l'art est malade, alors qu'il pourrait nous aider tous à mieux vivre. La vie d'un être humain n'a pas de prix. Les créations de son esprit quand elles sont reconnues par tous, ne devraient pas pouvoir être vendues. Un jour viendra où ce sera le cas. J'y crois. Mais si les gens pensent comme vous, ce ne sera pas pour DEMAIN. Merci de m'avoir répondu.
De Shonar Bangla
11H57 | 02/01/2008 |
Et pourtant le Bangladesh est un pays d'une richesse culturelle incroyable…
Si vous en avez le moindre doute, feuilletez le catalogue de cette expo devenue aujourd'hui virtuelle ou venez assister aux films, conférences et concerts proposés par l'auditorium du musée Guimet jusqu'au 3 mars.
Vous découvrirez l'héritage d'un peuple fascinant, une tradition mélée d'hindouisme, de bouddhisme et d'islam et surtout l'empreinte des plus grands artistes et intellectuels bengalis : Tagore, Nazrul Islam, Shamsur Rahaman… sans parler du récent Prix Nobel de la Paix attribué à Muhammed Yunus.
Que l'annulation de cette expo soit le fait de politiques ou de mafieux (ou des deux à la fois)- on ne me fera pas croire que ce sont des scientifiques, conservateurs ou archéologues qui ont organisé ce vol et cette destruction - ne mérite pas que l'on continue d'ignorer ce peuple chaleureux qui a survécu à tant d'épreuves au cours des dernières décennies.
De Azrael
15H56 | 02/01/2008 |
J'ai marché sur la tête du Bouddha de Bamian, celui côté cour…
J'ai la flemme de lire tous les commentaires mais si ça n'a pas encore été fait, j'aimerais rappeler qu'au moment de notre bienvenue Révolution une quantité non négligeable de statues des cathédrales et autres monuments quelque peu religieux ont également été détruites par nos vénérés ancêtres (que je salue avec respect)…Donc, pas de quoi se vanter ni pavoiser.
De Piloopiloo
18H06 | 02/01/2008 |
Le débat se porte toujours sur le même plan : lorsqu'un « Pays du sud » revendique son patrimoine, il est nationaliste. A l'inverse lorsqu'il semble en faire peu de cas, il est… primitif (c'est-à-dire incapable d'apprécier et de conserver les belles choses).
Quand cessera ce regard ethno-centré de l'Occident qui ne juge qu'à l'aune de ses propres valeurs ? Qui se gargarise de Culture avec un grand C en méprisant ce que celle des autres représente pour les premiers concernés.
Effectivement, l'histoire est pleine de patrimoine perdu, recréé, détourné, réinventé… La culture, c'est comme les traditions, ça s'invente à tout instant. Une oeuvre d'art n'a de sens que pour celui à qui elle parle. C'est la symbolique qu'on y met qui en donne la valeur, et pas parce qu'un Grand Quelqu'un, Musée Guimet ou pas, décide qu'elle vaut la peine d'être exposée ou non.
Ce que je trouve scandaleux, moi, c'est qu'aujourd'hui, on refuse toujours de tenir compte de l'avis des « minorités ». Je trouve suspect que l'on ait voulu passer outre la colère des populations bangladaises ?
à Piloopiloo
De Illusion
archéologue | 08H55 | 03/01/2008 |
D'accord avec vous Piloopiloo.
Concernant le débat des oeuvres réclamées, rendues ou non rendues, vendues, achetées, etc., il nous faut probablement aujourd'hui accepter que l'art est affaire d'argent, i.e. de pouvoir (on peut bien sûr aussi gratter la surface du collectionneur, musée ou privé, et y voir l'affirmation de son ego personnel ou de celui de ses conservateurs …). Mais concrètement, toutes les discussions sans fin à des niveaux parfois élevés concernant d'hypothétiques restitutions contribuent probablement à dissimuler le fort grave problème du pillage qui se déroule à l'heure d'aujourd'hui. Et il est aussi vrai que certains politiciens qui clament le retour du patrimoine culturel de leur pays sont aussi impliqués dans le trafic d'oeuvres issues de fouilles illégales, de pillages de monuments, etc.
Il est aussi vrai que certains musées occidentaux ont rendu des œuvres et que certaines sont passées dans la filière marchande ou que d'autres ont été récupérés chez des marchands, rendues officiellement à leur pays d'origine et réapparues sur le marché illico presto – tel est le cas de terres cuites nok provenant du Nigéria. Enfin, il s'est aussi avéré que nos diplomates occidentaux remplissent leurs bagages d'objets avec lesquels ils ont décoré leurs demeures (le cas est connu par exemple, mais non exclusivement, pour des diplomates en poste au Bangladesh).
Or, quand les autorités locales font preuve de fermeté, quand elles tiennent parole et ne se contentent pas de fermer un œil (et de recevoir des pots-de-vin) mais quand elles se sentent responsables de leur patrimoine (et un Africain, un Asiatique, etc. a un autre sens du devoir moral par rapport à l'œuvre produite par ses ancêtres que nous ne l'avons : dire que le patrimoine culturel est mondial, appartient à tout le monde et à personne est un leurre : nous avons un rapport bien précis avec les arts occidentaux du passé sous ses différentes formes que nous n'avons pas avec le patrimoine de l'Afrique, l'Asie, etc.), alors il est possible de freiner la perte et la destruction des œuvres. Un exemple récent en Inde le prouve : un grand marchand d'art indien est depuis près de trois ans sous les verrous (il avait été responsable de la vente de milliers d'œuvres sur le marché de l'art occidental, Europe et USA) et la source est tarie : il n'y a pratiquement plus d'images indiennes « nouvelles » dans le circuit des ventes publiques (mais en revanche beaucoup de faux chez les marchands et dans les musées ! ).
Nous ne referons pas l'histoire, et notre histoire s'est aussi bâtie sur cette tendance de l'Occidental à découvrir le monde, à en collectionner des témoignages, à en prendre connaissance par là. Il conviendrait de mon point de vue de stopper le trafic des œuvres et de faire passer à cet endroit une grande partie de l'énergie passée à discuter sur d'éventuelles restitutions – discussions qui, je le répète, semble devoir, tel un brouillard, dissimuler la réalité contemporaine du pillage des sites archéologiques. Mais cela est une utopie, le trafic de l'art est lié à celui de la drogue et au blanchiment de l'argent. Enfin, il faut accepter que chacun est responsable de la terre de ses ancêtres et que ce qui nous semblent être judicieux pour la « conservation » des objets ne l'est peut-être pas ailleurs.
Concernant ces multiples problèmes, voici l'adresse du fort bon site « Museum Security Network » mis à jour quotidiennement et présentant toutes les dernières nouvelles « mondiales » concernant le trafic, le vol, les restitutions, etc. :
http://www.museum-security.org/wordpress/
De brogilo
in angulo | 12H55 | 03/01/2008 |
Re-merci, Illusion, pour votre contribution à ce forum. Vous dîtes exactement ce que j'aurais aimé dire mais je n'ai ni les mots… ni la formation.
C'est drôle mais, tout le temps consacré à lire cet article et le fil des commentaires, j'avais à l'esprit les terres cuites Nok du plateau de Jos.
Que pensez-vous de l'exposition qui se termine au Quai Branly sur l » art du Royaume du Bénin ? Je connais grosso modo l'histoire de ce peuple, le pillage du palais de l'Oba par les anglais etc… mais votre éclairage sur ce sujet, au regard de ce que j'ai lu plus haut, m'intéresserait assez.
Sinon, revenez souvent.
De gadin
ne comprend pas le monde | 21H05 | 03/01/2008 |
Il est vrai que la question du retour des oeuvres dans leur pays d'origine est assez dificile. Mais je vais essayer de te convaincre pikasso que ce retour n'est pas forcément souhaitable.
Le oeuvres d'art present dans les musées occidentaux ne sont pas tous le résultat d'un pillage mais de cadeaux diplomatiques. Cette vérité ne concernent pas directement notre sujet mais il est bon de le repréciser.
Les ouevres d'art soutirées pendant les mouvements de colonisation sont les témoins directs de cette période et participent au devoir de mémoire. Ils permettent aux peuples occidentaux de se rapeler des tristes exactions auxquelles ils se sont livrés.
Conserver ces oeuvres d'art permet également de montrer aux anciens pays colonisés à quel point ces objets ont de la valeur pour nous, à quel point nous admirons et respectons leur culture. C'est comme ça que moi je le vois, certains le voit encore comme du colonialisme, je trouve cela facile et reducteur.
Allez à guimet ou branly et vous verrez que tout est mis en oeuvre pour exhalter la richesses de ces cultures.
Un autre point est aussi interressant à évoquer, c'est celui de l'hisoire de la pièce qui d'une civilisation à ne autre, d'une identité culturelle à une autre boulverse tout autant les personnes. Prenons l'exemple de la rencontre de l'art africain et des artistes du début du XX siècle tels picasso, braque qui se sont appropriés ces masques,statuettes, fétiches.Un objet peut résider en tout endroit ou il est aimé et admiré. On peut citer également l'egypte de champollion qui par amour pour cette civilisation a permit sa compréhension, sa sauvegarde et son admiration. Searit-il juste parcequ'il n'était pas égyptien de ne pas lui reconnaitre de légitimité sinon celui d'immonde colon.
En définitive, ce que je veux signifier, c'est que l'extremisme poussant à ne voir que du colonialisme dans la conservation des objets dans les musées occidentaux et l'idée qu'il faut rendre toutes les oeuvres va, selon moi, dans le sens contraire de la nature et la fonction de l'art : celle de l'universalité.
Je trouve que cette vision réductrice est aussi fascisante que le colonialisme.
à gadin
De pikasso02
00H14 | 04/01/2008 |
Bonsoir gadin, mais vous ne m'avez pas convaincu du tout ! Pour la simple raison que vous m'avez mal lu. Je propose de rendre les oeuvres (les sculptures)originales aux pays qui les ont vues naître, MAIS APRES EN AVOIR FAIT DES COPIES que nous conservons. C'est le contenu de l'oeuvre qui compte et non le fait que chaque sculpture soit unique. Attaché de l'importance à l'objet unique, c'est de la possession que je considère malsaine. Une sculpture peut être copiée à l'identique aujourd'hui. Donc, où est le problème du retour des oeuvres ? Quant à Champollion, il n'a rien pillé. Il a déchiffré les hiéroglyphes. Ils étaient nombreux les égyptologues à aimer l'Egypte et à proposer des traductions fantaisistes des hiéroglyphes. Mais un seul a trouvé. Il a donc pu apprendre aux Egyptiens à lire ce que leurs ancêtres avaient écrit. Comme vous le dites, Champollion a participé à la « sauvegarde » de l'HISTOIRE de l'Egypte.
Trouver dans ma proposition, « une vision réductrice, aussi fascinante que le colonialisme », je trouve cela grotesque. Je ne faisais que proposer une idée. Le colonialisme, mot que j'emploie maintenant pour la première fois dans cette discussion, continue aujourd'hui. En conservant ce qui appartient à une autre civilisation nous la privons de son histoire. En rendant les oeuvres, nous ferions ce que Chapollion a fait. Sauvegarder l'histoire DANS LA TETE des habitants de ces civilisations, et non dans la tête de ceux qui possèdent ce qu'ils ont pillé. (Les dons n'ont rien à voir. Ce sont des cadeaux ! Ne mélangeons pas tout ! ) Bonne nuit !
http://pikasso02.skyrock.com/