Pas de rupture dans le rituel : Nicolas Sarkozy n'a pas bousculé une tradition que Rue89 et l'INA vous invitent à revisiter.
L'Elysée promettait de faire du nouveau avec les voeux. A part une allocution en direct et des changements de plan, on a vu du vieux dans les voeux. Nicolas Sarkozy a commencé par le traditionnel message de solidarité à ses compatriotes, « un message de foi dans la vie et dans l'avenir ». Car « il n'y a pas de fatalité dans la vie ».
Avant de poursuivre sur le style candidat, comme s'il était toujours un peu en campagne. Premier symptôme : tacler ses prédécesseurs. Ce qui attend le nouveau président de la République ? « Une tâche immense tant la France a pris du retard sur la marche du monde. » Second signe : la reprise de ses slogans de campagne. Oui, “tout ce que j'ai dit je le ferai”. Non, “je ne vous trahirai pas”. Bref, “tout pourra devenir possible”.
L'urgence de « réformes qui attendent depuis vingt ou trente ans »
Et le chef de l'Etat de parler au passé, comme si ses premiers voeux étaient les derniers. De justifier l'ouverture, sans oublier toutefois d'associer à son action François Fillon, comme il s'y efforce désormais. Puis de revenir sans le dire sur la venue du colonel Kadhafi, en décrétant l'urgence que la France se remette à parler avec tout le monde.
Toujours dans l'ambiguïté de la rupture tranquille, il affirme qu'il ne croit pas en la brutalité et entend tenir compte de l'exigence de dialogue social, tout en confirmant l'urgence des reformes qui attendent depuis vingt ou trente ans. Mais son voeu le plus cher, le plus clair et le plus abstrait à la fois, est que la France soit l'âme de la renaissance.
Nicolas Sarkozy n'a donc pas révolutionné le genre très codifié de l'allocution présidentielle pré-réveillon. Rue89, avec l’INA, s’est penché sur les voeux des prédecesseurs du Président. De Pétain (alors chef de l'Etat) à Chirac, soixante ans de variations autour d'un classique.
► Lire aussi l'édito de Rue89 : Voeux de Sarkozy, une politique de civilisation en attendant mieux
Les autres cérémonies de voeux
1949 La France se reconstruit, Vincent Auriol roucoule
1956 L'austère René Coty et la fin des colonies
1967 De Gaulle et la France tranquille
1971 Pompidou s'emmêle pendant les répétitions
1975 Devant leur cheminée, Giscard et Anne-Aymone bûchent
1994 Mitterrand croit aux forces de l'esprit
1997 Chirac et le marathon des voeux














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Excellent travail Rue89, merci, et bonne année!
Malgré ma voix caverneuse, je suis au fond de mon lit avec l’angine, j’ai raté trois nouveaux ans, nouvels Ans (enfin, je sais pas comment on dit), recevez mes meilleurs voeux pour cette année qui a été marquée selon moi d’un signal fort, un nouveau média est né, avec les qualités d’un média indépendant, qui ose dire ce qu’il a à dire.
Vous ne pouvez pas savoir combien je suis heureuse de vous lire, j’ai l’impression que vous existez depuis toujours, tant vous m’êtes indispensable.
Bonne Année à toute l’équipe de Rue89
Le 6 mai 2007 a été une date importante, celle de la naissance de Rue89.
Bravo, merci et bonne année à Rue89 et à tous les riverains.
Mais vous êtes tous tellement mimi ce soir qu’il y a des partilles rouges pour tous.
Par contre désolé mais il n’est pas encore minuit pour vous souhaiter la bonne année, alors j’attendrai demain pour vous faire la bise à tous.
Merci Rue89 à la hauteur comme d’habitude.
Passez tous une bonne soirée et une pensée pour ceux qui sont tristes.
Merci à Rue89 pour ces quelques extraits. Je ne connaissais le visage ni de Auriol (et son incroyable accent fait de « r » roulés) ni celui de Coty. J’ai visionné de Gaulle, parce que je me le rappelle vaguement, et Pompidou également parce qu’un peu mieux que le précédent.
J’ai zappé Chirac, Giscard, le premier et le dernier de liste, pas envie de me couper l’appétit et de pourrir mon sommeil.
Dans tous ces voeux, le même fil conducteur :
chômage, précarité, pauvreté, solidarité, reconstruction,
mais peanuts 60 ans plus tard, ca donne envie de baisser les bras.
Et chaque allocution amène le changement de régime suivant, comme une roue qui tourne et ramène toujours les mêmes couplets, inlassablement, avec seulement la couleur qui change, rose, bleu de Prusse, rose, bleu de Prusse, rose, bleu de Prusse, …
Bonne année 2008 à tous les riverains.