C'est dans un contexte marqué par une crise larvée qu'Israël s'apprête à célébrer en 2008 le 60e anniversaire de sa naissance. Une série de manifestations viendront ponctuer cet événement. Au menu, figurent colloques, spectacles vivants, expositions de peinture, publications… Comme si l'on ressentait le besoin de tout dire, d'épuiser le sens de l'histoire.
Or, parmi les sujets appelés à faire débat, celui des Arabes Israéliens occupe une place privilégiée. Quelques travaux en la matière en ont fait le point, notamment celui de Bassma Kodmani-Darwish, « La Diaspora palestinienne ». (Paris, PUF, 1997), et de Laurence Louer, « Les Arabes d'Israël » (Balland, 2003). « Les Arabes d'Israël », de Jacques Bendelac opère une autre approche.
Comment les appelle-t-on déjà ? Les Arabes israéliens, les Arabes d'Israël, les « Palestiniens d'Israël » les « Arabes de 1948 », ou les « Arabes de l'intérieur » comme les désigneront les autres palestiniens ? Nous sommes face à un « tremblement identitaire » qui obère le destin de ces Palestiniens pris dans l'ambivalence de leur identité palestinienne et de leur citoyenneté israélienne. Cette ambivalence imprègne le comportement des Arabes israéliens : leur rapport à la politique et à la démocratie, leur attitude vis-à-vis des traditions et de la culture. Le livre nous éclaire également sur la situation des minorités religieuses et nationales dans un Etat à majorité juive. Il s'attache à éclairer les différents aspects de la vie quotidienne des Arabes israéliens. Il se clôt par un chapitre consacré aux Arabes de la région et la situation de privilégiés des Arabes israéliens. Malgré leur marginalité, ils sont gratifiés au sein de l'Etat d'Israël note Bendelac.
Le principe qui veut que la géographie sert à faire la guerre trouve ici sa juste résonance. Ainsi, les chiffres constituent un enjeu stratégique de taille. Au lendemain de la création de l'Etat d'Israël, 156000 Arabes sont restés à l'intérieur des frontières du nouvel Etat. Tout en leur reconnaissant un statut de privilégiés, l'auteur concède implicitement qu'il existe une politique d'occupation, qu'il appelle pudiquement « politique officielle d'aménagement du territoire ».
Abordant le volet démographique, Bendelac relève le facteur ethnique et religieux, déterminants sur le plan des droits d'une population et de son identité. Ainsi, un juif a plus de droits qu'un non juif. Mais le facteur ethnique et démographique ont été confectionnés pour servir les intérêts d'une seule ethnie, l'ethnie israélienne. L'une des priorités politiques des nombreux gouvernements israéliens a été de désamorcer la « bombe démographique arabe ». La politique de récupération des Druzes et des Bédouins par Israël, dans la perspective d'une « israélisation » au détriment d'une « palestinisation » a été également l'un des soucis politiques majeurs de l'Etat d'Israël.
L'auteur met l'accent sur les avantages du système démocratique israélien. Les Arabes israéliens mettent ainsi à profit cette carte pour monnayer leur soutien à la gauche israélienne. Au contact d'Israël, la société arabe a beaucoup évolué, sans que cela entame toutefois les fondements de sa tribalité.
L'auteur décline les principales activités qui pèsent sur le quotidien et au-delà sur le destin des Arabes d'Israël : le foot, la santé, l'enrichissement, la culture… qui sont autant de facteurs d'intégration et non pas de dissolution identitaire. Sujet complexe parce qu'il induit les facteurs ethniques, politiques, culturels, psychologiques, l'entreprise de Jacques Bendelac n'a fait, et c'est là son principale imperfection, que survoler la question, manquant parfois d'aller au fond des choses.
► « Les Arabes d'Israël, entre intégration et rupture », de Jacques Bendelac, Editions Autrement, 200 pages, 19€.





















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à caro
De bilqis
pr vivre heureux vivons caché | 13H28 | 03/01/2008 |
Comment ? Une grenobloise non randonneuse ? Ca existe ; -) ?
hors sujet : je viens de lire ton post sur l'article des ASSEDIC, et suis tt à fait d'accord avec toi.
à Sylvie Martin
De gigeto
01H05 | 04/01/2008 |
Après le travail et avant le week end, j'aimerais vous dire le plaisir que m'a procuré votre réponse, en effet, nous avons à peu près la même vision de la manière dont la « démocratie » israelienne gouverne le pays.
« La démocratie, c'est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». Personnellement, je comprends « pour toutes les communautés qui composent la nation ».
Il me semble que vous êtes d'accord pour constater qu'en Israel les lois ne sont pas faites pour l'épanouissement des citoyens non juifs, c'est le moins que l'on puisse dire.
Vous me ramenez 45 ans en arrière, quand, après Budapest, le rapport sur le stalinisme…., jeune sympatisant communiste je m'efforçais de me convaincre que ces dérives étaient nécessaires pour la construction d'une société plus fraternelle, plus juste,…enfin quand on a pour tout bagage le certif » et dans l'environnement de l'époque, il y a prescrition.
Aujourd'hui, vous êtes dans la même posture que j'avais adolescent, vous énoncez les brimades, injustices … dont est victime une part non négligeable de la population israelienne, mais vous n'en tirez pas la conclusion logique qui devrait en découler. C'est bien vrai l'amour d'un homme/femme, d'une idéologie/d'un pays, est aveugle.
Pour paraphraser qui vous savez, pour vous aussi : le bilan d'Israël est globalement positif
Je m'égare peut-être, mais un état qui maintient l'ordre au buldozer, qui rase les maisons des « terroristes » et des autres aussi, par ces actions, deshumanise son ennemi et ne peut prétendre appartenir au camp de la démocratie.
à gigeto
De ejc
17H34 | 02/01/2008 |
On peut remarquer aussi sur le poids du vocabulaire que les journalistes rechignent à parler des « Palestiniens chrétiens… »
De Voyageur
13H02 | 31/12/2007 |
Bonjour Expat
Je suis impressionne par votre connaissance livresque du monde et de la diversité des sources d'acquisition des connaissances qui fonde votre opinion.
Peut etre qu'en allant sur place en Israel, en allant dans les villages Arabes vous apercevriez vous qu'une grande partie des 20 % d'arabes Israliens, vivent et travaillent dans des villes et villages en pleine expansion aussi bien horizontale que verticale et que contrairement a ce que vous avancez ils sont tout a fait proprietaire de leur terre et de leur maison.
Je tiens quand meme a vous rappeler qu'en 1947 l'ONU a vote pour la creation de 2 etats sur cette terre de Palestine,et qu'un seul a vu le jour en 1948.Que je sache ce n'est pas les Israeliens qui ont empeche la creation de l'etat Palestinien a cette epoque.
Ce serait quand meme pas mal de se renseigner sur les realites Historiques et Politiques d'un endroit avant
d'emettre des contreverites aussi flagrantes.
La propagande se propage sur le terreau fertile de la partialite et de l'ignorance.
Jean Michel
à expat
De Sylvie Martin
matheuse | 14H36 | 31/12/2007 |
Cher expat,
Vous avez une jolie phrase « les conditions de vie réelles des arabes en Israël (juifs aussi bien que non-juifs) ». Il se peut que vous ayez voulu dire autre chose, mais je vais embrayer quand même là-dessus.
Est-ce qu'il y a des Arabes juifs ? On pourrait dire que les juifs issus des pays arabes, Maroc, Tunisie, Irak, Yemen, Egypte, et vivant en Israël, peuvent être considérés comme des Arabes juifs ou des Juifs arabes.
Si leur langue maternelle est la langue arabe, et que c'est la langue qu'il parlaient chez eux à la maison, c'est parfaitement légitime de se poser la question.
Mais l'histoire se met au milieu des jeux de langage : la plupart des Juifs originaires des pays arabes sont partis dans des conditions dramatiques ; dans le meilleur des cas, ils sont partis librement, sinon, ils se sont enfuis, ou pire, ils sont dû quitter clandestinement un pays-prison, comme les Juifs d'Irak.
Je connais bien un monsieur de la soixantaine, d'ascendance juive, dont la langue maternelle est l'arabe. Il a étudié l'arabe et le français dans une école de la mission laïque française en Égypte. Il a fait des études d'ingénieur en Égypte, il a été emprisonné pendant trois ans de 67 à 70, puis il a été expulsé, et a fini par s'installer en Israël.
Alors il est quoi, lui ?
à Sylvie Martin
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 15H31 | 31/12/2007 |
Là, nous atteignons les rivages de la disputation… Que la dispute nous épargne.
Les misrahim (littéralement les Egyptiens), c'est-à-dire ceux qui ne sont ni séfarades, ni ashkénazes, se désignent très souvent eux-mêmes par l'expression de Juifs arabes.
Votre histoire de l'expulsion des Juifs d'Egypte, qui vaudrait aussi pour ceux de Tunisie, me paraît incomplète si vous ne signalez pas en fond historique l'attaque de 1956 sur le canal de Suez : Grande-Bretagne, France et Israël.
Que l'amalgame entre Juifs et Israéliens (on y revient) soit déplorable, je vous l'accorde. Mais, outre qu'il n'est pas l'apanage des Egyptiens, il est compréhensible (ce qui ne signifie pas pardonnable) si l'on en croit la doxa (israélienne, notamment) qui veut qu'Israël soit le pays de tous les Juifs.
« Alors il est quoi, lui ? », demandez-vous. Vous voyez l'intérêt de la distinction que je suggérais plus haut ?
Au sujet des Juifs yéménites, ils ont souvent été importés dans le cadre de la campagne sur le « travail juif » dans le Yishouv (voir Sternhell, justement, « Aux origines d'Israël »).
Au sujet des Juifs d'Irak, je vous invite à lire « Le Sionisme du point de vue de ses victimes juives » (La Fabrique) qui suggère au moins que les choses ont été beaucoup plus ambiguës que vous ne le donnez à penser (je parle là des Juifs qui ont quitté l'Irak en 1951, sauf erreur de ma part sur la date).
à thierry reboud
De Sylvie Martin
matheuse | 15H38 | 31/12/2007 |
Bonjour Thierry,
ne confondez pas « mitsrim » qui sont les Égyptiens (l'Égypte étant « mitsraïm ») et les « mizrah'im » qui sont les orientaux.
En lisant quelques recensions du livre de Mme Shohat sur les victimes juives du sionisme, je me suis aperçue que cette erreur linguistique s'y trouvait également.C'est mauvais signe pour le sérieux des auteurs de ces recensions.
Ne confondez pas non plus 1956 et 1967 - le monsieur dont je vous parle ne devait pas avoir une envie folle de quitter l'Égypte, qu'il considérait certainement comme son pays.
Il a été mis en prison arbitrairement par le pouvoir nassérien, à cause de la guerre de 67.
Le « alors il est quoi, lui » était là simplement pour accentuer la difficulté d'appréhender les facteurs humains du conflit.
Compréhensible : on peut comprendre historiquement les facteurs qui ont conduit à la situation des juifs d'Égypte en 67, mais peut–être pas en se basant sur les outrances de certains discours sionistes. Nasser a produit, lui aussi, sa part de délires outranciers. Donc il faut peut–être chercher ailleurs les causes.
à Sylvie Martin
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 15H54 | 31/12/2007 |
Savez-vous que j'ai le sentiment que nous sommes en fait sur des postions très voisines ? (Ce qui ne préjuge pas de nos engagements et sympathies que nous pouvons réciproquement nous supposer…)
Merci pour la très utile remarque sur la distinction entre Egyptiens et Orientaux. L'erreur est de moi, puisque je la faisais avant d'avoir lu Shohat : je ne pratique ni l'hébreu, ni l'arabe, et j'ai sans doute confondu.
Je pense, quant à moi, que les outrances rhétoriques sionistes et nasseriennes participaient d'un même jeu politique et qu'elles se répondaient. (Sans doute pour des motifs voisins, du reste : la nécessité de part et d'autre de construire un pays.)
à thierry reboud
De Sylvie Martin
matheuse | 16H17 | 31/12/2007 |
Re-re-bonjour Thierry,
nous sommes déjà d'accord sur quelque chose de fondamental : la nécessité de parler avec vérité et précision du conflit Israël-Palestine et la reconnaissance de la complexité du problème et de la multiplicité des ses facettes.
Si j'avais des voœux à formuler pour 2008, le premier serait que le plus grand nombre de personnes qui débattent de la situation en Israël-Palestine partagent ce point fondamental.
Et si j'en avais un deuxième, ce serait que les débats sur ce problème renoncent aux comparaisons historiques douteuses et au terrorisme intellectuel.
Bonnes fêtes à tous !
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 12H19 | 31/12/2007 |
L'ambiguïté du statut des Arabes israéliens est, me semble-t-il, inhérente au projet sioniste des origines.
Le sionisme, considéré comme un nationalisme, est évidemment tributaire du lieu de sa naissance (la Mittleuropa) et de son moment (le dix-neuvième siècle). De ce point de vue, il n'est sans doute pas inutile de lire (ou relire) Aux origines d'Israël de Sternhell.
La pensée nationaliste d'où sort le sionisme est un nationalisme au fondement ethnique, pour ne pas dire völkish. Le sionisme est bel et bien un projet d'émancipation nationale d'un peuple. Force est de constater que les Arabes n'ont guère de place dans ce projet-là, ce que du reste avaient d'emblée souligné certains fondateurs du sionisme.
Une autre raison réside sans doute dans la forme proprement dite de l'état. Le modèle de l'Etat-nation est un modèle européen, quand le modèle moyen-oriental se rattacherait plutôt à la vilayet ottomane. L'Etat-nation suppose l'adhésion à un récit fondateur. Or, d'une certaine manière, la forme de l'état est la « langue » politique de ce récit.
Enfin, comment ne pas voir la situation singlière des Arabes israéliens, devenus minorité nationale sur la terre de leurs parents et grands-parents ? Mutatis mutandis, ils se retrouvent plus ou moins dans la position des Indiens d'Amérique, des Maoris de Nouvelle-Zélande ou de nombre d'autres peuples aborigènes.
Pour le reste, je me rappelle mon étonnement lorsque j'ai visité Yad Vashem en 2003. Alors que les panneaux routiers israéliens ou nombre d'indications sont trilingues (anglais, arabe et hébreu), Yad Vashem est (ou était ? ) bilingue (anglais et hébreu).
Lorsqu'on sait l'importance prise par la shoah dans la construction de l'identité nationale israélienne, il m'a semblé qu'on ne pouvait guère mieux signifier aux Arabes que cette hisoire ne les concernait pas.
à thierry reboud
De bloqué le 24.09.09
15H13 | 31/12/2007 |
Votre analyse, Monsieur Reboud, est extrêmement pertinente, je vous cite :
« La pensée nationaliste d'où sort le sionisme est un nationalisme au fondement ethnique, pour ne pas dire völkish. »
Israël n'est-t-il pas basé sur une conception du nationalisme qui date, et qui aujourd'hui fait le lit de toutes les violences à base raciale ?
Et cela est vrai du nationalisme « juif » sur lequel repose l'état d'Israël comme du nationalisme « arabe » dont se réclament des dictateurs arabes, ou du nationalisme corse ( ! ) qui légitime le mitraillage de gendarmerie et veut empêcher l'accès de non corses-d'origine à certains emplois…
Il me semble qu'il y a beaucoup à creuser sur ces notions de « nations à base ethnique » ces notions de « peuples » juif, arabe … basque ou corse ! ! ! Ces notions ont soutenu des mouvements anti-coloniaux, et étaient légitimes dans ce contexte.
Aujourd'hui le colonialisme s'est transformé et ces notions soutiennent des idéologies à nostalgie révolutionnaire, ou à visée coloniale (dans le cas d'Israël) ou à visée dictatoriale… Les remettre en cause est vraiment urgent.
à bloqué le 24.09.09
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 16H02 | 31/12/2007 |
S'il s'agit bien, comme je le comprends, d'une remise en cause de TOUS les nationalismes et d'une remise à plat du concept de nation pour en faire quelque chose qui échappe aux tripes, alors je vous accompagne très volontiers.
à thierry reboud
De bloqué le 24.09.09
15H50 | 01/01/2008 |
Oui, je pense qu'il faut que l'idée de nation ne repose ni sur une religion, ni sur une ethnie unique.
Et cela vaut bien entendu pour tous.
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 12H39 | 31/12/2007 |
Juste une question d'ordre général à Rue89 : quel est l'éditeur du livre de Bendelac ?
à thierry reboud
De Pierre Haski
Rue89 | 13H46 | 31/12/2007 |
C'est chez Autrement. La précision manquait, c'est corrigé, merci !
De expat
17H56 | 31/12/2007 |
La question reste la meme, les temoignages de sympathisants sont exactement cela, le temoignage de ceux qui ne veulent voir qu'une realite, les temoignages de ceux qui vivent dans cette realite sont absents en general des debats, j'ai mis des annees a me poser la question, au lieu d'infliger un temoignage dans un sens ou dans l'autre je ne peux que recommander la lecture des temoignages des Palestiniens eux-memes, pour ceux qui refusent de croire les arabes, un bon debut serait le temoignage de Shalom Cohen dans « Liberation » pour un des anniversaires de la creation d'Israel, il y a une vingtaine d'annees, il etait largement discordant (par rapport au discours offciel), il est temps de donner la parole a ceux que nous decrivons ici comme les chanceux (je dois le reconnaitre un gros progres par rapport aux adjectifs qui les accompagnent normalement) !
http://electronicintifada.net/
http://www.cactus48.com/truth.html
Il existe beaucoup d'autres sites, et d'autres temoignages, les archives du Monde Diplomatique sont aussi un bon endroit pour trouver des temoignages.
Quand au vote de l'ONU, il serait temps de reconnaitre qu'il a la legitimite de beaucoup d'autres votes de l'ONU.
Tout le monde peut trouver les archives de l'epoque, chacun peut se faire une opinion. Paradoxalement il est difficile d'accepter que la plupart des medias reecrivent tous les jours la realite historique et la realite sur le terrain, parce que ca devient de la propagande et en ce moment cette propagande devient tres dangereuse parce qu'elle permet de commencer des guerres, je n'ai pas besoin de continuer, en principe il y a au moins un exemple frappant de ce que je veux dire qui devrait venir a l'esprit de chacun.
De parousnik
18H28 | 31/12/2007 |
Quelle différence « réelle » entre Arabe et Juif ? Il me semble que c'est autant sinistre que les conséquences du rêve aryen d'Hitler…
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 07H40 | 01/01/2008 |
Je voulais saluer la qualité du débat et des échanges dans ce sujet.
Merci aux posteurs pour leurs analyses et leur culture, qui éclairent une question de société où les notions d'identité et de territoire renvoient à des questions philosophiques et éthiques.
Merci pour ce niveau de reflexion.
à Charles Mouloud
De bilqis
pr vivre heureux vivons caché | 10H17 | 01/01/2008 |
« Je voulais saluer la qualité du débat et des échanges dans ce sujet. »
Moi itou et c'est une excellente excuse pour souhaiter à tous une très belle année 2008 porteuse de paix,
Chana Tova
Koul am bekheir
De caro
délinquante avérée | 10H54 | 01/01/2008 |
Mon prétexte à moi sera ce 1er jour de 2008, suivant le calendrier grégorien, pour souhaiter l'arrêt des hostilités partout sur notre petite planète
Salam / shalom
De riverain désinscrit
19H51 | 01/01/2008 |
Après avoir lu les théorisations…
et encore je n'évoque pas le cas des villes de Bédouins dans le Sinaï…
Selon le rapport annuel de l'Institut national d'assurance (2004), la pauvreté touche 49,9 % des familles arabes, contre moins de 20 % des familles juives.
Elle concerne 420 000 enfants arabes, soit 60 %. Cette situation tient largement au sous-emploi des Arabes. Chez les hommes de 45 à 54 ans, 87 % des Juifs sont actifs, mais seulement 63 % des Arabes ; de même chez les 55-64 ans, où 70 % des Juifs travaillent, mais seulement 40 % des Arabes. Côté femmes, participent à la force de travail 54,6 % des Juives, et 23,4 % des Arabes. Si bien que le revenu moyen mensuel d'une famille juive est de 11 022 shekels, et celui d'une famille arabe de 6 737 shekels.
Au niveau local, les inégalités frappent le plus.
En matière de santé : les villes juives comptent une clinique pour 15 500 personnes, tandis que dans les villes arabes on en recense une pour 29 500 personnes.
Enseignement : l'Etat investit en moyenne, dans le primaire, 48,7 heures dans une classe d'élèves juifs, et 43,8 dans une classe d'élèves arabes – soit 10 % de moins.
Accueil des enfants avant le primaire.
Selon le Bureau central de statistiques, en 2002, les crèches n'accueillent que 3,2 % des enfants arabes de 2 ans, contre 39,7 % des enfants juifs ; 54,1 % de ceux de 3 ans, contre 89,5 % ; 59,2 % de ceux de 4 ans, contre 89,3 % ; et 93,2 % de ceux de 5 ans, contre 99,4 %…
Pour la sociologue Dafna Golan-Agnon, de l'université de Jérusalem, trois facteurs rendent l'éducation discriminatoire : d'abord le budget, car l'Etat ne consacre pas aux secteurs arabes, comme il le devrait, 20 % de ses dépenses, soit 4,4 milliards de shekels ; ensuite l'absence de citoyens arabes dans les organismes qui déterminent la politique du ministère de l'éducation (même dans les zones où se concentre la population palestinienne) ; enfin le fait que les programmes, même dans les écoles arabes, mettent l'accent sur les valeurs juives et sionistes, et passent sous silence la culture, l'histoire et la littérature palestiniennes.
à riverain désinscrit
De Sylvie Martin
matheuse | 22H43 | 01/01/2008 |
Il y a deux sortes d'inégalités : l'inégalité en droit et l'inégalité économique.
Il faut aussi se méfier des statistiques, parce que si vous croisez les statistiques économiques avec le critère « arabe », vous obtiendrez un certain type de résultats. Si vous croisez les mêmes statistiques avec le critère « niveau d'étude », vous en obtiendrez d'autres parce que vous verrez que les ultrareligieux sont généralement très pauvres, ne font pas d'études supérieures et ont un taux d'activité faible. Sans chiffres sous les yeux, je ne sais pas qui, des arabes ou des ultrareligieux, sont les plus mal lotis.
Israël est incontestablement un pays d'inégalités fortes, avec beaucoup d'enfants qui mangent mal ou même insuffisamment, et un violent contraste avec le secteur hi-tech, très prospère et très entreprenant.
Je suis nettement plus sensible à la question de l'éducation, et je pense que cette inégalité-là est nettement plus grave que les inégalités économiques, parce que cela touche à l'âme des gens. Est-ce que la culture, l'histoire et la littérature palestinienne sont entièrement passées sous silence ? Je n'ai pas d'information vérifiable sous la main. Mais du jour où Mahmoud Darwich est enseigné dans le secteur juif, pourquoi ne le serait-il pas dans le secteur arabe ?
Il y a cependant un problème évident : c'est bien difficile de raconter l'histoire des soixante dernières années de façon acceptable par les deux côtés, car le conflit est encore en cours.
Moi qui suis une vieillarde de cinquante huit ans, je peux vous certifier que l'histoire que j'ai apprise à l'école laïque gratuite et obligatoire de notre pays dans les années cinquante et soixante était fort nationaliste, pour ne pas dire franchement chauvine…
Peut-on légitimement exiger de gens qui sont en conflit ou en grande froidure avec leurs voisins d'enseigner les valeurs majoritaires de leur pays, y compris à la minorité qui s'identifie aux voisins ? Honnêtement, est-ce bien réaliste ?
à Sylvie Martin
De riverain désinscrit
23H06 | 01/01/2008 |
Votre comparaison avec les ultra religieux ne tient pas car eux ont fait un choix.
< Peut-on légitimement exiger de gens qui sont en conflit ou en grande froidure avec leurs voisins d'enseigner les valeurs majoritaires de leur pays, y compris à la minorité qui s'identifie aux voisins ? Honnêtement, est-ce bien réaliste ? > dites-vous.
Israël n'est composé QUE de minorités : Ashkénazes qui minimisent les Sépharades, Palestiniens d'origine, Russophones (pour la plupart non-juifs), Bédouins, Falashas (acceptés avec des pincettes), Druzes, etc…
de quelle « majorité » parlez-vous ?
à riverain désinscrit
De caro
délinquante avérée | 23H30 | 01/01/2008 |
comment ? vous ne savez pas qu'il y a une majorité de Juifs (religieux ou pas, croyants ou pas) en Israël ? ON le lui reproche assez ! Votre argument ne tient pas
à caro
De riverain désinscrit
23H33 | 01/01/2008 |
vous n'avez rien compris ce n'est pas grave.
à riverain désinscrit
De caro
délinquante avérée | 23H42 | 01/01/2008 |
oh si ! j'ai compris, justement !
à caro
De riverain désinscrit
09H58 | 02/01/2008 |
alors qu'avez vous compris je suis curieux de le savoir !
à riverain désinscrit
De babayaga
musique du monde | 12H28 | 02/01/2008 |
Je ne veux pas rpondre à la place de Caro, mais il me semble qu'en disant qu'Israël n'est faite QUE de minorités, en citant aussi des non-juifs, vous refusez à Israël la majorité juive qui la compose et à la limite, vous refusez la spécificité de l'état israélien.
Caro a donc raison de dire que la majorité de la population israélienne est juive, croyante ou pas, quelle que soit l'origine askhénaze ou sépharade des populations. Et, comme c'est bizarre, mais de plus en plus les israéliens juifs sont nés en Israël même. Vous faites comme les bons français qui parlent encore des maghrébins, alors que ceux-ci sont nés en France.
Pas joli, joli …
à babayaga
De caro
délinquante avérée | 23H15 | 02/01/2008 |
merci, je n'aurais pas mieux dit.
Effectivement, cela semble faire mal au coeur de certain qu'il puise exister un tout petit pays où la majorité des habitants sont Juifs (par culture, religion, religion et culture)
à Sylvie Martin
De bilqis
pr vivre heureux vivons caché | 08H31 | 02/01/2008 |
On pourrait aussi évoquer « nos ancêtres les gaulois » enseigné aux petits africains en général issus d'une sacré diversité ethnique, mais sûrement pas gauloise !
On peut aussi évoquer les manuels scolaires arabes où les israéliens sont représentés comme étant le diable qui tuent des enfants pour célébrer Pessah ou qui leur innoculent le virus du Sida (véridique, voir la presse égyptienne il y a quelques années ! )