La campagne présidentielle et la méthode Sarkozy marquent une nouvelle ère. Plus moderne, plus américaine, plus people.
Candidats, médias, débats : la modernisation. La modernisation de notre vie politique du point de vue de la communication est apparue au grand jour lors de la campagne présidentielle. Ce fut d'abord un moment de renouvellement du personnel politique : pour la première fois depuis 1969, aucun des deux finalistes n'était un ancien candidat malheureux, un Président sortant ou un ancien Premier ministre. Renouvellement générationnel, aussi, avec pour la première fois trois quinquagénaires au trois premières places du scrutin.
Le Net abondamment utilisé dans la campagne
Cette situation a évidemment pesé sur les stratégies de communication. L'Internet a pour la première fois été abondamment utilisé. Ségolène Royal a misé toute sa campagne sur l'idéal de « démocratie participative » dont le vecteur principal fut la consultation en ligne, via des forums participatifs. Elle est allée jusqu'à prétendre que son programme était le fruit de la synthèse des milliers de discussions et propositions reçues.
Durant la campagne, les cybermilitants ont été organisés selon un plan de bataille : certains étaient chargés de surveiller les forums des adversaires et de faire remonter des arguments échangés pour y trouver des parades, d'autres de répondre sur des forums, etc.
Pour François Bayrou, l'Internet a été présenté comme un vecteur d'égalisation des situations, pour celui qui a fait des médias traditionnels une cible et un argument de campagne. Les médias, argue-t-il alors, sont aux mains des puissances industrielles qui favorisent son adversaire UMP ; les journalistes restent prisonniers d'un schéma gauche droite (PS/UMP) qui ne lui permet pas d'occuper l'espace médiatique qu'il mérite.
Quant à Nicolas Sarkozy, il a progressivement trouvé un usage spécifique de son site de campagne. L'UMP a compris plus vite que les autres partis, l'utilité de la bataille sur le Net, avec par exemple l'achat de noms pour faire aboutir les recherches Google sur son site, ou encore les adhésions express par électronique et le marketing politique par mail ou SMS. L'innovation est venue de la montée en puissance de la NSTV, une « télévision » à la gloire du candidat, faite de centaines de reportages vidéos : meetings, visites, déclarations, témoignages de soutien…
Deux débats entre les deux tours
Dans ce contexte, l'innovation du second tour de la présidentielle 2007 fut de livrer non pas un mais deux débats télévisés, avec en apéritif un débat entre Ségolène Royal et François Bayrou. Débat qui faillit ne jamais avoir lieu (à cause des règles de contrôle du CSA sur l'égalité des temps de parole des candidats), mais que BFM diffusa finalement. Plusieurs médias internet s'étaient d'ailleurs proposés pour l'organiser, si la diffusion sur les ondes télévisuelles s'avérait impossible.
La mise en scène du premier débat était inhabituelle, la disposition des tables et le contexte évoquant davantage une discussion de salon autour d'un thé, que l'affrontement dual en face à face, comme ce fut le cas pour le second débat Royal/Sarkozy, de facture plus classique.
Mais si le premier débat fut un coup médiatique, il en reste l'impression d'un coup d'épée dans l'eau : aucun projet d'alliance électorale ou gouvernementale n'en est ressorti. François Bayrou s'est employé à conserver sa position ni droite ni gauche, soulignant tour à tour ses points de rapprochement avec la candidate socialiste et ses points de désaccord.
La colère de Ségolène Royal
Lors du second débat, l'histoire retiendra, comme toujours, un passage, celui de la colère de Ségolène Royal. Les commentateurs s'employant à percer un mystère : était-elle feinte et préparée ou non ? Les deux protagonistes ont rejoué, en quelque sorte le fameux débat Laurent Fabius/Jacques Chirac, préparatoire à la campagne des législatives de mars 1986.
Nicolas Sarkozy était accusé par tous ses adversaires d'être autoritaire et cassant, et de flirter avec les thèses du Front national. Il a donc choisi de se montrer courtois en toute circonstance, de se contrôler, de ne surtout pas déraper, donnant régulièrement du « madame Royal » à son adversaire.
Celle-ci passe pour une femme de caractère certes, mais ses adversaires la présentent alors comme connaissant mal ses dossiers, manquant de pugnacité pour un rôle de chef de l'Etat trop grand pour elle. Du coup, elle décide d'être sévère, d'attaquer, d'essayer, comme l'avait fait Laurent Fabius en 1985 d'exciter son adversaire, pour le faire sortir de ses gonds, pour montrer son « vrai visage ». Dans les deux cas, la tactique s'est retournée contre eux. (Voir la vidéo.)
La stratégie du roseau de Sarkozy
Ségolène Royal a été félicitée au soir du débat par ses amis du PS et ses supporters. Ils considéraient qu'elle avait dominé le débat ; à l'inverse, des cadres de l'UMP avaient trouvé leur candidat trop dominé. Mais c'est justement parce qu'elle a gagné le débat qu'elle a perdu l'élection. Après avoir réussi à imposer l'image d'une femme d'ouverture, dialoguant dans une certaine proximité avec François Bayrou, elle a cassé cette image auprès des électeurs de centre droit, en se montrant par trop pugnace, voire un brin arrogante, d'autant qu'elle ne maîtrisa pas la totalité de son argumentaire, comme les journalistes l'ont souligné dans les heures qui suivirent.
Nicolas Sarkozy n'a pas manqué de souligner les défauts d'une telle posture :
« Pourquoi regardez-vous toute personne qui n'a pas votre opinion avec ironie, avec mépris ? “
La stratégie du roseau adoptée par Nicolas Sarkozy, forme de soumission volontaire, fut pour lui bien plus payante, puisqu'elle lui permit de rompre avec une image dure que la débauche de clips ‘sarkostiques’ sur Internet avait puissamment contribué à installer. A cet égard, nous préférons retenir de ce débat un extrait emblématique et pas assez souligné dans la presse du lendemain, un échange en tout point étonnant et inhabituel, où l'un des candidats flatte l'autre et où un dialogue quasi sado-maso s'esquisse :
Nicolas Sarkozy : Vous n'avez pas besoin d'être méprisante pour être brillante.Ségolène Royal : Je connais vos techniques. Dès que vous êtes gêné, vous vous posez en victime.
Nicolas Sarkozy : Avec vous, ce serait une victime consentante ! Ségolène Royal : Tant mieux, au moins, il y a du plaisir.
Bien sûr, comme pour toute élection, les stratégies de communication ne sont pas le seul et principal facteur explicatif du résultat du vote, mais on peut à bon droit souligner que Nicolas Sarkozy a su mieux gérer la sienne.
De plus, Ségolène Royal est finalement partie avec un handicap que le Parti socialiste ferait bien de méditer à l'avenir. Elle a gagné une primaire interne assez dure, bien médiatisée, y compris avec des débats à trois à la télévision. Ce qui pourrait passer pour un atout -elle sort renforcée dans sa légitimité- s'avère un facteur de fragilisation.
En effet, l'UMP avait mis en place une cellule de veille des propos de campagne des trois socialistes et a pu ainsi se constituer un stock d'arguments hostiles à resservir au candidat désigné par les militants. Le procès en incompétence nourri contre la candidate socialiste, mettant en scène ses ‘bourdes’, ses déclarations supposées à l'emporte-pièce, a ainsi pris naissance lors de la campagne interne au PS.
Surmenage, débauchage, langage : l'américanisation. Une fois élu président de la République, Nicolas Sarkozy a tout de suite imposé un style nouveau à l'Elysée. Il se pose en rupture avec la tradition républicaine faisant du Président une sorte de monarque, prenant de la hauteur, assurant ‘par son arbitrage’ comme le professe l'article 7 de la Constitution, le bon fonctionnement de nos institutions.
Depuis son entrée au ministère de l'Intérieur en 2002, Nicolas Sarkozy se positionne sur un créneau dont il ne se départit jamais : il est l'homme de l'agir. Répondant à une des critiques fortes et rémanentes de l'opinion publique vis-à-vis de notre classe politique : ils sont incapables de faire changer les choses ; Nicolas Sarkozy entend être vu agissant.
Il a multiplié les déplacements sur le terrain, les rencontres, les participations directes à des opérations de surveillance, de contrôle… Il a mis en place une série d'indicateurs de traitement de la délinquance afin de pouvoir chiffrer l'efficacité de son action, en imposant une logique du chiffre aux policiers (au prix de quelques torsions parfois, pour aboutir au résultat escompté, celui d'une baisse de la délinquance statistique).
Une ouverture qui rappelle la vie politique américaine
Cette conception de la politique, il l'a importée à l'Elysée, en se présentant comme un homme d'action, présent sur tous les terrains, au point de mettre dans l'ombre le Premier ministre et la plupart des autres.
Cette très forte présidentialisation de la Ve République la fait, du coup, ressembler beaucoup au système américain. Le président se veut pragmatique, homme d'action avant tout, qui s'engage pour quatre ans à changer les choses sur quelques points précis.
Pragmatisme qu'on retrouve dans la volonté d'ouverture gouvernemental, faisant sauter le clivage gauche droite autour de l'idée d'hommes de bonne volonté et de convictions capables de s'entendre sur un projet. De même, aux Etats-Unis, la séparation entre démocrates et républicains n'a rien d'une barrière intangible, tout au contraire, les points d'accord sont souvent nombreux.
Une mise en avant du corps du Président
Cette américanisation on la retrouve aussi dans le style beaucoup plus décontracté, moins guindé, que le nouveau Président impose. La mise en scène de son énergie passe par la mise en avant de son corps. L'arrivée en tenue de jogging à l'Elysée avec son Premier ministre, ou son jogging à New York lors d'une visite aux Etats-Unis, sont ainsi les marqueurs d'une volonté de rupture avec le style compassé des anciens Présidents, même si Valery Giscard d'Estaing avait, en son temps, fait des efforts pour être vu jouant au foot ou se baignant.
L'idée que le Président doit faire preuve d'énergie et manifestée par son attitude corporelle. Cette faculté à agir est omniprésente dans la vie politique américaine, où le Président et les candidats à la présidence font assaut de mises en scène de leurs activités sportives (VTT, golf, jogging…) ou encore de leurs facultés à danser, comme récemment à la télévision, dans des émissions de show, avec Barack Obama ou son adversaire républicain Rudolph Giuliani.
Américanisation de notre vie politique, aussi, dans la façon de s'exprimer : Nicolas Sarkozy souhaite démentir une critique faite en permanence à la classe politique, ‘ils sont trop éloignés de nos réalités’, ‘pas des gens comme nous’… Dans sa façon de s'exprimer et de s'habiller (souvent en chemise et sans cravate), il entend abolir le sentiment de distance que des personnalités comme le général de Gaulle ou François Mitterrand s'employaient, eux, à entretenir
D'un abord facile, parlant comme tout le monde (‘racaille’) Nicolas Sarkozy veut incarner un style direct, voire familier, comme ce 6 novembre, lors de ce dialogue avec un marin-pêcheur qu'il tutoie d'emblée et menace sur un ton qui évoque plus une altercation de cités que la docte parole présidentielle :
‘C'est toi qu'as dit ça, ben descends un peu le dire, descends un peu ! Si tu crois que c'est en insultant que tu vas régler le problème des pécheurs, et bien pé-permets moi de te dire… bien viens, viens, viens qu'on discute ! (Voir la vidéo.)
Il faut noter au passage un élément de contradiction dans la communication présidentielle. L'ostentation dont il fait preuve dans ses goûts (Rolex au poignet, dîner au Fouquet's, vacances sur un yacht prêté par un riche industriels ami…) infirment partiellement sa volonté de se montrer comme tout le monde’.
Cécilia, Carla, et caetera : la ‘monégasquisation’. Le propre du marketing politique est de vouloir vendre une personnalité autant sur ses qualités personnelles que sur son programme. Dès 1965, avec la première campagne pensée d'un point de vue publicitaire et marketing, Jean Lecanuet a été mis en scène dans sa vie privée, en famille. Valery Giscard d'Estaing fera de même en 1974, avec sa première affiche, aux côtés de sa fille.
Plus tard, au milieu des années 80, TF1 pour concurrencer le succès de l'émission politique phare de l'époque, L'Heure de vérité (sur Antenne 2), inventa ‘Questions à domicile’, émission commençant par un visite des appartements privés de l'invité politique, ou plutôt de l'invitant.
Dévoiler son chez soi était présenté comme une façon de mieux comprendre la personnalité de l'interviewé. La ‘pipolisation’ de la vie politique n'est donc pas un phénomène entièrement nouveau , si on la considère sous l'angle du dévoilement de l'intimité. Mais ces deux dernières années marquent incontestablement un tournant.
Le boomerang de la ‘pipolisation’
En effet, si les hommes politiques ont pu mettre eux-mêmes en scène leur vie privée, au mieux de leurs intérêts du moment, le boomerang semble leur revenir au visage, singulièrement à celui de Nicolas Sarkozy. Ayant mis sous les feux de la rampe sa femme et son fils Louis, Nicolas Sarkozy s'est exposé à voir sa vie sentimentale être déballée sans contrôle.
Paris Match a publié le 25 août 2005 des photos de Cécilia Sarkozy et de son ami présumé du moment, Richard Attias, prises à New York et à Paris, sous le titre ‘L'heure du choix’. Le Journal du Dimanche a pu aussi s'intéresser à l'absence d'émargement de Cécilia Sarkozy sur les listes électorales de son bureau de vote, prouvant ainsi qu'elle n'avait pas été voter pour son mari à la présidentielle.
Information qu'il ne serait venu à personne de vérifier avant… (elle a finalement été censurée au JDD avant que Rue89 ne révèle l'affaire). De la même manière, le magazine people Closer a-t-il décidé de publier des photos du couple Hollande-Royal à la plage, montrant donc la candidate à l'investiture du PS en bikini, en août 2006.
Les tabloids ont élargi leur ‘clientèle’ au personnel politique
La concurrence introduite par une nouvelle génération de titres ‘people’ pousse sans doute à étendre le marché des gens ciblés. Les femmes et hommes politiques en font désormais partie. La vie de couple tumultueuse du président Sarkozy offre à la presse un excellent prétexte à trouver cette pipolisation des politiques légitime. L'annonce du divorce présidentiel, le 18 octobre 2007, était inédite. Elle ouvre la voie à une ère nouvelle, celle d'une monégasquisation de notre vie politique, la vie sentimentale du Président devenant aussi épiée que celle du prince et des princesses du Rocher.
Là où une sorte d'omerta régnait dans les rédactions concernant la vie sentimentale et sexuelle des hommes politiques (la fille cachée de François Mitterrand a été un secret de Polichinelle bien gardé durant des années), la liaison d'à peine un mois avec le mannequin Carla Bruni fait très vite la une des journaux, suivant une logique de dévoilement qui tient du ‘forcé-négocié’.
Les paparazzis planquaient devant chez la chanteuse et la filaient, faisant en sorte que le couple n'avait plus d'autre choix que d'essayer de maîtriser ce qui pouvait l'être : le lieu de l'officialisation de leur idylle, en l'occurrence le très américain, familial, convivial, Eurodisney.
Le temps des vacances devient politique
Le temps des vacances, celui de la disparition provisoire de la scène publique devient donc aussi un temps politique, Nicolas Sarkozy livrant de bonne grâce ou à son corps défendant des images de lui, au repos ou en visite, sur un yacht ou dans un hôtel, aux Etats-unis ou en Egypte, avec Rachida Dati ou Carla Bruni, nourrissant les commentaires, les allusions, les suspicions, alimentant des chroniques qui n'ont plus rien de politiques.
Nul doute que l'année 2007 marque une année de rupture dans la conception de la fonction présidentielle. La personnalité de Nicolas Sarkozy y est pour beaucoup, mais d'autres facteurs jouent. Ce sont aussi les effets -pas toujours bien anticipés- du quinquennat, renforçant de fait la présidentialisation et la personnalisation du régime.
Un effet générationnel
Ce sont encore les effets d'un renouvellement de génération. L'arrivée d'un personnel né après la guerre, qui a toujours connu la télévision, qui a découvert le militantisme non pas dans le maquis, sur les barricades, mais sur les plateaux, à qui il ne viendrait même pas à l'esprit de critiquer le recours aux ressources du marketing à des fins politiques. L'arrivée enfin d'une génération qui, si elle croit à la politique, est quand même porteuse d'une certaine forme de désenchantement, au profit d'un discours de la proximité, de la banalisation de la politique.
Vers une dépolitisation ?
Ce positionnement rencontre sans conteste un public mais n'est-il pas, à terme, lourd de menaces sur un futur regain de désenchantement, sur une banalisation qui irait jusqu'au désintérêt, jusqu'à une franche dépolitisation ? Peut-être Coluche a-t-il eu le tort d'avoir raison trop tôt lorsqu'il s'écriait en 1980 :
‘Les hommes politiques sont des clowns, alors votez pour un clown !





















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à Caribou99
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 01H45 | 31/12/2007 |
Excellent article. Oui, VGE y avait pensé, mais l'heure n'était pas arrivée et maintenant NS a eu le talent de le faire.
Désolant, la politique américaine, dont toute idée est soigneusement exclue, voyez la campagne actuelle ! - mais nous sommes en transition vers une société de blogues où l'on va se parler autrement et où le sens même de la démocratie va changer.
Prenons acte que NS, pour le meilleur ou le pire, fait avancer les choses. En fait, il fait ce que je croyais que ferait Segolène…
http://nouvellesociete.org/5148.html
Pierre JC allard
De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
14H02 | 30/12/2007 |
Ah mince, pardon, je croyais que c'était l'article qui traitait du chômage avec les chiffres publiés par l'Unedic en novembre.
Je me suis trompé. Je passe mon tour.
De PierreAdrien06
14H02 | 30/12/2007 |
Ségo on s'en fou… c'est du passé ! ! !
Sortira t-il dans ces prochains jours un nouveau Dieu…
La méthode Nicolas en quoi est-elle différente de celle de François ?
De la com et oui, et toujours la même sauce politique….
Bravo à rue89 pour les textes repliés.
La liberté d'expression est ici est réduite à sa plus simple expression ! ! !
De BUSHI
14H05 | 30/12/2007 |
Article très intéressant et synthétique.
1°Je m'interroge sur la place tenue par le net dans cette campagne : n'a-t-on pas surestimé l'impact de ce moyen de communication ?
Lorsque l'on regarde les sites de partage une seule vidéo a fait l'objet d'un nombre de consultations significatives (au regard de la population en âge de voter) : « Le Vrai Sarkozy ».
2° Plutôt que « pipolisation » de la politique ne devrait-on pas plutôt parler de « politisation » du people ? En effet, ce sont les hommes et femmes politiques (rappelons-nous Ségolène Royal dans Pais-Match posant juste après la naissance de sa fille)qui ont investi le champ du « people » dans le but (comme il est rappelé dans l'article) de montrer aux français lambda qu'ils avaient un style de vie équivalent au leurs. Les magazine people ont profité de ce que les dirigeants politiques sont venus sur leur terrain plutôt que l'inverse selon moi.
3° Il m'aurait bien plu d'entendre Coluche faire un sketch sur Sarkozy et Royal.
à BUSHI
De Avril
00H41 | 31/12/2007 |
« les usagers d'internet sauront ce qu'ils avaient quand ils l'auront perdu » - Steve Levy, Newsweek
De Beeks
14H12 | 30/12/2007 |
2007,aura surtout etait l'annee de la creation de l'agence de voyage Bolloré , Bolloré airlines,Costa Bolloré .la remise au gout du jour des privilèges (+207 de salaire et des HLM pour ses potes) ,l'ensencement des dictateurs ( Kadhafi ,Poutine …), réouvertures du filon prises d'otages rançons (les bulgares, le Tchad…) de la fashion politique (costume Prada,Rolex et Ray-Ban)et du speed dating presidentiel (Carla Bruni) et puis la fin des carrieres des soutiens au candidat Sarkozy (Faudel,Doc Gyneco…)
De survivant
14H17 | 30/12/2007 |
Dans sa politique américanisée sarko doit s'inspirer de ce célèbre film « forest gump » vous savez ce bon vieux bougre qui cavale à travers toute l'amérique et que tout lui réussit léger comme une plume et con comme un balai. Seule différence avec le film c'est que il y en a un qui vends des crevettes et partage l'argent avec la famille du défunt qui lui a donner l'idée et un autre qui vends des armes aux dictateurs et partage l'argent avec les actionnaires.
De Deborah
14H38 | 30/12/2007 |
Pour moi, c'est la politique en général qui est naufragée. Vie politique ? Quelle vie politique ? L'ami des patrons du 4.40 fait visiter sa vie privée à qui le veut (quoique avec parfois des limites violentes) et organise une gestion patronale et mondialisée de la vie économique - donc quotidienne - des français, lesquels, dans l'immédiat, ont l'air de trouver tout cela parfait.
Pas de véritable dialogue, pas de prise en compte des plus fragiles et des plus démunis, la politique des interdits et du bâton, tout cela risque de mener à une catastrophe dont nous n'avons pas encore la mesure. D'autant qu'on ne discerne pas très bien ce qu'il veut faire au plan international. Il ne suffit pas d'aller en Egypte (ou ailleurs) pour faire un acte fort et positif. Des contrats ? Quels contrats ? ! Ah oui, le nucléaire……
J'ai toujours détesté la politique, mais là, elle me fait vomir.
De PonG
rationaliste fondamentaliste à Pari... | 14H57 | 30/12/2007 |
@Arnaud Mercier
Ne pas aborder le sujet du mensonge pur et simple quand on parle de la communication de Nicolas Sarkozy (même s'il ne s'agit pas que de lui), c'est un oubli assez impardonnable je crois.
Et mon propos n'est même pas partisan. Un mensonge est quelque chose d'assez objectivement définissable. En repérer n'est pas si difficile, quel que soit le camp auquel on appartient.
La question est donc la suivante :
Quand un homme politique ment, peut-on dire qu'il ment ?
La réponse n'est pas si évidente. Il semble que bcp aient des scrupules de midinette (ou de convenance mais ça revient au même) lorsque le sujet pointe son nez. Le mot semble porter une forme de candeur qui ne ferait « pas sérieux ».
Néanmoins, si on y répond oui, il vient d'autres questions :
1) Est-il des hommes politiques qui mentent plus que les autres ?
2) Si oui, peut-on le dire ?
3) Notre président ment-il plus que les autres ?
M'est avis que oui. Il n'a évidemment pas inventé son usage en politique mais il l'a institutionnalisé.
« La réalité n'a aucune importance, il n'y a que la perception qui compte », disait son directeur de campagne Laurent Solly.
Maginifique, non ?
Vraiment, elle ne méritait pas vos lumières cette question ?
Pour une analyse intéressante sur le sujet, voir ici :
http://olivierbonnet.canalblog.com/archives/2007/09/07/6140118.html
à PonG
De survivant
15H29 | 30/12/2007 |
Effectivement, cette question est mitigée « pong ». Moi, je dirais que ce type ne ment pas ! mais avance en sous-marin. Une réforme qui fait grincer des dents le peuple, hop ! une petite louche de divorce avec cécilia et la populasse sort son paquet de mouchoir et se sent tout d'un coup triste de voir l'homme déchiré par la rupture. L'approche des municipales, hop ! une petite bavure policière dans les banlieues qui s'enflamment et tout le monde chie dans son froc. Une odeur d'augmentation de beurre,de pain,de pates, de poisson, de gaz hop et revoilà notre homme accompagné de sa nouvelle compagne et le peuple se sent rassuré de le voir à nouveau joyeux. Mettre la carotte bien profond sans la vaseline c'est tout un art et sarko est un artiste en la matière.
à PonG
De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 17H08 | 30/12/2007 |
Vous me confortez dans l'idée que le travail de Mercier est bien biaisé, et qu'il cherche à nous baiser.
On est scientifique en apparence.
En réalité, on protège sa carrière.
Finalement, que fait ce monsieur à Rue89 ?
à compte supprimé 22
De survivant
20H06 | 30/12/2007 |
Non seulement le travail de l'épicier est bien biaisé mais surtout dans un langage bien rôdé « dis moi qui tu hais je te dirais qui je suit »
à PonG
De Etel
18H45 | 30/12/2007 |
merci à Pong pour le lien signalé, très intéressant
à Etel
De PonG
rationaliste fondamentaliste à Pari... | 00H03 | 31/12/2007 |
De rien. Le blog d'Olivier Bonnet est une oeuvre de santé - non, salubrité ! - publique. A mettre entre toutes les mains.
De Diane67
15H01 | 30/12/2007 |
je craignais un instant que De Gaulle ne se retourne dans sa tombe ; mais on vient de me l'infirmer.. il en est au stade des sauts périlleux.
Pauvre France
De Alexad
15H08 | 30/12/2007 |
Faisons court. Ce type de communication est pratiquée par toutes les dictatures.
De perfectdark
15H15 | 30/12/2007 |
Le plus grave dans l'histoire est selon moi le fait que même chez les opposents a ce cher sarko la stratégie marche, en effet que l'on trouve cela bien ou scandaleux le résultat est le même : on ne parle plus que des « exploits » people de sarko et plus personne ne fait attention a ce que fait réellement le gouvernement : cadeaux fiscaux, démantellement du droit du travail, assassinat de l'education supérieure publique…
Il serais temps de ce recentrer sur les vrais débats de fond utiles pour la France plutot que sur la vie privée de notre président…
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 15H23 | 30/12/2007 |
IDOLE : du grec eidôlon, image
« Et sans doute notre temps […] préfère l'image à la chose, la copie à l'original, la représentation à la réalité, l'apparence à l'être… Ce qui est sacré pour lui, ce n'est que l'illusion, mais ce qui est profane, c'est la vérité. Mieux, le sacré grandit à ses yeux à mesure que décroît la vérité et que l'illusion croît, si bien que le comble de l'illusion est aussi pour lui le comble du sacré. »
(Feuerbach, cité par G. Debord, en exergue à La Société du spectacle)
Dire qu'il y a peu de temps encore, je croyais que Debord était assez surestimé ! Finalement…
De Chris939
Travailleur précaire | 15H24 | 30/12/2007 |
« Les hommes politiques sont des clowns, alors votez pour un clown ! »
En tous les cas, c'est effectivement ce qu'ils sont devenus, puisque la plupart n'ont plus de convictions mais beaucoup d'intérêts personnels à défendre !
Sarkosy défend sa classe et ses intérêts personnels en s'augmentant de 172 % tout en faisant voter au- garde -à- vous des loix antisociales pour le plus grand nombre.
A la place où il est de plein-pouvoir c'est après tout compréhensible.
Les milliardaires n'en avaient pas assez avec les gains de productivité mulitpliés de façon faramineuses depuis 35 ans graçe à l'energie et les sacrifices éhontés des salarié-e-s.
Alors ils accélèrent la manoeuvre en ne voulant même plus payer la majoration des heures supplémentaires !
Il veulent dissoudre les 35 heures comme durée légale du travail et ainsi ne plus payer la majoration associée si quelqu'un travaille plus d'heures !
Si vous travaillez 36 , 42 heures ou 48 heures par semaine, ces heures seront payées comme une heure normale.
C'est le dernier truc inventé par Fillon !
Sous prétexte que SON usine à gaz sur les heures suppléméntaires étaient trop compliquée et n'avait pas l'assentiment du Medef, il propose que ce soit les entreprises qui légifèrent elles-mêmes l'heure légale du travail !
Comme au temps des seigneurs ou des colons !
Ce serait le patronnat qui fixerait la durée légale du travail dans chaque entreprise et plus les représentants du Peuple à l'Assemblée nationale !
Tout le monde pourra aller se faire voir avec la majoration de ses heures supplémentaires !
Désormais si le patron décide que l'heure légale dans une entreprise est de 48 heures par semaine et plus 35 heure : c'en est fini de la majoration à partir de la 36 eme heure !
Le salarié aura la majoration de son heure suppléménetaire à partir de la 49 eme heure !
Autant dire à la Saint bling-bling…
Pauvres Français !
80 % de salariés et 80 % qui vont se faire sacrément entubés !
Ils ont voulu l'Ordre Nouveau
Ils l'ont !
Une chose est sûr désormais.
Si ce sont les patrons et les entreprises qui votent les loix intérieures et en accoquinement avec la Commission Européenne (non élue par les Peuples)alors à quoi servent encore nos députés ?
Et l » Etat ?
A quand la vente des batiments de l » Assemblée Nationale au plus offrant ?
A Rupert Murdoch ou à Vincent Bolloré ?
La victoire en serait plus éclatante et totale.
A moins que le Peuple ne reprenne ses billes et ses esprits.
N'est -il pas temps de reprendre le pouvoir ?
De contrecarrer la puissante oligarchie des destructeurs de la République démocratique et sociale ?
à Chris939
De zorbec
9945
retraité | 18H04 | 30/12/2007 |
enfin une analyse qui me conforte dans mes opinions !
je crains fort que Sarkosy nous « enfume » et tous les posts que je lis me font penser à Confucius( ? ) : quand le sage montre la lune l'idiot regarde le doigt,à ceci près que pour la sagesse de Sarkosy on peut s'interroger,car depuis le début de son règne il y a bien sur le « bling-bling » mais il y a surtout toutes les lois qui passent en douce agrémentées d'amendements
dont on risquent d'en subir les effets dans peu de temps,
et le projet actuel du gvt sur le temps de travail
n'est pas fait pour nous rassurer,alors oui il est plus qu'urgent que le Peuple se réveille !
à Chris939
De Chaussette ventriloque
19H03 | 30/12/2007 |
Pour le temps de travail, c'est d'autant plus grave qu'à l'heure actuel un français ne peut pas dire non à un emploi,
à cause du grand nombre de demandeurs d'emploi.
Si il refuse une offre d'emploi, il n'est pas sûr d'en retrouver une, alors que l'employeur est certain de trouver un autre travailleur.
De Lien
15H36 | 30/12/2007 |
: -)
http://www.resistances.be/ump03.html
De Lien
15H42 | 30/12/2007 |
: -)
http://www.lesechos.fr/info/analyses/4644047.htm
De J.C.M.
15H45 | 30/12/2007 |
» La campagne présidentielle et la méthode Sarkozy marquent une nouvelle ère. Plus moderne, plus américaine, plus people. «
Le mot “ moderne ‘ est inapproprié.
Il fait partie du vocabulaire ( réformes , adaptation …) , abondamment utilisé par les valetailles politicienne et journalistique.
(Lire, Eric Hazan : LQR. La propagande au quotidien )
Ces mots, à connotation positive, ne servent qu'à mieux faire avaler une politique au service de la finance. (Les politiciens ne sont pas des clowns.)
Rien de bien moderne là-dedans…
Cordialement.
J.C.M.
De Lien
16H03 | 30/12/2007 |
http://www.ladiagonale.org/
De Pierrrrre
16H05 | 30/12/2007 |
Parce qu'avant c'était mieux ?
- en 1981, la campagne basée sur minable histoire de verroterie « dévoilée » par le Canard Enchainé » et sur laquelle le smédias se sont vautrés,
- basée aussi sur un lachage des mileux gaullo/chiraquiens qui avaient pour consigne de faire voter Mitterrand au deuxième tour
- en 1988, la campagne du même Mitterrand basée sur la relance du Front National.
Le médias, sous la coupe du PS, avaient pour consigne de causer au quotidien de Le Pen..
Cela permettait d'un coté de dégonfler les voix de droite, et de l'autre, de mobiliser les militants socialistes qui étaient en mal de motivation..
- en 2000, le PS a réutilisé la même méthode, mais ça a été l'arroseur arrosé… ils avaient tellement gonflé le Front National en ne causant que de lui, que celui-ci leur est passé devant.
- pour 2007, le grand perdant,
puisque le PS n'est pas passé,
c'est Le Pen qui est à l'agonie,
son allié objectif n'ayant pu arriver au pouvoir, malgré toute les efforts du Front National d'entre les deux tours.
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Tout cela relève d'une grande logique :
quand le comportement du public est infantile,
logique qu'on leur joue du guignol comme spectacle.
à Pierrrrre
De Charles Bukowski
19H44 | 30/12/2007 |
« pour 2007, le grand perdant, puisque le PS n'est pas passé, c'est Le Pen qui est à l'agonie, son allié objectif n'ayant pu arriver au pouvoir, malgré toute les efforts du Front National d'entre les deux tours. »
Doit-on par conséquent considérer que l'UMP est l'allié objectif de Besancenot, puisque Sarkozy joue avec la LCR tout comme Mitterrand jouait avec le FN ?
Ah la rupturrrrre…
à Charles Bukowski
De Pierrrrre
20H34 | 01/01/2008 |
»….Doit-on par conséquent considérer que l'UMP est l'allié objectif de Besancenot, puisque Sarkozy joue avec la LCR tout comme Mitterrand jouait avec le FN ? …. »
==> absolument, oui… Une extrème gauche forte,
ça génère un PS affaibli d'autant de voix,
et une droite ragaillardie par un besoin de se mobiliser contre un danger criant.
à Pierrrrre
De Avril
19H50 | 30/12/2007 |
Murdoch, Bouygues, Lagardère, Dassault, Arnault, Pinault, Rotschild, Mougeotte, Beytout, LeLay, Minc, Berlusconi, Bertelsmann, Springer etc etc etc…avouez que ne sont pas vraiment de dangereux gauchistes, non ?
à Avril
De Charles Bukowski
20H58 | 30/12/2007 |
Avril, mon post perd tout son sens si on n'a pas lu celui de Pierrrrre avant… Je ne dis pas que Besancenot est l'allié du capital, mais j'ironise sur certains propos qui sous-entendent que toute critique de l'idéalogie de la loi du plus fort et du chaos par la finance ne peut être motivée que par des esprits simples ou infantiles.